L’économie française : Éternelle convalescente

Ceux qui attendaient un verdict tranché, à même, soit de valider la politique économique du gouvernement, soit d’en souligner les limites, en seront pour leurs frais. Au lendemain de la présentation en conseil des ministres du projet de loi de finances 2016, les prévisions de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dressent un tableau en demi-teinte de l’économie hexagonale pour la fin de l’année.

« Le produit intérieur brut (PIB) français a déçu au deuxième trimestre [avec une croissance nulle, après + 0,7 % au premier trimestre], après un début d’année dynamique. Mais les vents favorables qui existaient il y a trois mois [recul du pétrole, de l’euro et mesures de soutien du gouvernement] sont encore bien présents », a résumé, jeudi 1er octobre, Vladimir Passeron, chef du département de la conjoncture à l’Insee.

Parmi les bonnes nouvelles, la demande des ménages reste bien orientée, souligne l’Institut. Ces derniers « bénéficient de salaires qui augmentent encore, alors que l’inflation reste basse » en raison du repli des cours du pétrole, détaille M. Passeron. Le pouvoir d’achat devrait ainsi augmenter de 1,7 % en 2015. Un record depuis 2007.

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Qui sont les employés plus touchés par les baisses de salaire ?

Ça ne va pas fort dans le secteur privé comme dans les entreprises publiques. Selon une étude de l’Insee publiée mercredi 16 septembre, le salaire net moyen a baissé de 0,3% entre 2012 et 2013 si l’on tient compte de l’inflation. 

En 2013, en France, les salariés ont perçu en moyenne, pour un temps plein, 2.912 euros bruts par mois et 2.202 euros nets. Soit une hausse du salaire brut moyen de 1,3 % par rapport à 2012 (contre +0,7% en 2012) et de 0,6% du salaire net (contre + 1,6 % entre 2011 et 2012), “dans un contexte de dégradation du marché du travail qui se poursuit“, souligne l’Insee. Compte tenu de l’inflation, cela correspond à une baisse du salaire net moyen en euros constants.

Le salaire moyen est stable pour les femmes tandis qu’il diminue chez les hommes (-0,4%). “A tous les niveaux de l’échelle salariale, les évolutions de salaire sont plus favorables aux femmes qu’aux hommes“, écrit l’Insee. Le salaire moyen des femmes employées a ainsi augmenté entre 2012 et 2013 de +0,2%.

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Statactivisme : Des chiffres en lutte

Deux ouvrages font ressortir l’importance de la quantification dans les technologies de pouvoir contemporaines et les formes de résistance à celle-ci. Pourtant, l’activisme en faveur d’un usage émancipateur et non asservissant des chiffres est-il une réalité ou un horizon souhaitable?

L’utilisation de nombres pour définir les contours de l’action publique n’est pas chose nouvelle: l’étymologie même du mot « statistique » en est une illustration notoire [1]. De même, leur invocation dans le cadre de débats publics n’est pas chose récente, Theodore M. Porter fait ainsi remonter aux années 1830 « la déferlante de chiffres qui a englouti tant d’aspects de la vie sociale, gouvernementale et scientifique » (S, p. 249).

Depuis maintenant plusieurs années, les travaux de sociologie de la quantification se sont multipliés pour étudier les principes et les effets de cette mise en nombres du monde social qui accompagne bien souvent sa mise en ordre.

Parus à une année d’intervalle dans la même collection et initiés par les deux mêmes auteurs (I. Bruno et E. Didier) qui cosignent le premier et codirigent (avec J. Prévieux) le second, Benchmarking. L’État sous pression statistique (B) et Statactivisme. Comment lutter avec des nombres forment un diptyque (S) qui entend à la fois présenter une série d’études empiriques et fournir des outils à des mouvements militants [2], en les familiarisant avec certaines démarches de sciences sociales, en particulier celles initiées par A. Desrosières et L. Boltanski [3], qui tous deux contribuent au second des deux ouvrages.
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La dette publique française a augmenté de 51,6 milliards d’euros au premier trimestre 2015

La dette publique de la France à franchi le cap des 2.000 milliards d’euros au premier trimestre 2015, soit l’équivalent de 97,5% du PIB du pays.

2.089,4 milliards d’euros. C’est le montant de la dette publique française au premier trimestre 2015, qui représente 97,5% du Produit intérieur brut (PIB) a annoncé ce mardi l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques). Dans un communiqué, l’Institut a précisé la dette a augmenté de 51,6 milliards d’euros, ou 1,9 point de PIB par rapport au dernier trimestre 2014.

De son côté, le gouvernement français a promis que la dette publique se stabiliserait en 2016 et 2017 en proportion du PIB, avant de refluer plus nettement en 2018, mais sans atteindre le seuil très sensible de 100%.
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Comment mesure-t-on la pauvreté ?

Le calcul du nombre de personnes en dessous du «seuil de pauvreté» est l’instrument de mesure le plus connu. Mais, pour une meilleure prise en compte, il est préférable de regarder plusieurs indicateurs.

«Entre 2008 et 2012, 440.000 enfants supplémentaires ont plongé avec leurs familles sous le seuil de pauvreté en France. La permanence d’un horizon précaire est une constante qui concerne désormais plus de 3 millions d’enfants sous le seuil de pauvreté, soit un enfant sur cinq», annonce l’Unicef dans un rapport rendu public mardi 9 juin. Mais comment mesure-t-on la pauvreté? Et quelle est la différence avec la précarité?

La pauvreté est mesurée de façon précise essentiellement par l’Insee, d’une part avec le niveau de vie (le revenu d’un individu en fonction du nombre et du type de personnes dans son foyer), d’autre part en étudiant les conditions de vie (un indice plus qualitatif, avec des questions précises sur la vie au quotidien). En ce qui concerne la précarité, il existe des indices moins reconnus qui prétendent la mesurer.

Si les notions de pauvreté et de précarité sont souvent utilisées indistinctement, la précarité désigne souvent un degré inférieur à la pauvreté, ou un aspect seulement de la pauvreté.

Définitions

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Bon premier mai !

