De l’écologie comme rempart au totalitarisme pacifié…

Par Arnaud Guyot-Jeannin

La plupart des gens de droite défendent l’écologie humaine (l’ordre naturel et la famille traditionnelle) au détriment de l’écologie environnementale (l’ordre cosmique et la famille des animaux, des végétaux et des minéraux) louée par de nombreux gens de gauche qui nient, quant à eux, la réalité anthropologique et historique des peuples.

L’âge d’or, illustration de Johann Wilhem Baur (1600-1640) pour Les Métamorphoses d’Ovide (ici, une édition de 1703)

Les premiers rejettent le mariage homosexuel, l’adoption d’enfants pouvant en découler, la PMA (Procréation médicalement assistée) et la GPA (Gestation pour autrui), mais ne remettent pas en cause le capitalisme mondialisé — qu’accompagne le progressisme libertaire — qui marchandise les vies, le lien social et la nature. Les seconds repoussent ce capitalisme dérégulé engendrant l’exploitation humaine, la misère sociale et la suraccumulation matérielle, mais sans réfuter le libéralisme moral du tout vaut tout, tout se vaut, tous se valent dont l’indistinction spirituelle, ethnoculturelle et sexuelle est le produit.

Les partisans des deux camps procèdent par un réductionnisme dommageable. Le processus infernal défiant la nature est enclenché. Le monde commun disparaît au profit d’un monde individualiste et narcissique sans foi ni loi sinon celles de l’argent, de la production et de la consommation.

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La rue aboie et la flexibilité passe

Les fausses oppositions dans la rue cachent une vraie unanimité à l’Assemblée.

Ce n’est pas pour abonder dans le sens du camarade Manuel Moreau, mais il faut être vraiment jeune, nationaliste, romantique et ivre d’illusion lyrique pour croire que les hirondelles du mariage gay feront un quelconque « printemps français » qui renverserait la gauche par la force de la rue, alors que ce qui se pointe en douceur, c’est un long, très long hiver de la rigueur, de l’austérité ou de la régression sociale.

Choisissez le mot qui vous plaira selon votre appartenance politique : de toute manière, il ne vous reste plus que le vocabulaire pour marquer votre appartenance idéologique, les signifiants variés ne renvoyant plus qu’à un seul signifié : vous allez prendre sévère dans les années qui viennent.

Oui, le « printemps français » peut toujours rêver d’un genre de révolution des casseroles argentine à l’envers ou de putsch de classes moyennes chiliennes en modèle 1973, mais sans les chars. Encore faut-il, mais c’est le privilège de la jeunesse, avoir beaucoup, mais alors beaucoup d’imagination pour voir dans François Hollande  Salvador Allende et dans le Palais de l’Elysée de 2013 un équivalent de La Moneda en 73 où s’élaborerait le passage à une société réellement socialiste.

Le problème, c’est que Bruxelles, les marchés, le Medef, tout ce monde qui gouverne effectivement le pays, est très content de François Hollande. Il mène exactement la politique attendue sur le seul point qui compte vraiment : l’économie.

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Loi Taubira : Vote sous pression du « grand capital »

Le débat sur le mariage homosexuel qui a accaparé l’actualité au cours des derniers mois tend à apparaître comme un débat franco-français lié à l’affrontement des partis et des sensibilités propres à l’Hexagone et l’outre-mer français. Il a pourtant une dimension internationale déterminante. Il n’est même, d’un certain point de vue, que l’un des champs de bataille dans une guerre non déclarée qui fait rage dans une grande partie du monde, pas seulement occidental.

En même temps que les parlementaires français débattent de la loi Taubira, en effet, le mariage unisexe fait la une aux États-Unis avec le recours auprès de la Cour suprême contre l’État de Californie qui a interdit le « mariage gay » par référendum (et un autre recours, le cas Wilson, tendant à faire reconnaître un « mariage » lesbien conclu au Canada).

Si la Cour suprême annule la décision de l’État de Californie comme contraire aux droits de l’homme, le mariage homosexuel qui, jusqu’ici, n’avait été admis que par neuf États sur 50 [1], deviendrait obligatoire sur tout le territoire de l’union. La décision de la Cour suprême est attendue pour la fin juin.

