L’essentiel avec… : Jean-Claude Trichet

L’invité de notre série L’essentiel est aujourd’hui une grande figure du monde de l’économie et des finances en Europe, Jean-Claude Trichet, ancien Directeur du Trésor de 1987 à 1993. Gouverneur de la Banque de France de 1993 à 2003, avant de devenir Président de la BCE, Banque Centrale Européenne de novembre 2003 à novembre 2011, Jean-Claude Trichet est membre de l’Institut de France où il a été élu à l’Académie des sciences morales et politiques le 22 février 2010. [Extraits]

2- Qu’est-ce qui vous paraît essentiel à dire aujourd’hui Jean-Claude Trichet, sur votre domaine d’activité, l’économie et la finance ?

J’ai deux idées à faire passer : une sur l’Europe et une sur notre pays. Sur l’Europe : il est absolument indispensable de mener à bien, de manière extrêmement déterminée, et aussi rapidement que possible, l’ensemble des décisions déjà prises pour améliorer la gouvernance de l’économie et des budgets de la zone euro. Et non seulement de les mettre en œuvre mais d’aller nettement plus loin. La crise démontre à l’évidence que nous avons besoin de renforcer la gouvernance économique et budgétaire la zone euro.

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Goldman Sachs : La banque qui dirige le monde (M-à-j vidéo)

La banque américaine Goldman Sachs est au coeur de toutes les crises financières depuis 2008: crise des subprimes, crise grecque, crise de l’euro. Son pouvoir est immense et elle l’exerce dans le plus grand secret.

Immersion au coeur de LA banque liée à de nombreux scandales pour comprendre ce passé douteux. Des témoignages de premier plan aident aussi à expliquer comment elle est, malgré les crises, encore plus puissante qu’avant. (RTS.ch – 8 juillet 2012 – Réalisation Jérôme Fritel)

Partie 1/2 (45 min)

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La Banque Centrale Européenne (BCE)

Monétisera-t-elle de la dette souveraine ou non? (version élégante pour “faire fonctionner la planche à billets ”). A l’heure actuelle, il semblerait que toute la Banque Centrale Européenne soit résumée à cette question. La BCE est un acteur essentiel de la vie de l’Eurozone. Les débats qui tournent autour d’elle en sont l’illustration.

Au centre de la plus grave crise monétaire depuis la crise de 1929, la Banque Centrale Européenne a su « outrepasser »  les missions définies de façon très restrictive par ses statuts et contribuer à éviter une propagation de la crise bancaire américaine en 2008 et d’éviter qu’elle dégénère en crise bancaire systémique. Depuis, le statut, les missions, les décisions de la BCE, donnent lieu à des débats, les uns très politiques, les autres très techniques. Toutes tournent autour de ce que peut ou doit être une banque centrale. Toutes font revivre, sur fonds de négociations de dettes grecques, portugaises ou italiennes, les débats de la Banking et de la Currency school, qui, version très simplifiée, opposent ceux qui considèrent qu’une banque centrale doit être engagée dans la création monétaire, l’autre ceux qui pensent qu’elle doit s’en garder !

Naissance et organisation

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Lionel Stoléru : «Il faut vite changer de gouvernement»

Lionel Stoléru, économiste, ancien secrétaire d’Etat de Giscard d’Estaing et président de la chambre de commerce France-Israël, estime qu’il faut d’urgence faire appel à des «techniciens» capables de mettre en œuvre les réformes qu’impose la crise économique.

Ce peut être le portrait actuel de personnalités qui, en France ou dans des fonctions internationales, ont fait la preuve de leurs capacités de décision : Michel Camdessus, Jean-Claude Trichet, Pascal Lamy, Claude Bébéar, notamment, ont ce profil.