Les financiers et les marchands qui dirigent le monde veulent imposer, par le biais des pantins qu’ils mettent au pouvoir pour gérer les affaires, un recul de l’âge de départ en retraite.

Mais ce qu’ils ne disent pas, c’est que l’espérance de vie en bonne santé n’est que de 63 ans. Ce qu’ils nous proposent donc, avec cynisme, c’est de travailler jusqu’au seuil de la mort.

L’espérance de vie en bonne santé (à la naissance), ou années de vie en bonne santé (AVBS), représente le nombre d’années en bonne santé qu’une personne peut s’attendre à vivre (à la naissance). Une bonne santé est définie par l’absence de limitations d’activités (dans les gestes de la vie quotidienne) et l’absence d’incapacités.

L’AVBS est un indicateur d’espérance de santé qui combine des informations sur la mortalité et la morbidité. Les informations utilisées pour son calcul sont des mesures de prévalence (proportions) de la population d’un âge spécifique étant dans des conditions de bonne ou mauvaise santé et des informations de mortalité par âge. Il est aussi appelé espérance de vie sans incapacité (EVSI).

INSEE

Le PIB et la croissance en questions

Quelle a été la croissance l’année dernière ? De combien sera-t-elle cette année ? Ces questions sont récurrentes dans le débat public. Mais qu’est-ce exactement que la croissance ? Comment l’Insee la calcule-t-il ? Et à quoi cela sert-il ?

Cette vidéo donne la parole à des économistes pour expliquer la mesure du PIB et l’intérêt économique du calcul de la croissance.

6 millions de ménages en situation de vulnérabilité énergétique

5,9 millions de ménages, soit plus d’un sur cinq, sont en situation de vulnérabilité énergétique en France, contraints de consacrer une part importante de leurs revenus au chauffage de leur logement ou à leurs dépenses de déplacements, selon l’Insee.

Un ménage est considéré vulnérable lorsque ses dépenses pour le chauffage et l’eau chaude dépassent 8% de ses revenus et 4,5% pour ses déplacements. 700.000 ménages (2,6%) ont même des difficultés à assumer ces deux postes de dépenses, indique l’Insee dans une étude publiée jeudi.

Ainsi “certains ménages se trouvent face à un choix difficile: renoncer à d’autres dépenses pour se chauffer correctement ou se déplacer ou, au contraire, se résigner à avoir froid ou à se déplacer moins”, relève l’Insee.

14,6% des ménages sont en situation de vulnérabilité énergétique pour leur logement et 10,2% pour l’achat de leur carburant pour leurs déplacements, détaille cette étude, basée sur des données de 2008. Et cette vulnérabilité énergétique “augmente fortement” plus on s’éloigne des pôles urbains, puisque elle concerne près d’un ménage sur deux hors des aires urbaines.
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Pauvreté : De plus en plus de SDF en France

Alors que le nombre de sans-domicile fixe a augmenté de 44% en 11 ans, les femmes et les enfants représentent une part de plus en plus importante parmi cette population, selon une étude de l’Insee publiée mercredi.

Cent douze mille personnes en France n’ont pas d’adresse. Sans logement personnel, elles dorment dans la rue, les jardins publics, les gares, les squats, ou sont hébergées dans des structures d’accueil qu’elles doivent quitter chaque matin. C’est le constat alarmant que dresse ce mercredi l’Insee dans son étude “Portrait social de la France“, qu’elle publie chaque année depuis 2001.

Pour cette population mal connue, ces enquêtes de l’institut de la statistique ont montré au fil des ans une constante augmentation de la population des SDF, laquelle a atteint 81.000 adultes en 2010, accompagnés de 31.000 enfants, soit une hausse de 44% en 11 ans. Une réalité qui doit être encore plus tragique si l’on tient compte des personnes qui ne fréquentent jamais de structures d’accueil ou qui vivent dans des communes de petite taille, qui n’ont pas été prises en compte dans ce rapport.

De plus en plus de femmes
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Et l’INSEE révéla à l’insu de son plein gré que nous sommes entrés officiellement en déflation

A la lecture des derniers chiffres sur l’évolution des prix au mois d’octobre, on se rend compte que l’économie française est bel et bien entrée dans une phase critique.

Le 13 novembre, l’INSEE publiait les dernières données relatives à l’évolution des prix pour le mois d’octobre 2014 : “Les prix à la consommation sont stables en octobre 2014 ; ils augmentent de 0.5% sur un an”. A priori, rien d’alarmant. Cependant, en regardant le détail des chiffres d’un peu plus près, il apparaît tout simplement que la France vient discrètement d’entrer en déflation.

En effet, si l’indice des prix à la consommation permet de refléter l’ensemble des variations de prix, il reste tout de même soumis aux humeurs des biens les plus volatils.

Ainsi, afin de se faire une idée plus précise des tensions inflationnistes, il est recommandé de s’intéresser à l’indice d’inflation sous-jacente. Pour la définition, c’est l’INSEE qui en parle le mieux :

“L’indice d’inflation sous-jacente est un indice désaisonnalisé qui permet de dégager une tendance de fond de l’évolution des prix. Il traduit l’évolution profonde des coûts de production et la confrontation de l’offre et de la demande. L’indice d’inflation sous-jacente est corrigé des mesures fiscales de façon à neutraliser les effets sur l’indice des prix de la variation de la fiscalité indirecte ou des mesures gouvernementales affectant directement les prix à la consommation. L’inflation sous-jacente est ainsi plus adaptée à une analyse des tensions inflationnistes, car moins perturbée par des phénomènes exogènes.”

Ainsi, l’indice d’inflation sous-jacente permet une meilleure lecture de la confrontation de l’offre et de la demande. Plus la demande est forte par rapport à l’offre, et plus l’inflation sous-jacente aura tendance à progresser. Inversement, plus la demande est faible par rapport à l’offre, plus l’indice aura tendance à s’affaisser.

Et en ce mois d’octobre 2014, l’inflation sous-jacente vient de passer en territoire négatif à -0.01%. Une première historique depuis les années 30.

