Un monde sans eau

Trois exemples emblématiques de la relation qui unit l’homme et l’eau, au Bangladesh, au Kazakstan et au Kenya.

Le réalisateur autrichien Udo Maurer nous fait prendre conscience, à travers les trois parties qui composent ce film, des divers problèmes liés à l’eau.

Des inondations, au problème de l’assèchement de la mer d’Aral ou encore à la bataille journalière pour la recherche d’eau potable, le film montre les problèmes que doit surmonter l’homme pour s’adapter à son environnement.

Les révoltes paysannes : en Europe occidentale et en Russie (XVIe-XVIIIe siècle)

« Les révoltes paysannes en Europe occidentale, XVIe-XVIIIe siècles »: Communication d’Yves-Marie Bercé, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, prononcée lors du colloque sur « la guerre civile » qui s’est tenu, les 21, 22 et 23 janvier 2015 dans le cadre du programme de recherche « Guerre et société », soutenu par la Fondation Simone et Cino del Duca et l’Académie des sciences morales et politiques.

Angleterre – Robert Kett conduisant une révolte paysanne sous le règne d’Édouard VI

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Suivi de « Les guerres paysannes en Russie (XVIIe-XVIIIe siècles) » : Communication de Wladimir Berelowitch, directeur d’études à l’École des Hautes études en sciences sociales, professeur émérite à l’Université de Genève.

Canal Académie (via Theatrum-Belli)

Or sale

Symbole de luxe, du glamour et de la richesse, l’or fait rêver, il étincelle sur les plus belles femmes du monde comme dans les coffres des banques, mais cet or possède une face cachée.

Financement de guerres civiles, catastrophes écologiques, droit de l’homme bafoués. En Afrique ou en Amérique latine, l’or peut devenir une malédiction. Qui achète cet or pas très propre ?

La Suisse produit 70% de lingots d’or dans le monde. Du Pérou à Dubaï, nous allons remonter des filières, démasquer des intermédiaires, bienvenue dans un monde de grands mensonges et gros trafics, celui de l’or sale.

Partie 1:

Partie 2:
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Ukraine : Au coeur de la poudrière

Février 2014, en Ukraine, des manifestations anti-corruption tournent à la révolte générale. Dans la foulée le président Ianoukovitch s’enfuit, un nouveau gouvernement se met en place et la Russie s’empare de la Crimée, la partie la plus méridionale du territoire Ukrainien.

Tout cela s’est déroulé en quelques semaines sous le regard apparemment impuissant de la communauté internationale. Trois journalistes chevronnés se sont rendus « Au cœur de la poudrière Ukrainienne » pour apporter un regard différent sur ce qui se joue dans ce pays de 45 millions d’habitants aux frontières de l’Europe.

Divisé en communautés qui essayent toutes de tirer leur épingle du jeu, le pays est aujourd’hui aux mains de milices plus ou moins organisées et violentes, et tout le monde n’a que le mot « fasciste » à la bouche.

Partie 1:

Partie 2:
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Jacques Sapir : « La France est en pleine guerre civile froide »

Les dernières péripéties, pour ne pas dire les galipettes, de François Hollande ont eu tendance à masquer un instant le sérieux de la situation dans le pays en ce début d’année. Il est vrai que notre Président casqué se rendant à la nuit dans le lit de sa blonde rejoue, mais sur le mode dérisoire et un peu ridicule, les grands mythes de l’Antiquité. Le fait que ce lit soit dans un appartement d’une personne liée au gang de la Brise de Mer ajoute ici ce qu’il faut de sordide à la parodie. L’important n’est cependant pas là ; mais l’important existe bien.

On peut se demander si, en France, nous ne vivons pas actuellement les prémices d’une guerre civile. Cette question, en apparence absurde, mérite cependant d’être posée à la vue des événements que l’on a connus ces dernières années. Dans une note datant de l’automne 2012, j’évoquais la possibilité de la crise de légitimité du pouvoir. Nous y sommes désormais.

L’année 2014 risque fort d’être marquée par une accumulation de mouvement sociaux dont la convergence mettrait directement en cause le pouvoir. Or, la crise de légitimité a ceci de particulier qu’elle pose directement la question non pas de la politique suivie, que l’on peut en fonction de ces opinions considérer comme bonne ou mauvaise, mais du fait que le pouvoir soit habilité à mener une politique. C’est pourquoi il faut s’attendre à ce que la contestation du pouvoir puisse prendre un tour violent dans le cours de cette année.

