Les banques revoient leurs modèles, et la facture sociale est lourde

Le secteur bancaire mondial a vécu de nombreuses crises économiques et financières, depuis le krach de 1929. Mais a-t-il connu pareille restructuration que celle engagée depuis 2012, après la crise financière des subprimes (crédits immobiliers à risques américains) et celle de l’euro ?

De part et d’autre de l’Atlantique, l’actualité est rythmée, depuis plusieurs semaines, par des vagues de suppressions d’emplois, notamment dans les grandes banques européennes. En 2014, ce sont les licenciements à Wall Street qui avaient fait la Une.

S’il est trop tôt pour un bilan, les réductions d’effectifs dévoilées par HSBC, mardi 9 juin (25.000 emplois supprimés d’ici à 2017, auxquels devraient s’ajouter 25.000 autres déjà annoncés, liés à la vente de filiales au Brésil et en Turquie), et celles escomptées à la Deutsche Bank, qui promet un plan d’économies de 4,7 milliards d’euros, viennent alourdir une addition déjà spectaculaire.

Ensemble, selon des données compilées par l’agence Reuters, les plus grandes banques d’Europe et des États-Unis (18 européennes et 6 Américaines) ont supprimé 59.000 emplois en 2014 : 21.500 emplois pour les premières et 37.500 pour les secondes. Si l’on y ajoute les coupes claires de 2013, le chiffre grimpe à 160.000… Ce qui représente, pour marquer les esprits, l’équivalent, en France, de la population de la ville d’Annecy.
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Suisse : La France veut-elle se renflouer avec les banques helvètes ?

Le monde de la finance suisse est en émoi : l’UBS, une des grandes banques suisses, vient d’être mise en examen en France pour « blanchiment aggravé et fraude fiscale », et condamnée à payer une caution de 1,1 milliard d’euros, qui augure de l’importance de la condamnation finale qu’elle encourt. Dans les milieux d’affaires et politiques helvètes, on évoque une « affaire d’État », et on soupçonne la France se « s’attaquer à la Suisse pour renflouer » le pays.

Le Parquet de Paris reproche à UBS d’avoir démarché illégalement des Français fortunés résidant en France, et de les avoir incités à placer leur argent en Suisse entre 2004 et 2012. La banque aurait créé un système de double comptabilité pour dissimuler les transferts  de capitaux de la France vers la Suisse.

D’après le journal suisse Le Temps, une caution d’un montant aussi exorbitant suggère que la France va infliger une amende à la banque comparable à celles que les États-Unis ont récemment réclamées à des établissements bancaires.

Selon Le Temps, la Cheffe suisse du Département Fédéral des Finances, Éveline Widmer-Schlumpf, a tenté d’intercéder auprès du ministre français des Finances, Michel Sapin, pour négocier une « solution raisonnable ». Mais Sapin aurait refusé de négocier. « On ne solde pas la fraude », aurait indiqué son ministère.

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Union Européenne : Comment le lobby financier pèse sur Bruxelles

120 millions d’euros : il s’agit du montant, en euros, dépensé chaque année par l’industrie financière en actions de lobbying à Bruxelles, auprès des institutions européennes.

C’est ce que révèle le think tank européen Corporate Europe Observatory (CEO), mercredi 9 avril. Selon ce dernier, la finance emploie 1 700 lobbyistes dans la capitale belge, soit bien plus que tous les autres secteurs.

Le rapport de CEO, intitulé « The Fire Power of the Financial Lobby », est publié à la veille des élections européennes et alors que nombre de régulations, comme celle visant à instaurer une taxe sur les transactions financières, sont encore en négociation à Bruxelles.

Pour obtenir ces estimations, les experts de CEO ont passé au crible le « registre de transparence » instauré en 2008 sous la pression des eurodéputés, et où toutes les organisations exerçant du lobbying sont censées s’enregistrer.
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L’histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde

Par Harold James, professeur d’histoire à l’Université de Princeton et senior fellow au Center for International Governance Innovation.

De nouvelles informations apparaissent, concernant l’attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI.

Le grand roman de Balzac Les illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l’histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l’histoire secrète » – c’est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l’histoire pendant longtemps – voire pour toujours. Plus maintenant.

Ceci n’est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L’histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe.

Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.

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« Mon amie, c’est la finance »

Pour réussir un hold-up, laissez faire les professionnels ! Trois journalistes racontent comment les banquiers français ont roulé gouvernement et Parlement dans la farine sous vos yeux. Du grand art ! Extrait

(…)

Le Parlement tiraillé

Le 30 janvier à 9 heures, les banquiers ouvrent le bal des auditions à l’Assemblée nationale. Pour percevoir l’humeur du moment, les députés sont venus en nombre dans la salle 63 50. L’auditoire est composé de Jean-Paul Chifflet, président du Crédit agricole et devenu président de la FBF en septembre 2012, de Frédéric Oudéa, ainsi que de Jean-Laurent Bonnafé. Tous se sont positionnés à la droite du président de la commission, Gilles Carrez.

Un par un, ils entament des exposés lénifiants et conservateurs. Jean-Paul Chifflet ouvre le bal : “Les vraies raisons de la crise de 2008 sont liées à l’immobilier, l’accumulation d’actifs risqués et la faiblesse de régulateurs nationaux, ça n’a rien à voir avec la séparation des activités bancaires ! Cette réforme n’était ni urgente ni prioritaire !” juge-t-il. Il met en garde : “Attention ! Cette loi aura un impact sur le financement de l’économie et la présence des banques françaises dans le monde.”

Frédéric Oudéa et Jean-Laurent Bonnafé sont moins véhéments et appellent au statu quo : “Vous bâtissez une loi pour le futur et en l’état, elle sauve l’essentiel : notre capacité à travailler avec nos clients, à aider les entreprises et l’Etat à emprunter sur les marchés. N’allez pas casser la croissance en Europe quand celle-ci risque un gros décrochage. [...] Il faut des banques fortes”, assène le premier. “Le secteur bancaire français a raisonnablement passé la crise. La loi telle qu’elle est paraît équilibrée”, admet le second.