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SDF : 1/4 des personnes sans domicile travaillent

En France, un quart des adultes francophones sans domicile (24%) travaillent, indique l’Insee dans une étude publiée mardi 8 avril. Ils occupent souvent des emplois “très précaires”.

Au total, près des deux tiers (63%) des SDF sont considérés comme actifs, avec 39% au chômage ou en recherche d’emploi selon l’enquête menée auprès des utilisateurs francophones des services d’hébergement et de distribution de repas, en janvier et février 2012, par l’Insee et l’Ined.

Parmi les SDF en emploi, des disparités existent entre Français et étrangers, ces derniers occupant “un peu plus souvent un emploi régulier ou un ‘petit boulot’ (27%) que les Français (22%)”. Seules 39% de ces personnes en emploi ont un CDI, 24% bénéficiant d’un CDD, 15% d’un travail temporaire et 22% travaillant sans aucun contrat.

L’enquête note également que “le taux d’emploi des personnes sans domicile est d’autant plus élevé que leurs conditions d’hébergement sont stables”.

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Chômage : Les mauvaises raisons de la baisse

Le taux de chômage a légèrement baissé au dernier trimestre 2013, d’après l’Insee. Hélas ce n’est pas lié à une dynamique retrouvée de l’emploi mais surtout à la baisse du taux d’activité, c’est-à-dire la part des 15-64 ans qui occupe ou recherche un emploi.

L’Insee vient de publier les résultats de l’enquête emploi menée auprès des ménages au quatrième trimestre 2013. Cette enquête fait notamment apparaître une baisse de 0,1 point du taux de chômage officiel au cours de ce trimestre qui passe ainsi de 10,3 à 10,2 % en France (dont les DOM). Alors que le nombre des inscrits à Pôle emploi avait, lui, continué à croître à la fin de l’année dernière.

Au final, François Hollande aurait donc bien réussi son pari d’inverser la courbe du chômage en 2013. Certes, mais c’est surtout pour de mauvaises raisons : le recul du taux d’activité des Français.

Cela fait longtemps déjà que les écarts notables entre les résultats de l’enquête emploi d’une part et les inscriptions à Pôle emploi d’autre part posent problème et suscitent des débats.

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A la recherche du peuple disparu : La France des « invisibles », majoritaire et délaissée

Il y a peu de livres qui renouvellent notre vision de la politique, des territoires, des catégories populaires. Fractures françaises de Christophe Guilluy en fait partie. Géographe, l’auteur a redessiné la carte des fragilités sociales à rebours des représentations toutes faites. C’est la France des « invisibles », majoritaire et délaissée. A la recherche du peuple disparu.

François Bousquet : Vous avez mis à jour une nouvelle géographie du territoire, deux France qui se font vis-à-vis : une France métropolitaine et une France périphérique. Qu’est-ce qui les caractérise ?

Pour comprendre la société française, il faut s’affranchir de la carte de l’Insee, qui est celle des aires urbaines : 80 % d’urbains et 20 % de ruraux. Cette carte impose l’idée que la société française se structure autour des grandes métropoles mondialisées sans rien nous dire de la recomposition sociale des territoires. On voit par là combien sont déterminantes les représentations dans la conception que l’on se fait de la réalité. Une mauvaise représentation, c’est une mauvaise politique derrière. Or, les représentations territoriales et sociologiques des élites sont obsolètes et nous interdisent de penser le social.

Je préfère parler de « France métropolitaine » et de « France périphérique ». La France métropolitaine, c’est celle des grandes villes, soit 40 % de la population, pas plus. C’est une France totalement intégrée dans les nouvelles logiques économiques, dans la mondialisation et le multiculturalisme. Elle produit l’essentiel du PIB français. C’est ce qui me fait dire que la mondialisation fonctionne, mais seulement dans les grandes villes.

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«Les Français ruinés par l’immigration» de Gérard Pince

Gérard Pince est docteur en économie et spécialiste de l’économie du développement : il a publié en 2013 un petit livre intitulé Les Français ruinés par l’immigration (éditions Godefroy de Bouillon). Dans cet ouvrage assez aride Gérard Pince a résumé ses analyses de la comptabilité nationale destinées à évaluer l’impact des populations immigrées sur notre économie. Les sources de toutes les données chiffrées utilisées par l’auteur sont disponibles dans les annexes ; ce rapport est vérifiable par tous les amateurs d’arithmétique.

Les bases du calcul

A la différence d’autres rapports, celui de Gérard Pince ne prend pas en compte tous les étrangers et leurs descendants de la première génération mais seulement les étrangers d’origine extra-européenne parce que, selon lui, l’impact positif des étrangers d’origine européenne sur nos comptes nationaux masque l’impact négatif des étrangers originaires des pays tiers.

Par ailleurs et à la différence de rapports qui ont conclu au faible impact de l’immigration sur notre économie, celui-ci prend en compte la part des dépenses régaliennes qui sont imputables à ces étrangers (les premiers n’intègrent que les recettes).
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Christophe Guilluy : « Les élites sont obnubilées par les métropoles »

La nouvelle géographie sociale du pays rend inévitable la montée des antagonismes entre les métropoles « mondialisées » et la France des « invisibles ». C’est le constat de Christophe Guilluy, auteur de « Fractures françaises » où il étudie l’évolution socio-culturelle des classes populaires.

Que retenir du projet de loi d’affirmation des métropoles, définitivement voté le 19 décembre par le Parlement ?

Cette priorité est tout, sauf une surprise. Cela fait trente ans que les élites et la technostructure, obnubilées par la question économique, organisent la France autour de ces métropoles. Le texte du gouvernement Ayrault met simplement en forme cette vision sur les plans politique et institutionnel.

Pourquoi les métropoles correspondent-elles, selon vous, à l’expression de la vision dominante ?

Si les grandes villes sont les zones les plus inégalitaires de France, elles restent néanmoins les mieux intégrées à la mondialisation : les 40% de Français vivant dans les métropoles génèrent plus de 60% du PIB national. Les métropoles sont les vitrines de la mondialisation heureuse. La droite libérale, d’ailleurs, aurait très bien pu être derrière cette réforme territoriale.

