Le rêve de l’harmonie par le calcul

Déficit budgétaire, ratio d’endettement, retour sur investissement, taux de croissance : la sarabande des nombres hante nos vies et structure notre vision du monde. Il n’en fut pas toujours ainsi. Longtemps le chiffre fut soumis au droit. Comment s’est opéré le renversement du règne de la loi au profit de la gouvernance par les nombres? C’est le thème de “La Gouvernance par les nombres“, le nouvel ouvrage d’Alain Supiot, professeur au Collège de France. Extrait.

L’essor de la gouvernance par les nombres n’est pas un accident de l’histoire. La recherche des principes ultimes qui président à l’ordre du monde combine depuis longtemps la loi et le nombre au travers de la physique et des mathématiques, s’agissant de l’ordre de la nature ; du droit et de l’économie, s’agissant de l’ordre social. La situation est comparable dans l’ordre religieux, où la soumission à la loi divine et la contemplation mystique de vérités absolues ont été reconnues comme deux voies différentes d’accès au divin (1).

La gouvernance par les nombres n’emporte pas du reste la disparition des lois, mais la soumission de leur contenu à un calcul d’utilité, en sorte qu’elles servent les « harmonies économiques » qui présideraient au fonctionnement des sociétés humaines (2). Mais la loi peut- elle être ramenée au nombre ? Fait-elle autre chose qu’exprimer des accords parfaits que les mathématiques seraient susceptibles de dévoiler ? Ou bien possède-t-elle son domaine propre, qui serait de surmonter les discordes constitutives de la vie en société ?

Ces questions se posent tous les jours à nos gouvernants, tiraillés entre la représentation quantifiée de l’économie et de la société et ce qui reste de représentation démocratique des gouvernés.
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Jean-Claude Michéa : « Si l’on pense sans peur, on ne peut être politiquement orthodoxe »

Entretien avec Jean-Claude Michéa qui occupe une place à part dans la pensée critique contemporaine: le philosophe montpelliérain s’est fait connaître en réhabilitant le socialisme populaire, anticapitaliste et anti-autoritaire d’Orwell, se tient loin des médias, loue les vertus du football, affectionne le populisme, tance l’Université et éreinte à l’envi les intellectuels de la gauche plus ou moins radicale.

Rixes et noms d’oiseaux : Lordon, Corcuff, Halimi, Boltanski, Fassin, Garo et Amselle (rien moins) ont ferraillé contre celui, désormais proche des mouvements décroissants, qu’ils accusent de ravitailler la droite réactionnaire. Michéa semble s’en moquer éperdument, amusé, peut-être, à l’idée de scandaliser ceux qu’il assimile à la gauche « bohème » et « petite-bourgeoise » autant qu’à l’extrême gauche « culturelle ».

Le penseur prise les phrases aux allures de piques: il arrive que l’on se perde en chemin mais son œuvre a le mérite de saler les plaies d’une gauche qui, trop souvent, a rompu les ponts avec les classes populaires.

Vous venez du PCF et possédez, à la base, une formation marxiste. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à ces « frères ennemis », pour reprendre la formule de Guérin, que sont Bakounine, Proudhon, Rocker, Camus, Durruti, Voline, Goodman, Louise Michel, Albert Thierry, Chomsky, Landauer, James C. Scott ou Graeber, que vous ne cessez de citer au fil de vos textes ?

Bien des problèmes rencontrés par le mouvement anticapitaliste moderne tiennent au fait que le terme de « socialisme » recouvre, depuis l’origine, deux choses qu’il serait temps de réapprendre à distinguer.

Il s’applique aussi bien, en effet, à la critique radicale du nouvel ordre capitaliste issu des effets croisés de la révolution industrielle et du libéralisme des Lumières qu’aux innombrables descriptions positives de la société sans classe qui était censée succéder à cet ordre, qu’il s’agisse du Voyage en Icarie de Cabet, du nouveau monde sociétaire de Charles Fourier ou de la Critique du programme de Gotha de Karl Marx.

Or il s’agit là de deux moments philosophiquement distincts. On peut très bien, par exemple, accepter l’essentiel de la critique marxiste de la dynamique du capital (la loi de la valeur, le fétichisme de la marchandise, la baisse tendancielle du taux de profit, le développement du capital fictif etc.) sans pour autant souscrire – à l’instar d’un Lénine ou d’un Kautsky – à l’idéal d’une société reposant sur le seul principe de la grande industrie « socialisée » et, par conséquent, sur l’appel au développement illimité des « forces productives » et à la gestion centralisée de la vie collective (pour ne rien dire des différentes mythologies de l’« homme nouveau » – ou artificiellement reconstruit – qu’appelle logiquement cette vision « progressiste »).

