La croissance, un modèle qui arrive à ses limites

La croissance économique vigoureuse est chose du passé dans les pays industrialisés. Les sociétés devront apprendre à vivre avec des taux de croissance anémiques qui les forceront à faire des choix. La croissance du PIB à tout prix a-t-elle fait son temps? Et si la décroissance était une voie d’avenir ?

C’est fou tout ce qu’on peut faire pour soutenir la croissance économique! On l’encourage à coups de subventions et de baisses d’impôt. On la stimule par le marketing et la publicité. Et on la dope avec le crédit facile et l’endettement. Avec bien peu de résultats, est-on forcés de constater depuis 30 ans.

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Carburant : Les cours plongent, les taxes explosent

Vous ne le savez peut-être pas, mais vous payez davantage de taxes sur les carburants depuis le 1er janvier. La légère diminution actuelle de votre facture à la pompe étant liée à la baisse du cours du pétrole, les automobilistes ne sentent pas encore cette nouvelle hausse de la fiscalité… jusqu’à la prochaine augmentation du prix du baril !

35,5 milliards d’euros en 2014, puis 38 milliards en 2015 et 39 milliards en 2016, voilà ce que les taxes sur le carburant « rapportent » à l’État et donc coûtent aux contribuables ! Tous ces milliards sont autant d’argent en moins dans nos poches, un pouvoir d’achat qui, au mieux n’augmente pas, au pire diminue pour l’ensemble des Français.

De toute manière, le gouvernement ne s’en cache  pas : via le secrétaire d’État chargé du budget Christian Eckert s’exprimant devant l’Assemblée nationale, il annonce que la fiscalité des carburants, quatrième recette pour le pays après la TVA, les impôts sur le revenu et sur les sociétés, est « un élément essentiel de l’équilibre de nos comptes ». Autant dire que c’est un impôt amené à grossir aussi rapidement que notre argent est gaspillé…

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L’ETEC, l’escadrille qui n’est jamais à sec

L’Etec, vous connaissez ? L’escadron de transport, d’entraînement et de calibration est l’unité militaire chargée du transport aérien du président de la République, des membres du gouvernement et des invités prestigieux de la France. Pour avoir l’honneur de convoyer ces hauts dignitaires, les quelque 180 pilotes, stewards et hôtesses de l’Etec passent des sélections drastiques.

Par Julia Pascual et Leila Minano

De Kaboul à Saint-Pétersbourg, des Bahamas au fin fond de la Laponie, ils peuvent décoller, sur un coup de fil, vers une réunion de crise, un sommet international ou le lieu de villégiature de leurs éminents passagers.

On l’imagine aisément :

l’équipage de cette flotte ultraselect – une dizaine d’appareils de haut standing, dignes de la meilleure aviation d’affaires – se doit d’être un exemple de professionnalisme.

Or, selon nos informations, c’est tout l’inverse qui se passe.

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« Au bonheur des riches »

Leur vie fait rêver. Ils sont riches et n’ont plus besoin de travailler pour subvenir à leurs besoins. Si l’argent ne fait pas le bonheur, il fait du moins le leur. C’est le cas de Paul Dubrule. A 79 ans, ce papy dandy prend un infini plaisir à tirer sur son cigare cubain. Il aime clamer à qui veut l’entendre qu’il est à la retraite, même s’il continue à présider le conseil de surveillance du groupe hôtelier Accor, dont il est le cofondateur.

Il ne s’en cache pas: Paul Dubrule aime tout ce qui est mécanique (les montres, les vélos, les voitures), le bon vin et qu’on lui “cire les pompes“. Depuis quelques années, cet ancien sénateur et maire UMP de Fontainebleau (Seine-et-Marne) est résident suisse. Il a trouvé refuge à Genève pour fuir la fiscalité française. Avec honnêteté et une pointe de cynisme, l’homme d’affaires raconte, dans le long documentaire Au bonheur des riches, pourquoi ce choix de l’exil.

La faute de la France, devenue un pays “insupportable”, dont il vaut mieux “divorcer” plutôt que de la supporter. Il dit avoir largement contribué à la richesse nationale et payé un “paquet d’impôts” : son groupe n’emploie-t-il pas, après tout, 160 000 personnes à travers le monde, dont la moitié en France ? “Sans les riches, une nation n’existe pas vraiment”, lance Paul Dubrule. D’ailleurs, qui sont vraiment “les riches” ? Que sait-on vraiment d’eux ?

Rapport à l’argent
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États-Unis : Obama en croisade fiscale contre les entreprises quittant le pays

Une quinzaine de grandes entreprises ont déjà transféré leur résidence fiscale hors des Etats-Unis cette année. La Maison-Blanche veut supprimer cette possibilité, avec 20 milliards de dollars d’impôts supplémentaires à la clef.

Le patriotisme économique n’est pas que français. C’est au nom de ce principe que Barak Obama entend empêcher les entreprises de transférer leur résidence fiscale hors des Etats-Unis. Le phénomène a pris des proportions alarmantes depuis quelques mois : une quinzaine d’entreprises ont opté pour l’exil fiscal, depuis le début d’année, en rachetant des entreprises implantées dans des pays fiscalement attractifs. Le plus inquiétant est qu’il s’agit de grandes sociétés, représentant des dizaines de milliers d’emplois.

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Inégalité pour tous

Ancien secrétaire au Travail sous la présidence de Bill Clinton et actuel professeur à l’université Berkeley, Robert Reich soutient avec ferveur depuis toujours que l’accroissement des inégalités salariales constitue l’une des menaces les plus graves pour l’économie et la démocratie.

Analysant les origines de cette situation et ses conséquences à court terme, il pointe également les nombreux défis à relever avec cette facilité déconcertante qui lui est propre : celle de rendre accessible à tous des principes d’une grande complexité.

