Jacques Attali : « Integrex »

Comme prévu, l’humanité est et sera de plus en plus nomade. Plus de 200 millions de gens vivent déjà sur un autre continent que celui où ils sont nés. Et, quels que soient les barrières et les murs dressés, ils seront plus de 500 millions dans ce cas en 2050.

“Freedom not Frontex” (Liberté pas Frontex)

Alors, que faire? La tentation naturelle est et sera de refuser ces « envahisseurs », ces « intrus » ; de pourchasser, d’arrêter, d’expulser ceux qui se glissent illégalement dans les trop rares lieux d’abondance et de paix du monde. Qui peut en vouloir à ceux qui fuient la violence? Qui peut en vouloir à ceux qui prennent peur pour leur tranquillité?

Mais fermer les frontières devant les gens entraînera inévitablement leur fermeture, un jour, devant les marchandises, les capitaux et les idées. La dictature et la confrontation en découleront, comme ce fut si souvent le cas dans le passé. De même, ouvrir à tout vent conduirait à des désastres innombrables. Donc, que faire?

La politique vise justement à trouver un compromis entre ces deux extrêmes tout aussi inacceptables. En Europe, une politique de fermeture ou d’ouverture. ne peut être nationale, car il suffit d’une anicroche, dans une maille du filet, pour qu’il soit inopérant.
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Comment pourrait-on numériser la conscience ?

Injecter une part d’humanité dans une création est un défi universel, il incombe tant à l’artiste, qu’à l’ingénieur, où tout simplement à n’importe quel créateur.

Numériser la conscience est donc une étape naturelle dans la création d’une intelligence artificielle sensée simuler ou outrepasser nos capacités. Rencontre avec Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire de recherche de l’IIM (Institut de l’Internet et du Multimédia) afin de comprendre les difficultés d’une telle entreprise.

A quoi ressemblerait la Terre sans l’humanité ?

Ce pourrait être un nouveau genre de film, mieux que Jurassic Park ou tout autre production hollywoodienne post-apocalyptique : que se serait-il passé si l’Homme n’avait jamais pris possession de la Terre? Nombre de paramètres seraient à prendre en compte, car nous avons peu à peu modelé la planète, y compris des espaces que l’on considère aujourd’hui comme naturels.

Il ne s’agit pourtant pas de reconstituer “Life after people“, cette extraordinaire série documentaire sortie en 2008 sur History Channel. Dans celle-ci, le parti-pris était d’examiner le plus sérieusement possible ce qui surviendrait de nos réalisations si l’humanité disparaissait du jour au lendemain.

Effondrement des gratte-ciels, lente disparition de tout ce que nous avons construit… Les films réalisés à grand renfort d’images de synthèse n’avaient rien à envier à Hollywood. L’ouvrage d’Alan Weisman “The world without us” (le monde sans nous, traduit en français sous le titre “Homo Disparitus”) fait également bien le tour de la problématique, et le site associé offre une intéressante chronologie de la disparition des vestiges de notre civilisation.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’images apocalyptiques et de visions de statue de la Liberté à moitié submergée ou de tour Eiffel envahie par le lierre, mais de nature paisible et jamais dérangée. Ce n’est plus “et si nous disparaissions“, mais “et si nous n’avions jamais existé“.
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Didier Barthès / Denis Garnier : « Environnement et pression démographique »

Conférence donnée par l’association “Démographie Responsable” au salon écologiste “Primevère” de Lyon, le 22 février dernier. L’état d’urgence démographique y est clairement proclamé – avec chiffres incontestables à l’appui – et situé au premier rang des préoccupations écologiques.

Y est par ailleurs évoqué le risque de dérive que contient l’idée trop souvent sommaire de décroissance, consistant à régresser pour vivre plus nombreux, ce qui conduirait la société à une indigence généralisée.

L’influence de la démographie sur l’environnement peut être appréciée à l’aide des concepts d’empreinte écologique et de biocapacité. Cette dernière étant, in fine, reliée à la densité de population.

Partie 1:

Partie 2:
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Transhumanisme : Bienvenue au Googlistan (Rediff.)

