«L’héritage est redevenu crucial»

Aujourd’hui comme au temps de Balzac, les patrimoines sont concentrés en main de quelques-uns. C’est la thèse de l’économiste français Thomas Piketty.

Thomas Piketty, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, n’est pas homme à lancer des pavés dans la mare sans assurer ses arrières: ainsi, dans Le capital au XXI siècle, c’est 300 ans et 20 pays que le professeur a analysés avant de conclure: oui, les inégalités se creusent, et ce sera vrai tant que le taux de rendement du capital dépassera le taux de croissance de la production et du revenu.

Piketty ne se contente pas d’un constat, il propose aussi une solution capable de renverser la tendance sans pour autant couper la tête des riches.

Aujourd’hui comme au temps de Balzac, mieux vaut hériter que travailler, dites-vous en substance. Vraiment?

C’est un peu exagéré ! Mais je fais bel et bien le constat dans ce livre qu’il y a actuellement une tendance lourde à la progression des inégalités, et croyez-moi, je n’ai aucun goût pour les prévisions apocalyptiques.

La société du mérite telle qu’on la conçoit, c’est donc un leurre?

On s’est raconté beaucoup de belles histoires optimistes sur le triomphe du capital humain, sur la méritocratie et l’égalité des chances.

Si ces dernières sont plus vraies aujourd’hui que du temps de Balzac, elles sont en revanche moins vraies que durant les Trente Glorieuses. Pour résumer, un honnête salarié pouvait, durant les Trente Glorieuses, s’acheter une maison grâce au fruit de son travail. Aujourd’hui, ses chances sont quasi nulles, sauf s’il hérite.

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La BCE ouvre la porte à l’assouplissement quantitatif

La Banque centrale européenne n’exclut pas d’acheter des actifs bancaires pour combattre une éventuelle déflation, a déclaré mardi le président de la Bundesbank, comme pour signifier prudemment un infléchissement de la traditionnelle réticence de la BCE à épouser une pratique controversée.

Le rachat d’actifs bancaires par la Banque centrale européenne s’apparenterait à de l’assouplissement quantitatif, mesure à laquelle ont largement eu recours la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre pour soutenir leurs économies mais à laquelle la BCE, notamment sous la pression de l’Allemagne, s’est toujours refusée.

La BCE a baissé ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas et inondé le système bancaire avec des prêts à taux bas, mais la reprise reste fragile et le taux d’inflation ne remonte pas.

De nombreux économistes estiment depuis un moment que la BCE a épuisé ses marges de manoeuvre en matière de taux directeurs et doit envisager des mesures plus radicales comme l’achat de dette souveraine, à l’instar de ce que fait régulièrement la Fed pour soutenir l’économie américaine.

L’assouplissement quantitatif est une politique controversée puisqu’elle s’apparente pour ses détracteurs à un financement d’un Etat par une banque centrale, une pratique interdite à la BCE par ses statuts.

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Olivier Delamarche : « Yellen n’avait pas vu la crise et là on pense qu’elle anticipe 2015. »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion et Pascale Auclair, directeur général de la Française AM, le 31 mars 2014 sur BFM Business, mettent les points sur les i dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

Partie 1:

Partie 2:

La crise de croissance des pays émergents

Déconfiture monétaire, asthénie boursière, fuite des capitaux… En Chine comme en Argentine, en Afrique du Sud ou en Turquie, les économies toussent. Et c’est la planète entière qui s’enrhume.

Par Alain Faujas

Qui eût cru que les pays émergents seraient à leur tour touchés de plein fouet par la crise ? Il y a un an, ils caracolaient en tête de tous les palmarès de croissance. En 2008, ils avaient assuré 98 % de la création mondiale de richesse, selon le cabinet Euler Hermes. Les capitaux du monde entier affluaient pour profiter de leurs brillantes perspectives de développement.

Aujourd’hui, les nuages s’amoncellent sur leurs économies. Leurs populations grondent, et leurs monnaies s’affaissent les unes après les autres. Entre le 1er mai 2013 et le 30 janvier 2014, le peso argentin a perdu 35 % de sa valeur par rapport au dollar. Et les autres ne font guère mieux : – 21 % pour la livre turque ; – 20 % pour la roupie indonésienne ; – 19 % pour le rand sud-africain ; – 17 % pour le réal brésilien ; – 14 % pour la roupie indienne… Quant au rouble russe, il a perdu 11 % de sa valeur et, le 3 février, il a atteint le plus bas de son histoire face à l’euro.

