Allemagne : Crystal, la drogue de l’emploi

Le modèle allemand dont on nous rebat les oreilles présente des vertus insoupçonnées. Non seulement ce pays connaît un très faible taux de chômage mais la consommation d’héroïne et de cannabis y est en recul. Supplantée par le formidable essor d’une drogue de synthèse, la méthamphétamine, relaté samedi dernier dans Arte reportage.

« Aux Etats-Unis, on la surnomme “crystal”, “ice” ou encore “tina”. En Thaïlande, “yaa baa”, littéralement “le médicament qui rend fou”, explique William Irigoyen… qui a pompé sa présentation dans Wikipedia. Vous l’inhalez, vous l’avalez, vous vous l’injectez ou vous la fumez et vous voilà euphorique et en proie à une forte stimulation mentale. » Et à un enviable taux de croissance. Vive l’Allemagne !

Lire la suite

Les désoccupés

L’emploi pour tout le monde, pour la vie, c’est fini! Aux confins d’une époque qui s’achève, le monde du travail est en pleine mutation. Aux portes de l’an 2000, de gré ou de force, une personne sur trois sera intérimaire, une sur quatre ne trouvera plus du tout de travail.

Pourtant, malgré ce véritable état de crise, des individus réinventent leur vie; de nouvelles solidarités jaillissent. Ce film, véritable porteur d’espoir et de renouveau, nous plonge en plein cœur de la vie de ceux et celles qui subissent cette crise, et qui, au fil des défis, redécouvrent la nécessité de donner vie à leurs rêves pour continuer d’exister.

6 millions de chômeurs : L’échec de Hollande

Le nombre des chômeurs continue de progresser à une allure vertigineuse : toutes catégories confondues, on dénombrait presque 5,9 millions de demandeurs d’emploi fin 2014, soit +312.900 depuis un an et +919.000 depuis mai 2012. La clameur populaire qui vient d’Athènes fait donc forcément écho jusqu’en France : et si on changeait de politique ?

Il faut prendre l’indicateur du chômage pour ce qu’il est : le plus révélateur de ce qu’est aujourd’hui la France et la politique économique et sociale inégalitaire qui y est menée. Si en Grèce, la donne a radicalement changé, et si le peuple de ce pays peut espérer enfin la mise en œuvre d’une politique sociale plus généreuse, la France, elle, reste plus que jamais prisonnière de la doxa néolibérale. La situation du marché du travail en atteste.

Il faut prendre l’indicateur du chômage pour ce qu’il est : le plus révélateur de ce qu’est aujourd’hui la France et la politique économique et sociale inégalitaire qui y est menée. Si en Grèce, la donne a radicalement changé, et si le peuple de ce pays peut espérer enfin la mise en œuvre d’une politique sociale plus généreuse, la France, elle, reste plus que jamais prisonnière de la doxa néolibérale.

La situation du marché du travail en atteste. Il faut certes manier la comparaison avec précaution, car la France ne connaît pas, loin s’en faut la situation sociale désespérée dans laquelle la Grèce s’est enlisée.
Lire la suite

A saisir ! Esclaves européens en solde

Ils viennent trimer sur les chantiers, dans les transports ou les abattoirs, pour 3 à 6 € l’heure, au mépris de toutes les règles de sécurité. Et le plus légalement du monde. Car ces travailleurs “low cost” sont tous européens.

Augusto de Azevedo Monteiro voulait gagner sa vie. Il l’a perdue. Maçon détaché en France par EYP, une boîte portugaise,
cet ouvrier usinait sur l’air très en vogue de la sous-traitance à bas coût

dans la gadoue d’un chantier de Spie Batignolles, à Villeneuve-la-Garenne. Le 6 décembre, il est mort écrasé par une dalle qu’un coffrage hâtif à force de cadences infernales n’a pas su contenir.

Enfant d’Esposende, ville voisine de Braga irriguée par la crise et ses misérables affluents, Augusto de Azevedo Monteiro avait 35 ans, une famille et plus un euro rouillé en poche. Les 565 € brut de son dernier Smic flambés, ses allocations chômage taries, il avait opté pour une mission en France.