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L’histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde

par Harold James, Princeton

De nouvelles informations apparaissent, concernant l’attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI.

Le grand roman de Balzac Ies illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l’histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l’histoire secrète » – c’est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l’histoire pendant longtemps – voire pour toujours. Plus maintenant.

Ceci n’est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L’histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe.

Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.

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Un brouillard de fraudes

Par James Howard Kunstler

L’équipe Obama a fait une belle bourde la semaine dernière en nommant Blythe Masters, responsable des ressources chez JP Morgan, au comité de la CFTC chargé de réguler les activités sur les marchés papier du maïs, des côtes de porc, du café, du cacao – et de l’or aussi, au passage, marché que JP Morgan est soupçonnée d’avoir manipulé.

Une affaire parmi celles qui ont surgi récemment, comme le fiasco de MF Global de 2011 suite auquel des milliards de dollars de comptes clients se sont comme par magie retrouvés chez JP Morgan en conséquences de mauvais paris placés sur les obligations européennes. MF Global, maison de courtage spécialisée dans le négoce de marchandises, a été liquidée en 2011. La CFTC n’a jamais émis d’ordre de poursuite au Département de la justice et, bien entendu, le PDG de la société, Jon Corzine, savoure encore à ce jour des lattés au caramel dans les Hamptons. Voici à quoi ressemblent les transactions Téflon des années Obama : rien ne colle aux basques des fraudeurs.

La nomination de Blythe Masters a causé un tel vent de scandale et tant de réactions sur Twitter qu’elle a dû se retirer des membres potentiels du comité avant la fin de la journée.

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Le monde obscur des matières premières

Ils s’appellent Glencore, Cargill, Vitol ou Trafigura. Ils sont peu connus du grand public. Et, pourtant, ce sont eux qui font la loi sur les marchés de matières premières partout dans le monde. Portés par l’appétit vorace de la Chine pour le pétrole, les métaux et les céréales, ils n’ont cessé de prospérer au cours des dix dernières années.

Ils jouent ainsi un rôle clef dans l’approvisionnement d’énergie ou de nourriture à la planète, et ont acquis une influence croissante sur la vie des affaires dans les pays émergents. Ils ont aussi amassé une petite fortune : 250 milliards de dollars de profits lors de la dernière décennie, selon les calculs du « Financial Times ».

Soit plus que les grandes banques de Wall Street, plus que Toyota, Volkswagen, Ford, BMW et Renault réunis. Devenus un maillon essentiel des échanges entre producteurs et consommateurs finaux de matières premières, ces négociants n’ont cessé d’intégrer la chaîne de valeur.

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[EXCLUSIVITÉ FORTUNE] – Libor : La manipulation des taux interbancaires était connue 3 ans avant que n’éclate le scandale

L’affaire de la modification, par des responsables de banques, des taux de référence sur lesquels se fondent de nombreux prêts comme de nombreux autres produits financiers ou hypothèques, a éclaté au grand jour en 2012. Mais trois économistes l’avaient établie dans une étude datant de 2009. En voici la preuve.
Lorsqu’éclate au grand jour la nouvelle de la manipulation, à l’été 2012, nombreux sont les chefs de grandes institutions financières et les dirigeants politiques du monde entier, à crier au scandale.

Pourtant, des doutes avaient bel et bien circulé dans les hautes sphères de la finance quant à la manipulation du taux Libor. Ces doutes avaient été mis noir sur blanc [en 2009] par trois économistes, dont l’un travaillant au FMI.

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Money, Power & Wall Street (docu)

Partie 1/4 :

Ce premier épisode de la série ambitieuse Money, Power & Wall Street nous dévoile l’origine de la crise financière américaine. En 1994, de jeunes analystes financiers de la banque JP Morgan ont l’idée de créer un nouveau produit financier, le CDS ou couverture de défaillance.

A l’époque, ils pensaient améliorer la gestion du risque et stabiliser le système financier mondial. Or quelques années plus tard, ces produits dérivés engendreront une crise financière sans précédent…

Partie 2/4 :

En 2008, Wall Street doit affronter l’explosion de la bulle immobilière. Un système opaque entraîne la faillite de nombreuses banques d’investissement.
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Blythe Masters commenté par Pierre jovanovic

« Tout ce que je vous avais annoncé sur l’avenir de Blythe s’est passé, plus vite même que je ne l’avais envisagé. Dans cette vidéo, je montre comment les destins, aussi lointains soient-ils dans le temps, finissent par se croiser… comme celui de Louis XIV et d’André Le Nôtre.

Son jardin est un pur joyau, s’offrant aux yeux de toutes les générations présentes et futures. Au moins, la dette gérée par Colbert a vraiment servi à quelque chose… mieux: elle a été transformée en une merveille du monde. Blythe Masters, elle, ne nous léguera que le Grand Crash grâce aux équations du cœur brisé.

Et aussi puissante et riche soit-elle, la reine des banquiers ne laissera pas de parc à son nom, ni de château majestueux, juste un océan d’amertume sur lequel flottent déjà des “cœurs brisés” par millions… »

Comment les banques gagnent de l’or en stérilisant des matières premières

« Les banques devraient être des banques, pas des sociétés pétrolifères »

Pour les ultralibéraux les marchés et les bourses éclairent les décideurs économiques à l’aide d’indicateurs rationnels. La réalité est tout autre : adossées aux facilités financières de la Banque fédérale de réserve américaine (la FED), les grandes banques de Wall Street spéculent sur les matières premières (pétrole, blé, cuivre, aluminium, etc.), pèsent sur leurs cours et disposent, avant d’autres acteurs économiques, d’éléments permettant d’anticiper l’évolution du cours de bourse des entreprises qui achètent les matières premières, objet des spéculations. C’est l’institutionnalisation du délit d’initié.