En fait, l’exercice du pouvoir, la Potestas, dépend de sa légitimité que lui confère l’Auctoritas. Ces notions, habituelles sous la plume des juristes d’inspiration chrétienne, ne sont pourtant nullement liées obligatoirement à cette sphère. On comprend bien, même intuitivement, la nécessité de séparer la capacité à exercer un pouvoir politique de la légitimité, ou de la justesse, qu’il y a à le faire. Il n’est donc pas nécessaire d’être chrétien, ni même de croire en Dieu, pour remarquer la pertinence de la distinction entre Auctoritas et Potestas.

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La première guerre civile mondiale

Chaque jour qui passe apporte son lot de confirmation sur une vérité que beaucoup voudraient ignorer : nous sommes en guerre. Une guerre larvée, relativement calme mais une guerre tout de même.

Contrairement à une guerre traditionnelle, une guerre civile n’a pas de front bien tracé, de belligérants clairement identifiables à la couleur de leur uniforme. Chaque camp est partout, au sein d’une même ville, d’un même quartier, d’une même famille.

D’un côté, nous avons une classe de pouvoir. Riches, puissants, ils ont l’habitude de contrôler, ils ne connaissent pas le doute. Ils décident et sont intimement persuadés de le faire dans l’intérêt général. Beaucoup, ni riches ni puissants, les soutiennent. Par peur du changement. Par habitude. Par intérêt personnel. Par crainte de perdre certains acquis. Ou par incapacité intellectuelle de comprendre la révolution à l’œuvre.

De l’autre, voici la génération numérique. Issus de tous les sexes, tous les âges, toutes les cultures, tous les emplacements géographiques. Ils discutent entre eux, s’échangent des expériences. Découvrant leurs différences, ils se cherchent des points communs en remettant tout en question, jusqu’à la foi et aux valeurs profondes de leurs parents.

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Vient de paraître : « Conflits en zone urbaine » (collectif)

 La réalité d’aujourd’hui est bien une réalité urbaine : la moitié de l’humanité vit en effet de nos jours en zone urbaine. Cette population urbaine ne va cesser de s’accroître puisqu’en 2030, c’est près de 65 % de l’humanité qui vivra en ville. Comme la violence et les rivalités de pouvoirs sont et resteront, aujourd’hui comme demain, consubstantiels à la nature humaine, il a semblé indispensable aux responsables de l’Institut d’Études Géopolitiques de Genève, du Département des Relations Internationales de l’Université de Webster et du  Club Participation et Progrès d’organiser conjointement à Genève un colloque international sur le thème des « conflits en zone urbaine ». Ce sont les actes de cette rencontre qui composent cet ouvrage.

par Stéphane GAUDIN

Arc de Triomphe, par Patrick Chauvel – reporter de guerre.

(…)

M. Gyula Csurgai émet l’hypothèse

qu’un conflit identitaire se développe dans les banlieues françaises, suivant une logique ami-ennemi influencée par différents facteurs qu’il examine dans son intervention.

Il argumente que la dialectique ami-ennemi, essence de la politique entre États selon le penseur allemand Carl Schmitt, s’est déplacée à l’intérieur de l’État, selon les logiques géopolitiques et polémologiques.

Les attaques des jeunes des banlieues contre les forces de l’ordre, mais aussi contre les pompiers et les symboles de l’État, s’inscrivent dans cette logique ami-ennemi, symptomatique d’une situation d’avant-guerre civile.

Selon M. Csurgai, l’affaiblissement de l’Etat-nation et l’érosion de sa souveraineté peuvent légitimer les pouvoirs des acteurs non- étatiques ayant la capacité d’assurer le contrôle et le fonctionnement des territoires de banlieue. Ce processus graduel de substitution du pouvoir de l’État peut conduire, dans les banlieues, à une situation de partage du pouvoir entre islamistes et chefs de l’économie souterraine.

Oskar Baffi démontre que l’ampleur croissante que prend le phénomène des violences urbaines en Europe, notamment en France et en Grande- Bretagne,

s’inscrit dans un processus de délitement sociétal lié tant à la gestion territoriale de l’urbanisation galopante qu’à l’intégration socio-économique d’individus majoritairement d’origine étrangère.