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Suspense sur l’avenir de l’euro

Pour l’euro, les prochains jours seront décisifs. Plusieurs pays qui procèdent à des émissions de dettes vont passer le « test des marchés ». Le résultat, écrit la presse européenne, devrait révéler le niveau de confiance des marchés en la capacité des pays les plus fragiles de la zone euro à redresser leurs finances.

« Sous le regard de l’Europe, le Portugal affronte son premier grand test de l’année pour savoir s’il parviendra à sortir de la crise sans avoir recours à l’aide extérieure », expliquait Público au matin du 12 janvier.

« Une journée, poursuivait alors le quotidien, qu’Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, Jean-Claude Trichet et tous les responsables politiques européens, vivront plus qu’aucune autre avec inquiétude pour l’avenir de l’euro ». Au final, Lisbonne a pu lever 1,25 milliard d’euros.

La veille, précisait le quotidien, « le gouvernement a joué sa dernière carte en annonçant un excédent de 800 millions d’euros par rapport au budget 2010 », ce qui, pour le journal, devait «contribuer à démentir les rumeurs sur l’imminence de l’aide exterieure». Le test portugais passé, « ce sera au tour de l’Italie, et de l’Espagne » le 13 janvier, écrit La Stampa.

Les prophéties auto-réalisatrices règnent sur la finance mondiale

Le quotidien italien met en garde contre les « prophéties auto-réalisatrices qui règnent aujourd’hui au sein de la finance mondiale », et cite une étude de la banque américaine Citygroup, pour qui « l’euro survivra à la crise, même si la teneur actuelle des fonds de secours européens, 421 milliards après le sauvetage de la Grèce et de l’Irlande, ne suffiront pas à couvrir les exigences de financement de l’Espagne, si elle aussi devait avoir besoin d’aide ».

Et si l’euro parvient à sortir de la crise actuelle, il le devra en partie à l’aide venue d’Extrême-Orient.

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Le Portugal entraîne l’Espagne et l’Italie dans ses tourments

Pressé par la France et l’Allemagne de demander une aide financière, selon le «Spiegel», Lisbonne doit lancer un emprunt clé mercredi. La défiance s’étend malgré le soutien de la BCE. Paris, Berlin et Bruxelles le nient haut et fort: non, le Portugal ne fait actuellement l’objet d’aucune pression en vue de demander un soutien financier européen.


«Il n’y a pas de discussion dans ce sens et elles ne sont pas envisagées à ce stade», a martelé lundi le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn. La thèse développée dans le magazine allemand Der Spiegel publiée lundi selon laquelle la France et l’Allemagne seraient en passe de contraindre Lisbonne à suivre les exemples irlandais et grec, dans le but d’éviter une contagion à l’Espagne, serait donc infondée.

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Avenir de l’euro : le Financial Times a-t-il raison ?

Par Philippe Milliau, membre du bureau exécutif du Bloc identitaire

Depuis des mois, le Financial Times, principal journal financier mondial, celui qui donne le ton pour les opérateurs du monde de la finance, pronostique la crise de l’euro, puis « la possible fin de l’euro ». A supposer que cela soit vrai, est-ce souhaitable ? Assurément pas.

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LEAP – 2ème semestre 2011 : explosion de la bulle des dettes publiques occidentales

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 décembre 2010

Le second semestre 2011 marquera le moment où l’ensemble des opérateurs financiers de la planète va finalement comprendre que l’Occident ne remboursera pas une partie importante des prêts réalisés au cours des deux dernières décennies.

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La réponse systémique dans toutes les têtes de l’UE

Les dirigeants de l’Union européenne s’entendront jeudi et vendredi à Bruxelles sur une réforme limitée du traité européen afin de créer un mécanisme permanent de crise mais ils poursuivront surtout les discussions sur des réponses plus systémiques à la crise.

Sans être à l’agenda de ce septième sommet européen de l’année – un record – la question de doper les capacités du fonds de stabilité de la zone euro et d’élargir ses missions, mais aussi la réflexion autour de la création d’obligations européennes devraient animer les débats dans les coulisses.