C’est donc l’échec, rétrospectivement inévitable, du modèle « soviétique » (modèle qui supposait de surcroît – comme l’école de la Wertkritik l’a bien montré – l’occultation systématique de certains des aspects les plus radicaux de la critique de Marx) qui m’a graduellement conduit à redécouvrir les textes de l’autre tradition du mouvement socialiste originel, disons celle du socialisme coopératif et antiautoritaire, tradition que l’hégémonie intellectuelle du léninisme avait longtemps contribué à discréditer comme « petite-bourgeoise » et « réactionnaire ».

« C’est avant tout la lecture de Guy Debord et de l’Internationale situationniste (suivie de celle d’Orwell, de Lasch et d’Illich) qui m’a rendue possible cette sortie philosophique du modèle léniniste. »

J’ajoute que dans mon cas personnel, c’est avant tout la lecture – au début des années 1970 – des écrits de Guy Debord et de l’Internationale situationniste (suivie, un peu plus tard, de celle de George Orwell, de Christopher Lasch et d’Ivan Illich) qui m’a progressivement rendue possible cette sortie philosophique du modèle léniniste.
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L’amour courtois

Jacques LE GOFF voit dans la naissance de l’amour courtois au 12ème siècle, une concomitance avec l’hérésie cathare dans le sud de la France ; le troubadour a fonction d’enseignant du code moral selon les règles de la chevalerie et trace une distinction entre aristocrates et peuple. Les châteaux forts s’ouvrent aux relations sociales, où va se développer un art de cour, ce sont des jeunes aristocrates privés de biens qui partent à la croisade ou tentent de conquérir la Femme qui leur est interdite. C’est dans le Limousin que naît l’”amour courtois”, à la cour de Guy d’Ussel puis il se répand en Occitanie à la cour de Raymond de Toulouse. Il gagne le nord de la France grâce à Chrétien de Troyes, à la cour de Marie de Champagne. Il est même présent en Rhénanie. Catherine CLÉMENT en donne une interprétation psychanalytique, des poèmes sont dits en illustration.

Émission : les chemins de l’histoire – 21 déc. 1970.

Georges Forestier : « Révéler la vérité cachée »

Réflexions sur le fonctionnement et les enjeux de la pensée hypercritique de la Renaissance à l’époque contemporaine.

La vérité fut le thème choisi pour les journées scientifiques de 2013 de l’Institut Universitaire de France. Cette conférence envisage le bon usage de la vérité et de sa recherche, posant davantage des questions éthiques et juridiques, autour de l’histoire, du droit international ou de l’environnement. On entrevoit du coup l’importance de l’autorité qui administre la vérité, et parfois malheureusement la falsifie.

La vérité vient volontiers frayer ici avec l’erreur, selon une articulation qui est un moteur majeur des mutations scientifiques.

Théâtre : Lorànt Deutsch adapte l’histoire du billet de banque dans une nouvelle pièce

L’histoire se passe il y a 300 ans, alors que la France était ruinée après la mort de Louis XIV. Un mathématicien surdoué, John Law, se présente à la cour en affirmant détenir la solution pour sauver la France de la faillite. Il convainc le Régent d’adopter son Système : faire du commerce avec de la monnaie de papier et des actions.

Au début, le Système fonctionne à merveille… Et plusieurs siècles plus tard, elle a inspiré la pièce de théâtre “Le système”. Une pièce historique haletante sur les coulisses du pouvoir et de la finance : calculs, manipulations, intrigues et trahisons au coeur d’une cour libertine et cupide.

On y retrouve Lorànt Deutsch dans le rôle de John Law, l’écossais qui a eu l’idée d’une alternative aux pièces de monnaie : le billet de banque, qui allait sauver la France de la faillite au début du XVIIIème siècle.

Un sujet technique en apparence mais qu’Antoine Rault a su adapter au théâtre.  Et si les personnages remontent au XVIIIème siècle, leur histoire semble trouver un écho à notre époque. Un succès garanti.

