Reprise ou re-crise

La reprise est-elle là ou bien vivons-nous une nouvelle crise ? Que disent les chiffres ? Ils sont les baromètres de l’activité économique. Leur évolution est souvent vue comme un signe avant-coureur du redémarrage de l’activité. Que disent-ils aujourd’hui de la reprise française, promise et confirmée par le gouvernement ?

L’Angle Eco – France 2 05/10/2015

Jacques Attali : « L’ordre cannibale » (1979)

Interviews de Jacques Attali à l’occasion de la sortie de son livre “L’ordre cannibale” dans lequel il évoque l’évolution de l’homme et de la médecine. Il explique que progressivement l’homme pourra acheter des copies de lui-même, des organes artificiels et des machines permettant de se soigner. Ainsi, il estime que l’homme deviendra un objet de consommation pour l’homme lui-même.

Où vont la médecine, la maladie, la santé ? La crise de nos sociétés ne plonge-t-elle pas ses racines les plus profondes en ce domaine où les attitudes et les conceptions risquent, d’ici la fin du siècle, de se trouver radicalement bouleversées ? Telle est la première interrogation à laquelle répond Jacques Attali dans cette « économie politique du mal » réalisée au terme de plusieurs années de réflexion et d’enquête, notamment aux USA, au Japon et partout en Europe.

Lire la suite

La « brève histoire de l’avenir » de Jacques Attali s’expose au Louvre (Màj vidéo)

25/09/2015

Événement majeur de la programmation du Louvre en 2015, cette exposition est inspirée du livre de Jacques Attali “Une brève histoire de l’avenir“, paru en 2006. Pluridisciplinaire, elle fait dialoguer des œuvres insignes du passé avec des créations contemporaines spécifiques afin de retracer au présent un récit du passé susceptible d’éclairer notre regard sur l’avenir. Du 24 septembre 2015 au 4 janvier 2016.

Le parcours se déroule autour de quatre thématiques dont la scénographie fera l’objet de commandes spécifiques à des artistes contemporains : l’ordonnancement du monde, les grands empires, l’élargissement du monde et le monde contemporain polycentrique. Mark Manders, Tomás Saraceno, Wael Shawky, Camille Henrot, Isabelle Cornaro, Chéri Samba, Ai Wei Wei ont ainsi répondu à l’invitation du Louvre.

À travers ces œuvres sont mises en valeur la succession de moments historiques d’expansion et de repli, la construction d’échanges entre individus ou communautés, et la création de divers moyens de communication pour rendre possibles ces échanges. Une place particulière sera donnée à la médiation des œuvres et à leur mise en perspective, notamment grâce à la création d’un lieu de débats au sein de la dernière salle.

Par ailleurs, du 11 septembre 2015 au 24 janvier 2016, Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique présentent l’exposition « 2050. Une brève histoire de l’avenir ».

Musée du Louvre

Économie positive : Faut-il changer de modèle économique ?

Départ pour la Normandie à l’occasion du 4ème Forum de l’économie positive, créé par Jacques Attali, qui accueille politiques, entrepreneurs et scientifiques au Havre. Tous discutent de la nécessité de tenir compte des générations futures dans les décisions économiques, sociales et politiques. Faut-il et peut-on changer de modèle économique?

Partie 1:

Partie 2:
Lire la suite

Jacques Attali : « La révolution arrivera si le chaos actuel continue »

Doit-on changer de modèle économique? Cette question sera au cœur du “Forum de l’économie positive” qui réunit entrepreneurs, scientifiques, politiques et artistes au Havre du 16 au 19 décembre.

À l’origine de cet évènement, Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand et président de PlaNet Finance. Son dernier livre pose une autre question : “Peut-on prévoir l’avenir ?” aux éditions Fayard.

Jacques Attali : « La TVA va augmenter »

Alors que le chef de l’État a admis qu’il avait fait une erreur en supprimant la TVA Sarkozy, Jacques Attali insiste : “Moi-même j’étais pour cette augmentation. C’était d’ailleurs l’une des conclusions du rapport de la commission que j’avais présidée”. Et d’ajouter : “C’est un impôt idéal car ça conduit à une dévaluation de la zone euro et en période de faible inflation ça n’a aucun effet négatif sur la justice sociale”.

