Vous avez aimé la crise financière de 2008, vous allez adorer la prochaine

Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime”.

C’est un signe révélateur. Jusqu’au bout, les marchés n’ont pas voulu intégrer le risque d’un défaut de paiement de la Grèce. Grisés par les liquidités, ils font preuve d’un optimisme inébranlable. Rien ne vient entamer ce dernier, pas même les mauvaises nouvelles qui ne manquent pourtant pas. Déstabilisation de la péninsule arabique, signes de ralentissement de l’économie mondiale, etc., peu importe, l’indice VIX qui mesure la volatilité des marchés, autrement dit leur degré de stress et de peur, reste à son étiage. Très loin de ses sommets atteints pendant la crise de 2007 et 2008.

“L’idée même du risque semble avoir disparu de la tête des investisseurs. Comme s’ils avaient souscrit une assurance tous risques auprès des banques centrales”, observe Christopher Dembik, analyse chez Saxo Bank. Pourtant, quelque chose ne va pas. 

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Trading à haute fréquence, la prédation en toute quiétude

Faute d’une vraie régulation européenne, la captation de valeur injustifiée du THF met en jeu la confiance des investisseurs, et donc la survie des marchés actions.

Revenons à la base : à quoi sert un marché d’actions ? À confronter l’offre et la demande de façon transparente et non trompeuse, afin que les prix puissent se former, que les échanges puissent se réaliser de façon équitable, que les épargnants puissent investir en connaissance de cause, et que les entreprises cotées en Bourse puissent se financer.

Le trading à haute fréquence, qui représente aujourd’hui entre 40 % et 60 % des volumes sur les places boursières d’Europe et des États-Unis, se nourrit de sa capacité à exécuter des transactions boursières plus vite que les investisseurs institutionnels et les intermédiaires qui les servent. Les traders à haute fréquence, qui sont soit des boutiques spécialisées, soit des banques de marché, s’intercalent entre les intervenants traditionnels (investisseurs et intermédiaires) et captent une rente en réalisant des transactions si rapidement que les intervenants traditionnels n’ont pas la capacité de les en empêcher.

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Il n’y a pas que le « coût du travail »… Coût du capital, la question qui change tout

Afin de justifier toutes sortes de réformes, médias et gouvernants se prévalent de leur disposition à bousculer les « archaïsmes » et à faire preuve de courage. Mais il s’agit toujours en définitive de réduire salaires et prestations sociales. Il existe pourtant bien un tabou pénalisant tous ceux qui souhaitent investir et créer de l’emploi : le coût prohibitif du capital.

Il serait sans doute passionnant de refaire le trajet d’ivrogne, tortueux et chaloupant, parcourant toute l’Europe, qui a finalement abouti à ramener tous nos maux à des questions de compétitivité et, de proche en proche, à des problèmes de coût du travail. Oubliés la crise des subprime, la crise de liquidité bancaire, les gigantesques dépréciations d’actifs, l’effondrement du crédit, la tétanie de la demande, la transformation des dettes privées en dettes publiques, les politiques d’austérité. Comme nous l’avait bien expliqué dès 2010 M. Ulrich Wilhelm, alors porte-parole du gouvernement allemand, « la solution pour corriger les déséquilibres [commerciaux] dans la zone euro et stabiliser les finances publiques réside dans l’augmentation de la compétitivité de l’Europe dans son entier (1) ».

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Suisse : Le franc flambe, les marchés paniquent

Addendum du 19/01/2015 : Les collectivités locales rattrapées par le franc suisse fort

Le vice-président du conseil général en charge des finances, Christophe Greffet, estime que la suppression du cours plancher du franc suisse aura de lourdes conséquences pour les finances départementales. Elles pourraient être de 1,8 à 2, 8 millions d’euros. En effet, trois emprunts structurés (autrement appelés “emprunts toxiques”) sont indexés sur la parité entre l’euro et franc suisse.

Même chose à Lyon, où les emprunts du même type contractés par le conseil général du Rhône (environ 238 millions d’euros). Avec la hausse du franc suisse à parité avec l’euro, les intérêts remboursables pourraient être doublés voire triplés.

France TV Info

En décidant de laisser le franc flotter, la Banque centrale suisse a affolé les Bourses et les marchés monétaires. Les exportateurs helvétiques s’inquiètent, notamment dans le secteur de l’horlogerie.

Le cours de 1,20 franc suisse par euro, c’est fini. “La décision, jeudi 15 janvier, de la Banque nationale suisse (BNS) d’abandonner son taux plancher a pris tout le monde de court“, constate Le Temps, à Genève. Cette annonce a provoqué une onde de choc sur les marchés. Jeudi, la Bourse de Zurich a connu un krach historique, s’effondrant de 13,75 % avant de clôturer en baisse de 8,67 %.

La panique s’est aussi emparée des Bourses d’Europe de l’Est, notamment en Croatie et en Pologne. Dans ces pays, “de nombreux ménages ont souscrit des emprunts immobiliers en francs suisses et se trouvent pris au piège par la décision de la BNS de laisser le franc s’apprécier“, ajoute le quotidien de Lausanne 24 heures.

En Pologne, cela concerne 700 000 familles qui ont fait face au décrochage de 20 % du zloty face au franc.Dans ce pays, près de 40 % des crédits immobiliers sont libellés en francs.” L’euro est tombé à 0,8517 franc suisse jeudi dans la matinée – son niveau le plus faible depuis l’introduction de la monnaie unique, en 1999, avant de se redresser un peu. Vendredi midi, 1 euro valait 1 franc suisse.
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Le crash du MH17 déstabilise la planète finance

De Tokyo à New York en passant par Paris et Francfort, toutes les places boursières mondiales ont dévissé après le crash de l’avion de ligne malaisien en Ukraine. La tragédie s’ajoute à la crise au Proche-Orient et fait craindre le pire pour l’économie mondiale.

La peur s’installe sur les places financières mondiales. Depuis l’annonce du crash d’un avion de ligne malaisien en Ukraine, apparemment abattu par un missile, la tension est montée d’un cran, illustrée par la chute des principales places boursières de la planète.

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Ça fait rire les spéculateurs, ça ruine les salariés

Par Myret Zaki

Il existe un facteur qui permet aux investisseurs de voir s’apprécier exagérément la valeur de leur portefeuille par rapport aux fondamentaux économiques. Et qui, en même temps, cause une perte du pouvoir d’achat des salariés et, à terme, une dégringolade durable des conditions économiques et des finances étatiques.

