Vladimir Poutine est-il nul en économie ?

Six mois après la dégringolade historique du rouble et sur fond de légère «désescalade» en Ukraine, la Russie n’est pas sortie d’affaire et la récession s’est installée. Les sanctions européennes et américaines ont fonctionné – mais elles ne sont pas seules en cause. Et si, comme le dit un éditorialiste, le président russe conduisait son pays à la ruine ? 

Dans son Edito éco du 18 mai 2015 sur Europe 1, Nicolas Barré développait une vision pessimiste, voire féroce, de la politique économique russe : si le pays est en récession, ce n’est pas seulement à cause des sanctions européennes. L’éditorialiste pose la question : et si ce «grand stratège» en politique étrangère qu’est Vladimir Poutine, était en réalité une catastrophe en matière d’économie?

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Mathématique pétrolière

La réalité pétrolière glisse vers une nouvelle mathématique. Les énergies fossiles sont devenues des facteurs de décroissance dans les modèles économétriques, des facteurs de risque dans les équations financières.

Une autre étude confirme le nouvel éclairage désormais dévolu à l’univers des énergies fossiles au sens large, et à l’industrie pétrolière en particulier. Les expressions « retombées positives » et « rendement » sont désormais remplacées par « externalités négatives » et « risques financiers », changement climatique étant. Dans son rapport, la Banque HSBC va même jusqu’à prévenir les investisseurs et gestionnaires de portefeuille du danger de se retrouver avec, en mains, des « actifs échoués ».

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Les milliards de Moscou

Si la guerre froide est finie, dans certains secteurs, la tension monte entre l’est et l’ouest de l’Europe. De Londres à Moscou en passant par Berlin, ce documentaire dresse un état des lieux des investissements russes. Enquête sur la stratégie employée par le président Poutine et ses hommes d’affaires, tous animés par le rêve de voir un jour émerger une grande Russie.

Des gazoducs aux chantiers navals en passant par le foot et l’immobilier, rien n’échappe à la voracité des oligarques russes. D’autant que le rêve de Poutine d’une grande Russie lui impose de placer habilement ses pions sur l’échiquier européen.

Sa stratégie ? Diviser pour mieux régner, notamment en montant la France contre l’Allemagne et inversement. Berlin compte six mille entreprises implantées en Russie, alors que les Russes gèrent quelque mille sociétés outre-Rhin. L’ancien chancelier Gerhard Schröder, membre du conseil d’administration de la société russe Gazprom, le plus grand groupe énergétique au monde, plaide en faveur d’étroites relations économiques avec Moscou. Quant aux Français, ils se sont réjouis de signer de juteux contrats d’armement avec la Russie… jusqu’à ce que l’embargo lié à la crise de Crimée en Ukraine stoppe la livraison des porte-hélicoptères Mistral destinés à renforcer la flotte de Poutine.

Réalisé par Christian Hans Schulz et Ulli Wendelmann (Allemagne 2015)

L’année 2015 promet d’être favorable aux hedge funds

La cherté des marchés actions et les rendements obligataires bas, voire négatifs, poussent les investisseurs vers des solutions alternatives. Dans ce contexte, les hedge funds ont bien commencé l’année.

L’industrie des hedge funds ne s’est jamais aussi bien portée depuis la crise de 2008. Selon Hedge Fund Research®, 2014 a vu le plus grand flux de capitaux investis dans des hedge funds depuis 2007, soit 76,4 milliards de dollars, portant à un niveau record de 2,85 trillions de dollars leurs actifs globaux. Le baromètre de la performance de l’industrie, l’indice HFRI Fund Weighted Composite Index®, s’est apprécié de 3,3% en 2014 (une performance en dessous des attentes).

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Le capitalisme serait né il y a 4000 ans

Sociétés, investissements, prêts bancaires, chèques au porteur, bénéfices, dividendes,… Ces notions semblent liées au capitalisme libéral et à l’économie de marché, soit aux XIXe, XXe et XXIe siècles. Pourtant, c’est près de 2000 ans avant notre ère et en plein cœur de l’Anatolie que ces principes étaient appliqués: les archéologues qui fouillent le site de Kültepe, où se trouvent les ruines de la cité antique de Kanesh, ont établi que le système économique était déjà très complexe.

Voici près de 4000 ans, Kanesh était un comptoir de la cité d’Assur: à plusieurs centaines de kilomètres de la future capitale des Assyriens, ce poste commercial se situait au cœur de l’Anatolie, là où les Hittites allaient former l’un des royaumes les plus puissants du Moyen-Orient antique.

Or, contrairement à de nombreux autres sites fouillés par des archéologues au Proche et au Moyen-Orient, ce ne sont pas des dirigeants politiques (rois, princes, chefs de guerre, diplomates) ou religieux que sont issus la grande majorité des documents écrits, mais des milieux économiques. Et en particulier des marchands paléo-assyriens installés dans cette cité hittite: plus de 90% des 22.000 tablettes viennent de ces commerçants et révèlent la complexité inouïe du système économique de l’époque.

Dans cette agglomération de plusieurs milliers d’habitants, les archéologues ont mis au jour des tablettes d’argile sur lesquelles figurent des textes en caractères cunéiformes, cette première forme d’écriture inventée en Mésopotamie.
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Trading à haute fréquence, la prédation en toute quiétude

Faute d’une vraie régulation européenne, la captation de valeur injustifiée du THF met en jeu la confiance des investisseurs, et donc la survie des marchés actions.

Revenons à la base : à quoi sert un marché d’actions ? À confronter l’offre et la demande de façon transparente et non trompeuse, afin que les prix puissent se former, que les échanges puissent se réaliser de façon équitable, que les épargnants puissent investir en connaissance de cause, et que les entreprises cotées en Bourse puissent se financer.

