Jacques Attali : “C’est le moment formidable et unique pour augmenter la TVA de 3 points”

“Comme nous sommes en période de déflation, les prix n’augmentent pas, c’est le moment formidable et unique pour augmenter la TVA. J’augmenterais la TVA de 3 points. En échange je baisserais les cotisations des salariés pour leur rendre cet argent sous forme d’augmentation de salaires. Ce n’est pas du tout une mesure injuste.”

Jacques Attali invité de BFMTV le 18/08/14

Chères, très chères autoroutes : le scandale

Péages qui flambent, privatisation contestée et investissements publics en rade… La gestion du réseau français fait polémique. Enquête sur un partenariat ambigu entre l’État et les grands groupes de BTP.

Cet été, c’est une certitude, il faudra payer plus cher que l’an dernier : 65 euros de péages pour un trajet Lille-Port-Leucate, 60 euros entre Lyon et Biarritz ou 68 euros pour rejoindre Saint-Raphaël depuis Paris… Ajoutez-y le stress des grands départs, les inévitables bouchons et la queue à la pompe, et vous comprendrez le ras-le-bol qui submerge les automobilistes français enfermés entre les glissières de leurs chères, très chères autoroutes…

Petits, on a tous entendu nos parents dire qu’un jour on n’aurait plus besoin de payer les autoroutes. Combien de temps cette arnaque va-t-elle encore durer ?” s’étrangle Pierre Chasseray, le porte-parole de 40 Millions d’Automobilistes, une association de conducteurs verts de rage.

Péages trop chers ! Les tarifs des sociétés autoroutières ont encore progressé de 1,14% cette année après avoir grimpé de 2,5% en 2013 et de 2,01% en 2012. Une inversion de la courbe ?

La hausse du ticket autoroutier demeure supérieure à l’inflation. Entre 2007 et 2012, les péages ont augmenté de 11%, alors que l’indice Insee des prix à la consommation n’a progressé que de 8,5%.

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La banque centrale russe frappe fort face aux nouvelles sanctions occidentales

La banque centrale russe a frappé fort vendredi pour éviter une nouvelle fuite des investisseurs face au durcissement des sanctions occidentales contre Moscou, avec une hausse drastique de taux qui risque de fragiliser davantage son économie.

Le siège de la Banque de Russie, à Moscou

A la surprise générale, la Banque de Russie a décidé lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire de relever son taux directeur à 8%, contre 7,5% depuis avril. Elle s’est dite prête à aller plus loin “si les risques pesant sur l’inflation persistent“.

Il s’agit de la troisième fois qu’elle resserre le robinet du crédit depuis mars, sur fond de crise dans l’est de l’Ukraine, où les forces gouvernementales affrontent des rebelles prorusses, et de sanctions occidentales croissantes.

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Ça fait rire les spéculateurs, ça ruine les salariés

Par Myret Zaki

Il existe un facteur qui permet aux investisseurs de voir s’apprécier exagérément la valeur de leur portefeuille par rapport aux fondamentaux économiques. Et qui, en même temps, cause une perte du pouvoir d’achat des salariés et, à terme, une dégringolade durable des conditions économiques et des finances étatiques.

Il s’agit de l’inflation, celle invisible aujourd’hui dans les statistiques, mais visible aux yeux des consommateurs, et évidente dans les prix des actions, de l’immobilier, et de l’art.

Cette inflation qui ne dit pas son nom sert d’unique politique monétaire depuis plus d’une décennie. Les indices officiels de prix à la consommation la sous-estiment grossièrement. Mais surtout, ces statistiques ne tiennent aucun compte de l’inflation la plus dangereuse, celle boursière et immobilière. Cette même bulle des prix qui avait causé le krach de 2008, et qui sera la cause inévitable du prochain krach.

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La facture énergétique des villes s’envole malgré un recul de leur consommation

Selon l’Ademe, les communes françaises ont vu leurs dépenses en énergie augmenter de 35 % entre 2005 et 2012. Elles ont pourtant réduit leur consommation de plus de 9 % sur la même période.

La hausse des prix de l’énergie n’a pas épargné les communes : entre 2005 et 2012, leurs dépenses de gaz, d’électricité ou de carburant ont flambé de 35 %, révèle une étude de l’Ademe publiée en fin de semaine dernière. Les municipalités ont pourtant engagé des efforts significatifs en matière d’économies d’énergie : leur consommation a baissé de 9,4 % entre ces deux dates. « Ces initiatives ont permis de limiter la casse », reconnaît Ariane Rozo, l’un des pilotes à l’Ademe de l’enquête, menée en partenariat avec l’AITF (Association des ingénieurs territoriaux de France) et la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies).

