Stratégie de puissance russe dans le cyberespace

Sous couvert de protéger les données personnelles, le président Russe Vladimir Poutine, signe en juillet une nouvelle loi qui oblige les entreprises à héberger d’ici septembre 2016 les données personnelles des résidents russes à l’intérieur des frontières du pays. Cette loi va directement impacter les services en ligne fournis par l’étranger, en particulier certains services américains populaires en Russie tels que Facebook, Twitter et Google.

Ces derniers vont devoir installer des datacenters sur le sol russe s’ils souhaitent continuer à fournir légalement leurs services sur ce territoire.

Apple, de son côté, va voir ses iPad, iPhone et iMac interdits sur le territoire russe d’ici 2015.

En effet, il n’est guère possible d’utiliser ces outils sans les relier à iCloud ou iTunes, services contenant des données personnelles hébergées aux USA et potentiellement accessibles par la NSA.

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Les documents interdits

Ces 13 documents, ont été reconstitués, puis englobés dans un film unique entre les années 1986 et 1989. L’approche particulière de ces documentaires, en exprimant l’idée que chaque document interdit fut retrouvé à différents endroit de la planète, puis mis sous scellé jusqu’à ce qu’un réalisateur sans grande notoriété Jean-Teddy Filippe se penche sur ces étranges phénomènes qu’il nomma avec effarement, “Récit de doute oubliés” est une subtile manière de faire comprendre le pouvoir de la télévision. Cette supercherie permet en effet de mettre en évidence la facilitée à combler le manque de sources par le montage et l’ajout de sources truquées ou inventées.

1kult.com

wikipedia.org

Propagande : “les lionceaux du Califat”

Lundi 24 novembre, l’Etat islamique a mis en ligne sur Vidme une vidéo de propagande qui atteste pour la première fois de l’existence de camps d’entraînement djihadistes pour enfants. On y voit de jeunes garçons en uniforme noir s’entraîner au combat sous l’égide d’un adulte qui les dirige. Pour la décrypter, nous avons interrogé Wassim Nasr, journaliste à France 24 spécialiste des mouvements djihadistes, et David Thomson, reporter pour RFI et auteur du livre Les Français jihadistes (éd. Les Arènes).

par Mathieu Dejean

Dans cette vidéo, on voit des enfants recevoir un entraînement militaire brutal, se faire taper dans le ventre, casser des briques avec la tête et tirer avec des armes à feu. Ces scènes sont ponctuées par l’intervention d’un djihadiste qui semble diriger le camp : que dit-il ?

Wassim Nasr – Il explique que l’Etat islamique a eu l’idée de mettre en place un camp d’entraînement pour ces enfants qu’ils appellent “les lionceaux du Califat”, et que ce sont des enfants des mosquées. Cela signifie qu’a priori ce sont des enfants orphelins et des enfants de djihadistes. Le programme s’articule en trois phases. Une phase de combat au corps à corps, d’endurance, et d’entraînement militaire pour combattre “les mécréants”, les laïques et les chiites.

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Face aux drones, les piscines des sites nucléaires inquiètent les élus locaux

Cherbourg – Les survols répétés de sites nucléaires par des drones d’origine non identifiée relancent les inquiétudes des élus locaux dans les secteurs proches des centrales, au sujet des piscines où refroidissent les combustibles usagés, beaucoup moins protégées que les réacteurs.

On nous dit “c’est pas un drone qui peut faire sauter le dôme d’une centrale nucléaire” mais, dans une centrale, il y a des éléments comme les disjoncteurs ou les piscines (qui ne sont pas protégés comme le réacteur).

Si on peut survoler les sites avec une petite bombe (à bord d’un drone), ça peut provoquer des dégâts énormes, déclarait jeudi à l’AFP Jean-Claude Delalonde qui préside l’association fédérant les Commissions locales d’information (regroupant élus locaux, syndicats, scientifiques et associations) des installations nucléaires (Anccli).

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L’État islamique entend désormais créer sa propre monnaie (Màj vidéo)

Dans sa tentative de consolider son califat autoproclamé, le groupe terroriste du Moyen-Orient entend désormais battre sa propre monnaie islamique. Ces militants voudraient rétablir le dinar originel qui est une ancienne monnaie des débuts de l’Islam et des personnalités religieuses ont apparemment annoncé son retour dans les mosquées à Mosoul et dans la province irakienne de Nineveh.

