L’étalon-or crée et protège les emplois

gold standardCertains lecteurs pourraient se demander : «Qu’est-ce que l’or a à voir avec les emplois ? Les personnes qui thésaurisent de l’or ne sont certainement pas des créateurs d’emplois et épargner toujours davantage d’or n’arrange rien du tout. »

L’or est bien lié aux pertes d’emplois aux USA et il est bien aussi lié à la création d’emplois dans l’économie américaine. Revenons aux années 1960. Pendant ces années les USA et le monde étaient dans un système d’étalon or et dollar.

Dans les années 60, les pays prenaient soin de maintenir une balance monétaire constante entre leurs importations et leurs exportations. Ils voulaient tous être dans la situation où ils exporteraient davantage qu’ils n’importeraient, de sorte que leurs balances d’or ou de dollars augmenteraient dans leurs Trésors respectifs.

Pour être plus précis, ils souhaitaient tous exporter plus qu’ils n’importaient, à l’exception des États-Unis.

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L’Occident comme déclin

(extraits)

Par Guillaume Faye

N.B. : ce texte date de 1985.

Phénix renaissant de ses cendres (enluminure du Bestiaire d'Aberdeen, XIIème siècle)

En apparence, l’erreur d’Oswald Spengler fut immense : il annonçait pour le XXème siècle le déclin de l’Occident, alors que nous assistons tout au contraire à l’assomption de la civilisation occidentale, à l’occidentalisation de la Terre, à la généralisation de cet « Occident » auto-instauré comme culture du genre humain, dont, suprême paradoxe, les nations néo-industrielles de l’Orient constitueront peut-être d’ici peu l’avant-garde. En apparence toujours, c’est au déclin de l’Europe que nous sommes conviés. Montée en puissance de l’Occident et perte de substance de l’Europe : les deux phénomènes sont sans doute liés, l’un entraînant l’autre. Tout se passe comme si, après avoir accouché de l’Occident, répandu aujourd’hui sur toute la planète, l’Europe épuisée entrait dans un nouvel âge sombre.

La thèse ici présentée sera simple : l’Occident n’est pas « en » déclin – il est au contraire en expansion – mais il est le déclin. Et il l’est depuis ses fondements, depuis son décollage idéologique au XVIIIème siècle. L’Europe, quant à elle, n’est qu’en décadence.

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L’imagination assiège le pouvoir

Par Philippe Grasset

Les exemples se succèdent et il est parfois bon de s’arrêter à l’un et l’autre, pour faire un bilan et mesurer l’évolution de la chose. Il s’agit de la “colère populaire”, voire de la “révolte populaire” contre le pouvoir du système anthropotechnique, ou système du technologisme et son allié incertain, le système de la communication ; tout cela, politiquement étiqueté “système occidentaliste-américaniste”, cette ampleur de l’étiquette justifiée par la diffusion et la généralisation du chaos qu’il engendre. En première ligne de ce système, les élites politiques, complètement soumises à lui, qui sont chargées à la fois de le gérer et de lui assurer une bonne réputation avec l’étiquette convenue (démocratie, droits de l’homme, bla bla bla).

Trois affaires en cours, en même temps que l’évolution générale de la “colère populaire“ aux USA, justifient notre commentaire à ce point. Il s’agit d’une part de l’affaire britannique, d’autre part de l’affaire japonaise. Ces deux affaires montrent l’imagination instinctive dont peut faire montre cette “colère populaire” contre le pouvoir politique assujeti au système. Dans un autre sens, exactement contraire, nous citons la question grecque, notamment avec les troubles (trois morts) qui ont eu lieu la semaine dernière, alors que le Parlement votait les mesures d’austérité.

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La solution de l’inflation

Le monde croule sous la dette. Ou, pour être plus précis, le vieux monde, celui qui va de Berlin à Tokyo, en passant par toute l’Europe de l’Ouest, Paris, Londres et Washington. Dans cette gigantesque banane du « leverage » [« levier » NDLR] qui s’étend sur plus de 15.000 kilomètres, l’endettement total, celui qui regroupe les engagements de l’État, des entreprises et des ménages, dépasse partout deux années de production.

En France, il a franchi les 2.000 milliards d’euros il y a dix ans, les 3.000 milliards en 2006 et le seuil des 4.000 milliards sera atteint cet été. Les causes de cette fantastique ascension sont connues : déséquilibres financiers planétaires, innovation financière débridée, intervention publique défaillante notamment aux États-Unis (incitations à l’emprunt immobilier, réglementations trop lâches, politique monétaire laxiste), et plus récemment impact dévastateur de la crise financière sur les comptes publiques (plans de relance, chute des rentrées fiscales).

