Croissance : Nous sommes proches de l’effondrement !

Quarante ans après sa publication, les prévisions de The Limits to Growth (Les Limites de la Croissance) ont été validées par une toute nouvelle étude australienne. Attendez-vous à l’apparition prochaine des premiers signes de l’effondrement mondial…

Le livre The Limits to Growth, qui prédisait que notre civilisation s’effondrerait probablement au cours de ce siècle, a été critiqué, depuis sa publication en 1972, comme relevant d’un fantasme apocalyptique. Il y a 12 ans, en 2002, le soi-disant expert en environnement, Bjorn Lomborg, l’a relégué dans les « poubelles de l’Histoire ».

Pourtant, là n’est pas sa place. Une recherche menée par l’université de Melbourne indique que les prévisions de ce livre étaient exactes, depuis 40 ans. Si nous continuons à suivre le scénario de ce livre, nous devons nous attendre à voir apparaître prochainement les premiers signes d’un effondrement mondial.

The Limit to Growth avait été commandé par un groupe de réflexion appelé le Club de Rome. Les chercheurs, dont les époux Donella et Dennis Meadows, travaillant en marge du M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology), ont construit un modèle informatique pour suivre la trajectoire de l’économie mondiale et de l’environnement de la planète. Nommé « World3 », ce modèle informatique était à la pointe du progrès technologique.
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Un précurseur de la décroissance : William Morris ou l’utopie réalisée

La décroissance renoue aujourd’hui avec l’inspiration première du socialisme, celui qui a été qualifié non sans ambiguïté d’utopique. Mais voilà déjà quelques années, lorsque j’ai désigné William Morris comme un précurseur de la décroissance, j’ignorais le texte que le lecteur va découvrir.

Je ne connaissais de lui que son ouvrage le plus célèbre, News from nowhere (Nouvelles de nulle part), écrit en 1890 pour servir de feuilleton au Commonweal, le journal de la Socialist League. Or, incontestablement, nombre de penseurs auxquels se réfèrent les objecteurs de croissance ont été des utopistes, et souvent des hérétiques par rapport à la doxa de la gauche marxiste ; je pense à Paul Lafargue, Jacques Ellul, Ivan Illich, André Gorz, auxquels il conviendrait d’adjoindre Bernard Charbonneau, Cornelius Castoriadis, sans parler de Tolstoï, Gandhi, ou Thoreau.

À travers eux, la décroissance rejoint les fortes critiques des précurseurs du socialisme contre l’industrialisation et une vision non dogmatique de la construction d’une société plus juste. Relire ces penseurs, et William Morris en particulier, voire réévaluer le luddisme, ce mouvement de révolte contre les machines du début du XIXe siècle, permet de redonner sens au socialisme dans une vision écologique telle qu’elle a pu être développée chez André Gorz [1].

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Produire bio, un business comme les autres ? (Docu)

En Europe, les produits bio génèrent 21 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un succès qui s’est accompagné d’une forte industrialisation des modes de production. Quant aux idéaux du commerce équitable, ils sont battus en brèche par ceux qui rémunèrent la main-d’œuvre à vil prix. Enquête sur un business qui n’est pas exempt de pratiques scandaleuses.

Réalisé par Christian Jentzsch (Allemagne 2014)

Palais en danger : l’offensive de l’industrie agro-alimentaire sur les saveurs

Amer, aigre-doux, fumé… A cause du sucre contenu dans les produits proposés ainsi que le manque de diversité dans les repas, la plupart des Français tendent à oublier certaines saveurs.

On retrouve de plus en plus de sucres dans les produits qui nous sont proposés. La récurrence d’un goût dans notre palais modifie-t-elle les saveurs que l’on perçoit ?

Périco Légasse : Disons que cela peut créer des addictions. Si la saveur est noble, l’addiction sera noble, si la saveur est basique ou artificielle, il y aura appauvrissement du goût. Le sucre est la saveur de l’enfance, simple, facile, elle n’éveille que très peu la sensorialité. Trop consommer de produits sucrés est infantilisant. Idem pour quelqu’un qui ne lirait que des bandes dessinées.

A-t-on perdu des saveurs ? Lesquelles ? Que perd-on en perdant des saveurs ? – Citer le nom des différents goûts et détailler.

Non, nous n’avons perdu aucune saveur. La nostalgie d’une saveur perdue est symptomatique du souvenir d’enfance. Au contraire la diversité sensorielle s’est multipliée. Un être humain dispose aujourd’hui d’un panel gustatif infiniment supérieur à autrefois.