Le dinar, uniquement constitué de pièces d’or et d’argent est aujourd’hui utilisé par plusieurs pays, mais les pièces y sont faites dans des matériaux différents de la version originale. Quoiqu’il en soit, le groupe djihadiste est soupçonné de planifier le retour des originaux d’or et d’argent, qui furent mis en circulation pour la première fois en 634, durant le califat d’Uthman.

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Cyber Guerilla – Hackers, pirates et guerres secrètes

En moins de dix ans, le réseau internet est devenu accessible à tous. Les grandes puissances mondiales se préparent à la guerre sur Internet. Les services secrets recrutent des pirates informatiques. Ceux que l’on appelle les hackers vont être aux avant-postes de ces cyber conflits.

Spams, escroqueries, attaques d’ordinateurs zombies, diffusion de virus destructeurs, autant de moyens pour faire fortune aux dépens des citoyens utilisateurs et des grandes corporations. La gradation du crime sur Internet est à l’image du média lui-même : une foire où la créativité individuelle ou collective prend des formes toujours plus étonnantes.

Russie, USA, Estonie, Israël, cette enquête mène le téléspectateur sur les points chauds où les hackers et les gouvernements s’affrontent.

Ukraine : champ de bataille du Soft Power (2012)

L’Ukraine, ne nous est connue que pour ses bagarres au Parlement. En réalité, elles ne sont que l’expression d’une fragilité historique méconnue, pourtant toujours très actuelle. Comme le rapporte François de JABRUN dans son article « Les incertitudes de l’identité ukrainienne », l’Ukraine n’est devenue une réalité politique que très tardivement, lors de son indépendance en 1992, si l’on excepte une longue période de vassalisation sous le régime soviétique du XXème siècle.

Le contexte

L’Ukraine est donc un État Nation en devenir où vivent près de 50 millions d’ukrainiens. Mais à y regarder de près, c’est une mosaïque de plus de 20  groupes ethniques dominée par les Ukrainophones à l’ouest et les russophones à l’est.

Sur ce florilège d’identités potentielles, la langue, berceau de la culture et source d’échanges, y est érigée en appartenance et en barrières. Au centre de ces difficultés, l’identité ukrainienne peine à s’affirmer. Or, on le sait, une faiblesse dans une bataille est une cible.

Certains l’ont bien compris car, si l’Ukraine est isolée dans ses réformes politiques, son économie est prometteuse pour beaucoup. En effet, avec près de 5% de croissance en 2011, l’Ukraine vise une indépendance économique et est, de fait, en recherche de coopérations et de financements tout azimut. Tel est le terreau du champ où des États en concurrence se livrent bataille avec pour arme de prédilection l’influence.

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La Troisième Guerre mondiale a commencé en Ukraine

(Traduction libre par fortune.fdesouche.com. Reproduction autorisée sous réserve de nous citer en source)

Le titre de cet article n’est pas exagéré. En effet, la guerre a éclaté en Ukraine. Les États-Unis, comme les Russes, usent, pour l’instant, d’une guerre de type asymétrique, dans leur tentative de contrôler le pays .

Depuis 1980, suivant les recommandations du Colonel Charlie Beckwith, dans la foulée de l’échec de l’opération Eagle Claw, le Joint Special Operations Command (JSOC) a été créé comme une composante de commandement des États-Unis dépendant directement du commandement des opérations spéciales (USSOCOM).

Sa mission expresse consiste à mener des opérations militaires classifiées au moyen des différentes forces clandestines des États-Unis (comme les Navy Seals, les Rangers et les mercenaires civils tels que Blackwater maintenant connu sous le nom d’Academi) .

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Nos comportements « innés » et les failles qu’exploitent les vendeurs et les marketeurs

Olivier Roland, animateur des blogs « Des livres pour Changer de Vie » et « Habitudes Zen », nous présente le livre Influence et Manipulation de Robert Cialdini qui décrypte nos comportements « innés » qui se transforment en failles à exploiter pour les vendeurs et les marketeurs…

Si l’on veut résumer ce livre, voici ce qu’il faut retenir :en tant qu’êtres humains, nous réagissons souvent automatiquement à certains événements, car réfléchir posément à chaque action que nous faisons coûterait trop en temps et en ressources. Or si dans la majorité des cas ces comportements automatiques ont leurs avantages, ils peuvent être détournés par des personnes averties désirant les exploiter pour nous manipuler. Ce livre décortique ces comportements et ces techniques pour nous aider à nous en prémunir.

