Le Venezuela menacé de cataclysme économique

Le Venezuela, qui tire l’intégralité de ses ressources de l’or noir, est frappé par des pénuries et l’inflation, et menacé de banqueroute.

Un cas d’école. Le Venezuela illustre jusqu’à l’absurde les effets désastreux du « socialisme du XXIe siècle » du régime de feu Hugo Chavez, conjugués aux revers de la rente pétrolière. Assis sur les principales réserves d’or noir de la planète, en incluant les ressources non conventionnelles de l’Orénoque, ce qui ne l’empêche pas, paradoxalement, de subir de régulières coupures d’électricité, Caracas est frappé de plein fouet par la chute des cours.

Le pays tire 96 % de ses revenus à l’exportation du pétrole, qui fournit les deux tiers des recettes de l’État. Le déficit budgétaire atteindrait 20 % du PIB. Lequel devrait reculer de 7 % cette année.

Conséquence de ce revers de fortune conjugué à une politique économique inspirant tout sauf la confiance des investisseurs, la devise est en chute libre.

Sur le marché noir, le bolivar est tombé à 640 pour 1 euro, contre 400 il y a trois mois… et 15 il y a deux ans.

Ce qui renchérit d’autant les produits importés, c’est-à-dire la quasi-totalité des produits consommés au Venezuela, puisque très peu d’industries locales ou d’exploitations agricoles ont survécu au modèle de développement instauré par le prédécesseur du président Nicolas Maduro.

Pire inflation de la planète
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Le Venezuela au bord du défaut de paiement (Màj)

Addendum : l’économie vénézuélienne plombée par la chute des prix du pétrole


Addendum : conséquence de la grave pénurie qui touche les biens de première nécessité, des files d’attente se forment devant les supermarchés et les pharmacies

Pour Krisbell Villarroel, mère célibataire de 22 ans avec deux filles de cinq ans et un an, le quotidien se résume désormais à un réveil matinal, des heures à faire la queue, puis la revente des produits achetés auprès de ses clients, qui paient un supplément pour récompenser ses efforts.
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Venezuela : la classe moyenne contre insécurité et pénurie

Elle tape sur des casseroles, défile dans les rues ou construit des barricades avec des poubelles, la classe moyenne vénézuélienne manifeste à tout âge et sous toutes ses formes depuis le 4 février son ras-le-bol contre l’inflation, les pénuries alimentaires et l’insécurité dans leur pays, une des principales puissances pétrolières de la planète. C’est la pire contestation affrontée par le président Nicolas Maduro, l’héritier d’Hugo Chavez, la figure de proue de la gauche latino-américaine décédée le 5 mars 2013, il y a presqu’un an.

Venezuela : L’augmentation du salaire et la baisse du chômage continuent (Màj)

Addendum (prenant le contrepied de l’article ci-dessous) : Le menu Big Mac de Cararas

[...] Une fois retraité de la surévaluation du bolivar, le salaire minimum vénézuélien est probablement le plus faible du continent, au coude-à-coude avec son équivalent bolivien ($173,66).

Occultés par les médias privés vénézuéliens et leurs relais internationaux (Le Monde, El Pais, Libération, NY Times, etc..) les chiffres révélés en janvier 2014 par l’Institut National de la Statistique indiquent une nouvelle baisse du chômage, tombé à 5,6% en décembre. Ce chiffre est le plus bas enregistré par le gouvernement bolivarien (rappelons que le chômage atteignait 11% lors de l’élection de Hugo Chavez en décembre 1998).

grafico31De 1999 à 2013, l’économie vénézuélienne a décollé grâce au rôle moteur de l’État et aux investissements publics, permettant à 4.185.697 personnes de trouver un emploi. L’étude indique également que le travail “informel” qui occupait 55 % de la population active en 1999 a reculé en 2013 à 37,9 %.

Dans la même période l’emploi formel a fortement augmenté, passant de 45,0% à 62,1% de la population. Signe des temps, le Venezuela est devenu, après l’Argentine, le deuxième pays latino-américain en nombre d’immigrants (en grande majorité espagnols) qui fuient l’Europe en quête d’un travail.

En janvier 2014, le président Maduro a décrété une nouvelle augmentation de 10 % du salaire minimum, ce qui en fait le plus élevé d’Amérique Latine. De mai 2013 à janvier 2014 celui-ci a augmenté au total de 59% pour s’établir actuellement à 3270 bolivars. Parallèlement les droits des travailleurs vénézuéliens ont été renforcés par une nouvelle loi du travail qui a brisé le carcan néo-libéral (1).

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Venezuela : Pénuries et inflation

Dans un marché de Caracas, Juan compte une liasse de billets chiffonnés pour régler une douzaine d’oeufs et de la farine de maïs. «Merde! C’est de la folie!», s’énerve-t-il, las de devoir composer avec une inflation record qui culmine à 29% depuis le début de l’année.

