2040 : la fin du mariage

Comme l’a rappelé le débat sur le mariage pour tous, nombre d’entre nous aspirons à un même idéal, partageons une même représentation sociale normative : celle du couple, de la sacro-sainte famille nucléaire. La plupart d’entre nous aspirent à cet idéal : s’unir à quelqu’un et lui promettre de passer notre vie avec lui. Toutes nos références culturelles nous renvoient sans cesse cette image du couple (homme et femme, femme et femme, homme et homme, qu’importe…), sacralisée par des dispositifs juridiques et économiques qui le favorisent au détriment d’autres formes de vie sociale (le célibat ou les formes de vies communautaires, le plus souvent particulièrement condamnées). Et pourtant, l’on sait depuis plusieurs dizaines d’années que ce modèle bat de l’aile. Sera-t-il encore le modèle social dominant à la fin du siècle ? Rien n’est moins sûr…

Le mythe de la famille nucléaire

En fait, nos réalités sociales ne sont pas celles-ci, pour autant qu’elles l’aient jamais été. Pour l’éditorialiste, George Monbiot (@georgemonbiot), l’histoire de la famille a toujours été déformée par les conservateurs.

Le mythe de la famille nucléaire, tel qu’idéalisé aujourd’hui, a été créé par les victoriens, rappelle-t-il. Son développement a plus été le fait de questions économiques que spirituelles, affectives ou morales, et a évolué à mesure que la révolution industrielle a rendu la fabrication, c’est-à-dire la production artisanale ou agricole au sein du ménage (ceux qui partageaient un même toit, sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté), non viable.

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Sommes-nous proches d’une insurrection générale?

« Je trouve qu’il y a une passivité des populations qui est extraordinaire ! Quand vous voyez ce qui se passe en Grèce : jusqu’où peut-on aller jusqu’à ce qu’un peuple se révolte ? », s’interroge l’analyste macro-économiste Olivier Delamarche.

La France envisage de taxer ses ressortissants où qu’ils se trouvent

La France pourrait bouleverser les fondements de sa fiscalité en cherchant à l’avenir à imposer ses propres ressortissants établis à l’étranger sur le seul critère de leur nationalité. Pour les quelque 160.000 Français de Suisse, dont près de 3000 bénéficieraient d’une imposition au forfait, les conséquences pourraient être considérables.

La récente convention de double imposition signée le 2 avril 2013 avec Andorre, qui doit encore recevoir l’approbation du parlement français, contient en effet une clause qui permettrait à la France, si elle devait le décider un jour, d’imposer pleinement ses ressortissants établis dans la principauté «comme si la présente convention n’existait pas».

Ce texte «laisse la porte ouverte à une évolution de la fiscalité française qui aurait pour objet d’imposer les personnes de nationalité française sur ce seul critère, quel que soit le lieu de leur résidence fiscale et de la source de leurs revenus», peut-on lire dans le rapport de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale relatif à la ratification de cette convention, daté du 15 octobre dernier.

Marge de manœuvre
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Surtaxe sur les résidences secondaires : la liste complète des 1.150 villes concernées

Les communes situées en « zones tendues » pourront majorer la taxe d’habitation de 20% sur les résidences secondaires. Votre ville est-elle concernée ?

Comme indiqué par Les Echos début novembre, le projet de loi de Finances rectificative pour 2014, présenté ce mercredi matin en Conseil des ministres , introduit une hausse de 20% de la taxe d’habitation dans les zones tendues, telles que Paris, sur les logements meublés qui ne sont pas une résidence principale.

Cette majoration est proposée « dans les zones tendues et pour les collectivités qui le souhaitent » et son produit, estimé à 150 millions d’euros, sera versé au budget des communes, indique le ministère des Finances.

La liste des communes dépendant des « zones tendues » a été définie par décret . Cette liste précise également le champ d’application de la taxe annuelle sur les logements vacants.

Voici donc cette liste complète, selon les agglomérations :

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Quand les entreprises jouent à cache cash (Docu)

En France, face à l’impôt, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Contrairement aux PMI et aux PME, les grandes entreprises parviennent même à y échapper grâce à des montages financiers complexes. Plongée dans les arcanes de l’optimisation et de l’évasion fiscales.