Les conséquences, elles, vont se faire sentir dans les mois et les années à venir : un étouffement de l’activité. La dette est un poison mortel qui tue les empires et provoque les révolutions.

Pour s’en sortir, il n’y a que trois issues, au-delà des belles histoires sur la manne venue d’une croissance imaginaire. D’abord, la solution César Birotteau : rembourser ses créanciers mois après mois en se serrant la ceinture au risque de mourir d’épuisement, comme le fit le parfumeur imaginé par Balzac. C’est une voie qui séduit notamment ceux qui sont imprégnés d’une culture chrétienne où l’on gagne son salut par ses efforts. Mais, au moindre dérapage, elle risque d’entraîner l’économie dans la spirale dépressive décrite en 1933 par l’économiste Irving Fisher. Ensuite, la solution Lénine : répudier la dette comme le fit la Russie en 1917, ce qui implique de ne plus recourir au moindre emprunt pendant des décennies. D’autres formes moins violentes consistent à étaler la dette dans le temps – on parle alors de rééchelonnement ou de restructuration. Le créancier accepte alors, plus ou moins forcé, la perte d’une partie de son argent. Ce moyen a été très utilisé par les rois de France et plus récemment par des pays émergents comme l’Argentine. Il secoue sacrément les marchés financiers.

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LEAP : la dislocation géopolitique mondiale accélère son rythme

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 mai 2010

Comme anticipé par le LEAP – Europe 2020 en décembre 2009 et février 2010, le printemps 2010 marque bien un point d’inflexion de la crise systémique globale, caractérisé par son aggravation brutale du fait de l’ampleur insoutenable des déficits publics (voir novembre 2009) et de l’inexistence de la reprise tant annoncée (voir septembre 2009).

Les dramatiques conséquences sociales et politiques de ces évolutions reflètent par ailleurs bien le début du processus de dislocation géopolitique mondiale, comme anticipé en février 2009.

Enfin, les récentes décisions prises par les dirigeants de la zone Euro confirment les anticipations du LEAP, inverses du discours dominant de ces derniers mois, sur le fait que non seulement l’Euro n’«exploserait pas» à cause du problème grec, mais qu’au contraire la zone Euro sortirait renforcée de cette étape de la crise (1).

On peut même estimer que depuis la décision de la zone Euro, sorte de « coup d’Etat de l’Eurozone » soutenu par la Suède et la Pologne, de créer ce vaste dispositif de protection des intérêts de 26 Etats membres de l’UE (2), la donne géopolitique en Europe a radicalement changé. Parce qu’elle va à l’encontre des préjugés qui façonnent leur vision du monde, il va bien entendu falloir quelques mois à la plupart des médias et opérateurs, pour se rendre compte que, derrière l’apparence d’une décision budgétaro-financière purement européenne, il s’agit d’une rupture géopolitique à l’impact mondial.

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Ce n’est pas la fin de la crise !

Par Nouriel Roubini

On peut interpréter les crises financières comme le fait Nassim Taleb en disant que ce sont des “cygnes noirs,” des événements imprévus et imprévisibles qui changent le cours de l’Histoire. Mais dans mon nouveau livre sur les crises financières, Crisis Economics, qui couvre non seulement la crise récente mais une douzaine d’autres tant dans les économies avancées que dans les marchés émergents, je montre que les crises financières sont en fait prévisibles. Ce qui se passe maintenant, la seconde phase de la crise financière mondiale, était tout aussi prévisible.

Les crises sont la conséquence inévitable de l’empilement de vulnérabilités et de risques macroéconomiques, financiers et politiques : des bulles des actifs, des prises de risques excessives et un recours excessif à l’effet de levier, le boom du crédit, une politique monétaire relâchée, un manque de contrôle effectif et de régulation du système financier, la cupidité et des investissements trop risqués des banques et des autres institutions financières.

L’Histoire montre qu’au bout d’un certain temps les crises financières se métamorphosent. Celle que nous avons récemment subie a été initiée par une dette excessive et un recours excessif à l’effet de levier parmi les acteurs du secteur privé (les ménages, les banques, les institutions financières et les entreprises). Cela a abouti à un nouvel endettement externe du secteur public, alors que les plans de relance budgétaire et la collectivisation des pertes privées (les plans de sauvetage) ont accru dangereusement les déficits budgétaires et le volume de la dette publique.