Il s’agit de l’inflation, celle invisible aujourd’hui dans les statistiques, mais visible aux yeux des consommateurs, et évidente dans les prix des actions, de l’immobilier, et de l’art.

Cette inflation qui ne dit pas son nom sert d’unique politique monétaire depuis plus d’une décennie. Les indices officiels de prix à la consommation la sous-estiment grossièrement. Mais surtout, ces statistiques ne tiennent aucun compte de l’inflation la plus dangereuse, celle boursière et immobilière. Cette même bulle des prix qui avait causé le krach de 2008, et qui sera la cause inévitable du prochain krach.

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Le T.E.G. : Une vraie faille dans le système bancaire

« Il y a une faille en toute chose, c’est ainsi que pénètre la lumière.* » Ces paroles de Leonard Cohen dans Anthem nous rappellent, si besoin était, que rien n’est inéluctable. Rien n’est éternel. Et un système, aussi oppressant soit il, dévoilera ses failles au cours du temps, laissant ainsi passer un rai de lumière propre à éclairer une humanité qui provoquera la déchéance dudit système. Parfois même, la faille est si grande que l’on n’ose y croire.

Toujours tenus par la croyance forte que les puissants sont plus intelligents que la masse, fatalistes et pauvres pékins moyens que nous sommes, nous nous réfugions toujours dans la certitude de notre incapacité à défaire ce qui nous semble indéfaisable, omnipotent, presque divin. Si bien que plus la faille est béante, moins nous nous y engageons.

Pourquoi ? Parce que nous fonctionnons bien souvent selon l’adage cher à Philippe Vandel : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? »

Pourtant, force est de constater que ce « système » sous le joug duquel nous errons, tels des marionnettes « enguignolées » donnant du bâton de temps en temps sur des sujets pare-feu afin de satisfaire notre égo pseudo-civique ou de nous déculpabiliser vis à vis de nos enfants (« Moi, mon fils, j’ai manifesté. La société dans laquelle tu vis, ce n’est pas de ma faute… »), ce « système » donc, cherche constamment à reboucher les failles s’ouvrant béantes à nos yeux incrédules.

Et, plus il atteint son paroxysme, plus sa fin est proche.
En résumé : tout a un début, et tout a une fin… Même l’oligarchie financière.

Le T.E.G., ou la possibilité d’un effondrement.

Et, ma foi, s’il nous échoit de pouvoir précipiter sa perte, ne nous en privons surtout pas. Même s’il n’y a rien derrière, car rien ne peut pas être pire que ça.

Depuis quelques jours, nous voyons poindre sur les réseaux le début d’une information pas encore bien étayée, concernant des erreurs de TEG. Le TEG, kézaco ?

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Les détenteurs de bons municipaux inquiets après la faillite de Détroit

La faillite retentissante de la ville de Détroit a assombri les perspectives du marché des obligations municipales aux Etats-Unis, faisant craindre aux créanciers de perdre un investissement, traditionnellement considéré comme sûr.

Les détenteurs de bons municipaux attendaient avec nervosité la décision du juge fédéral de placer ou non la ville sous la protection du chapitre 9 de la loi sur les faillites, ce qui permettrait à Détroit de suspendre le remboursement de ses dettes.

Le pays n’a pas été totalement surpris par la chute de Détroit, la plus grande faillite municipale de l’histoire américaine, après plusieurs décennies de déclin des finances de ce qui était autrefois la capitale de l’automobile.

Mais en demandant à un tribunal fédéral de superviser désormais le poumon de l’économie de l’Etat du Michigan, l’expert en charge de gérer la crise, Kevin Orr, a donné au juge le pouvoir de négocier une réduction de la dette et des engagements de la ville évalués à plus de 18,5 milliards de dollars.

La plus grande faillite municipale de l’histoire américaine

Faisons-nous face à une nouvelle ère dans le domaine des finances municipales ? Les dettes de beaucoup de municipalités sont suffisamment importantes pour justifier une faillite. Tout dépend du montant de la dette qui peut être effacé“, estime Robert Brusca, de FAO Economics.

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États-Unis : La nouvelle bulle immobilière

L’immobilier aux Etats-Unis s’emballe. Sur un an, le glissement des prix est supérieur à 10%. C’est la meilleure «performance» depuis 7 ans. 47 Etats sur 50 bénéficient de l’envolée. La palme revient au Nevada en hausse de 20% suivie de l’Arizona en hausse de 19% puis la Californie en hausse de 15%.

Depuis 2008, la politique monétaire vise à reflater. Pour cela, on a soufflé une bulle des emprunts d’Etat, celle-ci semble avoir atteint ses limites. On a soufflé une bulle des marchés d’actions; malgré des records marginaux récents, les bourses ont du mal à aller plus loin. Une troisième bulle est en train d’être soufflée, c’est celle de l’immobilier. On notera que les bulles ne se succèdent plus, elles sont maintenant simultanées.

Notre analyse est que le phénomène auquel on assiste est délibérément voulu. Bernanke et le système financier tentent une nouvelle expérience.

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La révolution du salaire à vie

Bernard Friot, sociologue et économiste, nous montre comment nous pouvons à l’avenir nous réapproprier notre travail et la valeur économique que nous produisons, en nous opposant à la logique du capital et du marché du travail. Supprimer la propriété lucrative, redéfinir la valeur et instaurer un salaire à vie pour tous, en prolongeant le principe de la cotisation sociale, déjà présente chez les fonctionnaires, les retraités, et dans la sécurité sociale : telles sont les pistes évoquées par Bernard Friot pour émanciper les individus économiquement et sortir du capitalisme.

« La crise de la dette souveraine ! Quelle crise ? »

Par Valentijn van Nieuwenhuijzen, directeur de la stratégie d’ING Investment Management

Ces deux dernières années, les discussions autour de la crise de la dette souveraine se sont intensifiées. Souvent, on avance qu’une austérité budgétaire est nécessaire aujourd’hui afin d’éviter une nouvelle crise systémique dans le futur, la hausse de l’endettement des États souverains étant à l’origine de la crise actuelle de l’euro. Un diagnostic correct de la crise suggère pourtant que cette justification manque de perspicacité. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer les prix sur le marché ou de se pencher sur les développements empiriques de la crise de l’euro.

La crise de la dette européenne, par Luojie pour China Daily, Chine, 14 juillet 2011

Dans la zone euro, la dette publique exprimée en pourcentage du PIB a en réalité été orientée à la baisse jusqu’en 2008, passant de 72% en 2000 à 67% en 2007. Ce n’est qu’après la grande crise financière de 2008 et la sévère récession qui en a résulté que les rapports dette/PIB ont commencé à croître substantiellement. Ceci vaut également dans les grandes lignes pour les pays périphériques de la zone euro, quoique les évolutions diffèrent largement d’un pays à l’autre.