Novembre 2013. Alors que les revenus stagnent et que le gouvernement demande encore de nouveaux efforts aux contribuables français, seules les grandes entreprises et autres multinationales implantées dans l’Hexagone semblent tirer leur épingle du jeu. C’est que, contrairement aux très nombreuses PMI et PME, elles s’arrangent pour contourner en toute légalité, avec l’aide de cabinets spécialisés, le Code général des impôts et éviter ainsi de payer leur écot, ou en tout cas de le réduire au maximum. Cette pratique porte le nom d’optimisation fiscale et fait perdre chaque année des milliards d’euros de recettes, pourtant ô combien nécessaires en ces temps de crise.

Documentaire de Frank Bouaziz et Pierre Oscar Lévy (France 5 – Mai 2014)

François Hollande : Le désastre annoncé des fausses prévisions économiques

Voici une chronique de BFM TV qui fait froid dans le dos. Emmanuel Lechypre nous dresse un portrait inquiétant concernant la réalité des chiffres de l’économie française.

François Hollande ne serait pas seulement nul en géographie, notre cher président est également un véritable cancre en économie. Après avoir parlé de Macédonie au lieu de Macédoine, le chef de l’état est maintenant ciblé par les spécialistes économiques.

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Chine : La ville d’Ordos asphyxiée par sa dette

Ordos, la ville chinoise de Mongolie intérieure célèbre pour ses investissements disproportionnés et sa nouvelle ville aux allures de cité-fantôme (lire notre enquête du mois de novembre dernier), s’enfonce dans la crise. D’après le « 21st century business herald », un journal économique réputé en Chine, les revenus budgétaires de la ville auraient fondu de 15,8% sur un an au cours des cinq premiers mois de l’année.

Ce contrecoup du ralentissement économique en cours, qui pèse sur les recettes fiscales émanant des entreprises, fait s’envoler

la dette de la ville, qui atteindrait désormais 100 milliards de yuans (12 milliards d’euros). Le paiement des fonctionnaires de la ville est en retard.

La municipalité exerce donc actuellement une pression accrue sur les entreprises en retard de paiement de l’impôt pour qu’elles effectuent les versements qu’elles doivent aux autorités.

En pleine tension sur le financement bancaire, le gouvernement local risque d’avoir bien du mal à rembourser 20% de son stock de dette en 2013, comme il s’en était fixé l’objectif en début d’année.

lesechos.fr

Le succès du livret A? Du gaspillage!

Les Français n’ont jamais autant sollicité le livret A : en avril, les épargnants y déposaient plus de trois milliards d’euros supplémentaires. Un chiffre qui inquiète les analystes, comme Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des Epargnants, puisque cet argent ne contribue pas à développer l’économie et la croissance…

Par Philippe Crevel

Sur les quatre premiers mois de l’année, le Livret A et le Livret de Développement durable ont enregistré une collecte nette de 20,66 milliards d’euros. Ces deux produits devraient, cette année, dépasser la collecte de 2012 qui avait atteint 49,17 milliards d’euros.

Cet engouement pour des produits d’épargne faiblement rémunérés symbolise parfaitement notre époque: l’épargnant français recherche avant tout la sécurité. La garantie de l’Etat apportée au Livret A, en ces temps troublés, n’a pas de prix.

Le deuxième atout de ce produit est lié à l’exonération fiscale (impôt sur le revenu et prélèvements sociaux) qui lui est attachée. En mettant l’argent son argent sur un Livret A, l’épargnant a l’impression de faire une bonne affaire en ne donnant pas d’argent à l’Etat.

Ironie de l’histoire, l’Etat sous couvert d’exonérations fiscales et sociales, fait main basse sur une partie de l’épargne des Français afin de financer sa politique du logement voire sa politique en faveur des PME.

 

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Devenir l’associé d’un agriculteur et payer moins d’impôts

La Fédération nationale ovine et un fonds d’investissement parisien s’associent pour venir en aide aux jeunes agriculteurs. Comment ? En facilitant l’apport de capitaux extérieurs.


L’idée remonte à septembre 2012 :

Permettre à des investisseurs de donner un coup de pouce financier aux jeunes éleveurs souhaitant démarrer leur activité.

La Fédération nationale ovine et le fonds d’investissement Labeliance, spécialisé dans les fonds propres pour les PME-PMI, se sont alors associés afin de faciliter la transmission des exploitations détaillait le site de la Nouvelle République.

