Pascal Marchand : géopolitique de l’Europe et de la Russie (vidéo)

Pascal Marchand est géographe, professeur des Universités à Lyon II, spécialiste de la géopolitique de l’Europe et de la Russie et auteur de l’Atlas géopolitique de la Russie : La puissance retrouvée.

Interviewé pendant 42 mn par Agence Info Libre, il livre une synthèse historique, géographique, économique et stratégique des relations entre la Russie, l’Ukraine, les républiques du Caucase, l’Union Européenne et l’OTAN, et nous ramène avec brio sur l’actuelle crise en Ukraine et le récent rattachement de la Crimée à la Russie.

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Ukraine : La crise et la troisième voie géopolitique

Par Jure Georges Vujic. Le contributeur franco-croate livre à Polémia une analyse géopolitique de la crise ukrainienne.

Il semblerait que la crise ukrainienne divise la mouvance nationale et eurasiste en deux camps, le premier soutenant l’opposition nationaliste ukrainienne en tant que vivier identitaire et vecteur national-révolutionnaire, le second, le camp des «eurasistes» russophiles, qui, pour des raisons géopolitiques anti-atlantistes, soutiennent l’intervention russe en Crimée.

Pourtant, cette vision binaire demeure quelque peu simplificatrice. C’est pourquoi je réitère « qu’il faut savoir raison garder » et que la démesure dans l’analyse géopolitique, le jusqu’au-boutisme et l’engouement belliciste ne font que conforter une fois de plus l‘hybris et le conflit entre des peuples européens et, une fois n’est pas coutume, sur la terre européenne.

« L’Eurasisme russe aurait tout intérêt à ménager les nationalismes européens de cet espace centre-européen et de l’espace pontique de la mer Noire y compris l’Ukraine, plutôt que de nier leurs identités nationales et d’attiser leurs positions russophobes. »

Bien sûr, il faut rappeler que suite à la décision du gouvernement élu de ne pas signer d’accords commerciaux avec l’Union européenne, le camp atlantiste et américain a tenté d’orchestrer une seconde « Révolution orange » cette fois-ci en s’appuyant et en manipulant des groupes ultranationalistes ukrainiens aux fins d’installer un pouvoir pro-occidental à Kiev.

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Le devenir-nègre du monde

L’historien et politiste Achille Mbembe invite à penser le monde contemporain à l’aune de ce que fut la «condition nègre» depuis la traite atlantique, tout en dessinant une réflexion critique sur les potentielles dérives du capitalisme néolibéral.

Serons-nous tous «nègres» demain? C’est sur cette question que s’ouvre l’ouvrage Critique de la raison nègre. Son auteur, l’historien camerounais Achille Mbembe, le présente comme «un style de réflexion critique sur le monde de notre temps».

Achille Mbembe voit ainsi dans ce devenir de l’individu à l’ère néolibérale «une universalisation tendancielle de la condition nègre». Une telle société conduit finalement à une relégation des individus à une humanité superflue, livrée à l’abandon, dont le capital n’a guère besoin pour son fonctionnement.

Ces deux moments –la traite atlantique et l’ère du néolibéralisme– sont entrecoupés par celui de la lutte pour l’émancipation –marqué par exemple par le mouvement pour les droits civiques, ou plus récemment la fin de l’apartheid.

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Vaccins : Le virus du doute

Depuis l’origine de son utilisation, le vaccin fascine autant qu’il dérange. Quand Pasteur a eu mis au point celui contre la rage, toute l’Europe a fait la queue devant son laboratoire. Mais le principe même d’inoculer un virus fait peur.

Alors quelques années plus tard, en 1902, quand la France a voulu lancer sa toute première campagne générale contre la variole, il a fallu menacer d’amendes et de prison pour que le peuple se fasse vacciner !

Y a-t-il une part d’irrationnel dans notre rapport à la Russie ?

Qu’est-ce que la Russie ? « Un rébus, enveloppé de mystère au sein d’une énigme » aurait dit Winston Churchill à son sujet. En 2014, on dirait bien que le mystère reste entier.

Avec :
Jean-Robert Raviot, maître de conférences à Paris X.
Tania Rakhmanova, journaliste et documentariste
Dimitri de Kochko, journaliste à « La Russie d’Aujourd’hui », président de l’Association France-Oural.

Via Theatrum-belli.org

Le point de vue de la représentation nationale sur cette question au 12 février 2014:

RAPPORT D’INFORMATION

DÉPOSÉ

PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES ETRANGÈRES

sur la politique française et européenne vis-à-vis de la Russie

ET PRÉSENTÉ PAR

Mme Chantal GUITTET et M. Thierry MARIANI

Députés

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Métamorphoses

29 septembre 1957: un réservoir de déchets explose dans le complexe militaire nucléaire de Maïak, situé non loin d’un lac et de la rivière Tetcha. C’est la toute première catastrophe nucléaire de l’URSS et elle sera soigneusement tenue secrète jusqu’à la Perestroïka.

