Allemagne : À qui appartient l’ex RDA

Des milliers d’entreprises, des millions d’hectares de bois, de terres et d’étendues d’eau, des centaines de milliers d’habitations. La RDA avait déclaré l’ensemble de ces biens et ressources “propriété du peuple”. Avec la réunification, la question se pose: désormais, à qui appartiennent-ils?

L’ambiance est à la ruée vers l’or, et des investisseurs du monde entier se jettent dans la mêlée, encouragés par d’importants avantages fiscaux. Mais les privatisations massives ne sont que rarement en accord avec les intérêts des populations locales.

L’Est manque de capitaux, la grande majorité des investissements provient donc de l’Ouest: de l’ex RFA, des États-Unis, et surtout de France avec Elf, GDF, Lafarge, ou encore la Générale des Eaux, qui rachète les mythiques studios de cinéma de Babelsberg. Entre 1990 et 2003, les entreprises françaises ont ainsi injecté plus de 8 milliards d’euros dans les nouveaux Länder.

Maisons à prix cassés, y a-t-il des pièges ?

Devenir propriétaire de sa maison : un rêve de plus en plus accessible. Un peu partout en France, des pavillons à petit prix sortent de terre. Des maisons que l’on trouve à moins de 100 000 euros. Comment les constructeurs font-ils pour bâtir à bas coût ? La qualité peut-elle être garantie ?

Russie : La saison de la datcha

Depuis vingt ans, les datchas reflètent les changements à l’œuvre en Russie. Autrefois, le pouvoir communiste les voyait comme des espaces privatifs où les travailleurs pouvaient se reposer de leur dur labeur. Aujourd’hui, la spéculation immobilière menace ces datchas “historiques”.

La grande braderie des résidences secondaires

Des vacances en bleu sur les bords de la Méditerranée, en vert dans la campagne normande ou en blanc face aux sommets enneigés des Alpes… Pour beaucoup de Français, la pause estivale s’apprécie, non pas dans un camping ou à l’hôtel, mais chez soi, dans sa résidence secondaire.

La maison de vacances est une particularité typiquement française. La France est le pays qui en compte le plus dans le monde, avec trois millions de biens, soit 10% du parc de logements. La crise touche aujourd’hui de plein fouet le marché des résidences secondaires. Les propriétaires cherchent à vendre vite, quitte à casser les prix !

Même dans les stations balnéaires prisées, les agences immobilières ont du mal à écouler leur stock. Et plus l’on s’éloigne du littoral, plus les prix chutent. Enquête sur cette grande braderie des résidences secondaires, dans laquelle vendeurs et acquéreurs se livrent une guerre sans pitié.

L’incroyable cabane du snowboarder Mike Basich

Nichée en haut d’une colline, au milieu des montagnes du comté de Nevada en Californie, une cabane d’exception domine les alentours. Modeste par son envergure – à peine 21 m² – celle qui a nécessité 5 années de dur labeur peut se targuer d’avoir une esthétique à couper le souffle autant que la vue qu’elle offre sur l’environnement.

Cette micro maison est l’œuvre du snowboarder Américain Mike Basich, l’un des tous premiers professionnels dans ce sport de haut niveau. Durant sa carrière, Mike a gagné nombres de compétitions à travers le monde et rencontré le succès. Comme beaucoup, il va vivre son « rêve Américain » insouciant jusqu’au jour où il va réaliser le « vide » qui entourait son mode de vie. Quelque-chose d’indéfinissable lui manquait.

C’est alors que Mike a revendu maison et voitures pour s’éloigner du chaos de la ville et vivre autrement son rêve, en construisant lui même, sur son terrain de 160m² à Truckee, un petit et chaleureux chalet. Totalement déconnecté du réseau, celui-ci ne possède pas d’électricité du réseau, pas de plomberie intérieure et pas d’Internet. Un isolement volontaire souhaité par Mike qui dit se sentir bien plus proche de la nature et de la vie de cette façon. Un simple panneau solaire suffit à lui fournir l’énergie dont il a besoin.