Afin de cerner ce phénomène, il y a lieu de distinguer les logiques qui concernent, d’une part, les rapports qu’entretiennent ces individus avec le territoire dans lequel ils évoluent et, d’autre part, les représentations qui habitent l’imaginaire des différentes communautés — notamment ethnique, religieuse et linguistique — auxquelles ils appartiennent. En l’espèce, les réalités complexes que recouvrent les concepts d’espace et d’identité, ainsi que les enjeux vitaux qui en découlent et les intérêts particuliers qui s’y affrontent, s’enchevêtrent pour constituer un espace géopolitique à part entière : l’agglomération, entendue comme système-ville caractérisé par un centre et une périphérie. Il apparaît dès lors urgent de penser une géopolitique des violences urbaines qui fasse émerger les dynamiques de puissance qui lui sont sous-jacentes et auxquelles se rattachent des enjeux aussi bien culturels que sécuritaires, cruciaux pour l’avenir de nos sociétés.

Les réflexions développées dans ce livre sont tout à fait centrales à l’heure où les conflits en zone urbaine jouent un rôle de plus en plus important dans les guerres contemporaines. La violence devient par ailleurs de plus en plus visible dans nos cités dites « sensibles », résultant en partie des rivalités entre acteurs contrôlant l’économie souterraine.

Via theatrum-belli.org

un portrait du photojournaliste de guerre Patrick Chauvel.

Birmanie : Violences accrues dans un pays riche en hydrocarbures, stratégie du chaos US ?

Les tensions religieuses augmentent en Birmanie : le ministère de l’Information birman a ainsi indiqué dimanche que les violences entre bouddhistes et musulmans avaient fait ces derniers jours plus de 30 morts à Meiktila, dans le centre de la Birmanie. Ajoutant que les tensions s’étaient étendues à d’autres communes de la région.

Simple hasard ? la Birmanie est le pays qui a accueilli le 19 novembre dernier Barack Obama, pour son premier voyage à l’étranger depuis sa réélection. Déplacement annoncé comme un soutien de Washington au processus politique actuel en œuvre dans le pays.

Autre élément notable : alors qu’en novembre 2012, un séisme venait de frapper la Birmanie, pays d’ores et déjà théâtre de violences meurtrières entre bouddhistes et musulmans, nous rappelions ici-même qu’en avril 2012, les Etats-Unis avaient annoncé la levée de sanctions interdisant l’exportation vers le territoire birman de certains services financiers.

Parmi les objectifs autorisés, cités expressément dans le texte publié, figuraient alors « la construction de la démocratie et la bonne gouvernance », l’assistance aux réfugiés ainsi que les activités religieuses.

Autre hasard ? rappelons que depuis mars 2012, les autorités birmanes ont conclu d’importants contrats dans le domaine du pétrole avec des sociétés étrangères. « Nul doute que la course aux hydrocarbures va s’intensifier » prédisait alors le site asie-info.fr.
Un contexte permettant de redouter que les Etats-Unis ne mettent encore une fois en oeuvre leur stratégie du chaos ?

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Fascination de la Civil War

Il est des références, des affluences et des intérêts qui parlent bien plus que toutes les enquêtes statistiques du monde. Il s’agit d’un éditorial du Washington Times du 7 août 2012 qui, jusqu’à hier (16 août 2012), était en tête des lectures des articles de ce quotidien (3ème aujourd’hui), qui a regroupé durant ce laps de temps le nombre phénoménal pour ce journal de 3.134 commentaires de lecteurs. Le titre et son sous-titre expliquent déjà, pour une bonne part, le succès de la chose, en rassemblant deux thèmes obsessionnels de l’inconscient et de la psychologie américanistes : «The Civil War of 2016 – U.S. military officers are told to plan to fight Americans».

Tout est remarquable dans cette affaire tellement accessoire qui parvient pourtant à rassembler symboliquement de manière assez juste les courants essentiels charriés par le système de la communication, influencés par les psychologies américanistes et qui, en retour, influencent eux-mêmes ces psychologies américanistes, l’ensemble formant la crise identitaire et déstructurante que nous jugeons terminale des États-Unis d’Amérique.

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Des « fractures françaises » à la guerre civile ? (Rediff.)

Étudiant les Fractures françaises et leurs conséquences, le géographe Christophe Guilluy écrit dans son dernier livre : « La “guerre civile” n’est pas l’horizon le plus probable, en revanche le retour du “conflit” paraît, lui, assuré. » Une thèse qui a suscité une levée de boucliers.