Idées phares du livre Influence et Manipulation
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Les relations Russie-Biélorussie – l’affaire Uralkali

« La Russie nous [la Biélorussie] traite comme ses vassaux. Nous sommes une nation gouvernée de facto par la Russie dans les secteurs clés » (1). Mais plus encore qu’à un gouvernement de facto, c’est à l’absorption que la Russie aspire.

Par Mathieu PIEROTTI

Elle partage avec la Biélorussie une langue, une ethnie, une histoire, une religion et les deux nations sont intimement liées tant sur le versant politique que sur le versant économique.

Assénée régulièrement par le Président russe V. Poutine mais aussi par son homologue A. Loukachenko, la fusion politique des deux Etats, « possible [et] désirable » (2), était encore récemment envisagée dans un contexte de crise économique majeure en Biélorussie et concomitamment à la vente d’une partie stratégique de son industrie en échange de moyens de financement.

Avec l’affaire Uralkali – dont les tenants et les aboutissants ne sont pas entièrement démêlés – s’envolent déjà les illusions des plus crédules mais nous verrons à quel point, au contraire, elle est symptomatique d’une relation en dents de scie qui, depuis l’arrivée au pouvoir de V. Poutine, prend la tournure d’un mariage forcé sans réelle stratégie de long terme.

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Poutine, la Russie et les médias français : le coup de gueule de Vladimir Fédorovski

Le 2 mai dernier, des dizaines de pro-russes ont péri dans un incendie à Odessa, allumé au choix par de «jeunes supporters de foot» ou par des nationalistes ukrainiens de Pravy sektor. La télévision allemande a mené un travail d’enquête qui a révélé que certains snipers de Maïdan provenaient du camp anti-russe. Ces deux informations ont été très peu relayées en France. Pourquoi ce deux poids-deux mesures? Y-a-t-il selon vous un tropisme anti-russe dans les milieux médiatiques français ?

Par Eugénie Bastié

La guerre en Ukraine est triple: par les armes, par la propagande et par les services secrets. Dans cette triple guerre les journalistes occidentaux sont instrumentalisés. Même à la fin du communisme, période que je connais très bien, les journalistes étaient plus prudents, et les informations fausses ou non vérifiées finissaient par être démasquées -on se souvient de l’affaire des charniers de Timișoara.

Aujourd’hui, c’est pire que du deux poids-deux mesures, je suis ahuri par le manque de professionnalisme des journalistes, notamment français.

Les journalistes allemands et américains sont plus pointus, les Français, sont souvent politiquement correct et voient le monde en noir et blanc.

Or, comme l’a dit Hubert Védrine dans vos colonnes, «la haine ne fait pas une politique». La présentation unilatérale du massacre d’Odessa, imputé à la responsabilité russe, alors ce sont des russophones qui ont été brulés vifs, est à cet égard significative. Les journalistes ont donné les réponses avant de poser les questions, concluant à la culpabilité russe.

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Prenez un cachou, Karpov (Maj vidéo)

J’ai déjà indiqué ici, avec toutes les réserves qu’impose mon ignorance des détails, que la politique russe en Ukraine, et singulièrement à l’égard de la Crimée était, sinon prévisible, du moins fort logique, et même compréhensible. Je dis cela avec toute la froideur que requiert, au-delà de mon goût pour les bons mots et l’ironie, le suivi de l’actualité internationale.

Par aboudjaffar

L’évolution de la crise ukrainienne m’échappe largement car elle ne m’intéresse pas au-delà des articles lus ici ou là et qui relèvent de la culture générale.

Je reste, en revanche, extrêmement attentif aux arguments des uns et des autres, ici, en France, où ce qui aurait pu être un débat entre adultes a tourné au pugilat.

On assiste ainsi, depuis des semaines, à de fascinantes contorsions, à de merveilleux retournements de vestes, et même à des coming out venant d’un peu partout.

La rationalité, à supposer que certains en aient un jour été capables, a cédé rapidement le pas à des coups de menton qui cachent mal un mélange de fascination malsaine pour la force armée et une série de certitudes idéologiques, glanées à l’extrême gauche ou à l’extrême droite, qui ont en commun d’être à la fois creuses, incohérentes et nauséabondes.

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Union Européenne : Comment le lobby financier condamne Bruxelles à l’impuissance politique

1700 lobbyistes, 120 millions d’euros par an, c’est ce que mobilise l’industrie financière pour “influencer” les institutions européennes et parfois dicter les directives. Une étude de l’ONG montre l’étendue d’un système toléré en toute opacité.