“Pas de panique”, a conseillé le FMI, mais les financiers ne l’écoutent guère et fuient massivement les pays émergents

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Venezuela : la classe moyenne contre insécurité et pénurie

Elle tape sur des casseroles, défile dans les rues ou construit des barricades avec des poubelles, la classe moyenne vénézuélienne manifeste à tout âge et sous toutes ses formes depuis le 4 février son ras-le-bol contre l’inflation, les pénuries alimentaires et l’insécurité dans leur pays, une des principales puissances pétrolières de la planète. C’est la pire contestation affrontée par le président Nicolas Maduro, l’héritier d’Hugo Chavez, la figure de proue de la gauche latino-américaine décédée le 5 mars 2013, il y a presqu’un an.

Philippe Béchade invité de “monnaie libre” (janvier 2014)

Philippe Béchade, rédacteur en chef de la chronique Agora, analyste financer depuis près de 30 ans, et souvent sollicité sur les médias est l’invité de l’émission Monnaie Libre.

On apprend lors de cet entretien que Philippe Béchade connaît bien l’économiste Yoland Bresson avec qui il a travaillé sur le Revenu de Base au début des années 2000. En véritable amateur du jeu d’échecs, il ne se prive pas non plus de nous livrer quelques métaphores à propos de l’économie.

C’est également avec une légère teinte d’ironie et d’humour que Philippe Béchade nous décrit comment les banquiers auto-légitiment le système bancaire, s’exonèrent eux-mêmes de toute responsabilité dans les crises financières, et nous détaille le mécanisme d’effondrement à l’œuvre. On y voit aussi un commencement d’analyse des monnaies numériques et du Revenu de base comme sorties possibles d’un système monétaire non-libre.

Venezuela : L’augmentation du salaire et la baisse du chômage continuent (Màj)

Addendum (prenant le contrepied de l’article ci-dessous) : Le menu Big Mac de Cararas

[...] Une fois retraité de la surévaluation du bolivar, le salaire minimum vénézuélien est probablement le plus faible du continent, au coude-à-coude avec son équivalent bolivien ($173,66).

Occultés par les médias privés vénézuéliens et leurs relais internationaux (Le Monde, El Pais, Libération, NY Times, etc..) les chiffres révélés en janvier 2014 par l’Institut National de la Statistique indiquent une nouvelle baisse du chômage, tombé à 5,6% en décembre. Ce chiffre est le plus bas enregistré par le gouvernement bolivarien (rappelons que le chômage atteignait 11% lors de l’élection de Hugo Chavez en décembre 1998).

grafico31De 1999 à 2013, l’économie vénézuélienne a décollé grâce au rôle moteur de l’État et aux investissements publics, permettant à 4.185.697 personnes de trouver un emploi. L’étude indique également que le travail “informel” qui occupait 55 % de la population active en 1999 a reculé en 2013 à 37,9 %.

Dans la même période l’emploi formel a fortement augmenté, passant de 45,0% à 62,1% de la population. Signe des temps, le Venezuela est devenu, après l’Argentine, le deuxième pays latino-américain en nombre d’immigrants (en grande majorité espagnols) qui fuient l’Europe en quête d’un travail.

En janvier 2014, le président Maduro a décrété une nouvelle augmentation de 10 % du salaire minimum, ce qui en fait le plus élevé d’Amérique Latine. De mai 2013 à janvier 2014 celui-ci a augmenté au total de 59% pour s’établir actuellement à 3270 bolivars. Parallèlement les droits des travailleurs vénézuéliens ont été renforcés par une nouvelle loi du travail qui a brisé le carcan néo-libéral (1).

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Inflation et déflation coexistent désormais

Par Myret Zaki

Suivant les opinions, vous trouverez ceux qui vous diront qu’on évolue dans un environnement d’hyperinflation rampante. Ou ceux qui vous assureront qu’au contraire, on est en déflation, seul danger qu’ils identifient dans un monde qui serait devenu «zéro inflation». Ce que peu vous diront, c’est que nous avons aujourd’hui une inflation et une déflation qui coexistent dans les économies développées.