Même certains journaux américains « mainstream » commencent à s’en émouvoir. Polémia publie sous la signature d’une de ses correspondantes un texte présentant un article de David Kocieniewski, paru le 20 juillet 2013, dans le « New York Times ». Nous livrons aussi à nos lecteurs l‘intégralité de l’article intitulé « Des tas d’aluminium mais, pour les banques, de l’or pur ». A déguster et à méditer.

Je suis avec beaucoup d’intérêt l’actualité financière, comme on lit un polar, sauf que la fin n’est pas encore rédigée… Plusieurs grosses banques (Goldman Sachs, JP Morgan par exemple) ont mis en place une spéculation sur les matières premières (blé, pétrole, aluminium, etc.). Dans l’article ci-après, il est décrit très précisément comment elles procèdent. Vous comprendrez comment certains malins ont deviné que le cuivre allait flamber ; attention aux poignées de porte qui risquent de disparaître !
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Pierre Jovanovic : Présentation du livre “le retour au standard or” d’Antal Fekete (Rediff.)

Les raisons pour lesquelles le standard-or va remplacer l’argent-papier, et pourquoi l’économie mondiale est condamnée à exploser.

Le professeur Antal Fekete est un théoricien de l’or depuis quarante ans et forme les spécialistes du métal jaune des banques centrales. Dans ce livre, il explique les raisons pour lesquelles le système financier mondial se dirige vers l’explosion, comme un train lancé à toute vitesse et auquel on a enlevé les freins, alors que la presse tente de vous faire croire par tous les moyens que tout va bien.

“Les économistes actuels sont des charlatans, des bonimenteurs qui, tout en se délectant de leur propre gloire, sont totalement incapables de prévoir un effondrement financier, même quand ils le regardent fixement dans les yeux, comme l’a montré leur misérable performance de 2007. Pire encore, ils sont même totalement incapables d’admettre leurs propres erreurs. Ils sont une malédiction jetée sur le corps politique et des verrues sur le corps académique. Ils conduisent le monde vers un désastre monétaire et économique sans précédent à la minute où je vous parle“.

Pour le Pr Fekete, le système reposant sur la monnaie-papier (euro, dollar) est arrivé à son terme, exactement comme les billets de banque de John Law ont disparu en fumée sous Louis XV.
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L’or de l’Allemagne et de la Fed est parti en Chine

Selon William Kaye, gestionnaire de hedge fund à Hong Kong, la Fed ainsi que la Bundesbank, n’ont plus d’or dans leurs coffres. Kaye, qui a travaillé chez Goldman Sachs il y a 25 ans, parle également du véritable montant des réserves détenues par la Banque populaire de Chine (PBOC).

William Kaye : La plupart des gens ne s’en rendent pas vraiment compte, mais l’hégémonie mondiale (leadership ou de domination) est en train de changer. Cette région du monde, l’Asie-Pacifique, et la Chine en particulier, est en train de se positionner pour devenir la puissance mondiale dominante dans les cinq à dix années à venir.

Mes sources me disent que, contrairement aux chiffres officiels disponibles, la Chine possède entre 4.000 et possiblement 8.000 tonnes d’or physique… Non seulement les Chinois sont les plus gros producteurs d’or, mais ils sont aussi les plus gros importateurs d’or au monde. C’est une initiative stratégique. La Chine accumule massivement l’or extirpé de l’Ouest à une cadence très rapide. La dynamique, ici, est très géopolitique, et l’Extrême-Orient y gagne.

Dans le « nouvel ordre mondial » qui émanera quand ce « raid » se terminera, la position de la Chine, de la Russie et du Brésil sera grandement améliorée. En revanche, la position des États-Unis, aussi bien que celle de l’Europe et du Royaume-Uni, sera grandement diminuée. Telles en seront les conséquences majeures.
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Olivier Delamarche : « Il faut qu’Hollande change de métier, qu’il fasse comique ! »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 16 juillet 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

« Les sociétés américaines vont avoir du mal à défendre leurs marges avec un recul du chiffre d’affaires, elles ont déjà viré tout le monde. Il faut qu’Hollande change de métier, qu’il fasse comique. La crise en Europe n’est absolument pas terminée. Aujourd’hui la vraie question est : comment peut-on vivre avec 0.5% de croissance ? Mais personne n’ose la poser. »

Olivier Berruyer : «La fin d’un monde»

Olivier Berruyer, créateur du site Les-crises.fr, explique quelles sont les racines profondes de la crise économique et financière actuelle. Il montre en quoi les dettes publiques ne sont plus soutenables, et pourquoi, au-delà des tentatives de fédéralisation européenne, l’Euro nous mène vers une impasse politique.

Deutsche Bank : La banque la plus exposée aux produits dérivés dans le monde

C’est la petite info de la semaine, qui est passée sous les radars, mais sur laquelle il faut revenir : la banque qui possède la plus forte exposition aux produits dérivés dans le monde n’est pas la JP Morgan, comme on le pensait, mais la Deutsche Bank. Comme l’indique son rapport annuel 2012, la banque est exposée à hauteur de, attention retour à la ligne :

55.605.039.000.000 euros, autrement dit 55.605 milliards d’euros, 55 mille milliards d’euros, ou 55,6 trillions d’euros, ouf.

Par comparaison, le PIB de l’Allemagne s’élevait à 2012 à 2.644 milliards d’euros, ce qui signifie que les engagements de la première banque du pays dans les produits dérivés sont vingt fois plus élevés que toute la richesse crée en un an dans la première puissance économique européenne. Converti en dollars, cela représente 72,8 trillions de dollars, soit un peu plus que la JP Morgan. L’Europe détient le record, la première banque au cœur du pays le plus solide, bravo !

