1940, l’or de la france a disparu (Rediff)

Pendant toute la durée de la guerre, mises à l’abri hors de l’Hexagone, les réserves d’or détenues par la Banque de France échappent à l’Allemagne et aux Alliés. Les 2500 tonnes de lingots et de pièces entreposées au siège, le deuxième plus gros stock mondial, constituent alors un patrimoine très convoité.

Dès leur entrée dans Paris, les officiers du Reich tentent de s’en emparer. Une course contre la montre s’engage alors pour faire sortir le trésor de la métropole. En l’espace d’un mois, 300 camions prennent la route. La marine prend le relais. A la fin de la guerre, seulement 395 kilos d’or manqueront à l’appel. Retour sur cette incroyable épopée.

Viêt-Nam : ” Agent Orange “, la bombe à retardement chimique de Monsanto

Après 40 années de guerre ininterrompue contre la France puis les États-Unis, le Vietnam sort enfin de la guerre, le 30 avril 1975. Fin des bombes à billes, à fragmentation, qui déchirent les corps. Fin des bombes au phosphore, au napalm qui transforment les humains en torches vivantes. La paix et la reconstruction du pays sont à portée d’espérance.

Pourtant, en partant, l’armée américaine laisse un poison aujourd’hui invisible : la dioxine. Cette arme chimique puissante, plus connue sous le nom d’Agent Orange produite entre autres par la multinationale Monsanto, a pris possession de la terre, des eaux, de la végétation vietnamienne. En s’infiltrant dans les sols, les rivières, elle touche la chaine alimentaire. Des millions de Vietnamiens sont victimes de la dioxine et atteints de lourdes malformations, de cancers. 40 ans après les derniers épandages, la dioxine continue de faire des ravages.

Comment qualifier cette catastrophe humaine et écologique que vivent le Vietnam et sa population ? Au-delà du cas vietnamien, quelle est la responsabilité des États dans le choix des armes et de leur utilisation en cas de conflit armé ? Quelles sont les réparations possibles envers les victimes et les pays dévastés ? Le reportage aborde ces questions à travers des témoignages et l’analyse donnée par des scientifiques et historiens rencontrés au Vietnam, en France et aux États-Unis.

Réalisé par Thuy Tiên Ho et Laurent Lindebrings (France (2012)

Ukraine : Drôle de guerre à Marioupol

Depuis le début de la guerre dans l’est de l’Ukraine, Marioupol a déjà repoussé trois offensives des séparatistes pro-russes. Avec les accords de Minsk conclus en février dernier et l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, la ligne de front s’est figée à une dizaine de kilomètres de la ville. Pour autant, ce n’est pas non plus la paix à Marioupol. Chaque nuit, des combats ont lieu à la périphérie de la ville. Un entre-deux. Une drôle de guerre.

Marioupol est un verrou ukrainien entre la Russie, les républiques séparatistes et la Crimée, annexée par la Russie. Une cité portuaire et industrielle stratégique, au bord de la mer d’Azov. Le combinat Mettinvest emploie 35.000 ouvriers et les hauts-fourneaux n’ont jamais cessé leur activité, malgré la proximité de la ligne de front, à une dizaine de kilomètres.

À Marioupol, un réseau de volontaires s’est formé pour soutenir les troupes sur le front et les civils dans la ville. Sur la jetée du port de Marioupol, les hommes pèchent au son du canon, imperturbables.

Les combats se déroulent en bord de mer, dans l’ancienne station balnéaire de Shirokine. À tout moment, Marioupol s’attend à un nouvel assaut. Une dizaine de ligne de défense successives ont été dressées, des dizaines de kilomètres de tranchés creusées.

Syrie : Le Captagon, la drogue qui prospère sur la guerre

Pilule miracle, potion magique des jihadistes, drogue de Daech, drogue qui rend fous les combattants de l’État islamique : depuis quelques jours, le Captagon fait les gros titres, récoltant au passage une multitude de surnoms. Au Proche et Moyen-Orient, c’est la star des produits stupéfiants.

