Alimentation : “La peur au ventre”

Lasagnes à la viande de cheval, poisson à la dioxine, jambon à la salmonelle… les scandales alimentaires se succèdent. Face à la peur qu’ils engendrent, les Français se montrent de plus en plus vigilants quand ils font leur marché. Ainsi, une nouvelle race de consommateurs a fait son apparition, à cheval sur les campagnes de prévention ou traumatisée par les dérapages sanitaires dans l’agroalimentaire.

Ce reportage s’est intéressé notamment à des jusqu’au-boutistes, ces personnes qui calculent l’équilibre de leurs repas au gramme près, redoutent les allergies, refusent de dîner chez des amis de peur de s’empoisonner. D’où leur surnom d’”orthorexiques”.

L’orthorexie est un trouble du comportement alimentaire qui se caractérise par l’obsession de la nourriture «saine». Quand s’alimenter vire à la maladie et la paranoïa.

Le yaourt est-il blanc comme neige

Naguère, le yaourt était blanc, nature, et n’existait qu’au singulier. Mais ce temps est révolu. Car la consommation de masse est venue changer la donne : le yaourt est pluriel, coloré, sans cesse changeant. Car désormais, c’est la règle, tout se doit d’être original!

Et il est impossible d’être exhaustif tant la liste des yaourts est longue : bifidus, ferme, grec, bulgare, brassé, aux fruits, au soja, bio ou aromatisé.

Enquête au cœur de l’industrie des yaourts, un univers où les marques rivalisent de fantaisies pour séduire les consommateurs et augmenter leur part du gâteau.

Les travers du porc

Pour vendre une viande toujours moins chère, éleveurs, grands distributeurs et abattoirs se livrent une guerre impitoyable dans laquelle le grand perdant risque d’être le consommateur. Espèce menacée, goût qui disparaît, qualité de viande médiocre, tout le monde y perd. Pourtant, gagner sa vie tout en respectant les animaux et les consommateurs, c’est aujourd’hui possible dans cette filière.

Documentaire réalisé par Pierre Toury (2013)

(Merci à Pierre)

Du hamburger fabriqué in vitro

Lors d’une expérience très médiatisée, ce lundi 5 août à Londres, des chercheurs hollandais ont goûté une pièce de viande constituée de cellules de muscle bovin multipliées en laboratoire. Ce serait la preuve d’un concept qui pourrait aider à nourrir la planète.
Il aura trois jours de retard. Le 2 août 2012, Mark Post, professeur de physiologie vasculaire à l’Université de Maastricht, annonçait que, dans les douze mois, il aurait fabriqué le premier hamburger cons­titué de viande générée en labo­ratoire, et qu’il le dégusterait en public. Cet événement culinaro-scientifique très médiatisé se déroulera ce lundi 5 août 2013 à Londres, évidemment sur le coup de midi.

Le scientifique souhaite ainsi démontrer que, loin d’être une vision de science-fiction, la production de viande in vitro, présentée comme une des solutions pour lutter contre les besoins en ­vivres dans le monde et contre le réchauffement climatique, est déjà une réalité

certes plus ou moins goûteuse, comme il le partagera avec une tablée de journalistes triés sur le volet, dont Le Temps.

L’idée de fabriquer de la viande «artificielle» en laboratoire – on parle bien d’un produit carné, et non d’un de ses substituts végétaux, comme le tofu – n’est pas nouvelle. En 1936 déjà, Winston Churchill écrivait que, «d’ici à cinquante ans, on évitera l’absurdité de faire grandir un poulet entier uniquement pour manger sa poitrine et ses ailes en faisant croître ces parties séparément dans un milieu approprié». Depuis 2001, l’Agence spatiale américaine (NASA) mène des expériences sur le sujet, à partir de cellules de dinde.
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L’adieu au steak (rediff)

L’industrie agroalimentaire tente de nous persuader que consommer de la viande est bon pour la santé et que celle-ci est nécessaire à notre équilibre alimentaire. Or de nombreuses études prouvent que trop de viande rouge peut non seulement menacer la santé, mais même raccourcir l’espérance de vie. Quant aux viandes blanches, elles contiennent trop souvent des résidus d’antibiotiques.