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Costa Rica : « Ma cabane au fond des bois »

Dans la forêt vierge du Costa Rica, l’ingénieur Peter Gascar et son ami Orlando Hernandez, un autochtone de la tribu des Teribe, se sont lancés dans un projet fou : construire une maison au sommet d’un arbre gigantesque en laissant le tronc intact.

Paraguay : Maisons végétales

Au Paraguay, le “luffa” sert à la fabrication des éponges végétales. Mais pour Elsa Zaldivar, cette plante de la famille des cucurbitacées peut aussi servir à la construction des maisons. Car nombreux sont les habitants qui n’ont plus accès à des matériaux à des prix abordables.

Selon les conclusions à venir du Conseil d’orientation des retraites. La situation des seniors ne va pas s’arranger.

Chine : Le phénomène des “maisons clous”

La Chine est confrontée aux limites de sa croissance à marche forcée. Les “maisons clous” sont nombreuses dans le pays. Ces logements que les propriétaires refusent de quitter malgré les procédures d’expropriation, les offres d’indemnisation ou les pressions. Les promoteurs aimeraient implanter des ensembles immobiliers, mais se heurtent aux habitants.

Belle Époque assassine (documentaire en 3 parties)

Papier peint contenant de l’arsenic, bijoux et peignes inflammables, horloges radioactives, produits ménagers et additifs alimentaires toxiques : chaque pièce et chaque objet de la maison victorienne recelait son lot de dangers, parfois mortels.

L’historienne Suzannah Lipscomb analyse les périls qui menaçaient les Anglais dans leur «Home Sweet Home» au XIXe siècle.

1 – La maison victorienne et ses dangers

2 – L’ère victorienne
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Angleterre : Les palaces en sous-sol de Londres

Face à la crise de l’immobilier, la France vient de faciliter la possibilité de surélever les immeubles ou les maisons pour gagner de l’espace. À Londres, la capitale la plus chère du monde pour l’immobilier (avec un prix moyen pour ses résidences de 25 millions d’euros), certains logements ont un nom étrange : les “maisons iceberg”, car on en voit que la partie émergée.

Le Camptier : Un chantier en permaculture

Les terre-pailleux de la Courdémière ont construit de façon participative une magnifique maison de Haute Qualité Enviable (pas chère, belle et efficace), en paille, terre et bien plus, le camptier se renouvelle tous les ans depuis 2011.

Apprentissage et utilisation de techniques traditionnelles : torchis, cloisons isolantes en terre-paille, briques de terre crue (adobe), dalle en béton de terre, enduits terres (et ocres), décorations, récupération (murs en bouteilles, fondations en pneus), électricité autonome.

« J’ai choisi la décroissance »

Frédéric a 45 ans, un métier, une compagne, une maison. Une vie normale en soi, à ceci près qu’il a construit sa maison et que cette dernière n’a pas l’eau courante, ni l’électricité. Frédéric est décroissant, un mode de vie qu’il a choisi parce qu’il refuse le monde de la surconsommation et de relations virtuelles. Témoignage.

J’ai 45 ans et j’habite depuis juillet 2013 dans une maison que j’ai construite moi-même. Je n’ai ni l’eau courante, ni l’électricité. Ma démarche s’inscrit dans la décroissance, ou la “sobriété heureuse“, comme dirait Pierre Rabhi.

Contrairement aux idées reçues, la décroissance n’est pas un concept de bobos ou de hippies. J’ai un métier, je suis bénévole en soins palliatifs et par ailleurs marathonien. Cette décroissance, pour moi, est une manière de vivre simplement. Une façon de privilégier l’être au paraître, les contacts humains aux contacts virtuels et le partage avant tout.