Pourquoi et comment l’accroissement insensé des revenus d’une infime minorité des plus riches, conjugué avec la fragilisation des classes moyennes, constitue la plus grande menace pour l’économie et la démocratie ?

Certes, la leçon d’économie que développe ici Robert Reich, ancien secrétaire au travail de Bill Clinton et actuellement professeur à l’université de Berkeley, n’est pas des plus réjouissantes pour qui ne verrait dans l’organisation de nos sociétés que beauté et justice.

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Haute-Garonne : Travailler gratuitement… pour payer moins d’impôts !

Les habitants d’un petit village d’à peine 100 habitants ont été mis à contribution pour effectuer divers travaux gratuitement. L’initiative du conseil municipal de Peyrissas – une petite commune située près de Toulouse – a de quoi faire sourire: inviter ses habitants à effectuer eux-mêmes des travaux d’ordinaire confiés à des intervenants extérieurs dans le but de ne pas augmenter les impôts locaux!

La première «demi-journée citoyenne» d’une série de trois prévue par la municipalité était organisée ce dimanche, a expliqué le maire sans étiquette Guy Loubeyre.

«On avait émis cette idée lors de la campagne électorale des municipales et cela avait été très bien accueilli», a-t-il précisé, en ajoutant que sa commune a «décidé de ne pas augmenter les impôts cette année. En contrepartie, pour éviter d’engager des entreprises, on a invité la population à participer, ce qui fera faire des économies à la commune, en gardant une capacité d’investissement».

Entre 8 et 12 heures, la centaine d’habitants du village se met donc à l’ouvrage! Les tâches sont diverses: débroussailler autour de la salle des fêtes, nettoyer le cimetière et les différents locaux communaux, ainsi que balayer les rues du village. Autre avantage de l’opération: permettre «aussi aux différentes générations de travailler ensemble et de se connaître. Ce sera un moment de convivialité», ajoute Guy Loubeyre, qui a prévu d’offrir apéritif et grillades une fois le travail effectué.

Au cœur de cette initiative, une vraie dimension politique: le gouvernement a annoncé au début du mois d’avril que dans le cadre du plan d’économies de 50 milliards d’euros pour 2015-2017, les concours financiers de l’État diminueront de 11 milliards! Une mesure non négligeable, qui, selon l’Association des maires de France (AMF), entrainera «une baisse cumulée de 28 milliards sur la période 2014-2017» pour l’ensemble des collectivités et une «amputation de 30% des dotations au bloc communal» (communes et intercommunalités).

Le Figaro

(Merci à Horatius)

Grèce : Vers un échelonnement de la dette fiscale des particuliers face aux impayés, de Charybde en Scylla ?

La politique de la troïka (BCE/FMI et UE), une aubaine pour les banquiers ? Mais au détriment des particuliers et des petites entreprises ? Cela y ressemble …

“Charybde et Scylla” par Alessandro Allori

Alors que les impôts ne cessent de s’envoler en Grèce, Athènes est désormais à un double problème : l’appauvrissement de sa population pour ne pas dire la descente aux enfers des plus pauvres … et la montée des impayés concernant ses revenus fiscaux.

Les citoyens grecs doivent en effet faire face à une situation tellement exsangue qu’ils ne peuvent s’acquitter de leurs dettes fiscales. Mettant en péril le respect des objectifs fixés par la troïka. Laquelle dicte inexorablement sa loi ….

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Comment le fisc fait la chasse aux fraudeurs

Pour mettre en œuvre la lutte contre la fraude, la police judiciaire travaille main dans la main avec le fisc. Les policiers réveillent les suspects avant le lever du soleil, perquisitionnent les domiciles et les bureaux, à la recherche de documents compromettants.

Ces officiers de police transmettent ensuite factures et documents bancaires à un agent du fisc. C’est aussi cette brigade qui traite les dossiers sensibles et politiques, comme celui de l’ancien ministre Jérôme Cahuzac ou de l’homme d’affaires Ziad Takieddine.

La lutte contre la fraude fiscale a rapporté 10 milliards d’euros à l’État en 2013. De quoi convaincre le gouvernement de poursuivre ses efforts en la matière.

La garde des Sceaux Christiane Taubira et le ministre des Finances Michel Sapin ont signé, jeudi 22 mai, une circulaire détaillant le nouvel arsenal pénal à la disposition des magistrats. La peine maximale encourue est désormais de sept ans de prison et de 2 millions d’euros d’amende.

 

Olivier Delamarche interrogé par “Devenons citoyens”, janvier-février 2014 (Màj avril)

Voici, dans l’ordre inverse de leur parution, les sept premiers épisodes d’une série de douze courts reportages didactiques consacrés à l’économie contemporaine et à l’impact qu’elle a sur chacun d’entre nous. Les cinq reportages suivants restent à venir.

Les cinq vidéos ajoutées le 08/04/14 :

Sommes nous proches d’une insurrection générale ?


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Municipales : Pourquoi les impôts locaux vont augmenter après le scrutin

C’est historique: les communes augmentent les impôts locaux après une élection. Les maires nouvellement élus sont confrontés à une baisse de leurs recettes et des promesses électorales à prévoir.

«C’est historique! Une grande majorité des communes augmente les impôts locaux l’année qui suit une élection», avance Olivier Bertaux, fiscaliste pour l’association Contribuables associés. «Les impôts locaux augmentent tous les ans mais ces hausses sont généralement plus importantes au lendemain des scrutins», précise l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire des impôts. Avant les municipales, la plupart des maires a préféré stabiliser les impôts mais leurs dotations diminuent, un effet rattrapage doit donc avoir lieu au lendemain du scrutin, explique le spécialiste.

Ainsi, en 2009, un an après les dernières élections municipales, les taux des taxes d’habitation et foncière avaient progressé en moyenne de 3,8% dans les communes de plus de 100.000 habitants. Ils avaient ensuite augmenté dans de moindres proportions pour être quasiment stables l’an passé.