Par conséquent, suggérer que la crise actuelle du système de l’euro est imputable à une gestion irresponsable généralisée des finances publiques ne semble pas compatible avec les développements empiriques. C’est en effet la combinaison du choc de la grande crise financière, de la récession mondiale qui a suivi et des déséquilibres au sein de l’économie de la zone euro ayant entraîné une nette détérioration des finances publiques après 2008 qui est à l’origine de la crise.

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Une économie mondialisée au détriment des salariés et des citoyens

Une économie pour qui et pour quoi ? Certainement pas uniquement au bénéfice de quelques-uns situés au sommet, ni des grandes entreprises et de leurs PDG. Les succès de l’économie ne peuvent non plus être mesurés par le rythme de croissance du PIB, ou le niveau atteint par l’indice Dow Jones, ou par l’élévation du revenu moyen.

"Je veux que vous achetiez de la m...", dit l'Oncle Sam

La crise du capitalisme américain signe le triomphe des consommateurs et des investisseurs sur les travailleurs et les citoyens. Et puisque la plupart d’entre nous occupent ces quatre rôles – même si les plus riches prennent la part du lion dans la consommation et l’investissement – le cœur de cette crise réside dans la possibilité croissante pour chacun d’entre nous, en tant que consommateur ou investisseur, de faire de bonnes affaires, et dans notre capacité déclinante à être entendu en tant que travailleur et citoyen.

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Belgique : Méfiance des marchés

Les spéculateurs forcent Leterme à économiser“, titre De Morgen au lendemain d’une journée “désastreuse” pour la Belgique sur le marché des obligations d’État. Et qui témoigne de la méfiance grandissante des investisseurs internationaux.

Le 10 janvier, le taux d’intérêts sur les bons du trésor belge à dix ans avait atteint leur plus plus haut niveau (4,27%) depuis juin 2009. Pire, note le quotidien flamand, l’écart entre le taux belge et celui de référence (le taux allemand) a battu son record depuis l’introduction de l’euro.

Albert II a donc demandé au Premier ministre sortant Yves Leterme de présenter au plus vite le budget 2011 (le gouvernement n’assurant que les affaires courantes, c’est le budget 2010 qui est reconduit mois par mois).

Leterme a annoncé des mesures d’économies pour 4 milliards d’euros. Ces dernières seront soumises au “premier test sérieux” des marchés lors de la prochaine émission de dette, fin janvier.

Press Europ

(Merci à Léonidas)

Après la Chine, le Japon vole à son tour au secours de l’Europe endettée

Après la Chine, le Japon a promis à son tour d’acheter des obligations européennes pour aider à stabiliser la zone euro fragilisée par la crise de la dette de plusieurs de ses pays membres.

« Il est approprié que le Japon, un pays important, achète une certaine proportion » des obligations que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) s’apprête à émettre, a annoncé mardi le ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda, lors d’une conférence de presse, ajoutant que cet achat nippon allait renforcer « la crédibilité » des titres européens.

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La crise en 2011 ou le scénario de l’inextricabilité

Par Jean Claude Werrebrouck

Notre texte concernant le scénario pour 2010, publié le 1er janvier de ladite année, se penchait longuement sur la question du retour à la souveraineté monétaire. Il était assez optimiste, en ce qu’il annonçait la difficulté croissante à faire admettre par le contribuable qu’il devrait payer pour une dette publique dont la responsabilité reposait au moins partiellement sur la rente financière.

La réalité 2010 de la crise, est qu’un certain nombre de pays ont malgré d’extrêmes difficultés, ouvertement choisi de satisfaire la rente au détriment des Etats-providences et des contribuables : Grèce, Irlande, mais aussi à des degrés moindres, la quasi-totalité des Etats européens.

Les propos de la Chancelière de la République Fédérale, consacrés au partage du fardeau de la dette avec les créanciers, étant, était-il espéré, vite étouffés par de prétendus rédempteurs resserrements budgétaires. Prétendus, car on sait depuis peu (Patrick Artus), que le multiplicateur budgétaire sur la Grèce et l’Irlande est élevé, ce qui signifie – en principe – effondrement de la croissance, suite à une faible variation du déficit budgétaire.

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Saxo Banque dévoile ses prévisions chocs pour 2011

Saxo Banque dévoile aujourd’hui [lundi 20 décembre 2010] ses prévisions chocs annuelles. Réalisées par les équipes d’analystes à Copenhague, ces prévisions dressent le scénario macro-économique pour 2011. « Prévisions chocs », car elles se veulent plus pessimistes que celles de l’analyste de marché moyen et parce qu’il est important que les scénarios les moins probables soient pris en compte.

Ceux qui ont déjà entendu parler des prévisions chocs de Saxo Banque savent qu’il s’agit d’un exercice basé sur la théorie du « Black Swan » [Cygne Noir], inspirée par le philosophe libanais Nassim Nicholas Taleb. Dans son livre, The Black Swan : The Impact of the Highly Improbable, Nassim Nicholas Taleb décrit un événement de type « Black Swan » comme étant très improbable et possédant 3 caractéristiques : il est imprévisible, son impact est très important et la probabilité qu’il se produise est bien plus élevée que ce qui est annoncé par le consensus.

Soyez conscient qu’il s’agit bien plus ici d’une analyse approfondie que d’une simple série de prédictions. La probabilité que nos estimations se révèlent exactes n’est pas supérieure à 50%, mais la possibilité que ces événements surviennent comme prévu est bien plus élevée que ce qui est actuellement annoncé par le marché.

Les prévisions chocs de Saxo Banque pour 2011 :

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Emprunts européens : le grand chassé-croisé

Le regard du responsable des emprunts européens chez BNP Paribas AM.

Supervisant l’investissement obligataire du plus gros fonds institutionnel de la zone euro – 106 milliards d’euros lui sont confiés –, Patrick Barbe décrypte qui sont ces «financiers» auxquels font face les pays européens.

Le Temps : Les responsables européens ont conspué les «spéculations» à l’origine de la crise les affectant depuis un an…

Patrick Barbe : En réalité, la spéculation sur les emprunts des Etats européens – celle des « hedge funds » – est aujour­d’hui limitée. Pour une raison simple : la liquidité sur ces marchés s’est totalement asséchée. Il est cependant vrai que ce sont les flux financiers sur ces obligations – tout autant que l’inquiétude sur la situation financière de chaque pays – qui font maintenant la loi sur les taux d’intérêt de ces Etats. Depuis un an, on a en effet assisté à un véritable basculement de l’équi­libre entre les détenteurs de ces titres.