Surinformés sur la boulimie de Google, vous en avez certainement perdu les grandes lignes de sa stratégie : fusionner l’homme et la machine. Ils sont déjà à mi-chemin. Le premier back-up de votre cerveau est prévu pour 2035. 20 ans. Il s’agit de tenir jusque-là, en attendant G Brain…

Cherchant un sujet de prospective pour les fêtes, histoire de plomber l’ambiance festive, vous découvrez accidentellement que Barack Obama pourrait être nommé président de Google à un poste plus ou moins exécutif aux alentours de 2020.

Une probabilité, une évidence, même.

Rien dans la constitution américaine n’interdit à un ancien président de l’ancienne première puissance mondiale de devenir président de la nouvelle puissance mondiale.

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L’intelligence artificielle, ou la défaite de l’être humain

Par Jean-Michel Besnier, professeur d’Université à Paris-Sorbonne, auteur de Demain les posthumains (2009) et de L’homme simplifié (2012) aux éditions Fayard.

L’intelligence des autres est parfois terrifiante. Quand elle vous surprend par sa clairvoyance dans une situation compliquée, quand elle suggère avec élégance des solutions à des problèmes qui vous décourageaient. Un sentiment d’injustice vous saisit alors : « le bon sens n’est pas la chose du monde la mieux partagée ». Mais on se console, en se félicitant que la nature humaine accueille aussi le génie.

L’intelligence exceptionnelle reste humaine, l’autre qu’on admire demeure un alter ego. Qu’en est-il, par contre, de cette intelligence dite artificielle dont Bill Joy, Stephen Hawkin, Elon Musk et Bill Gates redoutent qu’elle mette un terme à l’espèce humaine ?

On s’est amusé d’abord des prétentions des cybernéticiens des années 1950 qui envisageaient de fabriquer un humain artificiel. La reprise de vieux fantasmes issus du Golem s’inscrivait alors dans la dynamique d’un progrès technique dont on attendait qu’il satisfasse les attentes de l’humanité.

L’IA était un adjuvant qui devait fournir des moyens de nous épanouir: les premiers jeux électroniques assuraient les divertissements nécessaires aux hommes modernes ; les premiers systèmes-expert relayaient efficacement le savoir-faire des médecins ou des plombiers ; on attendait de machines à traduire qu’elles nous offrent de communiquer par-delà les frontières nationales…
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“Le corps humain se vend en pièces détachées”

Le corps est devenu une marchandise comme une autre. Spécialiste mondiale de la bioéconomie, Céline Lafontaine livre son analyse.

Par Julie Zaugg

L’essor des biotechnologies et des capacités de conservation in vitro a favorisé depuis quelques décennies la mise en place d’un bazar mondialisé d’éléments du corps humain, désormais vendus au plus offrant.

Avec son livre coup de poing «Le Corps-Marché», Céline Lafontaine, professeure de sociologie à l’Université de Montréal, dénonce les agissements de certains acteurs peu scrupuleux de l’industrie biomédicale.

Elle décrypte les enjeux tant éthiques que politiques liés au développement de la bioéconomie.

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La gentillesse, vertu de perdants ou signe de santé mentale ?

Alors que c’est aujourd’hui la Journée de la gentillesse (13 novembre), force est de reconnaître que cette qualité n’a plus la cote à l’ère du chacun pour soi. En 2009, un psychanalyste et une historienne britanniques nous invitaient déjà à réhabiliter cette disposition d’esprit si précieuse.

La gentillesse, disait l’empereur et philosophe romain Marc-Aurèle, est “le plus grand plaisir” de l’être humain. Penseurs et écrivains ont abondé dans ce sens pendant des siècles, mais aujourd’hui beaucoup de gens trouvent ce plaisir incroyable ou du moins hautement suspect. On en est venu à penser l’être humain comme étant dépourvu de générosité naturelle. Nous sommes pour la plupart convaincus qu’en tant qu’espèce nous sommes profondément et foncièrement hostiles les uns aux autres, que nos motivations sont égoïstes et nos élans d’affection des formes de protection. La gentillesse – et non pas la sexualité, non pas la violence, non pas l’argent – est aujourd’hui notre plaisir interdit.