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Les taux de pauvreté des 100 plus grandes communes de France

De Neuilly à Roubaix, les taux de pauvreté s’échelonnent de 7 à 45 %. Le bureau d’études Compas publie les données des 100 plus grandes communes de France et des arrondissements de Paris, Lyon et Marseille. Extrait de Compas études.

Cette année, le bureau d’études Compas met un coup de projecteur particulier sur les arrondissements des trois plus grandes communes de France : Paris, Lyon et Marseille. Là aussi, les taux moyens masquent des inégalités considérables, avec des taux de pauvreté pouvant dépasser 40 % dans certains territoires.

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En trois ans, près de 900.000 personnes sont devenues pauvres en France

En 2011, 8,7 millions de personnes vivaient en-dessous du seuil de pauvreté, qui s’élevait à 977 euros par mois. Soit 893.000 de plus qu’en 2008. Les chômeurs et les jeunes sont les populations les plus fragiles.

Les conséquences de la crise de 2008-2009 se précisent au fil du temps. On connaissait déjà les effets de la crise sur l’activité – le PIB a reculé de 2,5% en 2009 selon l’Insee -, sur les défaillances d’entreprises – 65.000 en 2009, un record – et sur les destructions d’emplois qui se sont élevées à 331.000 en 2009 selon une étude du Trésor. Une étude de l’Insee publiée ce lundi nous éclaire sur l’impact de la crise sur la pauvreté.

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Si votre banque fait faillite…

François Hollande a eut fort à faire durant sa conférence de presse de mardi. Il a dû feinter, défendre, justifier… l’état économique du pays, bien sûr.

Remarquez qu’il ne partait pas sans arguments ! On apprenait par exemple que l’OCDE signale “une inflexion positive” pour la France, selon son indicateur composite avancé. “La courbe de l’indicateur composite avancé français était descendante jusqu’en avril 2013, puis elle a changé de tendance et monte légèrement depuis“, nous apprend Le Monde.

Le mot à retenir dans cette phrase, c’est “légèrement”, étant donné que le fameux indice était à 100,3 en octobre 2013 contre… 100,2 en septembre. A ce rythme-là, aucun doute, la France aura retrouvé tout son dynamisme dès l’an 2500, ou même 2450 si les choses se passent vraiment bien ! Prenez votre mal en patience, cher lecteur : le plein emploi et les 4% de croissance, c’est pour dans moins d’un demi-millénaire.

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Hollande pas d’accord avec l’Insee : la courbe du chômage va bien s’inverser

Le président a confirmé jeudi soir son objectif d’inversion de la courbe du chômage en cette fin d’année malgré les prévisions de l’Institut national de la statistique (Insee), qui table sur une stabilisation du taux à 11% de la population active au premier semestre 2014.


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Chômage : Des “anomalies” dans les questionnaires de l’Insee effacent 90.000 demandeurs d’emploi

S’il a de l’humour, François Hollande peut dire merci à l’Insee. L’Institut national de la statistique a annoncé, jeudi 5 septembre, que le président de la République était parvenu à inverser – virtuellement – la courbe du chômage.

Une inversion qui se serait miraculeusement produite début 2013. Alors que le taux de chômage au premier trimestre avait été annoncé en mai à 10,8 % pour la France entière, l’Insee estime désormais qu’il était plus proche des 10,5 %.

Mais, malheureusement pour le président de la République, cette inversion ne traduit aucune réelle amélioration sur le marché du travail. De simples changements de formulations dans les nouveaux questionnaires, introduits depuis janvier, ont créé un tel changement dans les réponses des Français interrogés que le taux de chômage a artificiellement reculé de 0,3 point par rapport à l’ancien questionnaire.

En mai, l’Insee avait été contraint de décaler la publication de plusieurs indicateurs détaillés en raison de ces anomalies.
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France, où en est la croissance ?

par Jacques Sapir

La presse, essentiellement celle qui soutient le gouvernement, se remplit d’optimisme et de commentaires flatteurs pour notre Président à la vue des derniers chiffres de l’INSEE qui ont été publiés le 14 août. Ainsi, au second semestre 2013 la France aurait connu une croissance de 0,5%, Alléluia ! La croissance revient donc et semble donner raison au Président comme au gouvernement. Pourtant, les commentateurs feraient mieux d’être plus prudents et de lire plus attentivement le document de l’INSEE, qui est loin d’être aussi affirmatif qu’ils ne le disent .

En réalité, le chiffre de 0,5% obtenu au second trimestre 2013 est dû à deux facteurs : une hausse de la consommation de 0,3% et un accroissement des stocks de 0,2%. Or, les stocks des entreprises avaient baissé de -0,8% en 2012. Une correction était attendue et se situe dans la normale des choses. On mesure par ailleurs qu’elle reste inférieure à la baisse précédente. Une comparaison des deux premiers trimestres de 2013 avec 2011 et 2012 montre que cet accroissement ne sera pas durable.

Le PIB et ses composantes

On peut lire sur ce graphique, et c’est pourquoi on le publie, la permanence des facteurs qui font stagner le PNB de la France, et en particulier l’évolution de l’investissement et du solde commercial. On voit parfaitement que l’ensemble des facteurs susceptibles de contribuer à la croissance de l’économie française sont en panne depuis la fin de 2011.

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Cet été, les Français se serrent la ceinture

La France se trouve dans une situation économique difficile en 2013 et l’INSEE ne prévoit pas d’embellie de la conjoncture cette année. Comment les ménages font-ils face en période de crise ? Leur budget vacances est-il revu à la baisse ? La rentrée s’annonce-t-elle déjà compliquée ?

En janvier, l’agence de conseil spécialiste de la distribution CA Com et BFM Business décidaient de lancer un baromètre pour décortiquer les anticipations et les comportements des Français en matière de pouvoir d’achat. Aujourd’hui, la deuxième vague de ce sondage, effectué en juin par LH2 auprès de plus 1.000 personnes et dévoilé ce 8 juillet, révèle les craintes des Français en l’avenir.