Au moment où chacun put prendre conscience de l’ampleur de la crise financière et de ses conséquences tragiques pour les économies européennes, l’évidence s’imposa qu’il fallait imposer des moyens de régulation et de contrôle afin d’éviter que pareil désastre ne se reproduise. Les gouvernants se multiplièrent alors en déclarations d’intentions affirmant leur volonté de se saisir de la question, et divers plans furent envisagés. Mais, comme le constate Kenneth Haar de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO),

« la puissance de feu du lobby financier pour résister à toute réforme a été manifeste sur chacune des batailles sur la régulation financière depuis la faillite de Lehman Brothers ».

Banques, fonds d’investissement, compagnies d’assurance et autres sociétés du secteur ont agi pour neutraliser la volonté politique en mobilisant des moyens aussi massifs que mal connus, par exemple contre la taxation des transactions financières et toute tentative d’encadrer les produits financiers dérivés, les agences de notation et les activités bancaires en général.

La société civile marginalisée
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De la désinformation

Voici quelques techniques courantes utilisées par différents organes de pouvoir – publics ou privés – cherchant à occulter des vérités qui dérangent. Il est utile de garder ces concepts à l’esprit lors de la lecture d’informations relatives à des sujets controversés (ils sont nombreux)… Pour autant, règle n°1, que vous sachiez même qu’ils le sont. Faites le test. Vous serez sans doute surpris de constater à quel point ces procédés percolent au travers de nombre de propos tenus par des instances officielles, des “experts” et par extension de nombreux médias.

Technique n°1 : Évitement

Ne pas écouter la controverse, ne pas la voir, ne pas en parler. Si elle n’est pas rapportée, elle n’existe pas et il n’y a pas lieu de s’en occuper.

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L’art de la déstabilisation psycho cognitive

La déstabilisation concurrentielle est une pratique extrêmement répandue dans nos sociétés capitalistes, mondialisées et plongées dans un contexte de guerre économique. Cette pratique fait intervenir des actions d’influence, de désinformation, d’intoxication mais aussi des pratiques illicites (espionnage industriel, corruption, attaques informatiques,…). Nous allons étudier comment utiliser des techniques scientifiquement validées de persuasion, d’influence et de manipulation pour modifier les attitudes et les comportements des individus.

Par Thomas Bonnecarrere


Libre-échange Etats-Unis / Europe : pourquoi une telle discrétion médiatique ?

Les Etats-Unis et l’Union Européenne mènent des négociations commerciales depuis juillet 2013 pour mettre en place un accord de libre-échange dans un très important nombre de domaines.S’il voit le jour, cet accord pourrait avoir des conséquences non négligeables sur notre économie et nos vies.

 

La presse française est très discrète sur le sujet et ces négociations n’ont donc quasiment suscité aucun débat dans l’opinion publique lors de la semaine écoulée. L’occasion était pourtant belle d’en parler avec la venue de Barack Obama à Bruxelles.

Pourquoi si peu de médiatisation ?

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Pascal Marchand : géopolitique de l’Europe et de la Russie (vidéo)

Pascal Marchand est géographe, professeur des Universités à Lyon II, spécialiste de la géopolitique de l’Europe et de la Russie et auteur de l’Atlas géopolitique de la Russie : La puissance retrouvée.

Interviewé pendant 42 mn par Agence Info Libre, il livre une synthèse historique, géographique, économique et stratégique des relations entre la Russie, l’Ukraine, les républiques du Caucase, l’Union Européenne et l’OTAN, et nous ramène avec brio sur l’actuelle crise en Ukraine et le récent rattachement de la Crimée à la Russie.

electrosphere.blogspot.fr

L’investissement direct étranger (IDE) en Ukraine

En augmentation durant ces dernières années, les IDE à destination de l’Ukraine ont connu un net ralentissement du fait de la récession mondiale et de la crise économique sévère qui a touché le pays. Après avoir rebondi en 2010 (+23,7% par rapport à 2009), les flux se sont taris. En 2012, ils ont baissé de 9,4% par rapport à 2011, s’élevant à 4,13 milliards USD.

L’échec du rapprochement avec Bruxelles et la perte du soutien du FMI sont autant de facteurs qui jouent négativement sur la confiance des investisseurs.

 

En dehors de cette conjoncture défavorable, un système judiciaire inefficace et corrompu, la complexité des lois et règlements, le faible respect des contrats et la mauvaise gouvernance sont de sérieux freins à l’investissement.