La relance budgétaire et les plans de sauvetage ont peut-être été nécessaires pour éviter que la Grande récession ne se transforme en une Grande Dépression II, mais quand à la dette privée on ajoute une dette publique, la note à payer est élevée. Hausse des impôts et baisse des dépenses sont alors indispensables pour combattre déficits et dettes colossales. Passage obligé pour éviter une crise budgétaire, l’austérité freine la reprise économique à court terme. Si l’on ne lutte pas contre le déficit budgétaire par la baisse des dépenses et l’augmentation des rentrées d’argent dans les caisses de l’État, il reste seulement deux options : l’inflation pour les pays qui font des emprunts dans leur propre devise et peuvent de ce fait monétiser leur déficit, et le défaut de payement pour les pays qui empruntent des devises étrangères ou ne peuvent imprimer la leur.

Les événements récents en Grèce, au Portugal, en Irlande, en Italie et en Espagne constituent la deuxième phase de la crise financière. La collectivisation des pertes privées et le relâchement budgétaire destiné à stimuler les économies en chute libre ont abouti à un déficit budgétaire et à une dette publique d’un niveau inquiétant. La crise financière n’est donc pas encore terminée, elle a simplement atteint une nouvelle phase, particulièrement dangereuse.

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De la force exemplaire du patriotisme russe

Les célébrations russes du 9 mai ou l’échec de la repentance

Par Xavier Moreau

Alexandre Nevski

Les fêtes de la commémoration de la victoire du 9 mai contre l’Allemagne nazie démontrent, ces dernières semaines, à quel point la Russie est unie autour de ce souvenir plein de tristesse et de gloire.

Il est abordé par toutes les générations de Russes avec le plus grand respect et la plus grande reconnaissance, vis-à-vis des vétérans de la « grande guerre patriotique ». La chaîne de télévision Russia Today a d’ailleurs recueilli le témoignage émouvant de Roland de la Poype, un Français parti continuer le combat contre l’occupant allemand au sein de l’escadrille Normandie-Niemen.

Cette unité autour de la victoire démontre que l’âme du peuple russe n’a été, jusqu’à présent, que superficiellement touchée par les modes de pensée occidentaux. Le patriotisme russe a su résister aux tentations individualistes de la société de consommation et de l’idéologie du désir.

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Le coup d’Etat silencieux

L’année 2010 est en train de marquer une rupture dans notre histoire institutionnelle, qu’il ne faut pas hésiter à qualifier de « coup d’Etat ».

Darth Sidious, personnage "méchant" de la série cinématographique "La guerre des étoiles" (1)

Jusqu’ici, on considérait que les gouvernements tiraient leur légitimité du peuple, dont la volonté s’exprimait lors des élections et à qui ils devaient rendre des comptes en fin de mandat.

Ce type de régime a progressivement été vidé de sa substance, sous l’influence de la démocratie d’opinion, des normes supranationales européennes, des exigences de la compétitivité dans une économie ouverte, ainsi que d’un jeu politique qui n’offre le choix qu’entre un libéralisme social et un social-libéralisme.

Mais le principe démocratique demeurait, au moins en théorie, même s’il apparaissait de plus en plus comme une fiction. Le principe est en train de sauter sous nos yeux, depuis quelques mois. Désormais, un autre type de souveraineté est en passe de se substituer à celle de la volonté du peuple.

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La réconciliation russo-polonaise

Par Xavier Moreau

La rencontre à Katyn du premier ministre russe, Vladimir Poutine et du premier ministre polonais Donald Tusk, est un événement chargé de symboles.

Du point de vue purement historique, cet événement n’a rien de surprenant et s’inscrit dans un processus initié dès la mort de Staline. Les crimes de Staline ont été dénoncés une première fois en 1956, durant le XXème congrès du parti communiste d’Union Soviétique. Katyn n’en fait pas partie. En 1992, le Président Boris Eltsine transmet au gouvernement polonais des copies des archives, prouvant notamment que le crime avait été commandité par Staline en personne. Ce sont d’ailleurs ces documents qui sont contestés aujourd’hui encore, par certains historiens russes et par le parti communiste.

Pour Vladimir Poutine, il n’y a plus de doute, Katyn est bien l’œuvre de Staline. Rien de surprenant à cela non plus. Dès son investiture, le Président Poutine a démontré qu’il fera le tri dans l’héritage soviétique. Sa rencontre avec Alexandre Soljenitsyne en 2002, le tchékiste et le dissident, est le symbole de la réconciliation de la Russie avec son histoire.

Pour Vladimir Poutine, ce crime n’est pas un crime de la Russie contre la Pologne. C’est un crime des bolchéviques contre l’élite polonaise. Il est une purge parmi toutes celles que subiront les peuples qui auront eu le malheur d’être soumis à cette idéologie inhumaine.