Selon lui, cette mesure est également la preuve qu’il y des “réformes de consensus qui auraient pu être faites par la gauche, comme par la droite”. Enfin, l’économiste et écrivain n’a peu de doute quant à une future hausse de cette taxe. “La TVA va augmenter (…) Si on veut tenir la promesse de réduire les impôts sur le revenu, il n’y a pas d’autres solutions possibles”.

Jacques Attali : « La crise, Acte 2 »

Pour avoir écrit ici le 4 février dernier qu’une nouvelle crise économique mondiale menaçait, et en avoir révélé les signes avant-coureurs, j’ai déclenché d’innombrables ricanements. L’analyse est encore plus vraie aujourd’hui: le monde s’approche d’une grande catastrophe économique. Et personne n’en parle.

Nul ne voit, en particulier, que ce qui se joue en Chine peut entraîner, par contagion, une dépression planétaire si nous n’agissons pas vite, de façon préventive. L’évolution chinoise était prévisible: sa croissance à 10% par an ne pouvait être durable et le ralentissement était inévitable.

De plus, la Chine n’est plus compétitive, au cœur d’une Asie dont nombre de pays s’éveillent à leur tour. L’Empire du Milieu n’a pas su, comme l’ont fait les États-Unis et le Japon en leur temps, créer des firmes de taille internationale, avec des marques mondiales.

La catastrophe de Tianjin aggrave cette menace dans des proportions considérables, paralysant une ville de 15 millions d’habitants, l’un des premiers lieux d’exportation et d’importation du pays, et rappelant, après d’autres événements du même genre, combien ce pays souffre des censures que lui imposent les exigences d’un parti unique.
Lire la suite

Jacques Attali : « Déraisons d’être »

Professeur, écrivain, conseiller d’État honoraire, conseiller spécial auprès du président François Mitterrand de 1981 à 1991, fondateur d’Action contre la faim en 1980, fondateur et premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement à Londres de 1991 à 1993 : le CV de Jacques Attali est impressionnant.

Il se consacre aujourd’hui beaucoup à PlaNet Finance, une organisation de solidarité internationale présente dans 80 pays, qu’il a créée et qui est spécialisée dans le développement de la microfinance. En août 2007, Nicolas Sarkozy le nomme président de la Commission pour la libération de la croissance française.

Éditorialiste à «L’Express», il est également l’auteur de plus de cinquante livres. Jacques Attali revient sur son enfance, ses parents et son parcours, guidé par un engagement humaniste.

Jacques Attali : « Éviter le Grexit qui menace »

La Grèce n’a pas payé le milliard et demi qu’elle devait au FMI et se retrouve en défaut de paiement ou plutôt en arriéré de paiement comme le dit le Fonds Monétaire International (FMI). Pour l’économiste Jacques Attali,la Grèce ne sera en défaut de paiement que dans trois mois”.

Pour Jacques Attali, il y a urgence : “la lâcheté des dirigeants européens et la démagogie des dirigeants grecs mises l’une à côté de l’autre, font que l’on se dit que l’on a encore du temps. Au-delà de la semaine prochaine en principe, il n’y a pas d’échappatoire au remboursement de ce qui est dû à la BCE, et là, il faudra un tout petit plus d’imagination pour penser qu’on peut éviter le Grexit qui menace, car il est là”.

“Ce serait très mauvais que la Grèce sorte de la zone euro et très compliqué. On est dans cette situation où non seulement la Grèce peut sortir, mais l’ensemble des acteurs du monde qui sont en train de regarder l’Europe avec méfiance et se disent ‘qu’est-ce que c’est que ce truc ?’ Ils ne sont même pas foutus de régler un problème, tout cela peut avoir des conséquences sur la croissance et la reprise”.

Pour Jacques Attali, “il n’est pas urgent de régler le problème grec, il peut l’être en 3 minutes. Le miracle grec n’est possible que si les Allemands, en particulier, acceptent de réduire la dette grecque à moins de 100% du PIB, le seul niveau soutenable”.

Jacques Attali : “Le statut de demain, c’est le statut d’intermittent du spectacle”

“Nous allons vers une uberisation générale du travail qui n’est pas mauvaise en soi. Le fait que chacun d’entre nous devienne entrepreneur de nos vies, c’est une bonne nouvelle. Le statut de demain, c’est le statut d’intermittent du spectacle, avec un budget équilibré. (…) Ce ne sera pas précaire dans la mesure où chacun pourra réaliser son talent, mais évidemment pour ceux qui n’auront pas de talent ce sera plus difficile.”