À l’époque, le nuage contamine une zone de plus de 1 000 kilomètres carrés et touche 300.000 habitants. Certains sont évacués, d’autres pas. Les villageois de Mouslioumovo, riverains de la Tetcha, ont ainsi été déplacés à seulement 2 kilomètres du site hautement radioactif. Aujourd’hui, Sebastian Mez donne la parole à ceux qui vivent dans ce bout du monde éminemment dangereux.

Tourné en noir et blanc, le film tente de rendre visible un danger qui ne l’est pas. Que ce soit dans les paysages ou sur les visages des hommes et des femmes qui racontent en voix off qu’ils sont ici chez eux.

Partie 1:

Partie 2:
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Qatar : La puissance et la gloire

Le Qatar est un cas unique. Grand comme la Corse, il est dirigé par un émir qui se prend pour Napoléon. Mais un Napoléon moderne, qui gagne sa puissance sans invasions ni batailles rangées…

L’entrée du Qatar dans la cour des grands s’est faite soudainement, en 1995. Cette année-là, un jeune homme inconnu renversait son père, un émir discret assis sur les plus grandes réserves de gaz du monde, dont il avait décidé de ne rien faire pour ne pas gêner ses encombrants voisins saoudiens et iraniens.

Partie 1/2 : La puissance et la gloire (1995-2008)

Partie 2/2 : Trahisons et double jeu (2008-2013)
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Allemagne : Berlin, capitale inachevée ?

Berlin, capitale de l’Allemagne réunifiée, porte les traces d’une histoire douloureuse. Capitale du Troisième Reich, puis symbole de la division du pays pendant la guerre froide, la ville doit construire son identité sur les traces de son passé. Le Dessous des Cartes s’intéresse au lien entre mémoire et urbanisme à Berlin.

Partie 1:

Après la chute du Mur, Berlin a dû relever de nombreux défis : devenir la capitale unifiée de l’Allemagne, en accueillir les institutions et poursuivre son développement économique pour rattraper les villes de l’ouest du pays. Le dessous des cartes retrace le chemin parcouru par Berlin depuis la réunification.

Partie 2:
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Étienne Klein : “De quoi l’énergie est-elle le nom ?”

M. Joule pédale dans la nuit après un solide dîner chez les Leroux. Tandis qu’il sue à grosses gouttes, la lampe de son vélo éclaire péniblement le chemin. Histoire banale. Sauf si l’on considère avec le physicien que le poulet mitonné par Madame Leroux est en train de produire de l’électricité… moyennant quelques transformations intermédiaires.

Chaleur, mouvement, rayonnement électromagnétique sont autant de phénomènes disparates que nous relions aujourd’hui sous une seule et même grandeur : l’énergie. Cette notion n’est devenue un véritable concept de la physique qu’au milieu du XIXe siècle, à partir du moment où il a été établi de façon claire qu’elle obéissait à une loi de conservation.

Qu’implique cette loi de conservation qui suppose du même coup qu’il y ait transformation ? Petit retour sur ce concept en compagnie du physicien Étienne Klein, Directeur de recherche au CEA.

Repas de fête

À la Renaissance, l’Europe s’est mise à l’heure italienne en matière de gastronomie.

Michel Roth, chef étoilé au Ritz, et la journaliste gastronomique Caroline Mignot revisitent les grands repas de fête. Dans cet épisode, ils partent à la découverte de nos racines culinaires italiennes.

Histoire : Formation et ruine de l’économie nazie

Par Michel Lhomme

Les éditions Les Belles Lettres ont publié en fin d’année 2012 une étude monumentale et brillante de l’historien britannique Adam Tooze intitulée « Le salaire de la destruction – Formation et ruine de l’économie nazie ». Passionnant et donnant des analyses inattendues, ce livre bénéficie d’une excellente traduction et mérite d’être lu par tous ceux qui sont intéressés par la période.

Un ouvrage de référence sur la raison économique du nazisme

Certes, le titre,”Le Salaire de la destruction” est condescendant à l’air du temps et il a, sans doute, été choisi commercialement par l’éditeur car il rend compte maladroitement de la portée de la publication. Or, il s’agit là d’un ouvrage monumental et inédit sur le système économique du IIIe Reich, devenu ouvrage de référence, une somme époustouflante sur les fondements et les ressorts du nazisme.

Le livre d’Adam Tooze est de ces livres qui déclassent tous les ouvrages antérieurs écrits sur la question. Très sérieux, le style y est à la fois précis et haletant, jamais technique en fait comme dans les meilleurs livres d’historiens (Braudel, Duby).

Unanimement reconnu à l’étranger mais toujours dérangeant pour les Français, l’ouvrage propose l’histoire la plus aboutie de l’économie nationale-socialiste et en même temps, il amorce une nouvelle lecture de la Seconde guerre mondiale, changeant par exemple radicalement la place occupée par les États-Unis dans cette histoire du point de vue de l’Allemagne.

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Les frères ennemis André Citroën et Louis Renault: pour la course du siècle

Si Renault et Citroën, fleurons de l’industrie automobile, appartiennent au patrimoine français, leurs fondateurs restent méconnus. Ces deux frères ennemis ont partagé les bancs du lycée Condorcet, à Paris, ils se sont ensuite livré une concurrence acharnée, façonnant l’histoire industrielle du pays. Pourtant, malgré leur incroyable réussite, ces deux génies de l’automobile connaissent un destin tragique.