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Les divers systèmes monétaires depuis 100 ans

Par André Dorais

Depuis à peine un siècle, l’Occident a connu pas moins de quatre systèmes monétaires, passant du meilleur au pire. Lorsque le système actuel flanchera les politiciens poursuivront-ils dans la même direction? Tant qu’ils contrôleront la monnaie, nous devons le craindre. Je présente ici un résumé de ces systèmes.

L’étalon-or classique (1815-1914)

Le système monétaire du 19e siècle permettait aux gens de convertir leurs billets en pièces d’or. En d’autres termes, les billets étaient des substituts des pièces en question. Le dollar américain s’échangeait contre 1/20 d’once d’or, la livre anglaise équivalait à 1/4 d’once d’or, etc. Ces taux de change étaient fixes, il s’agissait de définitions, tout comme on dit que 100 centimètres sont la même chose que 1 mètre.

L’étalon-or n’a pas été imposé par les gouvernements, il s’est développé librement au cours des siècles. La provision d’or était stable, car elle était sujette aux seules forces du marché plutôt qu’aux décisions arbitraires des hommes de l’État.

Ce système avait l’énorme avantage de corriger les manipulations gouvernementales. Par exemple, si la France augmentait sa quantité de francs, les prix montaient; les revenus croissants qui en découlaient stimulaient les importations, qui étaient également encouragées par les prix relativement plus bas des biens étrangers. Au même moment, les prix domestiques élevés réduisaient les exportations. Les pays commerçant avec la France lui présentaient les francs accumulés dans le but de les échanger contre des pièces d’or. Afin de ne pas perdre tout son or, la France devait réduire le nombre de billets émis en trop. Cette contraction réduisait les prix domestiques, encourageait les exportations et ramenait l’or à la maison jusqu’à ce que les prix reviennent à la normale. Le système avait la capacité de s’auto-réguler.
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La mondialisation des cendres

Dans l’histoire de l’aviation civile, jamais autant d’avions n’ont été cloués au sol pour cause d’activité volcanique. Mais dans l’histoire de l’humanité, ce n’est pas la première fois qu’un volcan crée le chaos en crachant dans le ciel des tonnes de cendres.

L’oeuvre du peintre William Turner, influencée par l’éruption du Tambora

Les cratères de Laki (en islandais Lakagígar) sont situés dans le sud de l’Islande dans la proximité de l’Eldgjá. La ligne de cratères de Laki fait partie du même système volcanique que le Grímsvötn auquel elle est rattachée.

Entre les glaciers Mýrdalsjökull et Vatnajökull, il y a une zone de fissures en direction sud-ouest à nord-est. Cette région, à laquelle Eldgjá appartient aussi, produisit une masse de lave qui représente un record mondial. Sur une distance de 25 km, on trouve 130 cratères qui émirent 14 milliards de m3 de lave basaltique, d’acide fluorhydrique et de dioxyde de soufre, entre 1783 et 1784, causant l’éruption volcanique la plus importante des temps historiques, avec des conséquences catastrophiques pour l’Islande et de très importantes perturbations météorologiques en Europe.

Le 8 juin 1783, une fissure avec 130 cratères s’ouvrit de manière explosive d’abord à cause de l’interaction entre le plancher sous-marin et la poussée de magma basaltique. Ensuite l’éruption devient moins explosive, passant d’un mode plinien à un mode strombolien puis plus tard à un mode hawaïen avec des niveaux élevés d’effusion de lave. Cet évènement est classé de niveau 4 sur l’échelle d’explosivité volcanique mais les 8 mois d’émission de gaz sulfurique provoquèrent une des plus importantes perturbations climatiques et sociales du dernier millénaire.

L’éruption se poursuivit jusqu’au 7 février 1784, mais la majorité de la lave fut éjectée dans les cinq premiers mois. Le volcan Grímsvötn, duquel part la fissure du Laki, était aussi en éruption de 1783 à 1785. L’épanchement de gaz, dont les 8 millions de tonnes de fluor et 120 millions de tonnes de dioxyde de soufre donna naissance à travers l’Europe à ce qui est connu sous le nom de « brouillard de Laki. »

L’éruption aussi connue sous le nom de Skaftáreldar (« feux de la rivière Skaftá ») ou Síðueldur, produisit environ 15 km³ de lave basaltique et un volume total d’ejecta de 0,91 km3. On estime que des fontaines de lave ont atteint des hauteurs de 800 à 1 400 mètres. Au Royaume-Uni, l’été de 1783 est connu comme l’« été de sable » à cause des pluies de cendres. Les gaz furent emportés par la convection de la colonne d’éruption à des altitudes de 15 km. Les aérosols créés provoquèrent alors un refroidissement dans tout l’hémisphère Nord.
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Une restructuration de la dette grecque est inévitable

Evans-Pritchard a sollicité l’avis de Carmen Reinhart, une économiste qui a travaillé auprès du FMI, et a récemment publié en collaboration avec Kenneth Rogoff un ouvrage remarqué sur les conséquences des crises financières.