En un sens, la gentillesse est périlleuse parce qu’elle repose sur une sensibilité aux autres, sur une capacité à s’identifier à leurs plaisirs et à leurs souffrances. Se mettre à la place de l’autre peut être très inconfortable. Mais les plaisirs que procure la gentillesse, comme tous les grands plaisirs humains, ont beau être par nature périlleux, ils sont parmi les plus choses les plus gratifiantes que nous possédions.

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” La Décomposition des Nations ” par Leopold Kohr (1946)

Au lieu d’essayer désespérément de gonfler les talents limités de l’homme à un niveau permettant de faire face à l’énormité, l’énormité est découpée jusqu’à une taille où elle peut être gérée même par les talents limités de l’homme. En miniature, les problèmes perdent à la fois leur caractère terrifiant et leur portée, ce qui est tout ce que la société peut jamais espérer.

Notre choix semble donc ne pas être entre crime et vertu mais entre crime énorme et menu crime ; pas entre guerre et paix, mais entre grandes guerres et petites guerres, entre guerres totales et indivisibles et guerres locales et divisibles.

Il est donc tout à fait vrai qu’un monde de petits états pourrait ne pas être du tout paisible, mais être constamment bouillonnant de guerres telles que celles qui caractérisaient le Moyen Âge. Mais à quoi ressemblaient donc ces fameuses guerres médiévales ? Le Duc de Tyrol aurait déclaré la guerre au Margrave de Bavière parce que le cheval de quelqu’un avait été volé. La guerre dura deux semaines. Il y eut un mort et six blessés. Un village fut pris, et tout le vin qui était dans la cave de l’auberge bu. On fit la paix, et la somme de cent thalers fut payée en réparations.

L’Archevêché de Salzburg et la Principauté de Liechtenstein tout proches entendirent parler de l’événement quelques semaines plus tard et le reste de l’Europe n’en entendit jamais parler.

Quand les humains n’auront plus besoin de postuler ! (Version FR)

Depuis la révolution industrielle, l’être humain n’a cessé de créer des machines, afin d’automatiser les tâches difficiles ou rébarbatives. Ceci a amené une abondance qui n’était pas envisageable avant. Aujourd’hui, nous sommes devant un constat qui demande réflexion sur l’orientation que prend notre société.

En effet, l’automatisation de tous les secteurs d’activités posera de véritables problèmes pour l’emploi dans l’organisation sociétale actuelle. Cette vidéo que nous avons traduite et doublée nous montre à quel point ce sujet est crucial et le sera de plus en plus avec l’avancement effréné des technologies d’automatisations.

Transhumanisme : L’idéologie dominante

Les travaux de Lucien Cerise ont permis de manifester l’émergence de cette nouvelle synthèse de la philosophie moderne qu’est le “Transhumanisme”. S’il s’agissait de nouveaux développements purement intellectuels du positivisme, son intérêt serait mineure, mais cette théorie unifiante habite l’esprit de nombreux décideurs influents qui n’hésitent pas à envisager une redéfinition de l’homme dans un proche avenir.

La technicisation de notre quotidien par ce qu’on appelle les techno-sciences (outils numériques, sciences de l’information, sciences neurocognitives, nanotechnologies) constitue une sorte de tsunami qui progresse inexorablement.

Ce progrès technique impressionne par son efficacité et sa rapidité. Il est d’autant plus accepté que l’homme contemporain refuse de plus en plus ses limites et ses faiblesses naturelles. Il acquière une légitimité quand il promet une « meilleure qualité de vie ».

Ces innovations technologiques sont les produits du travail de certains chercheurs qui envisagent une amélioration de l’humain, et donc une optimisation du donné de la nature, mais également la transformation de ce donné – le trans-humanisme – et ceci jusqu’à son dépassement ultime : le post-humanisme. Nos enfants sont concernés par ces choix idéologiques. Les politiques, en effet, prennent comme principes de gouvernement toutes ces découvertes techniques sensées rendre l’homme meilleur et transformer notre vie terrestre en paradis.
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L’ère de l’Anthropocène

Par son activité et en quelques générations seulement, l’Homme a fait entrer la Terre dans une nouvelle ère géologique, baptisée l’Anthropocène. Depuis la Révolution Industrielle il y a 250 ans et la « grande accélération » à partir des années 50, l’Homme moderne a amélioré ses conditions de vie et son bien-être grâce à de nombreux progrès.