C’est à la fois un polar, parce qu’il y a une vraie intrigue, détaille Lorànt Deutsch. On chemine avec ce personnage qui amène un système. Ça fonctionne très bien au début, la France est sauvée. Et puis petit à petit, des choses vont venir relancer l’économie. Et c’est aussi une pièce historique puisqu’on est dans ce système bancaire qui a relancé l’économie.

Théâtre Antoine, 75010 Paris – A partir du 07/02/2015 et jusqu’au 31/03/2015 – Du mardi au samedi à 21h et le samedi à 16h

Quand le français était universel

Sourdez vous le cul tost et apareillez a diner !” Comment activer un aubergiste, réprimander un valet ou insulter un chauffard dans la France médiévale ? Les manuscrits exposés à la bibliothèque de l’université de Cambridge, en Grande-Bretagne, reflètent un français fleuri qui, aujourd’hui, prête à sourire. Ils sont aussi une fenêtre ouverte sur une page d’histoire du Moyen Âge. Avec les médiévistes Jean-Philippe Genet et Bill Burgwinkle, retour sur une époque où le français était la langue des rois, mais aussi de tous les échanges culturels et commerciaux.

Par Liliane Charrier

Détail d’un ouvrage multilingue rassemblant une cinquantaine de textes – histoire, géographie, cosmographie, littératures et religions (entre 1307 et 1350)
En l’an de grâce 1398, le jeune Perot, venu d’Angleterre, retrouve son ami Guillaume dans une auberge sur la route de Paris.

En quel langage “universel” les deux compères communiquent-ils pour gérer le quotidien ? A l’époque, c’est le français qui unit les peuples.

Un français fluide et imagé, car Perot aura pris soin, avant son départ, de bûcher Manières de langage, un guide de conversation à l’attention des voyageurs anglais.

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Reportage : Arabie Saoudite, la maison des Saoud

Au sens strict, la dynastie saoudienne actuelle est constituée des descendants de Abdelaziz ben Abderrahmane al-Saoud dit Ibn Saoud (1880-1953), fondateur de l’État moderne du même nom, le royaume d’Arabie saoudite et qui en fut le roi de 1932 à 1954. Il a eu trente-deux épouses qui lui donnèrent cinquante-trois fils et trente-six filles, et environ 500 petits-enfants.

Qu’est-ce qu’un événement ?

Par Grégoire Gambier. Ce texte est une reprise actualisée et légèrement remaniée d’une intervention prononcée à l’occasion des IIe Journées de réinformation de la Fondation Polemia, organisées à Paris le 25 octobre 2008.

Les attaques islamistes de ce début janvier 2015 à Paris constituent à l’évidence un événement. Tant au sens historique que politique et métapolitique – c’est-à-dire total, culturel, civilisationnel. Il provoque une césure, un basculement vers un monde nouveau, pour partie inconnu : il y aura un « avant » et un « après » le 9 janvier 2015. Au-delà des faits eux-mêmes, de leur « écume », ce sont leurs conséquences, leur « effet de souffle », qui importent. Pour la France et avec elle l’Europe, les semaines et mois à venir seront décisifs : ce sera la Soumission ou le Sursaut.

Dans la masse grouillante des « informations » actuelles et surtout à venir, la sidération politico-médiatique et les manipulations de toute sorte, être capable de déceler les « faits porteurs d’avenir » va devenir crucial. Une approche par l’Histoire s’impose. La critique historique, la philosophie de l’histoire et la philosophie tout court permettent en effet chacune à leur niveau de mieux reconnaître ou qualifier un événement. « Pour ce que, brusquement, il éclaire » (George Duby).

C’est donc en essayant de croiser ces différents apports qu’il devient possible de mesurer et « pré-voir » les moments potentiels de bifurcation, l’avènement de l’imprévu qui toujours bouscule l’ordre – ou en l’espèce le désordre – établi. Et c’est dans notre plus longue mémoire, les plis les plus enfouis de notre civilisation – de notre « manière d’être au monde » – que se trouvent plus que jamais les sources et ressorts de notre capacité à discerner et affronter le Retour du Tragique.

Tout commence avec les Grecs…

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Propagande : paléonthologie et biologie moléculaire au service de l’idéologie

Depuis deux décennies, la génétique a bouleversé nos connaissances sur l’apparition et le peuplement de l’espèce Homo. En cinq questions clefs, voici ce qu’elle nous apprend.

