Objets à louer

C’est le tout dernier “bon plan” trouvé par Méghane, vingt-trois ans, pour arrondir ses fins de mois : louer ses robes de soirée à d’autres jeunes femmes le temps d’un week-end.

Vêtements mais aussi perceuse ou scie circulaire et même voiture personnelle, ces derniers mois, des dizaines de sites spécialisés dans la location entre particuliers ont vu le jour sur internet.

Le succès de ce type de transaction est tel qu’il bouscule même aujourd’hui les affaires de certaines multinationales.

Pourquoi le journalisme échapperait-il à la révolution robotique ?

Après l’informatisation et la numérisation, la robotisation. La mise en scène éditoriale est déjà sous le contrôle des robots. Article le plus lu, partagé, tweeté, commenté, les algorithmes ont déjà pris possession des pages d’accueil des sites Web des grands médias. Ces logiciels vont jusqu’à décider quel titre ou illustration suscitera le plus de clics.

Outre-Atlantique, les éditeurs vont plus loin. Pour être encore plus rapides, ils ont créé des robot-rédacteurs assurant le fastidieux travail des petites mains des rédactions. Comptes rendus de dépêches d’agence, brèves, agenda etc. Autant de tâches sans grande valeur ajoutée, quoique formatrices.

Les éditeurs se félicitent : quand un journaliste produit 300 brèves par trimestre, un robot en fabrique 4.400. Les journalistes se rassurent. Un reportage sur le terrain, une enquête d’investigation ou un portrait à la Libé, ce n’est pas demain qu’un robot pourra rivaliser. Certes. Mais l’automatisation n’est pas sans enjeu : celui de la métamorphose digitale des entreprises de presse.

Dans les rédactions, les journalistes ont déjà des robots pour collègues.” Alice Antheaume, directrice adjointe de l’école de journalisme de Sciences-Po, est formelle, elle les a vus. Mais elle n’est pas inquiète et continue à former une vingtaine d’élèves par an. Après avoir été capable de suppléer au labeur physique des humains, la machine remplace le travail intellectuel des journalistes. Jusqu’ici, seule la rédaction de base, à faible valeur ajoutée – se défendent les éditeurs – est assumée par les robots.
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Comparateurs : Le meilleur prix à portée de clic ?

Pour un grand nombre de consommateurs, le comparateur de prix est devenu le moyen de faire des bonnes affaires sur internet. Grâce à ces sites qui pullulent sur la toile nous pouvons faire le tri entre des milliers de e-commerces pour trouver « le juste prix ».

Gain de temps et d’argent, voilà la promesse faite par ces comparateurs 2.0. Mais la méthode de référencement de ces derniers est-elle objective ? Les comparateurs de prix sont-ils des sites indépendants? Et surtout, recensent-ils tous les produits disponibles sur le marché?

Plusieurs sites qui se présentent comme une aide à l’achat sont en fait rémunérés pour afficher en tête de liste certains produits plutôt que d’autres. Et ces derniers ne sont pas systématiquement les moins chers. Si on ajoute à cela les frais de livraison et des garanties parfois plus courtes qu’en magasin, faisons-nous vraiment de bonnes affaires?

Réseauter pour travailler

Enquête sur le succès des sites de réseaux professionnels et sociaux pour trouver du travail. L’idée peut paraître farfelue, et pourtant, se créer un carnet d’adresse virtuel peut vous permettre de décrocher un nouveau job.

Le bon vieux CV qui indique la formation, les expériences professionnelles et les langues parlées ne fait plus recette. Aujourd’hui, il faut repenser la façon de se vendre pour décrocher un emploi. Et ça passe par des réseaux tels que LinkedIn et Viadéo. Ces plateformes réinventent entièrement la façon dont on met en avant son expérience et permettent de rester en lien avec d’anciens collègues et chefs.

Ils permettent aussi d’aller à la rencontre de profils professionnels qui intéressent les recruteurs. Un réel atout pour les chasseurs de tête et les DRH qui délaissent Pôle emploi pour dénicher le candidat idéal sur ces sites.

La démocratie des crédules

Pourquoi les mythes du complot envahissent-ils l’esprit de nos contemporains ? Pourquoi le traitement de la politique tend-il à se «peopoliser» ? Pourquoi se méfie-t-on toujours des hommes de sciences? Comment un jeune homme prétendant être le fils de Mickael Jackson et avoir été violé par Nicolas Sarkozy a-t-il pu être interviewé à un grand journal de 20 heures?

Comment, d’une façon générale, des faits imaginaires ou inventés, voire franchement mensongers, arrivent-ils à se diffuser, à emporter l’adhésion des publics, à infléchir les décisions des politiques, en bref, à façonner une partie du monde dans lequel nous vivons?

