Myret Zaki : dollar, la fuite en avant

Alors que l’Europe se débat dans la crise des migrants, qui est en réalité une crise mondiale, et non celle de l’Europe, l’histoire derrière l’histoire est celle de la croissance anémique du monde occidental.

La partie immergée de l’iceberg révèle des faiblesses économiques profondes, qui suscitent des guerres et de violents remous à la surface.

Sept ans après la crise de 2008, l’économie américaine est dans l’impasse. La Réserve fédérale (Fed) ne peut ni relever les taux, ni les laisser à zéro. Elle s’enlise, alors que ses remèdes de 2009 ont toujours porté en eux la prochaine crise. Depuis 2009, la création de 4500 milliards de nouveaux dollars par la Fed pour acheter des titres américains et sauver le système financier mène à une voie sans issue.

La croissance n’est pas au rendez-vous. Alors qu’en 1950, une maison neuve aux États-Unis coûtait le double du salaire annuel d’un Américain moyen, elle coûte aujourd’hui le décuple. Comment s’étonner que le taux de propriété soit au plus bas depuis 1967 ?

Et malgré les 5,1% de taux de chômage annoncés en août, le taux de participation de la population active est tombé à son plus bas niveau depuis 1976.

D’autres chiffres (nombre d’embauches, commandes d’usines) sont indicatifs de faiblesse économique.
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L’économie mondiale suspendue à la décision de la Fed (Màj)

La Réserve fédérale américaine a rendu à 20 heures sa décision de politique monétaire. C’est le statu quo. L’objectif des Fed funds est maintenu à 0-0,25%.

L’économie mondiale suspendue à la décision de Janet Yellen, la Présidente de la Fed, la banque centrale américaine. Pour la Première fois en près de 10 ans, elle pourrait remonter son principal taux d’intérêt. Certains l’espèrent, d’autres le craignent.

États-Unis : La Fed sous le feu des critiques

La Réserve fédérale fait actuellement l’objet des plus vives attaques. Il est probable que les deux chambres du Congrès promulguent bientôt plusieurs lois consistant à soumettre la Banque centrale américaine à un « audit » de la part du Bureau de responsabilité gouvernementale des États-Unis. Une législation destinée à encadrer la fixation des taux d’intérêt de la Fed selon une formule prédéterminée est également envisagée.

Quiconque n’entreverrait pas ce feu imminent n’a qu’à songer à l’accueil récemment réservé à la présidente de la Fed Janet Yellen au Capitol Hill, qui a consisté pour les membres du Congrès à reprocher à Yellen d’avoir rencontré en privé le président et le Secrétaire du Trésor, ainsi qu’à l’accuser de s’être ingérée dans des questions étrangères à la politique monétaire.

D’autres encore, comme Richard Fisher, président sortant de la Fed de Dallas, l’ont invectivée autour du rôle particulier de la banque de la Réserve fédérale de New York. Aspect illustratif des lourdes responsabilités réglementaires de la Fed de New York, et lié à la proximité de celle-ci auprès du plus haut lieu de la finance mondiale, son président dispose d’un siège permanent au sein du Comité fédéral du marché ouvert, organe fixant le taux d’intérêt de référence de la Fed.

Les détracteurs de Yellen font valoir que cette situation reviendrait à privilégier Wall Street dans le fonctionnement du système de la Réserve fédérale. Enfin, certains s’opposent au fait que des banquiers dominent les conseils d’administration des banques régionales de la Réserve fédérale, faisant valoir que ceci reviendrait à charger les renards de surveiller le poulailler.

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Sortir de la dette par la croissance : impossible

Janet Yellen a fait les gros titres il y a quelques jours. Elle a dit qu’elle se montrerait patiente au sujet de la “normalisation” des taux d’intérêt.

Les investisseurs n’ont pas su quoi en penser. La moitié s’est dit que ce serait bon pour les actions — faisant grimper les cours. L’autre moitié en a déduit que cela signifiait une hausse des taux anticipée — et s’est débarrassée des obligations.

Les investisseurs attribuent à Mme Yellen bien trop de crédit. Va-t-elle augmenter les taux à Pâques… ou à la Trinité ? Elle ne le sait probablement pas elle-même. Elle lit les journaux tout comme nous, et se demande comment elle va pouvoir s’en sortir. Elle se regarde dans le miroir le matin et reste le souffle coupé par la manière dont les gens la surestiment.