Je n’ai donc pas de télé, pas de frigo, pas d’ordinateur, pas de lave-linge ni de lave-vaisselle. Je me passe très bien de la télé. Le temps que je ne perds pas à la regarder me permet de m’investir dans d’autres activités. Je la trouve abrutissante, débilitante.
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Danemark : Permettre aux SDF de retrouver un toit

Au Danemark, comme dans de nombreux pays européens, le nombre de personnes sans-abri a tendance à augmenter, sous l’effet de la crise économique. Et pourtant, ce n’est pas une fatalité.

Ainsi dans la ville d’Odense, les autorités municipales ont engagé une politique d’accompagnement et de réinsertion à destination des sans-abri. Cela se traduit par l’attribution de logements tout en favorisant une mixité sociale.

“Tiny house” : Une mini-maison neuve à 25.000 euros

Les cabanes séduisent de plus en plus. En particulier les chalets mobiles. Leur nom ? Les “Tiny house”, “petite maison” en français. Une cabane de 15 mètres carrés habitables, toute équipée.

Loïc fabrique ces maisonnettes depuis un an. Il en a déjà vendu une quinzaine. 50 sont en préparation. “Il y a un vrai marché qui émerge. Il y a un vrai mouvement. On a des demandes au quotidien“, affirme-t-il.

La “Tiny house” est née aux États-Unis, avec la crise immobilière de 2008. Les Américains ne peuvent plus rembourser leurs crédits alors de plus en plus troquent leur maison contre ces petits chalets bien moins chers.

Kim et Ryan vivaient avec leurs deux enfants dans 180 mètres carrés, contre 19 aujourd’hui. Un changement radical pour se débarrasser d’un crédit trop encombrant, mais aussi pour retrouver une vie moins liée à l’argent, moins matérielle.

Roumanie : « Soleta », une maison écolo atypique

Venue de Roumanie, la Soleta zeroEnergy est la plus petite d’une gamme de maisons modulaires écologiques créée par la Fondation Justin Capra pour les Inventions et Technologies durables (FITS). Un concept écologiquement intelligent mais également abordable ! Découverte.

L’objectif de FITS : concevoir des maisons flexibles et abordables à la fois en terme de prix d’achat initial et de coûts d’exploitation permanents. Ces maisons combinent stratégies pratiques et technologies de pointe. La forme de la Soleta zeroEnergy, plutôt insolite, est habituellement attribuée à des fermes ou à des hangars pour avions.

Mais, contrairement à ces structures utilitaires métallisées, la zeroEnergy est couverte de bois et pourvue de grandes baies isolantes. Des « ingrédients » qui permettent de créer une relation entre la nature et l’intérieur de la maison en procurant beaucoup de lumière naturelle, une isolation efficace et une bonne ventilation.

Immobilier : Comment baisse-t-on les prix des lotissements ?

Chaque année, 50.000 à 70.000 Français s’installent dans des lotissements. Et chaque année, 50.000 maisons sont construites sur ce modèle.

Avec des prix entre 120.000 et 150.000 euros pour une maison avec deux chambres, les lotissements séduisent. Tout commence par le terrain : c’est ce qui coûte le moins cher (environ 9.000 euros pour une maison à 150.000 euros). Il est bon marché, mais il faut ensuite le transformer radicalement.

Il faut installer tous les réseaux indispensables (16.000 euros par maison). Les économies sont faites sur la standardisation : les mêmes matériaux et les mêmes salariés sont utilisés pour construire des dizaines de maisons identiques. Cela entraîne une économie d’”à peu près 10-15% selon le volume“.

La maison coûte ainsi environ 100.000 euros. Les architectes et les promoteurs se rémunèrent à hauteur de 25 000 euros.

Logement : Les parisiens fuient la capitale

La campagne de recensement 2015 va débuter. À Villeneuve-la-Guyard, dans l’Yonne, 100 nouveaux habitants arrivent chaque année. Limitrophe de l’Île de France, la petite ville a un atout majeur, elle est proche de Paris mais avec des prix bourguignons.

Chine : Les “hommes-cubes”

Liu vit dans 4 m2 : un placard sur un palier où cohabitent quatre locataires… Des dizaines de milliers de travailleurs pauvres vivent ainsi dans des conditions effroyables dans l’une des villes les plus riches d’Asie: Hong Kong !