1. Le scénario des origines

Jusqu’à présent, deux théories à propos de l’apparition de l’homme moderne s’opposaient. La première, dite “multirégionaliste”, soutient que les populations ancestrales auraient quitté l’Afrique voilà 2 millions d’années, engendrant simultanément diverses espèces locales comme Homo neanderthalensis en Europe ou Homo erectus. Toutes auraient évolué de façons différentes avant de donner naissance à Homo sapiens sapiens. La seconde, dite “Out of Africa”, se situant il y a environ 200 000 ans, affirme qu’une seule et même espèce (la nôtre) serait apparue en Afrique, avant de migrer dans le reste du monde en supplantant toutes les autres sans se mélanger.

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L’idéologie du travail et la crise du capitalisme

Par Guillaume Borel pour Les Moutons Enragés

« Il faut, avant toute recherche ou réflexion sur le travail dans notre société, prendre conscience de ce que tout y est dominé par l’idéologie du travail. » – Jacques Ellul, l’Idéologie du travail, Foi et Vie n°4 Juillet 1980

Partie I : De l’âge d’or aux premières cités

Titien – Le Châtiment le Sisyphe, 1548-1549

L’âge d’or

Le travail est aujourd’hui à la fois la condition du salariat, qui ouvre le droit à la rémunération, et une valeur sociétale fondamentale qui sert de base à la construction de l’identité et des rapports sociaux.

Pourtant, en remontant le fil de la pensée de Jacques Ellul, notamment grâce à son article “L’idéologie du travail” cité en exergue, on se rend compte qu’il n’en fut pas toujours ainsi.

Loin d’être une donnée naturelle anthropologique, la « valeur » travail s’est construite au fil du temps, et plus particulièrement sous l’impulsion des développements successifs du système de production capitaliste.

A la fois philosophe, théoricien de la société technicienne et théologien, Jacques Ellul propose ainsi une lecture à la fois historique, anthropologique, sociétale et économique, de la construction du travail comme idéologie.
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Radio Courtoisie : « Comprendre la guerre » (Audio)

Le samedi 10 janvier 2015, dans l’émission “Le Libre journal des lycéens” sur Radio Courtoisie, Pascal Lassalle recevait le lieutenant-colonel Olivier Entraygues, officier d’infanterie, afin de présenter son ouvrage intitulé :« JFC Fuller : comprendre la guerre », présentant la pensée stratégique du britannique.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Entré en service en 1987, le lieutenant-colonel Entraygues a successivement servi au 35e RI, au 8e Groupe de chasseurs, au 152e RI, à l’EMF 4 de Limoges puis au centre d’entraînement des postes de commandement de Mailly le camp.
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Chine : La nouvelle route de la soie

Alors que l’Unesco a inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité une partie de la “Route de la soie” d’origine, les autorités chinoises révèlent une carte de “la nouvelle Route de la soie”. Quelle est sa réalité historique et a-t-elle une chance de voir le jour ?

Aux origines de l’Épiphanie

L’Épiphanie, du grec Ἐπιφάνεια, epihenia « apparition », qui célébrait à l’origine la Nativité (Noël n’ayant été fixé au 25 décembre qu’en 350 en Occident), honorait au XVe siècle le souvenir du baptême du Christ, mais aussi son premier miracle (eau changée en vin aux noces de Cana) et l’adoration des sages (mages).

Jacob Joardens (1593 – 1678), Le Roi boit, v.1640.

Elle a lieu 12 jours après Noël. Six jours après Noël et six jours avant l’Épiphanie, se déroule le passage à la nouvelle année. L’Épiphanie fut donc longtemps fêtée le 6 janvier mais pour plus de commodité, l’Église catholique la célèbre le dimanche qui suit le 1er janvier.

L’Épiphanie fut longtemps considérée comme la date du solstice d’hiver (Noël le fut aussi) et donnait lieu à d’importantes célébrations religieuses. C’est le 6 janvier notamment que les dieux solaires orientaux ou grecs étaient fêtés, comme Osiris et Dionysos.

L’Épiphanie, fête des Rois, commémore l’adoration des « Rois » mages pour Jésus, sa reconnaissance en tant que Messie. La fête des Rois correspond par ailleurs au début du carnaval.
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Cinéma : Joyeux Noël

Lorsque la guerre surgit au creux de l’été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d’hommes. Nikolaus Sprink, prodigieux ténor à l’opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa belle carrière et surtout à celle qu’il aime : Anna Sörensen, soprane et partenaire de chant.

Le prêtre anglican Palmer s’est porté volontaire pour suivre Jonathan, son jeune aide à l’église. Ils quittent leur Écosse, l’un comme soldat, l’autre comme brancardier.