Nicolás Maduro, successeur d’Hugo Chavez à la présidence du Venezuela

Et dans les files d’attente, nombreux sont ceux qui perdent leur sens de l’humour. «C’est horrible! Comment un pays pétrolier peut-il tant dépendre des importations? On ne produit rien ici», s’énerve encore un septuagénaire, artiste peintre du quartier de Guarataro, dans l’ouest de la capitale.

Sa frustration, dit-il à l’AFP, «ne vient pas de nulle part». Le Venezuela accuse en effet un taux d’inflation record en Amérique latine, aggravé par des pénuries fréquentes de produits de base. Le papier toilette, le dentifrice, le savon, les couches et les serviettes hygiéniques figurent en tête des articles les plus recherchés par les Vénézuéliens.

Disposant des premières réserves de pétrole au monde, le pays importe la quasi totalité de ce qu’il consomme. Mais les dollars manquent, principalement en raison d’un contrôle rigoureux des changes instauré par les autorités il y a une décennie pour limiter la fuite de capitaux.

Ce contexte, conjugué aux strictes contraintes imposées aux importateurs, place les Vénézuéliens face à de graves problèmes d’approvisionnement.

L’indice des pénuries a été évalué à 19,4%, par la Banque centrale, alors que l’inflation avoisine les 20% depuis plusieurs années.

«On doit faire des miracles»
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Vénézuela : L’inflation provoque une pénurie de papier toilette

L’assemblée nationale du Venezuela a voté mardi un budget spécial de 79 millions de dollars pour tenter de résoudre la pénurie de papier toilette et de produits d’hygiène. La somme devrait permettre d’importer 39 millions de rouleaux de papier toilette, 50 millions de serviettes hygiéniques, 17 millions de couches jetables, 10 millions de pains de savon et 3 millions de tubes de dentifrice.

Les commerces vénézuéliens sont actuellement à court de produits d’hygiène, une pénurie à imputer selon certains analystes au système de contrôle des prix mis en place en 2003 par l’ancien dirigeant Hugo Chavez. L’actuel président Nicolas Maduro maintient cependant que les pénuries chroniques dont est victime le pays sont le résultat d’un complot, orchestré par l’opposition.

Le Venezuela connaît l’inflation la plus importante d’Amérique latine, à environ 25%, selon la BBC. Le prix des biens de première nécessité est plafonné afin que tout le monde puisse y avoir accès malgré la forte inflation, rappelle la chaîne France 24. Ainsi, des centaines de produits ne peuvent se vendre au-dessus d’un certain prix maximum, fixé par l’État.

Comme l’importation du papier toilette – qui n’est pas fabriqué au Venezuela en quantité suffisante – coûte plus cher à cause de l’évolution du taux de change entre le bolivar et le dollar, les entreprises trouvent peu rentable de s’en procurer, puisqu’elles savent qu’elles ne pourront pas revoir à la hausse le prix de vente.

7Sur7

Venezuela : Caracas rapatrie la quasi-totalité de son or placé à l’étranger (Rediff.)

(Article publié le 31 janvier 2012)

Le Venezuela a rapatrié son dernier convoi d’or déposé à l’étranger, un plan annoncé en août 2012 par le président Hugo Chavez qui souhaitait notamment protéger des réserves estimées à 9 milliards de dollars des turbulences financières en Europe et aux États-Unis.

C’est la dernière phase de ce plan qui s’est déroulé de la Banque centrale du Venezuela (BCV), Nelson Merentes, lors de la réception du convoi à l’aéroport international de Caracas, selon des images retransmises par la chaîne de télévision officielle VTV.

Le Venezuela maintenait 211,35 tonnes d’or principalement dans des banques européennes, d’une valeur totale de 11 milliards de dollars, dont il a rapatrié la majeure partie en 3 convois. Plus de 80% de ces stocks étaient déposés au Royaume uni, principalement dans les coffres de la Bank of England.

C’est un acte de prudence financière, et aussi de souveraineté de détenir l’or ici comme nous l’avions toujours fait, a déclaré M. Merentes, rappelant qu’une bonne partie de ces réserves avait été déposée à l’étranger entre 1986 et 1992.
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Au Venezuela, le marasme s’invite sur les étals

Certains aliments manquent de façon récurrente dans le pays pétrolier, aujourd’hui à la traîne de l’Amérique latine

Après avoir dressé le procès-verbal, les fonctionnaires vénézuéliens, flanqués de la police militaire, ont invité Omar Cedeño à les suivre pour assister à un «cours.»