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Ukraine : une rumeur accuse l’opposition d‘être les snipers de Maïdan

Un ou plusieurs snipers ayant tiré sur les manifestants d’Euromaïdan s‘étaient installés dans le siège de la banque d’Ukraine, à Kiev. Les enquêteurs y ont découvert des douilles correspondantes aux balles retrouvées dans les corps des victimes. Ce sont par ailleurs les mêmes balles qui ont servi pour attaquer les forces anti-émeutes et les opposants.

Mais qui a fait appel à ces tireurs ?

Dans un entretien piraté entre les chefs de la diplomatie estonienne et européenne,

Urmas Paet fait part à Catherine Ashton d’une rumeur qui accuse les membres de l’actuelle coalition d’avoir commandité ces attaques.

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Le dessous des ONG, une vérité cachée : Amnesty International

Si au premier abord, les ONG poursuivent des objectifs louables s’orientant vers la défense des droits de l’Homme et de la dignité humaine, de plus en plus d’éléments démontrent que pour certaines de ces organisations ce constat est à relativiser. Infiltrées par des représentants des gouvernements, prenant part à certains conflits, passant sous silence d’autres ; en filigrane se dessinent les contours d’une stratégie qui est le reflet de la politique des départements des affaires étrangères.
Par l’AEGE
Certains gouvernements, comme les États-Unis, ne se cachent d’ailleurs pas de cette instrumentalisation des Organisations « non-gouvernementales ».
Ainsi, l’ancien secrétaire d’État Colin Powell, dans un discours adressé aux ONG au début de l’Operation Enduring Freedom(l’invasion de l’Afghanistan), en octobre 2001, déclarait :
«Les ONG sont un démultiplicateur de force pour nous, une partie tellement importante de notre équipe combattante.»1

En Ukraine, un calendrier sexy et politique fait scandale

Un almanach présentant des jeunes femmes très déshabillées a été présenté comme un plaidoyer en faveur de l’UE, mais les modèles pensaient poser pour des chaussures.

En Ukraine, l’opposition pro-européenne au président Ianoukovitch revêt parfois, en marge des manifestations, des formes insoupçonnées. Un photographe d’Odessa a mis en scène les mois de l’année 2014 de façon coquine et politique: douze jeunes femmes dénudées apparaissent aux côtés de slogans chocs en faveur d’un rapprochement vers l’UE.

Mais, comme le signale le site d’informations locales Dumskaya, relayé par Courrier international, les mannequins recrutés s’estiment trompés. Elles pensaient qu’il s’agissait d’une simple campagne publicitaire pour des chaussures, seul élément d’habillement conservé sur les clichés avec les sous-vêtements. La séance de shooting avait été organisée dans un grand magasin d’Odessa.

Une «sale provocation du pouvoir»

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Les acteurs de la crise ukrainienne

Il est temps de revenir sur la crise ukrainienne afin de comprendre les acteurs et les enjeux. Nous verrons qu’une fois de plus, la lutte du bien contre le mal n’a pas grand-chose à y voir.

Par Xavier Moreau

Les États-Unis

Nous avons souvent évoqué la nécessité revendiquée, pour les géopoliticiens anglo-saxons, de séparer de manière radicale l’Ukraine de la Russie. Le but est de réduire au maximum l’ « européannité » de l’empire eurasiatique, dont la proximité géographique en fait un partenaire naturel des deux autres grandes puissances continentales, française et allemande.

Les États-Unis souhaitent aujourd’hui maintenir leur domination sur l’Europe à moindre frais, afin de concentrer leurs forces vers l’Asie.La rupture entre l’Ukraine et la Russie écarterait pour un temps l’ascension inévitable de Moscou comme première puissance européenne.

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Poutine, l’homme qui les rend tous fous

Les Occidentaux étaient persuadés que sur le front syrien, on ne pouvait rien attendre de la Russie. Et voilà que Poutine lance une initiative diplomatique qui fait bouger les lignes. Comment expliquer ce tête à queue ?

Par Jack Dion.

Ce sont les aléas d’une actualité mouvante mais aussi les conséquences des esprits formatés par des a priori idéologiques. Dans son numéro de cette semaine, L’Express publie un article fort circonstancié titré : «Poutine ou les calculs de « M. Niet ». Décryptons la formule pour les plus jeunes et pour ceux qui ne sont pas férus de Kremlinologie. En somme, à l’instar de feu Andreï Gromyko, ministre des affaires étrangères de l’époque soviétique, l’actuel président d’un pays appréhendé comme un remake de l’URSS ne peut que dire Non à tout.