Mais en tant qu’espèce, il est également devenu une force redoutable, transformant la nature à un rythme jamais connu. Il soumet les équilibres naturels à une pression insoutenable et perturbe les cycles naturels. Réchauffement climatique, acidification des océans, trou d’ozone, perte de la biodiversité, menacent désormais la survie de l’espèce.

Notre génération est la première à tenir l’avenir de l’humanité entre ses mains. Nous avons eu le pouvoir de façonner le passé et le présent. Pour le bien des générations futures, notre créativité et ingéniosité doivent œuvrer pour garantir un développement soutenable.

La vidéo « Bienvenue dans l’Anthropocène », réalisée à l’occasion de la conférence « Planet Under Pressure » en 2012 à Londres, illustre par des images exceptionnelles les flux qui englobent la terre – flux d’énergie, d’information, de trafic – et les superpose à des graphiques montrant la croissance démographique et la pression humaine grandissante sur notre planète.

Transhumanisme : L’humain 2.0

L’homme, au sens où nous l’entendons, vit peut-être ses dernières heures. Aux yeux de certains, cette proposition apparemment apocalyptique sonne comme une bonne nouvelle. Depuis les années 1930, tout un courant culturel « s’inspirant de la science et de la technologie plutôt que des spéculations de la philosophie traditionnelle » envisage avec enthousiasme le dépassement de la nature humaine. Pour ces hommes – de plus en plus nombreux – la science matérialiste est devenue la nouvelle religion : cela ne fait aucun doute, elle les mènera jusqu’à l’immortalité physique.

Le terme transhumanisme remonte à 1957. On le doit au biologiste Julian Huxley, frère du non moins connu Aldous Huxley, l’écrivain. Issu des termes humain et transition, il évoque la génération d’êtres qui effectuera la jonction entre l’Homme tel qu’on l’entend aujourd’hui et celui de demain : le post-humain.

Le projet transhumaniste est une récupération matérialiste de la quête de la libération spirituelle. Il traduit une volonté de se libérer des contingences de la vie matérielle, et réduit de façon terrifiante la vérité de la destinée galactique des âmes à une colonisation physique de l’espace.

L’allégorie de la jeunesse éternelle et de l’immortalité de l’âme deviennent de simples buts dans la matière et le temps. En ce sens, le projet transhumaniste révèle le plan sous-jacent à la science moderne : la destruction totale de la vie de l’âme. Grâce à la technologie, personne n’aura plus aucun effort à fournir. On pourra devenir « meilleur » à sa guise. Plus intelligent ? Plus sensible ? Une simple pilule, une injection ou un implant suffiront. Fini la recherche laborieuse de vérité, la distinction entre le bien et le mal, la connaissance de soi, etc.

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Homo Technologicus : Un homme presque parfait

Aujourd’hui, les progrès de la science sont tels qu’ils permettent d’imaginer un humain «augmenté». Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il est possible de modifier radicalement ce que seront les prochaines générations.

Dans les laboratoires, un nouvel individu, partiellement reconfiguré, est en train d’être imaginé, testé et fabriqué. Certains scientifiques rêvent d’un Homo Technologicus, plus performant que l’Homo Sapiens. C’est précisément ce que propose le marché de l’amélioration de l’être.

Le temps est venu, disent ses promoteurs, de passer à la vitesse supérieure : un corps parfait et sans âge, un cerveau infaillible, une reproduction maîtrisée et, à terme, l’immortalité.

Rémi Brague : « Vouloir être moderne à tout prix crée un terrible vide social et politique »

Par Rémi Brague, membre de l’Institut, professeur de philosophie à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne et à la Ludwig-Maximilians-Universitat de Munich, auteur de nombreux essais dont Europe, la voie romaine (1992), la Sagesse du monde (1999), La Loi de Dieu (2005), Au moyen du Moyen Âge (2008) et le Propre de l’homme (2013)

Il faut être “modérément moderne“, et non “résolument”, comme le préconisait Rimbaud dans un slogan aussi galvaudé que creux. Et prendre ses distances d’avec cette maladie, la “modernité”. C’est ce qu’explique Rémi Brague dans une série de réflexions incisives sur les notions de Modernité, de Culture, d’Histoire, de Sécularisation, de Progrès…

