1940, l’or de la france a disparu (Rediff)

Pendant toute la durée de la guerre, mises à l’abri hors de l’Hexagone, les réserves d’or détenues par la Banque de France échappent à l’Allemagne et aux Alliés. Les 2500 tonnes de lingots et de pièces entreposées au siège, le deuxième plus gros stock mondial, constituent alors un patrimoine très convoité.

Dès leur entrée dans Paris, les officiers du Reich tentent de s’en emparer. Une course contre la montre s’engage alors pour faire sortir le trésor de la métropole. En l’espace d’un mois, 300 camions prennent la route. La marine prend le relais. A la fin de la guerre, seulement 395 kilos d’or manqueront à l’appel. Retour sur cette incroyable épopée.

La vraie guerre vise les banques étrangères

Par Myret Zaki

L’inculpation, ce 19 juin, du président de la filiale belge d’UBS par le parquet de Bruxelles s’insère dans une suite logique, confirmant l’évidence : les grands pays en lutte contre la soustraction fiscale de leurs contribuables ne s’attaquent qu’aux banques étrangères. Tout se passe comme si les banques nationales, elles, n’étaient jamais impliquées de près ou de loin dans les sorties de capitaux évadés du pays.

Affiche de propagande autrichienne, première guerre mondiale

Jamais on ne verra Washington condamner une banque américaine pour aide à la fraude fiscale d’Américains, ni Bercy inquiéter une banque française à ce sujet.

Pourtant, les chiffres indiquent que les banques étrangères ne gèrent qu’une part minoritaire des avoirs non déclarés de ces pays. Les banques américaines, par exemple, détiendraient 88% des avoirs américains à l’étranger, selon la Weltwoche.
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Économie : Vers un monde de violences

Les années 1990 ont permis à Francis Fukuyama d’annoncer la fin de l’histoire. Les années 2000 ont montré combien il était illusoire d’imaginer un monde pacifié, sans conflits, sans forces obscures dont on ne mesure jamais, avant qu’elles n’apparaissent, les terribles conséquences.

À vrai dire, la troisième mondialisation a dessiné les contours de ce qui est tout sauf un « village global », en réalité un monde privé de mode d’emploi, qui court éteindre un incendie après l’autre sans jamais en voir la fin. Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des économistes, publiera son nouveau livre “Un monde de violences, l’économie mondiale 2015-2030″, la semaine prochaine.

Comment EIIL est devenu le “groupe terroriste le plus riche au monde”

Le groupe djihadiste serait à la tête d’une fortune estimée à 2,3 milliards de dollars. Son dernier butin lui permet de payer 60.000 combattants pendant un an.

Mais qui donc finance l’Etat islamique en Irak et au Levant ? Pour le Premier ministre irakien, la réponse est limpide : “Nous tenons (l’Arabie saoudite, ndlr) responsable des aides financière et morale que les groupes [insurgés] reçoivent“, a déclaré mardi Nouri Al-Maliki. Depuis près d’une semaine, l’EIIL a lancé une large offensive sur l’Irak, dont il contrôle désormais une bonne partie du Nord. Pour avoir cette force de frappe, le groupe terroriste peut compter sur un portefeuille bien rempli.

D’une start-up à une multinationale.
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L’Asie viendrait-elle de Mars ?

La plus grande menace de conflit international, ce n’est pas le Proche-Orient. Oubliez (pour un instant) l’Iran, Israël, la Russie, l’Ukraine ou encore la Syrie… et tournez votre regard vers l’Asie. Car, oui, le continent est une des plus importantes sources de conflits, des tensions séculaires qui renaissent aujourd’hui avec une nouvelle force alors que la Chine ne cesse de prendre de l’importance économiquement, politiquement, diplomatiquement… et militairement.

L’empire du Milieu est en effet au centre de moult tensions plus ou moins exacerbées, non seulement avec le Japon — le conflit entre les îles Senkaku/Diaoyu a été très médiatisé en Occident — mais aussi avec son puissant voisin l’Inde ou encore avec la Corée, le Vietnam, la Malaisie, les Philippines ou le sultanat de Brunei.

Les complexes relations entre l’Inde et la Chine

Le conflit entre l’Inde et la Chine est larvé depuis les années 1950 et 1960 et se cristallise sur la reconnaissance de leurs frontières respectives. Les deux géants asiatiques ne parvenant pas à se mettre d’accord sur la question — et l’Inde accusant en outre la Chine de soutenir le Pakistan ou encore d’installer des bases militaires et commerciales dans toute la région –, de régulières montées de tensions ont lieu.