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L’Espagne veut aussi instaurer une taxe sur les dépôts bancaires

Madrid pourrait lever auprès des banques une taxe de 0,2 % sur le montant des dépôts qu’elles détiennent. L’Espagne affirme que cet impôt nouveau n’a rien à voir avec celui de Chypre. Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde…

Par Romaric Godin

Cet impôt ne sera pas en effet directement levé auprès des épargnants,

mais il sera levé sur les banques. Ce sont ces dernières qui se verront imposées sur l’ensemble de leurs dépôts. En théorie donc, les clients ne seront pas touchés.

(…) En ne frappant pas les épargnants directement, cette taxe ne devrait pas créer de panique. En Europe, elle est, du reste, demeurée inaperçue au milieu de l’affaire chypriote. Mais il n’empêche : Jaime Becerril, analyste chez JP Morgan, estime que cette taxe est « risquée » et arrive « à un bien mauvais moment. »

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La bombe de la dette vient de grossir

Traduction par notre lecteur Boreas d’un article de Max Keiser, paru le 18 mars 2013 sur le site Russia Today.

Le montant mondial de la dette dépasse l’ensemble des dépôts bancaires dans le monde, et la situation financière actuelle à Chypre est l’inévitable prochaine phase : la confiscation.

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Toute prétention à une « titrisation » de la croissance par les banquiers centraux ou la finance mondiale en conditionnant et reconditionnant la dette, en hypothéquant et ré-hypothéquant la dette, en régulant et en re-régulant la dette, est désormais révolue.

Depuis le début de la reprise du marché obligataire dans les années 1980 (oui, c’est si vieux que ça), les banques centrales et la finance mondiale – le FMI, l’UE et la BCE, pour n’en nommer que quelques-uns – et leurs frères de Wall Street et de la City de Londres ont fait face à chaque crise par une augmentation de la dette et une extension de la maturité de la dette.

Le résultat a été – en 2007 – la plus haute montagne de dette au bilan et hors bilan dans l’histoire : une dette astronomique de 220.000 milliards (si l’on inclut toutes les dettes publiques, privées et contingentes des programmes de prestations non financés) dans l’économie américaine seule, avec ses 14.000 milliards de dollars de PIB. Le volume des dérivés mondiaux de la dette se situe maintenant à plus de 1.000.000 de milliards de dollars, surfant sur un PIB mondial d’environ 60.000 milliards de dollars.

Mais à partir de 2007, puis devenant spectaculairement apparente en 2008 avec la faillite de Lehman Brothers, la capacité des contribuables du monde entier à payer les intérêts ou le principal de la dette a heurté un mur de briques.

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La Chine et la guerre du fer

En Chine, l’année du Dragon a été déprimée avec une croissance moyenne de 7,8%, très en dessous des 11% de moyenne entre 2000 et 2011, avec un pic à 14,2% en 2007. Cette chute, en partie voulue par le pouvoir qui tente de rééquilibrer le développement du pays, pourrait cependant rejaillir de manière négative sur la stabilité politique du pays. C’est en tous cas ce que la nouvelle direction, mise en place lors du 18e Congrès en novembre, semble redouter.

Sans le dire, et en contradiction avec les injonctions des experts qui suggèrent plutôt de redynamiser l’économie par une augmentation des ressources de l’état (impôts sur les grandes sociétés, TVA, taxe à la propriété) et d’apaiser la société par un meilleur partage des fruits de la croissance, le Bureau Politique a initié une relance par l’investissement, dont les premiers effets se sont fait sentir à la fin de l’année 2012 et se propageront probablement durant l’année du Serpent, inaugurée à coups de pétards et de feux d’artifice, le 10 février.

La reprise est réelle et palpable. La vraie question renvoie à sa pérennité à moyen, voire à court terme, au-delà de 2013. Nombre d’experts chinois et étrangers anticipent en effet que sans réformes structurelles de fond, aujourd’hui handicapées par de graves divergences politiques au sommet, l’économie chinoise restée rigide, dominée par l’alliance des grands groupes publics et des banques, fiefs des prébendes de l’oligarchie, rencontrera assez vite d’importantes difficultés. Beaucoup estiment cependant que, même en crise, le pays ne ralentira pas ses importations de minerai de fer.

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Manipulation du cours de l’argent

Voici deux vidéos provenant du site Don’t Tread on Me, qui reprennent de manière pragmatique les différentes méthodes de manipulation que les gros requins de la finance, dont la fameuse Blythe Masters, n’ont pas hésité à utiliser depuis des années pour combattre la hausse du cours de notre métal blanc.

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Argent Métal

(Merci à Emmanuel Ratier)

Olivier Delamarche : «On a faillit tous périr à cause de JP Morgan»

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 15 mai 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Dans ce genre de banques il n’y a pas contrôle qui soient opérés, on continue à prendre les mêmes risques – Ils sont assurés par les banques centrales, donc il n’y a pas de raison de ne pas continuer – Il faut aller plus loin que le Glass-Steagall Act et que ces banques soient reprises par l’État – Le boulot des banques n’est pas de jouer sur les marchés. »

Un trader français déstabilise les marchés des CDS

JP Morgan va-t-il boire la tasse? Un des opérateurs de la banque américaine, surnommé la « baleine de Londres », a pris d’énormes positions risquées sur les marchés de crédit. Il a parié plusieurs dizaines de milliards de dollars sur le fait que des entreprises américaines resteraient en bonne santé financière. Son poids est tel dans le marché qu’il est surnommé «the London Whale» ou la «baleine de Londres». Des fonds spéculatifs et d’autres participants du marché, ayant l’avis contraire.

Le trader en question, Bruno Iksil, et son équipe, risquent de devoir enregistrer de lourdes pertes. En effet, cette nouvelle tombe alors que l’économie américaine montre des signes d’essoufflement. Les marchés risquent donc d’être plus sévères avec les entreprises. Leurs conditions de crédit devraient se durcir.