 Le business gay

Une des dimensions de cette bataille particulièrement âpre est l’intervention massive des plus grandes sociétés américaine en faveur du mariage homosexuel. 278 d’entre elles ont signé un mémoire déposé à la Cour suprême en tant qu’amici curiae (une procédure propre aux États-Unis, qui permet à des tiers, « amis de la Cour », de donner leur avis dans une affaire) lui demandant instamment d’admettre cette revendication.

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François Hollande court à l’échec en désespérant le peuple qui l’a élu

François Hollande et son gouvernement ont capitulé face à toute perspective de transformation sociale et de refondation démocratique. Tel est le constat que dresse Laurent Mauduit, journaliste et fondateur de Médiapart dans son livre L’étrange capitulation. Pire, il trace un parallèle entre les abdications d’aujourd’hui et les renoncements des élites avant-guerre, qui ont mené à l’effondrement de la République. Que reste-t-il du socialisme et de la gauche?

Nous vivons une crise politique, sociale, économique, éthique sans qu’il n’y ait vraiment de débat, à gauche, notamment sur la réorientation de l’économie. Aucune grande voix ne s’élève pour proposer d’autres solutions.

Votre livre a pour fil conducteur « L’étrange défaite  », rédigé par l’historien Marc Bloch pendant la seconde guerre mondiale. Il y dénonce la trahison des dirigeants français dans la débâcle. Pourquoi tracer un tel parallèle ?

Laurent Mauduit : Dans « L’étrange défaite », Marc Bloch établit que la débâcle de juin 40 n’est pas une victoire des armées allemandes mais d’abord une défaite des Français sur eux-mêmes. C’est la nullité et l’arrogance de l’état-major. Surtout, les élites françaises et la bourgeoisie d’affaires sont idéologiquement du côté des vainqueurs avant même la défaite.
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La GPA ou la traite des mères

Outre la dislocation du code civil français et de la protection des femmes, la gestation pour autrui risque aussi de favoriser l’extension de la puissance des riches contre la faiblesse de l’intimité mère-enfant expliquent Eliette Abécassis, écrivain, et l’historienne Béatrice Joyeux-Prunel.

Par Collectif d’intellectuelles Simone

« La liberté des femmes ne va pas sans celle des hommes », affirmait Elisabeth Badinter dans Elle (novembre 2012). Mme Badinter se fait la porte-parole d’une « GPA éthique » (Elle, 12 mars 2013) qui servirait l’humanité.
Contre ce discours idéalisant, nous portons la voix d’un collectif d’intellectuelles décidé à alerter l’opinion sur les conséquences pour les femmes de la gestation pour autrui (GPA) .
Quelle que soit son orientation sexuelle, une mère n’est pas qu’un « parent », encore moins un doux « donneur d’engendrement » (Denis Quinqueton, « Homosexualités et socialisme », le Monde du 14 février 2013). Elle porte un enfant pendant neuf mois et prend sur son corps, avec les risques associés, l’aventure de la naissance.

Le balai comme la moindre des choses

Par Frédéric Lordon

Seuls ceux qui portent sur la politique le regard scolastique des logiciens auront du mal à comprendre qu’on puisse dire d’un même événement — comme l’affaire Cahuzac — qu’il est à la fois secondaire et principal. Péripétie fait-diversière et crapoteuse, bien faite pour attraper le regard et le détourner des choses importantes (accord sur l’emploi « ANI » [1], austérité, chômage, etc.), la bouse soudainement posée n’en a pas moins le mauvais goût de tomber au plus mauvais moment — il est bien vrai que le spectacle de la cupidité déboutonnée, lors même que le corps social en bave comme jamais, donne quelques envies de coups de fourche. Elle y ajoute surtout un effet de révélation potentiellement dévastateur si l’on en vient à considérer que les « péripéties », loin d’être des exceptions locales sans signification globale, sont en fait les expressions d’un système, et qu’il n’est peut-être pas fortuit qu’on retrouve identiquement cette passion de l’argent dans tous les gouvernements qui se succèdent pour garantir sa continuité à l’austérité ainsi qu’à toutes les politiques conduites chaque jour plus visiblement d’après les intérêts du capital.