– Au profit de qui a eu lieu ce mouvement de balancier ?

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L’ombre de la faillite plane sur plusieurs Etats américains

Après la Californie, le New Jersey et l’Illinois sont étranglés par leurs dettes. Certains estiment que Washington viendra à leur aide, d’autres évoquent la solution de la banqueroute.

San Diego sera-t-elle la première ? Dans la grande ville du sud de la Californie, le débat fait rage depuis quelque temps : pour s’en sortir, la municipalité doit-elle se déclarer en faillite ? L’ancien procureur de cette ville de près de 1,5 million d’habitants s’est déclaré favorable à l’idée, comme les principaux entrepreneurs, lassés disent-ils des «semi-vérités» assénées par des élus qui cacheraient la gravité de la situation.

Plus de 2 milliards de dollars de déficit dans le régime des retraites ; 1,4 milliard manquant pour financer le système de santé… Alors que les autorités de San Diego refusent d’augmenter les impôts, certains s’interrogent sur la pertinence de cette solution radicale, qui permettrait notamment à la ville de renégocier en bloc les salaires et le montant des retraites.

Panique à l’européenne

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La Grèce et l’Irlande doivent faire défaut

Réunis la semaine prochaine à Bruxelles, les responsables européens cesseront-ils de se disputer pour faire face aux vrais enjeux de la crise de la dette ?

En réalité, la Grèce et l’Irlande ont déjà fait défaut. Pas officiellement. Cependant, à écouter les opérateurs financiers, plus personne ne veut prêter un centime à ces deux Etats qui croulent sous les dettes. La situation du Portugal et de l’Espagne n’est guère plus confortable.

Lundi passé, des chiffres publiés par la Banque centrale européenne ont démontré comment elle tient les Etats de la zone euro à bout de bras. Entre le 25 novembre et le 1er décembre, la BCE a acheté pour 1,965 milliard d’euros d’obligations publiques ; le plus fort montant enregistré depuis le début du mois de juillet alors que l’on sortait à peine de la crise grecque. Les opérateurs estiment que l’institution dirigée par Jean-Claude Trichet a nettement accéléré ses achats de dette publique irlandaise et portugaise. Car, en face, les grands investisseurs s’en détournent.

Pimco, le géant américain des obligations, a déjà annoncé avoir vendu la majorité de ses titres grecs, irlandais, portugais et espagnols. JPMorgan, un des poids lourds du marché de la dette gouvernementale européenne, a indiqué que beaucoup de ses clients veulent se débarrasser des titres des Etats «périphériques» de la zone euro.

D’ailleurs, Goldman Sachs a calculé que 17% de la dette cumulée de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal se trouvent désormais dans les coffres de la BCE. Au rythme actuel, cette part pourrait monter à 50% sans tarder.

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La crise financière mondiale de 2011 a-t-elle commencé ?

Par Georges Ugeux

Où que l’on regarde, les feux avant-coureurs d’une prochaine crise financière s’allument. Elle commencera sur l’Atlantique, mais cette fois, elle devrait être contagieuse dans le Pacifique. Elle pourrait être pire que celle de 2007-2008.

Je ne pose pas cette question à la légère. L’Occident a vécu au-dessus de ses moyens et le tsunami commence à prendre de l’ampleur aux États-Unis et en Europe. Cette fois, il touchera au coeur les finances publiques. Tandis que les étudiants britanniques manifestent pour leur minerval, les Français manifestent pour leur retraite, et les Irlandais et les Portugais sont dans la rue contre l’austérité, ce n’est pas moins qu’une course contre la montre qui est engagée.

Il n’y aura pas moyen d’éviter une crise : il faut à tout prix cependant mettre sous contrôle le risque d’emballement et tenter de la maîtriser. Le drame est que des deux côtés de l’Atlantique, la crise fait apparaître une réalité difficile à maîtriser : le dysfonctionnement politique.

Les États-Unis ont un système politique qui est enrayé depuis des années, et les élections de novembre mettent autant les démocrates que les républicains au pied du mur. Il n’y a plus moyen de prendre quelque mesure que ce soit sans qu’elle fasse l’objet d’un bras de fer où les républicains forcent leur chemin à la Chambre et les démocrates verrouillent le Sénat.

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Comptabilité des grandes banques américaines : pas fiable ?

Par Vincent Bénard

L’une des grandeurs que les investisseurs regardent pour savoir si le bilan d’une banque est solide est le µ, ou ratio des dettes sur capitaux propres. Quelques analystes se sont spécialisés dans ce type d’analyse simple mais efficace (exemple).

Le µ et les normes comptables

Le seul problème avec cette analyse : quelle est sa valeur si le calcul du total de bilan est biaisé par une grossière sur-évaluation des actifs ? Autrement dit, si une banque compte, par exemple, 10% de prêts non performants en valeur dans son bilan, mais qu’elle n’affiche que 1% de dépréciation, ses fonds propres réels sont nettement moindres que ce que son bilan affiche.

“Pas de danger”, direz vous. En effet, si les règles comptables “Mark To Market” ont été suspendues du 15 novembre 2008 au 1er janvier 2010, les règles comptables FASB 157 en vigueur aux USA depuis cette dernière date obligent les banques à déclarer trimestriellement une “fair value », une valeur “justifiée”. Donc, si des prêts non performants se trouvaient en masse dans les bilans bancaires, cela se verrait, non ?

Et donc, vu que je vous annonce régulièrement que les grandes banques américaines sont au bord du gouffre, et que les dépôts de bilan et autres bailouts anticipés n’arrivent pas, vous seriez fondés à croire qu’il y a dans mon pessimisme une part d’exagération.

Et encore une norme comptable contournée, une !

Sauf que… Bloomberg lève le voile sur une “échappatoire” comptable que nombre de banques auraient mis en oeuvre pour majorer fortement la valeur d’actifs de leurs prêts. La règle comptable 157 stipule que la Fair Value doit s’entendre comme un prix raisonnablement escomptable d’une vente dans des conditions “normales”, ce que les Anglo-Saxons appellent une “exit value ».

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A quel prix un pays peut-il répudier sa dette ?