En tout cas, les fameux CDS, car c’est bien de cela qu’il s’agit, font de nouveau parler d’eux. Ces produits permettent de s’assurer contre le défaut de paiement de sociétés ou au contraire de parier sur la bonne santé de celles-ci. Le spécialiste de l’assurance AIG avait dû être sauvé en catastrophe après avoir vendu des CDS sur des emprunts hypothécaires. La firme estimait que le marché immobilier américain s’améliorerait.

Ces nouvelles interviennent alors que JP Morgan est sorti renforcé de la crise financière. Ce scandale risque d’avoir des conséquences néfastes pour son image et pour son bilan, qualifié de «forteresse» par son pdg.

Le Figaro

Banque d’investissement et de financement – Haro sur le trading

La délicate redéfinition de l’équation économique et financière de la banque universelle.

Fragilisées par la crise de 2008, les banques d’investissement et de financement européennes se sont engagées dans une réduction d’activités. Ce mouvement s’est accéléré depuis l’été, avec l’aggravation de la crise de la zone euro et la mise en œuvre de nouvelles normes prudentielles entamant durablement la rentabilité des établissements bancaires. Alors que certains politiques veulent aller plus loin dans la réglementation, en préconisant par exemple la séparation des activités de dépôts et d’investissement, les banques attachées à leur modèle universel doivent de toute urgence proposer un nouveau paradigme susceptible de rassurer à la fois les régulateurs et les investisseurs.

En laissant mettre la banque Lehman Brothers en faillite, le 15 septembre 2008, le président de la Banque centrale américaine Ben Bernanke a provoqué l’onde de choc qui a déclenché l’explosion de la plus grave crise financière de l’après-guerre. Pour l’économiste Milton Friedman, ce sont les faillites bancaires qui furent la véritable cause de la crise des années trente. La faillite de Lehman ne se compare néanmoins pas à celles des années noires.

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La Banque

Goldman Sachs. Pour Marc Roche, c’est LA Banque par excellence, l’incarnation du pouvoir financier. Et on ne s’en étonnera pas quand on saura que son bouquin s’ouvre sur le récit de sa rencontre avec un monsieur David de Rothschild, grand baron de la City et « informateur » pour ce livre sur Goldman Sachs.

Ainsi, si nous avons, enfin, un livre sur Goldman Sachs, c’est parce que les Rothschild ont décidé que c’était le moment ! Soyons reconnaissant à Marc Roche de nous en avertir, avec tact mais aussi avec clarté, d’entrée de jeu.

Bref. Ouvrons l’objet, et disséquons-le. On n’y trouvera évidemment pas toute l’information. Mais on en trouvera une partie. Et peut-être une partie juste assez grande pour en déduire le reste.

*

Goldman Sachs a aidé la Grèce à truquer ses comptes pour intégrer la zone euro, en 2002.

C’est que, visiblement, les banquiers d’affaires londoniens nagent comme des poissons dans les eaux troubles des pays à l’économie « grise » florissante et aux normes comptables molles.

Et le « hasard » les aide, quand il le faut : cette même année 2002, Eurostat, l’institut européen chargé de contrôler les déclarations des pays candidats à l’euro, est au cœur d’un scandale financier interne, donc fragilisé, donc peu soucieux de se mettre à dos « les marchés ».

Ils nagent bien, ces banquiers, et s’en portent encore mieux. La méthode Goldman Sachs pour « aider » la Grèce repose sur une manipulation des taux de change utilisés pour transférer la dette émise en dollars vers une dette en euros, à l’occasion d’un Credit Default Swap.

En « échange » de cette manipulation, qui ne pose aucun problème à Goldman Sachs puisque le marché des Credit Default Swap est totalement non régulé, la Grèce accepte au passage de payer, à son nouveau créancier, des intérêts usuraires. En d’autres termes, Athènes a acheté une réduction du niveau de sa dette publique (pour se rapprocher du « critère de Maastricht », soit 60 % du PIB) contre une augmentation des intérêts de cette même dette.

Où l’on ne s’étonne plus que le pays soit, dix ans plus tard, en faillite complète… même si, en 2009, pour brouiller les pistes, un ancien trader de Goldman, devenu directeur de la principale banque commerciale grecque, aida son ancien employeur à « transférer » une partie de la dette publique grecque à cette enseigne privée athénienne.

Et dire que pendant ce temps-là, le fisc cherche des poux dans la tête aux PME qui ont oublié de passer mille euros de CA…

Bref. Revenons à Goldman. Comment expliquer qu’une banque américaine devienne quasiment le conseiller financier, presque le gestionnaire de fait, de nombreux petits Etats européens ?

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Comptabilité des grandes banques américaines : pas fiable ?

Par Vincent Bénard

L’une des grandeurs que les investisseurs regardent pour savoir si le bilan d’une banque est solide est le µ, ou ratio des dettes sur capitaux propres. Quelques analystes se sont spécialisés dans ce type d’analyse simple mais efficace (exemple).

Le µ et les normes comptables

Le seul problème avec cette analyse : quelle est sa valeur si le calcul du total de bilan est biaisé par une grossière sur-évaluation des actifs ? Autrement dit, si une banque compte, par exemple, 10% de prêts non performants en valeur dans son bilan, mais qu’elle n’affiche que 1% de dépréciation, ses fonds propres réels sont nettement moindres que ce que son bilan affiche.

“Pas de danger”, direz vous. En effet, si les règles comptables “Mark To Market” ont été suspendues du 15 novembre 2008 au 1er janvier 2010, les règles comptables FASB 157 en vigueur aux USA depuis cette dernière date obligent les banques à déclarer trimestriellement une “fair value », une valeur “justifiée”. Donc, si des prêts non performants se trouvaient en masse dans les bilans bancaires, cela se verrait, non ?