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1940-1945 : La France sous les bombes alliées

De 1940 à 1945, près de 60.000 Français sont morts sous les bombardements alliés. De Dunkerque au Havre, en passant par Nantes et Cherbourg, des centaines de villes sont dévastées, certaines étant tout simplement rasées par les raids aériens de la Royale Air Force.

Peu de régions françaises échapperont à cette pluie de feu et d’acier, qui fera près de 74.000 blessés et détruira quelque 300.000 habitations. Le littoral français devient une nouvelle ligne de front. Car pour les Anglais, la stratégie du bombardement est la clé de la victoire contre l’occupation allemande. Retour sur une histoire longtemps occultée de la Seconde Guerre mondiale.

S’appuyant sur les archives françaises et britanniques, ainsi que sur des témoignages inédits, l’historien Andrew Knapp, spécialiste des stratégies aériennes durant la Seconde Guerre mondiale, lève ici un tabou : les Américains et les Anglais ont-ils tout fait pour éviter le sacrifice de tant de vies? Fallait-il bombarder la France? Toutes les frappes étaient-elles pertinentes ? Pourquoi tant de destructions? Ces raids, étaient-ils nécessaires?

Réalisé par Emmanuel Blanchard Catherine Monfajon Fabrice Salinié (France 2014)

Notes:

Liste non-exhaustive de villes durement touchées par les bombardements anglo-américains: Aulnoye, Avignon, Bordeaux, Boulogne-sur-Mer, Brest, Cagny, Calais, Cannes-La Bocca, Chartres, Cherbourg, Clermont-Ferrand, Creil, Le Creusot, Dunkerque, Gennevilliers, Juvisy-sur-Orge, Laon, Lens, Lille, Lisieux, Le Mans, Lorient, Mantes, Modane, Montluçon, Nantes, Nevers, Nice, Noisy-le-Sec, Orléans/Les Aubrais, Reims, Rouen, Saint-Lô, Saint-Nazaire, Sète, Somain, Tergnier, Toulouse, Tours, Trappes, Villeneuve-Saint-Georges…

La face noire de la mondialisation – Vers une nouvelle donne stratégique ?

Il se pourrait que le monde évolue vers une situation politico-militaire d’un genre véritablement nouveau.

Une unité de missiles balistiques intercontinentaux sur lanceurs mobiles à Qinghai, dans le centre de la Chine

C’est une occurrence assez rare pour être énoncée avec prudence. La dernière véritable rupture en la matière fut l’apparition des armes nucléaires. Leur nature radicale n’a pas assuré la paix, c’est seulement la guerre entre ses grands détenteurs qui n’a pas eu lieu. En revanche, ils ont poursuivi un conflit de puissance des plus classiques par tiers interposés chez qui leurs querelles ont fait plusieurs millions de victimes en trente ans.

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La fin de la guerre contre les automobilistes : l’Angleterre, un autre modèle de sécurité routière

Tourné en Angleterre en janvier dernier par « 40 millions d’automobilistes », ce reportage décrypte un autre modèle de sécurité routière, basé sur l’acceptation des mesures par les automobilistes. Depuis 2010 et l’arrivée de David Cameron à la tête du Gouvernement anglais, une nouvelle ligne politique nommée « la fin de la guerre contre les automobilistes » est appliquée et non sans succès, puisque le Royaume-Uni poursuit inlassablement sa réduction du nombre d’accidents (deux fois moins qu’en France).

The Kill Team : Scandale dans l’armée américaine

Les faits font froid dans le dos. Des soldats américains sont accusés d’avoir tué de sang-froid trois civils afghans. Les meurtres, au moins trois au total, ont eu lieu dans la région de Kandahar. Une affaire que les médias sont réticents à dévoiler.

Partie 1:

Partie 2:
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Ukraine : Au coeur de la poudrière

Février 2014, en Ukraine, des manifestations anti-corruption tournent à la révolte générale. Dans la foulée le président Ianoukovitch s’enfuit, un nouveau gouvernement se met en place et la Russie s’empare de la Crimée, la partie la plus méridionale du territoire Ukrainien.

Tout cela s’est déroulé en quelques semaines sous le regard apparemment impuissant de la communauté internationale. Trois journalistes chevronnés se sont rendus « Au cœur de la poudrière Ukrainienne » pour apporter un regard différent sur ce qui se joue dans ce pays de 45 millions d’habitants aux frontières de l’Europe.

Divisé en communautés qui essayent toutes de tirer leur épingle du jeu, le pays est aujourd’hui aux mains de milices plus ou moins organisées et violentes, et tout le monde n’a que le mot « fasciste » à la bouche.

