Les banques revoient leurs modèles, et la facture sociale est lourde

Le secteur bancaire mondial a vécu de nombreuses crises économiques et financières, depuis le krach de 1929. Mais a-t-il connu pareille restructuration que celle engagée depuis 2012, après la crise financière des subprimes (crédits immobiliers à risques américains) et celle de l’euro ?

De part et d’autre de l’Atlantique, l’actualité est rythmée, depuis plusieurs semaines, par des vagues de suppressions d’emplois, notamment dans les grandes banques européennes. En 2014, ce sont les licenciements à Wall Street qui avaient fait la Une.

S’il est trop tôt pour un bilan, les réductions d’effectifs dévoilées par HSBC, mardi 9 juin (25.000 emplois supprimés d’ici à 2017, auxquels devraient s’ajouter 25.000 autres déjà annoncés, liés à la vente de filiales au Brésil et en Turquie), et celles escomptées à la Deutsche Bank, qui promet un plan d’économies de 4,7 milliards d’euros, viennent alourdir une addition déjà spectaculaire.

Ensemble, selon des données compilées par l’agence Reuters, les plus grandes banques d’Europe et des États-Unis (18 européennes et 6 Américaines) ont supprimé 59.000 emplois en 2014 : 21.500 emplois pour les premières et 37.500 pour les secondes. Si l’on y ajoute les coupes claires de 2013, le chiffre grimpe à 160.000… Ce qui représente, pour marquer les esprits, l’équivalent, en France, de la population de la ville d’Annecy.
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Fossiles : dix raisons de sevrer la planète

La dépendance au pétrole, au charbon et au gaz a atteint des niveaux inégalés, menaçant l’environnement et l’économie mondiale. Pourtant, les alternatives existent et sont désormais rentables.

Nous sommes tous junkies. Dépendants au charbon, au pétrole et au gaz. Produits de la décomposition de forêts et micro-organismes voilà des millions d’années, les combustibles fossiles ont dormi sous terre jusqu’à ce qu’Homo Sapiens se mette à les extraire à marche forcée à partir du milieu du XIXe siècle. Grâce à ce shoot énergétique, tout est devenu possible : le drapeau sur la Lune, les fraises en hiver, la pâte à prout fluo. Plus que jamais, les hydrocarbures irriguent nos vies.

Et nos dealers sont bichonnés. Le Fonds monétaire international (FMI) estimait en 2013 que les gouvernements de 176 pays ont subventionné – allégements fiscaux, incitations ou financements directs – à hauteur de 1 900 milliards de dollars le secteur des énergies fossiles en 2011, soit 2,5% du PIB mondial.

Accros ou pas, il va falloir trouver notre bonheur ailleurs. La baisse du prix du pétrole pendant quelques mois nous a maintenus dans l’illusion de la défonce, mais il est déjà remonté. Les gisements facilement accessibles et peu chers à exploiter se tarissent. Surtout, si nous voulons avoir une chance de vivre dans un monde à peu près stable ces prochaines décennies, nous ne pourrons pas extraire jusqu’au dernier atome de carbone du sous-sol.

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Mathématique pétrolière

La réalité pétrolière glisse vers une nouvelle mathématique. Les énergies fossiles sont devenues des facteurs de décroissance dans les modèles économétriques, des facteurs de risque dans les équations financières.

Une autre étude confirme le nouvel éclairage désormais dévolu à l’univers des énergies fossiles au sens large, et à l’industrie pétrolière en particulier. Les expressions « retombées positives » et « rendement » sont désormais remplacées par « externalités négatives » et « risques financiers », changement climatique étant. Dans son rapport, la Banque HSBC va même jusqu’à prévenir les investisseurs et gestionnaires de portefeuille du danger de se retrouver avec, en mains, des « actifs échoués ».

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Swiss leaks – HSBC : une banque au lourd passé et au présent sulfureux

La banque HSBC est revenue sur le devant de la scène. Selon les informations publiées par plusieurs organes de presse le 9 février 2015, 180,6 milliards d’euros seraient passés, à Genève, par les comptes HSBC, entre le 9 novembre 2006 et le 31 mars 2007 (soit en moins de 5 mois !) |1|. Mohamed VI roi du Maroc, des vedettes du monde du spectacle, de multiples sociétés privées, auraient confié à HSBC la mission de dissimuler au fisc et à la justice de leur pays une partie de leurs revenus. Dans l’article ci-dessous, nous revenons sur l’histoire passée et récente d’HSBC, une des principales banques privées à l’échelle mondiale.

Le sigle HSBC signifie “Hong Kong and Shanghai Banking Corporation”. Dès ses origines, la banque est mêlée au commerce international de drogues dures. En effet, elle a été fondée dans le sillage de la victoire britannique contre la Chine dans les deux guerres de l’opium (1839-1842 et 1856-1860). Ces deux guerres ont joué un rôle décisif dans le renforcement de l’empire britannique et dans la marginalisation de la Chine qui a duré environ un siècle et demi.

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Suisse : La banque HSBC impliquée dans une fraude fiscale massive

Deux journalistes du Monde ont enquêté pendant une année sur les fraudes fiscales commises par HSBC. Le quotidien révèle lundi 9 février comment la filiale suisse de la banque a organisé des évasions fiscales pour ses clients entre 2006 et 2007.

Près de 180 milliards d’euros ont échappé au fisc sur toute la planète. 5,7 milliards d’euros pour les seuls contribuables français. Parmi les clients de HSBC se trouvent des célébrités comme Gad Elmaleh, mais aussi des personnes moins recommandables.

Ce qui est plus inquiétant, c’est que vous avez des narcotrafiquants, des financiers d’Al-Qaïda, des criminels ou des mafieux qui ont mis leur argent là-bas pour le blanchir“, explique le journaliste Fabrice Lhomme, “c’est choquant”.

Dans un communiqué, la banque précise avoir “mis en place de nombreuses initiatives visant à éviter que ses services bancaires ne soient utilisés pour échapper à l’impôt ou blanchir de l’argent“.

Narco finance : Les impunis

L’économie mondiale est de plus en plus irriguée par les narcotrafiquants venus du Mexique. Un documentaire saisissant sur les complicités d’un système financier international pour qui l’argent n’a pas d’odeur.

C’est l’histoire d’une stratégie industrielle très maîtrisée : diversification des activités, conquête de nouveaux marchés, investissements à l’étranger, rien que de très banal dans une économie mondialisée. À ceci près que l’entreprise en plein essor n’est pas répertoriée au registre du commerce mais plutôt fichée au grand banditisme.

Le documentaire montre comment, grâce à la dérégulation des marchés et à l’obsession du profit qui régit les milieux financiers, les sociétés criminelles comme les cartels de la drogue peuvent s’épanouir mondialement et dans une relative impunité.