Ces “cercueils” comme ils sont surnommés, sont la conséquence de la flambée des prix de l’immobilier.

Brésil : Sur les toits de Sao Paulo

Avec ses 12 millions d’habitants, ses 6500 buildings et ses centaines de favelas, Sao Paulo est le nouveau visage du Brésil. Une ville faite de contradictions et de bizarreries, où les quartiers bourgeois côtoient les bidonvilles, où l’architecture gothique se mêle aux chefs-d’œuvre contemporains.

La ville se vit d’en haut, depuis les toits où l’on a aménagé piscines, hélipads, pistes d’athlétisme et jardins luxuriants. Les hommes d’affaires et les particuliers se pressent dans les hélicoptères, évitent le bitume et ses embouteillages. Uan, Dimas et Melissa, trois habitants de Sao Paulo, lèvent le voile sur les arcanes de cette ville aérienne.

Paris : Bientôt des logements sur les ponts et le périphérique ?

Face à la crise du logement, l’adjoint chargé de l’urbanisme, Jean-Louis Missika, imagine ainsi des “immeubles-ponts au-dessus du périphérique ou même de la Seine“. La municipalité lancera à l’automne un appel à projets aux architectes du monde entier.

Au Moyen-Age déjà, les ponts de Paris étaient couverts de logements et de commerces. Des maisons y étaient construites sur plusieurs étages. L’idée n’est donc pas neuve, mais elle est remise au goût du jour.

Car la maire PS, Anne Hidalgo, a fait du logement la priorité de sa mandature. La création de 10.000 logements par an était sa promesse phare pendant sa campagne municipale.

Immobilier : Le FMI met en garde contre une nouvelle crise mondiale

Le monde doit agir maintenant pour éviter une nouvelle crise de l’immobilier, avertit le Fonds monétaire international (FMI), qui vient de publier un rapport: le Global Housing Watch. Il indique que les prix des biens immobiliers ont augmenté dans la plupart des pays au point de devenir inabordables pour les ménages.

Selon le FMI, cette hausse continue une véritable menace pour l’économie mondiale et les gouvernements ne font pas assez d’efforts pour la contrôler.

Min Zhu, directeur général adjoint du FMI, cite quelques pays pour lesquels ce phénomène est particulièrement problématique, évoquant même une bulle immobilière :

« Pour les pays de l’OCDE, où les statistiques de long terme concernant le prix des maisons, les loyers et les revenus sont disponibles, ces ratios [ceux des prix des maisons comparés aux revenus] demeurent très au dessus de leurs moyennes historiques dans une majorité de pays. Cela est vrai par exemple pour l’Australie, la Belgique, le Canada, la Norvège et la Suède ».

Comment l’expliquer ?
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Maison-poison : Quand nos intérieurs nous polluent

Contrairement à une idée reçue, l’air des maisons est cinq à dix fois plus pollué que celui de l’extérieur. Les meubles dégagent des substances chimiques, lesquelles proviennent de produits d’entretien ou de matériaux de construction.

Et plus on nettoie sa maison, plus des substances toxiques sont libérées. Les médecins soupçonnent cette pollution domestique d’être à l’origine d’allergies mais aussi de cancers. Malgré ces risques connus, les industriels traînent des pieds pour modifier sérieusement la composition des produits.

Les autorités sanitaires françaises et européennes se «hâtent» lentement. Pourtant, il existe des produits sains aux recettes toutes simples. Ce documentaire propose une enquête sur un marché empoisonné de 22 milliards d’euros, et quelques astuces.

Comment vivre d’énergies renouvelables, d’amour et d’eau fraîche

Chercheurs en économie alternative, c’est ainsi que se définissent Patrick et Brigitte Baronnet. Installés en Loire-Atlantique, depuis plus de 30 ans, ce couple et leurs quatre enfants expérimentent un mode de vie autonome et solidaire. Dans lequel les consommations d’énergie sont divisées par quatre. Et les besoins en argent aussi. Rencontre avec des adeptes de la sobriété heureuse.