Selon le texte des conclusions du sommet, dont Reuters a obtenu une copie, les Vingt-sept ajouteront un paragraphe prévoyant un tel mécanisme à l’article 136 du traité, qui précise le fonctionnement de l’Union économique et monétaire.

La rédaction envisagée de ce paragraphe est la suivante : « les Etats Membres dont la monnaie est l’euro peuvent établir un mécanisme de stabilité pour sauvegarder la stabilité de la zone euro dans son ensemble. L’octroi d’une assistance financière via ce mécanisme devra être sujette à de strictes conditionnalités ».

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La Grèce et l’Irlande doivent faire défaut

Réunis la semaine prochaine à Bruxelles, les responsables européens cesseront-ils de se disputer pour faire face aux vrais enjeux de la crise de la dette ?

En réalité, la Grèce et l’Irlande ont déjà fait défaut. Pas officiellement. Cependant, à écouter les opérateurs financiers, plus personne ne veut prêter un centime à ces deux Etats qui croulent sous les dettes. La situation du Portugal et de l’Espagne n’est guère plus confortable.

Lundi passé, des chiffres publiés par la Banque centrale européenne ont démontré comment elle tient les Etats de la zone euro à bout de bras. Entre le 25 novembre et le 1er décembre, la BCE a acheté pour 1,965 milliard d’euros d’obligations publiques ; le plus fort montant enregistré depuis le début du mois de juillet alors que l’on sortait à peine de la crise grecque. Les opérateurs estiment que l’institution dirigée par Jean-Claude Trichet a nettement accéléré ses achats de dette publique irlandaise et portugaise. Car, en face, les grands investisseurs s’en détournent.

Pimco, le géant américain des obligations, a déjà annoncé avoir vendu la majorité de ses titres grecs, irlandais, portugais et espagnols. JPMorgan, un des poids lourds du marché de la dette gouvernementale européenne, a indiqué que beaucoup de ses clients veulent se débarrasser des titres des Etats «périphériques» de la zone euro.

D’ailleurs, Goldman Sachs a calculé que 17% de la dette cumulée de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal se trouvent désormais dans les coffres de la BCE. Au rythme actuel, cette part pourrait monter à 50% sans tarder.

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De l’euro faible au yuan renforcé

L’Union européenne est dans une phase d’immobilisme. En Chine, en revanche, l’inflation est bien là, et chacun attend désormais une hausse des taux d’intérêt. «Les marchés comprennent mal l’euro», estimait voici peu Christine Lagarde. On peut se demander si, contrairement à ce que dit la ministre française de l’Économie, ce ne sont pas les dirigeants européens qui comprennent mal les marchés.

Lundi dernier, l’Ecofin (Conseil pour les Affaires Économiques et Financières) augmenté du président de la BCE, Jean-Claude Trichet, et de celui du FMI, Dominique Strauss-Kahn, ont décidé qu’il était urgent de ne rien faire.

Inutile de renforcer le fonds de crise, stupide d’inventer des obligations européennes, impossible d’adopter une politique budgétaire commune… Et tant pis si demain les attaques reprennent contre le Portugal ou l’Espagne, ou pire.

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Quand les contribuables refinancent les bad banks…

Alors que les stress tests des banques européennes n’ont pas fait bondir la bourse, l’annonce d’un assouplissement de la régulation par le comité de Bâle a été, lui, efficace pour les banques. Seraient-elles en si mauvaise position pour qu’un assouplissement réglementaire ait plus d’impact auprès des spéculateurs que les « stress tests » ? D’autant que ces derniers temps, les banques, qui sont encore plus endettées que la France, rapatrient leurs actifs pourris, histoire de faire payer leurs erreurs par les contribuables.

