Vatican : Les dossiers secrets

En 1978, l’élection du pape Jean-Paul II a des conséquences de taille, tant sur le plan religieux que géopolitique. Clairvoyant, charismatique et farouchement hostile au communisme, Karol Józef Wojtyła représente un allié précieux pour le camp occidental.

L’Église est alors l’un des plus efficaces réseaux de renseignement au monde. La Stasi et le KGB ne sont pas en reste: à l’apogée de la guerre froide, les services secrets communistes envoient des espions, ordonnés prêtres, infiltrer le Saint-Siège…

À travers le témoignage d’historiens, de magistrats et d’anciens officiers des renseignements, complétés de divers documents qui ont récemment refait surface, on découvre un portrait frappant du nid d’espions qu’était le Vatican pendant la guerre froide.

Partie 1:

Partie 2:
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Berlin et le tunnel des espions

Dans les années 1950, au moment où la guerre froide est à son maximum de tension et où les Alliés redoutent en permanence une attaque des Soviétiques qui conduirait à un troisième conflit mondial, les Britanniques et les Américains cherchent par tous les moyens à disposer d’informations sur les intentions de l’ennemi.

On décide de construire en secret sous le secteur soviétique un tunnel qui permette d’accéder aux câbles téléphoniques et d’intercepter les conversations du Q.G. Les spécialistes les plus pointus du corps d’ingénieurs de l’armée US sont réquisitionnés pour cette construction à haut risque. En février 1955, c’est chose faite. Les Britanniques sont alors chargés d’effectuer les dérivations nécessaires sans que les Soviétiques ne s’en aperçoivent.

Le dispositif permet d’écouter plus de cent vingt lignes et de réaliser quatre cents heures d’enregistrements par jour. Mais le 21 avril 1956, des techniciens chargés d’inspecter le réseau téléphonique après de fortes pluies découvrent le tunnel. En 1962, après l’arrestation de l’agent double des services britanniques George Blake, on comprendra que les Soviétiques étaient en fait au courant de l’opération depuis le départ.

Mais c’est aujourd’hui seulement, après la déclassification des documents de la CIA, que les participants peuvent témoigner et reconstituer le puzzle complet de cette opération hautement secrète.

Les héros irradiés, histoires de la guerre froide

11 mars 1958 : le contrôleur ferroviaire Walter Gregg travaille dans son garage lorsqu’il est surpris par une explosion assourdissante. En sortant, il découvre un véritable cratère au milieu de son jardin. La responsable : une bombe atomique, heureusement neutralisée, larguée par accident depuis un avion de l’armée américaine.

Des deux côtés de l’Atlantique, la période de la guerre froide regorge de ces petites histoires illustrant la désinvolture et l’inconscience d’une confrontation, qui aurait pu déboucher sur une catastrophe. Entre le tournage d’un film de John Wayne dans un canyon irradié, les essais nucléaires dans des zones habitées, la folie nucléaire semblait n’avoir aucune limite.

États-Unis : Les expériences secrètes de la CIA

Dans les années 50, les Américains veulent à tout prix gagner la guerre froide contre la Russie et la montée du communisme. La CIA est impliquée dans la bataille par le biais de recherches particulièrement poussées et inquiétantes sur le contrôle biologique et chimique du comportement humain.

Dans le plus grand secret, des centaines d’Américains sont soumis à des armes biologiques mettant leur vie en péril. Expositions prolongées au LSD chez des détenus, électrochocs administrés à des patients psychiatriques, manipulations mentales, utilisations de sérums de vérité, autant d?expériences faites au nom de la sécurité du pays.

Les travaux de deux médecins sont relatés dans ce documentaire choc, le docteur Olson qui a finalement été assassiné, et ceux du Dr Cameron, médecin montréalais.

Le bazooka nucléaire

Ce que vous voyez ci-dessus est un missile nucléaire miniature monté sur un bazooka portable qui nous vient tout droit de la guerre froide.

Dans les années 50 et 60 le gouvernement Américain cherchait à développer une arme nucléaire la plus légère et portable possible de façon à être capable de la parachuter sur le dos d’un soldat près des lignes ennemies, après de longues recherches ils ont conçut une tête nucléaire dénommée W54.

A cause de leur taille ces bombes atomiques étaient de faible puissance, entre 10 et 20 tonnes de TNT, très loin des 13.000 tonnes d’Hiroshima mais suffisantes pour détruire un quartier.

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Les derniers jours de l’URSS

Moscou, le 25 décembre 1991 : sous les vivats de la foule, le drapeau rouge flottant sur le Kremlin est remplacé par le pavillon tricolore de la Russie impériale.

Le mythe soviétique vient de mourir. L’URSS n’a pas connu la lente agonie qu’on lui présidait. Elle n’a pas connu le destin de la Chine, qui a su négocier le virage vers l’économie libérale. Elle s’est désintégrée, dissoute dans les mouvements suivant la chute du Mur de Berlin.