Bien sûr il restera toujours un François Chérèque pour chialer ses grands dieux, pleurer Mendès et crier Delors que c’est toute la « gauche responsable », celle qui « pense qu’il est juste de mettre fin aux dérives des finances publiques car elles créent de l’injustice » [2], qui se sent « humiliée » par le « traître » Cahuzac — puisque c’est l’évidence à crever les yeux que sabrer dans les salaires des fonctionnaires, réduire leurs effectifs (à l’école, dans les tribunaux, à l’inspection du travail, etc.) ou ratiboiser les prestations sociales sont les gestes mêmes de la justice en marche. On s’en voudrait d’ajouter au sanglot de Chérèque, mais il faut quand même lui signaler que pour d’autres que lui, dont le nombre devrait croître, l’événement Cahuzac, de secondaire, pourrait bien devenir principal, jusqu’au point de vouloir se débarrasser non seulement de la péripétie mais du système qu’elle exprime — et des formes de « justice » que Chérèque persiste à y voir.

Sans doute passablement plus embarrassant que les diversions militaires du Mali ou sociétales du mariage pour tous, l’épisode Cahuzac n’en a pas moins — à quelque chose malheur est bon — la vertu superficielle d’occuper les esprits à penser à autre chose — autre chose que le réel des politiques économiques et sociales dont les historiens du futur regarderont comme une insondable énigme qu’elles aient pu être proposées au suffrage sous le titre « le changement, c’est maintenant ».

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Margaret Thatcher: icône libérale… nullité économique

En 1990, Margaret Thatcher fut évincée du leadership du Parti Conservateur britannique. La Dame de Fer, dont le poster orne les toilettes pour hommes de tout Parti Libéral qui se respecte, mit sa considérable intelligence et son pragmatisme réputé au service du privé.

L’industrie du tabac vivait des heures difficiles. Les campagnes de santé publique commençaient à faire effet dans les pays Occidentaux, et Big Tobacco, qui tue chaque année deux pour cent de sa clientèle, voyait d’un œil inquiet les jeunes commencer à se détourner de la cigarette. Qu’à cela ne tienne. Maggie était là, et fut engagée par Philip Morris comme VRP de luxe dans les pays de l’Est et du Tiers-Monde, là où la jeunesse, mal informée, pouvait encore rêver du cow-boy Marlboro sans savoir qu’au moment même, après avoir témoigné en faveur d’une législation anti-tabac, celui-ci mourait d’un cancer du poumon à 52 ans.

Pour la somme coquette de 1 million de dollars par an, l’ancienne première ministre britannique mit sa notoriété et son carnet d’adresses au service de cette noble cause humanitaire. Les temps étaient durs, cependant, et 1 million de dollars par an, pour celle qui avait imposé l’austérité et la schlague aux plus faibles pendant des années, c’était un peu juste.

Aussi la City accueillit-elle avec enthousiasme quelques années plus tard la grande nouvelle.

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L’effondrement moral de l’idéologie libérale

Par Antoine Arjakovsky, directeur de recherches au Collège des Bernardins

Le libéralisme libertarien (décrit par les libéraux libertariens)

Le libéralisme libertarien (décrit par n’importe qui d’autre)

La chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 a suscité la prise de conscience planétaire, qui n’a fait que croître depuis, de l’effondrement de l’idéologie communiste.

La rumeur qui enfle dans le monde depuis le 15 septembre 2008 est que la faillite de la plus grande banque d’investissement américaine a entraîné avec elle celle de l’idéologie libérale.

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De quoi Cahuzac est-il le nom ?

Par Charles de Meyer

Jérôme Cahuzac est tombé. La meute est là qui s’acharne, la meute est là qui jubile. L’ancien ministre du Budget est, pour sûr, une proie appréciable: étoile montante, expert reconnu, soldat perdu puis sauvé par les valets de DSK. Ne boudons pas notre plaisir : un profiteur disparaît et avec lui sans doute un peu de la morgue gouvernementale au sujet des questions économiques.

Chacun sait bien pourtant que le bouc émissaire vient rassurer une foule qui craint le chaos, une foule coupable sans doute et trop longtemps silencieuse. La doxa et les commentaires seront impitoyables avec Jérôme Cahuzac: il a, par mégarde, failli exposer à la lumière certains des pans les plus sombres de nos intrigues politiques et financières ; il a, par orgueil, poussé trop loin l’insolence, et risqué de perdre avec lui tout un système remarquablement organisé.