En revanche, ce qui s’est perdu, ce sont les produits porteurs de certaines saveurs. Il ne faut pas confondre, mais c’est encore plus grave. Prenons l’exemple du patrimoine végétal agricole français. Nous avons perdu près de 80% de la biodiversité existante au début du XXe siècle. Un grand nombre d’espèces, de races, de variétés de produits alimentaires ont disparu, banalisés ou éradiqués par l’industrialisation de l’agriculture et la grande distribution qui éradique les produits de qualité par la compression systématique des prix.

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Olivier De Schutter : « Notre modèle agricole mondial est à bout de souffle »

Une crise des prix alimentaires, les débats sur les agrocarburants ou sur les « accaparements de terres », un duel à fleurets mouchetés avec Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) jusqu’en 2013 : les six années qu’a passées le juriste belge Olivier De Schutter au poste de rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation ont été bien remplies.

Alors que son mandat arrive à échéance mercredi 30 avril et que la Turque Hilal Elver devrait lui succéder d’ici quelques semaines,

il affirme que le modèle agro-industriel est dépassé et que la solution aux défis alimentaires actuels ne viendra pas des Etats mais des citoyens.

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La forêt en danger d’industrialisation

Le projet de loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt arrive au Sénat aujourd’hui. Un projet qui privilégie une gestion productiviste et industrielle de la forêt, et contre lequel de plus en plus de voix s’élèvent.

La forêt française est en danger. C’est l’alerte lancée par le collectif SOS Forêt depuis quelques mois. “On va tout cramer et dans vingt ans on n’aura plus de bois, s’inquiète Régis Lindeperg de l’Association Adret Morvan. Nous sommes à une période charnière.”

L’affaire est sérieuse, elle concerne 16,4 millions d’hectares en France métropolitaine, soit 29% de la surface de l’hexagone. Cela fait déjà quelques années qu’à travers toute la France, associations locales et syndicats des professionnels de la forêt s’inquiètent d’une industrialisation de la forêt française.

Le projet de loi d’Avenir pour l’Agriculture, l’Alimentation et la Forêt, qui arrive au Sénat ce mercredi, les a poussés à s’unir au sein du collectif SOS Forêt.

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Les Métamorphoses du paysage : L’ère industrielle (1964)

Les années 1960 sont pour Éric Rohmer des années de transition, entre les Cahiers du Cinéma et la réalisation cinématographique, marquées par une incursion à la télévision scolaire des années Malraux.

Il réalisera douze documentaires, dont le premier opus de la série: “Métamorphoses du paysage“, sur l’industrialisation du paysage français, catalogue de constructions industrielles photographiées en noir et blanc, sur lesquelles se pose une voix off volontiers plus poétique que didactique :

« Cette beauté est difficile. Difficile à découvrir, à admettre. Elle est paradoxale. Car il y a paradoxe à rechercher la beauté dans un monde qui lui tourne délibérément le dos. Un monde voué au chaos, à l’informe, au perpétuel changement, à l’inachevé. Un monde qui porte la marque, contrairement au monde champêtre ou urbain, moins de la joie créatrice de l’homme que de sa sueur et de sa peine ».

Cette série de films connut en son temps un succès très relatif auprès des gens de cinéma et qui, de l’aveu d’Éric Rohmer lui-même, ne s’avèrent finalement pas très pédagogiques car trop complexes pour des élèves de lycée, et ennuyeux pour les plus âgés, malgré parfois, une critique acerbe. Les images des paysages meurtries par la modernité sont, en revanche, appréciables.

La formation en Intelligence Economique à la croisée des chemins

Depuis vingt ans, nous cherchons à créer un état d’esprit favorable à une prise en compte de  l’usage de l’information. Si j’osais une comparaison historique un peu décalée, nous sommes encore loin d’égaler le niveau de ferveur des soldats de l’armée de l’an II. Or c’est justement la volonté de réagir sans trop savoir comment et avec une minorité potentiellement agissante que l’armée de l’an II a pu se transformer en une force capable de rivaliser avec toute une partie de l’Europe de la fin du XVIIIe siècle. La France du XXIe siècle entame à peine cette mutation dans un contexte de guerre économique.

Par Christian Harbulot

Les pays qui sont très avancés dans un tel processus sont les nouveaux entrants à l’image de la Chine qui développe depuis  30 ans un modèle d’accroissement de puissance par l’économie, reprenant à son compte les fruits du modèle japonais et sud-coréen. Ces économies combattantes ne fonctionnent pas comme les acteurs économiques du monde occidental. Mais le résultat est là : la Chine est en train de devenir la partie la plus dynamique du monde.