Lundi 26  juillet, le cours en bourse de diverses banques européennes a grimpé de quelques points. Les stress test n’avaient pas eu cet effet, peut-être parce qu’ils ne valaient rien. Là, c’est du sérieux. Alors qu’au G20, on nous a répété qu’on allait faire confiance au comité de Bâle1] pour réguler les banques, notamment en exigeant qu’elles augmentent leurs fonds propres, c’est-à-dire la masse d’argent qu’elles doivent avoir dans leurs coffres pour garantir l’ensemble des prêts et des encours. Actuellement, le taux de fonds propres est fixé à 8%.

Quand une banque vous prête 100€, elle ne les a pas. Elle en a au maximum 8% (et encore, elles parviennent à faire beaucoup moins avec quelques manipulations comptables issues des derniers « assouplissements » réglementaires), ce qui ne l’empêche pas d’empocher les 100€ que vous lui rendez ainsi que les intérêts, tout en mettant votre dette à son actif. Ce système est formidable.

Surtout que c’est pareil avec les États depuis le traité européen que nous avons refusé, et en France depuis que Pompidou, ex ponte de la banque Rothschild, a fait passer une loi interdisant à la Banque centrale de prêter au Trésor, c’est-à-dire à l’État. Du coup, les États aussi sont obligés d’emprunter sur « les Marchés ».

Bref, alors qu’il était question de demander plus de fonds propres aux banques, le comité de Bâle vient de les rassurer, en déclarant qu’il allait « assouplir » ses exigences. Qui restent, à l’heure actuelle, très hypothétiques.

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Zone euro : la crise financière est de retour…

Par Dr. Eberhardt Unger

Depuis plusieurs semaines la crise autour des finances publiques des pays périphériques de la zone euro semblait s’être apaisée. Les promesses d’économie des gouvernements, les plans pour réduire les déficits publics, les achats d’obligations d’État par la BCE, les recettes fiscales plus élevées grâce à la reprise économique et autres, tout cela semblait assurer un retour aux critères de stabilité de Maastricht.

Mais maintenant, un fort vent contraire nous arrive de ces pays (Grèce, Portugal, Irlande, Espagne, Italie). Dans le même temps, les écarts de taux par rapport à la référence des taux à 10 ans de la Bundesanleihen (« bunds« ) se sont de nouveau accrus. C’est seulement entre la France (OAT à 10 ans à 2,72%) et l’Allemagne (bunds à 10 ans à 2,35%) où les rendements sont historiquement très bas que les écarts de taux (spreads) sont faibles.

Les marchés financiers sont confrontés à des évolutions qui sapent tout espoir de retour des finances publiques à l’équilibre. En Grèce (taux du déficit 2009 = 13,7% ; 2010 = 8,1% du PIB), les manifestations et les grèves contre les plans d’austérité du gouvernement continuent, et pourtant le service de la dette ne fera que s’alourdir (voir graphique).

Graphique du sevice de la dette du Portugal, de l'Irlande, de l'Espagne et de l'Italie

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, recommande d’exclure temporairement des décisions politiques, les pays de la zone euro qui ne seraient pas en mesure d’atteindre les critères de stabilité de Maastricht. Ainsi, il devient fort possible que le plan de sauvetage européen de 750 milliards d’euros soit utilisé, dans un très proche avenir, pour sortir de la misère quelques pays de la périphérie de la zone euro.

En Espagne, le gouvernement promet qu’il n’y aura plus de plans d’austérité. L’Anglo Irish Bank, établissement nationalisé, doit être démantelé pour éviter un effondrement imminent. Le Portugal espère toujours réduire son taux d’endettement de 9,4% en 2009 à 7,3% en 2010 et à 3% en 2012, alors même que le nouveau budget est en passe de ne pas être voté par le Parlement.