Le trading à haute fréquence, qui représente aujourd’hui entre 40 % et 60 % des volumes sur les places boursières d’Europe et des États-Unis, se nourrit de sa capacité à exécuter des transactions boursières plus vite que les investisseurs institutionnels et les intermédiaires qui les servent. Les traders à haute fréquence, qui sont soit des boutiques spécialisées, soit des banques de marché, s’intercalent entre les intervenants traditionnels (investisseurs et intermédiaires) et captent une rente en réalisant des transactions si rapidement que les intervenants traditionnels n’ont pas la capacité de les en empêcher.

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Il n’y a pas que le « coût du travail »… Coût du capital, la question qui change tout

Afin de justifier toutes sortes de réformes, médias et gouvernants se prévalent de leur disposition à bousculer les « archaïsmes » et à faire preuve de courage. Mais il s’agit toujours en définitive de réduire salaires et prestations sociales. Il existe pourtant bien un tabou pénalisant tous ceux qui souhaitent investir et créer de l’emploi : le coût prohibitif du capital.

Il serait sans doute passionnant de refaire le trajet d’ivrogne, tortueux et chaloupant, parcourant toute l’Europe, qui a finalement abouti à ramener tous nos maux à des questions de compétitivité et, de proche en proche, à des problèmes de coût du travail. Oubliés la crise des subprime, la crise de liquidité bancaire, les gigantesques dépréciations d’actifs, l’effondrement du crédit, la tétanie de la demande, la transformation des dettes privées en dettes publiques, les politiques d’austérité. Comme nous l’avait bien expliqué dès 2010 M. Ulrich Wilhelm, alors porte-parole du gouvernement allemand, « la solution pour corriger les déséquilibres [commerciaux] dans la zone euro et stabiliser les finances publiques réside dans l’augmentation de la compétitivité de l’Europe dans son entier (1) ».

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La jeunesse n’a pas de travail mais elle a des idées pour l’Europe

Quelle sera l’Europe de demain? Près de 5.400 jeunes européens de 16 à 30 ans se sont réunis à Strasbourg en mai dernier pour en débattre et ont rendu un rapport à ce sujet il y a quelques jours. Tour d’horizon de leurs idées pour une meilleure Europe.

Chômage des jeunes par pays, dans l’Union européenne, en pourcentage des moins de 25 ans, juillet-août 2013

Pendant trois jours la moyenne d’âge du Parlement européen à Strasbourg a fortement baissé. Et pour cause, des milliers de jeunes venus de tout le Vieux Continent ont investi les lieux afin de réfléchir à l’avenir de l’Europe.

Ils ont pu donner leur avis, partager leurs craintes et leurs espoirs autour de cinq grands thèmes: le chômage des jeunes, la révolution numérique, le futur de l’Europe, le développement durable et les valeurs européennes. Ces “rencontres de la jeunesse européenne” (European Youth Event) ont permis de dégager quelques idées pour l’avenir.

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TAFTA expliqué pour les nuls… et les Citoyens !

Article d’origine rédigé par Lurinas du blog La télé libre

Cela fait plus de 20 ans que des accords de libre-échange entre les États-Unis et l’Europe sont tissés plus ou moins largement et plus ou moins en marge du cadre multilatéral de l’OMC. Depuis le dernier cycle de Doha suspendu en 2006, la stratégie alternative des accords bilatéraux s’avère plus que jamais prometteuse. Aussi, cette fois encore, mais plus durement, l’accord commercial transatlantique TAFTA est dans les tuyaux. Plongée dans ce tas de dossiers à petits caractères.

Plus de 20 ans. Oui, oui. Si les médias audiovisuels français sont très discrets sur le sujet, il convient de vous éclairer pour susciter et provoquer le débat dans l’opinion publique.

TAFTA ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ce texte sans jamais oser le demander.

Les grandes lignes

Le Trans-Atlantic Free Trade Agreement (TAFTA) est un projet d’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis (EU).

D’autres acronymes existent pour s’y perdre : TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), PTCI (Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement), GMT (Grand Marché Transatlantique), APT (Accord de Partenariat Transatlantique).

Union européenne et États-Unis sont deux espaces qui totalisaient 45% du PIB mondial en 2012. 820 millions de consommateurs. Pas peanuts.

Le projet actuel a pour but principal d’abaisser les barrières douanières qui existent encore, d’harmoniser les normes entre les deux parties, etc. afin que les marchandises, les services et les capitaux circulent mieux, plus vite, plus loin.

« L’accord doit prévoir la libéralisation réciproque du commerce et de l’investissement des biens et des services, ainsi que les règles sur des matières ayant un rapport avec le commerce, avec un accent particulier sur l’élimination des obstacles réglementaires inutiles. L’accord sera très ambitieux allant au-delà des engagements actuels de l’OMC. L’accord s’imposera à tous les niveaux de gouvernement »

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L’investissement direct étranger (IDE) en Ukraine

En augmentation durant ces dernières années, les IDE à destination de l’Ukraine ont connu un net ralentissement du fait de la récession mondiale et de la crise économique sévère qui a touché le pays. Après avoir rebondi en 2010 (+23,7% par rapport à 2009), les flux se sont taris. En 2012, ils ont baissé de 9,4% par rapport à 2011, s’élevant à 4,13 milliards USD.

L’échec du rapprochement avec Bruxelles et la perte du soutien du FMI sont autant de facteurs qui jouent négativement sur la confiance des investisseurs.

 

En dehors de cette conjoncture défavorable, un système judiciaire inefficace et corrompu, la complexité des lois et règlements, le faible respect des contrats et la mauvaise gouvernance sont de sérieux freins à l’investissement.

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La crise de croissance des pays émergents

Déconfiture monétaire, asthénie boursière, fuite des capitaux… En Chine comme en Argentine, en Afrique du Sud ou en Turquie, les économies toussent. Et c’est la planète entière qui s’enrhume.

Par Alain Faujas

Qui eût cru que les pays émergents seraient à leur tour touchés de plein fouet par la crise ? Il y a un an, ils caracolaient en tête de tous les palmarès de croissance. En 2008, ils avaient assuré 98 % de la création mondiale de richesse, selon le cabinet Euler Hermes. Les capitaux du monde entier affluaient pour profiter de leurs brillantes perspectives de développement.