Pour elle, il ne fait aucun doute que la dette grecque ne doive être restructurée. Comme c’est le cas en Irlande, les politiques d’austérité vont enfoncer le pays dans la récession, et la désinflation compétitive va renchérir le coût du service de la dette. Mais si l’Irlande peut encore espérer s’en sortir grâce aux exportations, la Grèce, elle, est prise dans le piège d’une spirale de l’endettement et de la hausse des taux d’intérêts. L’annonce du « plan » européen, qui semble avoir fait illusion auprès de nombreux commentateurs, est vide d’engagements concrets – garanties des émissions, soutien de la BCE, levée de fonds européens – qui auraient mis un terme à l’élargissement des « spreads », le surcoût de l’emprunt supporté par Athènes.

A terme, les banques françaises et allemandes, qui détiennent 120 milliards d’obligations souveraines grecques, vont devoir renégocier la dette, comme cela avait été le cas pour l’Uruguay, prévoit Reinhart.

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L’euro disparaîtra comme l’Union latine

La Grèce a de très urgents besoins de refinancement de son énorme dette publique: elle doit emprunter 16 milliards d’euros d’ici à la fin mai. Si elle n’y parvient pas, où ira l’Union européenne et sa création principale, l’euro? Dans ce contexte, peut être faut-il rappeler l’histoire de l’Union latine, préfiguration de l’Union Monétaire Européenne.

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De Socrate à nos jours, la ploutocratie toujours…

Ce qui se passe en Grèce aujourd’hui est symptomatique d’un système monétaire pour lequel les États n’ont plus droit au chapitre. Bloqués par une dynamique budgétaire asphyxiante, les États se voient contraints de pactiser avec les magouilleurs en col blanc. Le manque structurel de capitaux et les règles d’intégration Européenne ont obligé les Grecs à falsifier leurs comptes sous l’aiguillon intéressé de Wall Street et de politiciens véreux (1).

Pour unifier l’Europe sous la bannière d’une devise unique, on avait créé l’euro avec un péché originel : certains pays – notamment l’Italie et la Grèce – étaient entrés dans la zone euro avec des déficits supérieurs à ceux qu’autorise le traité qui avait créé la devise. Au lieu d’augmenter les impôts ou de réduire leurs dépenses, ces pays ont réduit artificiellement leurs déficits en recourant à des produits dérivés. (1)

Dans le monde de la finance et de la ploutocratie axé sur la gagne, tout n’est plus qu’une question de jeu comptable. On fait passer des recettes pour des dépenses, des crédits pour des débits, des emprunts pour des prêts, etc.

Al Capone ne « valait rien » sans son comptable. C’est toujours le cas de nos jours sauf que la contrebande et la comptabilité se sont développées de manière exponentielle dans tous les sens du terme : taille, étendue, diversité et complexité. Subprimes, titrisation, société écran, comptes offshore, trafic en tout genre (bois, animaux, enfants, organes, drogue, arme) et ce, sur l’ensemble du globe et impliquant des milliers d’intermédiaires, ne sont que quelques exemples de l’ingéniosité de l’homme dans sa quête d’infini mal placé.

Dès 2000 les Ministres européens des finances ont débattu avec âpreté pour savoir s’il fallait ou non rendre publique l’utilisation des produits dérivés par la comptabilité créative (en clair, l’art de trafiquer les comptes en toute légalité – ndlr). La réponse a été négative (1).

Par ministres des finances entendez : Lagarde, Reynders ou Steinbrück que nos médias financiers s’acharnent à encenser régulièrement (2).

«Les politiciens voudraient faire avancer les choses et dès qu’une banque leur donne les moyens de repousser un problème à plus tard, ils tombent dans le panneau», a déclaré Gikas A. Hardouvelis, économiste et ex-fonctionnaire du gouvernement, qui a contribué à la rédaction du dernier rapport sur les pratiques comptables grecques (1).
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Tradition du jour

La Chandeleur et l’argent

Étymologiquement parlant, la chandeleur, (autrefois la chandeleuse), vient du mot chandelle.