Au Mexique, les narcotrafiquants vampirisent l’économie locale. Profitant des largesses d’une police corrompue et d’un système bancaire complice, ils ont fait main basse sur une partie des domaines agricoles, dont ils contrôlent la production et les prix.
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Délits et crimes financiers : pourquoi les banquiers ne vont jamais en prison

De nombreux délits ont été commis ces dernières années par des banques et leurs dirigeants – escroquerie, blanchiment d’argent, organisation de la fraude fiscale, délits d’initiés ou manipulations, notamment. Pourtant aucune banque n’a perdu sa licence ou n’a été démantelée par décision de justice. A quelques rares exceptions, aucun banquier n’a été condamné à une peine de prison. Les banques seraient-elles au-dessus des lois ? Les banques seraient désormais « trop grandes pour être condamnées » : les inculper auraient des répercussions trop importantes pour l’économie. Explications.

On connaît la maxime : « Trop grandes pour faire faillite » (“Too Big To Fail”). La manière dont les gouvernants ont géré la crise provoquée par les banques débouche sur une nouvelle doctrine, qui peut être résumée par : « Trop grandes pour être condamnées ». Ou « Trop grandes pour être emprisonnées », si on traduit littéralement le nouvel adage qui fait florès aux États-Unis et au Royaume-Uni, « Too Big to Jail » [1].

En effet, alors que le gouvernement des États-Unis a laissé la banque Lehman Brothers faire faillite en septembre 2008, aucune banque n’a été fermée, ne s’est vu retirer la licence bancaire, n’a été démantelée par décision de justice. Aucun dirigeant de banque n’a été condamné à une peine de prison.

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Les banques ont-elles manipulé le cours de l’or pendant des années ?

Une étude a analysé la totalité des échanges d’or depuis 2001 et remarquer une récurrence dans certaines baisses de prix. Depuis le scandale du Libor, les autorités financières surveillent de près le marché des matières précieuses.

Y-a-t-il eu manipulation sur le cours de l’or ? C’est l’hypothèse d’une étude sur le London Gold Fixing (LGF), le marché de référence qui détermine le cours international de l’once d’or, utilisé par les mineurs, les bijoutiers et les banques centrales et dont le site Bloomberg se fait écho.

Ce sont des structures d’échanges inhabituelles qui ont poussé Rosa Abrantes-Metz, professeur à l’école de commerce Stern de l’Université de New York et Albert Metz, directeur général au service des investisseurs de Moody’s, à faire des recherches.

“La structure du marché conduit certainement à la collusion et la manipulation, et les données empiriques sont cohérentes avec une artificialité du prix”, expliquent-ils dans le rapport, “il est probable qu’une coopération entre participants existe.”

Créé en 1919, le London gold fix est actuellement géré par cinq banques : Scotia-Mocatta, Barclays, Deutsche Bank (qui a annoncé en janvier se retirer du processus), HSBC et Société générale. Deux fois par jour, à 10h30 et à 15h (heure de Londres), elles procèdent à l’établissement du prix à travers des simulations en fonction de l’offre et la demande lors de conférences téléphoniques.

Pics irréguliers

Pour Rosa Abrantes-Metz et Albert Metz, le problème se trouve dans la fixation de 15h. En analysant les échanges réalisés sur le marché de l’or entre 2001 et 2013, les deux auteurs de l’étude ont remarqué à partir de 2004 des mouvements qui pourraient indiquer un comportement illégal.
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[EXCLUSIVITÉ FORTUNE] – Libor : La manipulation des taux interbancaires était connue 3 ans avant que n’éclate le scandale

L’affaire de la modification, par des responsables de banques, des taux de référence sur lesquels se fondent de nombreux prêts comme de nombreux autres produits financiers ou hypothèques, a éclaté au grand jour en 2012. Mais trois économistes l’avaient établie dans une étude datant de 2009. En voici la preuve.
Lorsqu’éclate au grand jour la nouvelle de la manipulation, à l’été 2012, nombreux sont les chefs de grandes institutions financières et les dirigeants politiques du monde entier, à crier au scandale.

Pourtant, des doutes avaient bel et bien circulé dans les hautes sphères de la finance quant à la manipulation du taux Libor. Ces doutes avaient été mis noir sur blanc [en 2009] par trois économistes, dont l’un travaillant au FMI.

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Évasion fiscale : Révélations sur les 60 milliards qui nous manquent

Ce nouveau numéro de Cash Investigation aborde le dossier brûlant de l’évasion fiscale. En 2008, Hervé Falciani, informaticien de la banque HSBC de Genève, avait quitté la banque, emportant avec lui la liste des clients du monde entier de l’établissement, notamment de ceux qui fraudent le fisc.

Trois disques durs remplis de noms, d’adresses et de numéros de comptes de tous ceux cachant leurs avoirs en Suisse qu’il décide de donner aux services fiscaux de Bercy. Accusé de vol de données par la justice suisse, menacé de mort et placé sous protection policière, il livre sa vérité.

L’émission aborde également un autre scandale, celui des entreprises implantées en France qui frauderaient les services de Bercy. Enquête avec les différents protagonistes, suivie d’un débat animé par la journaliste.

États-Unis : La banque HSBC recrute un ancien chef du MI5 britannique

HSBC a recrute un ancien chef des services britanniques de sécurité et de renseignement intérieurs, alors qu’elle cherche a redorer son blason après avoir écopé d’une amende record aux États-Unis pour complicité de blanchiment d’argent sale l’an dernier. Sir Jonathan Evans, ancien directeur général du MI5 age de 55 ans, sera administrateur indépendant de la banque à compter du 6 août, a annonce HSBC vendredi dans un communiqué.

Son expérience et son expertise acquises au cours d’une carrière au plus au niveau du service public dans la lutte contre les menaces portant sur les données de sécurité, les infrastructures critiques ainsi que contre le terrorisme international et le crime organisé, seront d’une valeur considérable”, a déclaré le président de HSBC, Douglas Flint.

M.Evans sera membre du comité du conseil d’administration en charge des “vulnérabilités du système financier”, nouvellement créé et qui compte déjà un ancien procureur des États-Unis.

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Poursuivi pour avoir dénoncé une fraude fiscale portant sur 200 milliards d’€ en Europe

Cet ex-informaticien de la banque HSBC est poursuivi par la justice suisse pour vol de fichiers bancaires qui avait permis d’identifier des milliers d’évadés fiscaux.

Devant le tribunal de l’Audience nationale qui débattait de la demande d’extradition présentée par la Suisse, Hervé Falciani a affirmé qu’il n’avait jamais été payé pour divulguer ces données. «Jamais, en aucun cas», a-t-il répondu, interrogé pour savoir s’il avait touché de l’argent pour divulguer ces fichiers, qui, récupérés par le fisc français en 2008, avaient permis de découvrir des milliers d’évadés fiscaux dans le monde et mené au redressement fiscal de fraudeurs français.