(à partir de 4’06″)

Europe 1 – Le club de la presse (21/06/2015)

Merci à Clementin-e-s Hautain-e-s

Jacques Attali : « Je rêve d’une société sans retraite »

C’est un signe qui ne trompe pas : il collectionne les sabliers. Jacques Attali, économiste et écrivain, estime que la réduction du temps de travail est un échec de la société industrielle. Ses proches savent avec quelle minutie celui-ci organise son temps, une notion qui le rend philosophe. « Le temps ne passe pas, il n’y a que nous qui passons », affirme-t-il.

Pourquoi collectionnez-vous les sabliers ?

Le sablier est un objet intéressant : le verre c’est du sable, un sablier n’est que du sable, qui renvoie à la mer… d’où tout vient. La collection elle-même est un rapport au temps, un moyen d’aller contre la mort.

Comment s’organise votre quotidien ?

Je n’ai pas de quotidien, ni de routine, aucune de mes journées ne ressemble à la suivante ou à la précédente. Je dors peu et j’ai pour habitude de me lever tôt. Si je mène des activités de natures différentes, ma principale obsession est d’avoir du temps libre et de la solitude, de ménager du temps pour l’inattendu, pour lire, écrire ou faire de la musique. Certains dorment peu et ne font rien de leur journée, donc dormir peu n’explique pas tout, c’est l’intensité du temps qui compte.

Comment faites-­vous pour concilier obligations et moments de solitude ?
Lire la suite

Internet suit les routes commerciales d’avant la 1e guerre mondiale

La société d’études TeleGeography a mis en ligne une carte mondiale interactive des câbles sous-marins qui connectent l’Internet mondial. Elle ressemble étrangement à une carte des routes maritimes datant de 1912.

Demandez à votre voisin par quel moyen transite la majorité des communications internationales : il y a de fortes chances qu’il réponde, après avoir réfléchit quelques instants, “les satellites”. La réponse est pourtant très terre à terre. “Pour les communications internationales, plus de 99% du trafic passe par les câbles sous-marins”, a expliqué Alan Mauldin, directeur de la recherche de la société d’études TeleGeography, dans une interview accordée à CNN.

La raison est simple : les câbles peuvent transporter beaucoup plus d’information, pour un coût minime. Autre raison : “Dans un monde où chaque milliseconde compte, l’aller-retour vers les satellites représente une perte de temps inutile”, a indiqué au Monde Benjamin Bayart, spécialiste des télécommunications et porte-parole du fournisseur d’accès à Internet associatif FDN.

Depuis l’année dernière, TeleGeography tient à jour une carte de l’ensemble des câbles qui permettent à nos réseaux de communication de fonctionner. Au 15 mars, elle montre 299 câbles déjà construits ou qui seront mis en service d’ici la fin de l’année.
Lire la suite

Jacques Attali : « La forme la plus supérieure de l’égoïsme c’est l’altruisme »

Il faut cesser d’être des résignés réclamant – Le grand désastre de la France c’est son système scolaire – L’état actuel de la société est devenu hyper-individualiste – L’État-Providence ne peut plus tout donner. Le marché est en train de gagner mondialement contre la politique et la démocratie.

Jacques Attali : « Quelque chose va se passer »

Il faut vraiment se voiler la face, comme le font trop de dirigeants politiques, pour ne pas voir que quelque chose de majeur va se passer en Europe, dans les mois qui viennent: l’une ou l’autre des multiples épées de Damoclès suspendues au ciel de l’Histoire tombera sur nos têtes :

Les divers mouvements terroristes qui agissent au Moyen-Orient et y forment des émules, pourraient déclencher sur notre continent les attentats dont ils nous menacent.

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest pourrait prendre des proportions majeures et finir par atteindre significativement l’Europe, entraînant un ralentissement significatif des échanges de toute nature.

La situation politique et financière de la Chine, de plus en plus instable, pourrait y entraîner une crise économique majeure, aux conséquences considérables sur l’économie mondiale et en particulier sur l’Europe.
Lire la suite

Attali : « Nous sommes dans des sociétés suicidaires »

Jacques Attali, économiste et président du groupe Planet Finance, lance un manifeste de l’économie positive et organise un forum à ce sujet au Havre du 24 au 26 septembre. Cet événement qui rassemblera décideurs, ONG, chefs d’entreprises et citoyens engagés a pour but de replacer le long terme au cœur de la réflexion et de l’action dans nos sociétés.