Aujourd’hui, les nuages s’amoncellent sur leurs économies. Leurs populations grondent, et leurs monnaies s’affaissent les unes après les autres. Entre le 1er mai 2013 et le 30 janvier 2014, le peso argentin a perdu 35 % de sa valeur par rapport au dollar. Et les autres ne font guère mieux : – 21 % pour la livre turque ; – 20 % pour la roupie indonésienne ; – 19 % pour le rand sud-africain ; – 17 % pour le réal brésilien ; – 14 % pour la roupie indienne… Quant au rouble russe, il a perdu 11 % de sa valeur et, le 3 février, il a atteint le plus bas de son histoire face à l’euro.

“Pas de panique”, a conseillé le FMI, mais les financiers ne l’écoutent guère et fuient massivement les pays émergents

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«Les Français ruinés par l’immigration» de Gérard Pince

Gérard Pince est docteur en économie et spécialiste de l’économie du développement : il a publié en 2013 un petit livre intitulé Les Français ruinés par l’immigration (éditions Godefroy de Bouillon). Dans cet ouvrage assez aride Gérard Pince a résumé ses analyses de la comptabilité nationale destinées à évaluer l’impact des populations immigrées sur notre économie. Les sources de toutes les données chiffrées utilisées par l’auteur sont disponibles dans les annexes ; ce rapport est vérifiable par tous les amateurs d’arithmétique.

Les bases du calcul

A la différence d’autres rapports, celui de Gérard Pince ne prend pas en compte tous les étrangers et leurs descendants de la première génération mais seulement les étrangers d’origine extra-européenne parce que, selon lui, l’impact positif des étrangers d’origine européenne sur nos comptes nationaux masque l’impact négatif des étrangers originaires des pays tiers.

Par ailleurs et à la différence de rapports qui ont conclu au faible impact de l’immigration sur notre économie, celui-ci prend en compte la part des dépenses régaliennes qui sont imputables à ces étrangers (les premiers n’intègrent que les recettes).
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“La BCE devrait se montrer plus accomodante”

Un euro trop fort, une périphérie en déflation : la zone euro aurait besoin d’une banque centrale plus agressive pour relancer le crédit aux entreprises. La vidéo du Café Eco avec Michel Girardin, économiste, professeur à HEC Genève et Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

Bilan

JO: après les fastes de Sotchi, un gouffre financier guette la Russie

Les gigantesques constructions érigées à Sotchi pour les jeux Olympiques les plus chers de l’histoire, achevés dimanche, risquent de se transformer en gouffre financier pour la Russie, compte tenu des énormes investissements difficiles à rentabiliser.

Après sa désignation en 2007 pour organiser les JO, Sotchi est devenue l’un des plus grands chantiers au monde où des bâtiments et des immeubles ont poussé comme des champignons sur les bords de la mer Noire et dans les montagnes du Caucase au-dessus de la ville, dans une zone auparavant quasi vierge d’infrastructures sportives.

L’aménagement de routes et voies de chemins de fer a porté le coût total de l’opération à 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros) pour cet événement international sans précédent en Russie depuis la chute de l’URSS, dont le président Vladimir Poutine a voulu faire une vitrine du pays.

Mais que vont devenir tous ces bâtiments neufs après le départ des milliers d’athlètes, accompagnateurs, journalistes et visiteurs qui occupent des appartements et hôtels construits spécialement pour les JO et les jeux paralympiques du 7 au 16 mars ?

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États-Unis : Le boom du pétrole de schiste devrait plafonner en 2016. Et ensuite ?

Pour l’industrie, le boom du pétrole de schiste aux Etats-Unis ouvre une voie capable de repousser sine die le déclin de la production mondiale de brut. Une voie étroite, vu le dernier pronostic publié par l’administration Obama. Tout autour du globe, la course de crête est lancée !

Il n’y aura pas de miracle ici

Grâce à la fracturation hydraulique du pétrole de schiste aux Etats-Unis (et bientôt ailleurs), la question du pic de production “ne semble plus vraiment pertinente”, m’a récemment fait savoir un haut responsable du groupe pétrolier français Total.

Le boom du pétrole de schiste (ou de roche-mère à plus proprement parler) a permis un bond de 15 % de la production américaine de brut l’an dernier. Il s’agit de la plus forte progression enregistrée depuis vingt ans où que ce soit dans le monde. La production pourrait à nouveau augmenter de pas moins de 780 000 barils par jour en 2014, soit une nouvelle hausse spectaculaire de près de 10 %.

Les arbres ne montent cependant toujours pas jusqu’au ciel.

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La Fed va-t-elle faire exploser l’économie mondiale ?

Asie, Amérique du Sud, Turquie… Les marchés des émergents s’effondrent sous l’effet Fed. Pour Michel Santi, la fin de la baisse des taux est une erreur… qui pourrait couler l’économie mondiale.

Par Michel Santi*

Les marchés émergents décrochent avec violence, les indices boursiers asiatiques et sud-américains plongent, la roupie indienne, comme la livre turque frôlent leur plus bas niveau historique… Pour défendre sa monnaie nationale, le Brésil a déjà dépensé 374 milliards de dollars, sachant que les réserves de la banque centrale turque ont diminué de 15% dans le cadre de sa lutte contre l’effondrement de la livre. Mentionnons brièvement l’Equateur qui a utilisé 8% de ses réserves, ce chiffre étant de 6% au Kazakhstan et au Koweït et de 5.5% en Indonésie…

Bref, la croissance de ces régions semble subitement remise en question et devoir brutalement s’inverser.

Tout – et tous – accusent la Réserve fédérale américaine, sur le point de réduire – dès l’automne prochain -  le rythme de ses baisses de taux quantitatives.