L’ex-informaticien a insisté sur le fait qu’il avait d’abord tenté d’alerter les autorités suisses avant de se tourner vers la France, mais que celles-ci n’avaient pas voulu enquêter sur HSBC.

Elizabeth Warren : ” Que faut-il faire pour fermer une banque hors la loi ? “

Elizabeth Warren, sénatrice américaine du Massachusetts pose des questions simples à propos des banques plus précisément sur la banque HSBC coupable d’avoir blanchi 881 millions de dollars pour les barons de la drogue mexicain et colombienne et d’avoir violé les lois internationales.

A la question : “que faut-il faire pour qu’un institut financier soit fermé ?“, les deux intervenant, David Cohen du Département du Trésor US et Jerome Powell, gouverneur de la FED ont visiblement du mal à répondre.



(Merci à Pierre)

Banques : Des bonus qui ne passent plus

Les aides astronomiques consenties aux banques européennes n’ayant pas permis de relancer la croissance, le climat change en Europe. La grogne monte contre les abus du secteur privé. L’opinion a soif de vengeance et les banquiers ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, écrit un chroniqueur britannique.

Les paysans se soulèvent dans toute l’Europe. C’est après les banquiers qu’ils en ont, et ils ne plaisantent pas. Jusqu’à présent, la crise du crédit a suscité réprobation et perplexité. Les banques ont réussi à persuader le monde entier qu’il s’agissait d’un coup du sort. De fait, elles étaient “too big to fail” et leurs dirigeants trop irréprochables pour expier leurs fautes. En quatre ans, les banques britanniques ont reçu près de 500 milliards d’euros en fonds publics et en papier-monnaie. Elles ont remonté la pente, comme de bien entendu, et sont restées riches, tandis que tout le monde s’appauvrissait.

La colère gronde. Ni le secteur bancaire, ni le gouvernement n’ont été capables de redresser la situation. Les gens ont soif de vengeance, et contre toute attente, c’est le Parlement européen qui leur permet de l’assouvir en déclarant que les banquiers européens ne pourront pas percevoir de bonus supérieurs à leur salaire – ou deux fois supérieurs à celui-ci s’ils obtiennent le feu vert des actionnaires. Une disposition valable partout et pour tout banquier étranger travaillant au sein de l’UE.

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La Chine et la guerre du fer

En Chine, l’année du Dragon a été déprimée avec une croissance moyenne de 7,8%, très en dessous des 11% de moyenne entre 2000 et 2011, avec un pic à 14,2% en 2007. Cette chute, en partie voulue par le pouvoir qui tente de rééquilibrer le développement du pays, pourrait cependant rejaillir de manière négative sur la stabilité politique du pays. C’est en tous cas ce que la nouvelle direction, mise en place lors du 18e Congrès en novembre, semble redouter.

Sans le dire, et en contradiction avec les injonctions des experts qui suggèrent plutôt de redynamiser l’économie par une augmentation des ressources de l’état (impôts sur les grandes sociétés, TVA, taxe à la propriété) et d’apaiser la société par un meilleur partage des fruits de la croissance, le Bureau Politique a initié une relance par l’investissement, dont les premiers effets se sont fait sentir à la fin de l’année 2012 et se propageront probablement durant l’année du Serpent, inaugurée à coups de pétards et de feux d’artifice, le 10 février.

La reprise est réelle et palpable. La vraie question renvoie à sa pérennité à moyen, voire à court terme, au-delà de 2013. Nombre d’experts chinois et étrangers anticipent en effet que sans réformes structurelles de fond, aujourd’hui handicapées par de graves divergences politiques au sommet, l’économie chinoise restée rigide, dominée par l’alliance des grands groupes publics et des banques, fiefs des prébendes de l’oligarchie, rencontrera assez vite d’importantes difficultés. Beaucoup estiment cependant que, même en crise, le pays ne ralentira pas ses importations de minerai de fer.

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Banques et blanchiment, dernières nouvelles de la piraterie financière

Il ne s’agit pas d’une dérive solitaire et de pratiques extravagantes de HSBC, nombre des méga-banques mondiales étant convaincues d’activités tout aussi illicites.

Dans les grands aéroports du monde, les passerelles d’accès aux avions affichent, sous forme de publicités gentillettes, le roman-photo de la mondialisation heureuse. Issues (bien sûr) “de la diversité”, les demoiselles des affiches sont les souriantes vestales de ce temple de l’imminent bonheur.

L’avenir globalisé ? tonique, positif – que du bon. Sauf que. Passons outre le décor. Outre le conte de fées des lendemains (mondialisés) qui chantent. Là, on dégringole sec de Mary Poppins au Cartel du Golfe et autres machines à tuer ravageant divers continents.

Car le promoteur du radieux roman-photo mondial, c’est la super-banque HSBC dont voici, preuves à l’appui, les crimes les plus récents. Précision : ci-après, nulle minime filouterie ou entourloupe mais de graves crimes, passibles pour le vulgum pecus d’années en prison. Loin du vague tuyau ou de l’info douteuse, nos preuves proviennent d’institutions renommées : Sénat des États-Unis, agences majeures de régulation et de contrôle, etc.

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Socialiser le système bancaire

Une urgente et impérieuse nécessité économique, sociale, politique et démocratique

Les différents projets de réforme bancaire initiés aux États-Unis avec la loi Dodd-Franck, au Royaume-Uni avec la Commission Vickers, en Europe avec le Groupe Liikanen et en France tout dernièrement avec le projet de « loi de séparation et de régulation des activités bancaires » ont suscité un large débat. À ce jour, les prises de positions, les discussions et les polémiques ont porté quasi-exclusivement sur le fait de savoir s’il faut ou non séparer la banque de détail et la banque de financement et d’investissement (BFI) |1|.

Pour légitime et importante qu’elle soit, cette question est l’arbre qui cache la forêt.

En effet, au-delà du choix de séparer ou pas les deux types de banques qui coexistent actuellement dans le modèle de banque universelle, la préoccupation essentielle doit porter sur le rôle des banques et leur mode de fonctionnement avant la question du simple aspect organisationnel.

Quelle utilité y a-t-il pour les populations de séparer les deux banques si leurs activités respectives ne sont pas mises au service de la collectivité ?

Le système bancaire privé a été le principal responsable de la crise financière de 2007-2008 qui perdure encore en 2013. Libres de toutes contraintes et animées par un seul souci spéculatif, les banques ont conçu des produits plus risqués les uns que les autres qui ont généré des pertes considérables. Les pouvoirs publics auraient dû, les premiers, tirer les leçons de cette crise et prendre des mesures adaptées à l’encontre des principaux fautifs, les établissements financiers. Pourtant, au lieu de s’attaquer aux racines du problème, ils ont choisi de laisser les banques agir en dehors de tout contrôle et faire supporter le prix de la débâcle financière aux populations à travers de violents, injustes et inefficaces plans d’austérité.