Par Loïc Abadie (N.B. : comme quoi, encore une fois, ne sont pas publiés que des auteurs partageant toutes les vues de fortune.fdesouche.com…)

La nouvelle poussée en cours de hausse des taux sur les pays les plus fragiles de l’Union Européenne (Grèce, Irlande et Portugal… pour l’instant) nous montre qu’à terme, il devient de plus en plus probable de voir plusieurs Etats européens incapables de faire face au remboursement de leur dette.

Quelles sont les conséquences pratiques du défaut d’un état sur l’économie d’un pays ?

La conséquence immédiate est bien entendu une forte dévaluation de la monnaie du pays touché, associée à une situation d’hyperinflation, et à une perte de confiance générale de la population conduisant à une chute de la consommation et à une récession profonde.

Mais si on va plus loin, on pourra distinguer trois grands cas de figure :

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Panique dans la zone euro

Jamais depuis la crise grecque du printemps dernier, un pays n’avait paru aussi vulnérable face aux marchés. Alors que l’idée d’un plan de sauvetage de l’Irlande se profile, la presse européenne s’inquiète des conséquences pour les autres membres de l’UE.

"Perdu tigre celtique..."

« L’Irlande vers une nouvelle crise financière », annonce la Frankfurter Runsdschau. Et chaque jour, le sort de l’économie irlandaise, affaiblie par la dette et des taux d’intérêt de plus en plus élevés, paraît plus alarmant pour l’ensemble de la zone euro. «Le refrain du déchirant acte II de la crise de l’euro a été entonné par Wolfgang Schäuble», constate de son côté la Berliner Zeitung.

Le ministre des Finances allemand demande qu’à l’avenir, les détenteurs d’obligations passent à la caisse lorsqu’un Etat membre de la zone euro devra être sauvé par les autres. « Pour les investisseurs, c’est une mélodie nouvelle », commente le quotidien : « Jusqu’à présent, ils supposaient que la zone euro rachèterait ses membres. […] Maintenant qu’ils croient devoir assumer un risque, il exigent des intérêts plus élevés ».

Le journal cite un membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), qui affirme que « les plans allemands mènent inéluctablement à des attaques spéculatives renforçant la crise ».

« La hausse des taux d’intérêt pourrait conduire l’Irlande et le Portugal à réclamer l’aide européenne », constate Diário de Notícias à Lisbonne. « L’UE se prépare à aider l’Irlande, dont les intérêts sur la dette ont dépassé les 9%. Le Portugal pourrait être le prochain à en avoir besoin, sauf si les marchés se calment ».

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Dette souveraine : vers la création d’un mécanisme européen de défaut maîtrisé

Le think tank Bruegel appuie Berlin et propose de faire endosser aux banques leur part du risque de défaut des membres de la zone euro. Objectif : permettre des restructurations ordonnées des dettes souveraines.

Les déclarations du gouvernement d’Angela Merkel et de la banque centrale allemande, pour que les établissements financiers endossent eux [aussi] leur part du risque de défaut de dette souveraine de tel ou tel pays de la zone euro, se succèdent à un rythme soutenu. Dernières en date, celles de la Chancelière Angela Merkel.

L’avis des autorités d’outre-Rhin est partagé par certains représentants de la BCE et vient de recevoir un soutien de taille, celui du think tank européen Bruegel. Cinq économistes de renom, dont le directeur de l’institut et Professeur de Paris-Dauphine, Jean Pisani-Ferry, et Anne Krueger qui avait théorisé en 2001 le principe d’une restructuration ordonnée des dettes publiques, ont publié mercredi un texte sur le sujet.

Bruegel y dessine les contours d’un mécanisme européen permanent de résolution des crises de la dette souveraine des pays de la zone euro. Le dispositif d’aide se mettrait en branle après le feu vert donné par la Commission européenne à la demande de secours [dé]posée par un Etat. Bruxelles aurait le dernier mot parmi les institutions politiques européennes.

La deuxième étape serait gérée par la Cour européenne de justice, qui réunirait créanciers et débiteurs pour négocier une restructuration ordonnée et concertée de la dette en position de défaut.

Une fois les deux parties parvenues à une entente sur le montant et la décote de la dette, l’Etat en difficulté obtiendrait des fonds conditionnés au respect d’un échéancier de consolidation budgétaire. L’objectif prioritaire d’un tel mécanisme étant de ne pas se montrer « trop laxistes » vis-à-vis des créanciers privés.

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Chaque année, la planète perd l’équivalent de l’Italie en surfaces cultivées

Jusqu’à 30 millions d’hectares de surfaces cultivées, soit l’équivalent de la superficie de l’Italie, sont perdus chaque année du fait de la dégradation de l’environnement, de l’industrialisation et de l’urbanisation, a souligné jeudi 21 octobre un rapport de l’ONU.

« American way of life » - Photo d'Alex MacLean (USA)

« Cette tendance a des conséquences dramatiques pour des centaines de millions d’agriculteurs, de pêcheurs ou de peuples indigènes », a noté Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, lors de la présentation de son rapport (consultable en français et en PDF).

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Vous devez absolument voir le film Wall Street II… et enfin comprendre !

Par Paul Dontigny (Québec)

Je vous conseille fortement de louer le film Wall Street de 1987 et de l’écouter avant de voir le II.

Et petite parenthèse : lorsque j’ai vu Wall Street 1, j’avais environ l’âge de Bud Fox, le personnage interprété par Martin Sheen. J’avais commencé cette année-là, à 21 ans, à travailler comme courtier et ce que je voyais dans ce film représentait la réalité de ce qui se passait ici [au Québec] à plus petite échelle, dans le contexte des nouvelles émissions Réa [fonds d'investissement de la Banque Nationale du Canada] et le reste…

Le insider trading [trading d'initiés] et le sentiment de pouvoir relié à la capacité potentielle de faire toujours plus d’argent. Les avocats, comptables, le « gang » de financement corporatif et des élites des dirigeants qui vendaient leur stock [portefeuille d'actions] au public.

La focalisation ultime, voire l’obsession envers l’argent à tout prix. C’était ce que j’ai souvent qualifié de « la culture de Wall Street » et elle existe depuis que la première action a transigé [été vendue], et elle existera encore dans 100 ans.

Je racontais ce qui se passait dans cette industrie à mon père qui était médecin et il ne me croyait pas. Il m’avait dit : « la plus grande firme au Canada ne laisserait pas faire de telles choses au détriment des clients » et j’avais répondu qu’elle ne laissait pas faire, elle encourageait et protégeait ces activités… comme tous les autres. En fait, le véritable problème est que les organismes de réglementation essaient de faire croire au public qu’il est protégé…

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Le marché des changes, nouveau champ de bataille

Alors que le dollar poursuit sa baisse sur les marchés, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a mis en garde mercredi les pays tentés par l’utilisation de la faiblesse de leur monnaie comme arme économique, en expliquant qu’une telle politique pourrait compromettre la reprise économique.