Nous sommes dans des sociétés suicidaires qui creusent leurs tombes en permanence“, déplore cet ancien conseiller de François Mitterrand, assurant que les politiques économiques menées actuellement ne construisent pas l’avenir.

La “préférence pour le présent est tyrannique et suicidaire“, dit Attali. Il appelle les démocraties à “devenir positives et à intégrer le long-terme“.

Jacques Attali : “Nous ne sommes pas loin de la Révolution”

Extraits de l’émission Ce Soir ou Jamais du 05/09/14 avec Jacques Attali et Étienne Chouard.

“La France n’a plus de direction depuis 20 ans, les dirigeants politiques passent leur temps à essayer de durer. Ça peut tenir un certain temps parce que la France est un pays riche mais là on arrive au bout. [...] Je pense que nous ne sommes pas loin de la Révolution, il y a un sentiment de rage contre la politique, gauche et droite confondues.” – Jacques Attali

Les chiffres qui vont sortir vont montrer que l’Allemagne va très mal, qu’elle est menacée.” – Jacques Attali

L’État a de moins en moins de pouvoir et ça sera comme cela dans l’avenir. Sauf si nous sommes capables, comme je le prône, de faire un État à la taille du Monde, c’est-à-dire un État européen. Ça viendra dans un siècle ou ça ne viendra jamais et si ça ne vient jamais on reviendra à un État type Corée du Nord comme certains peuvent le rêver.” – Jacques Attali

Attali : “Nos fonctionnaires sont payés à crédit à partir du 15 septembre”

Les fonctionnaires français seront payés à crédit à partir du 15 septembre, c’est en substance ce qu’a déclaré ce matin Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand.

Il revient également sur les relations entre Arnaud Montebourg et Manuel Valls, tout en tirant la sonnette d’alarme quant aux déficits accumulés par la France.

Jacques Attali : “C’est le moment formidable et unique pour augmenter la TVA de 3 points”

“Comme nous sommes en période de déflation, les prix n’augmentent pas, c’est le moment formidable et unique pour augmenter la TVA. J’augmenterais la TVA de 3 points. En échange je baisserais les cotisations des salariés pour leur rendre cet argent sous forme d’augmentation de salaires. Ce n’est pas du tout une mesure injuste.”

Jacques Attali invité de BFMTV le 18/08/14

Jacques Attali : « Tout le monde doit s’habituer à l’idée d’avoir plusieurs emplois en même temps »

Extraits de l’entretien accordé par Jacques Attali au Bondyblog

[...] Vous dites qu’ « avec les nouvelles technologies et l’évolution des marchés, nous sommes tous en train de devenir des intermittents ». Êtes-vous en train de devenir un intermittent Mr Attali ?

J’ai toujours été un intermittent, enfin presque toujours. Un intermittent c’est quelqu’un qui fait plusieurs choses à la fois, qui n’est salarié de personne et qui a plusieurs activités. J’ai la chance à mon âge de n’être pas tellement en situation précaire, mais

je pense que tout le monde, mis à part les fonctionnaires, doit s’habituer à l’idée de se débrouiller, de créer sans cesse son propre emploi, d’avoir plusieurs emplois en même temps, de ne rien attendre de personne. C’est ça qui est l’avenir et ce n’est pas une situation négative, mais une situation positive.

[...] La création d’entreprise pour les classes populaires, c’est très dur !
Lire la suite

Gouverner par le chaos : Ingénierie sociale et mondialisation

« Comment devenir les maîtres du monde ? En centralisant l’ordre et le pouvoir autour d’une minorité et en semant le chaos dans le peuple, ramené au niveau de pantins paniqués. »

♦ Curieusement, l’affaire de Tarnac rebondit (*). Qui se souvient de Julien Coupat et de son groupe, tous issus de la « mouvance anarcho-autonome » ? Et pourtant, dix personnes sont mises en examen depuis 2008 pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’acte terroriste ». Pourquoi ce rappel de notre part ? Tout bonnement pour situer une publication, parue en 2010, sur laquelle un de nos lecteurs a appelé notre attention. Ce petit ouvrage de 94 pages prolonge un essai politique insurrectionnel signé Comité invisible et il est attribué aux inculpés de Tarnac. Ce qui nous intéresse, ce n’est point l’aspect policier de l’affaire, mais uniquement le livre, «Gouverner par le chaos – Ingénierie sociale et mondialisation» (**), qui est imputé au groupe des prétendus terroristes. On y trouve quelques recettes qui pourraient fort bien figurer textuellement dans un manuel universitaire destiné aux futurs « maîtres du monde ».