Mais les municipalités devraient se rattraper en 2015. Certains maires ont d’ailleurs déjà annoncé des augmentations substantielles à venir. A l’image de Gérard Collomb, le maire PS de Lyon, en bonne position pour être réélu, qui a évoqué une augmentation des taux de l’ordre de 5%.

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FMI : Des experts défendent la redistribution des richesses

Des experts du FMI ont livré mercredi un plaidoyer en faveur de la redistribution des richesses et de la lutte contre les inégalités, tranchant avec les positions traditionnelles d’une institution focalisée sur l’austérité économique.

Selon leur étude, les inégalités sociales ne sauraient être négligées par les gouvernements notamment parce qu’elles “amputent la croissance” en réduisant l’accès à l’éducation et en alimentant l’instabilité politique et économique.

Ce serait une erreur de focaliser sur la croissance et de penser que les inégalités se régleront d’elles-mêmes, au moins pour la seule raison que cela pourrait déboucher sur une croissance faible et non-viable“, écrivent les auteurs de cette étude qui a reçu l’onction du chef économiste du Fonds monétaire international, Olivier Blanchard.

Ces experts n’hésitent pas, dès lors, à prendre le contre-pied de certains économistes libéraux, selon qui la redistribution des richesses par l’impôt et les transferts sociaux (allocations, aides…) décourageraient l’initiative privée et seraient, in fine, nuisibles à l’activité économique.
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Les classes moyennes, grandes perdantes du système fiscal français

Alors que le Premier ministre réfléchit à une remise à plat, une étude du Credoc montre que les classes moyennes sont les perdantes du système actuel.

L’étude est passée relativement inaperçue. Elle contredit pourtant pas mal d’idées reçues sur le niveau de redistribution assuré par le modèle social français. Selon ce travail du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) de fin 2012 et repris fin décembre 2013*, le système socio-fiscal français est, sans surprise, moins redistributif que les modèles scandinaves. Beaucoup plus étonnant, il l’est aussi moins que les modèles anglais ou irlandais, plus libéraux ! De quoi conforter le Premier ministre dans sa volonté de remettre à plat le système fiscal.

D’un côté, les “classes moyennes inférieures” bénéficient relativement moins des transferts sociaux que dans d’autres pays ; de l’autre, les classes “moyennes supérieures” françaises contribuent autant (en proportion de leurs revenus) que les plus aisées.

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Les entreprises ne sont pas écrasées d’impôts

Certes, la part de la valeur ajoutée des entreprises consacrée aux impôts et cotisations sociales patronales est remontée ces dernières années, de 23,8 % en 2010 à 25,4 % en 2012. Pour autant, cette part est toujours inférieure de 0,5 point à ce qu’elle était en 2006.

Comme on pouvait s’y attendre les déclarations de Pierre Moscovici, ministre des Finances, au sujet du « ras-le-bol fiscal » des Français, ont donné des ailes à tous les lobbies pour se plaindre de la fiscalité excessive qui les frappe. Le 29 août dernier, lors de l’université d’été du Medef, c’était au tour de Pierre Gattaz, son nouveau président, de profiter de la présence du ministre pour sortir la grande tirade des pauvres entreprises écrasées par l’impôt et les charges.

Pourtant, si on examine les comptes de l’ensemble des sociétés non financières publiés par l’Insee, on constate certes que la part de la valeur ajoutée des entreprises consacrée aux impôts et cotisations sociales patronales est remontée ces dernières années, de 23,8 % en 2010 à 25,4 % en 2012. Mais pour autant, cette part restait toujours inférieure de 0,6 point à ce qu’elle était en 2001 et de 0,5 point à ce qu’elle était en 2006. Et cela avant même la prise en compte du cadeau de 20 milliards d’euros – qui va représenter une baisse de leur fiscalité d’au moins 1,5 point de valeur ajoutée – correspondant au crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) déjà consenti par le gouvernement.

Il n’est donc pas légitime de prétendre que les entreprises ont été pressurées jusqu’ici au-delà du raisonnable pour assurer leur part du nécessaire redressement des comptes publics. Au contraire. Bien sûr, il existe de grandes différences sur ce plan au sein du monde des entreprises entre les petites et les grandes, qui connaissent toutes les ficelles pour échapper à l’impôt et ont massivement recours aux paradis fiscaux. Mais c’est une question d’équité à régler au sein du monde des entreprises lui-même…

Alternatives-Economiques

France, où en est la croissance ?

par Jacques Sapir

La presse, essentiellement celle qui soutient le gouvernement, se remplit d’optimisme et de commentaires flatteurs pour notre Président à la vue des derniers chiffres de l’INSEE qui ont été publiés le 14 août. Ainsi, au second semestre 2013 la France aurait connu une croissance de 0,5%, Alléluia ! La croissance revient donc et semble donner raison au Président comme au gouvernement. Pourtant, les commentateurs feraient mieux d’être plus prudents et de lire plus attentivement le document de l’INSEE, qui est loin d’être aussi affirmatif qu’ils ne le disent .

En réalité, le chiffre de 0,5% obtenu au second trimestre 2013 est dû à deux facteurs : une hausse de la consommation de 0,3% et un accroissement des stocks de 0,2%. Or, les stocks des entreprises avaient baissé de -0,8% en 2012. Une correction était attendue et se situe dans la normale des choses. On mesure par ailleurs qu’elle reste inférieure à la baisse précédente. Une comparaison des deux premiers trimestres de 2013 avec 2011 et 2012 montre que cet accroissement ne sera pas durable.

Le PIB et ses composantes

On peut lire sur ce graphique, et c’est pourquoi on le publie, la permanence des facteurs qui font stagner le PNB de la France, et en particulier l’évolution de l’investissement et du solde commercial. On voit parfaitement que l’ensemble des facteurs susceptibles de contribuer à la croissance de l’économie française sont en panne depuis la fin de 2011.