La face cachée du pétrole (Rediff.)

Dès ses débuts, l’industrie pétrolière est marquée par la rivalité entre l’Américain Rockefeller et les frères Nobel, installés à Bakou, en mer Caspienne. La Première Guerre mondiale est gagnée en grande partie grâce au pétrole acheminé auprès des forces alliées par la Standard Oil of New Jersey, appartenant à John D. Rockefeller.

Des livraisons suspendues en 1916, lorsque le magnat américain apprend le partage du Moyen-Orient (dont il convoite le sous-sol) entre Britanniques et Français. Dès 1928, dix-sept ans avant Yalta, les dirigeants des compagnies pétrolières se partagent le monde au terme d’un accord dont les termes resteront cachés jusqu’en 1952… La seconde partie du documentaire dissèque les tractations secrètes qui ont eu lieu au Proche-Orient entre les États-Unis, la CIA et les grandes monarchies du Golfe.

Des témoins directs expliquent notamment comment le choc pétrolier de 1973 ne fut qu’une gigantesque manipulation orchestrée par les compagnies pétrolières américaines qui souhaitaient, en favorisant la hausse des prix du baril, dégager d’importants bénéfices pour favoriser leurs investissements en mer du Nord et en Alaska.

Ce documentaire adapté du livre du même nom d’Éric Laurent, montre en deux fois une heure que “l’or noir” aura été le moteur de l’histoire du XXè siècle et de ce début de XXIè siècle. Il explique également comment l’administration Reagan a utilisé l’arme du pétrole saoudien pour faire chuter les cours mondiaux et provoquer l’effondrement de l’Union soviétique…

Partie 1:


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L’histoire du monde : L’âge de la démesure

Le XXe siècle est marqué par la confrontation des idéologies, mais aussi par les avancées technologiques. Le fascisme et le communisme s’affrontent violemment. En Inde, Gandhi mène une lutte non-violente contre l’Empire britannique qui aboutit à l’indépendance.

Les avancées technologiques facilitent considérablement la vie des hommes. Mais ce siècle s’achève sur de nouveaux défis à relever notamment, le partage des richesses, la protection de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique.

13 juillet 1931, la crise bancaire panique l’Allemagne

Avant les élections allemandes du 22 septembre prochain, La Tribune vous propose de revenir sur l’histoire de l’économie allemande en 7 dates choisies subjectivement. Aujourd’hui : le 13 juillet 1931, la faillite de la deuxième banque d’Allemagne provoque un “bank run” dans tout le pays.

Par Romaric Godin

Au petit matin de ce lundi 13 juillet 1931, les clients trouvent porte close devant les agences de la deuxième banque d’Allemagne, la Darmstädter und Nationalbank (Danatbank). Pour toute explication, une affiche : « La Danatbank communique qu’elle est contrainte de fermer ses guichets. Le gouvernement du Reich assurera la pleine garantie de l’ensemble des dépôts et du démantèlement des activités de la Danatbank. » Autrement dit, l’établissement est en cessation de paiement. En faillite.

Panique aux guichets

L’information se répand comme une traînée de poudre dans toute l’Allemagne. Les déposants qui ont la chance – relative – de ne pas être clients de la Danatbank se ruent vers les guichets pour éviter le sort de ces derniers. Vers midi, la plupart des banques doivent fermer leurs guichets, faute de liquidités. L’ensemble du système financier allemand est au bord de l’effondrement.

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Histoire économique : La Hanse, de Londres à Novgorod

Avant les élections allemandes du 22 septembre prochain, La Tribune vous propose de revenir sur l’histoire de l’économie allemande en 7 dates choisies subjectivement. Aujourd’hui : l’année 1143. Au milieu du douzième siècle, une nouvelle ville sur la Baltique est fondée : Lübeck, la future « Reine de la Hanse. »

Par Romaric Godin

Les routes commerciales en vigueur dans la ligue hanséatique

Les routes commerciales en vigueur dans la ligue hanséatique

En ce milieu du douzième siècle, les côtes brumeuses de la Baltique sont encore largement inconnues des Allemands. L’économie du Saint Empire romain germanique, fondée par Otton 1er voici plus de deux siècles, est encore surtout tournée vers l’ouest et le sud, ses régions les plus peuplées. La côte du nord-est est une zone hostile, dangereuse, occupée par des peuplades slaves très remuantes.

En 1143, le comte Adolf II de Holstein-Schauenburg entend rendre ces terres, voisines des siennes, chrétiennes et allemandes. Il sait aussi que le commerce de la Baltique, dominé alors par les Scandinaves, est juteux. Il crée donc un port allemand sur cette mer. Une fenêtre vers de nouveaux marchés. Son choix se porte sur une presqu’île au milieu du fleuve Trave, tout près de son embouchure.

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Révolution industrielle : Le temps des machines

Au XIXe siècle, la révolution industrielle est en marche. Désertant de plus en plus les campagnes, les hommes s’installent en ville pour travailler dans les usines. De la Chine à l’Amérique, de la Russie au Japon, les systèmes féodaux s’effondrent avec plus ou moins de fracas. La modernité, partout, prend le pas sur la tradition.