« Notre pays agonise et nous constituons une main-d’œuvre bon marché, confie une salariée francophone d’EYP. On sait que Spie fait appel à nous parce que nous coûtons moins que nos concurrents français. »

Quand Amazon transforme ses recrues en “robots”

Embauché comme intérimaire de nuit par le centre logistique de Montélimar, un journaliste raconte son quotidien dans “En Amazonie” (Fayard). Édifiant !
C’est parce qu’il voyait ses librairies préférées fermer, à Toulon, que Jean-Baptiste Malet, 26 ans, s’est intéressé au libraire en ligne américain Amazon. “Je voulais voir ce qui remplaçait ces lieux de convivialité qui me tenaient à cœur.

Journaliste à “Golias”, l’amoureux des livres a voulu interviewer les travailleurs de l’entrepôt Amazon de Montélimar. En vain. Les employés de la multinationale de l’e-commerce sont contractuellement tenus au secret le plus strict. “L’idée que des employés drômois ne puissent s’exprimer alors que le Code du Travail le leur permet m’a choqué“, raconte Jean-Baptiste.

Du coup, il se fait embaucher pour la saison de Noël 2012, quand l’entrepôt de Montélimar recrute 1.200 intérimaires en plus de ses 350 CDI. Commence alors l’incroyable découverte, “de l’autre côté de l’écran”, des rouages du champion mondial de la logistique pour commerce électronique. L’enquête fourmille de détails inédits sur la condition de ces nouveaux prolétaires, dont nous créons tous les jours les jobs, à coups de clics.
Lire la suite

France : 100.000 emplois détruits en 2012

Selon des données définitives, bien plus sombres que les provisoires, publiées mercredi 13 mars par l’Insee, 44.600 emplois été rayés de la carte au 4e trimestre 2012 dans les secteurs marchands, portant officiellement le nombre de postes disparus à 99.500 pour l’année, contre 66.800 selon l’estimation publiée mi-février.

Sur un an, l’industrie est aussi durement touchée, avec 29.400 emplois supprimés (soit -0,9% par rapport à fin 2011). Du côté de la construction, le solde est aussi négatif pour 2012 (-13.800 postes, soit -1%). Le nombre total d’emplois salariés dans le secteur marchand atteignait ainsi 15,96 millions fin 2012.

L’intérim, réputé précurseur des évolutions du marché de l’emploi, est le plus touché puisqu’il a perdu à lui seul 61.000 postes en 2012 soit 10,7% de ses effectifs.

Pour espérer stabiliser le chômage, il faudrait que l’économie crée 30.000 à 40.000 postes chaque trimestre, selon les économistes.
Lire la suite

Nucléaire – La bombe humaine

ll y a deux ans, la catastrophe de Fukushima confrontait les autorités françaises à la question du risque nucléaire. Mais l’audit engagé depuis dans les centrales du pays le plus nucléarisé du monde, par rapport au nombre d’habitants, omet un facteur majeur : l’utilisation massive de la sous-traitance. Ce documentaire met en lumière un phénomène aux conséquences inquiétantes. 

Reportage diffusé initialement sur F5 le 10-04-2012.

PSA Sochaux : Cadences en chaînes

L’usine PSA de Sochaux, berceau historique de l’aventure Peugeot, est le miroir d’une industrie qui a révolutionné ses méthodes en quelques décennies. Concurrence, globalisation des marchés, objectifs de croissance et de rentabilité ont, au fil des ans, métamorphosé le travail dans cette usine où l’on a longtemps été embauché de père en fils.

Depuis plus d’un siècle, l’usine Peugeot de Sochaux fait et défait la vie économique de la région. Trois équipes se relaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans les ateliers pour produire 1.600 voitures par jour. En décembre 2008, la crise frappe de plein fouet le secteur automobile. A Sochaux, 800 contrats d’intérim ou CDD sont supprimés, ainsi que l’équipe de nuit. Lorsqu’au printemps le marché se redresse, l’usine a perdu plus de 1 milliard d’euros et ses dirigeants n’ont qu’un objectif : retrouver croissance et rentabilité.

Après avoir été les cobayes du taylorisme et du fordisme, après avoir vu les robots remplacer un certain nombre de leurs camarades aux postes les plus pénibles, les ouvriers doivent désormais se soumettre à une nouvelle doctrine, inventée par le concurrent japonais Toyota : le toyotisme.

«On fait tout pour que le salarié sur la ligne de montage soit un robot, ne se déplace plus et ait toutes les pièces nécessaires à proximité.»
Lire la suite

Qui sont les salariés en France ?