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Immigration : Ce qu’elle rapporte, ce qu’elle coûte

Le dernier rapport de l’OCDE sur l’immigration est formel : l’impact fiscal et budgétaire net des populations migrantes est globalement proche de zéro. Avec de notables différences d’un pays à l’autre.

Illustration de l’hebdomadaire Hara-Kiri n°63 en date du 13/04/1970

Alors que, confrontée à la crise et au chômage, l’Europe continue de s’interroger sur le coût de l’immigration pour ses finances publiques, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) lui apporte quelques éléments de réponse dans son rapport annuel (« Perspectives des migrations internationales 2013») publié à la mi-juin.

Ledit rapport tord le cou à une idée reçue : « L’impact fiscal et budgétaire net de l’immigration, y lit-on, est proche de zéro dans l’ensemble de la zone OCDE. » Ce diagnostic se fonde sur « l’étude la plus complète jamais réalisée sur la question », explique l’un de ses auteurs, Thomas Liebig, administrateur à la division des migrations internationales de l’organisation.

L’immigration ne comblera pas les déficits budgétaires des États, mais elle peut aider à les réduire. « En général, les immigrés versent davantage sous forme d’impôts et de cotisations qu’ils ne perçoivent sous forme de prestations », constatent les experts, qui établissent ce solde positif à 3.283 euros par ménage, en moyenne, dans les trente-quatre pays membres de l’organisation.
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Grèce : Quand des parents abandonnent leurs enfants pour qu’ils puissent manger

Des vies et des familles brisées, voilà la réalité vécue par de nombreux Grecs car la crise économique a des conséquences de plus en plus dramatiques sur leur quotidien. Certains parents se voient dans l’obligation d’abandonner leurs enfants dans des orphelinats afin que ceux-ci puissent manger à leur faim.

“Saturne dévorant un de ses fils” (Pierre Paul Rubens)

Un bâtiment en briques rouges dans une banlieue riche d’Athènes. Ce foyer accueille des enfants qui ne sont pourtant pas orphelins. Ils sont les victimes oubliées de la crise de l’euro, certainement ceux qui payent le plus lourd fardeau, déposés là par leurs parents qui ne parviennent plus à les nourrir. Ils sont des dizaines dans le même cas, placés dans des orphelinats pour des raisons économiques.

D’après cet organisme de bienfaisance, 80 des 100 enfants qui sont logés et nourris y ont été déposés parce que leurs familles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins faute de travail. Du coup, la seule solution qui s’offre à eux est de déposer leur progéniture aux organismes de bienfaisance, le coeur brisé, mais l’estomac rempli.

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François Hollande peut-il encore éviter un «1789» bis?

A la Une du Point cette semaine, « Sommes-nous en 1789 ? ». L’hebdomadaire évoque les dernières heures de la monarchie et révèle les troublantes similtudes entre la chute de Louis XVI et l’abandon complet des rênes du pouvoir par François Hollande. Un historien explique que nous sommes sans aucun doute en 1788 : les marges de manoeuvre sont réduites pour le pouvoir (si mal) en place, afin d’éviter d’entrer de plain-pied en 1789, bis.

Ce n’est pas Frigide Barjot qui a appelé le 5 mai à une grande manifestation nationale afin de donner un « coup de balai » : c’est Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle il y a 10 mois, qui a attiré sur lui 11,1 % des suffrages. Les sondages lui en accordaient souvent 15 ou 18 %. C’est Marine Le Pen, (particuliérement discrète en ce moment, pour des raisons stratégiques évidentes), qui a atteint les 18 % promis à Mélenchon. A eux deux, ils ont rassemblé 39 % de l’électorat français. Que réclame Mélenchon ? Ni plus ni moins qu’une sixième République. Que réclame Marine Le Pen ? Une dissolution, et la proportionnelle. La démission du gouvernement et du Président au passage.

Qui doit payer ? Le Tiers-Etat, les classes moyennes

Mais qui défile dans la rue tous les soirs depuis des semaines, non seulement à Paris, mais un peu partout en France ? Des hommes et des femmes, leurs fils et leurs filles, de tous âges. La plupart n’ont jamais manifesté de leur vie, ou alors pour les plus vieux, en 1984 pour l’Ecole Libre, et en 1997 contre le PACS. Qui sont-ils ? Des petits bourgeois, la classe moyenne. Les cheveux peignés. Les filles en ballerines. Tous mains nues.

Retournons un instant en 1789. Qui, excédé par le mépris dans lequel le Roi les enferme, se proclame Assemblée nationale constituante ? Les députés du Tiers-Etat. Qui sont-ils ? Des petits bourgeois, la classe moyenne.

Qui, en 2013, retourne dans la rue tous les soirs, quasiment tous les week-ends (les prochaines manifestations massives sont programmées pour le 5 mai, le 26 mai). Des petits bourgeois, la classe moyenne.

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Coût de l’immigration : Le débat continue

Pierre Milloz répond à Jean-Paul Gourévitch

Jean-Paul Gourévitch a publié une nouvelle étude sur le coût de l’immigration qu’il chiffre à 17 milliards par an. Précurseur des études sur le sujet (dès les années 1990), l’énarque et inspecteur général honoraire, Pierre Milloz, conteste ces résultats et la méthodologie suivie.

Pierre Milloz reproche à Jean-Paul Gourévitch de ne prendre en compte que les surcoûts, considérant ainsi implicitement que les immigrés n’ont pas à participer aux charges générales ; Pierre Milloz reproche aussi à Jean-Paul Gourévitch de sortir des coûts les dépenses d’investissements.

Nous publions ce texte pour engager le débat en ouvrant évidemment un droit de réponse à Jean-Paul Gourévitch. Nous publierons aussi prochainement une étude exhaustive d’André Posokhow sur le coût de l’immigration : un coût qu’il évalue à une hauteur fortement supérieure – 84 milliards – à celle de Jean-Paul Gourévitch. Polémia.