Comment s’est produit ce bouleversement géopolitique majeur du XXe siècle ? Quelle est la part de calcul, de hasard et de stratégie dans les événements qui ont entraîné, en deux ans, la chute de l’empire soviétique ?

Réalisé par Jean-Charles Deniau et Serge Kostine (LCP – 2010)

Poutine, l’homme qui les rend tous fous

Les Occidentaux étaient persuadés que sur le front syrien, on ne pouvait rien attendre de la Russie. Et voilà que Poutine lance une initiative diplomatique qui fait bouger les lignes. Comment expliquer ce tête à queue ?

Par Jack Dion.

Ce sont les aléas d’une actualité mouvante mais aussi les conséquences des esprits formatés par des a priori idéologiques. Dans son numéro de cette semaine, L’Express publie un article fort circonstancié titré : «Poutine ou les calculs de « M. Niet ». Décryptons la formule pour les plus jeunes et pour ceux qui ne sont pas férus de Kremlinologie. En somme, à l’instar de feu Andreï Gromyko, ministre des affaires étrangères de l’époque soviétique, l’actuel président d’un pays appréhendé comme un remake de l’URSS ne peut que dire Non à tout.

Dmitry Orlov : “Leçons post-soviétiques pour un siècle post-américain”

Par Dmitry Orlov - Juin 2005

Il y a une décennie et demi, le monde est passé de bipolaire à unipolaire, parce que l’un des pôles s’est désagrégé : l’Union soviétique n’est plus. L’autre pôle — symétriquement appelé les États-Unis1 — ne s’est pas (encore) désagrégé, mais il y a des grondements menaçants à l’horizon. L’effondrement des États-Unis semble aussi improbable maintenant que l’était l’effondrement de l’Union soviétique en 1985. L’expérience du premier effondrement peut-être instructive pour ceux qui souhaitent survivre au second.

Les gens raisonnables ne soutiendraient jamais que les deux pôles aient été exactement symétriques ; en même temps que des similitudes significatives, il y avait des différences également significatives, les unes et les autres étant valables pour prédire ce qu’il adviendra de la seconde moitié du géant super-puissant aux pieds d’argile qui autrefois enjambait la planète, lorsqu’elle se désagrégera aussi.

J’ai voulu écrire cet article pendant presque une décennie à présent. Jusqu’à récemment, cependant, peu de gens l’auraient pris au sérieux. Après tout, qui aurait douté que la locomotive économique mondiale que sont les États-Unis, ayant récemment gagné la guerre froide et la guerre du Golfe, continue, triomphalement, vers l’avenir brillant des super-autoroutes, des jets supersoniques et des colonies interplanétaires ?

Mais plus récemment le nombre de sceptiques a commencé de croître régulièrement. Les États-Unis sont désespérément dépendants de la disponibilité de pétrole et de gaz naturel peu chers et abondants, et accrochés à la croissance économique. Une fois que le pétrole et le gaz seront devenus chers (tels qu’ils le sont déjà) et de plus en plus difficiles à obtenir (l’affaire d’une année ou deux tout au plus), la croissance économique s’arrêtera et l’économie américaine s’effondrera.

Beaucoup de gens railleront ce pronostic déprimant, mais cet article devrait trouver quelques lecteurs tout de même.
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Suisse : L’armée prépare ses frontières au chaos européen (Màj)

Addendum : BFM Business, Les décodeurs de l’écho, lundi 15 octobre 2012

La Suisse vient de former quatre nouveaux bataillons militaires et est en passe de déployer ses troupes le long de ses frontières, en vue d’anticiper tout désordre social qui pourrait découler de l’effondrement de la zone Euro et afin de se préserver de futures émeutes dans les pays limitrophes.Le résultat d’une politique financière qui consiste à soutenir en priorité un système bancaire en faillite plutôt que son dispositif de sécurité représente une mise en danger pour les populations… et les helvètes sont convaincus que les forces de l’ordre des pays voisins n’auront plus les moyens nécessaires de contenir les révoltes si les vagues de protestations se poursuivent en Europe..

Le Ministre Ueli Maurer, accompagné du chef des armées Suisse, tente de faire comprendre à son peuple que “la crise politique et fiscale Européenne pourrait prendre une ampleur plutôt déplaisante,” écrit John R. Schindler, professeur des affaires de sécurité nationale à l’US Naval War College.

Le Conseiller Fédéral Maurer s’inquiète de la concentration militaire Européenne actuelle, au plus bas depuis la Guerre Froide. Pour lui, c’est une porte ouverte aux insurrections et aux guerres raciales.

Les exercices menés par les militaires Suisses en septembre, surnommés Stabilo Due, ont été basés sur l’éventualité d’une instabilité Européenne devenue hors-de-contrôle .

