Les secousses de 2008 n’auraient été qu’un avatar de la phase descendante du 4e cycle de Kondratieff qui devrait se prolonger jusqu’en 2020. Quelques repères pour y voir plus clair.

A prévoir, un retour au Moyen Âge ?
Les théories de Nikolaï Dimitrievitch Kondratieff restent entourées d’une aura de mystère. Longtemps, ses idées ont surtout été connues au travers de Schumpeter qui les a relayées vers l’Occident, alors que leur auteur croupissait déjà en prison. Car Nikolaï Dimitrievitch est véritablement un martyr de la science économique, d’où peut-être la résonance quasi prophétique acquise par son nom.
Vice-ministre de l’Approvisionnement dans le dernier et éphémère gouvernement Kerenski en octobre 1917, Kondratieff fut d’abord toléré par les bolcheviques, à la tête de l’Institut de la conjoncture. En 1922, au retour d’un voyage d’études en Europe occidentale, il jeta les bases de sa théorie du cycle long, qu’il exposa en détail dès 1925. A cette date déjà, il anticipait une grave crise économique, en se basant notamment sur l’évolution à long terme des prix des matières premières.
L’avenir allait bientôt lui donner raison : en septembre 1929, la baisse des prix des matières premières s’accéléra fortement et, le mois suivant, les cours de la bourse s’effondraient. Cette prescience ne profita pas à Kondratieff : arrêté en 1930, il devait être exécuté dans le courant de 1938.
La fureur de Staline s’explique, car la théorie de Kondratieff met en lumière l’erreur fondamentale de Marx qui, en 1848, estimait dans son Manifeste communiste que la paupérisation croissante était l’horizon indépassable de l’économie capitaliste. Or Marx était influencé par le spectacle de la première grande crise économique de l’histoire contemporaine. En 1837, la Bourse de Londres s’était effondrée et le tournant des années 1840 allait être marqué par une misère sans précédent.
Mais Marx n’avait pas compris le caractère cyclique de cette évolution et il ne devait jamais revenir sur son erreur.
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Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. »


1. La plupart des économistes considèrent cette crise comme une crise du marché d’immobilier américain ; vous voyez dans cette crise la fin de l’hégémonie américaine. Qu’est ce que vous voulez dire par là ?
«Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l’eau potable coule, de nourrir les corps affamés et les esprits voraces. Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d’une relative abondance, nous disons que nous ne pouvons plus nous permettre d’être indifférents aux souffrances à l’extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé et nous devons évoluer avec lui.»