Première conclusion:

La crainte de basculer dans la précarité gagne du terrain. 62% des Français expriment cette peur, contre 59% en janvier 2013. Et un quart des Français sont dorénavant « très inquiets » alors qu’ils étaient 18% en janvier. Une peur largement ancrée dans toutes les couches de la population. Néanmoins, comparé à janvier, davantage de Français se disent « ne pas du tout être inquiets » (19% contre 14%).

Deuxième conclusion:
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Chômage : “Bug” à l’Insee, seules des estimations seront publiées (Màj : taux de chômage record)

Mise à jour du 06 juin

Le taux de chômage a bondi à 10,4 % au premier trimestre 2013, soit 0,3 point de plus qu’au trimestre précédent, atteignant un niveau inégalé depuis 1998, a annoncé jeudi l’Insee.

Le chômage, en hausse depuis mi-2011, atteint 10,8 % (+0,3 point) avec les départements d’outre-mer (Dom).

Lesoir.be


L’Insee “ne sera pas en mesure de publier l’ensemble des indicateurs” du taux de chômage pour le premier trimestre, le 6 juin comme prévu. L’institut de statistiques ne communiquera qu’”une estimation” du taux de chômage.

Des chiffres partiels seront publiés jeudi matin par l’Insee. “Un communiqué explicitant les difficultés rencontrées est prévu. Les équipes en charge de ces indicateurs concentrent tous leurs efforts pour publier néanmoins à cette date une estimation du taux de chômage au sens du BIT (Bureau international du travail, ndlr) au premier trimestre“, annonce l’Institut de la statistique et des études économiques.

LCI

(Merci à Bloupi)

Ces 3090 milliards de dette virtuelle

Les engagements hors bilan de la France, qui représentent la somme de ce que l’État devrait verser s’il s’acquittait en une seule fois de toutes les sommes qu’il s’est engagé à payer dans le futur, ont été multipliés par trois en huit ans.

La dette de la France est-elle de 1833 milliards d’euros, comme le calcule l’Insee ou de 4923 milliards (246 % du PIB) comme pourrait le laisser croire, entre les lignes, la lecture du rapport de la Cour des comptes? La question n’est pas anodine.

La différence entre les deux chiffres – 3090 milliards d’euros! – correspond au montant des engagements hors bilan de l’État calculés par les sages de la rue Cambon. Il ne s’agit pas de dette à proprement parler: les engagements hors bilan représentent la somme de ce que l’État devrait verser s’il s’acquittait en une seule fois de toutes les sommes qu’il s’est engagé à payer dans le futur (retraite des fonctionnaires, prestations sociales ou éventuel sauvetage des banques et des États européens…). C’est pourquoi les deux montants (dette au sens de Maastricht et engagements hors bilan) ne peuvent pas s’additionner comptablement.

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France : Le moral des ménages chute en mai

Un vent de pessimisme souffle sur la France et balaye le moral des ménages. Selon l’ Insee, l’indicateur qui synthétise la confiance des ménages, il s’établit à 79 points en mai, soit un recul de 4 points par rapport à avril dernier. Il s’agit de son minimum historique précédemment atteint en juillet 2008.

La moyenne de cet indicateur entre janvier 1987 et décembre 2012 est de 100 points.

D’autres chiffres en chute libre
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Olivier Delamarche : « Entre les déclarations et les faits, il y a une grosse différence »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 30 avril 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer.

« La BCE va rabaisser son taux de 0,75% à 0,5%, est-ce que vous pensez que ça va changer la face du monde ? En Italie, Enrico Letta annonce qu’il va continuer les mesures d’austérité et en même temps diminuer les impôts, il a trouvé le truc que tout le monde cherchait. Au Japon il n’y a pas plus d’exportation malgré la baisse de la devise de 30%, le Japon, c’est mort. Les chiffres qui sortent des États-Unis depuis deux mois sont excessivement mauvais. »

INSEE : Des inégalités sous-estimées ?

La crise creuse plus les inégalités en France que ne le laissaient supposer les récentes statistiques de l’INSEE. D’après une publication de l’Insee passée inaperçue, la France se retrouve désormais parmi les pays les plus inégalitaires de l’UE à 15, en neuvième position.

L’Insee vient de mettre en ligne son édition 2013 des Revenus et patrimoines des ménages. On y apprend certes des choses, mais qui étaient déjà assez largement connues par ceux qui fréquentent le site de l’Institut et ont la curiosité d’aller voir les données détaillées sur les revenus et les niveaux de vie, qui se trouvent depuis quatre mois environ sur le site : la crise a rendu les pauvres plus pauvres et les riches plus riches. Et, du coup, la société française est plus inégalitaire qu’elle ne l’était en 2005.

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France : Le taux de pauvreté augmente chez les enfants

D’après une étude de l’INSEE, le taux de pauvreté augmente quasiment de 20 % chez les enfants. Les femmes de plus de 75 ans sont aussi très nombreuses à vivre en dessous du seuil de pauvreté.

Un enfant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté selon une étude de l’INSEE publiée mercredi. Cela signifie que sa famille vit avec moins de 964 euros par mois. Le taux de pauvreté augmente quasiment de 20 % chez les enfants. Plus la famille est grande et plus le risque d’être pauvre augmente.

Une autre tranche d’âge est particulièrement concernée par cette précarité, il s’agit des femmes de plus de 75 ans. Près de 16 % d’entre elles vivent en dessous du seuil de pauvreté. L’une des explications quant à la précarité de ces femmes, c’est leur faible retraite. Elles n’ont pas de carrière complète et la pension qu’elles reçoivent après le décès de leur mari est bien trop faible.

Les chiffres de cette étude sont ceux de 2010 avant la crise économique actuelle. Il y a donc fort à parier que les chiffres actuels sont encore plus inquiétants.

L’écart se creuse entre les riches et les pauvres

Autre enseignement de cette étude de l’INSEE, la minorité de Français les plus riches, est de fait de plus en plus riche. Noam Leandri, président de l’Observatoire des Inégalités, analyse ce résultat.