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New B, la banque anti-banque qui séduit les Belges

En Belgique, des ONG et des particuliers se sont regroupés pour créer la première banque coopérative du pays. New B devrait officiellement voir le jour ce samedi 6 juillet. Plus de 43 000 personnes ont souscrit une part dans cet établissement “transparent, participatif, sobre et ancré dans l’économie locale”.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Ce dicton, des ONG et quelques 43 000 citoyens belges ont décidé de l’adapter à leur épargne en créant New B, la première banque coopérative du Plat Pays. Samedi 6 juillet, l’assemblée générale de l’organisation se réunira pour entériner, sauf ultime surprise, la création de ce nouvel établissement bancaire qui pourrait voir le jour d’ici deux ans. Son credo ? Offrir à ses clients une banque “transparente, participative, sobre et ancrée dans l’économie locale”.

Le 24 mars dernier, la coopérative New B, fondée il y a maintenant deux ans, a lancé sa campagne “Je prends part” pour recruter des coopérateurs. En moins de quatre mois, quelques 43 208 particuliers et ONG ont souscrit une participation (limitée à 20 euros maximum pour les premiers).

Les initiateurs de New B s’étaient fixés un objectif de 10 000 souscripteurs. Ils avaient vu trop petit… En 48 heures, plus de 10 000 personnes s’étaient déjà inscrites comme le rapportait, fin mars, La Libre Belgique. Le 14 juin dernier, sur le site internet du quotidien L’Echo, Bernard Bayot, directeur du mouvement citoyen “Réseau de financement alternatif” et président de New B, expliquait que la banque visait à terme un capital de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Investir dans l’économie locale

Des mots simples, des questions… Sur son site Internet, New B parie sur la pédagogie pour conquérir de nouveaux adhérents, auxquels elle s’adresse presque… comme à des enfants. “Les banques brassent beaucoup d’argent avec lequel elles peuvent faire beaucoup. Que les banques l’utilisent uniquement à bon escient… Est-ce un rêve ? Elles rendent cela tellement compliqué… Est-ce que vous comprenez, vous, ce qu’est un fonds d’investissement structuré ? Je veux de la simplicité, une banque honnête que je comprends”. Et New B de revendiquer sa différence : “Notre banque, c’est une banque où ma voix compte, où je peux choisir ce que l’on va faire avec mon argent. Car évidemment, je préfère que mon argent finance l’école de ma fille plutôt que l’industrie nuisible”.

La “démocratie économique”

Les coopérateurs ont déjà élu un conseil d’administration regroupant une quinzaine de membres. Lors d’un chat , le 28 mars dernier, diffusé par le quotidien Le Soir, Bernard Bayot assurait aux internautes : “Nous allons offrir tous les services qu’une entreprise ou un citoyen veut (compte courant, crédit)… Nous investirons localement… Vous aurez autant à dire qu’un syndicat ou que n’importe quel autre coopérateur : c’est cela la démocratie économique”.

En France, seuls 34% des clients déclaraient faire confiance à leur banque, d’après une étude publiée, en mars dernier, par le cabinet d’audit et de conseil Deloitte. Il existe pourtant plusieurs établissements coopératifs comme le Crédit coopératif, les caisses régionales du Crédit agricole ou encore La Nef.

L’Allemagne, un colosse aux pieds d’argile

A force de se reposer sur ses lauriers, l’Allemagne hypothèque son avenir. C’est en substance ce que pointe une étude publiée par l’Institut allemand pour la recherche économique (DIW) et relayée par « Der Spiegel ». Ce rapport souligne que la propension des Allemands à épargner plutôt qu’à investir risque bien d’affaiblir la première économie de la zone euro. Et le pays, dont la bonne santé économique contraste avec la situation de ses voisins européens, pourrait connaître des lendemains qui déchantent.

« Malgré tous les succès des dernières années, l’Allemagne n’a pas créé de socle d’investissement pour assurer une croissance solide », écrivent les chercheurs berlinois, qui soulignent que la part du PIB consacrée à l’investissement diminue d’année en année.

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Le Qatar investira bientôt dix nouveaux milliards d’euros en France

L’ambassadeur du Qatar en France a choisi le week-end où François Hollande est en visite dans son pays pour annoncer de nouveaux investissements à grande échelle dans notre pays.

François Hollande est en visite au Qatar ce week-end, et c’est donc logiquement ce moment que l’ambassadeur du Qatar en France choisit pour annoncer de nouveaux investissements dans notre pays. l’Elysée estime que le Qatar a déjà investi de manière directe ou indirecte 12 milliards d’euros en France ces cinq dernières années, l’ambassadeur confie dans un entretien au quotidien Qatar Tribune que l’objectif est d’investir 10 nouveaux milliards d’euros. Il qualifie les relations entre les deux Etats de “stratégiques”.

Mohamed Jaham al Kuwari a précisé que ces investissements concerneraient des “institutions françaises majeures”,

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Le succès du livret A? Du gaspillage!

Les Français n’ont jamais autant sollicité le livret A : en avril, les épargnants y déposaient plus de trois milliards d’euros supplémentaires. Un chiffre qui inquiète les analystes, comme Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des Epargnants, puisque cet argent ne contribue pas à développer l’économie et la croissance…

Par Philippe Crevel

Sur les quatre premiers mois de l’année, le Livret A et le Livret de Développement durable ont enregistré une collecte nette de 20,66 milliards d’euros. Ces deux produits devraient, cette année, dépasser la collecte de 2012 qui avait atteint 49,17 milliards d’euros.

Cet engouement pour des produits d’épargne faiblement rémunérés symbolise parfaitement notre époque: l’épargnant français recherche avant tout la sécurité. La garantie de l’Etat apportée au Livret A, en ces temps troublés, n’a pas de prix.

Le deuxième atout de ce produit est lié à l’exonération fiscale (impôt sur le revenu et prélèvements sociaux) qui lui est attachée. En mettant l’argent son argent sur un Livret A, l’épargnant a l’impression de faire une bonne affaire en ne donnant pas d’argent à l’Etat.

Ironie de l’histoire, l’Etat sous couvert d’exonérations fiscales et sociales, fait main basse sur une partie de l’épargne des Français afin de financer sa politique du logement voire sa politique en faveur des PME.