Le Belge libéré en Syrie: “Ce n’est pas le gouvernement Al-Assad qui a utilisé le gaz” (MAJ)

L’enseignant belge Pierre Piccinin da Prata, kidnappé en Syrie au mois d’avril et libéré ce dimanche (en même temps que son confrère Domenico Quirico, journaliste italien), a accordé une interview à RTL-TVI ce lundi matin. Il a indiqué que le gaz sarin n’avait pas été utilisé par le régime de Bachar Al-Assad.

“C’est un devoir moral de le dire. Ce n’est pas le gouvernement de Bachar Al-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou autre gaz de combat dans la banlieue de Damas. Nous en sommes certains suite à une conversation que nous avons surprise. Même s’il m’en coûte de le dire parce que depuis mai 2012 je soutiens férocement l’armée syrienne libre dans sa juste lutte pour la démocratie”,

a-t-il déclaré à Luc Gilson dans une interview enregistrée à Gembloux pour RTL-TVi.

RTL

L’enseignant belge Pierre Piccinin da Prata, kidnappé en Syrie au mois d’avril et libéré dimanche en même temps que le journaliste de La Stampa Domenico Quirico, a accordé une interview à RTL-TVI ce lundi matin. Il a indiqué que le gaz sarin n’avait pas été utilisé par le régime de Bachar Al-Assad. Confronté au démenti de M. Quirico dans le journal de 19h, il a maintenu sa position, ajoutant qu’il serait aujourd’hui suicidaire pour l’occident de soutenir les islamistes qui dirigent désormais la rébellion syrienne.

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Intervention en Syrie : La recherche d’un prétexte à tout prix [1]

La coalition réunissant les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France, la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar vient de franchir un nouveau pas dans sa volonté d’intervenir en Syrie afin de renverser le régime de Bachar El-Assad. Utilisant ses énormes moyens de communication, elle vient de lancer une vaste campagne d’intoxication de l’opinion internationale afin de la convaincre que Damas a utilisé l’arme chimique contre son peuple, commettant ainsi un véritable crime contre l’humanité et méritant  « d’être puni ».

Par Eric Denécé

Aucune preuve sérieuse n’a été présentée à l’appui de ces affirmations. Au contraire, de nombreux éléments conduisent à penser que ce sont les rebelles qui ont utilisé ces armes. Ces mensonges médiatiques et politiques ne sont que des prétextes. Ils rappellent les tristes souvenirs du Kosovo (1999), d’Irak (2003) et de Libye (2010) et ont pour but de justifier une  intervention militaire afin de renverser un régime laïque, jugé hostile par les Etats-Unis  - car allié de l’Iran et ennemi d’Israël – et impie par les monarchies wahhabites d’Arabie saoudite et du Qatar. Il est particulièrement affligeant de voir la France participer à une telle mascarade.

  • [1] Ce texte reprend, pour partie, des analyses produites par Alain Chouet, Alain Corvez et Alain Rodier, tous trois anciens officiers du renseignement français.

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Euramérique, Eurorussie ou Eurasie?

Par Alexandre Latsa

Récemment, le site Atlantico a publié un échange de réflexions fort intéressant entre Alexandre Del Valle et Alexandre Melnik sur les perspectives viables pour l’Occident. Les deux Alexandre, qui n’ont de commun que leurs prénoms, prônent deux voies différentes et opposées pour la réaffirmation de l’Occident puissance: l’Alliance continentale Europe-Russie ou l’alliance transatlantique Europe-Amérique.

Cette thématique semble prendre une importance croissante au fur et à mesure que les relations Russie-USA se détériorent, que l’Europe s’enfonce dans la crise et que la Russie regagne stratégiquement des positions, réaffirmant ainsi peu à peu sa position de grande puissance. La même semaine, le site Europe-Israël publiait lui un article intitulé: La morale change de camp, article très élogieux envers Vladimir Poutine et envers la politique russe dans le monde musulman, présentant une Russie devenue la protectrice des minorités, notamment chrétiennes. Le site prenait en exemple les manifestants de la place Tahrir qui dénonçaient l’alliance entre États-Unis et Frères musulmans et appelaient la Russie à s’impliquer dans la révolution égyptienne.