France Info

Un recul du pouvoir d’achat inédit en France depuis 30 ans

Le pouvoir d’achat a reculé de 0,4% en 2012. Et l’année 2013 ne s’annonce pas meilleure.

Comment calcule-t-on le pouvoir d’achat ? Pourquoi le ressenti des français est-il parfois différent des données proposées par l’INSEE ?

Une fois n’est pas coutume, le sentiment de paupérisation des Français est confirmé par les statistiques. Le pouvoir d’achat a reculé de 0,4 % en moyenne l’an dernier, a annoncé l’Insee. Il s’agit du « premier recul depuis 1984  (-1,1 %)», précise l’institut statistique. A l’époque, le pouvoir d’achat signait sa deuxième année consécutive de repli, suite au « tournant de la rigueur » pris par la gauche.

La publication des comptes nationaux détaillés montre que le pouvoir d’achat a même chuté de 0,8 % sur les trois derniers mois de 2012. Jamais depuis le début de la crise, les Français n’avait subit un tel choc sur leur revenu. Mesurée par « unité de consommation », ce qui permet de le ramener au niveau individuel en le corrigeant de la croissance démographique, le pouvoir d’achat a reculé de 1 % en 2012. En cinq années de crise, il a donc reculé, avec ce mode de calcul, à trois reprises  (-0,3 % en 2008 et -0,1 % en 2011).

Au lendemain de l’annonce d’une nouvelle hausse marquée du chômage en février, ce mauvais chiffre de plus ne va pas simplifier la tâche de François Hollande, ce soir sur France 2. « La forte hausse des impôts est le principal facteur de cette baisse », explique l’Insee. Les impôts sur le revenu et le patrimoine ont bondi de 10 % l’an dernier, du fait des mesures de rigueur prises pour réduire le déficit (désindexation du barème de l’impôt sur le revenu, contribution exceptionnelle pour les redevables de l’ISF…). S’est ajoutée la nette dégradation du marché du travail, qui a pesé sur les revenus d’activités.

Handicaps majeurs
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Chômage : Nouveau pic historique en février

Addedum : Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 0,6% le mois dernier, atteignant 3,187 millions. Le niveau record de 1997 est plus proche que jamais. (Libération)

(Merci à Garath)

Le nombre d’inscrits à Pôle emploi en février pourrait dépasser le record de taux de chômage en métropole (10,8%), enregistré en 1994 et 1997 (3,185 millions). [NDLR: Il s'agirait alors d'un nouveau "record" pour la seule catégorie A, soit la 22e augmentation consécutive pour cette seule classification de chômeurs].

[...] En tenant compte des inscrits exerçant une activité réduite, Pôle emploi recensait fin janvier 4,6 millions de demandeurs d’emploi en métropole (4,9 avec l’Outre-mer). Les demandeurs d’emplois de longue durée (plus d’un an) n’ont jamais été aussi nombreux: près de deux millions, et chaque mois 90.000 chômeurs épuisent leur droit à une indemnisation.

La série de menaces de suicides après la mort par le feu d’un chômeur à Nantes le 13 février a dramatiquement souligné les difficultés de Pôle emploi à faire face, et le désarroi des chômeurs, dont le nombre a augmenté de plus de 10% sur la seule dernière année.

L’Insee prévoit un taux de chômage de 10,6% en métropole mi-2013 (11% avec les départements d’outre-mer). L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont les prévisions sont à plus long terme, entrevoit une «stabilisation fin 2013», autour de 11,25% de la population active.
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France : 100.000 emplois détruits en 2012

Selon des données définitives, bien plus sombres que les provisoires, publiées mercredi 13 mars par l’Insee, 44.600 emplois été rayés de la carte au 4e trimestre 2012 dans les secteurs marchands, portant officiellement le nombre de postes disparus à 99.500 pour l’année, contre 66.800 selon l’estimation publiée mi-février.

Sur un an, l’industrie est aussi durement touchée, avec 29.400 emplois supprimés (soit -0,9% par rapport à fin 2011). Du côté de la construction, le solde est aussi négatif pour 2012 (-13.800 postes, soit -1%). Le nombre total d’emplois salariés dans le secteur marchand atteignait ainsi 15,96 millions fin 2012.

L’intérim, réputé précurseur des évolutions du marché de l’emploi, est le plus touché puisqu’il a perdu à lui seul 61.000 postes en 2012 soit 10,7% de ses effectifs.

Pour espérer stabiliser le chômage, il faudrait que l’économie crée 30.000 à 40.000 postes chaque trimestre, selon les économistes.
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Goldman Sachs : « En France, il faut baisser les salaires d’un tiers »

Goldman Sachs est une banque d’affaires américaine. En 2012, son bénéfice net a doublé pour atteindre 7,2 milliards de dollars. Pour fêter ça, ses 12 dirigeants se sont octroyés plus de 100 millions de dollars de bonus en actions.

Cette banque a par ailleurs été souvent décriée pour des pratiques plus que douteuses. Dernier épisode en date : le 13 janvier, la banque centrale américaine annonçait que Goldman Sachs allait devoir verser des centaines de millions de dollars de dédommagements, suite à un gigantesque scandale de saisies immobilières irrégulières aux États-Unis.

De passage à Paris cette semaine, les brillants économistes de Goldman Sachs sont venus prêcher leur vision du monde. Le chef économiste de la banque pour l’Europe, Huw Pill, a déclaré pour répondre à la question : “Une recette miracle pour François Hollande ?”

“Il faudrait déplacer l’emprise de l’État vers le secteur privé. Ensuite, il faudrait s’appuyer sur une baisse des salaires générale, afin de regagner de la compétitivité. On estime que la France devrait réduire sa moyenne salariale d’environ un tiers, ce qui est politiquement impossible à imposer…”

Alors que même le FMI vient de reconnaître que, oups, il avait fait une erreur de calcul, et que plus de rigueur n’est pas la solution, chez Goldman Sachs on persiste et signe. Et tant pis si ça n’a fait qu’empirer en Espagne ou en Grèce.
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Politique de la ville : 30 années d’illusions

Puits sans fond pour les finances publiques, elle est aussi le tombeau des illusions républicaines. Et si le problème résidait ailleurs que dans la “pauvreté” ?