N’était-il pourtant pas raisonnable d’espérer qu’avec la libre circulation de l’information et l’augmentation du niveau d’étude, les sociétés démocratiques tendraient vers une forme de sagesse collective? Ce sont toutes ces considérations auxquelles nous invite à réfléchir Gérald Bronner.

États-Unis : Pourquoi les jeunes désertent-ils les hypermarchés ?

Aux États-Unis, les grands centres commerciaux sont devenus d’immenses vaisseaux fantômes peinant à attirer la jeune génération. Nouveaux modes de consommation et crise économique seraient les facteurs de cette désaffection.

West Bloomfield, banlieue blanche de Detroit, un samedi de janvier par -30°C. Un temps à squatter les malls. Mais sur le parking, les voitures se font rares. A l’intérieur, les hautparleurs diffusent des chants de Noël de Sinatra entre deux annonces promotionnelles. Des mamans juives trompent leur ennui en allant se faire couper les cheveux. A part un hypermarché discount, on ne trouve que des magasins de décoration intérieure ou des salons de coiffure.

Le centre commercial est devenu un repaire de vieux. Où sont les magasins de chaussures de sport, les fast-foods? Où sont les jeunes? Ils restent chez eux. Ils passent commande sur Amazon. Les voitures sont trop onéreuses à entretenir pour les adultes, alors pour les millenials (la génération Y, celle des jeunes gens nés entre le début des années 80 et le début des années 2000)… Avec un taux de chômage de 16 %, les 16-34 ans n’ont pas les moyens. Ils sont moins de 7 sur 10 à passer le permis de conduire.

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Les Français ont adopté l’économie de partage

Se faire prêter un objet plutôt que de l’acheter. Des sites internet proposent à des particuliers de mettre à disposition des objets du quotidien, et ce, gratuitement.

Un site spécialisé regroupe d’un côté des personnes voulant manger chez l’habitant et de l’autre des cuisiniers amateurs qui aiment recevoir. Un phénomène qui dérange les professionnels de la restauration qui en appellent aux autorités. Pour eux, c’est une concurrence déloyale.

Les précurseurs de ce nouveau marché comme “Blablacar” et “Airbnb” affichent déjà des chiffres qui donnent le tournis.

Réseaux sociaux : Manip sur le Net

Hommes politiques, stars de la chanson, grandes marques, tous se sont mis à la communication sur le web. Ils n’hésitent pas à débourser quelques centaines d’euros pour faire exploser leurs compteurs de fans. Les agences françaises ont flairé le filon et proposent à leurs clients des prestations pour doper les popularités sur Twitter, Facebook et Youtube.

Pourtant, les conditions d’utilisation générales sur ces réseaux sociaux stipulent que le recours à l’achat de fans et d’abonnés est formellement interdit. Alors, comment lutter face à ces identités numériques fictives ? Les journalistes d’Envoyé Spécial sont allés voir qui se cachait derrière ces comptes virtuels.

Main d’œuvre délocalisée et à bas coup, ou logiciel ultra performant permettant de générer des milliers de likes en un clic, toutes ces méthodes induisent l’internaute lambda en erreur. Il semblerait donc que l’équation entre popularité réelle et popularité virtuelle ne soit pas si simple. Alors, comment démêler le vrai du faux ?

L’hyperdomination numérique américaine : les chiffres

Les Etats-Unis représentent 83 % de la capitalisation boursière des entreprises numériques, contre 2 % en Europe. Cette outrageuse domination est un signe de plus que notre continent ne se rêve plus en empire.

On sait que Google, Apple, Facebook, Amazon (Gafa) succèdent à Microsoft, qui, lui-même, avait remplacé IBM dans la domination de l’informatique mondiale. On sait.

On sait que les Européens acceptent cette suprématie comme bienveillante, bénéfique, et en tout cas inéluctable après les nombreux échecs de tentatives de réponses dans les années 1970 comme le Plan Calcul ou Unidata.

La Chine a lancé Alibaba et Baidu pour concurrencer Amazon et Google, la Russie les affronte avec Yandex et Vkontakte, rien de tel en Europe, malgré quelques velléités.

L’Europe ne veut pas, ne veut plus, être un empire.

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Un entrepreneur à l’assaut de la planète Mars

Coloniser Mars en un siècle ? Elon Musk, qui défend ce point de vue dans une interview pour la revue Aeon, pourrait bien passer pour un doux rêveur s’il n’était pas, eh bien s’il n’était pas Elon Musk, l’un des entrepreneurs les plus célèbres de ce siècle commençant.