En Europe, les empires industriels s’affrontent pour la possession des matières premières d’Afrique. Après la déflagration de la Première Guerre mondiale, l’ordre du monde, contesté par les grandes nations européennes en pleine phase d’expansion, est soigneusement recomposé.

Histoire de l’urbanisme commercial en France : La révolte du caddie (Partie 5)

Aujourd’hui, force est de constater que le commerce non sédentaire, les marchés, n’apparaissent pas ou peu dans les statistiques récentes, et les études prospectives sérieuses ayant pour ambition de traiter de l’évolution future du commerce ; et pourtant la visibilité des marchés ne cesse pourtant d’augmenter.

Certains se sont adaptés aux besoins de leurs temps [les marchés Bio, de producteurs, par exemple], souvent aidés par les municipalités. Les quotidiens régionaux ou de la presse locale, plus que les études, notent un formidable engouement des citadins, depuis quelques années, pour ce type de commerce, présenté comme une alternative sociale ou culturelle face aux hypermarchés, plus proches que les commerces périphériques, et bien plus conviviaux.

Depuis leur création, les groupes de la grande distribution justifiaient leurs méthodes par une argumentation simple : d’une part, la recherche du prix le plus bas possible, les dirigeants de la grande distribution se sont toujours posés en chevalier blanc de la bonne cause, celle des consommateurs, et d’autre part, la création d’emplois, arguments placés sous le signe de leur importance déterminante dans l’économie française.

D’une manière générale, les sondages effectués auprès de la population rappelaient régulièrement aux politiciens, aux détracteurs, que les français plébiscitaient centres commerciaux et hypermarchés, en premier lieu pour les prix pratiqués, et peu importaient les nombreux dégâts « collatéraux ».

Cependant, Luc Boltanski et Eve Chiapello relatent que la monté de l’écologisme, présenta un grand danger pour les industriels et les distributeurs : « Le développement d’un consumérisme vert à la fin des années 1980 [la révolte des caddies dont parlent les spécialistes du marketing] a eu pour résultat de mettre un certain nombre d’entreprises en danger, en faisant baisser brutalement la consommation de produits dénoncés comme polluants par les mouvements environnementalistes ou nocifs pour la santé (tels que les lessives contenant des phosphates, les aérosols contenant des CFC, aux États-Unis, les pommes traitées chimiquement, certains emballages en plastique) ».
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Le mythe de l’Eldorado

Retour sur le mythe de l’Eldorado qui est entré au fil des siècles dans l’imaginaire collectif. Cette croyance a été renforcée par les récits nombreux des conquistadors suite à leurs rencontres avec les indiens Chibchas, dans la région de Bogota.

Impressionnés par les quantités d’or au fond d’un lac, les Espagnols ont longtemps cru à la présence d’une importante mine d’or. Mais après l’analyse du fameux radeau d’or aux rayons X et des études anthropologiques des Chibchas, le mythe est brisé.

Pour ce peuple, l’or était échangé avec une tribu voisine contre leur production de sel. Il était ensuite réservé aux cérémonies religieuses et sans valeur commerciale.

Histoire de l’urbanisme commercial en France : La Loi Royer de 1973 (Partie 4)

L’arrivée massive de l’immigration nord-africaine engendra un nouveau type de commerce dédié entièrement au pouvoir d’achat de leur communauté: les épiceries communément appelées “arabes du coin”.

Reprenant les commerces d’épiciers français, qui abandonnent leur activité devenue moins rentable et beaucoup trop contraignante, ces nouveaux épiciers s’opposeront aux grandes surfaces par une activité inégalable peu courante dans la profession: ouverts jusque tard dans la nuit, et sept jour sur sept, y compris les jours fériés.

Destinés initialement aux travailleurs immigrés, leur activité nocturne et dominical constitue une solution de dépannage pour des achats d’appoint, festifs ou d’urgence à l’heure où les autres commerces sont fermés, même si les prix y sont généralement plus élevés.

1973 La loi Royer

Ainsi les faillites se succèdent, et un autre danger menace le gouvernement conservateur: les socialistes radicaux du PSU, et d’une manière générale, les partis de la Gauche, qui trouveront ici, comme dans d’autres secteurs, un terreau plus que propice pour la diffusion et la propagation de leurs idées. L’on remarque même les tentatives des militants de la Gauche prolétarienne de s’approcher des commerçants en difficulté, dans les quartiers populaires : le progrès capitaliste et le modèle américain ne sont pas synonymes d’une vie meilleure.
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Henri Guillemin : L’autre avant guerre

Remonter aux sources de la Grande Guerre, pour Henri Guillemin, c’est faire l’inventaire de la naissance de la IIIe République. De Sedan à août 1914, l’historien se confronte aux faux-semblants d’une France coloniale et bourgeoise.

(Les dossiers de l’Histoire, Télévision Suisse Romande, 1972)

Vidéo trouvée sur Vers la Révolution le blog animé par notre lecteur Boreas. Merci à lui.