Cette situation est d’autant plus inadmissible qu’une réforme en profondeur de l’organisation et du fonctionnement du système bancaire est aujourd’hui une urgente et impérieuse nécessité économique, sociale, politique et démocratique.

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La City et les banksters de la honte

Blanchiment d’argent, manipulation de taux, détournement de fonds, paris risqués, les condamnations de banksters se sont multipliées cette année. Retour sur les affaires qui entachent la City.

En Grande-Bretagne, le nombre de condamnations prononcées par la Financial Service Authority, régulateur du secteur, est passé, entre 2007 et 2012, de 22 cas et d’un montant total d’amendes de 5 millions de livres sterling à 53 cas et des amendes dépassant un total de 312 millions de livres. Et il ne s’agit là que des condamnations prononcées par la FSA. D’autres instances comme le Serious Fraud Office ou la police, notamment celle de la City, sont également actives dans le domaine et ont entamé des poursuites de leur côté.

Selon le porte-parole de l’organisation, cette augmentation s’expliquerait par la hausse des moyens humains et légaux is à disposition de la FSA, une hausse décidée peu avant le début de la crise. La médiatisation des cas de fraudes et la colère citoyenne semblent cependant aussi jouer un rôle, comme le laisse suggérer la recrudescence des dénonciations anonymes.

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Ces banques au-dessus des lois

Dans le récent scandale impliquant les activités criminelles des grandes banques, le Département de la Justice américain a annoncé mardi 11 décembre avoir conclu un arrangement s’élevant à 1,9 milliards de dollars (1,5 milliards d’euros) avec la banque HSBC basée en Grande-Bretagne et accusée de blanchiment d’argent sale à une vaste échelle pour les cartels de la drogue mexicains et colombiens.

L’accord a été spécialement conçu pour éviter des poursuites criminelles soit à la banque, la plus grande d’Europe et la troisième du monde, soit à ses hauts dirigeants. Alors même que la banque a reconnu avoir blanchi des milliards de dollars pour les barons de la drogue, ainsi que d’avoir violé les sanctions financières américaines imposées à l’Iran, à la Libye, à Burma et à Cuba, le gouvernement Obama a empêché une condamnation au moyen d’un « accord de poursuite différée. »

L’accord s’inscrit dans la politique du gouvernement américain de protéger les banquiers au sommet de la hiérarchie de toute responsabilité pour des activités illégales qui ont entraîné l’effondrement du système financier en 2008 et introduit une récession mondiale. Pas un seul directeur de grande banque n’a été poursuivi et encore moins emprisonné pour les activités frauduleuses qui ont provoqué la crise actuelle et résulté dans la destruction de millions d’emplois et la destruction des conditions de vie de la classe ouvrière aux Etats-Unis et de par le monde.

Grâce à la protection de l’Etat, la frénésie spéculative et l’escroquerie se poursuivent de manière inchangée, garantissant des profits record aux banques et des rémunérations toujours plus grandes, à sept chiffres, pour les banquiers.

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Argentine : HSBC condamné à une amende de 6 millions de dollars pour blanchiment

L’Argentine a infligé une amende de 30 millions de pesos (6,14 millions de dollars) à la filiale argentine de la banque britannique HSBC pour ne pas avoir signalé des transactions suspectes.

Ces transactions, effectuées en 2007 pour le compte d’une coopérative de boulangers (Asociacion Mutual de Panaderos Unidos del Tercer Milenio) et d’un montant de plus de 15 millions de pesos (3,07 millions USD), ont été qualifiées par les autorités argentines d’”opération de blanchiment” dans un communiqué diffusé dimanche.

Elle y relèvent notamment que le niveau très élevé de cette somme aurait dû alerter la banque, HSBC Bank Argentina SA. “Le montant des transactions qui ont fait l’objet d’une enquête était de 5.800% supérieur au montant total des revenus déclarés par la coopérative pour les années 2005 et 2006″, a écrit l’organisme de surveillance financière argentin (UIF) qui dépend du ministère de la Justice.

Cette amende intervient près celle que HSBC a accepté de payer la semaine dernière — d’un montant record de 1,92 milliard de dollars — pour mettre fin à des poursuites aux États-Unis, où elle était accusée de complicité de blanchiment au profit de trafiquants, de terroristes et de l’Iran entre autres.
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Bill Murphy à propos des positions short de JP Morgan sur l’argent

Le 5 septembre 2012, Bill Murphy était l’invité de l’émission télévisée “Capital Account” présentée par Lauren Lyster sur la chaîne Russia Today. Dans cette interview, le président et co-fondateur du GATA dévoile des preuves démontrant que des banques comme JP Morgan et HSBC manipulent les cours des métaux précieux. Et cela avec la participation des banques centrales occidentales qui veulent réduire l’importance de l’or comme monnaie et ainsi éviter que d’autres pays ne décident d’avoir de l’or comme monnaie de réserve internationale.

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Bankster, le jackpot de l’économie criminelle

Finis les costumes rayés et les braquages. La délinquance en col blanc minimise les risques, mutualise les pertes et maximise les profits. La forme la plus moderne et la plus rémunératrice de truanderie.

Les Prime Banks anglo-saxonnes sont-elles devenues la forme la plus achevée de la grande criminalité organisée ?

La question, un brin loufoque voire franchement polémique de prime abord, l’est nettement moins si l’on examine attentivement le comportement des premières au cours des 15 dernières années.

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Grèce : HSBC teste des distributeurs de drachme

Pour certains, l’éventualité d’une sortie de la Grèce de l’euro se fait de plus en plus crédible. La banque HSBC teste des distributeurs de drachme dans le pays, rapporte le site This is Money.

HSBC cherche à savoir s’ils fonctionneraient toujours avec une réintroduction de la drachme dans le cas d’un retrait du pays de la zone euro. Le site économique analyse la décision de la banque britannique:

«C’est jusqu’à présent le signe le plus clair que le secteur financier international pense que la Grèce est sur le point de quitter la monnaie unique et de retourner à son ancienne monnaie.»

En réponse, HSBC s’est justifié de cette action par le biais d’un porte-parole:

«Comme toutes les banques, nous avons travaillé avec les régulateurs pour entreprendre un travail préparatoire à des niveaux multiples dans l’éventualité d’un défaut souverain, d’une sortie de l’euro ou d’une autre possibilité.»

La Grèce votera le 17 juin pour des élections législatives. Un scrutin jugé comme déterminant pour l’avenir du pays, et de son futur, ou non, dans la zone euro.