Sur la période, le prix du gaz naturel a en effet augmenté de 60 % à 85 %, celui du fioul de 65 %, celui des carburants de 35 %, et celui de l’électricité dédié à l’éclairage public de 40 %. Le prix de l’électricité a, de son côté, augmenté de 18 % (abonnement inclus).

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Les banques centrales doivent mesurer l’inflation financière (Vidéo)

L’objectif principal de la banque centrale américaine, c’est de garantir la stabilité financière. Une question fondamentale: une banque centrale doit-elle inclure le prix des actifs financiers dans sa mesure de l’inflation ?

Bilan.ch

Tous prolétaires demain ? Peut-être pas

Par Jean-Pierre Béguelin, ancien économiste au sein de la Banque nationale suisse, ancien économiste en chef de la banque Pictet & Cie (Suisse)

Dans un livre fort commenté, le professeur Piketty explique la montée continue des fortunes privées par un rendement du capital supérieur à la croissance économique. Il voit cette situation perdurer, ce qui me semble trop pessimiste.

Comparé au Capital de Marx, Le Capital au XXIe siècle du professeur Piketty a l’avantage d’être, en apparence tout au moins, clair et compréhensible. Parmi les récents « blockbusters » soi-disant économiques, quasi tous superficiels et convenus, ce livre est le plus plaisant et le plus intéressant avec ses allusions littéraires bien choisies, ses perspectives historiques chiffrées et ses référence à des modèles théoriques bien vulgarisés sans oublier la compilation d’une impressionnante somme de données nouvellement disponibles.

Sa thèse, bien connue maintenant, interroge car l’auteur craint que le siècle qui débute ne voie les riches continuer à s’enrichir automatiquement, mettant finalement nos sociétés à mal, d’où la nécessité de modifier leur environnement réglementaire et fiscal.

Pour l’économiste français, la rapide montée des fortunes privées ces 25 dernières années s’explique avant tout par un rendement du capital nettement plus élevé que la croissance économique générale, un phénomène qu’il pense devoir perdurer longtemps vu la stagnation, voire le déclin attendu des populations actives dans le monde. Cette vision me semble toutefois par trop pessimiste.

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Le revenu de base : Une utopie de plus en plus réaliste

Une allocation versée à tous, du berceau à la tombe, de manière inconditionnelle et universelle, sans conditions de ressources ni obligation de travail? Une idée à première vue utopiste et démesurée après une crise financière dévastatrice. C’est pourtant ce que proposent de plus en plus d’économistes, chercheurs et activistes, appuyés par des mouvements qui cherchent à instaurer le projet en France par le biais de l’Europe.

“Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue”, peut-on lire sur le site du Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB). Cette phrase de Victor Hugo résume la pensée des militants pour l’instauration d’un revenu de base, une allocation versée à tous les citoyens, qu’ils soient riches ou pauvres, majeurs ou mineurs, avec ou sans emploi, et le tout, sans contrepartie.

Autour de 400€ pour les uns et de 750€ pour d’autres, le revenu de base, également appelé « allocation universelle », « revenu d’existence » ou « basic income », aurait pour but principal d’éradiquer l’extrême pauvreté et les inégalités. Il se substituerait aux nombreuses prestations sociales en cherchant à simplifier un système complexe, tout en évitant la création de trappes de pauvreté.

Plusieurs approches s’entrecroisent quant à son financement. Les principales comprennent une fusion des systèmes d’aide sociale, de chômage et de retraite, ainsi qu’un impôt proportionnel qui remplacerait le système actuel du RSA, de la prime pour l’emploi et des exonérations de cotisation patronales.

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Revue de presse économique de Pierre Jovanovic du 15/05/2014

Revue de presse économique du 15 mai 2014. Pierre Jovanovic reçoit Henri VII, Comte de Paris et Duc de France.

Ils évoquent ensemble les élections européennes 2014, l’actualité du système financier, et la situation économique et sociale française actuelle (attaques contre le SMIC, inflation cachée depuis l’Euro, restrictions budgétaires, etc.)

Israël : Le prophète économique de Forbes prédit l’apocalypse

Le boom économique d’Israël est en fait une bulle spéculative destinée à éclater, affirme mardi le prophète économique du magazine Forbes, Jesse Colombo, connu pour avoir prédit entre autre la crise financière mondiale.