Europe : Phase finale d’américanisation

Par Jean-Paul Baquiast

Les évènements se précipitent. Peu d’européens en sont encore conscients. D’autant plus que pour s’en apercevoir il faut un minimum de culture stratégique, afin de déchiffrer des évènements qui autrement paraissent anodins. Appelons américanisation de l’Europe le fait pour celle-ci d’acquérir le statut non d’un nième État de l’Union – ce qui peut conférer quelques droits constitutionnels et civiques – mais d’un État complètement subordonné, colonisé pour reprendre un ancien terme, sur le modèle des ex-colonies africaines de la France.

Cette américanisation est en cours depuis la seconde guerre mondiale, sinon la première. Ces guerres ont vu l’Europe, emportée par ses divisions internes, perdre une grande partie des éléments faisant son ancienne puissance. Ceci au profit des Américains. Face à l’URSS d’abord, face aux puissances émergentes d’Asie, principalement la Chine aujourd’hui, l’Amérique a su convaincre les européens qu’ils devaient lui confier leur défense, quitte à lui livrer en échange tout ce qui leur restait de souveraineté.

On peut avec un certain optimisme estimer qu’au cours du dernier demi-siècle et aujourd’hui encore, 100.000 européens au maximum ont toujours voulu refuser ce marché de dupes. Pour eux, l’Europe avait les moyens de se défendre et de se développer sans rien abandonner de ses atouts scientifiques, économiques, militaires. Sous le gaullisme en France, quelques 50.000 Français avaient accepté de tenir le pari. Aujourd’hui encore, ils sont peut-être 50.000 à tenter de résister, provenant de diverses horizons. L’Airbus A350 qui vient de réussir son premier vol à Toulouse est un des derniers descendants de ce rêve héroïque.

Mais ces réfractaires à l’américanisation, en France comme en Europe, se heurtent en Europe, dans chaque État comme au sein même de l’Union européenne, à des résistances formidables. Il y a d’abord l’inertie de centaines de millions de citoyens qui pensent que tout ira bien pour eux s’ils suivent les modes de vie et modèles américains, s’ils obéissent aux consignes implicites venues d’outre-atlantique. Mais il y a aussi ceux qui ont mis toutes leurs cartes dans la servilité à l’égard des intérêts américains, afin d’en être grassement récompensés. L’actuel président de la Commission européenne en est un bon exemple.
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : L’hypermarché (Partie 3)

La multiplication des libres services, des supérettes, des supermarchés, aura comme impact un nombre toujours plus important, d’années en années, de faillites de commerces de détail. Des commerçants vont alors former un bloc de résistance compact et très actif, sous le regard attentif des politiciens, car ils représentent encore à cette époque un poids électoral important qu’il convient de ménager, ou d’abolir…

Premier hypermarché de France: Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois – 1963

(Cocorico) Une innovation de France: l’hypermarché

En Belgique, Maurice Cauwe – qui suivit un stage aux USA – ouvre en 1961 le premier hypermarché, mais alimentaire seulement, sous le nom Super Bazar. Il faut attendre 1963 pour franchir les portes du premier hypermarché officiel – alimentaire et non alimentaire – de France, une « usine de distribution » selon la terminologie officielle, implantée à Sainte-Geneviève-des-Bois dans la banlieue sud de Paris, sous la bannière Carrefour.

Les dirigeants avaient suivi les séminaires de Trujillo aux USA [avec comme compagnon le futur ministre Charles Pasqua], mais les fondateurs de Carrefour n’en ont pas copié servilement les méthodes. D’une part, ils ont rejeté le principe de « l’îlot de perte dans un océan de profits » car, convertis au discount généralisé sous l’influence de Leclerc, ils sont persuadés que les marges peuvent être réduites sur tous les produits. D’autre part, ils ont réuni « sous un même toit » l’alimentaire et le non alimentaire, créant ainsi une formule hybride, inconnue aux USA et désapprouvée par Trujillo.

Il s’agit donc non seulement du premier hypermarché moderne de France, mais aussi du monde, selon Alain Chatriot et Marie Emmanuelle Chessel: « C’est aussi celle d’une invention française, puisque les hypermarchés n’existent pas en tant que tels aux États-Unis. Il fallait avoir l’idée de vendre ensemble, sur une telle surface – plus de 2500 m² -, à la fois des produits alimentaires et des produits non alimentaires, articles vendus séparément, sur des surfaces généralement moindres, aux États-Unis. Le succès dépasse les prévisions: en une seule journée, cinq mille deux cents clients ont dépensé en moyenne vingt-huit francs, soit trois fois plus que dans un supermarché classique !
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Blythe Masters commenté par Pierre jovanovic

« Tout ce que je vous avais annoncé sur l’avenir de Blythe s’est passé, plus vite même que je ne l’avais envisagé. Dans cette vidéo, je montre comment les destins, aussi lointains soient-ils dans le temps, finissent par se croiser… comme celui de Louis XIV et d’André Le Nôtre.

Son jardin est un pur joyau, s’offrant aux yeux de toutes les générations présentes et futures. Au moins, la dette gérée par Colbert a vraiment servi à quelque chose… mieux: elle a été transformée en une merveille du monde. Blythe Masters, elle, ne nous léguera que le Grand Crash grâce aux équations du cœur brisé.