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Pays-Bas : Eldorado fiscal pour les holdings de grands groupes français

De grands groupes français, dont EDF, GDF Suez, Thales et Veolia, recourent de plus en plus à des holdings financières installées aux Pays-Bas pour réduire leurs impôts, affirme le quotidien économique néerlandais Het Financieele Dagblad (FD), ce qu’ont contesté plusieurs d’entre eux.

Ces dernières années, l’utilisation des holdings financières aux Pays-Bas par des sociétés françaises a beaucoup augmenté“.

Évoquant les polémiques sur l’exil fiscal de riches Français comme la star de cinéma Gérard Depardieu ou l’homme d’affaires Bernard Arnault”, le journal affirme que l’État français, actionnaire de plusieurs sociétés citées, “profite lui aussi de régimes fiscaux plus favorables à l’étranger”.

Selon FD, en plus d’EDF, GDF Suez, Thales et Veolia, une vingtaine d’autres entreprises françaises dont le chiffre d’affaires dépasse les 2 milliards d’euros annuels ont créé une ou plusieurs holdings de ce type pour bénéficier des accords fiscaux bilatéraux entre les Pays-Bas et d’autres pays, permettant notamment d’éviter une double imposition.
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Les «banquiers» des stups dans les filets de la PJ

En matière de lutte contre la drogue, les saisies d”espèces sont monnaie courante, si l’on ose dire. Cette fois cependant, la police judiciaire peut se targuer d’avoir raflé la banque. Où l’on retrouve une “sainte” alliance devenue un classique des réseaux criminels, la jonction entre un milieu maghrébin spécialisé dans le commerce du cannabis d’origine marocaine et un milieu juif versé dans la finance internationale opaque.

La lessiveuse mise à jour par les enquêteurs de l’office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) fonctionnait de manière assez simple.

Les bénéfices du trafic étaient distribués à des commerçants installés ayant fortement besoin d’argent en espèce pour faire tourner leur “boutique”. Parmi eux, des rois de la confection, des entrepreneurs du BTP, mais aussi un architecte, un avocat parisien, M° Sellam… et une élue verte parisienne, Florence Lamblin, adjointe au maire du XIIIe arrondissement, tous suspectés aujourd’hui de blanchiment d’argent.

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Budget 2013: Les entrepreneurs sont-ils des pigeons?

Ils pestent contre la taxation des plus-values à 60%. Les auto-entrepreneurs enragent eux contre la hausse des charges…

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«Un hold-up fiscal sans précédent». C’est peu dire qu’une partie des patrons sont très remontés contre le budget 2013 présenté vendredi par le gouvernement et qui prévoit 10 milliards d’impôts nouveaux pour les entreprises auquel s’ajoute le projet de loi sur le financement de la Sécu annoncé lundi.

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Le quinquennat de Nicolas Sarkozy en 5 chiffres

Chômage, déficit, pouvoir d’achat : à quelques mois de la présidentielle, le think tank Terra nova compare les promesses du candidat de 2007 au bilan du président en 2012.

Nicolas Sarkozy, candidat à sa succession, va devoir défendre son bilan. Le chef de l’Etat a souvent fait l’apologie de la politique du résultat, Terra Nova l’a pris au mot. Le think tank, proche du Parti socialiste, a dressé la liste des principaux chiffres de son quinquennat.

Bien évidemment, la crise est en partie responsable de ces contre-performances. Mais leur comparaison aux déclarations de Nicolas Sarkozy en 2007 offre un contraste saisissant.

“Je vous ai promis le plein emploi, je vais me battre pour le plein emploi”. Place de la Concorde, 6 mai 2007.

 

  • Résultat : 1 million de chômeurs supplémentaires

Selon Terra Nova, “le chef de l’Etat restera le recordman de la hausse la plus brutale du taux de chômage depuis trente ans ”. A 8,1% en 2007, son taux devrait être autour de 10% cette année, selon les dernières prévisions de l’Insee.

La baisse des moyens consacrés à la lutte contre le chômage s’est accélérée depuis 2008 (-10,5% entre 2010 et 2011 et -11,3% entre 2011 et 2012), pointe Terra Nova. Le think tank estime que certaines mesures, comme la défiscalisation des heures supplémentaires ont eu des effets néfastes sur l’emploi en période de crise.