Dans une analyse détaillée, graphiques et chiffres à l’appui, l’analyste économique estime que l’économie israélienne est la plus susceptible d’éclater dans les années à venir.

Malheureusement, le boom économique d’Israël n’est pas le miracle qu’il semble, mais est en fait une bulle semblable à celle qui a provoqué la crise financière”, prévient-il, soulignant que l’éclatement de la bulle spéculative immobilière israélienne va avoir des répercussions économiques désastreuses.

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Olivier Delamarche : « La hausse de l’euro est un problème franco-français »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion et Marc Riez, directeur général de Vega Investments, le 05 mai 2014 sur BFM Business, mettent les points sur les i dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur et Guillaume Sommerer.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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Iran : la crise économique met fin à la lune de miel de Rohani

Hassan Rohani avait promis de relancer une économie plombée par les sanctions occidentales mais huit mois après son élection à la présidence de l’Iran, aucune amélioration majeure n’est en vue et la frustration monte au sein de la population.

Hassan Rohani

M. Rohani, un religieux modéré, a engagé un dialogue avec les Occidentaux depuis son entrée en fonctions en août 2013, rompant avec la politique de son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad, dont le double mandat avait été marqué par la confrontation.

Téhéran veut parvenir rapidement à un accord final avec les grandes puissances du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) sur le programme nucléaire iranien, soupçonné de cacher un volet militaire, et faire lever les sanctions qui asphyxient depuis plusieurs années son économie.

Au niveau national, des premières mesures ont fait baisser l’inflation à 34,7% en mars (-5,7% sur un an) et le taux de change des devises étrangères s’est stabilisé.

Mais si, globalement, les institutions internationales estiment que les perspectives de croissance sont positives depuis plusieurs mois, de nombreux Iraniens assurent que leur situation n’a pas changé car la plupart des sanctions restent en place, et l’économie est toujours en récession.

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Pourquoi les planches à billets ne créent plus d’inflation

L’explosion du bilan des banques centrales avait fait craindre, à tort, une surchauffe générale. Tant que l’argent ne circule pas, le risque est insignifiant. Aujourd’hui, ce sont les monnaies qui donnent le rythme.

Le contrôle de la crise, dessin de Jos Collignon (Pays-Bas)
BANQUES – PAYS – BANQUES – PAYS – BANQUES – PAYS – BANQUES

C’est à en faire replonger certains dans leurs premiers manuels d’économie. Pourquoi, malgré l’explosion du bilan des banques centrales dans les pays développés, l’inflation y reste-t-elle aussi insignifiante ? Après la crise financière de 2008, lorsque, pour soutenir la relance, les planches à billets ont commencé à tourner à plein régime, nombreux sont ceux qui prédisaient pourtant une inflation galopante et destructrice de richesse. Comme dans les années 1970.

Cinq ans plus tard, en Suisse, où la Banque nationale suisse (BNS) a émis 290 milliards de nouveaux francs, l’indice des prix à la consommation a passé l’essentiel de ces deux dernières années en territoire négatif. En Europe, alors que la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) se fait de plus en plus accommodante, et qu’elle pourrait l’être davantage encore – jeudi dernier, son président, Mario Draghi, a évoqué un éventuel « large programme de rachats d’actifs » – c’est plutôt le spectre déflationniste qui plane actuellement au-dessus de la zone euro. Tandis qu’aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed) imprime chaque mois des dizaines de milliards de dollars pour racheter des actifs obligataires. Résultat ? L’inflation y reste cantonnée entre 1 et 1,5%.
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«L’héritage est redevenu crucial»

Aujourd’hui comme au temps de Balzac, les patrimoines sont concentrés en main de quelques-uns. C’est la thèse de l’économiste français Thomas Piketty.

Thomas Piketty, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, n’est pas homme à lancer des pavés dans la mare sans assurer ses arrières: ainsi, dans Le capital au XXI siècle, c’est 300 ans et 20 pays que le professeur a analysés avant de conclure: oui, les inégalités se creusent, et ce sera vrai tant que le taux de rendement du capital dépassera le taux de croissance de la production et du revenu.

Piketty ne se contente pas d’un constat, il propose aussi une solution capable de renverser la tendance sans pour autant couper la tête des riches.

Aujourd’hui comme au temps de Balzac, mieux vaut hériter que travailler, dites-vous en substance. Vraiment?