Schindler note que si la colère des musulmans venait à monter d’un cran par rapport à la rage qu’avait engendré la vidéo YouTube insultant le prophète Mahomet, les immigrants des pays Européens pourraient se soulever.
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Mistral gagnant

Par Alexandre Latsa*

Lorsque la Russie a rendu public son souhait d’acquisition de Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) Mistral, la France a répondu par l’affirmative. Rapidement pourtant, des voix se sont élevées, exprimant des réticences à cette transaction. Ces réticences émanaient d’États impliqués dans des contentieux plus ou moins importants avec la Russie (Géorgie, États Baltes) et qui craignaient un risque de déséquilibre de la sécurité régionale, crainte accrue par le conflit d’août 2008 dans le Caucase.

Pourtant il semble irréaliste d’imaginer que la Russie de 2010 ait des intentions agressives envers un pays européen et ces réticences ont été interprétées comme une possible crispation de Washington, embarrassé par une acquisition de matériel aussi sensible. Mais le cadre est sans doute plus large et concerne l’évolution des rapports de force sur les mers, et l’affaiblissement de la domination militaire et maritime américaine, acquise durant la guerre froide. Pour mieux cerner la situation, il convient de comprendre l’utilité des Mistral et regarder dans quel contexte global la Russie souhaite cette acquisition.

Les BPC sont des outils de projection, permettant de réaliser depuis la mer des opérations terrestres. Multi-fonctionnels, ils peuvent servir au débarquement de troupes, à la lutte contre la piraterie maritime ou encore à des actions humanitaires. Le Mistral, qui appartient à cette classe BPC, peut transporter jusqu’à 1200 hommes, 16 hélicoptères, jusqu’à 120 véhicules (dont des blindés), deux aéroglisseurs et des navettes de débarquement.

Le navire comprend en outre des canons, des batteries de missiles, des installations médicales, et un centre de commandement. La forte capacité de projection et de déplacement sur des théâtres d’opérations lointains que permet ce BPC est essentielle pour la Russie qui ne possède plus à ce jour de matériel équivalent, depuis le retrait des navires de type Rogov, au début de la décennie.

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L’UE et les réseaux politiques et financiers de Jean Monnet

(1ère partie)

Comment un banquier de Wall Street a privé les pays européens de leur souveraineté

La création de la CECA (1951) : Jean Monnet est à droite (costume le plus sombre).

L’UE d’aujourd’hui a une double histoire. L’une visible, qui se trouve dans la majeure partie des manuels d’Histoire, et l’autre, invisible, dont personne ne devrait apprendre l’existence, mais qui a commencé bien longtemps avant celle que nous connaissons tous. Jean Monnet a été la charnière entre ces deux versions de l’histoire.

Dans les pays germanophones, c’est grâce à l’ouvrage d’Andreas Bracher, « Europa im amerikanischen Weltsystem. Bruchstücke zu einer ungeschriebenen Geschichte des 20. Jahrunderts » [L’Europe dans le système mondial américain. Morceaux d’une histoire inédite du XXe siècle] (en allemand, 2001, ISBN 3-907564-50-2) qu’on a pu mettre en question la biographie officielle du soi-disant sacro-saint « père fondateur de l’Europe ».

Andreas Bracher a posé des questions qui font apparaître sous une autre lumière l’histoire de la construction d’un organisme supranational à la suite de la Seconde Guerre mondiale : ce n’est plus le projet d’une coopération des peuples européens pour assurer la paix, mais le projet d’une hégémonie anglo-américaine avec Jean Monnet comme « inventeur et guide d’institutions pour une coopération supranationale et comme centre d’influences anglo-saxonnes sur le continent ».

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Néo-mercenaires : La guerre privatisée

Documentaire de l’émission “Le dessous des cartes.

Nées des décombres de la guerre froide, les sociétés militaires privées sont devenues des acteurs incontournables des conflits. Quel est leur rôle sur les différentes zones de combat dans le monde ?

Via le blog de Blueman

Derrière le Mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme

Certains textes sont parfois difficiles à présenter ici, nous en avons déjà fait l’expérience (exemple). Pour autant, nous n’entendons pas nous censurer et, par là-même, censurer sur ce site des opinions que nous trouvons intéressantes, sous prétexte que leurs défenseurs ne sont pas “de notre bord”.

Redisons donc que, comme d’ailleurs pour les textes ou vidéos exprimant des pensées plus “orthodoxes”, chaque fois que nous citons un auteur “de gauche” ou “hétérodoxe”, une telle publication ne revient pas à cautionner toutes les options de cette personne, ni en général, ni dans le détail de l’article publié.

Tel est le cas de Slavoj Zizek (philosophe, psychanalyste, ancien candidat du parti Démocratie libérale slovène en 1991 à la première élection présidentielle libre qui a précédé l’indépendance de son pays en 1991), personnalité clairement “de gauche”, que le chapitre “critique” de Wikipédia présente même comme “stalinien”. Au lecteur de juger.

Vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, ce 9 novembre : célébrer cet événement devrait nous donner à réfléchir.

C’est un lieu commun que d’insister sur ce que ces événements ont eu de “miraculeux”.

Un rêve est devenu réalité, il s’est passé quelque chose qu’on n’aurait même pas envisagé quelques mois auparavant : des élections libres, la fin des régimes communistes qui se sont effondrés comme un château de cartes. Lire la suite