Parmi les fondements de la vision matérialiste du monde, commune aux économies “de gauche” et “de droite”, aux côtés de l’argent et du progrès, trône le mythe de la croissance infinie.
Lequel est devenu presque subliminal, comme s’il allait de soi qu’aucune frontière, même naturelle, ne puisse plus s’opposer à la marche ascendante et expansive de l’humanité, libérée, par l’abondance de marchandises, de tout autre souci que celui de leur consommation.
Comme si contester, tel Alain de Benoist, la religion de la croissance, ne pouvait plus, désormais, qu’être un signe d’obscurantisme, sauf à être “décroissant” dans le cadre d’une bien-pensance ancrée dans le confort occidental, condamnant ou vantant le malthusianisme au hasard d’improbables convergences.
Petit problème : le réel.
En effet, une organisation dépendant de l’ONU annonce que, pour satisfaire la demande mondiale, la production alimentaire devra augmenter de 70% d’ici 2050.
Or, cela paraît presque impossible.
Selon un rapport diffusé le 23 septembre 2009 par la FAO [Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture], l’agriculture mondiale doit relever des défis de taille : augmenter la production alimentaire de 70% pour nourrir 2,3 milliards de personnes de plus d’ici à 2050, intensifier la lutte contre la pauvreté et la faim, utiliser plus efficacement les ressources naturelles qui s’amenuisent et s’adapter au changement climatique.
La FAO a convoqué pour les 12 et 13 octobre 2009 un Forum d’experts de haut niveau pour discuter des stratégies à mettre en oeuvre pour relever ces défis.
Le Forum, intitulé “Comment nourrir le monde en 2050″ rassemblera quelque 300 experts (universitaires, chercheurs, ONG, secteur privé) de pays développés et en développement. Il préparera le terrain à la tenue du 16 au 18 novembre 2009 d’un nouveau Sommet mondial sur la sécurité alimentaire.
“La FAO fait preuve d’un optimisme prudent en ce qui a trait au potentiel du monde à se nourrir d’ici à 2050,” indique M. Hafez Ghanem, Sous-Directeur général responsable du Département économique et social de la FAO. Toutefois nourrir tout un chacun d’ici là n’est pas “automatique”, à moins de relever plusieurs défis de taille. Lire la suite →