En 2011, 21,5 millions de personnes ont été salariées par une entreprise à un moment de l’année en France. L’Acoss (Agence centrale des organismes de Sécurité sociale) a entrepris de réaliser une radiographie des salariés du secteur privé grâce aux statistiques des Urssaf.

Sont recensés parmi les 21,5 millions cités plus haut toutes les relations salariées entre un travailleur et une entreprise : CDI, CDD, intérim, etc. Les stages ne sont donc pas pris en compte.

L’étude en question se concentre sur 17,7 millions de contrats effectivement en cours à la fin de l’année 2011. En clair, un CDD de trois mois entre mars et juin n’est pas décompté, alors qu’un CDI ou un CDD de 6 mois entre novembre et avril l’est.
Lire la suite

Le secteur du bâtiment prévoit 35.000 pertes d’emplois en 2012

Le secteur du bâtiment, “en situation d’urgence », prévoit la perte de quelque 35.000 emplois en 2012, a affirmé Bertrand Sablier, délégué général de la Fédération française du bâtiment (FFB), vendredi à Montpellier.

Nous prévoyons 35.000 pertes d’emplois en non-remplacements, intérim et licenciements », a affirmé M. Sablier au cours d’une conférence de presse, constatant que “si l’activité a progressé au premier semestre de 4%, elle va baisser d’environ 6% au second », soit “une chute de 10% en un semestre ».

Lire la suite

Allemagne : Un modèle économique et social ?

Il n’existe pas en Allemagne de salaire minimum : plus de 6,55 millions de personnes en Allemagne touchent moins de 10 euros brut de l’heure, 2 millions d’employés gagnent moins de 6 euros de l’heure, et ils sont nombreux à vivre avec moins de 4 euros par heure, c’est-à-dire moins de 720 euros par mois pour un temps complet.


Pauvreté 

6,5 millions de travailleurs, c’est à dire 22% des actifs, vivent sous le seuil de pauvreté. Les 10% des travailleurs les plus pauvres ne gagnent que 259 euros par mois. Les 10% d’au dessus gagnent seulement 614 euros par mois. Il y a 12 millions de pauvres, et entre 1992 et 2006, le revenu des 10% les plus pauvres a baissé de 13%, tandis que celui des plus riches s’est accru d’un tiers.

En février 2010, le droit au“minimum vital digne” garanti par la constitution est passé de 359 euros par personne à 374 euros.., 80% des actifs ont perdu du pouvoir d’achat entre 2000 et 2010.

Précarité de l’emploi, explosion du temps partiel et de l’intérim
Lire la suite

A propos de la « valeur travail »…

Décidément, cette campagne ne satisfait personne. Ni les candidats ni les observateurs, encore moins les Français. Ces derniers, dans leur grande sagesse, paraissent déçus, agacés, voire frustrés, considérant que les débats volent bas et nourrissent des rancoeurs plutôt que des espérances. Il existe pourtant un thème qui fut effleuré, puis déserté, et qui aurait mérité bien mieux que la cacophonie et la confusion dont il a fait l’objet : le travail. Ou plutôt, comme dit le vocabulaire du jour, la « valeur travail ».

Voilà une curieuse formule, au premier regard. Car le travail, par lui-même, n’est pas à proprement parler une « valeur ». Il fait l’objet d’un jugement de valeur, sur le registre moral, quand certains le jugent haïssable et d’autres bénéfique. Il est d’autre part source de valeur ajoutée, cette fois sur le registre économique. Mais il est fort rare qu’il puisse tenir lieu, à lui seul, de valeur. Certes, des exceptions sont signalées : dans « Travail, famille, patrie » - devise tristement célèbre d’un régime de déshonneur et d’ignominie -, le terme devient l’équivalent d’un idéal civique.

Reste que la diversité des significations associées au terme « travail » est source, elle aussi, de confusions multiples. Parle-t-on de l’activité humaine en général, façonnant la nature et transformant le monde, ou bien du marché de l’emploi, ou encore des salariés, par opposition aux capitalistes ? Il suffira de passer subrepticement d’un registre à l’autre pour engendrer faux débats et vaines invectives. Et pourtant ! La valeur humaine que l’on accorde socialement au travail demeure une grande question. Elle peut et doit susciter un débat de fond.