Partie 1:

Partie 2:
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Au Koweït, les financiers du djihad en Syrie perdent la foi

La pancarte est plantée à l’entrée de la villa de Jamaan Herbash, un ancien député islamiste, qui habite un quartier résidentiel de Koweït City. Sur fond de photo d’Alep, elle appelle à soutenir la Liwa Al-Tawhid, l’une des principales brigades rebelles de la métropole du nord syrien. La collecte de fonds est parrainée par une dizaine de dignitaires religieux et d’hommes politiques dont le visage, invariablement barbu, apparaît en médaillons. En bas de la pancarte, des adresses et des numéros WhatsApp – une application de messagerie par Internet – sont mentionnés à l’intention des donateurs. Montant réclamé : 7 millions de dinars (18 millions d’euros).

Des civils manifestent avec des membres de l’Armée Syrienne Libre, contre EIIL (l’Etat islamique en Irak et au Levant – Da’ech, en arabe), à Alep, le 7 janvier 2014

« On a lancé cette campagne au début de l’année, quand l’armée resserrait son emprise sur Alep et que les combats ont éclaté entre les rebelles et Da’ech, raconte Jamaan Herbash, en référence au plus violent des groupes djihadistes opérant en Syrie. Mais pour l’heure, nous n’avons même pas reçu 500.000 dinars. Les gens sont fatigués par cette guerre qui n’en finit pas. Ils ne veulent pas financer des tueries fratricides. »
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États-Unis : Création d’une armée de 4.000 cybersoldats

La DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) indique souhaiter mettre un place un contingent de 4.000 soldats formés aux techniques de la cyberguerre.

Dans le cadre d’un programme expérimental du nom de Service Academy Cyber Stakes, 50 militaires sont aujourd’hui en cours de formation, rapporte ScienceBlog. Le mouvement devrait toutefois s’accélérer par la suite, puisque le cap des 4.000 ‘cyberfantassins’ sera franchi en 2017.

Attaquer et protéger

Des experts de la sécurité et du hacking sont chargés d’apprendre aux soldats des techniques de rétro-ingénierie sur des applications ou documents, mais aussi des méthodes permettant de trouver des failles dans des logiciels et de les exploiter.

Les cybermilitaires devront également être en mesure de connaître le modus operandi des ennemis en termes de piratage informatique, afin de mieux contrer leurs attaques. Enfin, la cryptographie sera au programme de ces soldats d’un nouveau genre.

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Etats-Unis : rapport accablant sur l’argent de la reconstruction destiné à l’Afghanistan

La campagne électorale pour la présidentielle du 5 avril s’ouvre ce dimanche en Afghanistan. Douze ans après le début de la guerre et la chute du régime taliban, le pays reste fragile.

Les Américains ont dépensé des [milliards] de dollars pour reconstruire le pays. Mais d’après un rapport qui vient d’être publié aux États-Unis, les ministères afghans se révèlent incapables de gérer correctement les [milliards] de l’aide américaine.

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Garry Leech : « Que la révolution commence »

Traduction d’un texte de Garry Leech, journaliste indépendant et auteur du livre « Le Capitalisme, un génocide structurel » ; né en Grande-Bretagne, il donne des cours de science politique internationale dans une université canadienne. 

Qu’est-ce que nous attendons ? Combien de temps allons-nous rester assis à ne rien faire et à regarder les bellicistes politiques déployer leurs drones, leurs navires de guerre, leurs bombardiers furtifs, leurs missiles, nos fils et filles et, finalement, leurs armes nucléaires, contre les peuples les plus pauvres du monde ?

NDLR : Discours de Garry Leech reprenant (en anglais) le texte reproduit dans nos colonnes.

Combien de temps allons-nous rester indifférents aux entreprises bellicistes maniant leurs baguettes magiques bénéficiaires, qui remplissent à craquer leurs portefeuilles et leurs bedaines, pendant que des millions d’enfants meurent de faim et de maladies évitables ?

Combien de temps allons-nous accepter l’inégalité injuste des 1 % empochant une part largement disproportionnée de la richesse créée par le labeur des 99 % ? Combien de temps allons-nous accepter passivement la folie suicidaire consistant à violer et piller les ressources limitées de notre planète, au point qu’aucun de nous ne sera en mesure de survivre ? Que la révolution commence !

Et qu’en est-il de notre peur irrationnelle des armes de destruction massive dans les mains de terroristes, qui nous maintient paralysés et distraits des injustices quotidiennement perpétrées en notre nom ? Les plus mortelles des armes de destruction massive utilisées aujourd’hui dans le monde ne sont pas chimiques ou biologiques ; ce sont les règles établies par l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et tous les soi-disants accords de libre-échange qui ne font qu’intensifier les inégalités au plan mondial, la souffrance humaine et la mort.