De manière générale, les élevages sont devenus des entreprises high-tech dans lesquelles on oublie totalement que les animaux sont des êtres vivants et non de simples produits. Sans parler des abattoirs. Et pour nourrir ces animaux qui fourniront les 40 millions de tonnes de viande produits chaque année, l’Europe doit importer du fourrage, par exemple du Paraguay, où quelques gros producteurs profitent de ces commandes tandis que la majorité de la population subit les conséquences, parfois dramatiques, de l’utilisation massive des pesticides.

Pire encore : grâce à cette exploitation des ressources mondiales, la production européenne est tellement bon marché que les pays émergents préfèrent importer la viande d’Europe plutôt que de soutenir les producteurs locaux. Si l’on ajoute à ce tableau la contribution des élevages au réchauffement climatique, la pollution de notre environnement par les herbicides, insecticides et les nitrates, il est plus que temps de reconsidérer les habitudes de consommation de cette viande des riches qui affame les pauvres.

Partie 1:

Partie 2:
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Bien manger, mais à quel prix ?

Avec 58 milliards d’euros par an, les subventions accordées à l’agriculture représentent le deuxième poste budgétaire le plus coûteux de l’Union européenne. Les intentions de départ étaient vertueuses : aider les petits agriculteurs, stabiliser les prix alimentaires, assurer les approvisionnements et favoriser les exportations.

Quelques décennies plus tard, la situation est catastrophique. Les exploitations de taille modeste ne peuvent plus survivre, tandis que les très grosses, qui pratiquent l’agriculture et l’élevage à une échelle industrielle, prospèrent. La qualité des produits s’en ressent, sans parler des conséquences sur l’environnement.

Enquête approfondie sur l’attribution des subventions, notamment pour la production du lait, la pêche et la fabrication du pain.

Voir la vidéo sur rutube

(Merci à NOP)

Pâtisserie : Le beurre et l’argent du beurre

Avec plus de 10 millions de clients par jour, les boulangeries-pâtisseries figurent parmi les commerces les plus fréquentés en France. Mais si l’appellation « boulangerie » est très strictement encadrée, pour la pâtisserie, c’est tout le contraire. L’activité n’est en effet régie par aucune loi.

Beaucoup de commerçants profitent de ce vide juridique pour vendre dans leurs rayons des produits fabriqués en usine, souvent sans le préciser, séduits par le faible coût de ces articles et la variété des catalogues des industriels. Peu à peu, le secteur se restructure au détriment de l’artisanat. Quels sont les secrets de fabrication de ces usines à pâtisseries ?

Une majorité d’enseignes vend désormais des gâteaux et viennoiseries sortis d’usine à la chaine, donc sans originalité et sans information sur les ingrédients. Quelques boutiques poussent à l’inverse la qualité de leurs gâteaux jusqu’à l’extrême, mais à quel prix ? Enquête.

Dans l’enfer de la malbouffe

Entre le fromage synthétique et les îles flottantes sans œufs, l’industrie agroalimentaire nous fait avaler n’importe quoi. Un livre enquête sur ce phénomène. A en perdre l’appétit.

Le scandale des lasagnes à la viande de cheval a jeté une lumière crue sur le phénomène de la malbouffe. Mais cet événement est une goutte d’eau dans la mer. Et ce serait presque une gentille rigolade par rapport aux futurs scandales qui risquent d’ébranler le domaine de l’agroalimentaire.

Dans un ouvrage sorti mercredi, «Vive la malbouffe, à bas le bio», Christophe Labbé et Olivia Recasens, journalistes au Point, Jean-Luc Porquet et Wozniak, journaliste et dessinateur au Canard enchaîné, nous dressent le musée des horreurs de la bouffe.

Le bio
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Brésil : Lutte contre la faim et la pauvreté, le modèle social en question

Le Brésil, hôte de la conférence des Nations unies sur le développement durable (Rio+20), est l’un de pays du G20 dont les progrès en matière de lutte contre la pauvreté et la faim ont été les plus considérables ces dernières années. Des progrès réalisés notamment grâce à l’introduction du programme “Fome Zero” (“Faim Zéro”) en 2003.