Mais laissons notre lecteur présenter lui-même ce livre. Enfin, on trouvera une précision qui est donnée par un autre correspondant sur l’auteur du « Gouverner par le chaos » (***).


« Gouverner par le chaos » émane de la mouvance d’ultragauche, ou réputée telle, il existerait, de l’autre côté de l’échiquier, des gens finalement assez proches d’un think-tank comme Polémia. C’est intéressant. Voici quelques thèses développées dans cet opuscule.

Le chaos n’est plus l’ennemi des classes dirigeantes. Il est au contraire devenu la stratégie privilégiée du pouvoir.

Lire la suite

Attali : « La crise économique est une guerre comme les autres »

Partout dans le monde développé, et en France en particulier, les crises économiques et les guerres sont gérées très différemment. Les guerres sont gérées simplement et efficacement : un but de guerre, un chef de guerre, un consensus national, une analyse des forces ennemies, une stratégie, des tactiques, des moyens. Et on voit alors les chefs d’état les plus indécis se transformer, au contact de leurs généraux, en stratège décidé.

Jacques Attali à Cannes en octobre 2009.

Les crises économiques, au contraire, sont gérées, la plupart du temps en démocratie.

Sans but clair, sans consensus national, sans analyse des forces hostiles, sans stratégie, et avec des chefs indécis, multiples et contradictoires. En conséquence, l’histoire récente à montré que même ceux qui savent gagner les guerres de mouvement les plus difficiles s’enlisent dans des conflits économiques et sociaux sans fin.

De fait, les dirigeants en arrivent même à préférer entrer dans des conflits militaires plutôt que de faire des choix économiques.
Lire la suite

Jacques Attali et son discret service de voyance en ligne

« Voyance immédiate, de qualité et sur tous sujets ». Voici le slogan qui s’affiche en grand sur la page d’accueil du site attali-voyance.com. Lancé en toute discrétion il y a deux semaines, il s’agit là du tout dernier bébé du célèbre économiste, écrivain et conseiller politique Jacques Attali.

99,9% des clients satisfaits

A en croire les témoignages présents dans la rubrique « Ils en parlent » du site, l’ancien conseiller de François Mitterrand aurait déjà fait des miracles et des heureux : « Mille mercis Jacques ! Grâce à vous j’ai pu le reconquérir », raconte Martine, 51 ans. « Incontestablement l’un des meilleurs voyants d’Internet. Les charlatans et autres Madame Irma peuvent aller se rhabiller », écrit de son côté Viviane, 43 ans. « J’ai essayé d’autres services comme alainminc.fr mais avec Jacques Attali j’ai découvert un voyant d’une grande qualité », conclut enfin Patrick, 36 ans, visiblement convaincu.

Contacté par téléphone, Jacques Attali reste pour l’instant injoignable mais Séverine Pouchy, qui se présente comme la responsable Communication du site a accepté de nous expliquer cette volonté du célèbre économiste de se convertir dans la voyance depuis quelques jours : « Jacques Attali possède des années d’expertise dans la prospection et la spéculation tant économique que politique. Avec ce site il a tenu à mettre son savoir-faire à disposition de n’importe qui pour des sujets de la vie quotidienne. L’idée était d’ouvrir ses connaissances à un public plus large que celui restreint des décideurs de ce monde. »

La porte-parole d’Attali-Voyance affirme également que l’expert en économie assure lui-même la majorité des prédictions par téléphone et délègue celles qu’il ne peut gérer à d’autres médiums recrutés par ses soins.
Lire la suite

Les bantoustans de la République

Par Georges Feltin-Tracol

Dans l’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid et jusqu’en 1994, le bantoustan était un foyer national attribué à la population noire suivant des critères ethno-linguistiques. Officiellement indépendants mais non reconnus par les autres diplomaties, les bantoustans formaient des unités territoriales dispersées en de nombreuses parcelles discontinues. Les habitants de ces États qui vivaient en République sud-africaine ne disposaient d’aucun droit civique parce qu’ils étaient considérés comme des étrangers.