Et donc, vu que je vous annonce régulièrement que les grandes banques américaines sont au bord du gouffre, et que les dépôts de bilan et autres bailouts anticipés n’arrivent pas, vous seriez fondés à croire qu’il y a dans mon pessimisme une part d’exagération.

Et encore une norme comptable contournée, une !

Sauf que… Bloomberg lève le voile sur une “échappatoire” comptable que nombre de banques auraient mis en oeuvre pour majorer fortement la valeur d’actifs de leurs prêts. La règle comptable 157 stipule que la Fair Value doit s’entendre comme un prix raisonnablement escomptable d’une vente dans des conditions “normales”, ce que les Anglo-Saxons appellent une “exit value ».

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Les secrets de la Réserve Fédérale, institut d’émission monétaire des États-Unis (Rediff.)

Contrairement à une croyance générale, l’institut d’émission des Etats-Unis est, en fait, une machine à fabriquer de l’argent détenue par un cartel bancaire privé, qui gagne d’autant plus que les taux sont élevés. Mine de rien, il imprime des dollars à bon marché et les revend plus cher.

J.P. Morgan et J.D. Rockefeller vers 1910

L’institut d’émission des Etats-Unis, appelé aussi «Réserve fédérale» ou «FED», revient constamment en point de mire lorsque le monde financier international se demande, anxieux, s’il va modifier son taux directeur ou non.

L’abréviation FED se rapporte au «Board of Governors of the Federal Reserve System», c’est-à-dire à la conférence des gouverneurs du «Federal Reserve System» érigé il y a 93 ans.

Il s’agit non pas d’une ­banque centrale traditionnelle, mais de la réunion de cinq banques privées régionales tout d’abord, de douze banques actuellement, disséminées aux Etats-Unis, habilitée chacune à porter le nom de Federal Reserve Bank, un petit nombre d’initiés seulement sachant à qui elles appartiennent.

Un seul point est certain : elles n’appartiennent pas à l’Etat. Néanmoins, elles exercent les fonctions d’un institut d’émission de l’Etat.

Elles prennent leurs décisions au sein du Federal Reserve Board, dont le président les représente à l’extérieur et dont les séances ont lieu à Washington dans leur propre et imposant monument historique. La plus importante de ces banques privées est la Federal Reserve Bank of New York, qui contrôle l’énorme place financière de cette ville. Lire la suite

« La plus grande fraude de l’histoire des marchés »

Aux États-Unis, les expulsions de ménages incapables de payer leurs traites d’emprunts immobiliers sont devenues un scandale majeur. Des milliers de procédures initiées par les banques se sont avérées juridiquement nulles, les établissements ayant falsifié des pièces ou s’avérant incapable de produire les documents légaux établissant la validité de leurs créances. Devant le tollé, plusieurs banques ont du geler l’ensemble des procédures en cours.

Au total, ce sont des centaines de milliers de saisies qui sont remises en cause, dont un grand nombre pourraient être purement et simplement annulées. Janet Tavakoli, une spécialiste de la finance structurée, juge très sévèrement la façon dont la crise des subprimes a été traitée. Le renflouement de Wall Street, en permettant de masquer les pertes, a dissimulé la plus grande fraude de l’histoire, au bénéfice des actionnaires et de banquiers qui avaient en toute connaissance de cause accordés des crédits frauduleux, ne respectant pas les obligations légales.

Janet Tavakoli s’entretient avec Ezra Klein, journaliste au Washington Post, le 8 octobre 2010.

Ezra Klein : Que se passe-t-il ? Pourquoi sommes-nous soudainement confrontés à une crise qui n’était pas visible il y a encore deux semaines ?

Janet Tavakoli : Il s’agit de la plus grande fraude de l’histoire des marchés de capitaux. Ce n’est pas quelque chose qui est arrivé la semaine dernière. Cela s’est produit lorsque ces prêts ont été accordés, dans certains cas il y a quelques années de cela. Les prêts sont assortis de conditions et de garanties qui doivent être respectées. Dans le passé, on disposait d’une certaine période, allant de 60 à 90 jours, pour valider les prêts et, s’ils s’avéraient de mauvaise qualité, on les rejetait.
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Quand les contribuables refinancent les bad banks…

Alors que les stress tests des banques européennes n’ont pas fait bondir la bourse, l’annonce d’un assouplissement de la régulation par le comité de Bâle a été, lui, efficace pour les banques. Seraient-elles en si mauvaise position pour qu’un assouplissement réglementaire ait plus d’impact auprès des spéculateurs que les « stress tests » ? D’autant que ces derniers temps, les banques, qui sont encore plus endettées que la France, rapatrient leurs actifs pourris, histoire de faire payer leurs erreurs par les contribuables.

Lundi 26  juillet, le cours en bourse de diverses banques européennes a grimpé de quelques points. Les stress test n’avaient pas eu cet effet, peut-être parce qu’ils ne valaient rien. Là, c’est du sérieux. Alors qu’au G20, on nous a répété qu’on allait faire confiance au comité de Bâle1] pour réguler les banques, notamment en exigeant qu’elles augmentent leurs fonds propres, c’est-à-dire la masse d’argent qu’elles doivent avoir dans leurs coffres pour garantir l’ensemble des prêts et des encours. Actuellement, le taux de fonds propres est fixé à 8%.

Quand une banque vous prête 100€, elle ne les a pas. Elle en a au maximum 8% (et encore, elles parviennent à faire beaucoup moins avec quelques manipulations comptables issues des derniers « assouplissements » réglementaires), ce qui ne l’empêche pas d’empocher les 100€ que vous lui rendez ainsi que les intérêts, tout en mettant votre dette à son actif. Ce système est formidable.

Surtout que c’est pareil avec les États depuis le traité européen que nous avons refusé, et en France depuis que Pompidou, ex ponte de la banque Rothschild, a fait passer une loi interdisant à la Banque centrale de prêter au Trésor, c’est-à-dire à l’État. Du coup, les États aussi sont obligés d’emprunter sur « les Marchés ».