L’une des origines de la Chandeleur remonte aux Parentalia romaines: fête annuelle en l’honneur des morts, et au cours de laquelle ils veillaient, éclairés de cierges et de torches, en honorant Pluton et les dieux.

Chandeleur est aussi reliée au dieu Pan. Durant une nuit, les adeptes parcouraient les rues de Rome en portant des flambeaux. La chandeleur c’est aussi une croyance née d’une symbolique d’origine celte. La crêpe symbolise la roue solaire et le don aux divinités sans lequel le blé serait altéré.

Dans la religion catholique la Chandeleur est le jour de la présentation de Jésus au temple, 40 jours après Noël, jour de sa naissance. Cette christianisation de la Chandeleur se fait en 472, lorsque le pape Gélase Ier organise des processions aux chandelles qui symbolisent “Jésus lumière d’Israël”.

La crêpe elle-même évoque le disque solaire, ainsi que les offrandes alimentaires. La Chandeleur marque l’ouverture de la période de Carnaval. C’est en même temps, un signe de renaissance, de promesse d’avenir. La crêpe est censée exorciser la misère et le dénuement.

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1932 – Le Système Américain contre l’Empire Britannique

Ce film dépeint le combat entre Système Américain et Empire Britannique, particulièrement à travers Lincoln, la guerre de sécession, jusqu’à la convention démocrate de 1932 où Roosevelt fut finalement désigné candidat.

http://www.dailymotion.com/video/x6rclo

Crise et mutation

Charles Antoni, auteur de nombreux ouvrages philosophiques (“Vis ta vie”, “U.G., pertinences impertinentes”, “L’Intangible”…) et éditeur (Editions Charles Antoni – L’Originel), vient de publier une oeuvre insolite, “Crise et mutation”, sous la forme d’un dialogue avec Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

Dans les prochains jours, nous publierons plusieurs passages de ce livre inclassable et surprenant. Commençons par Charles Antoni. Extraits.

On n’est sans doute pas très loin d’une nouvelle arche de Noé. Il faut s’y préparer et ne pas fermer les yeux. Comme le dit la tradition hindoue, nous sommes à la fin d’un cycle, le cycle du Kali-yuga.

Contrairement à ce que peuvent penser les humains, il est fort possible que peu de choses dépendent de nous. Nous ne sommes peut-être que des marionnettes manipulées par des forces qui nous dépassent. Dans tous les cas, que ce soit en-dehors de nos compétences, ou tout simplement par le jeu du pouvoir de certaines formes de pensées, qu’elles soient politiques, économiques, sociales, etc., il nous faut nous préparer au combat. Tel le samouraï, pratiquer un entraînement qui nous donnera la lucidité nécessaire pour affronter ces “temps de très grande dépression”.

Nous ne sommes qu’au début de ce qui inévitablement nous attend. Nous devons regarder cela comme un fait et surtout ne pas nous bander les yeux. Ce temps de récession est non seulement inévitable mais également, sans doute, la chance qui nous est offerte pour tout balayer de ces vieux concepts surannés de profit, de consommation, de “toujours plus”.
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Une nouvelle Magna Carta pour les temps modernes

Par Hugo Salinas Price, Président de la « Mexican Civic Association Pro Silver »

La «Magna Carta» (1215) a été le premier document imposé à un roi anglais par un groupe de ses sujets (les barons) en vue de limiter ses pouvoirs par la loi et de protéger leurs privilèges.

Imaginons le président Obama à la place du roi d’Angleterre et que le groupe du G-20 qui se réunit régulièrement représente les barons d’Obama. Les barons d’aujourd’hui, – les présidents des pays du G-20 -, sont très affairés. Ils ne sont pas satisfaits de la manière dont le roi Obama procède.

Malheureusement, ils n’ont pas la jugeote d’exiger ce dont ils ont réellement besoin, c’est-à-dire un retour à l’étalon or. Mais peut-être n’ont-ils pas la jugeote nécessaire parce qu’ils ignorent que c’est d’un retour à l’étalon or dont ils ont besoin.

La profession d’économiste a été réduite à néant par les interférences de la profession bancaire dans la discussion publique sur les problèmes économiques à un point tel que même les conseillers des barons ont oublié ce qui les a conduit dans la triste situation où ils se trouvent.

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Le trou noir de la finance n’engloutira pas les Etats

Le point de vue de Jean-Claude Werrebrouck, économiste, ancien professeur et directeur de L’Institut de Management de la Distribution de l’Université de Lille 2, se situe, pour le moins, à contre-courant du discours dominant qui vante les mérites d’un règlement supranational de la crise.