Le lieutenant Audebert a dû laisser sa femme enceinte et alitée pour aller combattre l’ennemi. Mais depuis, les Allemands occupent la petite ville du Nord où la jeune épouse a probablement accouché à présent.

Et puis arrive Noël, avec sa neige et son cortège de cadeaux des familles et des États majors. Mais la surprise ne viendra pas des colis généreux qui jonchent les tranchées françaises, écossaises et allemandes…

Iran : Les jardins suspendus de Babylone

Babylone est réputée pour avoir été l’une des plus belles villes antiques jamais bâties. Située au milieu du désert, elle possédait jadis des murailles impressionnantes et a notamment abrité des jardins suspendus qui sont considérés comme la seconde merveille du monde.

Les recherches d’un archéologue allemand au début du XXe siècle les situent dans le sud de la ville. Une autre théorie les placerait dans la ville assyrienne de Ninive, conquise par les Babyloniens avec l’alliance des Mèdes.

Cet édifice fut construit au VI° siècle avant Jésus Christ par le roi de Perse, Nabuchodonosor II, qui régnait alors à Babylone (dans l’Irak actuel.). Ce dernier fit construire les jardins suspendus pour rappeler à son épouse, Amytis, la végétation des montagnes de son pays d’origine (la Médie, une région se trouvant aujourd’hui en Iran.).

Selon d’autres sources, se rapprochant plus de la légende que de la réalité, les jardins auraient été construits par la reine Sémiramis, épouse de Ninus, roi de Ninive. Il se pourrait, selon une nouvelle hypothèse, que les Grecs aient confondus Babylone et Ninive, cette dernière étant la capitale de l’Empire assyrien, qui précéda l’Empire perse.

Hauts de 23 à 92 mètres, les Jardins de Babylone étaient composés de plusieurs étages en terrasses, reliés par un grand escalier de marbre. L’édifice était soutenu par des voûtes et des piliers de brique. L’eau était ramenée de l’Euphrate, et remontait jusqu’au étages à l’aide d’un savant montage hydraulique.

Les pilleurs et autres chercheurs de trésors

L’homme est friand de trésors et beaucoup sont ceux qui en ont dégotés par pur hasard. Mais certains n’hésitent pas à en faire un business juteux et passent leurs journées à en chercher, à l’aide de divers matériels. La France compte plus de quarante mille chercheurs de trésors et tous sont relativement bien équipés pour cette quête passionnante, bien que cela soit formellement interdit. En effet, seuls les archéologues sont autorisés à effectuer ce genre de fouilles.

Si quelques-uns font ça uniquement pour l’argent, d’autres prospecteurs sont de purs passionnés. Ils cherchent des trésors à des fins personnelles mais les restituent à l’état sans sourciller. Certains même fouillent nos plages et agrémentent leur site des divers objets qu’ils ont trouvé afin que leurs propriétaires puissent se manifester afin de récupérer leur bien. C’est un pur acte de bonté.

En France :

Ailleurs:

Grande-Bretagne : Les 1% sont au sommet de la pyramide sociale depuis 800 ans

La richesse et une position sociale élevée restent en Grande-Bretagne, en grande partie, une donnée héréditaire.

Selon une étude de chercheurs de l’Université de Californie et de la London School of Economics, le statut social d’une famille peut perdurer pendant huit siècles ou plus. Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques se sont basés sur le niveau d’éducation et sur les corpus de noms de famille en Angleterre sur huit générations.

Les chercheurs ont constaté que la richesse et le statut social ne sont pas seulement transmis à la génération suivante et que sur une période de 800 ans, ce sont toujours les mêmes noms de famille qui semblent revenir au sommet de la société britannique.

Les économistes ont utilisé pour leurs recherches le Domesday Book, le plus vieux registre de population conservé qui date de 1086. A cette époque, les noms de famille ont d’abord été adoptés par les classes supérieures. Beaucoup de ces familles d’un statut élevé descendaient de conquérants normands, bretons et flamands qui avaient envahi l’Angleterre en 1066.
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L’armada oubliée de la Chine impériale

Soixante navires composent la puissante armada chinoise qui fait route vers l’Occident en 1405. Les sept voyages qu’elle effectue la mènent jusqu’en Iran, en Arabie saoudite et en Afrique, en passant par Singapour, la Malaisie et l’Indonésie.