Lire la suite

Triple «A» et 12 millions de pauvres: l’Allemagne, un pays modèle?

Même si Sarkozy vante le modèle germanique, l’Allemagne paye pour sa compétitivité retrouvée, son chômage en baisse et ses records à l’exportation. Résultat: des millions de pauvres et une fracture sociale qui grandit.

A Berlin, Rolf-Bernd Pelikan s’explique mal comment son quartier bien-aimé de Spandau est devenu l’une des zones à risques de la capitale allemande, qui accumule des taux de chômage, de criminalité, de suicides ou encore de faillites privées parmi les plus élevés du Land. Mais lui et sa femme Jutta le constatent chaque jour: «Les zones commerciales ont été colonisées par des baraques à frites et à kebab, des magasins discount qui vendent tout à 1 euro et des coiffeurs qui coupent les cheveux pour 5 euros», raconte Jutta, assistante sociale dans un hôpital qui a été privatisé il y a peu: «Les rapports sociaux se sont durcis, les gens se renferment. Les ménages plus aisés sont allés vivre dans le centre de Berlin», ajoute Rolf-Bernd qui sort lui-même de 15 mois de chômage.

«Spandau a toujours été un lieu de vie pour les classes moyennes industrieuses qui vont travailler à l’usine, comme l’ont fait mes parents», raconte-t-il. Avec la présence des usines Siemens et BMW et de nombreux sous-traitants, Spandau a toujours été un des principaux quartiers industriels de Berlin. Le reste du territoire se partage entre d’agréables étendues boisées et des zones d’habitations très présentables. Et le centre-ville, avec ses rues piétonnes pavées de neuf, n’a rien d’un ghetto.

Petites annonces

Lire la suite

Un pays peut il répudier sa dette ?

Une tribune libre de Patrick Reymond

J’ai vu un article du grand gourou de la finance, étoile clignotante des pitis Zépargnants, et comme d’habitude, il m’a fait beaucoup rire.

L’Argentine de 1997 n’était pas un pays émergent, mais plutôt descendant depuis 1945, et largement en voie de désindustrialisation depuis 1974. En outre, il ne faut pas surestimer le poids de son secteur agricole. Si celui-ci est important et assure les 3/4 des exportations, il avoisine les 5 % du PIB… Donc, cacahuètes (ça tombe bien comme image pour le secteur agricole). De plus, les terres cultivées sont loin de coller à leur potentiel réel (380.000 km² contre 2.800.000 km² de superficie totale). Si tout n’est pas cultivable, on voit donc bien que cette agriculture a des problèmes de débouchés.

De plus, dévaluation, banqueroute et autres, font IMMEDIATEMENT remonter les productions, même si l’appareil productif est peu important. Le Zaïre des années 1970 fut mis pendant deux ans à l’index du FMI, “puni”. La première année, la production agricole fit du + 100 % et la production industrielle + 50 %. La “punition” ne fut pas pour tout le monde. A l’image de l’Argentine, ce sont les productifs qui furent avantagés, comme le seront les pays concernés par des faillites, ouvriers, techniciens et ingénieurs, et les vrais punis seront les financiers…

Le choix des Kirchner, s’il fut certainement imparfait, fut de favoriser un capitalisme productif au lieu d’un capitalisme financier de branleurs invétérés.

En outre, le déficit commercial, c’est comme les dettes, elles sont un jeu à deux. Quand on relie deux pays par ces liens, le coup de tabac quand on les coupe concerne AUTANT le pays exportateur que le pays importateur. On a vu, en 2008, les réductions des déficits US, grand-breton et espagnol ont créé de sérieux problèmes aux exportateurs.

Lire la suite

L’emploi augmente… et se dégrade

Lors de son intervention du mardi 16 novembre 2010, Nicolas Sarkozy s’est félicité de la création nette de 100.000 emplois en un an. Bonne nouvelle, mais qui se paye surtout d’une précarité accrue. Et qui ne suffira pas à compenser le déficit d’emplois engendré par la crise.

Lire la suite

Chômage en France: une stabilité en trompe l’œil

L’INSEE a publié le jeudi 3 juin les chiffres du chômage pour le 1er trimestre 2010 : 9,5 % de la population active, en Métropole, était «sans emploi». Malgré tout, la situation s’aggrave si l’on considère que le nombre des contrats à durée indéterminée reflue toujours davantage au profit des contrats limités dans le temps et des missions en intérim.