En l’espace de neuf ans, le pays a réduit la malnutrition infantile de 61% et la pauvreté rurale de 15%, en favorisant l’agriculture locale et la consommation de produits locaux. Le Brésil est devenu une référence internationale en matière de sécurité alimentaire, notamment auprès de l’Organisation mondiale du commerce et des agences alimentaires des Nations unies. En parallèle, le Brésil est en passe de devenir le premier exportateur mondial de produits alimentaires.

Au sommet de Rio du 20 au 22 juin 2012, le monde entier est à l’écoute du Brésil. Pourtant, en dépit de ces chiffres incroyables et de l’indéniable réussite du pays, le modèle a ses failles. Le Brésil reste un des pays où les inégalités sont les plus fortes au monde.

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Consommation de masse et industrie agroalimentaire

Extrait du film Samsâra qui sortira en salles le 27 mars 2013. Ce terme d’origine sanskrit signifie « la roue de la vie », « ensemble de ce qui circule », « transmigration », « transition » mais aussi « courant des renaissances successives ». Le samsāra est donc le cycle des vies. Ce terme existe aussi dans l’hindouisme, le jaïnisme, le sikhisme.

Special investigation – La nouvelle guerre de la viande

Les dessous de notre assiette : La nouvelle guerre de la viande. Investigation menée par Marie Osmani. Travail d’enquête de l’association L214 qui veut abolir l’élevage industriel par respect pour la vie animale et par souci écologique. Les industriels quant à eux lancent des campagnes pour contrer ces initiatives. Images choquantes d’élevages industriels.

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Overdose d’antibiotiques dans l’élevage industriel

Des animaux gavés aux antibiotiques pour accélérer leur croissance, et voilà des bactéries résistantes qui se retrouvent dans nos assiettes. Elles génèrent des affections parfois mortelles, qui représentent un coût élevé pour le système de santé. Mais la surconsommation d’antibiotiques représente un gain de productivité pour l’industrie agroalimentaire, qui, aux États-Unis, se réjouit de la récente décision de l’Agence de l’alimentation d’autoriser leur utilisation massive dans l’élevage.

La consommation d’antibiotiques prescrits par les médecins n’est rien comparée à la quantité ingérée via l’alimentation. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la moitié des antibiotiques produits dans le monde sont destinés aux animaux. Un chiffre qui s’élève à 80 % aux États-Unis ! Un rapport de l’Agence de l’alimentation états-unienne (Food and Drug Administration, FDA) estime que les animaux d’élevage y consomment 13 000 tonnes d’antibiotiques par an [1] ! Cette surconsommation favorise le développement de bactéries résistantes, qui peuvent se retrouver dans nos assiettes en cas de cuisson insuffisante. Des chercheurs ont par ailleurs montré que les antibiotiques ne sont pas seulement présents dans la viande, mais aussi dans les céréales ou les légumes cultivés sur des sols fertilisés avec du fumier de bétail.


Une étude publiée par la revue médicale Clinical Infectious Diseases en 2011 révèle ainsi que la moitié de la viande de bœuf, de poulet, de porc et de dinde vendue dans les grandes surfaces aux États-Unis contient des germes résistants aux antibiotiques (le staphylocoque SARM). En août dernier, 16 000 tonnes de dinde contaminée à la salmonelle – résistante aux médicaments – ont été rappelées par le géant agroalimentaire Cargill ! Bilan : un mort et une centaine de malades.

La France détient le record de résistance aux antibiotiques

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Des montagnes de nourriture gâchée

En Europe, près de 50% de la nourriture saine “est perdue entre les différentes phases du processus qui mène de la fabrication à la table des consommateurs », écrit El País.