C’est un peu exagéré ! Mais je fais bel et bien le constat dans ce livre qu’il y a actuellement une tendance lourde à la progression des inégalités, et croyez-moi, je n’ai aucun goût pour les prévisions apocalyptiques.

La société du mérite telle qu’on la conçoit, c’est donc un leurre?

On s’est raconté beaucoup de belles histoires optimistes sur le triomphe du capital humain, sur la méritocratie et l’égalité des chances.

Si ces dernières sont plus vraies aujourd’hui que du temps de Balzac, elles sont en revanche moins vraies que durant les Trente Glorieuses. Pour résumer, un honnête salarié pouvait, durant les Trente Glorieuses, s’acheter une maison grâce au fruit de son travail. Aujourd’hui, ses chances sont quasi nulles, sauf s’il hérite.

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La BCE ouvre la porte à l’assouplissement quantitatif

La Banque centrale européenne n’exclut pas d’acheter des actifs bancaires pour combattre une éventuelle déflation, a déclaré mardi le président de la Bundesbank, comme pour signifier prudemment un infléchissement de la traditionnelle réticence de la BCE à épouser une pratique controversée.

Le rachat d’actifs bancaires par la Banque centrale européenne s’apparenterait à de l’assouplissement quantitatif, mesure à laquelle ont largement eu recours la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre pour soutenir leurs économies mais à laquelle la BCE, notamment sous la pression de l’Allemagne, s’est toujours refusée.

La BCE a baissé ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas et inondé le système bancaire avec des prêts à taux bas, mais la reprise reste fragile et le taux d’inflation ne remonte pas.

De nombreux économistes estiment depuis un moment que la BCE a épuisé ses marges de manoeuvre en matière de taux directeurs et doit envisager des mesures plus radicales comme l’achat de dette souveraine, à l’instar de ce que fait régulièrement la Fed pour soutenir l’économie américaine.

L’assouplissement quantitatif est une politique controversée puisqu’elle s’apparente pour ses détracteurs à un financement d’un Etat par une banque centrale, une pratique interdite à la BCE par ses statuts.

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Olivier Delamarche : « Yellen n’avait pas vu la crise et là on pense qu’elle anticipe 2015. »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion et Pascale Auclair, directeur général de la Française AM, le 31 mars 2014 sur BFM Business, mettent les points sur les i dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

Partie 1:

Partie 2:

La crise de croissance des pays émergents

Déconfiture monétaire, asthénie boursière, fuite des capitaux… En Chine comme en Argentine, en Afrique du Sud ou en Turquie, les économies toussent. Et c’est la planète entière qui s’enrhume.

Par Alain Faujas

Qui eût cru que les pays émergents seraient à leur tour touchés de plein fouet par la crise ? Il y a un an, ils caracolaient en tête de tous les palmarès de croissance. En 2008, ils avaient assuré 98 % de la création mondiale de richesse, selon le cabinet Euler Hermes. Les capitaux du monde entier affluaient pour profiter de leurs brillantes perspectives de développement.

Aujourd’hui, les nuages s’amoncellent sur leurs économies. Leurs populations grondent, et leurs monnaies s’affaissent les unes après les autres. Entre le 1er mai 2013 et le 30 janvier 2014, le peso argentin a perdu 35 % de sa valeur par rapport au dollar. Et les autres ne font guère mieux : – 21 % pour la livre turque ; – 20 % pour la roupie indonésienne ; – 19 % pour le rand sud-africain ; – 17 % pour le réal brésilien ; – 14 % pour la roupie indienne… Quant au rouble russe, il a perdu 11 % de sa valeur et, le 3 février, il a atteint le plus bas de son histoire face à l’euro.

“Pas de panique”, a conseillé le FMI, mais les financiers ne l’écoutent guère et fuient massivement les pays émergents

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Venezuela : la classe moyenne contre insécurité et pénurie

Elle tape sur des casseroles, défile dans les rues ou construit des barricades avec des poubelles, la classe moyenne vénézuélienne manifeste à tout âge et sous toutes ses formes depuis le 4 février son ras-le-bol contre l’inflation, les pénuries alimentaires et l’insécurité dans leur pays, une des principales puissances pétrolières de la planète. C’est la pire contestation affrontée par le président Nicolas Maduro, l’héritier d’Hugo Chavez, la figure de proue de la gauche latino-américaine décédée le 5 mars 2013, il y a presqu’un an.