Le 28 mars 2014, sur Radio Courtoisie, Jean-Marie Le Méné recevait dans son Libre Journal: Rémi Brague pour son dernier ouvrage “Modérément moderne“, paru aux Éditions Flammarion:

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La “modernité” – concept souvent vide de sens dans la bouche de ceux qui s’en réclament – ne doit pas être la fin en soi de l’action politique. Plutôt que de sombrer dans le culte de cette “modernité”, mieux vaudrait savoir préciser cette notion difficile à manier.
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La possibilité d’être humain (Docu)

À travers l’art et les outils primitifs, nous découvrons les prémices de l’humanité. Puis le film, à l’instar de notre société moderne, opère un basculement: l’agriculture et son évolution, la révolution industrielle et la nouvelle ère techno-scientiste.

Derrière la technique et les machines nous entrevoyons le travail, notamment le salariat intimement lié à la (sur)consommation. Un « docutopique » sur la société postmoderne, qui propose une alternative à la société, au règne de l’argent et à l’exploitation des travailleurs.

« Lorsque l’Homme se résigne à ne plus être à la mesure de son monde, il se dépossède de toute mesure. » Jacques Ellul

Et si la décroissance était la réponse au retour à une vie prospère ?

Après “Sous les pavés, la Terre”, Thierry Kruger et Pablo Girault partent à la rencontre de militants, activistes, sociologues, philosophes, artistes… d’hommes qui témoignent, dans leurs environnements, de leurs conceptions de la société postmoderne.

Des témoignages pour la recherche d’un nouvel ordre mondial, enfin à la hauteur des valeurs d’égalité et de fraternité prônées par notre société. On ne peut combattre la crise qui ronge notre économie avec les mêmes idées qui l’ont nourrie.

10 scénarios pour la fin de l’homme

Plus de 99% des espèces qui ont vécu sur Terre ont aujourd’hui disparu, c’est dire les probabilités d’éradication qui menacent l’espèce humaine.

Parmi les scénarios les plus probables, tous ne sont pas synonymes d’une destruction de la planète mais ils pourraient entrainer une diminution du nombre des espèces, voire une extinction de masse.

Partie 1:

Partie 2:
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Cinéma : L’Ivresse de l’argent

Youngjak est le secrétaire de Madame Baek, dirigeante d’un puissant empire industriel coréen. Il est chargé de s’occuper des affaires privées de cette famille à la morale douteuse. Pris dans une spirale de domination et de secrets, perdu entre ses principes et la possibilité de gravir rapidement les échelons vers une vie plus confortable, Youngjak devra choisir son camp, afin de survivre dans cet univers où argent, sexe et pouvoir sont rois…

Le Pouvoir Bande-annonce

Terriens

(Avertissement: ce reportage contient des images particulièrement choquantes, il est donc déconseillé à un public jeune et/ou trop sensible).

Earthlings est un film documentaire américain de Shaun Monson sorti en 2005, et dont la réalisation a nécessité cinq années de travail et d’investigations. Il montre le traitement des animaux destinés à la nourriture, à l’habillement, aux divertissements et aux recherches scientifiques.

The Island

Au milieu du XXIe siècle, dans un espace confiné, dit utopique, Lincoln Six-Echo décide d’aller dans le seul endroit encore libre du monde, The Island. Malheureusement, il découvre que toute sa vie est un mensonge et que l’on souhaite sa mort. Avec une jeune femme partageant sa cause, Jordan Two-Delta, il va fuir à ses risques et périls.

FILM INTERDIT AUX MOINS DE 10 ANS

Réalisateur : Michael Bay
Acteurs : Ewan McGregor, Scarlett Johansson, Djimon Hounsou, Sean Bean
Genre : Thriller Pays : États-Unis Année : 2005 Duree : 132 min

« Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie », par Edward Bernays

Qui a dit : « L’ingénierie du consentement est l’essence même de la démocratie, la liberté de persuader et de suggérer » ?

Non, la propagande politique au XXème siècle n’est pas née dans les régimes totalitaires, mais au cœur même de la démocratie libérale américaine ; elle est née d’Edward Bernays, l’auteur de cette phrase.