Les pilules s’arrachent et la Syrie est devenue la plaque tournante de ces petits comprimés produits, exportés, mais aussi consommés sur place. Est-elle pour autant la recette miracle des jihadistes ?

En France, cette drogue est presque inconnue et très rarement consommée. Impossible d’avoir des renseignements à l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), où l’on ne dispose d’“aucune information” sur la consommation qui peut en être faite au Moyen-Orient. Seul un vieux rapport de 2005 évoque la découverte d’un échantillon dans le Nord-Pas-de-Calais.

Pourtant, le produit est très répandu au Proche et Moyen-Orient, où son usage a débuté bien avant la guerre civile syrienne. Déjà, en 2009 (deux ans avant le début de la révolte), un rapport sur les drogues de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC, PDF) signale que, “dès le début, le principal marché du Captagon avait été celui du Proche et Moyen-Orient, où il est très prisé des couches jeunes et aisées de la population – et où il a même acquis la réputation d’un aphrodisiaque au début des années 1980″.
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Les pensions des soldats coloniaux

Ce film dresse le portrait de Mohammed Mechti, ancien combattant marocain, engagé à 18 ans dans l’armée française, ayant servi toutes nos guerres depuis 39/45, et qui finit sa vie, ici, à Bordeaux loin des siens. Mechti est un homme déraciné, autant au Maroc qu’en France, un homme qui n’a plus qu’un seul but: retrouver une dignité qu’on lui a volé il y a 40 ans.

Pour toucher le minimum vieillesse que leur octroie aujourd’hui le gouvernement de la République Française, ces
anciens combattants sont obligés de demeurer sur le sol français neuf mois par an, et de ce fait, se retrouvent exilés à vie dans les villes de l’hexagone.

Aujourd’hui, cloîtrés dans des foyers pour quelques centaines d’euros, ces vieillards désœuvrés comptent les jours qui les séparent de leur famille puisque trois mois par an, l’administration française magnanime leur offre le droit de rentrer dans le bled.

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La génétique de la guerre

A en croire un récent travail d’économistes, les guerres civiles seraient plus fréquentes dans les pays génétiquement très diversifiés. Faut-il travailler sur ce genre de sujet ? Et si oui, quelle leçon peut-on en tirer ?

Un pays en paix, depuis maintenant soixante-dix ans… Frappés par une crise économique séculaire, obsédés par les signes du déclin, minés par un pessimisme sans égal dans le monde, les Français en oublient le bonheur qu’ils ont de vivre dans un pays, dans un continent pacifié. Tout le monde n’a pas cette chance.

De 1960 à 2008, la probabilité d’éclatement d’une guerre civile a été cinq fois plus élevée dans des pays très diversifiés génétiquement (au premier décile de la répartition, là où se situe la République démocratique du Congo) que dans des pays peu diversifiés (au neuvième décile, comme la Corée du sud).

Si les conflits entre pays sont devenus moins nombreux après la dernière guerre mondiale, il n’en va pas de même pour les guerres civiles. Elles ont fait plus de 15 millions de morts depuis la victoire des alliés en 1945. Au cours du dernier demi-siècle, un pays sur quatre a été touché. L’Europe n’a pas été épargnée – il suffit de se souvenir de l’enchaînement effroyable qui a suivi l’effondrement de la Yougoslavie dans les années 1990.
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Allemagne : Les leçons ambiguës de Hjalmar Schacht, le «banquier du diable»

Une récente biographie romancée souligne l’héritage économique, mais aussi l’ambiguïté politique de celui qui, après avoir vaincu l’hyperinflation, est devenu ministre de l’économie du régime nazi.

Qui se souvient encore de Hjalmar Schacht ? Ce fut pourtant un des hommes les plus importants de l’histoire économique du 20e siècle, celui qui brisa l’hyperinflation allemande de 1923 et sortit l’Allemagne de la grande crise des années 1930.

Mais cet homme au destin unique est aussi un homme maudit, marqué à tout jamais par sa collaboration avec le « diable », Adolf Hitler. C’est à ce personnage sulfureux, controversé, haï et admiré, mais certainement passionnant, que Jean-François Bouchard, conseiller au FMI, vient de consacrer une biographie romancée.