 

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Devenir l’associé d’un agriculteur et payer moins d’impôts

La Fédération nationale ovine et un fonds d’investissement parisien s’associent pour venir en aide aux jeunes agriculteurs. Comment ? En facilitant l’apport de capitaux extérieurs.


L’idée remonte à septembre 2012 :

Permettre à des investisseurs de donner un coup de pouce financier aux jeunes éleveurs souhaitant démarrer leur activité.

La Fédération nationale ovine et le fonds d’investissement Labeliance, spécialisé dans les fonds propres pour les PME-PMI, se sont alors associés afin de faciliter la transmission des exploitations détaillait le site de la Nouvelle République.

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L’adieu à la croissance

Que cela plaise ou pas, une nouvelle ère s’ouvre, celle d’une croissance durablement proche de zéro.

L’annonce d’un recul du PIB au tournant de l’année 2013 ( – 0,2 % au quatrième trimestre 2012, -0,2 % au premier trimestre) a occulté une réalité bien plus alarmante encore : la panne sans précédent dans sa durée de la croissance française. Sur les cinq derniers trimestres, l’activité n’a pas progressé d’un iota en France et le niveau de la richesse produite se trouve toujours aujourd’hui en deçà de celle de 2007, l’année du déclenchement de la crise des subprimes aux Etats-Unis. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’économie française n’a connu une période aussi longue de stagnation.

Et l’horizon à court et moyen terme apparaît désespérément bouché. Une réalité bien perçue par la force des choses par les agents économiques, ménages et chefs d’entreprise mais encore largement niée par les politiques qui ne cessent pas d’entrevoir le futur avec des lunettes roses. Un tel comportement ne surprend pas l’expert Olivier Berruyer :

Les politiques sont dans l’idéologie de la croissance. Ils vivent dans le règne révolu du “toujours” plus”, estime ce dernier. Or ce retard dans la prise de conscience est lourd de conséquences car il freine les adaptations nécessaires à la nouvelle ère qui s’ouvre, celle d’une croissance durablement proche de zéro et qui appelle nécessairement des révisions douloureuses dans nos façons de produire et de redistribuer.

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Algérie : Christine Lagarde appelle à ne pas maintenir la règle 49/51

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a appelé mercredi Alger au développement des investissements directs étrangers (IDE) sans la règle de participation des 49/51, lors d’une visite de trois jours dans la capitale algérienne.

Je ne suis pas personnellement convaincue de la nécessité d’avoir un actionnariat partagé entre des investisseurs publics algériens et des investisseurs directs étrangers“, a déclaré Mme Lagarde lors d’une conférence de presse au second jour de sa visite à Alger.

C’est une décision de souveraineté qu’il appartient aux autorités algériennes de prendre“, a-t-elle toutefois ajouté.

Face à la crise mondiale, l’économie algérienne se porte bien et, selon elle, “la croissance devrait rester vigoureuse entre 3 et 3,5% durant les prochaines années”.

Interrogée sur une nouvelle demande de prêt que le FMI adresserait à Alger l’occasion de sa visite, elle a indiqué qu’elle était “simplement venue remercier les autorités” pour les 5 milliards de dollars déjà accordés à l’institution monétaire il y a quelques mois.

Nous nous contentons d’observer ce qui se passe ailleurs dans le monde et il y a très peu de pays à ce jour qui maintiennent une règle de 49/51 tous secteurs confondus“, a-t-elle souligné, indiquant que c’était ce qui pouvait être apporté “comme élément de comparaison aux autorités algériennes“.

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Grèce : le Qatar va investir un milliard d’euros via un fonds d’investissement

Alors que la Grèce entre dans sa sixième année de récession, le Qatar et la Grèce vont investir chacun un milliard d’euros dans un fonds d’investissement commun.

Après avoir investi un milliard d’euros en Italie il quelques mois, le Qatar remet le couvert en Grèce. Le richissime Etat gazier va investir la même somme dans des PME grecques, via un fonds d’investissement commun avec la Grèce, en pleine récession, a annoncé le Premier ministre qatari, Cheikh Hamad ben Jassem Al-Thani, cité par l’agence officielle QNA. Ce dernier a précisé que le Qatar et la Grèce investiraient chacun un milliard d’euros (1,34 milliard de dollars) dans ce fonds, lors d’une conférence de presse avec son homologue grec Antonis Samaras à Doha mardi soir. « Nous voulons rééditer l’accord conclu avec l’Italie mi-novembre ( “IQ Made in Italy Venture” ) pour la constitution d’un fonds d’investissement doté de deux milliards d’euros, partagés à égalité entre les deux pays », a-t-il dit.

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La révolution du salaire à vie

Bernard Friot, sociologue et économiste, nous montre comment nous pouvons à l’avenir nous réapproprier notre travail et la valeur économique que nous produisons, en nous opposant à la logique du capital et du marché du travail. Supprimer la propriété lucrative, redéfinir la valeur et instaurer un salaire à vie pour tous, en prolongeant le principe de la cotisation sociale, déjà présente chez les fonctionnaires, les retraités, et dans la sécurité sociale : telles sont les pistes évoquées par Bernard Friot pour émanciper les individus économiquement et sortir du capitalisme.

Géoéconomie : la stratégie d’investissement du Qatar

Le Qatar, pays de 11 437km² peuplé d’1.8 millions d’habitants dont 80% d’immigrés tire de très importantes rentes de ses exportations de pétrole mais surtout de gaz liquéfié dont il est le premier producteur. Ce pays du Golfe est confronté à une surcapacité de financement et après avoir investi massivement dans de somptueuses infrastructures en interne est en train de se diversifier pour parer la fin de l’ère pétrolière. Au travers de ses différentes holdings, le Qatar investi dans des entreprises et industries mais aussi dans le sport et l’immobilier tout en menant une politique agressive d’achat de terres arables à l’extérieur de ses frontières. Quelle est la stratégie d’investissement du Qatar ?