Face à ce monde en mouvement, on ne ressent pas dans notre pays l’âme d’un peuple, ni le partage de valeurs communes pour un combat utile à l’intérêt général.

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Et si le pétrole venait à manquer (Rediff.)

Le pétrole est le moteur du monde actuel. Jusqu’à maintenant, nous l’avons utilisé pour nous déplacer sur terre, sur mer et dans les airs, nous chauffer et pour entrer de plein fouet dans l’industrialisation du XXIe siècle. Qu’arriverait-il si nos ressources en pétrole s’épuisaient?

Scénarios catastrophes nous présente le monde comme nous ne pouvons l’imaginer, sans pétrole. Jusqu’à quel point devrions-nous changer nos habitudes de vie pour faire face à cette pénurie?

Les corporations de Strasbourg au Moyen Âge

Les corporations jouaient un rôle central dans le développement et l’essor commercial des grandes métropoles du Moyen Âge, comme Strasbourg, Cologne ou Lübeck, car elles constituaient le groupe social le plus important de la ville. Les corporations étaient représentées dans tous les domaines de la vie urbaine.

La majorité de la population apte à travailler en étaient membres ; les corporations dominaient le marché du travail ; les marchés, douanes (Kaufhäuser), boucheries et, éventuellement, le port déterminaient la topographie urbaine; comme la majorité des hommes en âge de porter les armes étaient rassemblés dans des corporations, celles-ci fournissaient les contingents les plus nombreux en cas de guerre, et elles assuraient quotidiennement des fonctions de police comme le service de guet et d’alerte incendie.

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Afrique du Sud : Les “BRICS” lancent leur banque de développement

Les dirigeants des pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), réunis à Durban en Afrique du Sud, se sont mis d’accord mardi pour créer une banque de développement commune destinée à financer des infrastructures, qui devrait leur permettre de se passer de la Banque mondiale.

[...] Derrière le discours politique unificateur, qui consiste à dire que les Brics doivent constituer une force économique et politique pour s’affranchir des puissances occidentales, se dissimulent cependant des appréhensions africaines.

C’est de fait l’implantation massive en Afrique de la Chine, le géant des Brics, qui pose question, certains estimant que la Chine n’est plus un pays émergent, et que ses relations économiques avec le continent s’apparentent désormais à une nouvelle forme de colonialisme.

La nouvelle banque devrait être dotée d’un capital de départ de 50 milliards de dollars, soit 10 milliards par pays. Quand bien même elle devrait avoir du mal à réunir une telle somme qui correspond à 2,5% de son produit intérieur brut (PIB), l’Afrique du Sud en a fait une priorité. Elle espère trouver ainsi un moyen de financer son ambitieux programme d’infrastructures et aussi les projets des pays voisins.
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Pauvres de nous (Rediff.)

Historiens et économistes, dont Joseph Stiglitz, lauréat du Nobel d’économie, décrivent les multiples facettes de la misère selon les époques et les régions du monde. Aux temps préhistoriques, l’extrême précarité était le lot commun de tous les chasseurs-cueilleurs tandis qu’au Moyen Âge, elle semble devenir le moteur du système, avec la charité comme seul remède.

La pauvreté serait-elle la conséquence des déprédations et de la colonisation ? L’internationalisation des échanges et l’industrialisation seraient-elles à la racine du mal ? Des séquences d’animation viennent illustrer cette odyssée chronologique. Le film met en scène de multiples personnages plus pauvres les uns que les autres, et nous confronte à la fin à la misère moderne et à son origine principale : les inégalités…

France rurale : Un siècle de mutations

« Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée » aurait dit Sully, ministre du roi Henri IV. Depuis le Moyen Âge, la France a effectivement fondé sa puissance et sa richesse sur l’agriculture et le monde paysan.

Malgré les débuts de l’industrialisation, au milieu du XIXe siècle, plus de deux tiers des Français sont encore des ruraux lorsqu’éclate la guerre en 1914. Mais les deux conflits mondiaux vont précipiter la fin de la France paysanne. Pourtant, toute une mythologie subsiste dans l’inconscient collectif, construite sur des notions de racines et de valeurs campagnardes.

(Documentaire de François Lanzenberg – 2007)

Chine : La grande famine de Mao

Il y a une cinquantaine d’années, entre 1958 et 1962, la Chine a vécu une immense tragédie. Le « Grand bond en avant » conçu par Mao pour que la Chine dépasse à marche forcée la production de la Grande-Bretagne et gagne son autonomie face à son hégémonique voisin l’URSS, a entraîné une famine dramatique et provoqué la mort de 30 à 50 millions de personnes.