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Libye : L’impossible État-nation

Comment l’histoire tourmentée de la Libye et son fonctionnement tribal ont façonné son présent chaotique.

Mouammar Kadhafi a régné durant quarante-deux ans sur le peuple libyen. Depuis son assassinat en 2011, le pays connait une grande instabilité politique et a sombré peu à peu dans le chaos. Un documentaire riche en témoignages qui décrypte l’histoire complexe d’un pays en pleine crise.

La guerre invisible

Finie l’époque des hackers solitaires. L’heure est aux équipes d’ingénieurs, parfois d’anciens pirates informatiques, et de militaires, recrutés par les États, qui leur allouent des moyens colossaux. À travers le monde, ils façonnent la guerre de demain, un conflit invisible et lourd de menaces, dont le terrain d’affrontement est le cyberespace.

Menée aux États-Unis, en Russie et en France, cette enquête captivante raconte les dessous de cette guerre souterraine. Elle revient sur le premier conflit en ligne, mené contre l’Estonie en 2001, et raconte la cyberguerre froide entre les États-Unis et la Chine, dans laquelle Internet sert à espionner mais aussi à nuire.

Le Web est en effet devenu une redoutable arme de sabotage, la distribution de l’eau ou les transports en dépendant. Des opérations malveillantes, parties de simples ordinateurs, pourraient dès lors fragiliser les économies modernes voire les conduire à l’effondrement.

Allemagne : Les drones américains sont commandés depuis la base militaire de Ramstein

La quasi-totalité des attaques de drones américains sont commandées de la base de Ramstein qui sert de centre névralgique au programme américain d’avions sans pilote. C’est donc de là que les drones opérant au Yémen, au Pakistan ou en Somalie, par exemple, recevraient leurs instructions.

La base de Ramstein, achevée en 2003, est l’une des plus importantes hors sol américain. 16.000 civils et militaires y vont et viennent chaque jour. Le personnel américain se rendrait donc passible de crimes de guerre, selon la loi allemande.

Une histoire de miettes

Que devient l’alimentation des pauvres quand ceux-ci s’urbanisent ? La majorité des études en histoire de l’alimentation se sont focalisées sur l’alimentation des élites. Michel Bonneau propose, en faisant feu de tout bois, de retrouver la trace de repas évanouis.


William Harris Weatherhead- “Miettes de la table d’un homme pauvre” (1877)

Michel Bonneau nous livre ici un ouvrage étonnant. Étonnant par son ampleur, par l’objet qu’il se donne, par le nombre de références issues de disciplines diverses qu’il manipule, par l’amplitude de la période traitée, comme par sa forme, assez peu académique dans l’écriture comme dans l’organisation des idées.

Une telle somme rappelle le travail tout à la fois d’envergure et d’érudition qu’un autre géographe, Xavier de Planhol, consacrait à « L’eau de neige » et au goût discriminant pour le frais. Elle relève aussi d’une quête personnelle, comme l’indique la dédicace, où il rend hommage à la mémoire de ses ancêtres et « à toutes celles et ceux pour qui l’angoisse du manger était quotidienne et continue de l’être dans le monde d’aujourd’hui ».

L’objectif principal est d’étudier la table des pauvres de la fin du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle, avec l’ambition de montrer « qu’à côté de la cuisine des puissants, existe une table modeste, reflet de la gastronomie des pauvres » (p. 37) et de réhabiliter des manières de faire et des pratiques du quotidien d’une façon qui n’est pas sans évoquer Michel de Certeau.
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Le Corbusier : Pensée fasciste et cité radieuse

Le fascisme militant de Le Corbusier, grand architecte du XXe siècle, est mis en lumière dans plusieurs ouvrages publiés à quelques jours d’une exposition au Centre Pompidou qui aura lieu du 29 avril au 3 août à l’occasion du 50e anniversaire de sa mort.