Patrick et Brigitte ont fêté leur « débranchement EDF ». C’était il y a 20 ans. On parlait alors à peine de transition énergétique, encore moins d’arrêter la moindre sacrosainte centrale nucléaire. Installés en Loire-Atlantique, ils savouraient l’accomplissement d’un de leurs objectifs: être autonomes en électricité.

Aujourd’hui, une éolienne de 18 m de hauteur et de 5 m d’envergure, couplée à des piles photovoltaïques d’une surface de 6 m², leur suffisent. L’ensemble fournit assez de courant pour une famille de six personnes (ils ont quatre enfants).

Autonomie énergétique

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États-Unis : Maisons à vendre pour 1000 $

Les autorités municipales de Détroit tentent par tous les moyens de relancer l’économie de la ville après des années de mauvaise gestion qui ont mené à la plus grosse faillite municipale des États-Unis.

La Ville lancera un site web où elle affichera les maisons qui ont été saisies ou inhabitées. Une propriété sera vendue aux enchères chaque jour à un prix de départ de 1000 $.

Les acheteurs devront toutefois respecter certaines conditions, notamment de remettre la maison en état et qu’elle soit habitée dans un délai de six mois suivant la vente. Si les conditions ne sont pas respectées, ils perdront la maison et leur argent.

En décembre dernier, la Cour fédérale a autorisé l’administration municipale de Détroit à déclarer faillite après avoir accumulé 18 milliards de dettes.

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Je construis ma maison moi-même

Qui n’a jamais rêvé de vivre dans un cocon à son image ? Une maison qui nous ressemble, que l’on a imaginée, conçue.

De plus en plus de Français décident de sauter le pas et de construire eux-mêmes leur maison, comme Sergio Pereira et sa maison vertueuse, ou Séverine et Nicolas qui construisent un loft, ou encore Fabienne et Dominique en phase avec la nature.

Ils ont tous décidé de s’inscrire dans l’époque, en renforçant plus encore les performances en matière de protection de l’environnement et d’économie d’énergie.

Gaz cancérigène : votre département est-il concerné ?

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle. L’Agence de sûreté nucléaire alerte sur l’augmentation des concentrations dans les habitations.

L’Agence de sûreté nucléaire (ASN) a souligné la présence de plus en plus importante d’un gaz radioactif, le radon, décelée dans des habitations. Des doses élevées de ce gaz ont ainsi été enregistrées dans 31 départements français.

Dans son rapport annuel sur l’état de la sûreté nucléaire et de la ­radioprotection  en France publié mardi 15 avril, l’ASN délivre une carte des communes les plus exposées.

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Suisse : Les riches rachètent les villes

Pendant longtemps les riches ont fui la ville, sa pollution, son trafic. Depuis dix ans, ils réinvestissent des quartiers entiers. Du coup, les loyers augmentent et contraignent les habitants historiques issus des classes populaires à l’exil.

A Lausanne, à Genève des quartiers entiers vivent cette métamorphose silencieuse.

A quoi ressembleront nos villes dans dix ans ? A des zones résidentielles pour riches pendant que les plus pauvres s’exileront à la périphérie ?


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Histoire de l’urbanisme commercial en France : La révolte du caddie (Partie 5)

Aujourd’hui, force est de constater que le commerce non sédentaire, les marchés, n’apparaissent pas ou peu dans les statistiques récentes, et les études prospectives sérieuses ayant pour ambition de traiter de l’évolution future du commerce ; et pourtant la visibilité des marchés ne cesse pourtant d’augmenter.

Certains se sont adaptés aux besoins de leurs temps [les marchés Bio, de producteurs, par exemple], souvent aidés par les municipalités. Les quotidiens régionaux ou de la presse locale, plus que les études, notent un formidable engouement des citadins, depuis quelques années, pour ce type de commerce, présenté comme une alternative sociale ou culturelle face aux hypermarchés, plus proches que les commerces périphériques, et bien plus conviviaux.