L’occident a été historiquement lié à l’Europe, la Méditerranée puis l’Europe du nord et de l’ouest, avant de ne se juxtaposer sur le monde anglo-saxon dès le 17ième siècle via l’empire colonial de l’Angleterre et sa puissance maritime. Ce règne de la rose n’a réellement pris fin qu’après la première guerre mondiale, qui a historiquement marqué la fin des empires européens, y compris l’empire britannique, supplantés par la puissance la plus occidentale et la plus maritime d’Occident: les États-Unis d’Amérique.

Ceux-ci achèveront la déseuropéanisation de l’Occident en confirmant leur leadership planétaire en 1991, lors de la mort de l’Union Soviétique. La fin de l’Union Soviétique scellera aussi le destin eurasien de la Russie et donc le déplacement du centre d’attraction du continent vers l’Est et l’Eurasie.
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L’intérêt de la dette, un levier d’influence politique

La dette représente un levier d’influence pour les créanciers qui la détiennent.En effet certains Etats ou organisations comme l’UE ou le FMI peuvent utiliser ce levier pour influencer la politique d’un Etat dont ils détiennent de la dette. Or cette influence peut être bienveillante dans certains cas, destructrice dans d’autres.

Le coup de pouce

L’UE a plusieurs fois allégé, voire même annulé, la dette de pays africains dont elle voulait favoriser le développement. En 2012, l’UE a par exemple décidé de soutenir l’apurement de la dette guinéenne en effaçant 15 millions d’euros d’arriérés, en échange de quoi la Guinée s’est engagée à assurer la tenue d’élections législatives libres et transparentes. Néanmoins les choses ne se passent pas toujours aussi tendrement.

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Les manipulations de l’information à partir des causes morales

Dans le panel des méthodes d’influence et de guerre culturelle, la « récupération » de causes morales joue un grand rôle. En général, cela consiste à récupérer une cause, l’écologie, l’homosexualité, les femmes battues, parce que son image est jugée bonne, soit qu’elle jouisse d’un potentiel de sympathie dans l’opinion publique, soit qu’elle permette d’endosser le rôle de la victime, minoritaire et/ou persécutée, donc faible et incapable de nuire, de sorte à inhiber le jugement critique à son encontre, stratagème essentiel dans tout rapport de forces.

Le travestissement de l’information d’origine sociétale
La sociologie anglo-saxonne a inventé un terme pour désigner les effets sociétaux de cette tendance : la culture des « cry babies », traductible par « culture des pleurnichards ».

Ce principe d’ingénierie des perceptions fondé sur l’imitation du statut de victime cherche à faire changer la perception d’un acteur économique ou politique dominant en hameçonnant les consciences par le façonnage d’une image de faiblesse simulée de cet acteur.

Le fort se fait passer pour le faible, et le vrai faible est accusé d’être fort. Cette inversion de la perception du réel se performe notamment par l’affichage ostensible de tous les signes extérieurs de l’adhésion à une cause morale « politiquement correcte », toujours la cause des minorités ou des opprimés, mais en continuant d’agir fondamentalement contre elle. On soutient d’une main ce que l’on détruit de l’autre. « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ».

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Lobbying : Dans l’antichambre du pouvoir

Ils représentent des fédérations ou des entreprises ou exercent comme consultants indépendants en charge d’un portefeuille de plusieurs clients dont ils défendent les intérêts auprès des décideurs politiques.

La journaliste Anna Grün a pu accompagner exceptionnellement quelques-uns d’entre eux, notamment Corinne Fabre, une pointure du lobbying à Paris, et Karl Jurka, consultant allemand qui, pour 650 euros de l’heure, déploie tous ses talents et contacts pour influencer les décisions du parlement allemand notamment lors de rendez-vous discrets dans le très select China club…

Leur objectif : donner la bonne information à la bonne personne. Si l’avis des acteurs du monde financier et industriel évite d’être coupé de la réalité d’un pays, la manière dont il pèse sur les décisions manque cruellement de transparence selon la députée PS française Catherine Lemorton. La faute selon elle au désengagement de l’État dans les expertises publiques désormais laissées aux seuls consultants extérieurs.

À tel point que souvent les intérêts privés priment sur l’intérêt général, à l’instar de la loi sur le prix du médicament votée en Allemagne : le bénéfice thérapeutique qui conditionne le remboursement sera évalué non par un comité indépendant, comme proposé en première instance, mais par le ministère, plus facile à influencer. Un amendement directement proposé par l’industrie pharmaceutique et repris tel quel par le Parlement.