Le Corbusier, l’un des principaux représentants du mouvement moderne avec, entre autres, Ludwig Mies van der Rohe, Walter Gropius, Alvar Aalto et Theo van Doesburg. Il est le créateur de l’unité d’habitation de Marseille et de la Chapelle de Ronchamp (Haute-Saône), candidates au classement au patrimoine mondial. « l’unité d’habitation », concept sur lequel il a commencé à travailler dans les années 1920, expression d’une réflexion théorique sur le logement collectif.

« L’unité d’habitation de grandeur conforme » ne sera construite qu’au moment de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, en cinq exemplaires tous différents, à Marseille (la Cité radieuse), Briey-en-Forêt, Rezé, Firminy et Berlin. Elle prendra valeur de solution aux problèmes de logements de l’après-guerre.

Sa conception envisage dans un même bâtiment tous les équipements collectifs nécessaires à la vie — garderie, laverie, piscine, école, commerces, bibliothèque, lieux de rencontre. Le Corbusier a également œuvré dans l’urbanisme et le design.
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Joseph Stiglitz : « La crise grecque est pire qu’une guerre ! »

Pour aider la Grèce, il faut changer la politique économique de la zone euro, selon Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001. “Ce que l’Europe a fait à la Grèce est inqualifiable. Le PIB des Grecs a chuté, tout comme les revenus des citoyens lambdas.

Joseph Stiglitz s’est rendu sur le plateau de Stéphanie Antoine aux côtés de Robert Johnson, président du New Economic Thinking, l’Institut pour une nouvelle réflexion économique. Tous deux sont à Paris pour la 6e conférence du think tank qui réunit pendant quatre jours étudiants et professeurs du monde entier et s’intitule : “Liberté, Égalité, Fragilité” . Au cœur des débats : les inégalités de revenus.

Afrique du Sud : Mercenaires, les soldats perdus de l’apartheid

Ils ont appris à se faire discrets : officiellement, Pretoria interdit le mercenariat. Mais d’anciens militaires formés du temps du régime ségrégationniste vendent encore leurs services au plus offrant.

La vie de Leon Lotz, 59 ans, pouvait-elle se terminer autrement ? Cet ancien militaire sud-africain formé du temps de l’apartheid n’avait jamais véritablement raccroché. À l’âge où certains coulent une retraite paisible, il arpentait encore ces derniers mois les champs de bataille du nord-est du Nigeria. Il a trouvé la mort le 9 mars dans l’État de Borno, fauché par le tir ami d’un char nigérian. Selon sa veuve, Almari, Leon Lotz était sur place “avec des frères d’armes qui [avaient] suivi le même chemin que lui pendant de nombreuses années“.

Ce décès a confirmé la présence d’anciens militaires sud-africains engagés aux côtés de l’armée nigériane dans la guerre contre les islamistes de Boko Haram. La presse sud-africaine l’avait déjà affirmé en janvier, et des photos d’hommes blancs juchés sur des véhicules blindés circulant dans les rues de Maiduguri (des clichés publiés sur les réseaux sociaux début mars) avaient donné encore un peu plus de crédit à cette thèse.

Dans un entretien accordé le 11 mars au service de diffusion internationale Voice of America (VOA), le président Goodluck Jonathan s’est toutefois borné à admettre que “des instructeurs et des techniciens” étrangers étaient présents sur le sol nigérian. Mais, sur un champ de bataille, comment différencier un instructeur armé d’un mercenaire ?
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Radio Courtoisie : « Cavaliers et guerriers des steppes de l’eurasie » (Audio)

Le samedi 4 avril 2015, dans l’émission “Le Libre journal des lycéens” sur Radio Courtoisie, Pascal Lassalle recevait Laroslav Lebedynsky, qui enseigne l’histoire de l’Ukraine à l’INALCO à Paris et qui apparaît surtout comme l’un des meilleurs spécialistes des cultures guerrières nomades des steppes et du Caucase, avec de très nombreux ouvrages publiés principalement chez Errance et chez L’Harmattan.