I – La conception du « coût » de M. Gourévitch

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Les paradis fiscaux

L’opération « offshoreleaks » et le dur labeur qui lui correspond confirment  que la mondialisation reste la belle histoire que l’on raconte aux enfants. Le monde des marchés globalisés et généralisés est loin d’être lisse, n’est pas liquide et se trouve aussi peuplé de « grumeaux » irréductibles, ou parfois de trous noirs inaccessibles.

La mondialisation n’est en aucune façon le dépérissement des Etats qui à force de coopérer après s’être fait la guerre en finirait par se liquéfier. Elle n’est à l’inverse qu’une transformation de leur mode d’existence et accessoirement leur multiplication.

Issu d’une longue évolution, ce qu’on appelle le politique en tant que substance commune à un groupe humain, fût progressivement maitrisé par certains de ses membres, lesquels sont devenus les représentants de ce qu’on appellera plus tard l’Etat. Fondamentalement l’essence de l’Etat est l’appropriation à titre privé des outils du politique, ce qui en fonde sa nature profondément prédatrice. Structure spatialement clivante en ce que les prédateurs sont tenus de fonder des frontières garantissant un domaine réservé à chacun d’eux.

Dans un tel monde la guerre entre les « peuples » en voie de constitution a pour objectif la redéfinition du partage de la prédation globale entre ceux qu’il convient d’appeler des « entrepreneurs politiques ». L’ordre humain est ainsi composé de “grumeaux” appelés royaumes ou empires.

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Le « mur budgétaire » expliqué en Playmobil

Plafond de la dette, coupes budgétaires, hausses d’impôts… au cœur de l’actualité en cette fin d’année 2012, les raisons et les enjeux de ce fameux “mur budgétaire”, ou “falaise fiscale”, plongent le commun des mortels dans un océan de perplexité. Le site Atlantico relaie une vidéo réalisée par la Web-journaliste économique Jessica Dubois pour tenter d’y voir plus clair. Se livrant à un joli tour de force pédagogique, Jessica Dubois fournit une explication, Playmobil à l’appui, de ce fameux “mur budgétaire”, en 1’30” chrono. Un procédé dont elle s’est fait une spécialité, comme en atteste une précédente vidéo sur la réforme bancaire en France.

blog.lemonde.fr

La préférence immigrée

Encore un vieil héritage de la gauche, et elle y tient ! C’est Lionel Jospin qui avait fait voter la création de l’aide médicale d’Etat (AME) pour couvrir les soins médicaux des étrangers sans papiers résidant sur notre territoire. Cette générosité coûta 138 millions d’euros en 2000. L’année dernière, l’addition s’élevait à 633 millions – l’équivalent du « bouclier fiscal ».

Actualité et Société, la chronique de François d’Orcival, de l’Académie des sciences morales et politiques

633 millions supportés par les contribuables pour la bonne santé des clandestins.

La droite qui n’avait pas remis en cause le dispositif tentait alors d’enrayer une charge qui menaçait d’atteindre le milliard. Elle adoptait de nouvelles règles prévoyant le versement d’un droit de 30 euros (par an !) par bénéficiaire, un agrément préalable pour les soins de plus de 15 000 euros et la réforme de la tarification des soins.

A peine arrivée aux affaires, la gauche fait adopter comme on le sait 7 milliards d’impôts nouveaux et, dans ce même paquet, elle rétablit l’AME dans sa version d’origine ! Les Français qui travaillent sont mis à contribution mais les clandestins sont exonérés, même des 30 euros…

L’UMP crie au fou. Le président du groupe parlementaire, Christian Jacob, présente une proposition de loi reprenant les règles adoptées sous la majorité précédente. Examinée en commission au début du mois, elle vient en séance le 11 octobre. Un débat d’une agressivité peu banale. Ainsi quand le rapporteur du texte, Dominique Tian (UMP, Marseille)

considère comme inacceptable le fait qu’un travailleur français, sans mutuelle, payant ses cotisations sociales, ait « une moins bonne couverture qu’un étranger en situation irrégulière »

(la Sécu ne prend en charge que 70% des dépenses de soins, au régime général), il se fait dire par son contradicteur socialiste, Christophe Sirugue, que

ses propositions sont « accusatoires, stigmatisantes et inutiles »…

Quand le même rapporteur ose dire que l’AME est un « formidable aspirateur aux touristes médicaux », l’écologiste Véronique Massonneau trépigne : « La santé publique est en jeu ! » Et lorsque le député de droite évoque les filières permettant à des femmes étrangères d’avoir accès à la procréation médicale assistée (6 000 euros), c’est l’explosion : « Scandaleux ! Populiste ! Electoraliste ! » ;

Mme Buffet, l’élue communiste, scande : « Régularisez ! Régularisez ! » On est dans la préférence immigrée.

Canal Académie

La compétitivité, ou la loi des multinationales

Après avoir annoncé un nécessaire « choc de compétitivité » appelé des vœux de la droite et du MEDEF, le gouvernement souhaite désormais construire un « pacte de compétitivité » sur l’ensemble du quinquennat de François Hollande. Une préoccupation bien ancrée dans l’air du temps : la « compétitivité » est désormais sur toutes les lèvres, omniprésente dans le débat public. Sans qu’on se donne la peine de se demander : la compétitivité, c’est quoi au juste ?

Depuis les années 90, la compétitivité est devenue le maître mot du discours politique, un véritable mantra. Aujourd’hui encore, depuis le Parti socialiste jusqu’à la droite, la compétitivité serait l’unique voie de sortie de la crise. Pourquoi au juste ? Parce qu’il n’y a pas le choix. Dans un contexte de libéralisation et de concurrence généralisées, la compétitivité, c’est l’équation gagnante : compétitivité des entreprises = croissance = créations d’emploi.

