Grands patrons ou grands satans?

Historiquement caricaturés cigare au bec et ventre arrondi, dépeints en exploiteurs du peuple froids et impitoyables, obsédés par le profit et le pouvoir qu’ils exerceraient véritablement dans l’ombre du monde politique, l’image traditionnelle des Grands patrons en France n’est pas franchement positive.

Malaimés, les patrons fascinent aussi. En période de crise, ils sont parfois présentés comme les capitaines courageux du navire France qu’ils empêcheraient de couler, véritables héros du capitalisme national dans la mondialisation, étouffés par des charges sociales excessives et accablés de reproches infondés.

Toutes ces représentations, parfois fausses ou injustes ont été relayées par deux cent ans d’histoire des luttes sociales, par la littérature qui, de Hugo à Zola, n’est généralement pas tendre à l’égard des grands patrons, et par une Gauche française traditionnellement offensive sur ce sujet. La perception du patronat traduit une certaine histoire de France depuis la Révolution industrielle.

Elle tient également à la relation complexe des Français à l’argent, à notre méconnaissance collective des enjeux économiques – savamment entretenue par la sphère politique – ou à l’histoire parfois ambiguë du patronat, notamment pendant la seconde Guerre Mondiale.
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