Le père de la propagande

Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud émigré aux Etats-Unis, est considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle et de l’industrie des relations publiques, dont il met au point les méthodes pour des firmes comme Lucky Strike. Son œuvre aborde des thèmes communs à celle de Walter Lippmann, notamment celui de la manipulation de l’opinion publique. Il fit à ce titre partie du Committee on Public Information créé par Woodrow Wilson [président des Etats-Unis - NDLR] pour gagner l’opinion publique américaine à l’entrée en guerre des États-Unis en 1917.

Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA.

Il a inventé cette technique moderne qui consiste à plier nos esprits aux projets de certains, technique que l’on nomme communément « propagande ».

Pour Bernays, la démocratie doit être pilotée par la minorité intelligente, c’est-à-dire, par l’élite…

Les méthodes de Bernays : de la théorie à la pratique.

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Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ?

Ouvrage collectif soutenu entre autres par le réseau ATTAC : « Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ? ».

Bonne question.

L’Union Européenne est un pôle important lors de toutes les négociations internationales sur les questions agricoles et alimentaires. En 2013, le gel de la Politique Agricole Commune arrive à terme. La réforme de la PAC sera donc, à nouveau, à l’ordre du jour. Qu’attendre de Bruxelles dans ce cadre ?

Précision d’entrée de jeu : nous avons bien dit « attendre de Bruxelles », et non de Strasbourg, car, en ce qui concerne la PAC (40 % du budget de l’UE), le Parlement (élu démocratiquement) n’a sur l’essentiel qu’un pouvoir consultatif, tandis que la Commission (non élue) est seule habilitée à proposer des directives au Conseil des Ministres de l’Agriculture (c’est ce qu’on appelle la « démocratie européenne »). C’est à peu près la relation entre le Bureau Politique du Parti Communiste et le Soviet Suprême dans la défunte URSS, soit dit en passant.

Pour la bonne bouche, signalons encore que l’objectivité de la Commission ne paraît pas tout à fait indiscutable (on va dire ça comme ça). Exemple : la Commission s’est récemment félicitée publiquement des « bonnes relations » qu’elle entretient avec la Confédération des Industries Alimentaires et des Boissons (CIAA), soulignant le « traitement 5 étoiles » (sic) accordé à ce lobby. Pas triste.

Bref, donc : qu’attendre de Bruxelles ?

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La globalisation néolibérale contre l’intérêt général

Laurent Pinsolle, blogueur dont nous avons déjà parlé et acolyte de Nicolas Dupont-Aignan, vient de publier sur son site trois articles pourfendant le mythe de la “mondialisation heureuse” (Dominique Strauss-Kahn) et proposant une alternative : la “ré-internationalisation” (terme forgé par l’économiste Frédéric Lordon).

Qu’est-ce donc que cette intéressante notion ? Laissons-le nous l’expliquer.

I – La globalisation néolibérale contre l’intérêt général

Depuis 30 ans, la globalisation néolibérale a transformé la planète. Ses promoteurs affirment que la liberté, promue objectif absolu de l’humanité, est le meilleur moyen de faire avancer le bien commun. Pourtant, aujourd’hui, il est difficile de ne pas constater qu’elle œuvre contre l’intérêt général.

Un idéal de liberté travesti

A la base, le libéralisme est porteur d’un bel idéal, celui d’une émancipation des hommes de sociétés féodales, où le destin des individus était trop souvent dans les mains d’un autre. Cet idéal a dirigé certains des plus grands progrès de l’humanité, notamment la fin de l’esclavage dans toutes ses formes. [Note de Fortune : nous laissons évidemment à l'auteur l'entière responsabilité de ces propos.] En cela, le mot « liberté » prend une place particulière dans le triptyque de notre République. Malheureusement, cet idéal a été travesti par sa transformation en néolibéralisme.

Un intellectuel affirme que cette mutation du libéralisme, qui se serait opérée vers la fin du 19ème siècle, s’explique par deux évènements : la théorie de Darwin et la mathématisation des sciences économiques. La première aurait poussé certains économistes à adopter la théorie de l’évolution aux sociétés humaines et à vouloir laisser faire la nature dans tous les aspects de l’économie. La seconde a favorisé des constructions purement abstraites, déconnectées de la réalité. Lire la suite