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Une région française voit le jour dans l’Extrême-Orient russe (dystopie)

NB: Ce texte correspond à une série d’anticipation et/ou de politique-fiction…

Russie, 8 avril 2032- AFP – La guerre civile qui ravage l’Europe depuis plusieurs années a encouragé un groupe d’expatriés français de longue date en Russie à s’entendre avec les autorités pour créer, au fin fond de l’immense pays, un “Oblast autonome des Français“, où ils comptent faire venir un certain nombre de compatriotes.

Une région russe contrôlée par le centre fédéral, mais bâtie autour de la culture et du mode de vie français. Son modèle lointain? Les territoires russes à prédominance ethnique, comme l’Oblast autonome des juifs, ou Birobidjan, région créée par Staline à la frontière chinoise.

Un accord ad hoc a été signé le 16 mars 2030 par le vice-ministre russe du Développement régional Alexander Strannikov et Hervé Dervial, qui devrait, selon toute vraisemblance, prendre les rênes de la région.

Outre une longue série de conditions à caractère budgétaire et technologique, l’Oblast autonome des Français devrait accueillir une importante base navale, tous les “résidents” étant mobilisables au sein de l’armée russe.

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Histoire : Formation et ruine de l’économie nazie

Par Michel Lhomme

Les éditions Les Belles Lettres ont publié en fin d’année 2012 une étude monumentale et brillante de l’historien britannique Adam Tooze intitulée « Le salaire de la destruction – Formation et ruine de l’économie nazie ». Passionnant et donnant des analyses inattendues, ce livre bénéficie d’une excellente traduction et mérite d’être lu par tous ceux qui sont intéressés par la période.

Un ouvrage de référence sur la raison économique du nazisme

Certes, le titre,”Le Salaire de la destruction” est condescendant à l’air du temps et il a, sans doute, été choisi commercialement par l’éditeur car il rend compte maladroitement de la portée de la publication. Or, il s’agit là d’un ouvrage monumental et inédit sur le système économique du IIIe Reich, devenu ouvrage de référence, une somme époustouflante sur les fondements et les ressorts du nazisme.

Le livre d’Adam Tooze est de ces livres qui déclassent tous les ouvrages antérieurs écrits sur la question. Très sérieux, le style y est à la fois précis et haletant, jamais technique en fait comme dans les meilleurs livres d’historiens (Braudel, Duby).

Unanimement reconnu à l’étranger mais toujours dérangeant pour les Français, l’ouvrage propose l’histoire la plus aboutie de l’économie nationale-socialiste et en même temps, il amorce une nouvelle lecture de la Seconde guerre mondiale, changeant par exemple radicalement la place occupée par les États-Unis dans cette histoire du point de vue de l’Allemagne.

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Mikhaïl Kalachnikov : “A la guerre, on n’a pas besoin de choses compliquées”

L’inventeur du fusil d’assaut soviétique AK-47, Mikhaïl Kalachnikov, est mort à l’âge de 94 ans. Rares sont les hommes dont le nom est devenu une marque mondialement connue, vendue à des centaines de millions d’exemplaires.

L’histoire débute pendant la seconde guerre mondiale, alors que les soldats soviétiques se plaignent du manque de fiabilité de leurs armes. Mikhaïl Kalachnikov, trop chétif pour intégrer les troupes d’élite, est ingénieur au service du matériel. En 1944, il met au point un fusil rustique mais solide.

La kalachnikov fait la richesse des marchands d’armes, mais pas celle de son créateur, qui se revendiquera toujours de l’idéal communiste. “Si tu avais été étranger, tu serais milliardaire, me dit-on souvent ! (…) Moi je défends d’autres valeurs.”

A 90 ans, en plein hiver, l’ingénieur était fier de ses décorations et de sa santé robuste, il enseignait encore le tir aux jeunes recrues.

Attali : « La crise économique est une guerre comme les autres »

Partout dans le monde développé, et en France en particulier, les crises économiques et les guerres sont gérées très différemment. Les guerres sont gérées simplement et efficacement : un but de guerre, un chef de guerre, un consensus national, une analyse des forces ennemies, une stratégie, des tactiques, des moyens. Et on voit alors les chefs d’état les plus indécis se transformer, au contact de leurs généraux, en stratège décidé.

Jacques Attali à Cannes en octobre 2009.

Les crises économiques, au contraire, sont gérées, la plupart du temps en démocratie.

Sans but clair, sans consensus national, sans analyse des forces hostiles, sans stratégie, et avec des chefs indécis, multiples et contradictoires. En conséquence, l’histoire récente à montré que même ceux qui savent gagner les guerres de mouvement les plus difficiles s’enlisent dans des conflits économiques et sociaux sans fin.

De fait, les dirigeants en arrivent même à préférer entrer dans des conflits militaires plutôt que de faire des choix économiques.
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