Décideurs et investisseurs s’attendent à ce que la Réserve fédérale américaine annonce avant la fin de l’année de nouvelles mesures de soutien à l’économie qui pourraient affaiblir le dollar. Parallèlement, la Chine a poliment refusé ces derniers jours de laisser sa monnaie, le yuan, s’apprécier plus rapidement.

Les changes seront donc en tête de l’ordre du jour de la réunion informelle des ministres des Finances du G-7 vendredi à Washington, en marge des assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale.

Mais rares sont ceux qui espèrent que des mesures concrètes déboucheront des discussions dans la capitale américaine.

Le dollar amplifiait son recul mercredi, inscrivant un plus bas de huit mois et demi face à un panier de référence composé de six autres grandes devises et touchant un nouveau plus bas de 15 ans face au yen.

Cette tendance, observée depuis plusieurs semaines, a déjà poussé le mois dernier la Banque du Japon à intervenir sur les marchés en achetant des dollars pour faire baisser le yen, dont l’appréciation continue pénalise les exportateurs nippons. La Banque du Japon a accéléré le mouvement mardi en ramenant son principal taux à zéro.

Et certains pays émergents, comme la Corée du Sud ou le Brésil, ont emboîté le pas au Japon ou menacent de le faire, par des voies différentes.

« Il y a clairement l’idée qui commence à circuler selon laquelle les changes peuvent être utilisés comme une arme de politique (économique) », a déclaré Dominique Strauss-Kahn dans un entretien au Financial Times.

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La guerre des monnaies

Un article du Monde vient de mettre en exergue un phénomène qui ne date pas d’hier. En effet, on apprend dans cet article que le Japon a décidé de façon unilatérale de faire descendre la valeur de sa monnaie. Cette dernière n’a pas cessé de s’accroître ces derniers mois et la cause principale [en est le] changement dans la politique monétaire de la Chine. En effet, cette dernière souhaite de plus en plus se débarrasser de ses bons du Trésor américains ; les Chinois se sont donc naturellement rués vers les bons japonais. Ce faisant, ils font grimper de façon artificielle la monnaie japonaise, alors que la situation économique au Japon ne justifie en rien cette hausse.

Cette affaire montre le caractère totalement instable du système de changes flottants mis en place dans les années 70, suite à la déconnexion du Dollar et de l’or, qui était pourtant le pilier du système de Bretton Woods. Si le système a fait illusion jusqu’à présent, avec tout de même quelques graves crises, que ce soit dans les pays émergents ou développés comme en 1987, en 1992, en 1997, en 2002, c’est parce que l’Amérique et ses déficits étaient là. Or, la crise actuelle est plus grave, parce que le mécanisme qui permettait à la machine de continuer à fonctionner a disparu. Ce sont les déficits commerciaux américains toujours croissants et les politiques semi-keynésiennes de relance sans protection, qui ont permis à la croissance de continuer, en évitant ainsi une guerre mondiale des monnaies.

Sans la surconsommation américaine, le système à changes flottants montre son instabilité intrinsèque, chaque pays cherchant à profiter de ses excédents pour croître au détriment du voisin. Tout le monde comprime sa demande et, au final, il n’y a plus de croissance nulle part. Sans un pays consommateur absorbant tous les excédents, la planète est condamnée à la dépression et à la guerre monétaire.

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L’agrobusiness dans le monde : deux décennies de pillage

Avec cet aperçu de l’expansion de l’agrobusiness dans le système alimentaire mondial au cours des vingt dernières années, nous amorçons une réflexion sur ce qu’on peut attendre de ces entreprises dans les années à venir.

Au début des années 1990, une grande partie des pages de Seedling [littéralement : semis, jeune plant - publication de grain.org] étaient consacrées à des discussions sur les accords internationaux et les programmes de recherche publique. Les grandes sociétés apparaissaient certes dans ces discussions, mais surtout comme une menace à l’horizon, un groupe soutenant de façon agressive le modèle d’agriculture industrielle qui détruisait la biodiversité agricole. Vingt ans plus tard, la situation n’est plus du tout la même. Le pouvoir des grandes sociétés dans le système alimentaire s’est en effet étendu à pas de géants. Aujourd’hui, ce sont elles qui définissent les règles mondiales, tandis que les gouvernements et les centres de recherche publique suivent le mouvement.

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États et banques vont s’affronter pour se financer sur les marchés

États européens et banques vont s’affronter dans les prochains mois auprès des investisseurs pour lever des fonds sur les marchés, estime l’agence de notation Fitch dans une étude.

Jusqu’ici la majorité des États de la zone euro ont réussi à trouver fin juin la moitié des liquidités nécessaires à leur financement cette année.

L’agence indique qu’au total États et établissements financiers vont solliciter 455 milliards d’euros dans la seconde moitié de l’année auprès des investisseurs, et entre 900 milliards et 1.000 milliards par an en 2011 et 2012.

La Grèce, l’Irlande, le Portugal, et l’Espagne, rebaptisés mauvais élèves de l’Europe, qui ont émis récemment des obligations sur les marchés, ont même déjà trouvé deux-tiers, voire trois-quarts de leurs financements.

Mais la situation risque de se compliquer avec l’arrivée prochaine sur les marchés des banques, également à la quête de financement et dont les dettes arrivent à maturité, fait remarquer Fitch.

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L’Islande ou le caractère démoniaque de l’argent

Par Bruno Bandulet (Allemagne)

Comment un des pays les plus riches du monde s’est effondré d’un jour à l’autre, et les leçons à en tirer.

A l’été 2006, lorsque je me suis rendu en Islande pour observer le miracle économique au cercle polaire et m’entretenir avec des représentants de la Banque centrale et de Kaupthing, la plus grande banque privée, il était inimaginable que cette économie très développée puisse s’effondrer en quelques jours en octobre 2008.

Le PNB par habitant était plus élevé que celui des Etats-Unis, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Le système de retraites par capitalisation était exemplaire, la dette publique ne représentait que 27% du PIB, le budget était excédentaire, la solvabi­lité des emprunts d’Etat était jugée AAA (notation supérieure) et le système fiscal était, avec ses taux peu élevés, un modèle pour l’Europe toute entière.