Depuis leur création, les groupes de la grande distribution justifiaient leurs méthodes par une argumentation simple : d’une part, la recherche du prix le plus bas possible, les dirigeants de la grande distribution se sont toujours posés en chevalier blanc de la bonne cause, celle des consommateurs, et d’autre part, la création d’emplois, arguments placés sous le signe de leur importance déterminante dans l’économie française.

D’une manière générale, les sondages effectués auprès de la population rappelaient régulièrement aux politiciens, aux détracteurs, que les français plébiscitaient centres commerciaux et hypermarchés, en premier lieu pour les prix pratiqués, et peu importaient les nombreux dégâts « collatéraux ».

Cependant, Luc Boltanski et Eve Chiapello relatent que la monté de l’écologisme, présenta un grand danger pour les industriels et les distributeurs : « Le développement d’un consumérisme vert à la fin des années 1980 [la révolte des caddies dont parlent les spécialistes du marketing] a eu pour résultat de mettre un certain nombre d’entreprises en danger, en faisant baisser brutalement la consommation de produits dénoncés comme polluants par les mouvements environnementalistes ou nocifs pour la santé (tels que les lessives contenant des phosphates, les aérosols contenant des CFC, aux États-Unis, les pommes traitées chimiquement, certains emballages en plastique) ».
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : La Loi Royer de 1973 (Partie 4)

L’arrivée massive de l’immigration nord-africaine engendra un nouveau type de commerce dédié entièrement au pouvoir d’achat de leur communauté: les épiceries communément appelées “arabes du coin”.

Reprenant les commerces d’épiciers français, qui abandonnent leur activité devenue moins rentable et beaucoup trop contraignante, ces nouveaux épiciers s’opposeront aux grandes surfaces par une activité inégalable peu courante dans la profession: ouverts jusque tard dans la nuit, et sept jour sur sept, y compris les jours fériés.

Destinés initialement aux travailleurs immigrés, leur activité nocturne et dominical constitue une solution de dépannage pour des achats d’appoint, festifs ou d’urgence à l’heure où les autres commerces sont fermés, même si les prix y sont généralement plus élevés.

1973 La loi Royer

Ainsi les faillites se succèdent, et un autre danger menace le gouvernement conservateur: les socialistes radicaux du PSU, et d’une manière générale, les partis de la Gauche, qui trouveront ici, comme dans d’autres secteurs, un terreau plus que propice pour la diffusion et la propagation de leurs idées. L’on remarque même les tentatives des militants de la Gauche prolétarienne de s’approcher des commerçants en difficulté, dans les quartiers populaires : le progrès capitaliste et le modèle américain ne sont pas synonymes d’une vie meilleure.
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : L’hypermarché (Partie 3)

La multiplication des libres services, des supérettes, des supermarchés, aura comme impact un nombre toujours plus important, d’années en années, de faillites de commerces de détail. Des commerçants vont alors former un bloc de résistance compact et très actif, sous le regard attentif des politiciens, car ils représentent encore à cette époque un poids électoral important qu’il convient de ménager, ou d’abolir…

Premier hypermarché de France: Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois – 1963

(Cocorico) Une innovation de France: l’hypermarché

En Belgique, Maurice Cauwe – qui suivit un stage aux USA – ouvre en 1961 le premier hypermarché, mais alimentaire seulement, sous le nom Super Bazar. Il faut attendre 1963 pour franchir les portes du premier hypermarché officiel – alimentaire et non alimentaire – de France, une « usine de distribution » selon la terminologie officielle, implantée à Sainte-Geneviève-des-Bois dans la banlieue sud de Paris, sous la bannière Carrefour.