Janus (pas le nôtre, mais le dieu grec)

Là où se cache l’inflation

L’inflation se cache dans les marchés financiers. La déflation se loge dans l’économie réelle. Configuration déplaisante, mais aisément démontrable.

Depuis que les banques centrales ont recouru à leurs outils non conventionnels pour injecter des liquidités illimitées dans les marchés, ce phénomène inédit de l’inflation financière couplé à la déflation économique s’est installé, sans que les théories économiques conventionnelles ne parviennent à l’identifier.

Ce qui a enfanté cette situation, ce sont les remèdes choisis pour sortir de la crise de 2008 : aux Etats-Unis, l’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale (Fed), au départ destiné à relancer l’économie réelle, a prouvé qu’il n’avait d’influence que sur les marchés financiers.

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Livret A : Décollecte nette de 790 M d’euros

Les retraits sur le Livret A ont été supérieurs aux dépôts en novembre, pour le troisième mois de suite, la décollecte nette atteignant 790 millions d’euros, selon des chiffres publiés aujourd’hui par la Caisse des dépôts.

Sur les onze premiers mois de 2013, la collecte nette (dépôts moins retraits) s’établit à 11,79 milliards d’euros, principalement grâce à un très bon début d’année. En novembre 2012, la collecte nette sur le Livret A avait atteint 2,40 milliards d’euros. Sur les trois dernier mois, la décollecte nette sur le Livret A s’élève à 3,79 milliards d’euros.

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Les 5 risques économiques mondiaux de 2014

L’équipe recherche économique de la banque Natixis identifie 5 risques majeurs pour 2014.

- Une croissance nettement inférieure aux attentes en France et en Italie;

- le retour de la crise des dettes souveraines dans la zone euro avec la dynamique divergente des taux d’endettement publics dans plusieurs pays;

- s’il y a retour de la crise des dettes souveraines dans la zone euro, la contagion de cette crise sur les marchés des pays émergents, d’autant plus que beaucoup de pays émergents ont une fragilité accrue (déficits extérieurs, croissance plus faible, perception du risque plus forte);

- la rechute de l’économie japonaise si la hausse de 3 points de la TVA le 1er avril 2014 est prélevée sur la consommation et non sur l’épargne et si les salaires n’augmentent pas plus vite;

- une pentification forte des courbes des taux d’intérêt due à la politique monétaire plus restrictive aux États-Unis, même si la Réserve Fédérale veut essayer de l’empêcher.

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Elvira Nabioullina : six mois à la tête de la Banque centrale [de Russie] – qu’est-ce qui a changé ?

Le 24 décembre 2013 marque les six mois de la nomination d’Elvira Nabioullina à la tête de la Banque centrale de Russie. En cette période relativement courte, le secteur bancaire national a connu des évolutions multiples et profondes. Le quotidien économique RBK Daily revient sur les plus marquantes.

Vladimir Poutine avec Elvira Nabioullina et Sergueï Ignatiev, le 12 mars 2013 à Moscou

Elvira Nabioullina a appris qu’elle serait nommée à la présidence de la Banque centrale dès le printemps 2013. Avant d’entrer en fonctions, elle promettait de « ne pas révolutionner la politique RH en vigueur » : ni démissions retentissantes ni nominations surprenantes. Mais il en est allé autrement. Le jour même de la nomination de Mme Nabioullina, le 24 juin 2013, le premier adjoint au président de la Banque, Alekseï Oulukaev, quittait son poste pour prendre la tête du ministère du développement économique. À l’été 2013, ses trois autres adjoints partaient à leur tour : Mikhaïl Senatorov, qui répondait des IT, Viktor Melnikov, qui luttait contre le blanchiment d’argent sale, et Vladislav Kontorovitch, en charge des systèmes de paiement. Selon nos sources proches de la Banque centrale, de nombreux autres collaborateurs ont également démissionné. Ces mêmes sources soulignent que si au début, effectivement, Elvira Nabioullina n’envisageait pas de se séparer de ses adjoints, elle a progressivement compris que l’ampleur des tâches qu’elle avait à gérer exigeait un renouvellement total des équipes dirigeantes. « Visiblement, Mme Nabioullina tient beaucoup à justifier la confiance qu’on lui porte en haut lieu », précise un de nos interlocuteurs.