Certes, dès 2006, l’endettement important du secteur privé et l’énorme déficit de la ba­lance des paiements courants (cf. Gold&Money Intelligence, août/septembre 2006) révélaient des risques, mais dans les deux années qui suivirent, ce sont des facteurs aggravants qui ont causé l’effondrement du système financier et économique.

En 2008, année fatidique, ce petit pays qu’est l’Islande est devenu un laboratoire et une menace pour tout le système financier occidental fondé sur de l’argent sans couverture. Et la question se pose de savoir si un phénomène semblable pourrait se produire à l’avenir dans d’autres pays.
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“Les baisses d’impôts sont néfastes aux salaires”

L’économiste Henry Liu s’élève contre la thèse affirmant que les baisses d’impôts sur les entreprises et les très hauts revenus généreraient de l’emploi. Toute baisse d’impôt sur les profits, note-t-il, incite les entreprises à arbitrer entre bénéfices et salaires, au détriment des derniers.

De la même façon, les baisses d’impôts sur les hauts revenus encouragent la distribution de salaires mirobolants pour les directions. Notons au passage que ces revenus excessifs ont non seulement déprimé la demande, mais aussi alimenté la finance, avec un effet « deuxième tour »: les exigences de rémunération des investisseurs, bien supérieures à la croissance économique réelle, pressurant de plus en plus les salaires, au fur et à mesure de l’accumulation du capital par le jeu des intérêts composés.

Ces dernières décennies, les économistes partisans des politiques de l’offre ont répandu dans une opinion publique mal informée, le mythe selon lequel des impôts peu élevés encourageaient les entrepreneurs à créer des emplois bien rémunérés.

Mais contrairement à cette affirmation apparemment de bon sens, la réalité historique montre que le régime d’impôt progressif des revenus, avec des prélèvements dépassant les 90% pour la tranche supérieure, a, en fait, encouragé les entreprises à augmenter les salaires. Pour la simple raison qu’il est plus facile d’être généreux avec l’argent du gouvernement.

Dans le passé, quand le taux d’imposition maximum sur les entreprises dépassait 50% et celui sur les revenus 90%, leurs directions étaient moins incitées à maximiser le bénéfice net en réduisant les coûts salariaux. Pourquoi auraient-elles donné de l’argent au gouvernement, alors qu’il pouvait être mieux employé à la satisfaction de leurs salariés ?

La révolution économique de Ronald Reagan, inspirée par l’économie « vaudou » des politiques de l’offre, s’est traduite par la réduction frénétique des taux d’imposition sur les bénéfices. Elle a incité les employeurs à maintenir des bas salaires, car les économies réalisées ainsi généraient des bénéfices que les entreprises et leurs directions pouvaient conserver, n’étant plus soumis à des taux d’imposition élevés. Lire la suite

Immobilier en France : la catastrophe se profile à l’horizon

Une tribune libre de Patrick Reymond


Patrick Reymond, économiste hétérodoxe né en 1960, disciple de Fernand Braudel, est également un homme de terrain. Son expérience en tant que cadre supérieur dans de multiples entreprises du secteur privé (sidérurgie, papier carton, bâtiment, industrie), lui a notamment donné la compétence d’analyticien. Or, l’analytique, qui ne s’apprend pas à l’école, nécessite, à la différence de l’audit, qu’il a pratiqué également, une grande compréhension des phénomènes et de la chaîne de production, beaucoup de curiosité et d’aller très au-delà des apparences.

Patrick Reymond a notamment écrit pour l’éditeur SMG, dans le “blog immobilier” et le “blog énergie”. Depuis le printemps 2009, son blog “La Chute”, au contenu et au ton résolument iconoclastes, passionne un nombre sans cesse grandissant de lecteurs, curieux des mutations de notre civilisation et insatisfaits des informations trouvées dans les grands médias.

Nous vous proposons aujourd’hui, en exclusivité, une étude de la crise immobilière française, que Patrick Reymond a bien voulu réaliser pour fortune.fdesouche.com (N.B. : cet article est libre de droits de citation et de reproduction ; nous demandons cependant à tout utilisateur de bien vouloir nous citer comme source). Lire la suite

Qui a peur des mots ? Sortir de la crise économique… et de la crise du langage

Il n’est question ni de rigueur ni d’austérité, mais de plan de relance. Le licenciement a fait place à la restructuration, la fermeture d’usine à la délocalisation, la récession à la maîtrise de l’inflation…

Dans l’éditorial du dernier numéro de CB News, Christian Blachas analyse ce qu’il nomme la « nouvelle sémantique ». : « Le XXIème siècle a inventé un nouveau langage issu de deux courants profonds : le politiquement correct (personnes à mobilité réduite, non-voyants, mal-entendants…) et le discours hypocrite qu’on pourrait aussi intituler mensonge ou gros pipeau. Pour masquer la dure réalité des faits, on invente des mots et des expressions destinés à faire passer la pilule. »

Une novlangue aux effets contre-productifs

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Le jour où la fraude a contrôlé l’économie

Et si la finance avait adopté la fraude pour éviter une crise fatale au système ? C’est la thèse du juge Jean de Maillard. Entretien.

Est-ce un syndrôme de la crise économique ? Sa cause ? Ou sa conséquence ? En tout cas, l’idée que l’économie contemporaine est gangrenée par la criminalité fait son chemin.

Depuis « Un monde sans loi » (Stock, 1998), Jean de Maillard, magistrat, explore les vices cachés de la criminalité financière. Dans son dernier livre, « L’Arnaque », le magistrat (qui n’a jamais été juge financier) inverse le paradigme : et si, pour survivre, la finance internationale, avait pris en main les ressorts de la « fraude » ?

«C’est un terme par défaut, précise-t-il, qui remonte aux années 80, au moment où Reagan et Thatcher arrivent au pouvoir. Ils mettent en concurrence, dans l’univers du crédit immobilier, les structures mutualistes avec les entreprises privées. C’est là que la dérive commence.»

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La Chine va-t-elle nous bouffer ?

Philippe Cohen et Luc Richard livrent dans ” Le Vampire du Milieu “, une enquête saisissante sur l’envers du décor du modèle chinois. Non seulement l’économie de marché n’a pas converti la deuxième puissance mondiale à la démocratie, mais elle n’a pas amélioré la vie des Chinois…

La naïveté vis-à-vis de la Chine est-elle une tradition des élites françaises ?

Il y a quelques décennies, la fine fleur de l’intelligence revenait émerveillée de voyages très organisés dans quelques villages Potemkine du paradis maoïste. Depuis quelques années, le gratin des patrons français croyait avoir trouvé le paradis du capitalisme dans quelques mégalopoles côtières chinoises.