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Saxo Banque dévoile ses prévisions chocs pour 2011

Saxo Banque dévoile aujourd’hui [lundi 20 décembre 2010] ses prévisions chocs annuelles. Réalisées par les équipes d’analystes à Copenhague, ces prévisions dressent le scénario macro-économique pour 2011. « Prévisions chocs », car elles se veulent plus pessimistes que celles de l’analyste de marché moyen et parce qu’il est important que les scénarios les moins probables soient pris en compte.

Ceux qui ont déjà entendu parler des prévisions chocs de Saxo Banque savent qu’il s’agit d’un exercice basé sur la théorie du « Black Swan » [Cygne Noir], inspirée par le philosophe libanais Nassim Nicholas Taleb. Dans son livre, The Black Swan : The Impact of the Highly Improbable, Nassim Nicholas Taleb décrit un événement de type « Black Swan » comme étant très improbable et possédant 3 caractéristiques : il est imprévisible, son impact est très important et la probabilité qu’il se produise est bien plus élevée que ce qui est annoncé par le consensus.

Soyez conscient qu’il s’agit bien plus ici d’une analyse approfondie que d’une simple série de prédictions. La probabilité que nos estimations se révèlent exactes n’est pas supérieure à 50%, mais la possibilité que ces événements surviennent comme prévu est bien plus élevée que ce qui est actuellement annoncé par le marché.

Les prévisions chocs de Saxo Banque pour 2011 :

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USA : les inégalités sont-elles responsables de la crise ?

La montée des inégalités aux Etats-Unis expliquerait aussi bien la crise de 2007 que celle de 1929, selon une étude publiée par le FMI. Pourtant, rien n’est fait pour inverser la tendance. Explications.

Caricature américaine, 2009. Sur l'affiche : "Les saisies immobilières se poursuivent". Les clochards chantent : "Je serai SDF pour Noël" (jeu de mots sur "Je serai à la maison pour Noël" - "I'll be home for Christmas", chanson traditionnelle de Noël).

Les Etats-Unis sont-ils condamnés à plonger dans une nouvelle crise ? Le compromis fiscal conclu entre Obama et ses adversaires républicains a été approuvé jeudi par le Congrès américain. Il s’agit du dernier avatar de l’échec du gouvernement à résorber des inégalités sociales qui ne cessent de se creuser depuis des décennies. Inégalités qui seraient pourtant à l’origine aussi bien de la crise de 1929 que de celle de 2007.

Les inégalités sont-elles à l’origine des crises ?

C’est la thèse des économistes Michael Kumhof et Romain Rancière. Dans un article publié fin novembre pour le FMI, ils rapprochent la montée des inégalités de celle de l’endettement des ménages. Pour eux, c’est le point commun entre les décennies précédant la crise économique actuelle et celles d’avant la Grande dépression de 1929. Entre 1910 et 1929 comme entre 1989 et 2008, la part des revenus de la fraction de 1% des ménages les plus riches est en effet passée de 15% à 25%.

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La puanteur du déclin économique des USA augmente. Quand les Américains opprimés vont-ils descendre dans la rue ?

Par Paul Craig Roberts

Nécrophores américains sur une charogne

La veille de Thanksgiving, le China Daily en Anglais et le site People’s Daily Online rapportaient que la Chine et la Russie s’étaient mis d’accord pour utiliser leurs monnaies respectives au lieu du dollar dans leurs transactions commerciales bilatérales. Les Russes et les Chinois ont dit qu’ils avaient pris cette décision pour protéger leur économie des problèmes qui ont ébranlé leur confiance dans le dollar comme monnaie de réserve mondiale.

C’est une nouvelle importante spécialement pendant la période des congés de Thanksgiving où il n’y a pas beaucoup de nouvelles, mais on n’en a pas parlé sur Bloomberg, CNN, [le] New York Times, ni nulle part dans les médias, presse ou TV, étasuniens. L’autruche ne sort pas sa tête du sable.

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Un pays peut il répudier sa dette ?

Une tribune libre de Patrick Reymond

J’ai vu un article du grand gourou de la finance, étoile clignotante des pitis Zépargnants, et comme d’habitude, il m’a fait beaucoup rire.