En France, l’opposition recrute en promettant de revenir aux 60 ans pour le départ à la retraite, en cas de victoire aux prochaines élections. Dans toute la zone euro, seuls le Luxembourg et la Finlande affichent un meilleur taux d’endettement que l’Allemagne, bien que l’Allemagne soit encore loin de satisfaire aux deux critères de stabilité (3% et 60% du PIB). Le ministre des Finances allemand veut éviter, par tous les moyens, que ses mesures d’austérité soient remises en cause par des demandes de nouvelles dépenses souhaitées par ses collègues.

Conclusion : la crise de l’endettement autour des budgets publics dans la zone euro est loin d’être terminée et elle apparaît, maintenant, encore plus clairement. L’espoir d’une réduction de la dette dans un temps prévisible n’est que pure illusion. Les bunds ou les OAT ne sont pas une « valeur sûre » pour l’investisseur. Nous n’assisterons peut-être pas à une remontée brutale des taux, mais peut-être, à une montée continue et durable de ces derniers.

Money Week

L’Irlande serait-elle en passe de devenir la nouvelle Grèce de la zone euro ?

"Plus de baisses de revenus"

Y aurait-il “du défaut dans l’Eire” ? Derrière le jeu de mots qui prête à sourire, la question posée par les analystes de Natixis, dans une note du 9 septembre, traduit les inquiétudes suscitées ces derniers jours par la situation économique de l’Irlande et les déboires de son secteur bancaire. Autrement dit : l’ancien “Tigre celtique” serait-il en passe de devenir la nouvelle Grèce de la zone euro ?

Il y a d’abord les chiffres, inquiétants. Ceux de la dette et du déficit, plombés par le coût du sauvetage d’un système financier au bord de l’asphyxie. Selon l’agence de notation Standard & Poor’s (S & P), les nouvelles injections dans le capital de la banque en crise Anglo Irish risquent de propulser la dette publique irlandaise à 113 % du produit intérieur brut (PIB) en 2012. A un iota de la dette publique grecque qui s’est établie en 2009 à 115 % du PIB.

Quant au déficit public, il est déjà énorme : il a atteint 14,3 % du PIB en 2009, un (triste) record au sein de la zone euro, et pourrait gonfler jusqu’à 20 % en 2010. Pour mémoire, celui de la Grèce n’était “que” de 13,6 % en 2009.

Résultat, les emprunts d’Etat irlandais paraissent de plus en plus “toxiques” aux yeux des investisseurs. Mercredi 8 septembre, le taux des obligations à dix ans a grimpé jusqu’à 6 %, soit un écart de 370 points de base (3,7 %) avec les Bunds allemands de même échéance. Le succès, jeudi, d’une adjudication de bons du Trésor irlandais a fait un peu baisser la pression.

Mais pour les analystes, pas de doute : “Le vrai sujet du mois de septembre, c’est l’Irlande“, indique Jean-François Robin, stratégiste chez Natixis. “Il était d’ailleurs étonnant qu’elle n’ait pas été plus secouée ces derniers mois“, poursuit-il.

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Turquie in, Grèce out ?

L’absence de solidarité européenne à l’égard de la Grèce, sommée d’adopter des mesures d’austérité brutales sans aucune aide ni garantie concrètes pour amortir les efforts colossaux exigés, conduit à se poser plusieurs questions :

1. Veut-on pousser la Grèce vers la sortie ? L’effet dépressif des mesures de réduction des déficits risque d’asphyxier totalement le pays et de provoquer de graves troubles politiques et sociaux. L’objectif de baisse de 4 points du PIB – de 12,7% à 8,7% en un an !- signifie qu’une chape de plomb terrible va s’abattre sur les Grecs. Il s’agit d’un plan d’austérité sans précédent. Les hausses d’impôts et les coupes sombres dans les retraites, les programmes de dépenses et les salaires des fonctionnaires vont peser sur la consommation, et donc sur la croissance de l’économie grecque. Pour Jean-Paul Fitoussi, un tel plan est même contre-productif au regard de l’équilibre budgétaire, dans la mesure où il va aboutir à une baisse des recettes fiscales de l’Etat grec. Lire la suite

Comment va-t-on recréer le franc ?