Le 14 août 2012, tandis que la France brûle sous le soleil, les voitures s’embrasent dans la banlieue d’Amiens. Trois semaines plus tôt, juste avant de partir en vacances, les magistrats de la Cour des comptes ont rendu un rapport qui, période oblige, passe alors totalement inaperçu : “La politique de la ville, une décennie de réformes”.

Soit le bilan des actions engagées par la loi du 1er août 2003 (dite loi Borloo) instaurant le Programme national de rénovation urbaine (PNRU), lequel, en dépit d’un effort « sans précédent », déplore la Cour, « n’a pas atteint ses objectifs ». C’est le moins qu’on puisse dire quand on sait que l’Hexagone détient le record mondial des nuits d’émeute sans connotation politique. Une exception bien française qui ne semble pas inquiéter outre mesure la Cour, pas plus que les autres acteurs de la ville, exception faite d’une poignée d’élus de terrain comme Xavier Lemoine, maire de Montfermeil.

Les magistrats de la Cour des comptes se donnent d’ailleurs le beau rôle en omettant de rappeler que leurs préconisations de 2002 sont à l’origine de la loi de 2003, qu’ils passent au crible de leurs critiques. À les écouter, l’échec de la politique de la ville procéderait de « défauts de gouvernance ». Qu’en termes galants, ces choses-là sont dites ! Et “les sages de la rue Cambon” d’égrener les dysfonctionnements récurrents : organisation éclatée, politiques insuffisamment pilotées, empilement de dispositifs, financement flou, mauvaise allocation des crédits, objectifs mal identifiés, absence de suivi et d’évaluation. Sur ce dernier point, la Cour avoue même son ignorance, pareille en cela aux ministres chargés de la politique de laVille, dont la Cour rappelle qu’il y en a eu 11 depuis 2002 (en réalité, 20 en vingt ans – ministres ou secrétaires d’État).

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“Classes moyennes” : Un marqueur politique à la définition floue

La hausse des droits de succession ? “Un crime à l’égard des classes moyennes” pour le député UMP Marc Le Fur. La hausse du smic ? Une mesure “de pouvoir d’achat en faveur des classes populaires et des classes moyennes” pour le gouvernement.

Il suffit de rechercher, dans les comptes rendus des séances de l’Assemblée, les mots “classe moyenne” pour se rendre compte à quel point cette notion est devenue un argument politique : seize occurences sur la seule séance du 19 juillet dernier ! Avec une grande variété d’emploi. “Nous militons pour défendre les familles et les classes moyennes”, explique Patrick Ollier en évoquant les droits de succession. “Nous n’avons pas forcément la même définition des classes moyennes”, rétorque Jérôme Cahuzac.

Mais qu’est-ce au juste qu’une classe moyenne, alors que selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), moins de 5 % de la population estime appartenir aux classes “aisées” ou “privilégiées” ? Le plus souvent, les perceptions à ce sujet sont pour le moins déformées, quelques chiffres suffisent pour s’en rendre compte.

  • Revenus : le grand malentendu

Prenons l’élément le plus concret, celui du revenu. A partir de combien par mois fait-on partie des classes moyennes ? Et jusqu’à combien ? On peut tout lire sur la question. Et nombre de personnes gagnant 3 000 ou 4 000 euros par mois s’estiment en toute bonne foi membres de ce club de la “classe moyenne”.

Ces cadres ou professions libérales l’ignorent le plus souvent, mais ils ne sont pas du tout dans les classes moyennes. Le Credoc applique une méthode simple, reprise par l’Observatoire des inégalités : on divise la population par tranches équivalentes à 10 % du total. Les 30 % les moins riches sont les catégories ‘”modestes” ou “populaires”. Les 20 % les plus aisés sont les catégories “aisées”. Les 50 % restant composent donc les classes moyennes.

Voici ce qu’on obtient, avec cette méthodologie, en ne prenant que les  salaires net du privé et semi-public, pour l’année 2010 :

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Ces 8 millions de Français qui n’ont rien gagné en une décennie

En treize ans, le nombre de personnes pauvres n’a pas bougé : 8,1 millions d’individus vivent sous le seuil de pauvreté monétaire. Pourtant, la richesse produite s’est considérablement accrue. Les jeunes entre 18 et 29 ans, les agriculteurs, les étudiants et les familles monoparentales sont particulièrement frappés.

De l’autre côté de la pyramide, les 500 plus grandes fortunes cumulent des revenus et un patrimoine estimés par le magazine Challenges à 267 milliards d’euros. « S’il fallait les redistribuer aux 8,1 millions de pauvres recensés par l’Insee, cela représenterait 33.000 euros pour chacun d’eux », analyse Jean-Philippe Delsol [3]. Alors qu’en 1996, 14 millions d’euros étaient nécessaires pour entrer dans le top 500 des fortunes françaises, la barre est désormais à 60 millions. La croissance ne profiterait-elle qu’aux riches ?

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A 75 % les riches partiront ?

par Frédéric Lordon

Mais qu’ils partent donc, ils ne nous manqueront pas. Ils sont très remplaçables, leur fortune est inutile à l’économie, et elle est un trouble à l’ordre public. Ah oui : en partant, qu’ils n’oublient pas de déposer leur passeport à la porte. Avant de la prendre.

Les faux-semblants de la gauche serpillière

Il y a suffisamment de raisons d’être affligé de la campagne du candidat « socialiste » — qui ne trouve mot à redire au traité MES [1] institutionnalisant les principes de l’« ajustement structurel », promet de renégocier le TSCG [2] avec la franchise d’un trafiquant de voitures d’occasion, fait des moulinets contre la finance avant de se rendre à Londres jurer l’innocuité de ses intentions réelles — il y a, donc, suffisamment de raisons d’affliction pour ne pas noter le moindre tressaillement du gauchomètre, dont tous les tracés étaient restés jusqu’ici absolument plats. Sans doute l’oscilloscope n’est-il pas menacé d’exploser : le maniement de la fiscalité individuelle n’est le plus souvent qu’un instrument de correction d’effets dont on préfère ne pas attaquer les vraies causes.