L’Argentine de 1997 n’était pas un pays émergent, mais plutôt descendant depuis 1945, et largement en voie de désindustrialisation depuis 1974. En outre, il ne faut pas surestimer le poids de son secteur agricole. Si celui-ci est important et assure les 3/4 des exportations, il avoisine les 5 % du PIB… Donc, cacahuètes (ça tombe bien comme image pour le secteur agricole). De plus, les terres cultivées sont loin de coller à leur potentiel réel (380.000 km² contre 2.800.000 km² de superficie totale). Si tout n’est pas cultivable, on voit donc bien que cette agriculture a des problèmes de débouchés.

De plus, dévaluation, banqueroute et autres, font IMMEDIATEMENT remonter les productions, même si l’appareil productif est peu important. Le Zaïre des années 1970 fut mis pendant deux ans à l’index du FMI, “puni”. La première année, la production agricole fit du + 100 % et la production industrielle + 50 %. La “punition” ne fut pas pour tout le monde. A l’image de l’Argentine, ce sont les productifs qui furent avantagés, comme le seront les pays concernés par des faillites, ouvriers, techniciens et ingénieurs, et les vrais punis seront les financiers…

Le choix des Kirchner, s’il fut certainement imparfait, fut de favoriser un capitalisme productif au lieu d’un capitalisme financier de branleurs invétérés.

En outre, le déficit commercial, c’est comme les dettes, elles sont un jeu à deux. Quand on relie deux pays par ces liens, le coup de tabac quand on les coupe concerne AUTANT le pays exportateur que le pays importateur. On a vu, en 2008, les réductions des déficits US, grand-breton et espagnol ont créé de sérieux problèmes aux exportateurs.

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Affaire Kerviel : la Société Générale a déjà récupéré 1,6 milliard d’euros

Un dispositif fiscal a permis à la banque d’être en partie remboursée après l’affaire Kerviel.

Jérôme Kerviel

La Société Générale a récupéré 1,6 milliard d’euros sur les 4,9 milliards de pertes après l’affaire Kerviel, grâce à un dispositif fiscal permettant de déduire la perte dans la déclaration de l’impôt sur les sociétés l’année suivante, avant toute décision de Justice, soit en 2008, selon les informations exclusives de Martial You d’Europe 1.

Un dispositif légal

Ce dispositif est parfaitement légal : quand une entreprise dégage une perte exceptionnelle dont elle n’est pas responsable, elle peut déduire 33% de cette somme dans sa déclaration d’impôts sur les sociétés. Sur l’exercice 2008, l’Etat a donc épongé un tiers de la perte générée par Jérôme Kerviel.

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Mesures d’austérité : «Les Etats feront face à la résistance sociale»

Philippe Bacchetta, professeur d’économie à l’Université de Lausanne, affirme que la crise de la dette des pays de l’OCDE n’est pas soutenable.

Emeutes en Grèce, décembre 2008

Le Temps : L’endettement des Etats de l’OCDE est-il alarmant ?

Philippe Bacchetta : Il n’est pas dramatique. Dans le passé, nous avons déjà vu des niveaux comparables. Par contre, il est insoutenable, ce qui veut dire qu’on ne peut pas continuer sur la même voie. Les Etats ne peuvent pas vivre éternellement au-dessus de leurs moyens. Le service de la dette peut peser lourd dans le budget national.

– Quel est le vrai problème ?
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“Les baisses d’impôts sont néfastes aux salaires”

L’économiste Henry Liu s’élève contre la thèse affirmant que les baisses d’impôts sur les entreprises et les très hauts revenus généreraient de l’emploi. Toute baisse d’impôt sur les profits, note-t-il, incite les entreprises à arbitrer entre bénéfices et salaires, au détriment des derniers.

De la même façon, les baisses d’impôts sur les hauts revenus encouragent la distribution de salaires mirobolants pour les directions. Notons au passage que ces revenus excessifs ont non seulement déprimé la demande, mais aussi alimenté la finance, avec un effet « deuxième tour »: les exigences de rémunération des investisseurs, bien supérieures à la croissance économique réelle, pressurant de plus en plus les salaires, au fur et à mesure de l’accumulation du capital par le jeu des intérêts composés.

Ces dernières décennies, les économistes partisans des politiques de l’offre ont répandu dans une opinion publique mal informée, le mythe selon lequel des impôts peu élevés encourageaient les entrepreneurs à créer des emplois bien rémunérés.