Par Gérard Lafay, professeur émérite à l’université Paris-II

Contrairement aux espoirs annoncés, l’euro a manifestement échoué. A l’intérieur de la zone concernée, il n’a engendré qu’une faible croissance économique, une délocalisation des activités industrielles et la persistance du chômage, tout en accentuant les divergences entre les pays membres.

La politique de la Banque centrale européenne a en effet suscité une surévaluation chronique de la monnaie unique européenne, et elle a permis un endettement accentué des nombreux agents économiques, tant publics que privés. Au lieu de jouer un rôle d’entraînement, l’Allemagne a mené une politique salariale inutilement restrictive, accentuant le déficit de certains pays de la zone, au point de les conduire au bord du gouffre.

Sur le plan économique, l’euro ne pourrait être poursuivi qu’en menant un fédéralisme budgétaire, solution préconisée par Messieurs Jean-Claude Trichet et Dominique Strauss-Kahn. Cohérente sur le plan économique, cette solution est inapplicable politiquement dans un régime démocratique. Elle impliquerait le même type de transferts budgétaires que celui qui existe, à l’intérieur de chacune des nations, entre les régions riches et les régions pauvres.

Or l’Europe n’est pas une nation, qui a l’habitude d’accepter cette forme naturelle de solidarité. Le pays le plus riche, l’Allemagne, exclut même formellement une telle formule, ayant déjà suffisamment payé pour mettre à niveau les länder de l’ex-RDA.

A plus ou moins brève échéance, l’euro est donc condamné. La question n’est donc pas de savoir s’il faut recréer le franc : une telle issue est inéluctable. La seule question pertinente est de connaître les conditions dans lesquelles ce processus va se dérouler.

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George Soros : « Les banques sont plus puissantes que jamais »

Atteint par des rumeurs de complot contre l’euro, l’homme d’affaires antilibéral retourne l’accusation vers les « banques centrales du monde entier ». Au sortir d’une réunion avec la Fed et le FMI, George Soros explique la crise économique. Analyse d’un ex-spéculateur.

banques tours

Célébrité, pouvoir et fortune obligent, des costauds montent la garde à l’entrée de sa suite dans un grand hôtel de Washington. A bientôt 80 ans, George Soros, multimilliardaire progressiste, reste la bête noire des excités de la droite dure américaine. Mais, aujourd’hui, c’est avant tout l’homme d’affaires qui semble souffrir et se protéger, blessé par les rumeurs sur sa prétendue participation à un complot contre l’euro, qui ravivent la sombre mythologie du “casse de la Banque d’Angleterre”, ce milliard de dollards qu’il engrangea en 1992 en spéculant contre la livre sterling.

Le financier antilibéral, ennemi de tous les “grands déséquilibres” depuis son épopée d’enfant juif hongrois rescapé du nazisme, s’insurge pourtant encore contre les dogmes, y compris celui du marché financier, objet de son dernier livre, Quelques leçons tirées de la crise (Denoël). Ce recueil de ses conférences à la Central European University de Budapest, fondée par ce philanthrope insatiable, est l’une des raisons de son prochain passage en Europe.

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Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l’Euro

Par Jacques Sapir

Sommes-nous donc en 1931 ? Alors que les annonces de plans dits «de rigueur» ou «d’austérité» se multiplient à travers l’Europe, il est aujourd’hui évident que l’ordre du jour des divers gouvernements est dominé par la réduction des déficits publics. Se répètent ainsi les erreurs commises lors de la « Grande Dépression » [1]. Ceci n’est pas – seulement – dû à un oubli de l’Histoire. La crise que connaît la zone euro, et qui n’en est qu’à son commencement, a joué dans ce tournant un rôle à la fois décisif et pernicieux. C’est elle qui a lourdement pesé dans la conversion actuelle des principaux gouvernements à la «rigueur».