Cette simple équation permet de comprendre comment la compétitivité s’est imposée comme un objectif ultime, un modèle « gagnant-gagnant » : les entreprises, les salariés et les gouvernements, tout le monde y gagne ; c’est la fin de la lutte des classes, sous la bénédiction bienveillante du capitalisme financier.

Cette potion magique ne s’applique pas seulement à l’économie, mais à la société toute entière. Bien entendu, sur le plan économique, il faut plus de libre-échange, moins de régulation, moins d’impôts pour les (grandes) entreprises, moins de droit du travail, moins de cotisations sociales… Mais il faut aussi mettre l’école, la recherche, les services publics, l’écologie, la culture, nos villes, nos régions… et nous-mêmes au service de la compétitivité.

Sauf que, sauf que… appliquées depuis plus de 20 ans, les bonnes recettes de la compétitivité n’ont jamais tenues leurs promesses. Loin d’apporter des perspectives pour les économies européennes, ces mesures ont en grande partie préparé la crise financière de 2008, puis elles ont contribué à l’empirer [1].

Pourtant, la quête de la sacro-sainte compétitivité n’a pas été en pertes pour tous. Les privatisations, dérégulations, et autres flexibilisations du marché du travail, menées au nom de la compétitivité semblent finalement aboutir aux mêmes conséquences : les bénéfices de quelques-uns ne cessent d’enfler, au détriment des conditions de vie de la majorité. Alors, quid de la compétitivité ? Un petit retour historique s’impose.

Le rêve des industriels

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Les sorties de l’euro coûteraient 2.900 milliards à la France

La France aurait à supporter le coût le plus important si la Grèce venait à sortir de la zone euro, et à entraîner dans sa chute le Portugal, l’Espagne et l’Italie. Une étude menée pour la fondation Bertelsmann tire la sonnette d’alarme en avançant des coûts faramineux.

Encore un scénario catastrophe qui donne des sueurs froides. Celui-ci provient d’une étude produite par Prognos AG, un cabinet d’études économiques allemand pour la fondation Bertelsmann. Ses auteurs affirment que, si la Grèce devait abandonner l’euro et si elle était suivie dans ce mouvement par les trois autres pays de l’union monétaire dont la situation budgétaire est la plus préoccupante -le Portugal, l’Espagne et l’Italie-, ce serait la France qui paierait le prix le plus fort. En valeur absolue, elle perdrait 2.900 milliards d’euros de produit intérieur brut. Soit plus que les Etats-Unis qui perdraient 2.845 milliards d’euros et que la Chine (-1.922 milliards d’euros), d’après des calculs réalisés par la fondation allemande Bertelsmann.

Quatre scénarios

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La douloureuse conjonction de la compétitivité et de l’austérité

Le présent texte tente d’analyser les conséquences des chocs de compétitivité que nombre de gouvernements européens – en particulier ceux des pays du sud – tentent de mettre en place aux fins d’un rééquilibrage des soldes extérieurs et en conséquence une amélioration de l’emploi.

(…)

Ce qu’on appelle aujourd’hui choc de compétitivité dans les pays de la zone euro, n’est pas une démarche propre à surmonter la grande crise des années 2010.

Les chocs proposés sont des dévaluations internes résultant d’un impossible ajustement des taux de change en monnaie unique. Ces dévaluations internes reposent toutes sur une diminution globale du coût du travail, diminution utilisant des supports variés et souvent indirects : augmentation du temps de travail, baisse des charges sociales, prélèvements fiscaux, diminution des prestations sociales, etc. Notons au passage que lors de la crise de 1929, les entrepreneurs politiques des nations  de l’époque disposaient de l’arme du taux de change, armes qu’ils ont utilisées sans ménagement, dans un jeu évidement non coopératif, pour exporter leur propre chômage. L’histoire a révélé  que le résultat de cette politique fût collectivement ruineux.

Pour présenter la  problématique du choc de compétitivité nous utiliserons l’exemple d’un pays, l’Espagne dans ses rapports avec l’Allemagne.

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Les «banquiers» des stups dans les filets de la PJ

En matière de lutte contre la drogue, les saisies d”espèces sont monnaie courante, si l’on ose dire. Cette fois cependant, la police judiciaire peut se targuer d’avoir raflé la banque. Où l’on retrouve une “sainte” alliance devenue un classique des réseaux criminels, la jonction entre un milieu maghrébin spécialisé dans le commerce du cannabis d’origine marocaine et un milieu juif versé dans la finance internationale opaque.

La lessiveuse mise à jour par les enquêteurs de l’office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) fonctionnait de manière assez simple.

Les bénéfices du trafic étaient distribués à des commerçants installés ayant fortement besoin d’argent en espèce pour faire tourner leur “boutique”. Parmi eux, des rois de la confection, des entrepreneurs du BTP, mais aussi un architecte, un avocat parisien, M° Sellam… et une élue verte parisienne, Florence Lamblin, adjointe au maire du XIIIe arrondissement, tous suspectés aujourd’hui de blanchiment d’argent.

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La loi d’airain de la monnaie

Par Jean-Claude Werrebrouck

Dans le modèle de la « potentia multitudinis » André Orléan et Frédéric Lordon nous ont donné un explication satisfaisante de la sélection du métal précieux comme base monétaire. Le paradigme de la rivalité mimétique, emprunté à René Girard, est sans doute le bon outil pour expliquer que la monnaie, invention des hommes, correspond aussi le plus souvent à un processus d’aliénation, ce que nous appelons la loi d’airain de la monnaie.

La monnaie est pure convention sociale, mais elle est aussi, le plus souvent, une implacable contrainte, et l’histoire des crises monétaires nous montre qu’il est difficile de s’en affranchir. Pour autant, la loi d’airain résulte aussi de la progressive montée de l’économie dans les communautés humaines.