Alors que brille l’Exposition universelle de Shanghai et que la plupart des médias continuent de s’émerveiller de la réussite chinoise, l’enthousiasme retombe dans les milieux économiques français. Mais, comme chez nos ex-maos, le pressentiment de s’être fait piéger ne pousse pas nos entrepreneurs déçus à l’analyse publique.

Le passionnant et terrifiant livre écrit par (…) Philippe Cohen et Luc Richard, longtemps correspondant de Marianne en Chine, permet de comprendre ce qui s’est passé.

Ils nous avaient prévenus, il y a cinq ans, avec un premier ouvrage, ” La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? ” (Mille et Une Nuits), et ont, depuis, poursuivi leur enquête sur l’envers du décor de ce ” modèle chinois “, un système sans précédent : une dictature qui a misé sur la mondialisation sauvage, avec, comme atout décisif, un immense prolétariat esclave dressé par un demi-siècle de communisme.

Car là résidait le principal intérêt de la Chine aux yeux des financiers d’Europe et d’ailleurs : une main-d’oeuvre de 20 à 30 fois moins chère, leur permettant de s’affranchir d’un salariat occidental protégé.

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Bourse : le taux de distribution des dividendes bat des records

Les entreprises cherchent à préserver au maximum leurs dividendes. Les analystes anticipent une hausse de 15 % des dividendes en masse, qui seront versés l’an prochain, après une légère contraction cette année.

Même si les turbulences des marchés ne semblent plus finir, les analystes restent optimistes sur les entreprises. Ils prévoient de belles croissances des bénéfices et des dividendes.

Le consensus anticipe une très légère baisse des dividendes versés cette année (au titre de l’exercice 2009) des entreprises européennes du Stoxx 600 (- 4,4 %, à 233 milliards d’euros), malgré un recul plus prononcé des profits (- 21,4 %), d’après les données de FactSet retraitées par PrimeView.

Surtout, ils tablent sur de nettes hausses pour le futur : les dividendes versés l’an prochain (sur l’exercice 2010) devraient augmenter de 15,3 %, puis de 11,9 % en 2012. En 2012, les dividendes auront ainsi presque retrouvé leur sommet de 2007.

Le constat est similaire pour la France, où la saison des assemblées générales et des versements bat son plein. D’après les calculs réalisés en début d’année par Ricol Lasteyrie, sur la base des publications de résultats annuels, les entreprises du CAC 40 devraient verser autour de 35,5 milliards d’euros à leurs actionnaires, un montant globalement stable par rapport à l’année précédente. Les analystes anticipent ensuite des hausses respectives de 9 % et 12 % pour les exercices 2010 et 2011.

Ces chiffres reflètent la volonté des sociétés de préserver leurs actionnaires, en phase de crise, et d’augmenter leurs coupons dès la reprise.

Sur longue période, la volatilité des dividendes est inférieure à celle des résultats. Exemple emblématique : BP, pourtant soumis à la pression de politiques pour réduire ses dividendes, a indiqué hier qu’il paierait le dividende intérimaire prévu en juin. « Le versement continue de jouer un rôle de signal lancé au marché », rappelle Dionisio Luiz, analyste chez Markit Dividend.

Ainsi, le taux de distribution (calculé par rapport aux résultats) des entreprises de l’Euro Stoxx 50 atteint cette année 53 %, au plus haut depuis cinq ans au moins, contre une moyenne de 42 %, selon les calculs de Markit. En France, il devrait frôler les 60 %, là aussi, un record.

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Roumanie: A vendre, pays en crise

Durement touchée par la crise, soumise à la rigueur et confrontée à des grèves, la Roumanie serait quasiment en faillite. Ni ses dirigeants ni les investisseurs européens ne semblent cependant prêts à réagir. Et ce sont la Russie et la Chine qui pourraient en profiter, craint România liberă.

Tandis que le président roumain reconnaît que son pays est en faillite, le gouverneur de la Banque nationale de Roumanie, Mugur Isarescu, a à son tour soudainement remarqué que son pays se retrouvait dans le même pétrin qu’il y a dix ans. A les entendre, tous les maux de la Roumanie se seraient abattus récemment sur le pays.

Acteurs et victimes de leurs propres machinations, les élites politiques de Roumanie ont pourtant toujours placé leurs propres intérêts au-dessus des intérêts nationaux, même lorsqu’ils savaient que leurs actions pouvaient conduire au désastre.

Le président Traian Basescu parle aujourd’hui du danger de “grécisation” du pays. Mais l’an dernier, le gouvernement d’Emil Boc (Parti démocrate libéral) a préféré dépenser sans compter sans que le président ne lui tape sur les doigts. La fausse philanthropie de l’exécutif était aussi rentable pour le président, car son enjeu n’a pas été d’extirper la Roumanie de la crise mais de remporter la course à la présidence. Sinon, Traian Basescu aurait obligé Emil Boc & Co. à procéder à des licenciements, baisser les salaires et cesser les acquisitions clientélistes.

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Le krach, jusqu’où ?

Le calme avant la tempête. Depuis quelques jours, nous observons un tassement de la chute des marchés : prémisses d’un rebond ? Nous sommes dans une période d’hésitations, d’entre-deux. Très clairement, nous traversons – péniblement – la Crise II, la phase de faillite des États. Mais les marchés comme d’habitude semblent décidés à ne pas se laisser déstabiliser plus que cela. Ils sont devenus des spécialistes en matière d’autisme.

Nous ne sommes pas les seuls à sentir le vent tourner… Les nuages s’accumulent de plus en plus à l’horizon et nous craignons une nouvelle tempête.

Maladie incurable pour les banques

Où en sommes-nous ? Le système bancaire qu’on nous assurait sauvé ne se porte pas si bien que cela. “De nouvelles dépréciations à l’horizon pour les banques de la zone euro,” titre L’Agefi. D’après la BCE, d’ici fin 2011, les banques européennes devraient essuyer une deuxième vague de dépréciations d’actifs, à hauteur de 195 milliards d’euros. Somme à laquelle il faut ajouter de faramineux besoins de refinancement – 800 milliards d’euros – d’ici à 2012.

Certains en ont déjà tiré les conséquences qui s’imposent. Forbes vous met en garde : “Les investisseurs ne doivent pas perdre de vue la sécurité de leurs dépôts bancaires.” En clair, faites attention à votre argent, et à l’endroit où vous le placez. Cela ne vous glace pas le sang ? Nous, si.

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