Auprès des gigantesques bateaux, trésors de la flotte de l’amiral Zheng He, les caravelles des explorateurs européens ont l’air de coquilles de noix.

Mais dès 1433, l’empire du Milieu perd son avance maritime et l’empereur ordonne l’arrêt des expéditions en mer. La Chine commence à s’isoler et abandonne les océans aux puissances européennes.

Partie 1:

Partie 2:
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La vengeance de l’histoire et de la géographie

Les Ve Assises nationales de la Recherche stratégique se sont tenues le 21 novembre dernier à l’école militaire devant plus de 1 200 personnes, sur un thème d’actualité : “Mondialisation Politique et religions : Affrontements et perspectives”. Des drames, l’actualité n’en a pas été avare ces dernières semaines. Nous le pressentions depuis longtemps. Affrontements interconfessionnels, dérives sectaires, régressions obscurantistes, actions terroristes menées par des individus se revendiquant d’une cause sacrée…

Par Alain Bauer

Le Hêtre de Ponthus – Forêt de Brocéliande, Bretagne.

Les États modernes sont aujourd’hui confrontés à des violences, et notamment des violences à connotation religieuse qui, au plan international, créent autant de fractures d’un monde en déséquilibre permanent.

On ne peut échapper, pour ouvrir des assises portant ce titre, à la traditionnelle citation de référence. Malraux (car qui d’autre…) aurait dit : “Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas”.

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Les jeux vidéo renforcent le patriotisme de la jeunesse russe

Désormais, le patriotisme est également enseigné aux jeunes russes au moyen de jeux vidéo militaro-historiques. Ce type de divertissement électronique participe à l’éducation des enfants, et rapporte également des revenus substantiels aux concepteurs.

Une balle fuse et se loge dans un sac à proximité d’une pièce d’artillerie, un obus explose dans le ciel, forçant l’avion à virer à droite. Un soldat de l’Armée rouge lance au ralenti une grenade en direction d’un tank nazi. Le tout accompagné par la reprise moderne d’une célèbre chanson du front. Ce clip vidéo La victoire est à nous, une promotion du jeu War Thunder produit par Gaijin, totalise près de 4 millions de vues sur YouTube en l’espace d’un mois. Un indicateur parmi d’autres de la popularité croissante des jeux vidéo militaro-historiques en Russie.

Apprendre l’histoire en jouant

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Le pivot géographique de l’histoire

Pour saisir les enjeux actuels, un petit détour sur une des cartes de Halford J. Mackinder ne manque pas d’intérêt.

Quelques éléments d’explication : Mackinder nous dit : « La prise de contrôle de la région terrestre centrale par une nouvelle puissance se substituant à la Russie, ne tendrait nullement à réduire l’importance géographique de la position pivot ». (1)
Reprenant les mots de Mackinder et en poursuivant la logique de son propos à l’aune de la géopolitique récente et en cours, nous pourrions avancer ceci :
Si une puissance particulière parvenait à renverser la Russie, ou à la contrôler, celle-ci  pourrait constituer un péril menaçant la liberté du monde pour la seule raison qu’elle ajouterait une façade océanique aux ressources du Grand continent – un accès aux mers chaudes – avantage qui demeure jusqu’à présent interdit à l’occupant russe de la zone-pivot.

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L’île aux cannibales (Rediff.)

1933. 6000 prisonniers ont été déportés sur l’île de Nazino sous le commandement de Staline. Ces déportés ont subi la torture et n’avaient ni vivres, ni eau, ils ont donc très vite dû apprendre à survivre dans un environnement qu’ils ne connaissaient pas. Aujourd’hui, cette île est appelée ‘l’île aux cannibales’. Pourquoi ? Et bien parce que les déportés ont été forcés de s’entre-tuer pour se nourrir du cadavre de l’autre, ils n’avaient d’autres choix.

Comment en est-on arrivé là ?

Les Soviétiques étaient en train de mettre en place le Socialisme et un million de vies n’était rien par rapport à cet objectif. Un million d’éléments déclassés, petits voleurs, bandits de petite envergure, fugitifs, nuisibles, tout y passait. Staline comptait ainsi coloniser des territoires tout en utilisant le travail forcé.

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La Grande Guerre en chansons

La Première Guerre mondiale a donné naissance à de nombreuses chansons qui en disent long sur l’état d’esprit des soldats et de la population. La France de 1914 est un pays qui chante. A l’atelier, dans les champs, jusque dans les tranchées. Une production démentielle, parfois tirée à 2 millions d’exemplaires.