Si la gestion de ce que nous appelions «la grande crise des années 2010» apparaissait comme le grand retour des Etats, il semble que le présent discours de la fin de la crise consacrerait plutôt le grand retour du marché.

Pour autant, nous verrons dans les développements ci-dessous, que l’apparent retour du marché, est moins à l’ordre du jour, que celui – plus souterrain – des nations souveraines.

Les apparences

Les conclusions du G-20 de Pittsburgh ne sont pas – dit-on – à la hauteur de ce qui avait été ambitionné au G-20 de Londres. A l’ardeur interventionniste semble succéder le retour des délices du marché et, dans un milieu apaisé, on sait que les boucs émissaires s’évaporent : les traders ne seront pas sacrifiés. Les nouveaux sommets atteints à Wall Street en matière de rémunérations sont là pour en témoigner.

La régulation financière ne proviendra pas de la « hard law » [la loi] mais d’instances plus accommodantes, car consanguines, et juridiquement indépendantes des Etats. Il semble même que les banques centrales, indépendantes, seront en charge d’une part de la supervision financière. Mieux : pourquoi ne pas envisager le transfert de l’aléa moral vers les banques centrales et ainsi, soulager les Etats en cas de difficulté, idée suggérée par le gouverneur de la Banque de France ?

Les banques elles-mêmes se libèrent de l’emprise publique – tout en conservant sa garantie – en remboursant les Etats à peu de frais.

Ainsi, l’actionnaire public français a reçu 226 millions d’euros pour services rendus à BNP PARIBAS, soit un manque à gagner de 5,574 milliards d’euros, par rapport à l’actionnaire de droit commun qu’il aurait pu être, en entrant directement dans le capital en octobre 2008.

Ainsi, la finance se propose de continuer à absorber une masse croissante de richesses, avec des chiffres qui continueront d’impressionner : 22% du PIB américain , 12% du PIB Britannique, etc. Lire la suite

La généalogie de la superclasse mondiale

I – Il convient au préalable de définir ce que l’on entend par superclasse mondiale

La danse des morts - attribué à Hans Holbein l'Ancien, 1491


Que signifie cette expression ? Trois termes significatifs :

– c’est une classe, soit un groupe social qui présente des traits particuliers durables qui le distinguent des autres ;

– elle se situe au-dessus des autres, en particulier au-dessus des anciennes élites nationales ;

– elle est mondiale, car son projet est mondialiste.

A/ Cette classe peut se définir comme un réseau occidental de dirigeants, diversifié et interactif

Il comprend notamment : Lire la suite

Comment la France a changé en trente ans

C’est une question que Claude Fournié, 78 ans, se pose souvent : “Et si les vieux revenaient ?” Si sa grand-mère revenait, croirait-elle ce qu’elle verrait ? Quand l’adduction d’eau avait été installée, juste après-guerre, elle n’en voulait pas, la citerne d’eau de pluie suffisait bien.

Un demi-siècle plus tard, il y a au moins cinq piscines rien que dans le vieux village, une vingtaine en tout à Douelle, 750 habitants.

Adolescente, Christine Sabrié allait une fois par semaine choisir un livre chez les voisins, des Parisiens. En ce temps-là, au milieu des années 1970, il n’y avait pas de bibliothèque au village. Mme Fourastié la conseillait puis lui offrait un cassis à l’eau. Monsieur écrivait, avant de partir à vélo faire le tour du village, écouter les cigales, discuter avec les paysans. Christine Sabrié a maintenant 48 ans. Elle est documentaliste à mi-temps au Conseil Général du Lot et gestionnaire d’une compagnie de spectacles. M. et Mme Fourastié reposent au cimetière, de l’autre côté du fleuve. Mais ils font partie de l’histoire de ce village où Jean Fourastié (1907-1990) a passé une partie de son enfance avant d’y revenir tous les étés.

De ses 48 livres, Les Trente Glorieuses est le plus connu, ne serait-ce que pour son titre qui, chose rare, a fini par désigner une période de l’Histoire. Pour illustrer La Révolution invisible – sous-titre de l’ouvrage – des trois décennies de l’après-guerre, l’auteur compare avec une précision d’entomologiste le Douelle de 1946, village sous-développé où presque tous les actifs sont agriculteurs, où tout le monde est baptisé, au Douelle de 1975, entré dans une économie industrielle et tertiaire, où l’église n’est plus remplie que les jours de fête. Lire la suite

Notes sur la vertu ultime de la nation

Philippe Grasset nous explique pourquoi, en ce temps de crise, la nation est incontournable.