Près d’un Français sur dix en âge de travailler était au chômage pendant le premier trimestre 2010. Tel est le «verdict» de l’INSEE, en fonction des critères du Bureau International du Travail. (Selon la méthodologie du Bureau, un chômeur est un citoyen de plus de 15 ans, n’ayant pas atteint l’âge de la retraite, et qui n’a pas travaillé du tout au cours de la semaine donnée bien qu’ayant entrepris des démarches actives de recherche d’emploi. Beaucoup de pays, pour maquiller la situation sur le front de l’emploi, considèrent qu’une personne qui a travaillé une heure cesse de s’apparenter à un chômeur…)

En fait, le taux exact du chômage est de 9,9 %. Si l’on se limite à la France métropolitaine, délaissant les DOM-TOM, l’on obtient un taux de chômage à 9,5 %. (Au dernier trimestre 2009, cette proportion était de 9,6 %). Actuellement, 2,7 millions de personnes sont sur le carreau.

Lire la suite

Les 35 heures : une excuse commode, mais inexacte

Les 35 heures sont un bouc émissaire facile pour expliquer la perte de compétitivité des entreprises et la perte d’emploi industriel en France. Mais en regardant de près les chiffres, on s’aperçoit que les causes de la désindustrialisation sont ailleurs.

Dix ans après être devenues la norme légale en matière de durée du travail (1), les 35 heures ne sont manifestement pas digérées par une partie de l’opinion, qui en fait le symbole, voire la cause, du déclin industriel de notre pays. Ainsi, à l’occasion de la clôture des Etats généraux de l’industrie, le 4 mars dernier à Marignane, le chef de l’Etat les a violemment attaquées, avançant qu’elles auraient « détruit l’appareil industriel français ».

Plus récemment, mi-avril, Edouard Carmignac, patron d’une société de gestion d’actifs particulièrement performante, a publié dans plusieurs journaux de la presse nationale une pleine page de publicité dans laquelle il écrivait notamment : « N’est-il pas pour le moins surréaliste que le chef de file de l’opposition en France, ayant largement remporté la dernière consultation, ait été à l’origine de l’instauration des 35 heures ? » Comprenons : les électeurs sont particulièrement débiles de mettre en tête de leurs votes un parti dirigé par celle qui a démoli l’économie française. Qu’en est-il au juste ?

Emploi industriel : la France dans la moyenne européenne

Lire la suite

Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille

«La guerre des classes existe, c’est un fait. Mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter.»

(Warren Buffett, deuxième fortune mondiale, New York Times, 29 novembre 2006)

————————

C’est le point aveugle du débat économique. Une donnée clé, et d’autant mieux cachée par les grands médias : de toutes les richesses produites en France, les salariés récoltent, aujourd’hui, d’après l’Insee, 9,3% de moins qu’en 1983 – autant qui va en plus aux actionnaires. Soit plus de 100 milliards d’euros par an…

«La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’a pas de précédent dans les 45 dernières années.»

D’où sont tirées ces lignes ?

On croirait une communication de la CGT ?

Ou un discours d’Olivier Besancenot ?

Au contraire : ce passage est extrait d’un article de la Bank for International Settlements. La Banque des Règlements Internationaux. Une institution qui réunit chaque mois, à Bâle, en Suisse, les banquiers centraux pour « coordonner les politiques monétaires » et « édicter des règles prudentielles ».

Dans leurs Working Papers n° 231, daté de juillet 2007 et titré Global upward trend in the profit share («Hausse tendancielle mondiale de la part des profits»), eux insistent pourtant sur les «hauts niveaux de la part du profit inhabituellement répandus aujourd’hui», sur cette «marge d’une importance sans précédent», sur cette «preuve à la fois graphique et économétrique d’un fait particulier concernant le partage des revenus dans les pays industrialisés : une poussée à la hausse de la part des profits au milieu des années 80, ou son pendant : une poussée à la baisse de la part des salaires» et ainsi de suite sur vingt-trois pages.

Lire la suite

Travail au noir : les patrons fraudeurs (Redif.)

En janvier 2007, des inspecteurs de l’URSSAF font une descente dans le métro sur un chantier de la RATP et découvrent sept salariés payés au noir.