Bref, alors qu’il était question de demander plus de fonds propres aux banques, le comité de Bâle vient de les rassurer, en déclarant qu’il allait « assouplir » ses exigences. Qui restent, à l’heure actuelle, très hypothétiques.

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Banques US : vers un gigantesque «foreclosure-gate» ?

N.B. : à travers notre ligne éditoriale dédiée à la réinformation, nous n’avons jamais fait la promotion des pseudo-solutions marxistes. De même, cet article est certes signé du président de l’Institut Hayek, également affilié à l’Institut Turgot, mais vous noterez qu’il n’y figure quasiment aucune publicité pour les soi-disant remèdes proposés par lesdits Instituts. La rédaction de Fortune

Par Vincent Bénard

Les derniers développements juridiques de la crise financière atteignent les sommets de la quatrième dimension de l’incompétence, la négligence, la bêtise, et maintenant, de la fraude la plus inimaginable. Entre rire et consternation, je vais tenter de vous narrer les aventures de Dupond et Dupont au pays des milliards.

Taux des procédures de saisie immobilière aux USA en août 2010. Couleur la plus foncée : saisie d'une maison sur 54. Couleur la plus claire : saisie d'une maison sur 66,263. Source : Realty Trac (cliquez sur la carte pour l'agrandir)

Des gros couacs dans les procédures de saisie-liquidation ?

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Les annulations de dettes dans le passé

Il y a déjà eu dans l’Histoire de véritables annulations de dettes, parfois unilatérales, parfois validées en justice, parfois concédées par les puissances dominantes. Nous présentons ici quelques exemples significatifs.

Répudiations de dettes

Les États-Unis

En 1776, les treize colonies britanniques d’Amérique du Nord ont décidé de constituer les États-Unis et de rompre leurs liens de dépendance envers la Couronne britannique. Le nouvel État s’est libéré du fardeau de la dette en déclarant nulles les dettes dues à l’égard de Londres. Au XIXe siècle, après l’élection d’Abraham Lincoln |1| à la présidence, les États sudistes ont fait sécession et ont constitué les États confédérés d’Amérique. La guerre de Sécession qui s’en est suivie (1861-1865) a vu la victoire des États nordistes, anti-esclavagistes et en phase d’industrialisation. À cette occasion s’est produite une nouvelle répudiation de dette au détriment des riches des États sudistes. Des emprunts avaient été contractés dans les années 1830, essentiellement pour la création de banques (Planter’s Bank dans le Mississipi et Union Bank en Caroline du Nord notamment) ou pour garantir la construction des chemins de fer.

Dans le Mississipi par exemple, les remboursements initiaux ont été effectués, mais une loi a permis la tenue en 1852 d’un référendum, pour que les habitants se prononcent pour ou contre le paiement des bons de la Planter´s Bank. La réponse fut négative. Après la guerre de Sécession, en 1876, la Constitution a été modifiée par une clause où l’on a interdit spécifiquement le paiement des bons de la Planter’s Bank. Le nouveau régime a donc entériné cette décision pour que l’arrêt des remboursements devienne légal. Les montants en question dans les huit États concernés sont de 75 millions de dollars.

L’URSS
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L’économie sud-africaine est-elle vraiment dopée par le foot ?

La Coupe du monde de football démarrera le 11 juin dans un pays qui a enregistré une croissance de 4,6% au premier trimestre 2010, après une récession de -1,8% en 2009.

Un effet ballon rond ? Pas si sûr…

Pour le ministre des finances sud-africain, Pravin Gordhan, la chose est entendue : la Coupe du monde de football apportera 0,5 point de croissance à une hausse de PIB qui atteindrait 2,3% en 2010.

Problème, l’effet positif de la Coupe du Monde sur l’activité d’un pays n’est absolument pas avéré.

Une étude menée par Bank of America-Merrill Lynch sur la période 1954-2006, montre que les pays organisateurs ont, en moyenne, enregistré pendant l’année de la compétition une croissance économique inférieure à leur rythme habituel.

L’Afrique du sud est toutefois assurée de déroger à cette règle. Mais surtout en raison de la crise mondiale qui a plongé le pays dans la récession au dernier trimestre 2008, et ce pour la première fois en 17 ans.

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Les grandes banques US sont-elles encore solvables ?

La question posée par le titre de cette note peut sembler excessivement provocatrice, en ces temps où tout le monde a envie de croire que la “reprise” que nous annoncent les oracles de la presse économique est solide, durable, et que les politiques néo-keynesiennes lancées un peu partout dans le monde vont produire enfin des résultats positifs. Et puis ces grandes banques ne viennent-elles pas de rembourser avec fracas les aides reçues au titre du grand “sauvetage” de la fin 2008 ?

Au reste, si les outils de gestion d’un écroulement du système bancaire, qu’il soit américain ou autres, étaient correctement conçus (voir une proposition concrète ici), tout l’exposé qui suit ne prêterait qu’à rendre nerveux certains gros investisseurs. Mais comme ce n’est pas le cas, nous en sommes réduits à nous faire peur en observant la course inexorable du secteur bancaire américain vers un mur de dettes non remboursables désormais semble-t-il totalement inévitable.

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Comment Lehman maquillait ses bilans

L’expert chargé d’analyser la faillite de la banque américaine a publié son rapport de 2200 pages. Il met en cause le PDG, Dick Fuld, et des cadres, ainsi que le cabinet d’audit Ernst & Young et deux banques concurrentes.

Richard Severin Fuld, Jr., ex-Président-directeur général de la banque d'investissements multinationale Lehman Brothers. Surnommé Big Dick ou encore le Gorille...