Mais contrairement à cette affirmation apparemment de bon sens, la réalité historique montre que le régime d’impôt progressif des revenus, avec des prélèvements dépassant les 90% pour la tranche supérieure, a, en fait, encouragé les entreprises à augmenter les salaires. Pour la simple raison qu’il est plus facile d’être généreux avec l’argent du gouvernement.

Dans le passé, quand le taux d’imposition maximum sur les entreprises dépassait 50% et celui sur les revenus 90%, leurs directions étaient moins incitées à maximiser le bénéfice net en réduisant les coûts salariaux. Pourquoi auraient-elles donné de l’argent au gouvernement, alors qu’il pouvait être mieux employé à la satisfaction de leurs salariés ?

La révolution économique de Ronald Reagan, inspirée par l’économie « vaudou » des politiques de l’offre, s’est traduite par la réduction frénétique des taux d’imposition sur les bénéfices. Elle a incité les employeurs à maintenir des bas salaires, car les économies réalisées ainsi généraient des bénéfices que les entreprises et leurs directions pouvaient conserver, n’étant plus soumis à des taux d’imposition élevés. Lire la suite

Le Royaume-Uni peut-il rebondir ?

Surendettement des ménages, envolée de la dette publique…, le nouveau gouvernement britannique en voie de constitution aura beaucoup de mal à redresser l’économie du pays.

Nos voisins britanniques viennent d’élire un nouveau Parlement. Ce qui est sûr, c’est que le nouveau gouvernement aura fort à faire pour sortir le pays de la panade. Certes, tous les pays européens y sont plongés eux aussi, mais celle dans laquelle patauge le Royaume-Uni est particulièrement gratinée : le pays est un de ceux qui se sont le plus laissés aller à l’argent facile et à l’endettement à tout-va, un de ceux où la bulle immobilière a pris les proportions les plus fantastiques, un de ceux dont le secteur financier a été le plus atteint et, enfin, un de ceux où les finances publiques sont les plus dégradées.

C’est pourquoi, après avoir fait si longtemps figure de modèle, on se demande aujourd’hui plutôt si le pays ne serait pas appelé à connaître prochainement un sort analogue à celui de la Grèce.

On se trompe souvent dans ce genre de pronostic et le Royaume-Uni a déjà maintes fois fait la preuve de sa capacité à sortir de situations a priori désespérées. Mais pour l’instant, les ressorts d’un éventuel rebond sont difficiles à entrevoir…

Un redressement en trompe-l’oeil
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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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La Grèce condamnée à une cure d’austérité et de récession

Réduire de 10 points son déficit en deux ans, soit économiser 25 milliards d’euros : les exigences de l’UE et du FMI pour prêter de l’argent à la Grèce sont socialement et économiquement explosives. Explications.

Violences entre policiers et manifestants, lors de la journée de grève générale organisée le 5 mars 2010 à Athènes.

Il y a la carotte : 45 voire, 120 milliards d’euros de prêts, à un taux plus avantageux que les marchés (5%). Et il y a le bâton : 25 milliards d’euros d’économies sur deux ans. Tel est le deal que le gouvernement socialiste grec s’apprête à passer avec l’Union européenne et le FMI pour sortir le pays de la tourmente financière. Un accord à haut risque social.

Les nouvelles mesures d’austérité viendront durcir un premier plan de réduction des déficits abyssaux de la Grèce, prévoyant déjà 4,8 milliards d’euros d’économies pour 2010. Selon des syndicalistes grecs, l’UE et le Fonds monétaire international demandent des économies allant jusqu’à 25 milliards d’euros sur deux ans. Cela permettrait de réduire le déficit public, estimé à environ 14% du produit intérieur brut (PIB) en 2009, de dix points d’ici fin 2011. Le ramenant ainsi à 4%.

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35 ans de difficultés économiques et sociales… qui n’auraient pas dû avoir lieu

Tribune libre de Paysan Savoyard

Posons cette question simple : dans quelle situation, du point de vue économique et social, la majorité de la population française se trouve-t-elle et comment cette situation a-t-elle évolué ces dernières années ?

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On peut répondre rapidement de la façon suivante : la condition de la grande majorité de la population française s’est fortement améliorée au cours des « trente glorieuses. » Puis, à partir du milieu des années 70 (période au cours de la laquelle se produit une crise économique brutale), la position d’une partie significative de la population a cessé de se bonifier et a même commencé à se dégrader : le chômage massif s’installe ; le partage de la valeur ajoutée devient moins favorable aux salaires ; l’imposition se concentre sur la classe moyenne ; les premiers durcissements du système de protection sociale interviennent.