À mesure que les techniques financières deviennent plus complexes, on voit fleurir les théories du complot. Le trouble appelle la crainte alors que les faits traînent dans un livre peu connu: Ces 600 milliards qui manquent à la France d’Antoine Peillon. La mondialisation libérale offre en effet aux plus riches d’entre nous des possibilités d’exils fiscaux dont la variété le dispute à l’exotisme.

Toutefois, les Français préfèrent la Suisse: quelque 150.000 comptes français y sont ouverts, de l’aveu même de Bercy. Mieux, l’auteur chiffre le coût de ces délits à plus de 30 milliards d’euros de manque à gagner par an. D’après les calculs de l’économiste Gabriel Zucman, ce serait presque 8 % de la richesse mondiale qui disparaît chaque année du fait de la fraude fiscale.
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Grande-Bretagne : Margaret Thatcher, l’enfance d’un chef

Née en 1925, Margaret Thatcher grandit dans un milieu modeste et très strict. Patron d’une épicerie, son père s’est élevé à la force du poignet. Le soir, ses filles étudient et donnent un coup de main à la boutique. La seule distraction tolérée est le très austère culte méthodiste, le dimanche, où le père officie.

Ambitieuse et obéissante, Margaret se plie à ce cadre qui fait d’elle une élève brillante, limite pédante. La guerre fait un peu mûrir cette “madame je sais tout”. Sous les bombardements, la jeune fille s’enflamme pour les discours radiophoniques de Churchill. En 1943, elle apprend qu’elle est reçue à la prestigieuse université d’Oxford…

Karl Polanyi : Le père de la socioéconomie

Selon Karl Polanyi, le régime normal des sociétés 
est de subordonner le marché aux besoins des hommes, 
et non l’inverse.

Penseur au parcours très singulier, Karl Polanyi est l’un des fondateurs d’une discipline nouvelle, l’anthropologie économique, qui se consacre à l’étude des échanges dans les sociétés anciennes et ambitionne de théoriser, à l’échelle de l’humanité, ce qu’il en est des rapports entre société et économie.

Pourtant, son œuvre la plus célèbre, La Grande Transformation, ne sort pas du cadre de l’histoire européenne moderne. En fait, il y développe ses intuitions théoriques les plus marquantes pour l’ensemble de son œuvre et s’inscrit dans la lignée des penseurs qui, comme Karl Marx et Max Weber, s’attachent à comprendre la particularité du capitalisme moderne et son impact sur les sociétés qui l’ont adopté.

Libéralisme radical versus 
vie sociale

Pour Polanyi, de 1830 à 1870, l’Angleterre en particulier, mais aussi bien d’autres pays, ont connu le règne du marché « autorégulateur », unifié et étendu à toutes choses. Cet essor du marché libre est, selon Polanyi, un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité. Même si des marchés existaient depuis la nuit des temps, ils restaient sectoriels, fragmentés et subordonnés à d’autres impératifs sociaux : le droit des familles, les traditions, la religion, les frontières domaniales et nationales. Le libéralisme moderne a fait sauter les derniers verrous en transformant la terre, le travail et la monnaie en marchandises comme les autres.

Or l’idéal même de la « société de marché » ne peut, selon Polanyi, mener qu’à une catastrophe. Il cite certains faits historiques : la montée de la misère ouvrière, le travail des enfants, la décomposition des structures villageoises et familiales, la famine en Irlande. Pour Polanyi, ce ne sont pas des accidents de parcours : le libéralisme radical est, écrit-il, une utopie incompatible avec la vie sociale.

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Jean-Claude Michéa: “Pourquoi j’ai rompu avec la gauche”

Toujours imprégné de libéralisme mitterrandien, le socialisme à la Hollande ne convainc pas le philosophe Jean-Claude Michéa. A l’occasion de son nouveau livre, “les Mystères de la gauche”, il s’en explique en exclusivité pour “Marianne”.