Et aussi puissante et riche soit-elle, la reine des banquiers ne laissera pas de parc à son nom, ni de château majestueux, juste un océan d’amertume sur lequel flottent déjà des “cœurs brisés” par millions… »

Histoire de l’urbanisme commercial en France : Le Corbusier (Partie 2)

Si se tenait un procès aux concepteurs de l’urbanisme commercial, Le Corbusier serait innocent. D’ailleurs il est étonnant de constater que cette fonction vitale pour le citadin n’est pas occupée autant l’esprit du Grand maître. Les grands principes de l’urbanisme moderne de Le Corbusier reposaient sur le zonage de quatre fonctions : habiter, travailler, se récréer, circuler : « Le zonage, en tenant compte des fonctions mettra de l’ordre dans le territoire urbain. »

Le noyau initial de l’urbanisme, pour Le Corbusier est l’habitation qui prime tous les autres et doit être « prolongé au-dehors par diverses installations communautaires », par des services communs destinés à réaliser dans l’aisance le ravitaillement. Ainsi, Le Corbusier n’estimait pas nécessaire d’isoler l’activité commerciale dans une zone particulière lui étant dédiée, comme pour l’industrie, et suggérait plutôt de les intégrer dans les immeubles mêmes.

L’artisanat, bien avant le commerce, est évoqué dans la Charte d’Athènes au chapitre 49, Le Corbusier assigne à cette « excitation créatrice », dans la concentration intellectuelle de la ville, une place située aux « points les plus intenses de la ville ». Le commerce, c’est-à-dire l’approvisionnement, une des principales activités quotidiennes de l’Homme est introduit au chapitre 88.

La cité Radieuse à Marseille, réalisée entre 1945 et 1952, qui comprend 337 duplex offre à ses résidents, une galerie publique au 3e étage, où sont implantés des petites boutiques, des équipements, et un hôtel [initialement des chambres d'hôte gérées par la collectivité] disposant d’un bar-restaurant.
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Histoire de l’urbanisme commercial en France (Partie 1)

Fleurons de l’industrie française, les groupes de la grande distribution ont pu bénéficier, et bénéficient encore aujourd’hui, de la bienveillance de l’État, malgré des lois restrictives (notamment en matière d’urbanisme et d’environnement): il en aurait pu être autrement pour expliquer un constat jugé “alarmant” par… l’Autorité de la concurrence.

Goulet Turpin, le premier libre service de France 6 juillet 1948

En France, 62 % du chiffre d’affaires du commerce se réalisent en périphérie, contre 25 % en centre-ville et 13 % dans les quartiers. Dans les cas extrêmes, la périphérie capte jusqu’à 80 % du marché [Source AdCF, 2012]. Le commerce périphérique étant, bien sûr, constitué quasi exclusivement, de parcs ou zones commerciales, de centres commerciaux, et d’hypermarchés. L’Allemagne présente une configuration qu’il est inutile de qualifier d’équilibrée : 33 % en périphérie, 33 % en centre-ville, 33 % dans les quartiers.

A Paris, l’on observe l’inquiétante domination des deux principaux groupes de la grande distribution, Casino et Carrefour ayant accaparé 80 % de la surface de distribution (70 % du marché), dont 62 % par les enseignes Casino (Monoprix, Franprix, Casino, etc.). Des cas identiques se produisent dans certaines villes de province.

La périphérie “saturée” (à 62 %) d’hypermarchés et de centres commerciaux, n’intéresse plus autant qu’auparavant les groupes de la grande distribution : à présent, il s’agit de s’attaquer aux centres-villes.
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Le Familistère de Guise, dans l’Aisne, se vide peu à peu de ses habitants

Le Familistère de Guise (Aisne), modèle d’habitat social imaginé au XIXème siècle par l’industriel Jean-Baptiste Godin pour y loger ses quelque 1.500 ouvriers, s’est, au gré d’aménagements successifs, peu à peu vidé de ses habitants et n’en compte désormais plus qu’une trentaine.

Nota : vous pouvez consulter ici la page Wikipédia consacrée à Charles Fourier.

Radio Courtoisie : Perspectives eurasistes et quatrième théorie politique

Le 27 juillet, Pascal Lassalle, recevait sur Radio Courtoisie, Louis Alexandre ainsi que le théoricien et politologue Russe, Alexandre Douguine, accompagné de sa fille Daria Douguina.


(Merci à jadoremonpseudo)

Plus d’émissions téléchargeables (Radio Courtoisie) ici

A mettre en correspondance avec la grille de programme
Pour ceux qui souhaitent commenter des émissions de la radio il suffit de créer un compte twitter et de se logguer sur Branch avec son user twitter (ce sont les mêmes créateurs – propriétaires) sauf que Branch permet de mettre beaucoup plus que 140 caractères :

Trésors sur Radio Courtoisie

Le 24 juillet, Emmanuel Ratier recevait sur Radio Courtoisie, le fameux numismate Michel Prieur, pour une interview à bâtons rompus à propos des trésors et de leur découvertes.

Qu’est-ce qu’un trésor ?