Projets en sommeil Lire la suite

Le nom de Ben Bernanke restera dans les mémoires de la Fed…

Par Philippe Béchade

J’ai déjeuné mardi avec une joyeuse assemblée de gérants et d’analystes mal pensants qui estiment qu’un jour, Ben Bernanke sera considéré comme le responsable d’une des pires crises qu’aura connu le capitalisme au cours des deux derniers siècles.

Son nom, tout comme celui d’Alan Greenspan, restera à tout jamais associé à un désastre financier qu’il n’avait ni vu venir ni cherché à prévenir en 2007/2008. Il demeurera aussi celui qui tenta, pour résoudre un problème de dette, d’en créer encore plus que son pays n’en avait jamais généré au cours du siècle précédent.

La Fed qui a fêté son 100ème anniversaire il y a quelques jours pourrait bien ne pas souffler sa 101ème bougie si jamais les Chinois ou d’autres créanciers exigeaient plus qu’un recours systématique à la planche à billets pour bénéficier de l’assurance d’être remboursés un beau jour.

Mais tout le monde sait bien que les Etats-Unis en sont incapables… donc tout le monde a intérêt à faire semblant qu’ils en ont encore la capacité.

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Dmitry Orlov : “Leçons post-soviétiques pour un siècle post-américain”

Par Dmitry Orlov - Juin 2005

Il y a une décennie et demi, le monde est passé de bipolaire à unipolaire, parce que l’un des pôles s’est désagrégé : l’Union soviétique n’est plus. L’autre pôle — symétriquement appelé les États-Unis1 — ne s’est pas (encore) désagrégé, mais il y a des grondements menaçants à l’horizon. L’effondrement des États-Unis semble aussi improbable maintenant que l’était l’effondrement de l’Union soviétique en 1985. L’expérience du premier effondrement peut-être instructive pour ceux qui souhaitent survivre au second.

Les gens raisonnables ne soutiendraient jamais que les deux pôles aient été exactement symétriques ; en même temps que des similitudes significatives, il y avait des différences également significatives, les unes et les autres étant valables pour prédire ce qu’il adviendra de la seconde moitié du géant super-puissant aux pieds d’argile qui autrefois enjambait la planète, lorsqu’elle se désagrégera aussi.

J’ai voulu écrire cet article pendant presque une décennie à présent. Jusqu’à récemment, cependant, peu de gens l’auraient pris au sérieux. Après tout, qui aurait douté que la locomotive économique mondiale que sont les États-Unis, ayant récemment gagné la guerre froide et la guerre du Golfe, continue, triomphalement, vers l’avenir brillant des super-autoroutes, des jets supersoniques et des colonies interplanétaires ?

Mais plus récemment le nombre de sceptiques a commencé de croître régulièrement. Les États-Unis sont désespérément dépendants de la disponibilité de pétrole et de gaz naturel peu chers et abondants, et accrochés à la croissance économique. Une fois que le pétrole et le gaz seront devenus chers (tels qu’ils le sont déjà) et de plus en plus difficiles à obtenir (l’affaire d’une année ou deux tout au plus), la croissance économique s’arrêtera et l’économie américaine s’effondrera.

Beaucoup de gens railleront ce pronostic déprimant, mais cet article devrait trouver quelques lecteurs tout de même.
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Venezuela : Pénuries et inflation

Dans un marché de Caracas, Juan compte une liasse de billets chiffonnés pour régler une douzaine d’oeufs et de la farine de maïs. «Merde! C’est de la folie!», s’énerve-t-il, las de devoir composer avec une inflation record qui culmine à 29% depuis le début de l’année.

Nicolás Maduro, successeur d’Hugo Chavez à la présidence du Venezuela

Et dans les files d’attente, nombreux sont ceux qui perdent leur sens de l’humour. «C’est horrible! Comment un pays pétrolier peut-il tant dépendre des importations? On ne produit rien ici», s’énerve encore un septuagénaire, artiste peintre du quartier de Guarataro, dans l’ouest de la capitale.