Au moins depuis la parution d’Impasse Adam Smith en 2002, un livre de Jean-Claude Michéa est toujours attendu. Avec jubilation. Ou avec un fusil, c’est selon. D’abord parce que la parole de ce philosophe, nourri à la pensée de George Orwell, de Guy Debord et du meilleur Marx, est extrêmement rare dans les médias. Ensuite parce qu’il appartient à cette espèce politiquement ambidextre, hélas si peu représentée et si mal comprise, capable de se montrer aussi cruel à l’égard d’une gauche libérale qui s’autocaricature en valorisant toutes les prétendues transgressions morales et culturelles, qu’il sait se montrer lucide à l’égard de l’incroyable cynisme des dirigeants de la droite actuelle (Sarkozy et Copé en tête), lorsqu’ils se posent en défenseurs des «petites gens», que vient en fait piétiner tout leur programme économique, voué à l’expansion illimitée des intérêts du CAC 40.

Disons-le d’emblée : les Mystères de la gauche (Climats) est le livre que l’on espérait depuis plusieurs années de la part de Michéa. Sur plusieurs points capitaux, celui-ci s’explique en effet. Notamment sur son refus définitif de se réclamer de «la gauche», pour penser le front de libération populaire qu’il appelle de ses vœux. «La gauche», un signifiant-maître trop longtemps prostitué, et qu’il juge désormais «inutilement diviseur, dès lors qu’il s’agit de rallier les classes populaires».

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Le rôle objectif de la Gauche selon Michéa

Chez Michéa, l’économie est perçue comme la religion de substitution des sociétés modernes. Le Progrès apparaît donc comme un messianisme, à la seule différence qu’il est séculier et non pas divin. Supposé scientifiquement continu donc, puisque l’Histoire aurait un sens, il vise à atteindre la fin de l’histoire. Le Machinal, la mécanisation intégrale de la vie, serait une évolution positive vers cela. L’homme, vu comme une machine, obéirait de manière mécanique à son comportement « naturellement » égoïste. Michéa pousse l’analyse encore plus loin : le Progrès serait une vision ethno et chronocentrée. Ce que Lasch, nous rappelle-t-il, nomme l’« ethnocentrisme du présent ». (1)

En somme, le libéralisme serait un suprématisme qui s’ignore. Il nierait les alternatives à la commercial society et universaliserait « l’imaginaire spécifique » de l’Occident – d’où sa facilité à invoquer le droit d’ingérence. En outre, il postulerait (la « théorie des stades » de Smith) que chaque développement capitaliste mènerait à une société plus juste par le jeu des améliorations matérielles. Qu’il soit de mauvaise foi ou tout simplement aliéné par les mythes libéraux, le Progressiste, ce nouveau croisé, est donc la meilleure caution d’un système qu’il prétend haïr et combattre.

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Relations Russie – Union Européenne

par Arnaud Leclerc

« La crise de l’Euro est bien plus profonde qu’une simple crise de la dette. L’Euro a été créé pour des raisons politiques et sans prendre en compte le niveau de technologie des pays, l’harmonisation du marché du travail, l’intégration politique et une langue commune. On aurait dû être davantage pragmatique. Quand la crise est survenue, les réponses ont été inadaptées. L’Union Européenne n’est pas une vraie Fédération et en a tous les inconvénients sans en avoir les avantages. »

Cette déclaration cassante de Vladimir Poutine le 25 octobre 2012 lors du Club Valdaï résume bien le sentiment russe vis-à-vis de l’Union Européenne : vous n’êtes pas un modèle pour la Russie. En d’autres termes, la monnaie est construite sur du sable,  les disparités économiques et territoriales ont été négligées, vous ne disposez pas d’un socle identitaire solide et votre gouvernance est bancale. Qui êtes-vous pour nous donner des leçons ?

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Entretien avec Jean-Claude Michéa

Jean Cornil a rencontré le philosophe français Jean-Claude Michéa, chez lui, à Montpellier. Philosophe « inclassable », Jean-Claude Michéa a un parcours singulier. Venant d’un milieu communiste, anarchiste, penseur critique du libéralisme et singulièrement du libéralisme culturel qu’il assimile à la gauche. Dans cette émission, Jean Cornil ira à la rencontre de ce philosophe étonnant, très éloigné des schémas traditionnels de la pensée politique.