Elle sait… du moins avant de se maquiller… que toute cette histoire n’est rien que cosmétiques et fausse comptabilité. Simplement, elle ne veut pas être la présidente de la Fed qui l’admettra… celle qui fera finalement éclater la bulle et provoquera une dépression…

En attendant, les nouvelles de ces derniers jours ont été dominées par une chose improbable et une chose inévitable. Les États-Unis lâchent enfin du lest. Après un demi-siècle, il était temps que les États-Unis abandonnent leur rancune durable envers le régime de Castro. A la lumière de l’histoire, il ne semble pas si épouvantable. Après tout, beaucoup de films ont été tournés qui comptaient un personnage à la Fidel; jamais, pourtant, il n’a menacé de faire exploser des cinémas.
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“La ‘combinaison toxique’ d’une dette record et du ralentissement de la croissance est en train de mettre l’économie mondiale sur la voie d’une nouvelle crise”

La «combinaison toxique» d’un montant record de dette et du ralentissement de la croissance signifie que l’économie mondiale se dirige vers une autre crise, affirme le 16ème Genova report, un rapport annuel écrit par un panel d’économistes pour le compte du Centre international d’études monétaires et bancaires, et qui est publié ce lundi.

Les auteurs, parmi lesquels on trouve trois ex-patrons de banque centrale, expliquent que les taux d’intérêt devront rester faibles à l’échelle mondiale pendant « très très longtemps », pour permettre aux différents agents économiques de continuer à payer leurs intérêts et éviter une nouvelle crise grave. L’avertissement intervient alors qu’aux États-Unis, la patronne de la Fed, Janet Yellen, vient d’annoncer une remontée progressive des taux d’intérêt.

Le rapport indique que l’endettement global, privé et public confondu, est passé de 160% du PIB en 2001 à près de 200% en 2009 et de 215% en 2013 :

Contrairement à ce que l’on croit généralement, le monde n’a toujours pas commencé à se désendetter et le ratio de la dette mondiale comparée au PIB continue d’augmenter, brisant en permanence de nouveaux records ».

Luigi Buttiglione, l’un des co-auteurs, a exprimé ses inquiétudes au Financial Times :

Dans ma carrière, j’ai vu tant de soi-disant «miracles économiques» -l’Italie dans les années 1960, le Japon, les tigres asiatiques, l’Irlande, l’Espagne et maintenant peut-être la Chine – et tous se sont achevés sur une montagne de dettes. »

Selon Buttiglione, le schéma est toujours le même : la croissance de ces économies les incite à emprunter, ce qui maintient leur croissance alors que les facteurs sous-jacents qui en avaient été à l’origine au départ ont épuisé leurs effets.
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Olivier Delamarche : « La Chine suit le même chemin que le Japon des années 90 »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion et Marc Riez, directeur général de Vega Investments, le 03 mars 2014 sur BFM Business, mettent les points sur les i dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

Olivier Delamarche : “Rien à attendre de Janet Yellen… comme des gens qui nous gouvernent”

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion et Marc Riez, directeur général de Vega Investments, le 10 février 2014 sur BFM Business, mettent les points sur les i dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

Partie 1:

Partie 2:
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Olivier Delamarche : « Il n’y a aucune reprise en Europe »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, et Cyrille Collet, directeur de la gestion actions de CPR AM, le 23 décembre 2013 sur BFM Business, mettent les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer.

« Vous aurez très probablement un fort ralentissement en 2014. Vous ne pouvez pas vous substituer sans cesse à des revenus en baisse ou à des manques de crédit. Le QE a augmenté le patrimoine des 1% d’Américains les plus riches, le reste de la population crève la gueule ouverte. »

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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Olivier Delamarche : « Le Père Noël n’existe pas »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, et Pierre Sabatier du cabinet Primeview, le 16 décembre 2013 sur BFM Business, mettent les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

« Le quantitative easing est la bonne solution pour acheter du temps et gonfler la bulle financière. Le QE n’a jamais été fait pour relancer l’économie dans l’esprit de Bernanke ni de Yellen. Aux Etats-Unis il y a une fausse reprise de l’immobilier. Pour que la croissance reparte, il faudrait que les revenus augmentent et que le chômage baisse, ce n’est le cas ni dans l’un ni dans l’autre. »

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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Le « confidential memo », ou comment la crise financière mondiale a débuté

par Greg Palast

La merde dans laquelle vous êtes vient d’un petit message envoyé il y a 16 ans.

Un contact dont je tairai le nom m’a fait lire le contenu du End Game memo – il s’agit d’un truc si fou et si diabolique que je ne n’arrive toujours pas à croire qu’il puisse être vrai.

Le Mémo confirme le fantasme le plus fou des conspirationnistes de tous bords : à la fin des années 1990, l’élite des fonctionnaires du Trésor américain complotait main dans la main et en toute discrétion avec une petite cabale de pontes du système bancaire afin de réduire en cendres les régulations financières à travers le monde. Quand on voit les chiffres du chômage en Espagne, le désespoir et la faim qui frappent la Grèce, les émeutes en Indonésie et la faillite de Detroit, un retour sur ce End Game memo s’impose, puisque ce document constitue la vraie genèse de l’horreur.

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