Michel Aglietta : « La Chine peut inventer un système original d’harmonie sociale »

Dans La Voie chinoise, capitalisme et empire, Michel Aglietta et Guo Bai renversent l’idée dominante selon laquelle l’empire du Milieu aurait construit sa puissance grâce à sa seule intégration dans l’économie de marché. À la veille de l’ouverture du 18e congrès du Parti communiste chinois, Michel Aglietta trace les grandes lignes économiques et politiques de la Chine qui vient.

Confucius

Votre travail prend à contre-pied les approches des économistes occidentaux sur les réformes en Chine. Vous mettez l’accent sur l’originalité de la voie chinoise. Quelles en sont les dynamiques et les principales caractéristiques ?

Selon ces économistes, le capitalisme s’identifie à l’économie de marché qui revêt un caractère universel. En conséquence, le marché aurait les mêmes effets partout et le miracle économique chinois se serait produit sous l’effet de la conversion de la Chine à l’économie de marché en 1978. C’est une affirmation que nous mettons en cause pour des raisons historiques et théoriques.

La Chine a connu l’économie de marché bien avant l’Europe, dès le IXe siècle. Elle n’a pas pour autant amorcé la révolution industrielle au XVIIIe siècle, alors que sa technologie était l’une des plus élaborées du monde. En 1911, l’Empire s’effondra et Sun Yat-sen mit en place un régime politique à l’américaine. Mais le pays fut rapidement livré au chaos de la guerre civile puis à la dictature du Guomindang en 1927. Cependant, l’effort d’industrialisation resta limité et interrompu par l’invasion japonaise en 1937. Dans ce contexte, il est clair que le marché, à lui seul, n’a pas suffi à engranger le développement.

Vous rappelez que Confucius avait pour objectif 
la paix et la stabilité. Comment cet héritage politique a-t-il traversé les siècles et quel est 
le rôle de l’économie dans ce cadre ?
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LoveMeatender : Par amour de la viande?

Réflexion sur la surconsommation de viande. L’industrialisation d’après-guerre nous apporta l’apparente opulence alimentaire. 50 ans plus tard, il serait temps de faire le bilan et de prendre les décisions qui s’imposent

(Merci à Gerard13)

La convivialité d’Ivan Illich

« La désaccoutumance de la croissance sera douloureuse. »

Dans une société riche, chacun est plus ou moins consommateur-usager ; de quelque manière, chacun joue son rôle dans la destruction du milieu. Le mythe transforme cette multiplicité de prédateurs en une majorité politique. En dépit de leur diversité individuelle, une commune adhésion à la croissance les réunit car leur satisfaction en dépend. La majorité silencieuse, gardienne des intérêts investis dans la croissance, paralyse toute action politique réelle. Les administrations croient stabiliser et harmoniser la croissance en affinant les mécanismes et les systèmes de contrôle, mais elles ne font que précipiter la méga-machine institutionnelle vers un seuil de mutation.

Essayer de susciter une ère à la fois hyperindustrielle et écologiquement réalisable, c’est accélérer la dégradation des autres composantes de l’équilibre multidimensionnel de la vie, le coût de la défense du statu quo monte en flèche. Les partis soutiennent un Etat dont le but avoué est la croissance du PNB, il n’y a rien à attendre d’eux lorsque le pire arrivera.

La crise écologique est traitée superficiellement lorsqu’on ne souligne pas que la mise en place de dispositifs antipolluants n’aura d’effets que si elle s’accompagne d’une diminution de la production globale. Autrement ces mesures transfèrent nos ordures chez nos voisins, les réservent à nos enfants, ou les déversent sur le tiers-monde. Juguler la pollution créée localement par une grande industrie exige des investissements, en matériel et énergie, qui recréent, ailleurs, le même dommage à plus large échelle. Si l’on rend obligatoires les dispositifs antipolluants, on ne fait qu’augmenter le coût unitaire de production. Certes, l’on conserve un peu d’air respirable pour la collectivité, dès lors que moins de gens peuvent s’offrir le luxe de conduire une voiture, de dormir dans une maison climatisée, ou de prendre l’avion pour aller pêcher enfin de semaine ; au lieu de dégrader l’environnement physique, on accentue les écarts sociaux.

Je crois que la croissance s’arrêtera d’elle-même.

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