Co-fondateur de Paypal, créateur de Tesla Motors, la fameuse société de voitures électriques, il a également lancé SpaceX, l’une des compagnies les plus profitables du domaine de l’espace privé, qui a remporté plusieurs contrats avec la NASA, et a notamment été chargée, en partenariat avec avec Boeing, de construire des “taxis de l’espace” acheminant les astronautes américains vers la station spatiale internationale. Il est à l’origine du polémique programme Hyperloop, ce programme de transport ultrarapide. Il est également connu pour avoir inspiré Robert Downey junior dans son interprétation de Iron Man. Musk s’est récemment fait remarquer en ouvrant les brevets de Tesla Motors.Tesla Motors a été créé pour accélérer l’avènement du transport durable. Si nous voulons construire un chemin pour la création de véhicules électriques, mais que nous posons des mines de propriété intellectuelle pour inhiber les autres, nous agissons d’une manière contraire à notre objectif. Tesla n’intentera pas de poursuites judiciaires envers les personnes qui, de bonne foi, veulent utiliser notre technologie.

L’interview d’Aeon Magazine nous permet d’entrer un peu plus dans la tête de ce personnage hors norme, et nous confirme ce qu’on savait déjà. Les ambitions du bonhomme ne connaissent pas de limites, et Musk est bel et bien “un enfant de la SF” ! Son désir est de créer une colonie sur Mars, rien que ça. Non, pas envoyer une dizaine d’astronautes entretenant péniblement un laboratoire, mais y installer un million de personnes, pas moins !

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Ether : La future monnaie qui vaut déjà des millions

Dès l’âge de 17 ans, Vitalik Buterin, Canadien né en Russie et habitant à Toronto, s’est passionné pour le bitcoin, la principale monnaie électronique circulant sur Internet : « J’ai commencé des études d’informatique, mais au bout d’un an j’ai abandonné la fac pour me consacrer entièrement au bitcoin. Pas question pour moi de rater cette aventure. » Il participe même à un projet de création d’un système de transactions en bitcoins anonymes et intraçables.

Pourtant, il en arrive rapidement à la conclusion que le système est imparfait, et limité. A la fin de 2013, à l’âge de 19 ans, il décide d’inventer sa propre monnaie électronique, qui sera fondée sur des algorithmes encore plus sophistiqués. Il la baptise « ether » — du nom de cette entité invisible et impalpable censée englober tout l’univers.

Pour donner vie à son projet, il monte une start-up, Ethereum. Côté financement, il obtient d’abord une bourse de la Fondation Thiel (Californie) réservée aux jeunes chercheurs indépendants : 100.000 dollars sur deux ans, plus un réseau de contacts dans la Silicon Valley. Mais il compte surtout sur ses propres forces.

En juillet 2014, il commence à prévendre des futurs ethers contre des bitcoins : « J’ai découvert que des tas de gens croyaient en mon projet. Au début, nous avions fixé un cours de 2.000 ethers pour 1 bitcoin, mais très vite la demande s’est renforcée, le cours est monté à 1.300. » En six semaines, ce financement participatif inédit lui rapporte 31.591 bitcoins, soit plus de 18,4 millions de dollars.
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La prochaine bulle Internet se rapproche, et ce sont les capital-risqueurs qui le disent

Quand la bien-nommée société Yo, une appli mobile dont le service consiste uniquement à envoyer la notification «Yo» sur votre téléphone, a levé son premier million de dollars en juin 2014, tout le monde a éclaté de rire. Ce petit million n’est pourtant qu’une goutte d’eau dans l’océan de capitaux qui afflue vers les start-ups du secteur numérique.

Le magazine Wired relaie les inquiétudes des spécialistes qui redoutent une bulle du numérique comparable à celle de 1999. Dans le Wall Street Journal, l’investisseur Bill Gurley a affirmé que l’argent se déversait dans les start-ups à un niveau préoccupant.

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Jeremy Rifkin : « Ce qui a permis le succès inouï du capitalisme va se retourner contre lui » (Màj vidéo)

Addendum du 28/09/2014 : Jeremy Rifkin “Une jeune génération prête à passer à l’économie de partage“.

Il y a vingt-cinq ans, c’était la star du ring, le « boss », vainqueur du communisme par K-O ! Aujourd’hui, le capitalisme est un champion usé par la crise, miné par les contradictions et politiquement à bout de souffle. Pour l’économiste américain Jeremy Rifkin, nous assistons, tout simplement, à son éclipse. L’heure de la troisième révolution industrielle a sonné. La société va devoir s’adapter.

Dans un livre passionnant – La Nouvelle Société du coût marginal zéro – en librairie le 24 septembre 2014, il raconte le basculement, inévitable, que nous avons déjà commencé à opérer vers un nouveau système de production et de consommation: les « communaux collaboratifs ».