Montée de l’économie et promotion du métal précieux

Lorsque dans les sociétés primitives, le face à face entre individus est permanent, Marcel Mauss nous a appris que si échange il y a, celui-ci peut être simple échange de dons, ou échanges de valeurs économiques, dont le but n’est pas le profit  mais simplement celui d’assurer la simple lutte contre l’entropie : il faut bien manger, s’habiller, etc. et donc produire les valeurs d’usages correspondantes dans une quantité suffisante- sans surplus- pour assurer la reproduction de la société.
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Social, impôts : Hollande met la pression

François Hollande a tenu dimanche soir un discours quasi churchillien en proposant du sang et des larmes sur le plan fiscal, avec 30 milliards de mesures nouvelles pour 2013. Seule condition pour parvenir à un “redressement de la France dans les deux ans“. C’est le calendrier qu’il s’est donné pour inverser la courbe du chômage et rétablir la compétitivité de la France.

Ce qui passera, c’est confirmé, par une réforme du financement de la protection sociale, qui s’appuiera sur de nouvelles recettes, sans doute la CSG et une imposition écologique. Les partenaires sociaux ont eux été invités à s’entendre d’ici à la fin de l’année sur la redéfinition du contrat de travail, faute de quoi l’Etat prendra ses responsabilités.

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Un réfugié, combien ça coûte ?

Cela varie grandement en fonction de sa situation. Un réfugié sri-lankais qui habite en région parisienne n’a pas les mêmes besoins que l’un des 400.000 réfugiés somaliens qui habitent dans les camps géants du nord-est du Kenya.


Dans les pays riches, le coût des réfugiés fait l’objet de polémiques. En France, 520 millions d’euros ont été dépensés sur l’asile par le gouvernement en 2011 pour 60.000 demandeurs (le budget initialement prévu était de 327,55 millions d’euros), soit 8.666 euros dépensé par demandeur d’asile.

Là encore, ce calcul est purement théorique, et ne prend pas en compte les aides aux personnes qui ont obtenu l’asile, ni le budget des associations qui travaillent en parallèle du gouvernement.

Sur ce budget, 334 millions d’euros (soit 64%) sont dédiés à l’hébergement. En comparaison, le logement ne représente que 4,7% de l’aide internationale prévue pour les réfugiés syriens de Jordanie.
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Sapir : “Il est urgent de dissoudre la zone euro” (Màj Vidéo)

Addendum du 07/09/2011 - Intervention de Jacques Sapir sur BFMTV, le 03/09/2012.

Addendum du 05/09/2011 - Émission “Les Enjeux internationaux” diffusée sur France Culture le 04/09/2012, présentée par Thierry Garcin et Eric Laurent avec Jacques Sapir, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

Les gouvernements européens n’abordent pas un des problèmes essentiels, pourtant à l’origine de la crise : le coût du travail trop élevé, qui impliquerait dans certains pays des réductions de salaires pouvant aller de 20 à 30%…

La crise de la zone euro a atteint un point critique. Quelles que soient les solutions envisagées, qu’il s’agisse de la mutualisation de la dette ou des mesures dites “non conventionnelles” que la Banque centrale européenne pourraient prendre, elles ne peuvent apporter de solution durable. A cela une bonne raison : cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine mais une crise de compétitivité aggravée par l’effet pervers de l’euro sur la croissance.
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IKEA, les petites combines du roi du meuble

C’est le roi universel du meuble à monter soi-même : Ingvar Kamprad, “Monsieur IKEA”. Il a longtemps figuré en tête du classement des plus riches de Suisse. Car il vit chez nous, pour des raisons fiscales bien sûr. Fondateur et propriétaire d’un groupe qui pèse 66 milliards de dollars, il a mis sur pied un réseau sophistiqué qui lui permet de soustraire au fisc suédois des milliards d’impôts. Un réseau dirigé depuis Lausanne et Epalinges.

De la petite menuiserie fondée en 1947 à la multinationale du meuble, dont les enseignes jaunes et bleues aux couleurs de la Suède trônent aux périphéries de toutes les grandes villes, il y a le parcours d’un monsieur rusé et gros travailleur : Ingvar Kamprad. Un génie qui aime jouer les benêts, qui donne ses ordres par fax et par écrit au stylo feutre, et qui affiche un patriotisme sans limite pour sa chère Suède, à laquelle s’ajoute une modestie – une avarice, diront certains – devenue proverbiale.

Mais il y a une autre facette du grand patron d’IKEA que peu de gens connaissent : sa détestation du fisc, il est vrai particulièrement gourmand en Suède. Dès 1973, Kamprad quitte officiellement la Suède pour échapper à l’impôt sur sa fortune, qu’il a considérable. Plus de 11 milliards, il y a encore peu, réduite à 6 milliards officiellement selon le dernier classement de “Forbes”, grâce à un tour de magie du malin Suédois.

Cette enquête menée par la télévision suédoise et adaptée par Temps présent révèle en effet le réseau complexe de fondations, dont les traces passent par la Hollande, le Luxembourg, le Liechtenstein, Curaçao et la Suisse et dont le seul but est de faire s’évaporer dans la nature une bonne partie des bénéfices gigantesques d’IKEA, pour les soustraire aux gourmandises du fisc. Officiellement, Kamprad et sa famille ne sont plus propriétaires du groupe.

Mais les journalistes se sont procuré des documents qui expliquent en détail comment une bonne partie des milliards encaissés par les magasins sont “remontés” dans les fondations à l’étranger, qui en reversent une grosse partie dans les caisses personnelles du fondateur. Celui-ci s’est entouré de redoutables fiscalistes de l’Arc lémanique, dont un ancien conseiller du président russe Vladimir Poutine. D’anciens collaborateurs ont claqué la porte, fâchés par le double discours du roi suédois du meuble.