Ils sacrifient ainsi la substance – à savoir la dynamique économique qui fonde en réalité la possibilité réelle de la zone euro à se maintenir – à l’apparence : les conditions immédiates de son maintien face à la spéculation des marchés. Il est donc à craindre que l’Europe et la France n’entrent dans une période prolongée de récession sous l’impact cumulé de ces politiques restrictives. Des mesures radicales s’imposent, mais, pour les évaluer, il faut d’abord procéder à un bilan de la situation.

Le piège de la rigueur ne se comprend pas hors du verrou de l’euro. Pour autant, l’adhésion à ce dernier n’a pas reposé que sur des considérants idéologiques. Il y a bien eu des facteurs réels qui ont convaincu les gouvernements d’accepter cette solution de la monnaie unique dont les inconvénients étaient pourtant connus dès l’origine. Le délitement de ces facteurs pose la question de la possibilité de la survie de la zone euro et, au-delà, des solutions alternatives qui s’offrent à nous.

Vers la récession

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La solution de l’inflation

Le monde croule sous la dette. Ou, pour être plus précis, le vieux monde, celui qui va de Berlin à Tokyo, en passant par toute l’Europe de l’Ouest, Paris, Londres et Washington. Dans cette gigantesque banane du « leverage » [« levier » NDLR] qui s’étend sur plus de 15.000 kilomètres, l’endettement total, celui qui regroupe les engagements de l’État, des entreprises et des ménages, dépasse partout deux années de production.

En France, il a franchi les 2.000 milliards d’euros il y a dix ans, les 3.000 milliards en 2006 et le seuil des 4.000 milliards sera atteint cet été. Les causes de cette fantastique ascension sont connues : déséquilibres financiers planétaires, innovation financière débridée, intervention publique défaillante notamment aux États-Unis (incitations à l’emprunt immobilier, réglementations trop lâches, politique monétaire laxiste), et plus récemment impact dévastateur de la crise financière sur les comptes publiques (plans de relance, chute des rentrées fiscales).

Les conséquences, elles, vont se faire sentir dans les mois et les années à venir : un étouffement de l’activité. La dette est un poison mortel qui tue les empires et provoque les révolutions.

Pour s’en sortir, il n’y a que trois issues, au-delà des belles histoires sur la manne venue d’une croissance imaginaire. D’abord, la solution César Birotteau : rembourser ses créanciers mois après mois en se serrant la ceinture au risque de mourir d’épuisement, comme le fit le parfumeur imaginé par Balzac. C’est une voie qui séduit notamment ceux qui sont imprégnés d’une culture chrétienne où l’on gagne son salut par ses efforts. Mais, au moindre dérapage, elle risque d’entraîner l’économie dans la spirale dépressive décrite en 1933 par l’économiste Irving Fisher. Ensuite, la solution Lénine : répudier la dette comme le fit la Russie en 1917, ce qui implique de ne plus recourir au moindre emprunt pendant des décennies. D’autres formes moins violentes consistent à étaler la dette dans le temps – on parle alors de rééchelonnement ou de restructuration. Le créancier accepte alors, plus ou moins forcé, la perte d’une partie de son argent. Ce moyen a été très utilisé par les rois de France et plus récemment par des pays émergents comme l’Argentine. Il secoue sacrément les marchés financiers.

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Les marchés dans la situation la plus difficile depuis la Première Guerre mondiale

Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, estime dans un entretien à paraître lundi 17 mai dans l’hebdomadaire Spiegel que les marchés se trouvent dans “la situation la plus difficile depuis la deuxième guerre mondiale, voire depuis la première.”

Nous avons vécu et vivons des temps véritablement dramatiques,” poursuit-il, estimant qu’en fin de semaine passée, lors de la vague de panique sur les bourses européennes, “les marchés ne fonctionnaient plus, c’était presque comme au moment de la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008.

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