L’un des plus grands succès est une chanson paroles et musique de Vincent Scotto qui s’appelle ‘Le cri du poilu’. C’est pas une chanson très élégante“, témoigne Bertrand Digale, auteur de La fleur au fusil, 14-18 en chansons.

Un énorme tube “qui nous ouvre aussi sur l’un des quelques aspects de la guerre de 14 dont on ne parle pas beaucoup aujourd’hui : la prostitution de masse. Le fait que l’armée française devient le premier proxénète de France avec ses énormes bordels militaires dans les villes de permission”, ajoute Bertrand Digale.

Avec “La lettre dans le Tricot“, on célèbre la solidarité nationale avec ces Françaises qui produisent pulls et chaussettes. Partout dans le pays, la boucherie des combats est connue grâce à des chansons comme “Au Bois Le Prêtre“.

Véritables tubes commerciaux, les chansons galvanisent aussi les combattants, cultivent la haine. Certaines déjouent même la censure comme “La Chanson de Craonne” où des poilus désabusés chantent leur quotidien. En 1917, la chanson deviendra celle des grandes mutineries, des régiments qui refusent de combattre.

Mais bizarrement, la chanson qui reste aujourd’hui de cette époque, c’est “La Madelon“. Écrite avant la guerre, elle évoque la joie, la paix. Les chansons où l’on fredonne l’horreur, la haine de l’Allemand ont été très vite oubliées après 1918.

Nom de code : « Poilus d’Alaska »

L’incroyable convoyage de 436 chiens de traineaux qui franchirent l’Atlantique pour venir épauler les soldats français enlisés sur le front des Vosges en 1915. Un superbe documentaire au souffle épique.

15 août 1915. Le capitaine Moufflet et le sous-lieutenant Haas embarquent pour New York. Ils ont cent vingt jours pour effectuer une mission peu ordinaire : trouver et ramener en France 400 chiens de traineaux. Enlisée sur le front des Vosges dans cette Première Guerre mondiale qui se prolonge, l’armée française craint un autre hiver glacial.

Germe alors l’idée folle d’utiliser des chiens de traineaux pour ravitailler les bataillons cerclés par la neige et évacuer leurs blessés. Mais on ne convoie pas sans embûches 436 bêtes sauvages dans une Amérique où les compagnies maritimes préfèrent rester neutres et où rôdent des espions allemands.

L’homme qui murmurait à l’oreille des chiens
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L’homme mystère de l’Europe [Rediff.]

Basil Zaharoff est aujourd’hui tombé dans l’oubli. Il fut pourtant, en son temps, l’un des marchands d’armes les plus influents du monde.

Basil Zaharoff, alias Basil Bazaroff pour Hergé

C’est lui que le dessinateur Hergé représente, dans l’album de Tintin « L’Oreille cassée », sous les traits du vendeur d’armes incitant le général Alcazar à s’armer pour prendre le contrôle d’une région riche en pétrole, avant de s’envoler pour l’État voisin et vendre les mêmes armes au dictateur voisin !

Une façon de faire dans laquelle Zaharoff était effectivement passé maître ! Avec son chapeau rond, sa barbichette blanche, sa canne et son loden vert, le personnage créé par le dessinateur belge ressemble d’ailleurs en tout point à son illustre modèle ! Caricaturée par Hergé, sa méthode se révèle d’une redoutable efficacité : vendre des armes à un pays en amplifiant la menace représentée par son voisin et ennemi, puis aller voir ce dernier et jouer exactement la même partition !

Sa vie est un véritable roman, parsemé d’aventures incroyables et de zones d’ombre qui lui valurent son surnom d’« homme mystère de l’Europe ». Zacharias Basiléos Zarapoulos naît en Turquie en 1849, dans une famille grecque misérable installée depuis des lustres à Constantinople.

Sur sa jeunesse d’enfant des rues du quartier pauvre de Tatavla, le futur marchand d’armes refusa toujours de lever le voile. Fut-il guide touristique, comme il le prétendit plus tard, ou rabatteur pour un bordel de marins, une version sans doute plus conforme à la vérité ? Entre 1866 et 1870, il disparaît totalement de la circulation.

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Zoom sur l’histoire du chewing-gum

La naissance de la production de chewing-gum à échelle industrielle date du 19e siècle. En France, il débarque en juin 1944, c’est un succès immédiat.