N’en déplaise au soi-disant ministère de l’« Égalité des territoires », la France de 2013 s’achemine subrepticement vers une situation analogue. Une nette accélération s’opère dans le cadre fictif de l’« acte III de la décentralisation » réclamé avec insistance pendant la campagne présidentielle de 2012 par le candidat François Hollande. Or le temps des responsabilités venu, la cigale socialiste s’est tue : le grand chambardement promis débouche sur une recentralisation insidieuse.

Le président socialiste aurait pu apparaître comme un réformateur courageux qui s’attaque enfin au mille-feuille territorial hexagonal. Certes, la France est l’État le plus étendu de l’Union européenne; son armature administrative diffère bien sûr de celle du Portugal, de la Slovénie ou de la Finlande. En outre, la diversité des paysages et la cœxistence de plaines, de plateaux et de montagnes modifient tout raisonnement purement cartographique émis depuis Paris. Toutefois, l’encadrement géo-administratif du pays craque partout. On a recensé 17.000 groupements de collectivités territoriales, 36 786 communes, 101 départements, 26 régions, 5 collectivités d’Outre-mer, un Pays d’Outre-mer, 15 communautés urbaines, 202 communautés d’agglomération, 2.358 communautés de communes, 5 syndicats d’agglomérations nouvelles et 14.787 syndicats de communes ! Tous ces ensembles exigent des élus : 519.417 conseillers municipaux, 4.052 conseillers régionaux et 1.880 conseillers généraux (ou bientôt départementaux). Les échelons administratifs s’empilent, d’où des dysfonctionnements permanents et croissants. On estime qu’elles se répartissent près de 60.000 corps administratifs et près d’un demi-million d’élus, ce qui fait de la France le pays qui a un élu pour 130 habitants environ ! Est-il par ailleurs bon que des régions comme Rhône-Alpes ou Provence – Alpes – Côte d’Azur aient chacune deux rectorats ? Que la région parisienne en est trois (Créteil, Paris, Versailles), cela peut – à la rigueur – se comprendre du fait du nombre élevé de Franciliens.

Naguère maire de Tulle (2001 – 2008) et ancien président du conseil général de la Corrèze (2008 – 2012), François Hollande avait suggéré une refonte complète de la carte administrative. Mais cette belle intention s’est finalement transformée en trois projets de loi distincts. Le président a été contraint de revoir sa copie, car le parti dont il est issu est essentiellement une formation de notables élus qui tiennent à leurs mandats et qui embauchent les quelques rares militants.
Lire la suite

L’Histoire montre que la banqueroute est possible voire nécessaire

Extraits du livre “Vive la Banqueroute”, par Thomas Morel et François Ruffin aux éditions Fakir.

« La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’État au pair. » Qui théorise cette saine gestion ? Un fantaisiste ? Un pamphlétaire ? Pas du tout: l’abbé Terray, qui exerçait comme contrôleur général des finances de Louis XV. Qu’on imagine alors ses homologues contemporains, un Pierre Moscovici, un François Baroin, un ministre de l’Économie s’exprimant avec pareille audace !

À relire notre histoire de France sous cette lumière, on éprouve comme une jouissance anachronique à cette habitude qu’avaient prise les monarques de régler leurs comptes, pour de bon, aux créanciers…

Philippe le Bel ne chipote pas: il chasse d’abord ses créanciers du royaume avant de saisir, de condamner, de brûler « les banquiers de l’Occident »… plus radical dans ses actes que Jean-Luc Mélenchon dans ses discours !

Quand le « sieur Barbeite », conseiller du roi, recommande qu’on en revienne au « franc fort » et qu’à cause de lui les loyers triplent dans la capitale, on se le représente volontiers sous les traits de Jacques Attali, conseiller spécial de François Mitterrand, persuadant le prince moderne d’accrocher le franc au mark, de ne pas quitter le Système monétaire européen et de désindexer les salaires.
Lire la suite

Jacques Attali : « Une litanie ultra-libérale de punitions »

Jacques Attali, invité de C à dire du 03 juin 3012, à propos des réformes demandées par Bruxelles à la France. (émission complète)

« Bruxelles a été extrêmement maladroite dans la façon de présenter les réformes, elle aurait dû dire cela en privé, de façon confidentielle, en étant habile. Ça aurait dû être des réformes plus vastes et positives que cette litanie ultra-libérale de punitions. C’est en créant les conditions d’une identité européenne que nous pourrons avancer, l’élection d’un Président Européen au suffrage universel en est un élément. »

« Faut-il renoncer à la démocratie ? »

Par Alexandre Latsa

« Faut-il supprimer la démocratie » est une citation du « sage et démocrate » Jacques Attali. Celui-ci a en effet le 18 mars dernier signé un article absolument incroyable où il pose la question de l’opportunité de songer à appuyer, aider et compléter les structures et institutions démocratiques afin de pérenniser leur efficacité.