Barack Obama va évoquer une réforme de l’immigration aux USA

Barack Obama va évoquer mardi [29 janvier 2013] une plus grande ouverture de l’immigration aux Etats-Unis, jugée bénéfique par la majorité des économistes, mais ne devrait pas présenter de programme détaillé par peur de braquer le camp républicain.

Clandestins arrêtés en Arizona, au nord de la frontière mexicaine, en 2010

Le président démocrate s’exprimera à 19h15 GMT à Las Vegas, dans le Nevada, au lendemain de la présentation d’un projet de réforme par un groupe de huit sénateurs des deux camps, qui marque une évolution d’une partie des républicains sur le sujet.
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Surplus : La consommation par la terreur

Cet essai en forme de collage réalisé autour de l’écrivain anarcho-primitiviste John Zerzan met en évidence les dérives et les dangers du développement effréné de nos sociétés de consommation et s’amuse habilement des propos irresponsables de nos dirigeants politiques et industriels.

“Surplus” dénonce les dérives du libéralisme, la coercition médiatique et publicitaire, la course insensée au profit, la surconsommation et son corollaire : la surexploitation des ressources et l’inégalité de répartition des richesses.

La violence extrême des manifestations des militants altermondialistes à Seattle, Gênes et Göteborg a ébranlé le monde entier. Surplus cherche à comprendre la rage de la jeune population contre notre société de consommation. Pourquoi abondance ne rime-t-elle plus avec jouissance ?

Collage, manipulation des sons et des synchronisations, répétitions suggestives, montage incisif, slogans martelés : le film utilise les mêmes techniques que la publicité et les shows télévisés. Ironique et sans concession, ce documentaire interroge plus qu’il ne dénonce ou ne donne de leçon…

PS et ouvriers : «On est passé de l’abandon au mépris»

La plume est cinglante comme après un amour déçu. «De l’abandon au mépris : comment le PS a tourné le dos à la classe ouvrière», ainsi s’intitule le livre publié jeudi par Bertrand Rothé, professeur d’économie à l’université de Cergy-Pontoise.

Dans cet ouvrage historico-économique, l’auteur revient sur les «trahisons» du parti à la rose vis-à-vis de ceux auxquels il avait tant promis en 1981, lors de sa première accession au pouvoir sous la Ve République. (…) Interview.

Comment se manifeste cette rupture que vous dénoncez ?

En 1981, François Mitterrand est élu président de la République. Au premier tour, les ouvriers ont plus voté pour lui que pour le communiste Georges Marchais. Pourtant, trois ans plus tard, l’idylle s’achevait avec Laurent Fabius et le tournant de la rigueur. A l’époque, par exemple, le gouvernement affronte déjà l’hostilité des métallos lorrains, car il fait le choix de ne plus avoir d’industrie sidérurgique en France, en supprimant 21.000 emplois dans les usines nationalisées. Il s’agit bien d’un choix politique, car, de son côté, l’Allemagne, avec des coûts similaires, produit aujourd’hui 25% ou 30% de l’acier européen.

Et quel est ce «mépris» dont vous parlez ?

Il est le fait autant du PS que des élites françaises en général. Il consiste à représenter les ouvriers en imbéciles violents, voire racistes.

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La guerre qui vient: de la contre-insurrection rurale à la contre-insurrection urbaine

«La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens» (Clausewitz). La technologie la plus sophistiquée constitue la modalité contemporaine de la guerre (…). La gauche radicale n’a pas l’habitude de s’intéresser à la politique militaire. Pourtant la guerre est partout. Non seulement sur les champs de bataille. Mais aussi sur les écrans et les consoles de jeux. A tel point qu’on pourrait parler d’un complexe militaro-industriel-ludique. La guerre est devenue un divertissement à part entière. Nos villes s’équipent insidieusement pour la guerre. Une guerre de classe. La mondialisation marchande est une mondialisation armée.
Par Claude Luchetta (septembre 2012).
Ce que je voudrais montrer c’est qu’une nouvelle stratégie militaire se met en place à l’ombre des états impérialistes. Stratégie qui construit ses propres cibles et délimite un nouvel espace géographique et mental.
Pour contrer la baisse  tendancielle du taux de profit, le capital investit massivement dans les  armes de haute technologie.
Cette réorientation stratégique de l’impérialisme s’inscrit dans un contexte marqué par: