Watson : L’ordinateur le plus intelligent du monde

Watson est tout simplement l’ordinateur le plus intelligent au monde. Conçu par IBM, il est doté d’une intelligence artificielle capable de diagnostiquer des cancers avec un taux de réussite plus élevé que celui des étudiants en médecine. Une révolution dans le monde médical.

On vous parlait déjà de Watson, l’ordinateur le plus intelligent du monde, lorsqu’il était question pour lui de gérer les standards téléphoniques. Sa nouvelle mission est désormais de venir aider les médecins du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New-York, un centre qui a traité 1125 patients atteints d’une tumeur du poumon en 2012.

Pour cela, une équipe composée de 25 chercheurs a aidé l’intelligence artificielle à assimiler plus de 600.000 données médicales, principalement sur le cancer du poumon. L’ordinateur est maintenant capable, grâce à sa capacité à comprendre le langage naturel et non le langage informatique, de répondre aux questions des médecins et de diagnostiquer avec un taux de succès de 90% le cancer du poumon!

En téléchargeant le dossier du patient dans la machine,  Watson informe le médecin sur le meilleur traitement à utiliser et affiche une liste classée selon un indice de confiance décroissant.

Watson est actuellement en phase de tests dans un centre hospitalier new-yorkais. Grâce à lui, les frais de santé pourraient être réduits de 30% aux États-Unis, soit d’1,46 milliard d’euros !

SoCurious

Les entreprises : complices de la récession ?

En apparence, l’histoire de la grande patronne d’IBM Virginia Rometty, désignée par Forbes femme d’affaires la plus puissante au monde, a tout d’une « success story ». Voilà en effet plusieurs années que, sous son règne, les profits d’IBM ne cessent de grimper et que les actionnaires la bénissent.

Virginia sait effectivement se montrer très persuasive et fort généreuse envers eux à la faveur de dividendes en constante augmentation et, ce, quasiment depuis son accession à la tête de l’entreprise. Cette ascension dans la rémunération de l’actionnariat, et cette progression constante du prix de l’action masquent cependant une réalité prosaïque – voire un secret malsain-, à savoir qu’elles sont entièrement redevables aux rachats massifs des actions IBM … par IBM!

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Stephen Hawking a l’intelligence artificielle à l’oeil

Stephen Hawking, scientifique mondialement réputé pour ses travaux en cosmologie et physique des trous noirs, a co-signé une tribune dans le journal britannique The Independant. Il dénonce un manque d’intérêt de la communauté scientifique pour les risques inhérents au développement de l’intelligence artificielle.

Associé à d’autres chercheurs de renom comme Stuart Russel, Max Tegmark et Frank Wilczek, il tire le signal d’alarme. « Développer avec succès l’intelligence artificielle pourrait être le plus grand événement dans l’histoire de l’humanité. Malheureusement, ce pourrait aussi être le dernier », estiment-ils.

Les risques qu’ils évoquent sont multiples mais renvoient tous à des problématiques déjà explorées dans le domaine du cinéma. Ainsi, dans des films comme iRobot ou Terminator, peut-on voir émerger des formes d’intelligence artificielle (souvent associées à des robots) ultra-connectées et omniprésentes? Lorsque celles-ci décident de se retourner contre leurs créateurs, elles sont capables de bloquer la plupart des services et infrastructures qui nous font vivre actuellement.

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Quand les humains n’auront plus besoin de postuler ! (Version FR)

Depuis la révolution industrielle, l’être humain n’a cessé de créer des machines, afin d’automatiser les tâches difficiles ou rébarbatives. Ceci a amené une abondance qui n’était pas envisageable avant. Aujourd’hui, nous sommes devant un constat qui demande réflexion sur l’orientation que prend notre société.

En effet, l’automatisation de tous les secteurs d’activités posera de véritables problèmes pour l’emploi dans l’organisation sociétale actuelle. Cette vidéo que nous avons traduite et doublée nous montre à quel point ce sujet est crucial et le sera de plus en plus avec l’avancement effréné des technologies d’automatisations.

Géopolitique : Union transatlantique, la grande menace

Par Alain De Benoist

Négocié dans I’opacité la plus totale depuis juillet 2013 par les Etats-Unis et I’Union européenne, Ie Partenariat transatlantique de commerce et d’investissements vise à mettre en place une gigantesque zone de libre-échange. Objectif : créer un ensemble euro-atlantique sous contrôle états-unien. Révélations sur une monstruosité.

On n’en parle guère, alors que l’on est en présence de l’un des plus grands événements de ce début de XXIe siècle. Et d’une des plus grandes menaces. De quoi s’agit-il ? D’un projet de « grand marché transatlantique » dont dépend pour une large part l’avenir même de l’Europe. Et même du plus important accord commercial bilatéral jamais négocié, puisqu’il s’agit de mettre en place, en procédant à une déréglementation généralisée, une gigantesque zone de libre-échange, correspondant à un marché de plus de 800 millions de consommateurs, à la moitié du PIB mondial et à 40 % des échanges mondiaux. Bref, de créer la plus grande zone de libre-échange du monde grâce à l’union économique et commerciale de l’Europe et des Etats-Unis.

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TAFTA expliqué pour les nuls… et les Citoyens !

Article d’origine rédigé par Lurinas du blog La télé libre

Cela fait plus de 20 ans que des accords de libre-échange entre les États-Unis et l’Europe sont tissés plus ou moins largement et plus ou moins en marge du cadre multilatéral de l’OMC. Depuis le dernier cycle de Doha suspendu en 2006, la stratégie alternative des accords bilatéraux s’avère plus que jamais prometteuse. Aussi, cette fois encore, mais plus durement, l’accord commercial transatlantique TAFTA est dans les tuyaux. Plongée dans ce tas de dossiers à petits caractères.

Plus de 20 ans. Oui, oui. Si les médias audiovisuels français sont très discrets sur le sujet, il convient de vous éclairer pour susciter et provoquer le débat dans l’opinion publique.

TAFTA ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ce texte sans jamais oser le demander.

Les grandes lignes

Le Trans-Atlantic Free Trade Agreement (TAFTA) est un projet d’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis (EU).

D’autres acronymes existent pour s’y perdre : TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), PTCI (Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement), GMT (Grand Marché Transatlantique), APT (Accord de Partenariat Transatlantique).

Union européenne et États-Unis sont deux espaces qui totalisaient 45% du PIB mondial en 2012. 820 millions de consommateurs. Pas peanuts.

Le projet actuel a pour but principal d’abaisser les barrières douanières qui existent encore, d’harmoniser les normes entre les deux parties, etc. afin que les marchandises, les services et les capitaux circulent mieux, plus vite, plus loin.

« L’accord doit prévoir la libéralisation réciproque du commerce et de l’investissement des biens et des services, ainsi que les règles sur des matières ayant un rapport avec le commerce, avec un accent particulier sur l’élimination des obstacles réglementaires inutiles. L’accord sera très ambitieux allant au-delà des engagements actuels de l’OMC. L’accord s’imposera à tous les niveaux de gouvernement »

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Le mirage du flair électronique

C’est un peu la version post-moderne des « avions renifleurs », une belle arnaque qui a ridiculisé Elf dans les années 70. Cachées derrière le vocale « intelligent — smart —, les vulgaires caméras qui scannent l’espace public deviennent des machines à flairer les intentions coupables, douées d’une capacité infaillible pour détecter des situations dangereuses ou autres « comportements suspects ».

La stratégie on la connait, héritée de l’antiterrorisme, se placer dans une posture « proactive », voire « prédictive ». Mais derrière la posture, c’est l’ère du vide.

Le maire de Nice, Super Estrosi, en a fait des tonnes, comme l’a rappelé Le Canard cet été (13/08), en présentant à la presse ébahi son nouveau central de surveillance vidéo en 2010. La propagande municipale niçoise vante les capacités d’un mystérieux logiciel la capacité de « détecter automatiquement et en temps réel, à partir des flux vidéo issus des caméras de vidéoprotection, tout comportement “anormal” qui aura été défini et programmé au préalable ». Impossible ensuite de vérifier la pertinence des alertes — « environ une vingtaine d’alertes par jour pour des intrusions, maraudages ou attroupements » —, face à la réalité du terrain. La mairie ne fournit que le nombre d’interpellations qu’auraient permises les caméras (soit un peu plus de 1 300 depuis ses débuts en 2010, dont 610 en 2012). Sans préciser en quoi un « attroupement » peut être désigné comme « suspect » a priori.

Dans le même papier, on apprend au passage qu’un produit dérivé est utilisé à Paris, mais pas dans les rues criminogènes de la capitale. Dans les piscines! Ben oui, c’est bien connu, les bassins de baignade sont un repaire de malfaisants. Des caméras au plafond, mais aussi sous l’eau, scannent les formes humaines pour tenter de repérer des noyades… Ce merveilleux engin, le système Poséidon, — « le 3ème œil du maitre-nageur » (sic) — a déjà coûté plus d’un million d’euros aux finances parisiennes.

Les appels d’offres se sont noyées dans la paperasse quotidienne, si bien que les élus n’ont jamais réellement pu débattre de l’opportunité de décharger les maitres-nageurs de la « prévention des noyades » grâce à une machine bien improbable. Le premier marché remporté par la cette société de savants fous, à l’époque Vision-IQ, date de la frénésie sécuritaire de 2001 (en décembre). En 2013, après zéro preuves, il parait que la mairie veut arrêter les frais. 9 piscines sont équipées.

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Europe : Phase finale d’américanisation

Par Jean-Paul Baquiast

Les évènements se précipitent. Peu d’européens en sont encore conscients. D’autant plus que pour s’en apercevoir il faut un minimum de culture stratégique, afin de déchiffrer des évènements qui autrement paraissent anodins. Appelons américanisation de l’Europe le fait pour celle-ci d’acquérir le statut non d’un nième État de l’Union – ce qui peut conférer quelques droits constitutionnels et civiques – mais d’un État complètement subordonné, colonisé pour reprendre un ancien terme, sur le modèle des ex-colonies africaines de la France.

Cette américanisation est en cours depuis la seconde guerre mondiale, sinon la première. Ces guerres ont vu l’Europe, emportée par ses divisions internes, perdre une grande partie des éléments faisant son ancienne puissance. Ceci au profit des Américains. Face à l’URSS d’abord, face aux puissances émergentes d’Asie, principalement la Chine aujourd’hui, l’Amérique a su convaincre les européens qu’ils devaient lui confier leur défense, quitte à lui livrer en échange tout ce qui leur restait de souveraineté.

On peut avec un certain optimisme estimer qu’au cours du dernier demi-siècle et aujourd’hui encore, 100.000 européens au maximum ont toujours voulu refuser ce marché de dupes. Pour eux, l’Europe avait les moyens de se défendre et de se développer sans rien abandonner de ses atouts scientifiques, économiques, militaires. Sous le gaullisme en France, quelques 50.000 Français avaient accepté de tenir le pari. Aujourd’hui encore, ils sont peut-être 50.000 à tenter de résister, provenant de diverses horizons. L’Airbus A350 qui vient de réussir son premier vol à Toulouse est un des derniers descendants de ce rêve héroïque.

Mais ces réfractaires à l’américanisation, en France comme en Europe, se heurtent en Europe, dans chaque État comme au sein même de l’Union européenne, à des résistances formidables. Il y a d’abord l’inertie de centaines de millions de citoyens qui pensent que tout ira bien pour eux s’ils suivent les modes de vie et modèles américains, s’ils obéissent aux consignes implicites venues d’outre-atlantique. Mais il y a aussi ceux qui ont mis toutes leurs cartes dans la servilité à l’égard des intérêts américains, afin d’en être grassement récompensés. L’actuel président de la Commission européenne en est un bon exemple.
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“L’effet Joseph” ou l’application des fractales à la finance

Vous avez peut-être entendu parler de Benoît Mandelbrot comme étant l’inventeur des fractales. Mais il s’est aussi intéressé à la finance, introduisant les concepts d’un “effet Joseph”, qu’illustre aujourd’hui fort bien le cours de l’or et également d’un “effet Noé” qui a plus tard été repris sous l’appellation de “black swann” ou “cygne noir” en français. Mais les gens n’inventent rien. Tout ça était déjà connu dans les années 70. Le Collège de France avait même invité Mandelbrot à lui présenter ces choses dans une série de trois exposés d’une clarté admirable, dont le texte est malheureusement devenu introuvable aujourd’hui, même sur l’internet.

LA RECHERCHE • Que sont les fractales?

BENOIT MANDELBROT • Les fractales sont des objets géométriques qui ont la propriété que voici: ils peuvent être décomposés en fragments dont chacun a la même forme que le tout. Dans le cas de la Bourse, l’objet géométrique est une de ces courbes très irrégulières qui donnent, par exemple, le prix d’une action en fonction du temps.

Les journaux reproduisent ces courbes selon un format “paysage” de largeur et hauteur données. Mais supposez qu’on ne prenne en considération qu’une partie d’une telle courbe; par exemple, au lieu de suivre un prix sur cinq ans, on peut décider de le suivre, mais avec une précision croissante, sur une année, quelques mois, voire quelques jours.

La courbe partielle sera, elle aussi, imprimée selon le format “paysage.” C’est là qu’interviennent les fractales. Une fractale auto-affine est un objet géométrique pour lequel les parties ainsi réduites suivent les mêmes règles que le tout. Que l’on considère un cours boursier sur une longue période, ou sur une courte période, les détails seront tout à fait différents, mais l’allure générale, les règles générales, seront très semblables.

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Les multinationales veulent-elles se débarrasser de leurs actionnaires trop curieux ?

Un géant du pétrole qui porte plainte contre un fonds d’investissement « éthique ». L’affaire est peu banale et se déroule aux États-Unis. Le pétrolier Chevron y attaque en justice le fonds d’investissement Trillium, accusé de collusion avec des organisations non gouvernementales. Celui-ci dénonce l’opacité des comptes. En France, Total avait empêché des actionnaires proches de Greenpeace de déposer une résolution en assemblée générale.

Et si les actionnaires des entreprises du CAC 40 se rebellaient ? S’ils déposaient des résolutions en Assemblée générale, pour demander que les firmes deviennent vraiment responsables, arrêtent de maltraiter leurs salariés et l’environnement, ou redistribuent davantage de plus-value aux travailleurs ? Scenario utopique ? Peut-être. Mais aux États-Unis, certains actionnaires commencent à faire entendre leur voix. Au point d’énerver les grands groupes, qui n’aiment pas qu’on vienne contrecarrer leurs plans et mettre la pagaille dans leurs consensuelles assemblées d’actionnaires. Résultat : le géant pétrolier Chevron vient d’assigner en justice un de ses actionnaires les plus remuants, un peu trop épris de justice sociale à son goût. Une décision pour le moins surprenante…

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Quand Apple rejouait la Seconde Guerre Mondiale contre IBM et Microsoft

Un court-métrage destiné exclusivement aux employés d’Apple et datant de l’époque des premiers ordinateurs Macintosh vient de faire surface sur le Web. Il met en scène la firme à la pomme aux prises avec IBM et Microsoft dans un cadre qui n’est pas sans rappeler la Seconde Guerre Mondiale.

Steve Jobs cessera-t-il un jour de nous étonner ? Que vous soyez fans ou non du personnage, force est de constater qu’il a su réaliser de grandes choses. Et surtout avec des méthodes souvent fort peu orthodoxes. Une nouvelle preuve de cet état de fait vient de faire surface sur le Web, sous la forme d’une vidéo bien particulière.

La vidéo en question est un court-métrage commandé par Apple et destiné initialement à ses employés uniquement. On y voit Steve Jobs prendre la tête d’une armée de soldats aux casques frappés d’une pomme dans un cadre qui rappelle celui de la Seconde Guerre Mondiale. Le court-métrage en question date des jeunes années d’Apple, à l’époque des premiers Mac, lorsque les ennemis jurés s’appelaient Microsoft et IBM.

Malgré le ton belliqueux, les troupes d’Apple utilisent des logiciels et des Macintosh pour seuls armes. Ils prennent d’assaut des bureaux en guise de champ de bataille. Et tous les bureaucrates utilisant des ordinateurs IBM errent comme des zombies avant de se voir libérer par les Mac. Bref, il s’agit d’un sacré court-métrage quand on pense qu’il a été réalisé uniquement dans un but interne et qu’il a mis près de trente ans à se dévoiler au reste de la planète.

Protection de l’innovation : L’inflation des brevets s’explique aussi par l’extension de leurs domaines d’usage, tant privé que public

L’augmentation du nombre de dépôts de brevets génère des critiques. Pourtant, bien que coûteux, ce système de défense de l’innovation reste efficace, et les réflexions se poursuivent pour soutenir la politique d’innovation des PME. Mais si la hausse du nombre de demande de dépôts de brevets se poursuit, c’est aussi parce les organismes publics en déposent à tour de bras pour valoriser le résultat de leurs travaux. Et c’est encore, car le brevet endosse désormais de nouvelles utilités, notamment dans les domaines de la communication, du management et de la finance.

La première fonction du brevet (quel que soit le système national de brevet) est de protéger l’invention pour une période de temps limitée (aujourd’hui 20 ans maximum). Toutefois, pour l’obtenir, le déposant doit fournir un descriptif précis de l’invention qu’il a produite. [...] Il s’ensuit qu’avec le dépôt de brevet, il y a des risques de contrefaçon ou d’imitation de l’invention. Le système judiciaire s’avère tout à fait complémentaire du système de brevet, il permet au déposant de défendre ses droits. Il apparaît comme l’une des conditions d’un fonctionnement correct du système de brevet.

Ce paragraphe est extrait des Nouvelles fonctions du brevet – approches économiques et managériales, ouvrage coordonné par Pascal Corbel et Christian Le Bas. Le brevet à l’origine a pour but de protéger une invention, tout en favorisant l’innovation, puisque celle-ci est rendue publique et évite le recours au secret industriel. Le nombre croissant de dépôts de brevets (5,17 millions de demandes de brevets attendaient en 2010 d’être traitées au niveau mondial, selon un rapport de l’OMPI, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, une institution spécialisée des Nation Unies) est l’objet de critiques dans certains milieux.

Il y a une augmentation du nombre de brevets, sans doute supérieure aux dépenses de recherche et développement, et supérieure aux inventions produites”, confirme Christian Le Bas, auteur de l’ouvrage précité et professeur d’économie à l’université Lyon 2. Mais il ne se fait pas l’écho de ces inquiétudes. “Mais c’est parce qu’une invention est protégée par plus d’un brevet, on protège de plus en plus les rouages. La même invention va être protégée en France par une dizaine de brevets, plus des extensions dans le monde…

J’ai entendu parler de cette idée selon laquelle il y a trop de brevets. Ce n’est pas quelque chose qui me frappe, déclare Yves Bizollon, avocat associé chez Bird & Bird en charge de la propriété intellectuelle. Il y a, en France et en Europe, des dépôts raisonnables.” L’OMPI, qui a publié les chiffres de 2010, estime que le taux de croissance des dépôts de brevets est simplement corrélé au dynamisme des activités de recherche et développement.

Ce qui se dégage de nos chiffres, c’est une croissance au niveau mondial des demandes dans tous les domaines de la propriété intellectuelle, confirme Bruno Le Feuvre, statisticien à l’OMPI. La croissance de dépôts est généralement le signe d’une activité économique soutenue”. “Pour un constructeur automobile, il est important d’avoir un bon portefeuille de brevets, riche, sur les technologies qui ont de l’avenir, rappelle Marc Duval-Destin, directeur de la recherche et de l’ingénierie avancée chez PSA, premier déposant en France. Quand vous faites une automobile, vous risquez d’être pris à parti sur la contrefaçon. Vous pouvez consciemment ou inconsciemment copier. Si vous avez un bon portefeuille de brevets, vous protégez votre modèle, et cela permet de répondre aux injonctions des concurrents.” C’est là l’utilisation classique du système brevet, qui malgré les critiques, semble toujours efficace pour protéger les innovations.

Protecteur et coûteux

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Vers l’intégration transatlantique ?

Les Etats-Unis cherchent à intégrer l’Union Européenne dans un espace économique et juridique sous leur entière hégémonie.


Les Etats-Unis planifient l’intégration de l’Union Européenne dans leur propre espace économique et juridique, en accord avec les législateurs de Bruxelles et de Strasbourg. Washington espère ainsi construire un marché puissant de 800 millions de citoyens sous le régime normatif et hégémonique du seul droit américain.