Ce processus de dégradation est jusqu’à présent resté limité. La catégorie la plus nombreuse, celle des salariés, a pu même bénéficier, encore récemment, de différentes améliorations : 5e semaine (1982) ; retraite à 60 ans (1982) ; 35 heures (2000), cette dernière mesure ayant constitué une réforme très favorable pour une partie des salariés, notamment les fonctionnaires et les cadres. Un durcissement du régime de retraite est intervenu (en 1993 pour le secteur privé, en 2003 pour la fonction publique) mais il est jusqu’ici resté modéré. Quant au chômage, il est certes demeuré massif, mais son impact a été amorti par les nombreux dispositifs de « traitement social. »

Cependant le sentiment dominant au sein de la société française est que la période favorable inaugurée dans les années 50 à désormais définitivement pris fin ; que la situation va maintenant se dégrader de façon continue et sérieuse ; et que la position des jeunes générations devrait être significativement moins bonne que celle qu’ont pu connaître les classes d’âge précédentes.

De façon plus précise, les Français pensent, probablement dans leur majorité, que le chômage massif va persister durablement ; que le niveau des retraites va se dégrader, tandis que la durée de cotisation nécessaire pour percevoir une pension va augmenter ; que le niveau de la protection sociale va se réduire et que notamment les dépenses de santé seront moins remboursées ; que les impôts et cotisations ne cesseront de croître ; que le niveau moyen des salaires augmentera peu et moins peut-être que le coût de la vie.
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Le nombre de personnes à très hauts revenus a explosé

Entre 2004 et 2007, le nombre de personnes gagnant plus de 500.000 euros a augmenté de 70 %, observe l’INSEE. Par le jeu des niches, leur taux moyen d’imposition est assez faible. La crise a sans doute stoppé le phénomène.

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En plein débat sur le bouclier fiscal, les niches et la participation des plus riches à l’assainissement des finances publiques, l’INSEE publie ce matin [02 avril 2010] une étude qui ne manquera pas d’intéresser l’opposition.

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Ne m’appelez plus jamais Europe !

Par Michel Santi

Les gouvernements européens maquilleraient donc leurs bilans pour cacher ou édulcorer leurs déficits ! Voilà où en est aujourd’hui réduite la crédibilité de certains Etats Européens et non des moindres, puisque la planification de la privatisation de France Telecom avait autorisé l’Etat français à toucher, en 1997, la somme de 5 milliards d’Euros, officiellement au titre des retraites des salariés de cette entreprise devant être assumées par les pouvoirs publics, officieusement afin d’embellir le déficit budgétaire du gouvernement de l’époque…

Ces manipulations comptables, pénalement répréhensibles dès lors qu’elles émanent d’une entreprise quelconque, auraient ainsi été appliquées par les Etats dans le but de satisfaire aux critères du Pacte de Stabilité, en termes de déficits et d’objectifs d’endettement. Ce pêché originel européen, inadmissible et scandaleux, hantera l’Union assurément pendant encore de longues années, car la Grèce – qui a escamoté certaines dépenses publiques – ou le Portugal – qui a fait passer des dépenses pour des investissements – n’ont fait que suivre l’exemple des “grandes nations” leur ayant montré le chemin.

Ces artifices et ces tromperies comptables ne sont, en définitive, que la résultante de machinations politiciennes de dirigeants (de l’époque) ne reculant devant aucun mensonge pour intégrer certains pays dans l’Union, dans le seul but de favoriser certains lobbies capitalistes ayant misé sur des concentrations et des regroupements d’entreprises au niveau européen !

Mais alors : pourquoi s’acharner contre la finance, si la politique elle-même, dévoyée de sa noble mission de servir l’intérêt public, déguise sciemment la réalité afin de parvenir à ses fins ? La crise des années 2007-2009 a-t-elle été provoquée par la gourmandise du milieu financier, par les bonus inacceptables de certains banquiers ou traders, ou par une politique qui, une fois de plus, s’est faite – le coeur léger – instrument et bras armé du système financier et capitaliste ? La vérité est que la politique n’est plus qu’une excroissance de la finance, trop contente de lui rendre service à la moindre occasion.

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