Sa frustration, dit-il à l’AFP, «ne vient pas de nulle part». Le Venezuela accuse en effet un taux d’inflation record en Amérique latine, aggravé par des pénuries fréquentes de produits de base. Le papier toilette, le dentifrice, le savon, les couches et les serviettes hygiéniques figurent en tête des articles les plus recherchés par les Vénézuéliens.

Disposant des premières réserves de pétrole au monde, le pays importe la quasi totalité de ce qu’il consomme. Mais les dollars manquent, principalement en raison d’un contrôle rigoureux des changes instauré par les autorités il y a une décennie pour limiter la fuite de capitaux.

Ce contexte, conjugué aux strictes contraintes imposées aux importateurs, place les Vénézuéliens face à de graves problèmes d’approvisionnement.

L’indice des pénuries a été évalué à 19,4%, par la Banque centrale, alors que l’inflation avoisine les 20% depuis plusieurs années.

«On doit faire des miracles»
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“L’effet Joseph” ou l’application des fractales à la finance

Vous avez peut-être entendu parler de Benoît Mandelbrot comme étant l’inventeur des fractales. Mais il s’est aussi intéressé à la finance, introduisant les concepts d’un “effet Joseph”, qu’illustre aujourd’hui fort bien le cours de l’or et également d’un “effet Noé” qui a plus tard été repris sous l’appellation de “black swann” ou “cygne noir” en français. Mais les gens n’inventent rien. Tout ça était déjà connu dans les années 70. Le Collège de France avait même invité Mandelbrot à lui présenter ces choses dans une série de trois exposés d’une clarté admirable, dont le texte est malheureusement devenu introuvable aujourd’hui, même sur l’internet.

LA RECHERCHE • Que sont les fractales?

BENOIT MANDELBROT • Les fractales sont des objets géométriques qui ont la propriété que voici: ils peuvent être décomposés en fragments dont chacun a la même forme que le tout. Dans le cas de la Bourse, l’objet géométrique est une de ces courbes très irrégulières qui donnent, par exemple, le prix d’une action en fonction du temps.

Les journaux reproduisent ces courbes selon un format “paysage” de largeur et hauteur données. Mais supposez qu’on ne prenne en considération qu’une partie d’une telle courbe; par exemple, au lieu de suivre un prix sur cinq ans, on peut décider de le suivre, mais avec une précision croissante, sur une année, quelques mois, voire quelques jours.

La courbe partielle sera, elle aussi, imprimée selon le format “paysage.” C’est là qu’interviennent les fractales. Une fractale auto-affine est un objet géométrique pour lequel les parties ainsi réduites suivent les mêmes règles que le tout. Que l’on considère un cours boursier sur une longue période, ou sur une courte période, les détails seront tout à fait différents, mais l’allure générale, les règles générales, seront très semblables.

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Frédéric Lordon : “Sortir de l’euro, mais comment ?”

« En fait, nous sommes déjà sortis de la zone euro », a admis M. Nicos Anastasiades, président de Chypre, un pays où les billets n’ont plus la même valeur qu’en Grèce ou en Allemagne. L’explosion de la monnaie unique aurait-elle commencé ? Contre le scénario du chaos, l’idée d’une sortie de l’euro concertée et organisée fait son chemin.

Beaucoup, notamment à gauche, continuent de croire qu’on va changer l’euro. Qu’on va passer de l’euro austéritaire présent à un euro enfin rénové, progressiste et social. Cela n’arrivera pas. Il suffirait d’évoquer l’absence de tout levier politique en l’état d’incrustation institutionnelle de l’actuelle union monétaire européenne pour s’en faire une première idée. Mais cette impossibilité tient surtout à un argument beaucoup plus fort, qui s’exprime à la manière d’un syllogisme.

Majeure : l’euro actuel procède d’une construction qui a eu pour effet, et même pour intention, de donner toute satisfaction aux marchés de capitaux et d’organiser leur emprise sur les politiques économiques européennes [1]. Mineure : tout projet de transformation significative de l’euro est ipso facto un projet de démantèlement du pouvoir des marchés financiers et d’expulsion des investisseurs internationaux du champ de la construction des politiques publiques.