Les deux sociétés de bâtiment responsables de la fraude, deux sous-traitants de la RATP, sont rappelées à l’ordre. Sur un défilé de haute couture, ce sont cinq vigiles qui ne sont pas déclarés et lors du démontage du salon du Tissu au Parc des expositions de Villepinte, plusieurs manutentionnaires.

Les cotisations sociales qui ne sont pas versées représentent un manque à gagner pour l’État de sept à huit milliards d’euros, soit environ un an du déficit de la Sécurité sociale.

De nouvelles filières de travail illégales se constituent en provenance de Pologne et de Roumanie. Des sociétés d’intérim françaises s’installent à Varsovie et Bucarest pour proposer de la main-d’oeuvre bon marché.

Partie 1:
http://www.dailymotion.com/video/x6eawf
Lire la suite

L’emploi salarié a perdu 412.000 postes en 2009

L’emploi salarié a continué de baisser fin 2009 en France, même si le rythme des destructions d’emplois a un peu ralenti, a annoncé l’Insee.
Dans les secteurs principalement marchands, les effectifs ont baissé de 0,4% au quatrième trimestre, avec 56.500 postes perdus contre 76.100 (-0,5%) les trois mois précédents, selon ces chiffres provisoires qui sont corrigés des variations saisonnières.

Sur un an, l’emploi salarié a baissé de 2,5% à 16.019.000 personnes occupées, soit 412.000 postes perdus après déjà 144.500 en 2008.

Les données préliminaires de l’Insee n’englobent pas les entreprises de moins de 10 salariés, ce qui pourra entraîner des révisions importantes lorsque la statistique révisée sera publiée le 11 mars.

Lire la suite

Aucune solution prévue pour 400.000 chômeurs en fin de droits

« On ne laissera personne abandonné, mais la solution n’est pas dans la multiplication des aides de toutes sortes », avait déclaré la semaine dernière le chef de l’Etat, concernant le million de chômeurs en fin de droits qu’escompte Pôle emploi cette année.

La conciliation de ces deux exigences risque d’être difficile, si l’on se réfère aux estimations transmises hier par le service public de l’emploi aux partenaires sociaux et que « Les Echos » se sont procurés.

Le service statistique de Pôle emploi, qui estime à 9 % le nombre de chômeurs en fin de droits « créés » à la suite du nouveau droit à indemnisation dès 4 mois de cotisations, a évalué le devenir des demandeurs qui épuiseront leurs droits à allocation-chômage cette année (dans les six mois suivant leur fin de droits) en extrapolant le passé.

Selon ces travaux, près de 170.000 d’entre eux deviendraient bénéficiaires de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS), financée par l’Etat, et 220.000 deviendraient bénéficiaires du « RSA socle » (l’ex-RMI), financé par les départements. Environ 10.000 partiraient en retraite. Par ailleurs, 190.000 retrouveraient un emploi (dont 100.000 reviendraient à Pôle emploi après un CDD ou contrat d’intérim).

« A ce stade, il y aurait environ 400.000 demandeurs d’emploi pour lesquels il n’est pas possible d’envisager le devenir par l’extrapolation des données actuelles », note Pôle emploi.

En clair, ils n’auraient droit à rien soit parce qu’ils ont moins de 25 ans (pas de droit au RSA), soit parce que leur conjoint perçoit des revenus.

Cela va donner matière à discussion aux partenaires sociaux, qui se penchent sur la question des chômeurs en fin de droits, vendredi.

Les Echos

(Merci à Christopher Johnson)

(15.11.2009)

► Inflation négative pour le 6e mois consécutif

Les prix à la consommation ont augmenté de 0,1% sur un mois en octobre et baissé de 0,2% sur un an, une évolution qui reflète une hausse dans les produits frais et les services. L’Express

► L’immobilier français devrait croître médiocrement jusqu’en 2020

Le cabinet Global construction perspectives associé à Oxford Economics prévoit, dans un rapport que l’activité de la construction en France se stabilisera en 2010, après une baisse de 3 % en 2009. Ce secteur, qui représente près de 10 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, augmentera ensuite lentement, en moyenne de 1,2 % l’an, jusqu’en 2020. L’immobilier hexagonal connaîtra alors une des croissances les plus faibles d’Europe. La France sera pénalisée par la faiblesse de l’investissement public dans les infrastructures en raison de son déficit public. Le Monde