Voici un sujet par essence intemporel malgré l’apparence, ou bien, jugeront certains, un peu trop durable dans le temporel. Il s’agit du thème de “la nation”, qui est un sujet toujours d’actualité, qui l’est toujours aujourd’hui.

L’idée même de “nation” semble toujours susciter une sorte de passion constante, une rage, un désespoir, une fureur et une haine, un amour jusqu’au sacrifice. (Il m’arrive parfois d’en juger dans mes pérégrinations de chroniqueur, devant telle ou telle réaction, où la chose, “la nation”, est parfois encombrée d’épithètes définitifs et d’une polémique si excessive – et je m’ébahis, devant l’obsolescence de ces critiques d’un autre temps, comme si l’on débattait de la question du sexe du Diable avec les barbares déjà là, si pressants qu’ils sont déjà en nous.)

S’interroger sur “la nation” aujourd’hui revient à s’interroger sur la situation de notre civilisation, c’est-à-dire sur la crise que subit cette civilisation plus que sur le concept de nation. La question de la nation est un biais pour aborder les problèmes qui nous hantent et nous assaillent à la fois. Prenons garde à ces deux verbes, précisément choisis parce qu’ensemble, ils relient notre mémoire historique à notre situation contemporaine.

Le problème de la nation “nous hante” parce qu’il s’agit d’une question historique fondamentale; il “nous assaille” parce qu’il se manifeste chaque jour dans notre esprit, comme facteur organisateur de la réflexion sur la situation en cours. Les deux – l’Histoire et la “situation en cours” – sont ainsi étrangement liés.

Nous disons et redisons que le caractère exceptionnel de notre temps historique, dû à la pression des événements telle que nous la répercute le phénomène fondamental de la communication, est bien de simultanément disposer d’un regard immédiatement “historique” sur “la situation en cours”.

Nous suivons une actualité colossale au jour le jour et sommes en position, pour qui y pense et le veut et grâce à la communication, d’en distinguer aussitôt les caractères historiques qui les relient à ce que nous savons de notre passé. Nous regardons et voyons sous nos yeux l’Histoire se faire, et sommes à même d’en tirer grand profit si nous faisons appel à ce que nous savons de l’Histoire.

Là-dedans, la nation, qui hante notre histoire, est si présente dans notre “situation présente” que sa problématique ne cesse de nous assaillir. Lire la suite

Or, Rage et Désespoir

Un peu d’Histoire. Comment s’est déroulé le vol de l’or au particulier et la dévaluation de ce bon vieux dollar américain ?

L’investiture de Roosevelt a eu lieu le 4 mars 1933, date de sa prestation de serment.

Le jour suivant, il déclare le « bank holiday » et ferme les banques 4 jours. Plus aucune transaction financière n’a lieu.

Le 9 mars, il fait voter au congrès « l’Emergency Banking Act » qui lui octroie de nouveaux pouvoirs (mainmise sur les opérations des banques à l’étranger).

Dès l’instant où il fût en possession de tout l’or, il mit à exécution son plan: la dévaluation lente de la monnaie fiduciaire.

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La débâcle des assignats

L’article suivant, de Shannara Johnson, rédactrice à l’International Speculator, examine les racines monétaires de la Révolution Française, et fournit par la même occasion un parallèle incontestable avec l’état actuel du dollar américain.

L’un des comptes-rendus les plus fascinants des effets catastrophiques du remplacement par de l’argent papier d’une devise basée sur l’or ou l’argent nous vient d’Andrew Dickson White (1832 – 1918), diplomate, auteur et éducateur ayant cofondé Cornell University. Au début du XIXe siècle, White a commencé à rassembler et analyser des articles de journaux et des documents publiés pendant la Révolution Française, plus particulièrement ceux se rapportant aux problèmes du papier–monnaie sous la Révolution. En 1912, il a publié Fiat Money Inflation in France, un essai qui aujourd’hui n’a pas pris une ride.

En 1789, à la veille de la Révolution Française, le gouvernement français faisait face à de graves problèmes de surendettement et de déficit chronique. Un manque général de confiance de la part du monde des affaires avait conduit à la baisse des investissements, et l’économie stagnait.

Des mesures dignes de véritables hommes politiques, une surveillance attentive et une gestion raisonnable auraient sans aucun doute mené rapidement à un retour de la confiance, à la réapparition de l’argent et la reprise des affaires, mais cela demandait de la patience et de l’abnégation, et jusque-là, dans l’histoire de l’humanité, ce sont les choses les plus rares de la sagesse politique. Peu de nations ont jamais été capables d’exercer ces vertus, et la France n’a pas fait exception », a écrit White.
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