C’est un réflexe pavlovien : chaque fois qu’un chercheur aborde sans oeillères la question de l’immigration, les bons esprits l’accusent de « faire le lit du Front national ». Ce fut hier le cas avec le sociologue Sébastien Roché, puis la démographe Michèle Tribalat coupable d’avoir fustigé dans un livre paru en mars dernier [2010] chez Denoël ceux qui veulent garder Les yeux grands fermés devant la substitution de population (la France abriterait 15 millions d’allogènes selon l’ancien ministre chiraquien Azouz Begag) et ses conséquences. C’est donc aujourd’hui Christophe Guilluy qui se trouve sous les feux du lobby antiraciste.

La mondialisation, matrice de l’insécurité sociale et … du populisme

Il est vrai que dans son nouveau livre, Fractures françaises (1), ce géographe né en 1964 et déjà coauteur avec Christophe Noyé d’un édifiant Atlas des nouvelles fractures sociales françaises en France / Les classes moyennes oubliées et précarisées, ne mâche pas ses mots. Appuyé sur une solide documentation, il accuse de manipulation ceux qu’il nomme les « prescripteurs d’opinion », et de « gâtisme » les prétendues élites qui « chaussent les lunettes des années 1970 » pour analyser la situation des banlieues.

Lesquelles ne relèvent plus de la question sociale comme ce fut longtemps le cas pour la « ceinture rouge ». Leur « fonction principale » est au contraire d’être devenues « des sas entre le Nord et le Sud », un « constat que les politiques répugnent à assumer ».

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Syrie : Une libanisation fabriquée

Compte-rendu de mission d’évaluation auprès des protagonistes de la crise syrienne. Rapport rédigé en collaboration, Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) et Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), Paris, janvier 2012 (traduit en anglais et en arabe).

Plans for Redrawing the Middle East: The Project for a “New Middle East”

Après la Tunisie, l’Egypte, la Libye, le Bahreïn et le Yémen, la Syrie a été touchée par un vaste mouvement de contestation de l’ordre établi.

Mais le « printemps » syrien, expression d’un vrai mouvement populaire et d’une légitime revendication à la libéralisation politique, s’est rapidement transformé, à la fin du printemps, en une crise armée entre une opposition se radicalisant et un régime sécuritaire.

Si elle s’inscrit dans la dynamique des « révolutions » arabes, la situation syrienne s’en distingue toutefois par ses implications internationales.

Ce conflit donne lieu à une préoccupante désinformation et à une falsification des faits  qui brouille totalement la réalité de la situation.

Le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) et le Centre international de recherche et d’étude sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) ont effectué, en décembre 2011, une mission d’évaluation auprès des protagonistes de la crise syrienne dont ils présentent ici, le compte rendu.

cf2r.org

Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Après la Grèce, l’Espagne inquiète les marchés financiers

Les craintes sur l’Espagne font chuter les Bourses internationales et l’euro. A Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 3,64%, son plus bas niveau depuis 2 mois. Les rumeurs de dégradation de la note de l’Espagne continuent d’inquiéter les marchés. Mais, outre une crise économique, l’Espagne vit aussi une crise morale.

L’UE et le FMI viennent tout juste de débloquer une aide financière à la Grèce et voilà que les marchés s’affolent à nouveau. L’Espagne est cette fois-ci dans leur collimateur.

Près de 5% de baisse à Madrid, – 4% à Lisbonne, -4,7 à Milan, – 3,64% à Paris, -2,5% à Londres et Francfort… La crise grecque a une nouvelle fois fait plonger les bourses ce mardi en Europe. Malgré le bouclage du plan d’aide à la Grèce, la crainte d’une contagion au reste de l’Europe a fait chuter les marchés dans le sillage de la bourse d’Athènes qui a dégringolé de plus de 6,6%. La Bourse de New York a elle aussi ouvert en nette baisse mardi, les investisseurs s’inquiétant des difficultés budgétaires des pays de la zone euro : le Dow Jones perdait plus de 2% et le Nasdaq 2,81%. L’indice Hang Seng a perdu 2% à Hong Kong, celui de la bourse de Shanghai 2,1%, Singapour 1,2% et les marchés australiens 1,9%.

La semaine dernière, l’agence de notation Standard and Poor’s, a dégradé la note de la dette à long terme de l’Espagne. Leurs spécialistes estiment que la croissance morose du pays risque d’empêcher le gouvernement de réduire des déficits qui ont explosé à 11,2% du PIB en 2009.