Les dirigeants avaient suivi les séminaires de Trujillo aux USA [avec comme compagnon le futur ministre Charles Pasqua], mais les fondateurs de Carrefour n’en ont pas copié servilement les méthodes. D’une part, ils ont rejeté le principe de « l’îlot de perte dans un océan de profits » car, convertis au discount généralisé sous l’influence de Leclerc, ils sont persuadés que les marges peuvent être réduites sur tous les produits. D’autre part, ils ont réuni « sous un même toit » l’alimentaire et le non alimentaire, créant ainsi une formule hybride, inconnue aux USA et désapprouvée par Trujillo.

Il s’agit donc non seulement du premier hypermarché moderne de France, mais aussi du monde, selon Alain Chatriot et Marie Emmanuelle Chessel: « C’est aussi celle d’une invention française, puisque les hypermarchés n’existent pas en tant que tels aux États-Unis. Il fallait avoir l’idée de vendre ensemble, sur une telle surface – plus de 2500 m² -, à la fois des produits alimentaires et des produits non alimentaires, articles vendus séparément, sur des surfaces généralement moindres, aux États-Unis. Le succès dépasse les prévisions: en une seule journée, cinq mille deux cents clients ont dépensé en moyenne vingt-huit francs, soit trois fois plus que dans un supermarché classique !
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : Le Corbusier (Partie 2)

Si se tenait un procès aux concepteurs de l’urbanisme commercial, Le Corbusier serait innocent. D’ailleurs il est étonnant de constater que cette fonction vitale pour le citadin n’est pas occupée autant l’esprit du Grand maître. Les grands principes de l’urbanisme moderne de Le Corbusier reposaient sur le zonage de quatre fonctions : habiter, travailler, se récréer, circuler : « Le zonage, en tenant compte des fonctions mettra de l’ordre dans le territoire urbain. »

Le noyau initial de l’urbanisme, pour Le Corbusier est l’habitation qui prime tous les autres et doit être « prolongé au-dehors par diverses installations communautaires », par des services communs destinés à réaliser dans l’aisance le ravitaillement. Ainsi, Le Corbusier n’estimait pas nécessaire d’isoler l’activité commerciale dans une zone particulière lui étant dédiée, comme pour l’industrie, et suggérait plutôt de les intégrer dans les immeubles mêmes.

L’artisanat, bien avant le commerce, est évoqué dans la Charte d’Athènes au chapitre 49, Le Corbusier assigne à cette « excitation créatrice », dans la concentration intellectuelle de la ville, une place située aux « points les plus intenses de la ville ». Le commerce, c’est-à-dire l’approvisionnement, une des principales activités quotidiennes de l’Homme est introduit au chapitre 88.

La cité Radieuse à Marseille, réalisée entre 1945 et 1952, qui comprend 337 duplex offre à ses résidents, une galerie publique au 3e étage, où sont implantés des petites boutiques, des équipements, et un hôtel [initialement des chambres d'hôte gérées par la collectivité] disposant d’un bar-restaurant.
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Espagne : La Coopérative Intégrale Catalane

Présentation d’un projet global et radical, la Coopérative Intégrale Catalane (CIC), une initiative de transition qui cherche à construire une alternative au système.

En Espagne, le mouvement des ÉcoRéseaux Catalans a permis l’émergence d’une structure régionale autogérée. Cette coopérative regroupe en fait plusieurs coopératives: de consommation, d’habitation, de production, et d’autofinancement en réseau. Les ÉcoRéseaux, leurs monnaies sociales, et les interconnexions qu’ils fluidifient entre les groupes existants, facilitent la concrétisation de projets post-capitalistes qui jusque-là avaient du mal à voir le jour.

Le but de ces alternatives est de se substituer progressivement au système dominant en satisfaisant depuis la base les nécessités basiques des participants. La Coopérative Intégrale Catalane a essaimé très rapidement dans les autres régions d’Espagne, notamment grâce au mouvement des Indignados.

Ce mouvement est arrivé jusqu’en France où plusieurs projets d’EcoRéseaux et/ou de Coopératives Intégrales sont sur les rails : à Questembert, en Seine Saint-Denis, à Nantes, dans le Gard et donc à Toulouse, des groupes se sont constitués autour de ce concept afin de l’adapter à leur réalité locale.