De la nourriture dans les poubelles des hypermarchés

Ce qui représente une moyenne “de la moitié d’un kilo par jour par personne mais avec de grandes variations selon le pays et le secteur », ajoute le quotidien madrilène, après l’adoption d’une résolution le 19 janvier par le Parlement européen. Ce dernier, qui se base sur un rapport présenté par l’eurodéputé italien Salvatore Caronna, réclame des mesures urgentes pour réduire le gaspillage alimentaire d’ici 2025.
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Chaque Français jette à la poubelle 20 kg de nourriture par an

Yaourts, viande, plats préparés… En un an, chaque Français jette en moyenne 7 kg de produits encore emballés, non entamés(1) ! Un gaspillage alimentaire et un scandale environnemental et social.

Un chiffre étonnant et écoeurant qui ne tient pas compte, par exemple, du pain rassis, des fruits et légumes avariés et des restes cuisinés qui finissent bien souvent aux ordures. De surcroît, cette statistique n’inclut pas les productions agricoles jetées directement après la récolte sans être distribuées ou récupérées.

Tout compris, le gaspillage alimentaire représenterait au minimum une vingtaine de kilos de déchets par an et par personne. Nos voisins britanniques estiment, selon une récente étude(2), qu’un quart des produits alimentaires achetés finissent dans la poubelle des ménages.

Or, l’Organisation Mondiale de l’Alimentation (FAO) affirme que 90% des gens n’auraient pas conscience de la quantité de nourriture qu’ils jettent et des ressources nécessaires à sa production et transformation. Ainsi, qui sait que derrière une baguette de pain rassis jetée à la poubelle, c’est une baignoire d’eau que l’on gaspille indirectement, volume d’eau qui a été nécessaire à sa production(3) ? Alors que cette même baguette aurait pu éviter d’être rassis en étant conditionnée au congélateur et quand bien même elle pourrait accompagner une soupe.

Un constat environnemental alarmant
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“2050 : 2,3 milliards de bouches de plus à nourrir”, selon la FAO… et pas de solution

Parmi les fondements de la vision matérialiste du monde, commune aux économies “de gauche” et “de droite”, aux côtés de l’argent et du progrès, trône le mythe de la croissance infinie.

Lequel est devenu presque subliminal, comme s’il allait de soi qu’aucune frontière, même naturelle, ne puisse plus s’opposer à la marche ascendante et expansive de l’humanité, libérée, par l’abondance de marchandises, de tout autre souci que celui de leur consommation.

Comme si contester, tel Alain de Benoist, la religion de la croissance, ne pouvait plus, désormais, qu’être un signe d’obscurantisme, sauf à être “décroissant” dans le cadre d’une bien-pensance ancrée dans le confort occidental, condamnant ou vantant le malthusianisme au hasard d’improbables convergences.

Petit problème : le réel.

En effet, une organisation dépendant de l’ONU annonce que, pour satisfaire la demande mondiale, la production alimentaire devra augmenter de 70% d’ici 2050.

Or, cela paraît presque impossible.

Selon un rapport diffusé le 23 septembre 2009 par la FAO [Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture], l’agriculture mondiale doit relever des défis de taille : augmenter la production alimentaire de 70% pour nourrir 2,3 milliards de personnes de plus d’ici à 2050, intensifier la lutte contre la pauvreté et la faim, utiliser plus efficacement les ressources naturelles qui s’amenuisent et s’adapter au changement climatique.

La FAO a convoqué pour les 12 et 13 octobre 2009 un Forum d’experts de haut niveau pour discuter des stratégies à mettre en oeuvre pour relever ces défis.

Le Forum, intitulé “Comment nourrir le monde en 2050″ rassemblera quelque 300 experts (universitaires, chercheurs, ONG, secteur privé) de pays développés et en développement. Il préparera le terrain à la tenue du 16 au 18 novembre 2009 d’un nouveau Sommet mondial sur la sécurité alimentaire.

“La FAO fait preuve d’un optimisme prudent en ce qui a trait au potentiel du monde à se nourrir d’ici à 2050,” indique M. Hafez Ghanem, Sous-Directeur général responsable du Département économique et social de la FAO. Toutefois nourrir tout un chacun d’ici là n’est pas “automatique”, à moins de relever plusieurs défis de taille. Lire la suite