Slate

Achetez du yuan, vendez le dollar

Par Myret Zaki

«Fin 2013, le dollar aura perdu son statut de devise dominante des transactions commerciales»

Depuis la sortie de “La fin du dollar” en avril 2011, les événements se sont précipités. L’utilisation du dollar dans le commerce mondial baisse brutalement. La part du dollar dans les échanges mondiaux, indicateur plus fiable et plus dynamique que celui de la part du billet vert dans les réserves des banques centrales, se réduit à toute vitesse au profit des monnaies des BRIC (Chine, Brésil, Inde, Russie, Afrique du Sud). «Dès la fin 2013, le dollar aura perdu son statut de devise dominante des transactions commerciales internationales et, au plus tard en 2016, le commerce mondial s’organisera de manière équilibrée autour des trois devises que sont le dollar (qui ne représentera plus que 35-40% des transactions mondiales), l’euro (30-35%) et le yuan (10%)», prédit une analyse récente du Laboratoire européen d’anticipation politique (LEAP). A l’heure actuelle, environ 50% des exportations mondiales sont libellées en dollars, 30% en euros et le reste principalement en yens.

LES BRIC SE PASSENT DU DOLLAR

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Moody’s place sous surveillance plusieurs institutions financières

Moody’s a prévenu, jeudi 16 février, qu’elle pourrait abaisser les notes de crédit de 17 grandes banques mondiales et de 114 institutions financières européennes, témoignant de l’impact de la crise de la dette souveraine européenne sur le système financier. L’agence dit examiner les notes de crédit à long terme d’une série de banques ainsi que leur solidité.

“Les groupes qui opèrent sur les marchés de capitaux sont confrontés à des défis changeants, avec des conditions de financement plus fragiles, des spreads de crédit plus larges, un durcissement de la régulation et des conditions d’activité plus difficiles”, a écrit Moody’s dans un communiqué.

Parmi les établissements concernés, et qui pourraient voir leur note abaissée de deux crans, figurent BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Natixis, Deutsche Bank, HSBC, Barclays ou encore Goldman Sachs. D’autres banques pourraient même voir leur note de crédit réduite de trois crans, en particulier UBS, Credit Suisse et Morgan Stanley. Bank of America et Nomura pourraient voir la leur reculer d’un cran.

Moody’s explique que son action sur 114 institutions financières de 16 pays européens reflète l’impact de la crise de la dette et la détérioration des notes de crédit de leurs gouvernements. Moody’s a également dégradé jeudi les notes de plusieurs compagnies d’assurance, évoquant leurs exposition à l’Espagne et à l’Italie. Parmi les compagnies déclassées figurent Generali et Allianz. Moody’s a confirmé les notes d’Axa, Aviva et leurs filiales, tout en abaissant leur perspective de stable à négative.

COLLECTIVITÉS LOCALES DÉGRADÉES

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Chine : le Parti communiste n’est plus seul maître à bord

Régions prospères, armée ou entreprises publiques apparaissent désormais comme des contrepoids de taille au gouvernement de Pékin.

Cette année, la Chine aura de nouveaux dirigeants. Cependant, chercheurs, experts et responsables chinois ne cessent de le rappeler: il ne faut guère s’attendre à un changement brutal ou significatif dans la politique gouvernementale. La structure rigide du gouvernement de Pékin est telle que les décisions sont gravées dans le marbre sans que les dirigeants puissent les façonner. Xi Jinping (né en 1953 et actuel vice-président de la République populaire de Chine) devrait devenir le nouveau visage du Parti communiste chinois.

Derrière cette façade bien tranquille, l’apparition de nouveaux «groupes d’intérêt» suscite des discussions houleuses au sein du parti. Cette expression trahit le fractionnement croissant du monde politique chinois, qui résulte d’un éparpillement des centres de pouvoir dans tout le pays. En apparence, la Chine reste un État à parti unique dirigé par les neuf hommes qui composent le comité permanent du bureau politique; en réalité, de plus en plus d’acteurs viennent peser sur le processus de décision.

Les provinces s’affirment

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16 000 tonnes de faux lingots d’or au tungstène

Le monde très feutré de l’or vient d’apprendre par l’éditorialiste vedette de Goldseek.com, Rob Kirby, que des tonnes de lingots, ont été fourrés au tungstène! Une information qui a fait fureur, comme vous pouvez l’imaginer, et qui bien sûr n’a pas été reprise par la presse généraliste.

Kirby écrit que lorsque ces lingots ont été découverts à Hong Kong, tout le monde a pensé qu’ils venaient de Chine, spécialisée dans la contrefaçon en tout genre. Problème, tous les lingots sont immatriculés, et sont suivis à la trace… Durant l’administration Clinton, entre 1,3 et 1,5 million de barres de tungstène de 400 onces ont été fabriqués aux USA, soit 16.000 tonnes. Plus de 640.000 de ces barres ont été “plaquées or” et envoyées à Fort Knox où elles se trouvent encore, considérées comme des vrais lingots d’or.” Et Kirby ajoute “je connais les gens qui ont les copies de ces bons de transport et de leurs livraisons, avec les dates… Le reste des faux lingots a été vendu sur le marché de l’or international.”

Ces lingots fourrés au tungestène sont PARTOUT, Londres, New York, Paris, Singapour, Francfort, Hong Kong, Moscou, et surtout dans les coffres des gens qui vendent de l’or papier.

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Madoff, la “French connection”

La vérité sur l’homme qui a volé plus de 50 milliards de dollars à des milliers d’épargnants viendra-t-elle de France ? Le juge Van Ruymbeke enquête. Son espoir : mettre au jour la complicité des banques.

C’est fait :la banque américaine JP Morgan Chase et la prestigieuse Union des banques suisses (UBS) sont dans le collimateur de la justice française. Motif : elles auraient abusé de la confiance de plusieurs dizaines de milliers de souscripteurs de fonds Madoff. Résultat : des victimes françaises ont déposé plainte à Paris,une information judiciaire a été ouverte et confiée au juge Renaud Van Ruymbeke.Les victimes ont été entendues, ainsi que des intermédiaires.Des perquisitions ont eu lieu. L’enquête avance à grands pas.

Aussi le magistrat devrait-il demander des explications aux dirigeants des deux banques, via des commissions rogatoires internationales envoyées aux États- Unis et au Luxembourg. Au grand-duché, le parquet vient d’ailleurs de diligenter une enquête préliminaire pour faux et usage de faux visant l’UBS.Van Ruymbeke envisage même de se rendre aux États-Unis pour auditionner Bernard Madoff, l’homme qui a ruiné un peu partout dans le monde, surtout aux États-Unis,des épargnants et leur a fait perdre plus de 50 milliards de dollars.