Jacques Attali prend l’exemple de l’élection verticale et à vie du pape, puis de l’élection de la nouvelle présidence chinoise pour 10 ans, en remarquant que les deux fonctionnent selon le principe du parti unique, en portant au pouvoir quelqu’un du sérail sans consulter le peuple. Ensuite, il constate les échecs du système démocratique italien incapable de permettre l’émergence d’un gouvernement stable après les élections législatives du mois dernier. L’Italie serait d’après lui l’exemple type de l’échec du fonctionnement des systèmes démocratiques, le politique étant contraint de sacrifier l’avenir à long terme du pays (en aggravant la situation économique) pour assurer sa réélection.

Serait-il tombé sous le charme des partis uniques parce que la démocratie montre ses limites? Pas du tout, il propose une troisième voie. Construire (en parallèle des institutions démocratiques) de nouvelles assemblées consultatives, composées de gens choisis, qui nommeraient des responsables à des niveaux plus élevés, ces derniers constitueraient une assemblée consultative nationale, en charge de conseiller les pouvoirs démocratiques. Ces assemblées seraient toujours selon lui destinées à équilibrer des pouvoirs politiques qui seraient mieux en mesure d’exécuter leur mission: la gestion de la « cité ».

Lire la suite

Jacques Attali : « La France n’est pas menacée car notre dette est encore sous contrôle »

Toute dette n’est qu’un impôt retardé – La taxe cypriote de 6,5 % sur les petits dépôts c’est exactement ce que paie un épargnant français sur son dépôt en 3 ans, par l’inflation – D’une façon ou d’une autre, une dette doit être payée, que ce soit par l’inflation ou par l’impôt – Chypre n’est qu’un tout petit laboratoire des problèmes que nous avons devant nous – La question des paradis fiscaux va se poser pour d’autres pays (l’Angleterre, le Luxembourg, l’Italie…)

2013 comme 1913

En 1913, les dictatures menaçaient, les “nihilistes” sévissaient, la crise économique avançait au même rythme que le progrès technologique. Comme en 2013, rappelle Jacques Attali…

Par Antoine Bouthier.

L’année 2013 ne ressemble à aucune plus qu’à 1913.

Cette année-là, une formidable période de croissance butait sur une crise financière provoquée par la première puissance économique du moment, la Grande-Bretagne.

De formidables progrès techniques, en matière d’énergie et de communication (électricité, automobile, avion, radio, sous-marin) annonçaient des lendemains qui chantent. Un grand nombre de mouvements favorables à la démocratie se faisaient jour en Amérique latine, Afrique, Russie, Asie. Mais sévissaient aussi des groupes terroristes (qu’on nommait alors “nihilistes”). Des idéologies totalitaires dénigraient l’économie de marché et la démocratie, et annonçaient leur intention de combattre les valeurs des droits de l’homme.

Attali : “Une gouvernance planétaire évitera la Troisième guerre mondiale”

Récemment interrogé par Philosophie Magazine, Jacques Attali réaffirme sa crainte d’une Troisième guerre mondiale, d’un chaos généralisé à la surface du globe, à moins qu’une gouvernance internationale ne se mette en place. Mais les difficultés de l’Europe, censée montrer le chemin, ne sont guère encourageantes…

Attali: “Il y a un risque de chômage massif et de stagflation en 2013″

Marjorie Paillon rencontre Jacques Attali, économiste, écrivain et conseiller d’État. L’an dernier, le Président de la République lui a commandé un rapport sur l’état de “l’économie positive et solidaire” dans le monde.

Dans son bureau de PlanetFinance, le réseau de microcrédit international qu’il préside, il fait part de ses prévisions pour 2013, revient sur le nobel de la paix attribué à l’Union Européenne, et sur la mission que lui a confiée le Président de la République sur l’économie positive.