Le boucher, qui vendait au-dessus des prix maximums fixés par le gouvernement «révolutionnaire» de Hugo Chavez, s’attendait à une admonestation. Il a passé presque deux jours en prison, comme des dizaines de ses collègues. «Ils ont fouillé mes vêtements, jusqu’au slip, puis m’ont fait passer dans une cellule,» a raconté le commerçant à l’agence AP.

La scène, vieille de deux semaines, symbolise l’impuissance de l’État pétrolier, cinquième exportateur mondial de brut, à sortir du marasme.

Frappé par la crise mondiale et la baisse des prix du baril, le PIB a chuté de 3,3% en 2009 et, cas unique sur le continent, devrait se contracter selon le FMI de 2,6% cette année.

L’alimentation est directement frappée. Après la vague d’arrestations de bouchers, les steaks ont disparu des étals pendant plusieurs jours. «Qu’ils emprisonnent les grossistes s’ils le veulent, mais nous ne pouvons plus vendre aux prix régulés,» a expliqué un commerçant qui assure travailler à perte.
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Vénézuela: expropriation d’hypermarchés appartenant à Casino

Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé dimanche la nationalisation d’Exito, une chaîne d’hypermarchés franco-colombienne Exito, contrôlée par le groupe Casino, qu’il accuse d’avoir augmenté ses prix à des fins « spéculatives » après la dévaluation de la monnaie locale le 8 janvier.

A cause des multiples violations des lois vénézuéliennes, la chaîne Exito appartiendra désormais à la république, c’est une décision irrévocable,” a déclaré Chavez lors de son allocution télévisée hebdomadaire.

Hugo Chavez avait prévenu la semaine dernière qu’il n’accepterait aucune augmentation des prix et que les entreprises prises sur le fait seraient expropriées. Il a précisé que les supermarchés Exito, présents à Caracas et dans plusieurs autres villes, avaient augmenté leurs prix sans justification.

Les magasins appartiennent au groupe colombien Alamcenes Exito, lui-même détenu par Casino. « Jusqu’à quand allons-nous permettre qu’une multinationale vienne faire cela ici ? Cela doit passer sous contrôle de la nation », a expliqué le chef de file de la gauche radicale latino-américaine. Peu après, un hypermarché de Caracas appartenant au groupe Exito avait été le premier magasin investi par la garde nationale et avait été fermé pour vingt-quatre heures. Des dizaines d’autres commerces ont depuis subi le même sort.

Chavez a dévalué le bolivar le 8 janvier dans l’espoir d’aider les entreprises vénézuéliennes à devenir plus compétitives et de revitaliser l’économie du pays, qui a glissé dans la récession l’an dernier avec la chute des cours du pétrole. Cette dévaluation est présentée par les économistes comme un facteur d’inflation.

Au pouvoir depuis 11 ans, Chavez, qui dit s’inspirer de l’ancien dirigeant cubain Fidel Castro, a nationalisé des larges pans de l’économie vénézuélienne, notamment dans les secteurs pétrolier, énergétique et des télécommunications.

Le groupe Casino recule en Bourse de Paris lundi après cette annonce. Il est présent sur le marché vénézuélien depuis 2000, au travers des hypermarchés Exito mais aussi des supermarchés Cada, leaders sur leur segment. Au total, les 60 magasins détenus au Venezuela par Casino y ont réalisé, en 2008, un chiffre d’affaire de 741 millions d’euros, soit quelque 2,6 % du chiffre d’affaire total du groupe.

Les Échos

(Merci à Erwinn et à Pakc)

Venezuela : fièvre consumériste après la dévaluation

Les consommateurs se sont rués sur les magasins au Venezuela pour acheter téléviseurs et autres réfrigérateurs, de peur d’une flambée des prix des produits importés après la dévaluation de la monnaie locale, le bolivar, et l’instauration d’un double taux de change.

Depuis samedi, nous avons triplé nos ventes,” sourit Robinson, propriétaire d’un magasin d’électroménagers pratiquement dévalisé depuis que le gouvernement a annoncé vendredi la dévaluation de sa devise, qui s’échangeait depuis 2005 au taux de 2,15 bolivars pour un dollar. A partir de ce lundi, elle s’échangera à 2,60 bolivars pour un dollar pour les importations des produits de base (santé, alimentation, équipements) et à 4,30 bolivars pour les autres (voitures, télécommunications, électronique…)

Le gouvernement entend ainsi doper la production nationale dans un pays qui importe la majorité de ses marchandises, mais l’opposition redoute un renforcement de l’inflation qui a déjà atteint 25% en 2009.

Le président socialiste Hugo Chavez a menacé dimanche d’exproprier les commerçants en cas de valse des étiquettes et la garde nationale a occupé lundi un supermarché accusé d’avoir augmenté ses prix de manière abusive.

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