Des rumeurs selon lesquelles d’autres agences de notation allaient dégrader la note de l’Espagne et selon lesquelles Madrid pourrait demander une aide financière colossale au FMI continuent de faire tanguer les marchés financiers. Moody’s et Fitch ont pourtant assuré mardi que cette dernière restait pour l’instant la plus élevée possible, le fameux triple AAA.

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Le coup d’Etat silencieux

L’année 2010 est en train de marquer une rupture dans notre histoire institutionnelle, qu’il ne faut pas hésiter à qualifier de « coup d’Etat ».

Darth Sidious, personnage "méchant" de la série cinématographique "La guerre des étoiles" (1)

Jusqu’ici, on considérait que les gouvernements tiraient leur légitimité du peuple, dont la volonté s’exprimait lors des élections et à qui ils devaient rendre des comptes en fin de mandat.

Ce type de régime a progressivement été vidé de sa substance, sous l’influence de la démocratie d’opinion, des normes supranationales européennes, des exigences de la compétitivité dans une économie ouverte, ainsi que d’un jeu politique qui n’offre le choix qu’entre un libéralisme social et un social-libéralisme.

Mais le principe démocratique demeurait, au moins en théorie, même s’il apparaissait de plus en plus comme une fiction. Le principe est en train de sauter sous nos yeux, depuis quelques mois. Désormais, un autre type de souveraineté est en passe de se substituer à celle de la volonté du peuple.

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Crise grecque : vers un Fonds monétaire européen ?

Les Grecs ont déjà irrité l’UE par leurs problèmes financiers et leurs dettes et il se peut qu’ils la poussent à créer un Fonds monétaire européen dans l’unique but d’éviter la répétition du cas de la Grèce.

Quant à la création du FME, proche analogue du FMI, en vue de sauver les pays endettés d’Europe, on en parle maintenant sérieusement. Par conséquent, la “tragédie grecque” de l’UE comporte probablement un élément rationnel. Si, bien entendu, Bruxelles (et plus précisément Berlin et Paris) soutiennent cette décision.

Le premier ministre socialiste grec, Georges Papandréou, a fait une tournée à Paris, Berlin et Washington et a ressenti, une fois de plus, un mauvais karma qui pèse non seulement sur lui, mais aussi sur la Grèce. Ses prédécesseurs de centre-droit avaient minimisé aussi bien le déficit budgétaire (il s’avère qu’il est, en réalité, de 112% du PIB) que la dette extérieure de la Grèce (300 milliards d’euros). Le gouvernement Papandréou a de son côté détérioré la situation en introduisant des mesures d’économie draconiennes, des impôts et des salaires tels que le pays s’enlise, en effet, dans une veule guerre civile. Et son avenir s’annonce encore plus sombre.

Pour voir la lumière au bout du tunnel, Papandréou s’est rendu du 5 au 10 mars en France, en Allemagne et aux Etats-Unis. Plus Papandréou affirmait qu’il n’était pas venu pour demander de l’argent et plus sombres et sérieux devenaient ses interlocuteurs. Il faut bien dire que les Grecs jouissent depuis longtemps en Europe d’une triste réputation de “roublards” en ce qui concerne l’argent, mais à présent ils se sont tellement compromis qu’en entendant les mots “dettes”, “déficit”, “Europe malade” (sans parler de la filouterie avec les statistiques, des machinations et de la désinformation), tout le monde jette les regards malveillants sur la Grèce. Décidément, Papandréou n’a pas eu de chance en arrivant au pouvoir en octobre dernier.

On a dit partout à peu près la même chose à Athènes : nous sommes solidaires et prêts à aider, mais seulement lorsque la situation sera tout à fait catastrophique et que tout le monde se sentira complètement mal. A quel point on se sentira “mal” et qui, cela n’a pas été précisé.

A l’heure actuelle, la France et l’Allemagne (les principales locomotives de l’UE) se trouvent devant un choix difficile. C’est, pour ainsi dire, un choix entre deux “réactions en chaîne”. Soit accepter d’apporter une aide financière concrète et “racheter” les dettes d’Athènes et attendre ensuite que d’autres pays en situation difficile, en premier lieu l’Espagne, le Portugal et l’Irlande, demandent une aide similaire. Soit ne pas accepter de “racheter” les dettes grecques et laisser Athènes tomber dans le défaut de paiement et attendre que d’autres pays s’écroulent après Athènes. Les candidats en sont toujours les mêmes : l’Espagne, le Portugal et l’Irlande.