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Émission exceptionnelle dans laquelle a été développée la question méconnue et passionnante de la part nomade de notre héritage indo-européen/boréen, avec l’évocation inspirée de cette épopée extraordinaire au cours de laquelle Cimmériens, Scythes, Saces, Sarmates ou Alains ont posé les bases d’une civilisation des steppes qui ne le devait en rien à ses adversaires sédentaires et qui a influencé de manière déterminante d’autres aires ethno-culturelles, tout en participant à la première expansion des populations europoïdes au cœur des immensités eurosibériennes.

À partir du début du Ier millénaire avant J.-C. et durant toute l’Antiquité et le Moyen Âge, des peuples nomades ont dominé les steppes eurasiatiques du Danube à la Mongolie. Le rôle historique des plus célèbres – Scythes, Huns, Mongols… – destructeurs et fondateurs d’empires, est bien connu, mais leurs propres cultures le sont moins. Qui étaient ces nomades ? Peut-on parler sans exagération d’une civilisation des steppes ? Iaroslav Lebedynsky nous donne ici quelques repères utiles.

Guyane : Les légionnaires survivent dans l’enfer de la jungle

Reportage sur l’entraînement des légionnaires dans le stage le plus difficile de l’armée. Tous volontaires, ces 24 stagiaires de 20 à 30 ans sont des soldats issus de la Légion étrangère. Ils sont prêts à tout pour décrocher le brevet de «moniteur forêt», qui valide huit semaines de stage de survie dans la jungle guyanaise.

En quasi autonomie, ils doivent boire l’eau des rivières sans tomber malade, apprendre à se nourrir avec des végétaux, construire des pièges pour attraper des animaux sauvages, ou encore grimper aux arbres.

Après leur stage, ils s’infiltrent au contact des trafiquants d’or. Les orpailleurs illégaux, armés et très organisés, pillent les sous-sols de Guyane, détruisent la forêt et polluent les sols. Certains n’iront pas jusqu’au bout, car l’instructeur principal, l’adjudant Azevedo, n’a aucune pitié.

État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 6e et dernière partie

V Dissuation

Il serait trop facile, voire disculpatoire, de qualifier le problème posé par l’État islamique de “problème avec l’Islam.” La religion permet de nombreuses interprétations, et les partisans de l’EI sont moralement tenus de suivre la leur. Pourtant, dénoncer simplement l’EI comme étant non conforme à l’Islam peut être contre-productif. Surtout si ceux à qui s’adresse ce message ont lu les textes sacrés et y ont clairement vu une adéquation avec la plupart des pratiques du califat.

Par Graeme Wood - Traduction libre réalisée par Fortune.

Des musulmans peuvent dire que l’esclavage n’est pas légitime aujourd’hui, et que la crucifixion est une erreur dans le contexte historique actuel. Beaucoup l’affirment d’ailleurs. Mais ils ne peuvent pas condamner l’esclavage ou la crucifixion purement et simplement sans contredire le Coran et l’exemple du Prophète.

La seule voie que les adversaires de l’État islamique pourraient prendre serait de dire que certains textes et enseignements traditionnels de l’Islam ne sont plus valides», explique Bernard Haykel. Ce qui serait vraiment un acte d’apostasie.

L’idéologie de l’État islamique exerce une puissante emprise sur une frange de la population. Les hypocrisies et les incohérences de la vie disparaissent à son contact. Musa Cerantonio et les salafistes que j’ai rencontrés à Londres sont imbattables : pas une question que je leur ai posée ne les fit bégayer. Ils m’ont tenu des discours de façon très convaincante, à condition que l’on accepte leurs arguments.
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État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 5e partie

IV Le Combat

La pureté idéologique de l’État islamique offre au moins un avantage : elle nous permet de prévoir certaines de ses actions. Ben Laden était difficilement prévisible. Il avait achevé son dernier entretien télévisé sur CNN de manière mystérieuse. A la question de Peter Arnet concernant ses futurs plans, il avait répondu: “vous le verrez et vous en entendrez parler dans les médias, si Dieu le veut”. L’État islamique claironne au contraire ouvertement ses plans – pas tous, mais suffisamment pour qu’en l’écoutant avec attention nous puissions déduire comment il compte s’étendre et gouverner.