Partie 1:


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Sondage : les Français se résignent à la rigueur

Selon un sondage Ifop pour le JDD, 67% des Français sont prêts à faire des efforts pour redresser les comptes du pays. Mais pour 84% d’entre eux, les classes moyennes ne seront pas épargnées par les hausses d’impôts et des prélèvements. Ils ne croient pas à la promesse du gouvernement de faire payer seulement les riches.

Lucides et résignés. Les Français approuvent la rigueur. Même si Jean- Marc Ayrault refuse de prononcer le mot, le Premier ministre peut compter sur le soutien des Français pour redresser les comptes du pays. Selon un sondage Ifop/JDD, 67 % d’entre eux sont prêts à faire des efforts. Une solidarité largement acceptée à gauche (77 %) comme à droite (66 %). Seuls les sympathisants du FN sont réticents (44 %).

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Japon : Pour financer les retraites, taxons les beaux !

Un économiste japonais propose de majorer l’impôt sur le revenu des beaux gosses japonais. L’idée : les rendre ainsi moins séduisants aux yeux des jeunes femmes célibataires pour les orienter vers… les moches. Et financer les retraites.

Vous gagnez bien votre vie mais vous êtes moche, donc célibataire. Pour vous aider à conquérir le coeur de demoiselles intéressées, quoi de mieux que de taxer plus sévèrement les beaux-gosses qui vous font de la concurrence déloyale sur le marché des femmes à marier ? L’idée vient du Japon. Plus précisément de Takuro Morinaga, économiste. Lachée lors d’une émission de télévision japonaise, la proposition a fait le buzz sur internet. Le magazine japonais Aera a donc interviewé le très sérieux Takuro Morinaga, entretien repris par l’hebdomaire Courrier international.

Les bases du raisonnement sont simples : les célibataires sont trop nombreux au Japon. Et face aux hommes au physique avantageux, les laids peinent à séduire. Troisième postulat : les femmes aiment l’argent (sic). La solution pour aider les moches à passer la bague au doigt de demoiselles rationnelles, serait donc de majorer l’impôt sur le revenu des beaux gosses.

Il s’agit de classer les hommes célibataires en quatre grandes catégories – les beaux gosses, les normaux, les moyennement laids et les laids – et de majorer de 100 % le taux d’imposition applicable aux beaux, ce qui doublerait leur impôt sur le revenu“, explique Takuro Morinaga au magazine japonais. Pour l’économiste, “choqué” de voir que près de 50% des hommes japonais âgés de 30 à 35 ans étaient toujours célibataires, il est urgent d’agir. [...]

Suite sur La Tribune

(Merci à Nounouille)

Taxer les grands groupes ? Oui mais comment ?

Nicolas Sarkozy a annoncé sur France 2 qu’il avait brusquement pris conscience de ce que les grands groupes du CAC 40 optimisaient leurs fiscalité de façon à payer le moins possible en France; Mais il n’a pas été très précis sur la façon d’y remédier. L’économiste Jean-Michel Quatrepoint actualise sa proposition de corporate activity tax qu’il avait déjà développé : un autre capitalisme est possible.

Il y a quelques mois, la commission des Finances de l’Assemblée nationale a publié un rapport éclairant et accablant. Sur trois ans – 2007, 2008, 2009 – les entreprises du CAC 40 ont été redevables d’un IS brut avant crédit d’impôt de 4,5 milliards d’euros par an. Soit un niveau comparable à celui de l’impôt payé par la totalité des entreprises individuelles. Le taux d’imposition de nos multinationales représente 4,3 % seulement de leurs bénéfices. Un niveau qui fait de la France un paradis fiscal pour les multinationales et les filiales des groupes étrangers, qui grâce au prix de transfert, localisent leurs profits précisément dans d’autres paradis fiscaux.

On ne peut pas continuer ainsi. D’abord, pour une raison d’équité. Comment peut-on demander à tous les Français des sacrifices et en exonérer ces grands groupes dont beaucoup ont délocalisé massivement et désinvesti. Ensuite, pour de simples raisons comptables : il faut trouver de nouvelles recettes fiscales.

Enfin, si le pays veut s’engager sur la voie de la réindustrialisation, il convient de trouver un moyen d’inciter ces multinationales à réinvestir sur le territoire, en maniant habilement la carotte et le bâton.
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La classe moyenne, cette grande perdante de la financiarisation du monde

Depuis la crise de 2007-2008, la classe moyenne apparaît comme la grande perdante sans qu’aucun débat de société n’ait eu lieu. S’appauvrissant peu à peu, elle est seule à payer les errements de la financiarisation du monde. Extraits de “Tondus comme des moutons” d’Alain Germain et Edmond-Henri Supernak (1/2).

Dès qu’une firme de notation financière cible un pays, le même processus se met invariablement en marche : programme d’austérité, coupes budgétaires, augmentations d’impôts, etc.

Si l’on examine les pays directement visés par ces firmes de notation financière tels que la Grèce, l’Irlande et le Portugal, et si l’on y ajoute même un pays hors zone Euro tel que l’Islande par exemple, que constate-t-on ?

Le politique change ; le financier reste

Portugal. 23 mars 2011. Démission du gouvernement du socialiste José Socrates. Élections en juin 2011. Irlande. 25 février 2011. Défaite cuisante du Premier ministre Brian Cowen, remplacé par le chef du principal parti d’opposition, le Fine Gael, élu sur la base de nouvelles renégociations des conditions du plan de sauvetage. Dans les deux cas, les bases de négociations en cours demeurent les mêmes que celles qui ont fait tomber les gouvernements précédents. Preuve si nécessaire que le politique change alors que le financier reste. Il est probable que certains amendements seront ajoutés pour que chacun sauve la face, mais l’essentiel des conditions imposées demeurera en place.

Faire payer le public pour rembourser les banques

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