Mode et développement durable sont-ils compatibles ?

Les grandes chaînes à bas prix ne cessent d’inciter les consommateurs à multiplier les achats, ce qui entraîne de nombreux problèmes : exploitation des travailleurs du secteur textile dans des pays pauvres, consommation pharaonique en ressources et en énergie, pollution… Quelles solutions ?

Nos voisins allemands achètent quelque six milliards de vêtements par an. Ce qui s’explique surtout par la stratégie des grandes chaînes à bas prix qui ne cessent d’inciter les consommateurs à multiplier les achats. De nombreuses enseignes proposent jusqu’à douze collections annuelles différentes. Les problèmes que pose la mode ” kleenex ” sont évidents.

D’une part, il y a l’exploitation des travailleurs du secteur textile dans des pays comme le Bangladesh et la consommation pharaonique en ressources et en énergie liée à la production. D’autre part les produits chimiques utilisés polluent considérablement l’environnement, rendent malades les travailleurs des pays pauvres et laissent des traces sur la peau des consommateurs. Ce sont surtout les vêtements destinés aux loisirs de plein air qui sont les plus discutables.

Xenius Arte (Septembre 2015)

Textile, la colère des petites mains

À Dacca, la capitale du Bangladesh, le Rana Plaza n’est aujourd’hui plus qu’un champ de ruines. Cet immeuble, haut de neuf étages, s’est effondré le 24 avril 2013, ensevelissant plus de 1 100 ouvriers qui travaillaient pour des grandes marques de prêt-à-porter. Les journalistes d’Envoyé spécial Sophie Bonnet et Vincent Reynaud sont retournés sur place, pour savoir si l’industrie textile avait tiré les leçons de ce drame.

Deux ans jour pour jour après la catastrophe, 2 000 rescapés de l’effondrement du Rana Plaza se sont réunis à Dacca. Ils protestaient contre les indemnisations dérisoires reçues par les familles de victimes, environ 25 millions d’euros sur les 40 millions promis.

Si les ouvriers bangladais du textile ont obtenu une revalorisation de leurs salaires, passés de 30 à 53 euros par mois, leurs conditions de travail ne se sont pas améliorées. La plupart des usines restent vétustes et dépourvues des normes élémentaires de sécurité.

Les Damnées Du Low Cost (Vidéo)

Le 24 avril 2013, le cri des femmes du Rana Plaza et les images de centaines de cadavres sortis des décombres de l’usine textile ont fait le tour de la planète. La France, L’Europe, ont brutalement pris conscience de ce qui se joue, à des milliers de kilomètres de nous, dans les usines de confection du Bangladesh.

Le miracle low cost n’est qu’un mirage.

L’immeuble qui s’est effondré à Dacca abritait 5 ateliers de couture. Près de 4 000 ouvriers, en grande majorité des femmes, s’y relayaient jour et nuit pour un salaire de misère, 30 euros par mois. Depuis le drame, les questions se sont multipliées, qui toutes mettent en cause la sous-traitance, les conditions de travail, les mensonges et la spirale de la consommation hystérique.

Réalisé par Anne Gintzburger et Franck Vrignon (2014)

Asie : La colère des petites mains du textile

Le 24 avril 2013, le Rana Plaza, un immeuble de 9 étages s’effondrait à Dacca, la capitale du Bangladesh. Bilan: plus de 1100 morts. Les victimes: des ouvriers de l’industrie textile. Le bâtiment abritait 5 ateliers, qui confectionnaient des vêtements exportés dans le monde entier. Un an plus tard, quelles leçons ont été tirées ?

Au cours de cette enquête, nous avons retrouvé une couturière qui a survécu à la catastrophe. Au moment du tournage, elle n’avait pas reçu de compensations financières. Il existe un fonds d’indemnisation de l’industrie textile, mais l’argent n’a pas été débloqué.

Seules 10 marques y ont contribué. En revanche, elles sont 150 à avoir signé un accord sur les normes de sécurité. Elles s’engagent à les faire respecter à leurs fabricants. Pourtant, les usines présentaient des manquements inquiétants: électricité vétuste, extincteurs vides, issues de secours fermées à clé.

En l’espace d’un an, les marques auraient retiré jusqu’à 15 % de leur production du Bengladesh. A l’inverse, à Pnohm Penh, capitale du Cambodge, 200 usines ont été construites ces 3 dernières années.

Enquête dans cette nouvelle vitrine de l’industrie textile. En janvier dernier, elles ont été paralysées par des grèves qui ont tourné à l’émeute. Les ouvriers demandaient des hausses de salaire. La répression sera très sévère. Tout se passe comme si, où qu’elle aille, l’industrie textile n’était plus en mesure de contenir la colère des petites mains.

Nos jeans rendent-ils les ouvriers malades?

Le sablage industriel des jeans, toujours utilisé en Chine malgré les risques sanitaires? C’est ce que révèle le récent rapport d’un consortium d’organisations de défense des droits des travailleurs, relayé par Quartz.

Cette technique industrielle, utilisée pour donner aux jeans un aspect vieilli et délavé, consiste à propulser du sable à haute pression sur le denim. Elle a été pratiquée de manière intensive dans les années 1990 et au début des années 2000, alors que le jean usé connaissait ses heures de gloire.

En 2004, en Turquie, où l’industrie textile est très présente, un rapport médical révélait les dangers liés à ce procédé. Il pointait de nombreux cas de silicoses chez les ouvriers, une infection pulmonaire incurable et mortelle liée à l’inhalation de la silice, une poussière contenue le sable utilisé.

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