Le juge français s’interroge sur les liens apparemment peu orthodoxes qu’entretenait le financier new-yorkais avec la banque JPMorgan.Il dispose depuis peu de documents qui montrent qu’en juin 2008 la banque a diligenté un audit qui annonçait l’ampleur du désastre. Or, au lieu d’alerter ses clients, elle a liquidé un portefeuille de fonds Madoff estimé à 250 millions de dollars.

Pis encore: Morgan continuera de proposer d’investir dans ces fonds ; cette activité de conseil lui aurait rapporté,entre 1993 et 2008, 483 millions. Des broutilles quand on sait que pour la même période 175 milliards de dollars – la fortune totale déposée par les investisseurs – ont transité sur le compte n° 140 de Madoff à la Morgan… Parmi ses victimes on trouve, outre- Atlantique, tous les poids lourds de la finance et des stars d’Hollywood comme Steven Spielberg. En France, on recense des grands noms de l’industrie, quelques personnalités du monde des arts et du show-business…

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Qui veut la peau de l’Europe ?

Par Denissto (article reproduit avec la bénédiction de l’auteur, tous droits réservés)

L’encre de mon dernier article concernant la crise européenne, et le rôle des agences de notations anglo-saxonnes, n’était pas encore sèche, que la banque HSBC dégradait toute l’Europe ! Sans vergogne, elle exceptait l’Angleterre ! (1)

Les économico-tartuffes, après nous avoir abreuvé pendant des mois de l’impossible rechute des marchés, de l’efficacité des plans de relance, feraient bien d’exhumer leurs analyses financières vieilles de quelques mois… Vous avez eu les « plans de relance, » vous avez les « plans de soutien, » vous aurez les « plans de sauvetage “… ou de « sauve-qui-peut. » Il n’y a jamais eu de reprise, mais juste une gabegie gouvernementale, en millier de milliards de dettes, que les générations futures ne pourront jamais payer. Juste pour sauver les banquiers.

Au ridicule jeu des notations, et en vertu des critères appliqués à tous les pays, les pires notes devraient être attribuées aux anglais et aux américains. Ce n’est qu’en vertu d’un privilège impérial inventé à Bretton Woods que ces derniers sont exemptés de rigueur budgétaire (2). Le FMI, bras armé de l’ordre monétaire d’après guerre, inventé par les vainqueurs, vient de subir un sévère camouflet à la dernière réunion du G20.

Le Canada, ainsi que l’Australie et le Japon, ont avancé que leurs banques ne devaient pas payer pour les errements de leurs homologues américaines et européennes. Une demande appuyée par des grands pays émergents, comme le Brésil et l’Inde qui ont fait valoir que leur secteur bancaire est en bonne santé et n’a donc pas besoin de l’établissement d’un fonds de sécurité. « C’est une vue un peu optimiste », a estimé le sherpa Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI qui avait présenté de nouvelles propositions de taxes à Busan.

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Le pouvoir d’achat est contraint, la consommation baisse

L’embellie de mars n’a pas été confirmée. En avril, les dépenses des ménages français en produits manufacturés ont baissé de 1,2 % par rapport au mois précédent, selon les chiffres publiés par l’Insee, mercredi 26 mai.

C’est le fort recul des achats de voitures (- 9,5 %) qui pèse négativement sur l’évolution de ce “poste” dans lequel, outre l’automobile, on trouve le cuir-textile, ou les équipements du logements (meubles, électroménager, électronique de loisirs).

Le problème est que la consommation (au sens large) des ménages est l’un des moteurs de la croissance de l’économie en France : elle représente environ 60 % du Produit intérieur brut (PIB). Qu’elle s’essouffle et la croissance de l’économie s’en ressent. Du coup, cela rend plus qu’incertaines les prévisions du gouvernement pour l’ensemble de l’année 2010, et même au-delà : il table sur une hausse de 1,4 % du PIB cette année, puis de 2,5 % en 2011 et en 2012. Or, le gouvernement table, pour partie, sur la croissance et les recettes qu’elle procure, pour combler le déficit public.

En mars, les dépenses en produits manufacturés avaient connu une hausse de 1,6 %. Mais sur l’ensemble du premier trimestre, elles s’affichaient en baisse de 1,9 %.

Les produits manufacturés constituent un indicateur clé de l’évolution de la consommation globale des ménages français car ils en représentent environ un tiers.

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Au secours, les bulles spéculatives reviennent !

Incroyable ! A peine un an après la crise des subprimes, les spéculateurs recommencent à mettre le feu aux ­marchés. Au risque de nous replonger dans le chaos…

Marc Fiorentino, patron d’Euroland Finance, ne s’en cache même pas : il passe ses journées à buller. «En ce moment, je mise tout sur la Bourse de São Paulo,» confesse-t-il entre deux coups de fils survoltés. On le comprend : depuis janvier, les actions brésiliennes cassent la baraque (+ 65%), tout comme celles de Bombay, de Shanghai et de Buenos Aires. Et ce n’est sûre­ment qu’un début, car les investisseurs, attirés par les profits faciles, placent en moyenne plus de 150 milliards de dollars par mois sur ces marchés. «Si elles ne ­désenflent pas, ces nouvelles bulles ­spéculatives risquent d’aboutir à un désastre,» prévient Patrick Artus, de Natixis.

Depuis la crise de folie de 1637 sur les tulipes hollandaises, leur mécanisme est toujours le même : une poignée d’investisseurs repère un marché prometteur parce qu’il est à la mode (en ce moment, les Bourses des pays émergents) ou qu’il sera bientôt en pénurie (pétrole et matières premières) et y place ses billes. Alléchés par la bonne affaire, d’autres financiers l’imitent, ce qui accélère la hausse des prix et appâte de nouveaux moutons de Panurge, qui sortent à leur tour leurs millions. Dès lors, les cours peuvent grimper jusqu’à la déraison (en 1637, un seul bulbe pouvait valoir plus qu’un immeuble d’Amsterdam).

Encore ! On croyait pourtant en avoir fini avec ces maudites baudruches financières qui sèment régulièrement la pagaille dans notre système économique. Après l’explosion cataclysmique de celle des subprimes à l’automne 2008, les grands argentiers de la planète ne nous avaient-ils pas promis de leur faire la peau ? Eh bien, c’est raté. Lire la suite

Le Japon replonge dans la déflation

Tokyo a annoncé le retour de la baisse générale des prix, disparue depuis trois ans. Une spirale infernale à laquelle l’Archipel ne trouve pas d’issue.

En langage économique, cette épidémie qui frappe tarifs, étiquettes et… salaires a un nom: déflation. Le gouvernement vient officiellement d’annoncer que le Japon a renoué avec ce fléau qui paralyse depuis vingt ans son économie. «En 2007, l’inflation était repartie, poussée par les hausses de prix à l’étranger, avant de retomber aussi vite. La déflation est tellement ancrée dans les moeurs, reprise comme une litanie par les médias, qu’il est difficile de l’enrayer,» estime Jérémie Capron, analyste de la banque CLSA. A l’exception des denrées alimentaires ou des biens pour l’éducation, peu de produits sont épargnés.