Ergo, conclusions :
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Comment les banques gagnent de l’or en stérilisant des matières premières

« Les banques devraient être des banques, pas des sociétés pétrolifères »

Pour les ultralibéraux les marchés et les bourses éclairent les décideurs économiques à l’aide d’indicateurs rationnels. La réalité est tout autre : adossées aux facilités financières de la Banque fédérale de réserve américaine (la FED), les grandes banques de Wall Street spéculent sur les matières premières (pétrole, blé, cuivre, aluminium, etc.), pèsent sur leurs cours et disposent, avant d’autres acteurs économiques, d’éléments permettant d’anticiper l’évolution du cours de bourse des entreprises qui achètent les matières premières, objet des spéculations. C’est l’institutionnalisation du délit d’initié.

Même certains journaux américains « mainstream » commencent à s’en émouvoir. Polémia publie sous la signature d’une de ses correspondantes un texte présentant un article de David Kocieniewski, paru le 20 juillet 2013, dans le « New York Times ». Nous livrons aussi à nos lecteurs l‘intégralité de l’article intitulé « Des tas d’aluminium mais, pour les banques, de l’or pur ». A déguster et à méditer.

Je suis avec beaucoup d’intérêt l’actualité financière, comme on lit un polar, sauf que la fin n’est pas encore rédigée… Plusieurs grosses banques (Goldman Sachs, JP Morgan par exemple) ont mis en place une spéculation sur les matières premières (blé, pétrole, aluminium, etc.). Dans l’article ci-après, il est décrit très précisément comment elles procèdent. Vous comprendrez comment certains malins ont deviné que le cuivre allait flamber ; attention aux poignées de porte qui risquent de disparaître !
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Roberto Fiorini : “Capitalisme et immigration”

Interview réalisée avec Roberto Fiorini en juin dernier par le magazine “Le Harfang” (organe de la fédération des québécois de souche) et publiée dans son numéro 5.

Vous avez noté à plusieurs reprises qu’économiquement, l’immigration était nuisible aux peuples qui la subissent. Pourtant, la plupart des gouvernements occidentaux nous présente l’immigration comme la panacée. D’où vient cette volonté étatique d’imposer l’immigration à un peuple qui n’en retire rien ?


Pourquoi l’immigration ?

L’immigration est une arme du capital contre les peuples. Les salariés la subissent par la concurrence économique déloyale que l’immigration fait peser sur les salaires. En permettant des salaires moins disant, l’immigration pèse sur les salariés autochtones, et servent ainsi les entreprises, qui voient leur masse salariale baisser, et ainsi leurs profits augmenter.

Le rôle de l’état est ici de permettre que tout ceci soit possible par l’élaboration de lois qui permettent que ce scénario puisse voir le jour. Les juges rendent ces lois pérennes et la police les fait respecter au quotidien : au final c’est tout un appareil qui collabore à notre remplacement sur notre propre sol. Le degré de conscience de chacun des acteurs de notre auto suicide est différent, mais le résultat est le même.

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Les guerres de l’or

Conférence donnée par Ferdinand Lips1 à l’Université de St-Gall le jeudi 24 juin 2004 dans le cadre de la série intitulée «International Finance & Security»

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de remercier les organisateurs, Messieurs Graf et Brunner, de m’avoir invité. Avoir choisi un sujet aussi brûlant que celui de l’or les honore. Ils font ainsi preuve de courage. En effet, le mot «or» était tabou jusqu’il y a peu. Le prononçant, on risquait de passer pour un original. Ils ont pris une sage décision. Nous verrons bientôt à quel point, dès l’origine de la civilisation, l’or a joué un rôle essentiel et positif dans l’histoire de l’humanité.

Je prouverai que, sans monnaie-or, il n’est que crises et guerres dans le monde. Le XXe siècle et le début du XXIe en témoignent. Je prouverai également ou affirmerai tout au moins que, sans étalon-or, le monde retombera dans un nouveau moyen-âge. [...]

D’ici là, le système financier actuel – ou plutôt le non-système – aura fini d’exister, à mon avis. Comme vous le savez, il se fonde sur un mensonge et une accumulation gigantesque de dettes, qui ne peuvent plus être honorées. Il est probable que cette montagne de dettes recouvrira tout finalement.

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