Le chewing-gum séduit et peut s’avérer addictif. Avec une tablette par jour, par personne en moyenne, les Français sont les plus gros consommateurs au monde derrière les Américains.

États-Unis : Quand la Californie était Russe

Événement parfois oublié de l’histoire américaine, la Californie a été colonisée par l’Empire russe. Il y a près de deux siècles et demi, rappelle le site Mentalfloss, Grigori Chelikhov (1747-1795), un navigateur et marchand russe, fonda la première colonie du Tsar sur le continent nord-américain.

D’abord organisée en Alaska, sur l’île de Kodiak, au fond de la baie des Trois-Saints, la colonie était principalement tournée vers le commerce de la fourrure.

Puis, rencontrant des difficultés d’approvisionnement en nourriture, les colons décidèrent de s’étendre plus au sud, dans les territoires sous influence espagnole, construisant des postes avancés d’abord en Colombie-Britannique (Canada), puis dans les États de Washington, de l’Oregon et jusqu’au nord de la Californie.

En 1812, la Compagnie russe d’Amérique construit le Fort Ross (une abréviation phonétique de Russie) à 80 kilomètres de San Francisco, sur un territoire amérindien, acquis contre «trois couvertures, trois culottes, trois aches, trois prostituées et quelques perles».
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Grèce : « Les murailles de feu »

Dans ce roman historique nous suivons le déroulement de la vie d’un jeune Grec, Xéon, dont la Cité, Astakos, va être détruite et la population massacrée. Confronté à cette situation terrible, lors de laquelle il perd ses parents alors qu’il n’est âgé que de dix ans, il prend la décision de devenir un guerrier et de rejoindre la Cité grecque la plus réputée sur ce point: Sparte.

Ce faisant, il va être mêlé à une fabuleuse page de l’histoire antique se déroulant en 480 avant notre ère, pendant l’invasion de la Grèce par le roi de Perse Xerxès, fils de Darius: la bataille du défilé des Thermopyles.

Six jours durant, sous le regard des dieux, cet étroit passage sera le théâtre de combats sans merci, lors de laquelle trois cents spartiates et quatre mille combattants grecs d’autres cités vont opposer une résistance farouche aux armées de l’empire perse.

Celles-ci rassemblant, selon l’historien Hérodote, deux millions d’hommes, traversèrent l’Hellespont, c’est-à-dire l’actuel détroit des Dardanelles, afin d’envahir et asservir la Grèce. Racontée par un survivant, c’est ce choc inégal – et, au-delà, toute l’histoire et la vie quotidienne de Sparte – que fait revivre Steven Pressfield dans ce roman traversé par «un formidable souffle d’authenticité».
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Alain Gras : Le socio-système énergétique

Le socio-système énergétique / Alain Gras, in “Socio-énergie. 1ères Journées internationales de sociologie de l’énergie” organisées par le Centre d’Étude et de Recherche Travail, Organisation, Pouvoir (CERTOP, Université Toulouse-Le Mirail) en partenariat avec l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF) et l’Association française de sociologie (AFS), Université Toulouse II-Le Mirail, 25-26 octobre 2012.

Pour Alain Gras, “L’histoire du concept d’énergie accompagne l’histoire d’une civilisation qui est pénétrée de la notion de puissance. Une puissance qu’elle exerce sur notre environnement et le terme lui-même d’ailleurs le sous-entend. Communément, par exemple, l’énergie d’une bombe atomique parle tout de suite à notre imaginaire“. De la locomotive à vapeur et du télégraphe, au nucléaire et au projet Desertec, c’est le panorama d’une société industrielle, de son développement technologique et de sa dépendance à l’énergie fossile, qui est brossé dans cette communication.

En s’appuyant sur les recherches en économie (Nicholas Georgescu-Roegen, les prospectives du Club de Rome), en démographie (celles de Paul Chifurka notamment),   sur la philosophie (Heidegger, Descartes, Tocqueville…), sur les notions de “pic pétrolier”, de paradoxe de Jevons, d’effet rebond…, Alain Gras dresse les jalons d’une histoire sociologique de l’énergie (et de la thermodynamique), qui, pour lui, n’est pas seulement un phénomène politique et militaire, mais qui est un phénomène social total, au sens de Marcel Mauss. Si Alain Gras parle de décroissance énergétique, il espère avant tout un changement de relation de l’homme avec la nature, un changement d’imaginaire où se réinsérerait le pouvoir du peuple dans les choix de société, dans les choix technologiques du futur.