Afrique : La Chine consolide son influence médiatique

L’expansion médiatique chinoise en Afrique se poursuit par une voie qui pourrait paraître anachronique : le quotidien China Daily vient en effet de lancer une édition papier destinée au public anglophone du continent noir.

Un lancement qui ne doit rien au hasard selon Zhu Ling, rédacteur en chef du China Daily :

les relations entre la Chine et l’Afrique sont l’une des plus importantes du monde actuel. Elles sont en forte croissance mais restent complexes, aussi bien du côté chinois que du côté africain. Nous espérons que le lancement d’une édition africaine du China Daily permettra d’améliorer ces relations“.

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Géoéconomie : la stratégie d’investissement du Qatar

Le Qatar, pays de 11 437km² peuplé d’1.8 millions d’habitants dont 80% d’immigrés tire de très importantes rentes de ses exportations de pétrole mais surtout de gaz liquéfié dont il est le premier producteur. Ce pays du Golfe est confronté à une surcapacité de financement et après avoir investi massivement dans de somptueuses infrastructures en interne est en train de se diversifier pour parer la fin de l’ère pétrolière. Au travers de ses différentes holdings, le Qatar investi dans des entreprises et industries mais aussi dans le sport et l’immobilier tout en menant une politique agressive d’achat de terres arables à l’extérieur de ses frontières. Quelle est la stratégie d’investissement du Qatar ?

Par Antoine Laurent

Industriels : Sur la carte ci-dessus, les principaux investissements industriels du Qatar sont matérialisés par des flèches bleues. On peut observer que les principaux investissements se font en Europe de l’Ouest mais aussi en Chine dans le secteur stratégique des télécommunications. L’Europe reste une zone géographique privilégiée de cet Etat de part ces anciennes attaches coloniales mais aussi de par la crise financière que traverse le continent.

On peut noter une très forte concentration d’investissement en France dans des industries considérées comme stratégiques ou autres grands groupes du CAC40 dans divers secteurs. Ces investissements massifs en France sont les résultantes de la politique du pays accueillant les investisseurs qataris comme dans un paradis avec des exonérations d’impôts comme  les plus-values sur cessions.

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Monarchies du Golfe : Des “amies” qui nous veulent du mal ?

Les lunes de miel ne sont pas faites pour durer. Celle entre la France et le Qatar pas davantage que les autres. Pourtant, il y a quelques mois encore, rien ne parvenait à tempérer l’enthousiasme à l’égard de cette petite monarchie du golfe, véritable miraculée de la crise mondiale, capable d’investir dans le foot, les médias, le CAC 40, les musées, les banlieues françaises…bref capable de donner un peu d’air à une économie, la nôtre, à bout de souffle.

 par Hervé Gardette  - Du Grain à moudre – franceculture.fr - Via THEATRUM BELLI

Mais vous connaissez la fable, celle de la grenouille qui se voulait plus grosse que le bœuf.

Si le Qatar n’a pas encore implosé du fait de sa suffisance, disons que son image sur la scène internationale, et notamment française, cette image est sérieusement écornée.

Le Qatar est soupçonné de financer, plus ou moins directement, les jihadistes dans le nord du Mali. Accusation d’abord relayée par la presse, le Canard enchainé en tête, et désormais par certains élus. Sans que pour l’instant les autorités ne communiquent officiellement sur le sujet. Accusations légitimes ou pas ? En tout cas, à force de vouloir être omniprésent, le Qatar a fini par se laisser prendre à son propre piège. A savoir : être vu partout, y compris là où on n’est pas sûr qu’il soit.

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Claude Revel : La France : un pays sous influences ?

Xerfi Canal a reçu Claude Revel, présidente–fondatrice d’IrisAction et responsable du Centre Global Intelligence & Influence de SKEMA Business School, qui a présenté son dernier ouvrage “La France : un pays sous influences ?” (éd. Vuibert)

Normes mondiales de la bonne université, du bon pays où investir, louanges puis critiques des biocarburants, États sous contrôle d’agences privées, rôle de Facebook et Twitter dans les révolutions arabes, succès mondial du concept de développement durable… ces quelques exemples parmi d’autres, illustrent les jeux de ce pouvoir invisible qu’est l’influence. Celle-ci a déjà complètement redistribué les cartes de la puissance depuis une trentaine d’années. Certains – États, entreprises, ONG – ont su saisir cette opportunité ; d’autres, non.

Qu’en est-il de la France ?

La France face aux armes d’influence