Un trésor est un groupe d’au moins deux monnaies ou objets monétaires (lingots…) qui a été caché, un jour, intentionnellement. L’immense majorité des trésors sont des trésors de pauvres gens qui n’ont, encore aujourd’hui, qu’une faible valeur marchande. Très rares sont les trésors cachés par des nobles ou des bourgeois qui, contenant des pièces d’or, ont aujourd’hui une valeur marchande sérieuse.

Rarissimes sont les trésors qui rendent leur découvreur vraiment riche. Dans les trésors comme à la loterie, il n’y a qu’un gros lot pour de très nombreux petits lots…

Pourquoi les trésors sont-ils importants pour l’histoire ?

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Les guerres de l’or

Conférence donnée par Ferdinand Lips1 à l’Université de St-Gall le jeudi 24 juin 2004 dans le cadre de la série intitulée «International Finance & Security»

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de remercier les organisateurs, Messieurs Graf et Brunner, de m’avoir invité. Avoir choisi un sujet aussi brûlant que celui de l’or les honore. Ils font ainsi preuve de courage. En effet, le mot «or» était tabou jusqu’il y a peu. Le prononçant, on risquait de passer pour un original. Ils ont pris une sage décision. Nous verrons bientôt à quel point, dès l’origine de la civilisation, l’or a joué un rôle essentiel et positif dans l’histoire de l’humanité.

Je prouverai que, sans monnaie-or, il n’est que crises et guerres dans le monde. Le XXe siècle et le début du XXIe en témoignent. Je prouverai également ou affirmerai tout au moins que, sans étalon-or, le monde retombera dans un nouveau moyen-âge. [...]

D’ici là, le système financier actuel – ou plutôt le non-système – aura fini d’exister, à mon avis. Comme vous le savez, il se fonde sur un mensonge et une accumulation gigantesque de dettes, qui ne peuvent plus être honorées. Il est probable que cette montagne de dettes recouvrira tout finalement.

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Tout est relatif Monsieur Poincaré

Ce documentaire propose un voyage en images vers un passé à la fois proche et lointain : l’époque d’Henri Poincaré, époque qui a vu naître, dans un même mouvement notre science et notre monde modernes.

Au tournant du XIXème et XXème siècle, Mélies envoie des aventuriers dans la Lune. La Tour Eiffel, conçue pour être démontée survit en raison de son utilité scientifique. Mouvement, vitesse et conquête de l’espace. Crise et renouveau de la science. La physique quantique découvre au cœur de la matière un univers invisible déroutant.

Henri Poincaré, reconnu par ses pairs, domine de la tête et des épaules le monde scientifique de son époque et dialogue avec le public…

Chroniques de la Vieille Europe : L’histoire est-elle un poison ?

Le 25 juin, Patrick Péhèle, Pascal Eysseric, Philippe Christèle et Grégoire Gambier recevaient sur Radio Courtoisie, Jean-François Gautier à propos de son livre Le sens de l’histoire, une histoire du messianisme en politique aux éditions Ellipses.

L’Histoire a-t-elle un sens ? L’antiquité gréco-latine n’en concevait aucun. L’antiquité sémitique, les judéo-hellénismes et christianismes ont chacun proposé le leur, lequel a servi de motif à nombre de conflits. Les idéaux des Lumières, avec leur conviction d’un progrès continu dans la marche d’une humanité globalisée, puis les communismes et le national-socialisme ont renouvelé les propositions d’un sens de l’Histoire à accomplir.

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Économie mondiale : Les aveux troublants de l’économiste en chef du FMI

Rencontre avec l’économiste en chef du FMI. Olivier Blanchard est l’un des économistes les plus reconnus au monde, mais il est plongé dans le doute. La macroéconomie est cassée. Il n’y a pas d’autre choix que de la rebâtir.

Les aveux émergent au fil de la conversation : «  Nous avions sous-estimé le rôle de la finance » ; « Les économistes avaient oublié les leçons de l’histoire ».

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John Law ou la chute spectaculaire d’un banquier central (Màj Vidéo)

(Merci à Blueman et à son remarquable blog)

Quand John Law a fait face à la dette énorme de l’État en France au dix-huitième siècle, il a émis beaucoup de papier monnaie -avec succès- et le pays s’est senti riche. Il était intelligent, courageux, charmant, honnête – et pour un temps- extrêmement populaire. Malheureusement, il a ainsi ruiné tous ceux qui avaient de l’argent en France, ce qui a fait de l’ombre à ses autres qualités. Il est intéressant de se pencher sur ce qui s’est passé.

John Law était écossais. Il est né à Edimbourg en 1671, d’un père banquier et joaillier qui avait réussi. A l’âge de 14 ans, il commença son apprentissage dans ces métiers et s’en retourna à 17 ans, juste à temps pour hériter de son père qui décéda cette même année. Il était déjà connu alors pour ses talents mathématiques et sa popularité auprès des dames.

Apprendre son métier
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L’Histoire montre que la banqueroute est possible voire nécessaire

Extraits du livre “Vive la Banqueroute”, par Thomas Morel et François Ruffin aux éditions Fakir.

« La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’État au pair. » Qui théorise cette saine gestion ? Un fantaisiste ? Un pamphlétaire ? Pas du tout: l’abbé Terray, qui exerçait comme contrôleur général des finances de Louis XV. Qu’on imagine alors ses homologues contemporains, un Pierre Moscovici, un François Baroin, un ministre de l’Économie s’exprimant avec pareille audace !