Cette spirale a deux causes. La première, structurelle, tient au vieillissement rapide de la population japonaise, qui déprime la demande. La seconde vient du gouvernement : en réponse à la crise de 2008, il a mis en place des incitations à l’achat d’électroménager, d’automobiles et d’électronique à faible consommation d’énergie.

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Pouvoir d’achat : la crise est devant nous

D’après l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages retrouvera cette année un rythme de progression conforme à sa tendance annuelle moyenne des dix-huit dernières années (+ 2,1 %) et augmentera plus de trois fois plus vite qu’en 2008. Rien de tel n’est prévu en 2010 : l’année de la sortie de crise pourrait même être marquée par une baisse du niveau de vie des Français.

C’est à partir de maintenant que la crise va faire sentir ses effets sur le pouvoir d’achat. L’année 2009, celle de la plus grave crise économique depuis l’entre-deux-guerres, aura été paradoxalement plutôt bonne dans ce domaine.

L’institut COE-Rexecode, le plus optimiste sur la croissance (+ 2,2 %), voit le pouvoir d’achat des ménages augmenter de seulement 0,8 % en 2010. HSBC France, qui s’attend à une quasi-stabilisation du produit intérieur brut (+ 0,2 %), table sur une progression encore limitée (+ 0,3 %). L’Insee fera connaître, le 16 décembre, ses prévisions pour le premier semestre 2010. Mais il anticipait un coup d’arrêt dès le second semestre 2009.

La tendance est nette. Elle est encore plus spectaculaire lorsque l’on s’intéresse au niveau de vie, c’est-à-dire au rapport entre le revenu disponible brut (RDB) – l’ensemble des revenus des ménages, net des quatre impôts directs (impôt sur le revenu, taxe d’habitation, CSG et CRDS) – et le nombre d’unités de consommation. Ainsi défini, le niveau de vie donne une idée de l’évolution du pouvoir d’achat individuel et il est, à ce titre, plus proche du ressenti des ménages. Son profil est heurté : 0 % en 2008, 1,4 % en 2009, et, selon toute vraisemblance, à nouveau 0 % en 2010, voire moins.

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Pourquoi l’émirat de Dubaï affole la planète finance

Paris, Londres, Francfort, mais aussi Tokyo, Hong Kong ou Séoul… La quasi-totalité des places financières mondiales a dégringolé, jeudi soir . À l’origine de cette onde de choc, un événement inattendu qui, la veille, a secoué la planète finance.

L’émirat de Dubaï a officiellement annoncé, mercredi, qu’il allait demander aux créanciers de Dubai World, le conglomérat qui a piloté son expansion effrénée ces dernières années, de donner leur accord à un moratoire sur la dette du pays, estimée à 80 milliards de dollars en 2008, dont 70 milliards de dollars à la charge des compagnies publiques.

Ce moratoire, une première dans la région, a fait frémir les investisseurs occidentaux, qui se sont largement tournés vers la région du Golfe pendant la crise financière mondiale.

De nombreuses entreprises, comme le London Stock Exchange, J Sainsbury et les constructeurs allemands Porsche et Daimler, se retrouvent en effet détenues en partie par des investisseurs du Golfe.

Mais ce sont surtout les banques qui pourraient pâtir d’une faillite de Dubaï. La banque Crédit Suisse a ainsi estimé à environ 13 milliards d’euros l’exposition des banques européennes à la dette de Dubaï et des sociétés qui lui sont rattachées. Lire la suite

(17.11.2009)

► Fronde des maires et des conseillers généraux

Le congrès des maires s’est ouvert lundi à Paris dans une ambiance électrique, même si la ministre de l’Economie Christine Lagarde réfute les critiques des élus sur la réforme de la taxe professionnelle. Le même jour, 2.000 conseillers généraux ont tenu un meeting dans la capitale pour fustiger de leur côté la réforme territoriale qui prévoit la suppression de la moitié des élus. Ces deux réformes sont très contestées, y compris au sein de la majorité de droite. L’Express

► Défense : 7 milliards d’euros d’exportation en 2009

La France va exporter pour 7 milliards d’euros de matériels de défense en 2009 et “cette croissance se poursuivra en 2010, certainement grâce au Rafale“, a déclaré le délégué général pour l’armement Laurent Collet-Billon. Sur le dossier de la vente de Rafale au Brésil, il affirme que “tout ce qui est dit sur le prix et sur la réduction du prix est faux. Nous espérons arriver à un accord le plus vite possible, début 2010.” Le Matin

► Madoff : l’ex-présidente des Galeries Lafayette veut attaquer HSBC

La veuve de l’ex-PDG des Galeries Lafayettes, Léone-Noëlle Meyer, a décidé d’engager des poursuites judiciaires contre la banque HSBC qu’elle accuse de lui avoir vendu des titres Madoff à son insu. 7,5 millions ont “disparu” dans des titres Luxalpha, vendus par le groupe du financier Bernard Madoff. L’homme d’affaires a fait perdre à des milliers d’investisseurs 21,2 milliards de dollars. France24

► Hôpitaux : 1.150 postes menacés à l’AP-HP

D’autres suppressions d’emplois” auront lieu à l’AP-HP, après celle de 700 postes prévue en 2009, avait déclaré en avril le directeur général de l’AP-HP, Benoît Leclercq. Il avait cependant affirmé ne pas être en mesure de chiffrer ces nouvelles suppressions: “On a une visibilité sur le taux de sorties. Sur les rentrées, ça dépendra de la conjoncture“, a-t-il indiqué, faisant allusion aux salariés qui quittent l’AP-HP et à ceux qui sont embauchés. L’AP-HP regroupe une quarantaine d’établissements hospitaliers publics, principalement situés à Paris et dans sa proche banlieue. L’Agefi

(05.11.2009)

  • Nouveau plan de soutien aux banques britanniques

Le gouvernement britannique est de nouveau amené à renforcer le bilan des banques, après une première vague de nationalisations en 2008, réalisée presque à contrecoeur. L’Etat, déjà actionnaire majoritaire de Royal Bank of Scotland, va lui apporter 25,5 milliards supplémentaires, portant sa participation à 84% du capital. Le gouvernement s’engage de surcroît à apporter 8 milliards de livres de capital additionnel, “une protection contre un scénario noir”, explique-t-il. La banque fera en outre assurer 282 milliards d’actifs par l’Etat au lieu des 325 prévus initialement. La banque Lloyds, que l’Etat détient à 43%, ne participera pas à son plan de protection des actifs. La banque préfère lever à son compte 21 milliards de livres (23 milliards d’euros). Mais l’Etat prendra part à l’augmentation de capital pour rester à hauteur de ses 43% de capital détenu, soit 5,7 milliards de livres nets. E24

