Fascination de la Civil War

Il est des références, des affluences et des intérêts qui parlent bien plus que toutes les enquêtes statistiques du monde. Il s’agit d’un éditorial du Washington Times du 7 août 2012 qui, jusqu’à hier (16 août 2012), était en tête des lectures des articles de ce quotidien (3ème aujourd’hui), qui a regroupé durant ce laps de temps le nombre phénoménal pour ce journal de 3.134 commentaires de lecteurs. Le titre et son sous-titre expliquent déjà, pour une bonne part, le succès de la chose, en rassemblant deux thèmes obsessionnels de l’inconscient et de la psychologie américanistes : «The Civil War of 2016 – U.S. military officers are told to plan to fight Americans».

Tout est remarquable dans cette affaire tellement accessoire qui parvient pourtant à rassembler symboliquement de manière assez juste les courants essentiels charriés par le système de la communication, influencés par les psychologies américanistes et qui, en retour, influencent eux-mêmes ces psychologies américanistes, l’ensemble formant la crise identitaire et déstructurante que nous jugeons terminale des États-Unis d’Amérique.

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Les pays européens sont-ils malades de leurs banques ?

La liste s’allonge. Irlande, Espagne, Islande, même la vertueuse Allemagne et les Etats-Unis bien sûr. Lorsqu’ils étaient étaient solides, dotés de finances publiques équilibrées et de dettes de qualité, sont maintenant entre les mains des marchés, des usuriers et finalement des financiers européens. Quelle maladie les a donc frappés?

Après les Etats-Unis, après l’Irlande, l’Angleterre, l’Islande, voici l’Espagne qui est envoyée au tapis par ses banques. L’Allemagne, la vertueuse Allemagne, qui n’est pas au tapis «  doit » cependant beaucoup de son endettement public à son système bancaire. Y a-t-il une malédiction et des sorts qui auraient été jetés ? Est-ce une épidémie, un virus transmis à l’échelle planétaire et qui, loin de s’attaquer aux ordinateurs, s’en serait pris à la cervelle des banquiers ? Faut-il penser que le trader de la Société Générale, celui de JP Morgan et tous les hystériques des produits structurés à base de subprimes n’étaient pas des individus sains qui se trompaient de stratégie ou parfois, prétendaient à des stratégies personnelles, mais des malades contaminés par une épidémie  à  l’échelle mondiale.

Laissez faire les banques, le Souverain paiera !

L’ultralibéralisme s’est déchainé non pas tant sur le plan des commerces et des industries traditionnelles, si ce n’est dans ces cas, en se faisant le défenseur des tendances oligopolistiques et anticoncurrentielles des grandes firmes au nom … de la liberté d’entreprendre. Il s’est surtout déchainé sur le thème de la banque de la finance et des marchés qui, si on les laisse libres, sauront allouer les ressources au mieux des intérêts des agents économiques, dire les valeurs au mieux du respect que l’on doit à tout investisseur et distinguer le long terme et le court terme au mieux de la construction d’une économie durable et ouverte.

Donc, laissez faire les banques, laissez-les produire la monnaie, que vous, souverains bornés et engoncés n’avait su produire que pour payer des fonctionnaires improductifs, des dépenses de sécurité sociale coûteuses et des investissements publics à la rentabilité aléatoire. Socrate disait que se gratter commençait dans le plaisir et terminait dans la douleur.

La liberté bancaire sans limitation, le droit privatif de battre monnaie sans autre contrainte que le profit, le droit de fabriquer des sources de profit sous la forme de produits financiers plus ou moins complexes, sans autre limitation que l’imaginaire des cerveaux financiers, tout ceci a effectivement commencé dans le plaisir et s’est achevé dans les larmes.

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