Lors d’une réunion commune entre Américains et Européens dans le cadre du « Conseil Economique Transatlantique » (CET), les Etats-Unis et l’UE ont mis au point un projet pour élaborer des critères communs dans de nouveaux secteurs comme le développement de la production technologique, la nanotechnologie et les automobiles électriques. Réunion qui a suscité un grand enthousiasme chez les fonctionnaires américains…

Les Etats-Unis et l’Union Européenne ont décidé de développer un « système d’alerte précoce », grâce auquel tant Bruxelles que Washington s’échangeront des connaissances sur les nouveaux systèmes de régulation en chantier, en particulier pour tout ce qui concerne les produits de haute technologie.

Les règles ne seront pas d’emblée les mêmes pour les deux parties concernées, mais celles-ci ont néanmoins décidé d’arriver à « une coopération accrue sur le plan normatif ». Au cours de la réunion, les parties se sont mises d’accord sur une série de principes communs qui devront encadrer la réglementation future : cette série comprend la transparence, la participation publique et la réduction au minimum des charges pour les entreprises.

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Europe sociale

Selon une étude que vient de publier l’Institut Eurostat, 81 millions de personnes vivent au dessous du seuil de pauvreté au sein de l’Union européenne, soit, en moyenne, 16,5% de la population. En Allemagne, première puissance économique européenne, cette proportion est à peine inférieure : 15,2%.

L’étude indique que près de la moitié des personnes concernées – 42 millions – subissent des privations vitales (impossibilité de faire face au loyer ou au chauffage, par exemple). 2010 avait été déclarée « année de lutte contre la pauvreté » par l’UE. L’Europe sociale est donc enfin en marche ; rien ne semble désormais pouvoir l’arrêter.

Prolongeant ses remarquables efforts pour combattre la pauvreté, la Commission européenne poursuit la procédure contre la France visant le « bouclier fiscal ». Bruxelles n’en remet nullement en cause le principe, mais juge discriminatoire ses modalités : le plafonnement de l’impôt ne s’applique qu’aux personnes domiciliées en France, ce qui constitue, pour la Commission, une entrave à la libre-circulation.

L’argumentation européenne vise donc à ce que le fisc français rembourse des impôts… payés à des trésors publics hors de France. Grâce à l’UE, certaines grandes fortunes pourraient donc éviter d’être spoliées par les quasi-bolcheviks qui règnent à Bercy et à l’ Élysée.

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Un tiers du budget européen est-il dévoyé ?

Selon le Financial Times, l’UE n’a dépensé que 10% des 347 milliards d’euros de fonds structurels alloués jusqu’en 2013 pour promouvoir le développement de régions pauvres d’Europe. Le quotidien britannique dénonce aussi des détournements, des fraudes et des erreurs.

A quoi servent les fonds structurels européens?

Les fonds structurels sont le premier outil de la politique de cohésion et de la solidarité budgétaire entre États membres. Ils visent à redistribuer la richesse européenne et à réduire les différences économiques et sociales dans l’Union. Deuxième poste de dépense après la PAC, ils s’élèvent en effet pour la période de 2007 à 2013 à 347 milliards d’euros, soit un tiers du budget européen.

Une grosse partie de l’argent  finit dans les comptes de multinationales, comme Coca-Cola, IBM et Nokia Siemens, alors que les fonds sont destinés à aider les petites et moyennes entreprises. D’autres grands groupes s’en servent même pour délocaliser au sein de l’Union, c’est le cas de Dell. La mafia, notamment la Ndrangheta, en détourne également une partie considérable.

Chaque État contribuant proportionnellement à sa richesse, la France donne neuf fois plus qu’elle ne reçoit.
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Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux Etats-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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Crash fiscal : le “cauchemar américain” de Joe Stack

“Le credo communiste : de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ; le credo capitaliste : de chacun selon sa crédulité, à chacun selon son avidité. Joe Stack (1956-2010).” Ainsi finit le long message laissé, sur Internet, par l’Américain qui a précipité volontairement son petit avion sur un immeuble de l’administration fiscale à Austin, au Texas, jeudi 18 février. Agé de 53 ans, l’homme est vraisemblablement mort dans l’accident, un employé des impôts étant également porté disparu, et deux autres grièvement blessés.