Cette troisième voie (au-delà du sempiternel binôme « capitalisme ou socialisme ») est une forme d’organisation sociale fondée sur l’intérêt de la communauté plutôt que sur la seule satisfaction des désirs individuels, et rendue possible par la troisième révolution industrielle, dans laquelle Internet nous a fait entrer. Un nouveau monde émerge, dynamisé par les réseaux sociaux, l’innovation et la culture du partage.

Utopie, encore ? Pour Jeremy Rifkin, c’est déjà une réalité. Entretien.
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Aaron, l’enfant d’Internet

Ce film raconte l’histoire de Aaron Swartz, programmeur de génie et activiste de l’information. Depuis l’aide qu’il a apportée au développement de RSS, l’un des protocoles à la base d’Internet, à la co-fondation de Reddit, son empreinte est partout sur Internet.

Mais c’est le travail révolutionnaire de Swartz autour des questions de justice sociale et d’organisation politique, combiné à son approche sans concession de l’accès à l’information pour tous, qui l’a pris au piège dans un cauchemar juridique de deux années.

Cette bataille s’est terminée par son suicide à 26 ans.

L’histoire d’Aaron touche une corde sensible chez des personnes même éloignées des communautés online parmi lesquelles il était une célébrité. Ce film est une histoire personnelle à propos de ce que nous perdons lorsque nous restons sourds à la technologie et à ses relations à nos libertés civiles.

Alibaba : Le géant chinois d’Internet à Wall Street

Jack Ma, le richissime patron chinois, pilote une spectaculaire introduction en bourse. Celle de son groupe Alibaba, premier site de e-commerce du monde. Il devrait récolter plus de 20 milliards de dollars et être valorisé entre 150 et 160 milliards de dollars. De quoi traiter d’égal à égal avec Microsoft, Apple ou Facebook.

Pour l’instant, les consommateurs d’Alibaba ne sont que chinois. En entrant à Wall Street, ce géant du Net veut s’attaquer au marché mondial. En termes de chiffres d’affaires, le site de vente en ligne est déjà pourtant l’équivalent “d’Amazon, Paypal et Ebay réunis”, selon Frédéric Martel, spécialiste d’Internet et auteur du livre “Smart”.

Le groupe chinois Alibaba vise un record pour son entrée à Wall Street. Il espère lever 18 milliards d’euros, soit la plus grosse introduction en bourse de l’Histoire.

Pirat@ge

Le documentaire Pirat@ge retrace l’histoire d’Internet grâce aux témoignages de ceux qui l’ont construit, les hackers. Il se place au cœur des préoccupations de cette génération Y, dont il analyse les modes de communication en réseau, de consommation de biens culturels et de leur partage.

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De l’utopie numérique au choc social

Quarante-cinq ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, la course technologique emprunte une voie singulière : en janvier dernier, un réfrigérateur connecté à Internet envoyait inopinément des rafales de courriels indésirables… Au-delà de son folklore, la numérisation de la vie quotidienne engendre un modèle économique qui contraste avec les promesses mirifiques de la Silicon Valley. Objets connectés, humains chômeurs…

Dans la « salle de bains connectée », la brosse à dents interactive lancée cette année par la société Oral-B (filiale du groupe Procter & Gamble) tient assurément la vedette : elle interagit — sans fil — avec notre téléphone portable tandis que, sur l’écran, une application traque seconde par seconde la progression du brossage et indique les recoins de notre cavité buccale qui mériteraient davantage d’attention. Avons-nous brossé avec suffisamment de vigueur, passé le fil dentaire, gratté la langue, rincé le tout ?

La prise de conscience soudaine que les données personnelles enregistrées par le plus banal des appareils ménagers — de la brosse à dents aux toilettes « intelligentes » en passant par le réfrigérateur — pouvaient se transformer en or a soulevé une certaine réprobation vis-à-vis de la logique promue par les mastodontes de la Silicon Valley.

Mais il y a mieux. Comme l’affiche fièrement le site qui lui est consacré. cette brosse à dents connectée « convertit les activités de brossage en un ensemble de données que vous pouvez afficher sous forme de graphiques ou partager avec des professionnels du secteur ».
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Cyber Guerilla – Hackers, pirates et guerres secrètes

En moins de dix ans, le réseau internet est devenu accessible à tous. Les grandes puissances mondiales se préparent à la guerre sur Internet. Les services secrets recrutent des pirates informatiques. Ceux que l’on appelle les hackers vont être aux avant-postes de ces cyber conflits.

Spams, escroqueries, attaques d’ordinateurs zombies, diffusion de virus destructeurs, autant de moyens pour faire fortune aux dépens des citoyens utilisateurs et des grandes corporations. La gradation du crime sur Internet est à l’image du média lui-même : une foire où la créativité individuelle ou collective prend des formes toujours plus étonnantes.

Russie, USA, Estonie, Israël, cette enquête mène le téléspectateur sur les points chauds où les hackers et les gouvernements s’affrontent.