À relire notre histoire de France sous cette lumière, on éprouve comme une jouissance anachronique à cette habitude qu’avaient prise les monarques de régler leurs comptes, pour de bon, aux créanciers…

Philippe le Bel ne chipote pas: il chasse d’abord ses créanciers du royaume avant de saisir, de condamner, de brûler « les banquiers de l’Occident »… plus radical dans ses actes que Jean-Luc Mélenchon dans ses discours !

Quand le « sieur Barbeite », conseiller du roi, recommande qu’on en revienne au « franc fort » et qu’à cause de lui les loyers triplent dans la capitale, on se le représente volontiers sous les traits de Jacques Attali, conseiller spécial de François Mitterrand, persuadant le prince moderne d’accrocher le franc au mark, de ne pas quitter le Système monétaire européen et de désindexer les salaires.
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Dominique Venner : “Histoire et traditions des Européens : 30.000 ans d’identité” (MàJ Radio Courtoisie)

Radio Courtoisie 27/05/2013 Libre Journal d’Henri de Lesquen, invité Jean-Yves Le Gallou pour un hommage à Dominique Venner :

Plus d’émissions téléchargeables (Radio Courtoisie) ici

A mettre en correspondance avec la grille de programmes

Le 21 mars 2002, Dominique Venner était invité par Anne Brassié sur Radio Courtoisie, à propos de son livre: “Histoire et traditions des Européens : 30.000 ans d’identité”, ouvrage de fond qui interroge les sources et la destinée de la civilisation européenne en partant d’Homère.

« Mon “optimisme”, comme vous dites, n’est pas béat. Je n’appartiens pas à une paroisse où l’on croit que tout finit par s’arranger. Je vois parfaitement tout ce qui est noir dans notre époque. Je pressens, cependant, que les puissances qui pèsent négativement sur le sort des Européens seront sapées par les chocs historiques à venir. Pour parvenir à un authentique réveil, il faudra encore que les Européens puissent reconquérir leur conscience indigène et la longue mémoire dont ils ont été dépossédés. Les épreuves qui viennent nous y aideront en nous affranchissant de ce qui nous a pollué en profondeur. C’est la tâche téméraire à laquelle je me suis voué. Elle a peu de précédents et n’est en rien politique. Au-delà de ma personne mortelle, j’ai la certitude que les brandons allumés ne s’éteindront pas. Je m’en rapporte pour cela à nos poèmes fondateurs. Ils sont le dépôt de toutes nos valeurs. Mais ils constituent une pensée en partie perdue. Nous avons donc entrepris de la réinventer et de la projeter sur le futur comme un mythe créateur. »

(Merci à jadoremonpseudo)

1929 : Les travailleurs de la crise

1929, année de la première crise économique mondiale, est un tournant de l’histoire du monde moderne. Quels parallèles peut-on établir avec la situation actuelle ?

Partie des États-Unis, la crise économique de 1929 s’étend vite à l’Europe. En Allemagne, elle jette en quelques mois cinq millions de personnes sur le pavé. La vague n’atteint la France qu’en 1931, mais les conséquences n’en sont pas moins graves. Des deux côtés du Rhin, la disparition de branches entières de l’industrie entraîne aussi la paupérisation des ouvriers et des employés. Faute de protections sociales suffisantes, les chômeurs deviennent souvent des sans-abri et errent de ville en ville à la recherche d’un travail.

L’État réagit en allongeant la durée du travail, en diminuant les salaires et en réduisant des allocations déjà très faibles. Des solutions qui sont à nouveau à l’ordre du jour dans de nombreux pays européens.

Partie 1:

Partie 2:
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Musique : “The Maypole Song”

La tradition de l’arbre de mai est un rite de fécondité lié au retour de la frondaison. Jadis répandu dans toute l’Europe occidentale, ce rite prend son sens dans le cycle du mai traditionnel.

D’un point de vue mythologique, le mois de mai est, depuis toujours, le mois des fêtes en l’honneur de la végétation, des fleurs, des sources et de l’eau. Chez les Romains, le mois de mai était celui de Maia, déesse de la fécondité, c’est-à-dire un des avatars de la Terre-Mère. Le mois de mai est donc logiquement devenu le mois de Marie.

Le mois de mai connaît aussi la fête du Meyboom, Maypole, Maibaum, Maggiolata, etc. qui réactualise l’acte primordial de la régénération cosmique. L’arbre symbolise ici l’ensemble des forces de la Nature domestiquées par les ancêtres, les héros et les dieux primordiaux.

Dans le monde celtique, la date du 1er mai est celle de la fête de Beltaine, la grande fête celtique du dieu Bel, correspondant au dieu gaulois Belenos. C’est une fête du feu.

Paroles de la chanson de l’”Arbre de Mai” extraite du film de 1973 “The WickerMan” (l’Homme d’osier):

In the woods there grew a tree
And a fine fine tree was he

And on that tree there was a limb
And on that limb there was a branch
And on that branch there was a nest
And in that nest there was an egg
And in that egg there was a bird
And from that bird a feather came
And of that feather was
A bed
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