Par Antoine Laurent

Industriels : Sur la carte ci-dessus, les principaux investissements industriels du Qatar sont matérialisés par des flèches bleues. On peut observer que les principaux investissements se font en Europe de l’Ouest mais aussi en Chine dans le secteur stratégique des télécommunications. L’Europe reste une zone géographique privilégiée de cet Etat de part ces anciennes attaches coloniales mais aussi de par la crise financière que traverse le continent.

On peut noter une très forte concentration d’investissement en France dans des industries considérées comme stratégiques ou autres grands groupes du CAC40 dans divers secteurs. Ces investissements massifs en France sont les résultantes de la politique du pays accueillant les investisseurs qataris comme dans un paradis avec des exonérations d’impôts comme  les plus-values sur cessions.

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La débâcle de l’austérité

Alors que la sortie de récession des économies développées dans le courant de l’année 2009 paraissait marquer la fin de la crise, la rechute de l’activité depuis la mi-2011 a anéanti les espoirs d’une sortie sans douleur de la dégradation des finances publiques causée par l’épisode précédent. Les stabilisateurs automatiques, les plans de relance et les dispositifs de sauvetage des agents privés menacés par la crise financière de 2008/09 ont évité un engrenage récessif, mais au prix d’un creusement des déficits et d’une montée de l’endettement public.

Prévision du 18 octobre 2012, Sous la direction de Xavier Timbeau – L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

OFCE

Qatar, Arabie saoudite : L’emprise des pays musulmans sur notre économie

Yves Pendeliau est un Français retenu au Qatar depuis juillet 2011 en raison d’un litige relatif à la location d’un appartement. Jean-Marc Nesme, maire de Paray-le-Monial, membre honoraire du Parlement et ancien vice-président du groupe d’amitié France-Qatar, livre sa vision de cette affaire et analyse les relations franco-qataries.

L’ambassade du Qatar à Paris

La France de Sarkozy a développé des relations cordiales avec le Qatar. Comment se fait-il alors que le gouvernement français n’arrive pas à débloquer une affaire comme celle de Yves Pendeliau ?

Pour toutes les relations diplomatiques, le Quai d’Orsay préfère la sérénité à des situations qui peuvent être conflictuelles. Le Qatar investit beaucoup en France et en Europe. La France espère bénéficier de ces investissements qataris. Prenez le football. Les Français adorent. La venue du Qatar au PSG a permis l’intégration du meilleur avant-centre européen dans cette équipe et laisse donc présager de bons résultats pour les footballeurs français. Si le PSG gagne la Ligue des Champions, les Français seront heureux et fiers. Le Qatar a bien compris cela. Et en terme d’image, c’est très bon pour la France.

Très bon en terme d’image oui, mais quel est l’intérêt en terme d’économie française ?

C’est l’arbre qui cache la forêt… En acceptant ce genre d’investissement comme le sport, la France satisfait les Français.

Mais j’ai le sentiment que ces investissements des Qataris dans l’immobilier, l’hôtellerie, le télévisuel ou le sport ne sont qu’une manière pour le Qatar, comme pour l’Arabie Saoudite, de conforter l’emprise de pays musulmans sur l’économie occidentale. Derrière ces opérations financières, on peut en effet se demander s’il n’y aurait pas d’autres objectifs, comme celui de conforter l’islam.

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Les JO en valent-ils la chandelle ?

Pour les partisans de l’organisation des JO, les sommes colossales investies ont un impact positif en termes de tourisme, de rénovation urbaine et de santé publique. En réalité, c’est rarement le cas, comme le montrent les exemples des villes qui ont accueilli les dernières éditions de la manifestation.

Outre la magie éternelle du sport, les organisateurs des Jeux Olympiques et leurs sponsors internationaux brandissent en général trois arguments pour justifier l’énorme dépense de fonds publics engendrée par les Olympiades.

Dans le cas de Londres, cela représente plus de 15 milliards d’euros – selon un rapport du Parlement britannique – soit sept fois le budget prévu en 2005.

Tout d’abord, ils auraient un impact économique immédiat dans la mesure où ils attirent des centaines de milliers de participants et de touristes. De plus, la présence de milliers de cadres de multinationales créerait de nombreuses opportunités pour attirer les investissements. David Cameron, le premier ministre britannique, a d’ailleurs déclaré la semaine dernière que le dividende olympique pour l’économie s’élèverait à près de 16 milliards d’euros.

Ensuite, les Jeux et autres grands événements permettraient de réhabiliter des quartiers dégradés comme l’East End londonien, où ont été construits le stade et le village olympiques. Les Jeux de Barcelone en 1992 sont souvent cités en exemple typique d’un effet catalyseur des Jeux sur la modernisation urbaine. Et enfin, étant donné l’épidémie de surpoids et d’obésité qui touche nos sociétés de plus en plus sédentaires, les abdominaux sculpturaux de sportifs comme Jessica Ennis ou Usain Bolt ne pourraient qu’encourager les gens à faire plus d’exercice.

Des emplois détruits

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La faible utilité de la Bourse

On nous serine en effet sur l’aspect “indispensable” de la Bourse pour que les entreprises puissent se financer – ce qu’elles ne font que lors de l’émission d’actions nouvelles. Et à ces émissions, il convient de soustraire les rachats de leurs propres actions par les entreprises, pour aboutir aux émissions nettes.

émissions actions cotées bourse

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On observe ainsi que sur les 200 milliards d’investissements réalisés par nos entreprises, seuls 10 à 40 viennent de la Bourse. Le reste provient essentiellement de prêts bancaires et d’autofinancement. Le pourcentage de financement boursier est même de moins de 20 %.

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Protection de l’innovation : L’inflation des brevets s’explique aussi par l’extension de leurs domaines d’usage, tant privé que public

L’augmentation du nombre de dépôts de brevets génère des critiques. Pourtant, bien que coûteux, ce système de défense de l’innovation reste efficace, et les réflexions se poursuivent pour soutenir la politique d’innovation des PME. Mais si la hausse du nombre de demande de dépôts de brevets se poursuit, c’est aussi parce les organismes publics en déposent à tour de bras pour valoriser le résultat de leurs travaux. Et c’est encore, car le brevet endosse désormais de nouvelles utilités, notamment dans les domaines de la communication, du management et de la finance.