“L’Europe c’est le continent de la Paix, du bien-être, du développement, de richesse après des siècles de barbarie. L’Europe doit encore se rassembler en une entité fédérale.”

Voir la vidéo
Lire la suite

Attali : “Florange ça n’a aucune importance”

“Dire qu’on va nationaliser par caprice en sortant ça de nulle part, c’est criminel à l’égard de ceux qu’on trahit en leur faisant croire qu’on va le faire, ça ouvre la voie à de faux espoirs pour des tas de gens qui doivent être aidés à être reconvertis car le monde change” – Jacques Attali

Jacques Attali: Et maintenant, l’Amérique…

A moins de progrès technologique miraculeux, ou d’une économie de guerre, un effondrement de la société américaine s’annonce. Nul, en Europe, n’aurait rien à y gagner.

Depuis trois ans, les Américains ont réussi à faire croire qu’il n’y avait plus de crise qu’en Europe. Et mieux, même, que l’Europe en était la seule cause, sans vouloir admettre que les désordres financiers ont commencé avec l’endettement excessif des ménages américains, et avec la titrisation de ces emprunts, sans vouloir aussi reconnaître que, alors que l’Europe mettait en place, à grand peine, les premiers éléments d’une gouvernance adaptée à la mondialisation, et commençait à maîtriser ses dettes publiques, la faiblesse de la démocratie américaine laissait augmenter les dépenses et diminuer les recettes, dans des proportions inconnues dans l’Histoire. Et la situation qu’affrontera le prochain Président, quel qu’il soit, sera proprement effrayante.

En apparence, tout semble pourtant aller très bien, outre-Atlantique: la Silicon Valley reste le premier lieu de la créativité mondiale. New York reste la ville la plus fascinante de la planète. Le cinéma américain continue de faire rêver le monde. Les armées américaines sont encore déployées partout dans le monde, et d’elles dépend la sécurité des démocraties. De nouvelles sources d’énergie vont assurer son autonomie. Enfermée dans son optimisme, l’Amérique croit encore qu’il lui suffira d’emprunter pour un temps, en attendant le retour de la croissance, qui avalera la dette.

Mais la dette croît beaucoup plus vite que jamais dans l’Histoire américaine (de plus d’un trillion*de plus chaque année), et même plus vite que celle d’aucun pays européen; elle dépassera dans deux ans les 80% du PIB, soit un niveau double de celui 2008.

Pour la financer, le budget fédéral emprunte 4 trillions cette année et le service de la dette dépasse le total du budget de la défense, de la sécurité sociale, et du système de santé.

Lire la suite

Conspirationnisme : la paille et la poutre

Par Frédéric Lordon

Le peuple est bête et méchant, le peuple est obtus. Au mieux il pense mal, le plus souvent il délire. Son délire le plus caractéristique a un nom : conspirationnisme. Le conspirationnisme est une malédiction. Pardon : c’est une bénédiction. C’est la bénédiction des élites qui ne manquent pas une occasion de renvoyer le peuple à son enfer intellectuel, à son irrémédiable minorité. Que le peuple soit mineur, c’est très bien ainsi. Surtout qu’il veille à continuer d’en produire les signes, l’élite ne s’en sent que mieux fondée à penser et gouverner à sa place.

Pour une pensée non complotiste des complots (quand ils existent)

Il faudrait sans doute commencer par dire des complots eux-mêmes qu’ils requièrent d’éviter deux écueils symétriques, aussi faux l’un que l’autre : 1) en voir partout ; 2) n’en voir nulle part.

Quand les cinq grandes firmes de Wall Street en 2004 obtiennent à force de pressions une réunion longtemps tenue secrète à la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés de capitaux américains, pour obtenir de lui l’abolition de la « règle Picard » limitant à 12 le coefficient de leviérisation globale des banques d’affaires [1], il faudrait une réticence intellectuelle confinant à l’obturation pure et simple pour ne pas y voir l’action concertée et dissimulée d’un groupe d’intérêts spécialement puissants et organisés – soit un complot, d’ailleurs tout à fait couronné de succès.

Comme on sait les firmes de Wall Street finiront leviérisées à 30 ou 40, stratégie financière qui fera leur profits hors du commun pendant la bulle… et nourrira une panique aussi incontrôlable que destructrice au moment du retournement.

Des complots, donc, il y en a, en voilà un par exemple, et il est de très belle facture.

Lire la suite