  • USA : Johnson et Johnson va supprimer 7 000 à 8 000 postes

Johnson & Johnson, qui emploie 117.000 personnes environ, annonce qu’il supprimera 6 à 7% de ses effectifs, soit 7.000 à 8.000 emplois, en raison d’une restructuration. Le groupe de santé diversifié compte dégager des économies avant impôt de 1,4 à 1,7 milliard de dollars en 2011. “Nous annonçons une série de décisions et de mesures destinées à faire en sorte que notre société soit bien placée et structurée de manière adéquate pour une croissance durable de l’industrie de la santé”, explique le directeur général William Weldon dans un communiqué. La Tribune

  • USA : les aides au secteur automobile seront perdues pour l’État

La Cour des comptes américaine a publié lundi un rapport dans lequel elle affirme que l’État fédéral a peu de chances de récupérer les sommes englouties pour renflouer les constructeurs automobiles General Motors (GM) et Chrysler. “Le Trésor ne devrait pas recouvrer la totalité de son investissement dans Chrysler ou GM, étant donné qu’il faudrait que la valeur de ces sociétés croisse considérablement au-delà de ce qu’elles ont été par le passé”, écrit le GAO, une division du Congrès. “Nous estimons qu’il faudrait que Chrysler et GM aient une capitalisation boursière de respectivement 54,8 milliards et 66,9 milliards de dollars”, a écrit l’organisme. Or Chrysler valait environ 37 milliards de dollars quand il a fusionné avec l’allemand Daimler en 1998, et la capitalisation GM a atteint 57 milliards de dollars à son pic, en 2000. Depuis décembre, l’État a dépensé 62 milliards de dollars au total pour sauver les deux groupes de la faillite, restructurés sous supervision judiciaire et allégés de leurs actifs les moins rentables. Le GAO a révélé qu’il n’y avait pas de stratégie quant à la suite des opérations, alors que le Trésor souhaite vendre dès que possible ses 9,9% de Chrysler et 60,8% de GM. E24

  • Suisse : UBS déçoit et ne voit pas d’amélioration immédiate

UBS est resté en-deçà des attentes au troisième trimestre, dévoilant une perte nette de 564 millions de francs suisses (373 millions d’euros) et des sorties de fonds plus importantes que prévu. Les résultats trimestriels ont été grevés par des éléments exceptionnels à hauteur de 2,15 milliards de francs suisses, dont une perte sur crédit propre de 1,436 milliard. Les sorties nettes de capitaux dans la division Gestion de fortune & Banque suisse sont restées stables par rapport au deuxième trimestre à 16,7 milliards de francs suisses, dont 3,9 milliards pour les clients suisses. La Gestion de fortune Amériques a enregistré des reflux nets d’argent presque doublés à 9,9 milliards de francs suisses alors que, dans la gestion d’actifs, les sorties nettes se sont repliées à 10,0 milliards après 17,1 milliards. Reuters

  • HSBC va supprimer 1.726 emplois en Grande-Bretagne

HSBC Holdings supprimera 1.726 emplois en Grande-Bretagne, en raison surtout de la restructuration de la gestion du réseau d’agences et de la consolidation des activités cartes de crédit et recouvrement. Le syndicat Unite fustige la banque pour ces nouvelles suppressions de postes, jugeant qu’elles constituent une “erreur fondamentale” qui n’améliorera pas ses performances. Unite estime que HSBC a supprimé 4.600 emplois au total. HSBC emploie 40.000 personnes environ dans la banque de dépôt en Grande-Bretagne et comptait 325.000 salariés de par le monde à la fin 2008. Reuters

Matières premières : manipulation des cours par des fonds spéculatifs

Lorsqu’il n’existe aucun organisme régulant le marché d’une matière première, comme par exemple l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) qui influe sur le cours des produits pétroliers, ce marché est dit entièrement “libre”.

Cette “liberté” est en réalité le règne du plus fort, ou plus exactement, du plus riche et du mieux placé.

Ainsi en est-il du marché de l’or, dominé par un cartel formé par certaines grandes banques comme JP Morgan et HSBC, et du marché du gaz, notamment.

Sur ces marchés interviennent des “hedge funds” ou fonds spéculatifs, de nature privée, dont le but n’est pas l’investissement normal dans le marché, consistant à financer la production de richesses en échange d’une partie des bénéfices mais, essentiellement, comme leur nom l’indique, la spéculation.

Comment ? Le plus souvent, simplement en achetant en grandes quantités un type de biens au prix le plus bas possible, puis en le revendant au plus haut, progressivement ou en masse, notamment après avoir ainsi, en provoquant pendant un temps une baisse de l’offre, “étranglé” le marché et contribué à une hausse des prix.

A titre d’illustration parmi d’autres, c’est le mécanisme actuellement en branle sur le marché de l’étain à Londres, comme nous l’apprend une dépêche de l’AFP, datée du 8 octobre 2009.

Un discret investisseur possède actuellement plus de 90% de l’étain échangé sur le London Metal Exchange (LME), une situation légale, selon le régulateur du marché, mais qui fait grogner les acheteurs contre des prix jugés artificiellement élevés. Lire la suite

(09.10.2009)

►USA : l’institut d’émission ne parvient pas à satisfaire la demande de pièces d’or

la Monnaie américaine a suspendu la production de pièces d’or (American Eagle Gold) et d’argent (Silver Bullion) en raison d’une «demande sans précédent». Le même phénomène s’était déjà produit en août 2008. Financial Times

► La BCE maintient ses taux, trop d’incertitudes planent sur l’économie

La Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs à leur plus bas niveau historique alors que l’économie de la zone euro reste fragile. Ce taux, baromètre du crédit en zone euro, stationne à ce niveau depuis mai. La montée du chômage, au plus haut depuis plus de dix ans avec un taux de 9,6% en août, est appelée à peser sur la consommation des ménages. Et le redémarrage récent de l’activité industrielle, qui repose avant tout sur une reconstitution des stocks et le soutien des plans gouvernementaux, pourrait ne pas faire long feu. La BCE passe d’ailleurs son temps à redire que le caractère durable de la reprise reste à prouver. AFP

► Suisse: la sourde révolte des petits États

La Suisse en tête, plusieurs petits États se dressent contre la nouvelle gouvernance mondiale exercée par le G20. Berne craint en outre de perdre le siège de la Suisse au FMI. Le Temps

► GB: HSBC craint un second ralentissement de l’économie

Michael Geoghegan, directeur général de HSBC, le plus important établissement bancaire britannique a déclaré ne pas être “d’accord avec ceux qui pensent que nous sommes tirés d’affaire. En réalité, nous assistons à une forte réduction des gains.Il craint une “seconde crise financière d’envergure mondiale“. Financial Times