La première fonction du brevet (quel que soit le système national de brevet) est de protéger l’invention pour une période de temps limitée (aujourd’hui 20 ans maximum). Toutefois, pour l’obtenir, le déposant doit fournir un descriptif précis de l’invention qu’il a produite. [...] Il s’ensuit qu’avec le dépôt de brevet, il y a des risques de contrefaçon ou d’imitation de l’invention. Le système judiciaire s’avère tout à fait complémentaire du système de brevet, il permet au déposant de défendre ses droits. Il apparaît comme l’une des conditions d’un fonctionnement correct du système de brevet.

Ce paragraphe est extrait des Nouvelles fonctions du brevet – approches économiques et managériales, ouvrage coordonné par Pascal Corbel et Christian Le Bas. Le brevet à l’origine a pour but de protéger une invention, tout en favorisant l’innovation, puisque celle-ci est rendue publique et évite le recours au secret industriel. Le nombre croissant de dépôts de brevets (5,17 millions de demandes de brevets attendaient en 2010 d’être traitées au niveau mondial, selon un rapport de l’OMPI, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, une institution spécialisée des Nation Unies) est l’objet de critiques dans certains milieux.

Il y a une augmentation du nombre de brevets, sans doute supérieure aux dépenses de recherche et développement, et supérieure aux inventions produites”, confirme Christian Le Bas, auteur de l’ouvrage précité et professeur d’économie à l’université Lyon 2. Mais il ne se fait pas l’écho de ces inquiétudes. “Mais c’est parce qu’une invention est protégée par plus d’un brevet, on protège de plus en plus les rouages. La même invention va être protégée en France par une dizaine de brevets, plus des extensions dans le monde…

J’ai entendu parler de cette idée selon laquelle il y a trop de brevets. Ce n’est pas quelque chose qui me frappe, déclare Yves Bizollon, avocat associé chez Bird & Bird en charge de la propriété intellectuelle. Il y a, en France et en Europe, des dépôts raisonnables.” L’OMPI, qui a publié les chiffres de 2010, estime que le taux de croissance des dépôts de brevets est simplement corrélé au dynamisme des activités de recherche et développement.

Ce qui se dégage de nos chiffres, c’est une croissance au niveau mondial des demandes dans tous les domaines de la propriété intellectuelle, confirme Bruno Le Feuvre, statisticien à l’OMPI. La croissance de dépôts est généralement le signe d’une activité économique soutenue”. “Pour un constructeur automobile, il est important d’avoir un bon portefeuille de brevets, riche, sur les technologies qui ont de l’avenir, rappelle Marc Duval-Destin, directeur de la recherche et de l’ingénierie avancée chez PSA, premier déposant en France. Quand vous faites une automobile, vous risquez d’être pris à parti sur la contrefaçon. Vous pouvez consciemment ou inconsciemment copier. Si vous avez un bon portefeuille de brevets, vous protégez votre modèle, et cela permet de répondre aux injonctions des concurrents.” C’est là l’utilisation classique du système brevet, qui malgré les critiques, semble toujours efficace pour protéger les innovations.

Protecteur et coûteux

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Le seigneuriage

Le seigneuriage, lié au pouvoir de création monétaire, était une importante source de profit. Revenant au « Seigneur », c’est-à-dire à la puissance publique, les bénéfices liés à la création de monnaie se sont progressivement déplacés vers la sphère privée. Sur le plan international, les profits du seigneuriage sont un enjeu d’importance, qu’ils soient directs ou indirects.

Le jour où une puissance publique a réussi à faire accepter que le chiffre apposé par ses soins, exclusivement, sur un bout de métal, pouvait avoir plus de valeur que le métal lui-même, la monnaie est née et le seigneuriage avec.

Quand le Roi de Lydie inventa la monnaie…

La monnaie, et donc le seigneuriage, serait l’invention des rois de la Lydie, terre grecque d’Asie Mineure irriguée par le célèbre fleuve Pactole. La frappe de monnaie, c’est-à-dire le droit d’apposer sur une pièce une valeur nominale supérieure à son coût de fabrication, réservait un bénéfice à celui qui détenait le pouvoir de battre monnaie : le seigneuriage. Le profit était plus ou moins important selon son pouvoir de persuasion, c’est-à-dire de coercition ! Le gain était d’autant plus important que le monnayage était d’or ou d’argent. Le seigneuriage existait aussi  pour les monnaies de bronze et de fer. Il était moins lucratif.

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Une économie mondialisée au détriment des salariés et des citoyens

Une économie pour qui et pour quoi ? Certainement pas uniquement au bénéfice de quelques-uns situés au sommet, ni des grandes entreprises et de leurs PDG. Les succès de l’économie ne peuvent non plus être mesurés par le rythme de croissance du PIB, ou le niveau atteint par l’indice Dow Jones, ou par l’élévation du revenu moyen.

"Je veux que vous achetiez de la m...", dit l'Oncle Sam

La crise du capitalisme américain signe le triomphe des consommateurs et des investisseurs sur les travailleurs et les citoyens. Et puisque la plupart d’entre nous occupent ces quatre rôles – même si les plus riches prennent la part du lion dans la consommation et l’investissement – le cœur de cette crise réside dans la possibilité croissante pour chacun d’entre nous, en tant que consommateur ou investisseur, de faire de bonnes affaires, et dans notre capacité déclinante à être entendu en tant que travailleur et citoyen.

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Luttez contre ces dettes qui menacent l’économie mondiale

Il est toujours intéressant de suivre de près les investissements des gourous de la finance.

La "machine à rêves" - Times Square, New York City

Les dernières décisions du fonds Berkshire Hathaway sont particulièrement révélatrices de ce qu’anticipe Warren Buffett pour les mois à venir :

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Vers l’intégration transatlantique ?