«Repo 105». C’est le nom de code d’une petite «manip» financière pratiquée par Lehman Brothers pour embellir ses comptes, relevée dans un rapport sur la faillite de la banque rendu public jeudi soir aux États-Unis. Ces «Repo», pour «repurchase agreement», c’est-à-dire «accord de rachat», consistaient pour la banque new-yorkaise à vendre à un partenaire des actifs, notamment immobiliers, à la veille de la publication de ses comptes, pour les lui racheter quelques jours plus tard.

But de la manœuvre: alléger temporairement sa dette afin d’améliorer son bilan. Le chiffre 105 signifie que la valeur des produits vendus par Lehman atteignait 105% des liquidités qu’il percevait en échange. Ce tour de passe-passe, Lehman l’a pratiqué dès 2001, mais l’a utilisé à une échelle de plus en plus importante en 2007 et 2008, pour une valeur de 39 milliards de dollars à la fin du dernier trimestre 2007, de 49 milliards à la fin du premier trimestre 2008 et de 50 milliards au second trimestre 2008.

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La Grèce n’est pas la seule à “maquiller” sa dette

Maquillage de comptes ou habillage légal de bilan ? Sous le feu des critiques pour leur responsabilité dans la crise financière, les banques de Wall Street, Goldman Sachs en particulier, sont au coeur d’un nouveau scandale.

Cette fois, il ne s’agit plus de “subprimes”, ces crédits hypothécaires explosifs vendus à des ménages modestes, mais de produits financiers sophistiqués proposés à des Etats endettés pour enjoliver leurs comptes.

L'escamoteur, attribué à Jérôme Bosch (vers 1500)

Encore une fois, la Grèce est au coeur de cette affaire. Mais le pays est, semble-t-il, loin d’être le seul à avoir eu recours à des astuces financières conseillées par des banques de New York et de Londres.

Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et le Portugal ont, eux aussi, “optimisé” leurs comptes avec l’aide de Goldman Sachs, JP Morgan, Barclays ou encore “feu Lehman Brothers”.

Dans le cas grec, la très controversée Goldman Sachs aurait, selon la presse allemande et américaine, offert ses services à Athènes pour réduire, en 2001, ses déficits en utilisant des “swaps de devises”. Un outil qui permet de se protéger des effets de changes en transformant en euros la dette initialement émise en dollars et en yens.

“Légal !”, affirment les autorités grecques. Sauf que le taux de change utilisé ici aurait été exagérément favorable. Bilan de l’opération : 1 milliard d’euros de dette gommée pour le pays et 300 millions de commissions empochés par la banque.

“Ce serait une honte s’il s’avérait que les banques, qui nous ont déjà amenés au bord du précipice, ont également participé à la falsification des statistiques budgétaires de la Grèce”, a réagi la chancelière allemande, Angela Merkel, mercredi 17 février.

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Enron, miroir de notre avenir ?

Par Michel Drac

Petit rappel de l’expérience californienne

En 2001, la grande presse titra sur « l’échec colossal » de la libéralisation du marché de l’énergie, dénoncée par le gouverneur de Californie, Gray Davis. C’était avant que, pour conserver le contrôle du Golden State, l’oligarchie étatsunienne sponsorise un ancien acteur musclé, Arnold Schwarzenegger, et en fasse le remplaçant de Gray Davis – sur qui George Bush, l’ami intime d’un certain Ken Lay, président du groupe Enron, fit retomber le blâme du désastre énergétique californien.

Gray Davis n’avait pas tort en parlant d’échec colossal. La Californie, cœur du capitalisme nord-américain depuis les années 80, en était à prendre des mesures de rationnement sur l’électricité – comme un quelconque pays du Tiers-Monde. Victime de coupures d’électricité à répétition, le Golden State voyait son économie perturbée, sa population exaspérée par la hausse vertigineuse des factures énergétiques. Comment en était-on arrivé là ?

Tout commence en 1996, quand Sacramento décide d’ouvrir partiellement le marché de l’énergie à la concurrence. La concentration verticale des producteurs et des distributeurs vole en éclat. Un nouveau marché de l’énergie apparaît, marché sur lequel les distributeurs vont s’approvisionner chez les producteurs. L’objectif est de faire baisser les prix en créant de la concurrence entre distributeurs et entre producteurs.

Le problème, c’est que ce marché est complètement biaisé. Pour commencer, les prix au détail sont restés en partie encadrés, ce qui fait que, au fur et à mesure que les prix à la production flambent (faute d’investissements dans les capacités de production), les marges des distributeurs se restreignent – jusqu’au point où la plus grande société de distribution, Pacific Gas & Electric, en est réduite à déposer son bilan. Pourquoi cette absence d’investissement dans les capacités productives ? En partie parce que, dans le courant des années 90, un secteur public anémique a trop peu construit de centrales. Mais aussi, et surtout, parce qu’avec la perspective de la libéralisation, les producteurs ont été rachetés par des acteurs qui se positionnent dans une pure perspective de profit, et donc veulent avant tout dégager de la marge (par l’augmentation des prix à la production). Parmi ces acteurs décidés à rentabiliser un capital qu’ils n’investissent pas, et persuadés que l’absence d’investissement va justement leur permettre de dégager du profit : Enron, la société de Ken Lay.

Le cas Enron est particulièrement emblématique des dérives du capitalisme hyper financiarisé, pour lequel seul compte la valeur comptable, sans considération pour la réalité de la production de richesse réelle. Le directeur financier, Jef Skilling, a une théorie intéressante : puisque la rentabilité du capital est maximale dans les activités d’intermédiation (banque, arbitrage), une entreprise industrielle comme Enron doit se transformer en entreprise financière. Et voici comment une société conçue, au départ, pour poser des pipelines et construire des centrales énergétiques (ce qu’Enron n’a jamais vraiment su faire) se transforme en « courtier en énergie ». Au fond, c’est la capitulation du capitalisme industriel devant le capitalisme bancaire : le choix du tout financier comme ultime moyen de rentabiliser optiquement un capital sur-accumulé, que l’économie réelle n’est plus capable de rémunérer.

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