► PSA supprimera 6 000 postes

PSA avait déjà engagé, en début d’année, un plan de départs volontaires en France, avec un objectif de 3 550 départs hors production. Ce plan a ensuite été élargi à d’autres catégories de personnels. Fin octobre, 4 800 personnes avaient effectivement quitté les usines du groupe en France. Tandis que 13 000 postes devraient être supprimés dans le monde, cette année. Le constructeur d’automobiles compte boucler le reste de son plan grâce à la dynamique actuelle de ses ventes et à une « meilleure couverture » des marchés à forte croissance. Notamment en Chine, où PSA inaugurera, la semaine prochaine, sa deuxième usine. Ouest France

► La reprise de l’intérim limite le nombre des destructions d’emplois au 3e trimestre

Cette faible destruction de postes de travail est en grande partie due à la reprise de l’emploi intérimaire qui enregistre une hausse de 8,6 %, soit 37 700 emplois créés au troisième trimestre. Dès le début de la crise, l’intérim a été touché de plein fouet – plus de 160 000 postes ont disparu entre le troisième trimestre 2008 et le premier trimestre 2009. Le Monde

Le secteur des services a été directement touché par la crise économique

Publicité, conseil aux entreprises, location de matériel pour les chantiers… : le secteur des services a été directement affecté par la crise au même titre que l’industrie et la construction.

C’est ce qui ressort d’une note sur les “services marchands”, secteur en forte croissance depuis trente ans, publiée, mardi 10 novembre, par l’INSEE.

Le lieu commun qui consiste à dire que les emplois dans les services sont protégés est faux”, explique Xavier Niel, chef de la division “services” de l’INSEE. “Mais, à l’intérieur de ce secteur, les différentes activités sont différemment impactées.”

Tout d’abord, ce secteur, qui employait plus de 5,2 millions de salariés en 2008, héberge l’ensemble de l’intérim, que cette activité s’effectue dans l’industrie, dans la construction ou dans le tertiaire. Or, la crise a d’abord affecté l’intérim.

“Avec 400 000 emplois équivalents temps plein aujourd’hui, on a perdu 30 % de l’emploi intérimaire en deux ans”, explique François Roux, délégué général de Prisme, le syndicat patronal du secteur. Lire la suite

En France, la peur de la pauvreté gagne les classes moyennes

“La France est confrontée à une crise économique d’une ampleur inédite, qui suscite l’inquiétude légitime des Français. Ils ne savent pas combien de temps elle va durer. Ils ont parfois peur pour leur emploi et pour celui de leurs proches. Certains sont au chômage partiel et se demandent s’ils arriveront à joindre les deux bouts à la fin du mois. Ils ont le sentiment de payer les excès du capitalisme financier, alors qu’ils n’y sont pour rien. (…) La situation française est sérieuse, mais nous nous en sortons et nous en sortirons mieux que les autres pays.”

(Nicolas Sarkozy, lors d’une réunion à l’Elysée avec les partenaires sociaux, 18 février 2009)

Isabelle, 40 ans

Sur la carte de la galère, Isabelle ne se situe “pas loin de la pauvreté”. Il y a deux ans, elle travaillait comme conseil en entreprise à Rouen. Un poste de cadre et un salaire de 2 500 euros. Aujourd’hui, elle a rejoint la foule qui se presse, chaque vendredi, rue du Vieux-Moulin, à l’épicerie solidaire du Secours populaire de Gravigny (Eure), où les produits les plus chers ne dépassent pas les 2 euros. Isabelle a mis du temps avant de pousser la porte de la petite permanence tenue par Monique et Evelyne. “J’ai toujours fait partie des personnes qui apportaient de l’aide, et pas de ceux qui en avaient besoin”, explique-t-elle.

Titulaire d’une maîtrise de droit, la jeune femme n’avait jamais connu le chômage. Depuis un mois, elle touche l’allocation de solidarité spécifique (ASS) réservée aux chômeurs en fin de droits. Avec 400 euros par mois, le loyer du petit F2 social est encore trop lourd, même une fois déduits les 160 euros touchés au titre de l’allocation logement. Pour l’alimentation, il y a l’épicerie sociale et quelques courses dans un hard discounter. Lire la suite