Les Etats-Unis cherchent à intégrer l’Union Européenne dans un espace économique et juridique sous leur entière hégémonie.


Les Etats-Unis planifient l’intégration de l’Union Européenne dans leur propre espace économique et juridique, en accord avec les législateurs de Bruxelles et de Strasbourg. Washington espère ainsi construire un marché puissant de 800 millions de citoyens sous le régime normatif et hégémonique du seul droit américain.

Lors d’une réunion commune entre Américains et Européens dans le cadre du « Conseil Economique Transatlantique » (CET), les Etats-Unis et l’UE ont mis au point un projet pour élaborer des critères communs dans de nouveaux secteurs comme le développement de la production technologique, la nanotechnologie et les automobiles électriques. Réunion qui a suscité un grand enthousiasme chez les fonctionnaires américains…

Les Etats-Unis et l’Union Européenne ont décidé de développer un « système d’alerte précoce », grâce auquel tant Bruxelles que Washington s’échangeront des connaissances sur les nouveaux systèmes de régulation en chantier, en particulier pour tout ce qui concerne les produits de haute technologie.

Les règles ne seront pas d’emblée les mêmes pour les deux parties concernées, mais celles-ci ont néanmoins décidé d’arriver à « une coopération accrue sur le plan normatif ». Au cours de la réunion, les parties se sont mises d’accord sur une série de principes communs qui devront encadrer la réglementation future : cette série comprend la transparence, la participation publique et la réduction au minimum des charges pour les entreprises.

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L’Afrique du Sud rejoint les pays émergents du groupe BRIC


L’Afrique du Sud a été formellement invitée à rejoindre le groupe BRIC des grands pays émergents (Brésil, Russie, Inde et Chine), a annoncé vendredi 24 décembre la ministre sud-africaine des affaires étrangères, Maite Nkoana-Mashabane.

« La Chine, qui assure la présidence tournante du groupe BRIC, conformément à un accord des Etats membres, invite l’Afrique du Sud à devenir membre à part entière de ce groupe qui s’appellera à l’avenir les BRICS », a déclaré Mme Nkoana-Mashabane à la presse à Pretoria. Le nouveau sigle correspond à l’orthographe anglaise de l’Afrique du Sud (South Africa). Ce pays a la plus forte économie du continent africain, équivalent à un quart du PIB de l’Inde.

Brésil, Russie, Inde et Chine, groupe informel qui tient des sommets réguliers, devraient représenter 61 % de la croissance mondiale en 2014, selon le Fonds monétaire international (FMI). Ils ont pris des mesures pour renforcer leur coopération financière et les investissements mutuels.

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La croissance du 3e trimestre révisée en baisse

L’Insee a abaissé de 0,1 point à +0,3% la croissance du produit intérieur brut de la France au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent et de 0,1 point celle du deuxième trimestre à 0,6%.

Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie

A fin septembre, l’acquis de croissance pour 2010 s’établit à 1,4% (+1,5% en première estimation), selon les comptes nationaux détaillés du troisième trimestre publiés mardi.

Le gouvernement espère que la croissance sera cette année supérieure à 1,6% avant une accélération à 2,0% en 2011.

Dans sa note de conjoncture du 16 décembre, l’Insee prévoyait que la croissance atteindrait 0,5% au quatrième trimestre, 0,3% au premier trimestre 2011 et 0,4% au deuxième.

La révision de la croissance au troisième trimestre résulte d’investissements inférieurs aux estimations dans les services aux entreprises et les travaux publics et d’une consommation de services aux particuliers plus faible, note l’Insee.

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Tempête sur les comités d’entreprise

C’est un pilier de nos entreprises qui vacille. La Cour des comptes enquête sur les CE de la SNCF et de la RATP, la brigade financière sur celui d’Air France. «C’est la fin d’une époque. La plupart de ces comités d’entreprise ont financé les syndicats et ont été pour les grands groupes un moyen d’acheter la paix sociale.»

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Six ans après le scandale du Comité central (CCE) d’EDF, ce sont les CCE de quatre grandes entreprises hexagonales qui défrayent la chronique: Air France, France Télécom, RATP et SNCF. Deux d’entre eux, ceux de la RATP et de la SNCF, font actuellement l’objet d’une enquête de la Cour des comptes. Celui d’Air France est, lui, dans le collimateur de la brigade financière. Les institutions de ces grands groupes connaissent des déboires variés.

Mais toutes ont en commun des luttes syndicales, des subventions d’entreprise qui sont détournées de leur vocation première ou encore un gaspillage souvent lié à des responsables syndicaux incapables de gérer un comité d’entreprise plus gros qu’une PME.

«On a créé des monstres qui ont vocation à tout faire pour les salariés sur le dos du client ou du contribuable, analyse Agnès Verdier-Molinié, directeur de la fondation Ifrap. Il faudrait revenir en arrière.»

Le changement relève pourtant de l’impossible pour des entreprises qui ont souvent inscrit ces accords sociaux dans le marbre et qui n’ont aucun droit de regard sur la gestion des oeuvres sociales par leurs syndicats. Il faut donc attendre des enquêtes officielles pour constater l’étendue des dégâts.

«Une grande immaturité dans la gestion»
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Poutine propose à l’Europe un nouveau « design économique »

Les 25 et 26 novembre, le premier ministre russe Vladimir Poutine a effectué une nouvelle visite de deux jours en Allemagne pour rencontrer la chancelière Angela Merkel, et toute l’Europe attache une attention particulière à cet événement. C’est généralement le cas lorsque Moscou et Berlin ont l’intention de lancer des « exercices architecturaux » conjoints en Europe. Mais à l’époque actuelle, alors que l’Union Européenne souffre toujours de la « pathologie affectant l’euro » et que presque tous les pays de l’UE sont contaminés, l’Allemagne est la seule à s’en remettre et ce phénomène suscite une attention d’autant plus grande.

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