Sur le site, fermé peu de temps après le crash, de la société de logiciel informatique qu’il avait créée en 1983, Joe Stack a laissé un testament de six pages, désormais disponible sur le site du Washington Post, dans lequel il s’attache à démonter le mythe du rêve américain. “Malheureusement”, écrit-il, “dans ce pays, nous subissons un lavage de cerveau dès notre plus jeune âge pour nous faire croire qu’en échange de notre dévouement et de nos services, le gouvernement œuvre pour la justice pour tous (…), qu’il y a de la liberté dans ce pays, et que nous devrions être prêts à donner notre vie pour les nobles principes de nos pères fondateurs. (…) J’ai passé toute ma vie d’adulte à essayer de me sortir tout ce bordel de la tête.”

Dans sa ligne de mire, les hommes politiques, “des voleurs et des menteurs qui ne pensent qu’à leur propre intérêt”, le sauvetage des banques et des grandes entreprises “qui se sont écroulées sous le poids de leur gloutonnerie”, comme General Motors, le système de santé et les compagnies d’assurances qui “tuent des dizaines de milliers de gens”, ou encore les lois : “On demande une signature sur la déclaration d’impôts, mais qui peut dire qu’il comprend vraiment ce qu’il signe ? (…) Si ceci n’est pas une mesure digne d’un régime totalitaire…”
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IBM imagine se débarrasser des trois quarts de son personnel

IBM envisage de se séparer des trois quarts de ses 399 000 salariés au cours des sept prochaines années. Le site spécialisé en ressources humaines Personnel Today, qui a interviewé le responsable du personnel d’IBM Tim Ringo, explique que si un tel scénario était appliqué, 299 000 salariés seraient licenciés d’ici à 2017, et pourraient être réembauchés au cours de missions spécifiques.

Le but d’IBM est clair : réduire ses coûts importants en force salariale. Selon Tim Ringo, ce n’est qu’une option envisagée pour l’instant, mais il y aurait un réel besoin chez IBM : « il n’y aurait plus de coûts de fabrication, et plus de retraites ou de dépenses de santé à payer. Ce qui permettrait d’importantes économies. »

Pour Robert Morgan, directeur du cabinet de consultants Burnt Oak Parteners, « c’est quelque chose que les grands fournisseurs de services font depuis trois ans », et tous semblent vouloir adopter ce type de stratégies. Selon lui, « la seule façon de réduire leurs coûts est de réduire leur personnel fixe. »

La problématique évoquée par Morgan, c’est la compétition « avec les pays low-cost, comme la Chine. De plus, les grandes entreprises doivent rester à la hauteur face à de nouvelles formes de technologies, donc les coûts salariaux sont la dernière chose dont elles veulent. »

Le problème, pour le consultant de KPMG Bernard Brown, est de parvenir « à encourager les gens à continuer à travailler pour vous » une fois qu’ils ont été licenciés. « Les problèmes pour les conserver sont énormes. Et le moral du personnel pourrait également être affecté. »

Clubic

Le travail sous tension

Des conditions de travail dégradées, conjuguées à un recul des solidarités collectives, expliquent la souffrance psychique de nombreux salariés.

25 suicides en un peu plus d’un an et demi : l’effroi a saisi France Télécom, braquant une nouvelle fois les projecteurs médiatiques sur la souffrance au travail, deux ans après la série noire qui avait endeuillé le Technocen­tre de Renault, à Guyan­court.

Cette violence, que les salariés retournent contre eux, n’épargne aucun secteur : PSA, BNP Paribas, IBM, EDF ou encore l’Assistance ­publique-Hôpitaux de Paris y ont été ou y sont confrontés. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Le phénomène dépasse donc largement le huis clos de telle ou telle entreprise, en prise avec des méthodes de management contestables. Difficile, pour autant, d’en évaluer l’ampleur de manière précise. Le nombre de suicides liés au travail est estimé à 300 à 400 par an, en extrapolant à l’ensemble de la France les résultats d’une étude réalisée en Basse-Normandie par l’Inspection médicale du travail en 2002.

Il s’agit néanmoins d’un phénomène relativement récent, apparu au cours des années 1990 dans l’industrie et les services, selon les médecins du travail. Auparavant, seule l’agriculture était repérée comme touchée. Condi­tions de vie très dures, isolement, endettement et risque de paupérisation formaient les ingrédients d’un cocktail potentiellement explosif pour les petits exploitants agricoles. Ils ne sont désormais plus les seuls à mettre fin à leurs jours au boulot. Qu’est-ce qui a changé ? Lire la suite