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Le procès de l’Angolagate

Un symbole de la collusion entre élites économiques et politiques françaises et africaines. Par Thierry Brugvin

De gauche à droite, Pierre Falcone, Arcadi Gaydamak – présentés comme les organisateurs du trafic d’armes présumé vers l’Angola entre 1993 et 2000 – ainsi que Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand. Les condamnations sont tombées le 27 octobre 2009.

Introduction

L’Angolagate est le plus grand procès de trafic d’armes sur fonds d’enjeux pétroliers de la fin du XXe siècle. Il s’agit en fait de l’histoire est celle de la privatisation de la guerre en Angola et de l’organisation du pillage biens publics de l’État. Ce procès dévoile la réalité d’une partie non négligeable du pouvoir non démocratique et illégal exercé par nos élites.

Cette guerre civile aura débuté en 1975, se terminera 27 ans plus tard en 4 avril 2002 et aura fait 500 000 morts. Sa durée s’explique notamment par la fourniture très importante d’armements par certaines grandes puissances, via Falcone et Gaydamak notamment. Parmi ces ventes, on compte un arsenal de morts impressionnants, 420 chars, 150. 000 obus, 12 hélicoptères, six navires de guerre recensés par les enquêteurs, 170 000 mines, antipersonnel, 650.000 détonateurs.

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La crise pourrait dégénérer en guerre civile (Archives)

Lu dans le quotidien suisse Le Matin :

2010, 2013 ou 2015, quand finira la crise? Les instituts de conjoncture font ce qu’ils peuvent pour prévoir la date de la reprise – malheureusement, en ce moment, ils revoient leurs projections à la baisse. Le plus pessimiste prévoit en plus une aggravation des conflits sociaux et politiques. Les pays à faible couverture sociale comme les Etats-Unis risqueraient même la dislocation.

(…) Que s’est-il passé en si peu de temps? Bruno Parnisari, chef du secteur Conjoncture à la Direction de la politique économique du SECO, ne cache pas avoir été surpris de voir «avec quelle vitesse tous les indicateurs ont plongé entre l’automne 2008 et le printemps 2009, et comment ce que l’on pensait être des phénomènes isolés – la bulle immobilière aux USA ou les problèmes de certaines banques comme Lehman Brothers – ont créé un effet domino. Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence : la crise est systémique. On est très largement en dehors des variations normales – un peu comme un médecin qui voit arriver un patient grippé avec une température de 45».

C’est précisément ce que clame depuis un certain temps le Leap, qui s’est projeté au-delà et qui met en garde : si la crise économique dure trop longtemps et frappe des pays qui ont peu de protection sociale pour aider les plus démunis, on peut craindre des tensions sociales et politiques… voire des conflits armés. «En Europe, on n’en arrivera certainement pas à cette extrémité, en tout cas dans les pays qui ont les moyens de financer durant trois ans les assurances sociales – on risque par contre de voir des manifestations et des pressions politiques, mais certainement pas de violence systématisée», explique Franck Biancheri.

Aux USA par contre, le LEAP n’exclut pas cette éventualité. Le pays compte déjà 8% de chômeurs, et voit ce pourcentage grossir de jour en jour: «Ils ont généralement perdu à la fois leur job, leur assurance-maladie, leur maison, et leur retraite, investie en actions. Et ils savent que l’Etat ne les aidera pas». De quoi rendre un peu nerveux en effet, ce qui n’est jamais bon dans un pays où les armes sont en libre-service. Plus fondamentalement, Franck Biancheri craint une «dislocation» du pays : basée sur la prospérité, la cohésion nationale, vieille d’un peu plus d’une centaine d’années seulement, pourrait éclater, certains Etats se rebellant – sur le plan fiscal par exemple – contre Washington et se lançant dans la sécession.

Un scénario catastrophe? Des experts reprochent au Leap une petite tendance à la paranoïa – disant en substance que si leur hypothèse n’est pas impossible, elle est peu probable. Ce à quoi Franck Biancheri a beau jeu de répondre que c’est aussi ce qu’on lui disait en 2006 quand il annonçait une crise systémique pour 2008… (Le Matin)

(Merci à Boreas)

(FDS)