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Délocaliser n’est pas une fatalité

Après la “prime à la relocalisation”, en 2009, une nouvelle mesure a été annoncée, dimanche 29 janvier, par le chef de l’Etat pour lutter contre les délocalisations : baisser le coût du travail. L’idée est simple : diminution des charges sociales patronales et compensation par une hausse de la TVA (baisse des recettes oblige). Face à l’inefficacité de la mesure prise en 2009 (voir Le Monde du 9 mars 2010), que peut-on attendre de cette proposition ? Au regard des connaissances disponibles sur la question, rien. Et ce d’autant plus que la mesure se fonde sur une idée reçue, celle de la responsabilité seule du coût du travail.

Acceptons temporairement l’hypothèse selon laquelle le coût du travail serait bien responsable des délocalisations et de la désindustrialisation. Dans ce cas, ce n’est certainement pas la mesure annoncée qui modifiera la tendance. La baisse supposée du coût de production en France (induite par la baisse du coût du travail) ne peut absolument pas être suffisante pour compenser les différentiels de coûts du travail, y compris si elle est accompagnée d’une hausse de la TVA sur les produits importés. A moins d’un très sérieux alignement par le bas, d’une précarisation de l’emploi poussée à l’extrême, voire d’un recours aux formes illégales du travail, il n’y a aucun moyen de lutter contre les délocalisations motivées par les différentiels de coût du travail. Ceux-ci sont beaucoup trop importants. La tendance naturelle, c’est l’alignement vers le haut. Progrès social oblige, les salaires augmentent dans les pays dits “low cost“, comme en Chine où on a assisté à un triplement du salaire moyen entre 1990 et 2005, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La mesure ne peut qu’être inefficace, mais là n’est pas la question. Inéluctables, les délocalisations ? Pas toujours, car la relation entre désindustrialisation, délocalisation et coût du travail est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

Désindustrialisation et délocalisation ne sont pas synonymes

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Le quinquennat de Nicolas Sarkozy en 5 chiffres

Chômage, déficit, pouvoir d’achat : à quelques mois de la présidentielle, le think tank Terra nova compare les promesses du candidat de 2007 au bilan du président en 2012.

Nicolas Sarkozy, candidat à sa succession, va devoir défendre son bilan. Le chef de l’Etat a souvent fait l’apologie de la politique du résultat, Terra Nova l’a pris au mot. Le think tank, proche du Parti socialiste, a dressé la liste des principaux chiffres de son quinquennat.

Bien évidemment, la crise est en partie responsable de ces contre-performances. Mais leur comparaison aux déclarations de Nicolas Sarkozy en 2007 offre un contraste saisissant.

“Je vous ai promis le plein emploi, je vais me battre pour le plein emploi”. Place de la Concorde, 6 mai 2007.

 

  • Résultat : 1 million de chômeurs supplémentaires

Selon Terra Nova, “le chef de l’Etat restera le recordman de la hausse la plus brutale du taux de chômage depuis trente ans ”. A 8,1% en 2007, son taux devrait être autour de 10% cette année, selon les dernières prévisions de l’Insee.

La baisse des moyens consacrés à la lutte contre le chômage s’est accélérée depuis 2008 (-10,5% entre 2010 et 2011 et -11,3% entre 2011 et 2012), pointe Terra Nova. Le think tank estime que certaines mesures, comme la défiscalisation des heures supplémentaires ont eu des effets néfastes sur l’emploi en période de crise.

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250 000 personnes sans domicile en France

A la fin des années 2000, la France comptait 250 000 personnes sans domicile ou en hébergement précaire et 2,9 millions habitant des logements sans confort, selon une étude de l’Insee publiée jeudi 6 janvier.

Ces chiffres confirment l’impact persistant et largement diffusé de la crise du logement dans le pays, dénoncé régulièrement par des organisations non gouvernementales, au premier rang desquelles la Fondation Abbé-Pierre.

Cette dernière recensait au début de l’an dernier 3,5 millions de “mal-logés“, en se fondant sur des critères différents de ceux retenus par l’Insee. Tout en soulignant que les situations de grande difficulté — de l’absence de logement à la privation de confort — ne peuvent être qu’approchées du point du vue statistique, l’institut évalue à 33.000 le nombre de personnes sans abri ou hébergées en centres d’urgence en France métropolitaine.

Cette population, fortement masculine, est pour près de la moitié localisée en Ile-de-France. S’y ajoutent 66 000 personnes (dont 30 % de mineurs et 40 % de femmes) hébergées pour des durées plus longues par des établissements sociaux, comme les centres de réinsertion sociale ou les établissements d’accueil mère-enfant, et 34 000 vivant dans des logements relevant de l’aide au logement temporaire (ALT).

A côté de ces 133 000 personnes sans domicile, l’Insee en dénombre 38 000 autres vivant à l’hôtel à leurs frais et 79 000 hébergées par un particulier sans lien familial direct, faute de moyens financiers suffisants pour disposer d’un logement indépendant.

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La croissance du 3e trimestre révisée en baisse

L’Insee a abaissé de 0,1 point à +0,3% la croissance du produit intérieur brut de la France au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent et de 0,1 point celle du deuxième trimestre à 0,6%.

Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie

A fin septembre, l’acquis de croissance pour 2010 s’établit à 1,4% (+1,5% en première estimation), selon les comptes nationaux détaillés du troisième trimestre publiés mardi.

Le gouvernement espère que la croissance sera cette année supérieure à 1,6% avant une accélération à 2,0% en 2011.

Dans sa note de conjoncture du 16 décembre, l’Insee prévoyait que la croissance atteindrait 0,5% au quatrième trimestre, 0,3% au premier trimestre 2011 et 0,4% au deuxième.

La révision de la croissance au troisième trimestre résulte d’investissements inférieurs aux estimations dans les services aux entreprises et les travaux publics et d’une consommation de services aux particuliers plus faible, note l’Insee.

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