Par Graeme Wood - Traduction libre réalisée par Fortune.

A Londres, Choudary et ses étudiants ont décrit dans le détail la manière dont l’EI devait désormais mener sa politique étrangère en tant que califat. Il a déjà repris ce que la loi islamique désigne comme le “djihad offensif”, à savoir l’expansion par la force dans les pays dirigés par les non-musulmans.

Choudary explique : “Jusqu’à maintenant nous ne faisions que nous défendre. Sans califat, le djihad offensif reste un simple concept. Mais la guerre d’expansion est un devoir essentiel du calife.

Difficile pour Choudary de faire passer les lois de la guerre, appliquées par l’EI, comme clémentes plutôt que brutales. Il m’affirme que l’État est obligé de terroriser ses ennemis – c’est un commandement sacré que de les effrayer à grands renforts de décapitations, crucifixions, mises en esclavage des femmes et des enfants, parce que toutes ces actions précipitent la victoire et évitent l’enlisement.

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Les inovations technologiques et militaires de la Seconde guerre mondiale

Ce documentaire révèle les armes, les inventions et les véhicules qui ont façonné la Seconde Guerre Mondiale. Sous la forme d’un compte à rebours et en compagnie d’experts, décryptez le plus grand conflit de tous les temps au travers du matériel incroyable utilisé qui a permis de faire pencher la balance et de changer le monde.

État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 4e partie

III. L’Apocalypse

Tous les musulmans admettent que seul Dieu connaît l‘avenir. Mais ils admettent également qu’il nous a accordé un moyen de l’entrevoir grâce au Coran et aux paroles du Prophète. L’État islamique considère que l’origine divine de ces écritures et de ces récits tient une place centrale. En cela, il se distingue de presque tous les autres groupes djihadistes du moment. C’est dans cet aspect des choses qu‘il est le plus audacieux par rapport à ses prédécesseurs, en donnant à sa mission une nature très clairement religieuse.

Par Graeme Wood

Pour faire simple, al-Qaeda agit comme un mouvement politique clandestin aux visées planétaires et intemporelles – l’expulsion des non-musulmans de la péninsule arabique, l’abolition de l’État d’Israël, la fin du soutien aux dictatures dans les pays musulmans.

L’État islamique possède également des objectifs globaux (incluant, partout où il s’est implanté le ramassage des ordures et le maintient de la distribution d’eau), mais la fin des temps constitue un leitmotiv de sa propagande. Ben Laden faisait rarement mention de l’apocalypse et lorsque c’était le cas, il avait l’air de penser qu’il serait mort depuis longtemps quand sonnerait enfin l’heure du jugement dernier.

Will McCants, membre du Brookings Institution et auteur d’un ouvrage en cours sur la pensée apocalyptique de l’État islamique, affirme que “Ben Laden et Zawahiri appartiennent à l’élite des familles sunnites et regardent avec une certaine condescendance ce genre de spéculations populaires“.

État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 3e partie

II. Territoire

Le nombre de musulmans étrangers ayant émigré vers l’État islamique est estimé à plusieurs dizaines de milliers. Les recrues viennent de France, du Royaume-Uni, de Belgique, d’Allemagne, de Hollande, d’Autriche, d’Indonésie, des États-Unis et de bien d’autres pays. Beaucoup sont venus pour combattre, et beaucoup entendent y mourir.

Par Graeme Wood

Peter R Neumann, professeur au King’s College de Londres, m’a affirmé que les discussions en ligne jouent un rôle essentiel pour la diffusion de la propagande et pour s’assurer que les nouveaux venus savent ce qu’il faut croire.

Le recrutement par internet a également contribué à élargir la démographie de la communauté djihadiste, en permettant à des musulmanes conservatrices -ne quittant pas leur domicile- d’entrer en contact avec des recruteurs, de se radicaliser et d’organiser leur voyage en Syrie. Grâce à ces appels vers les deux sexes, l’État islamique espère construire une société à part entière.

Au mois de novembre, je me suis rendu en Australie pour rencontrer Musa Cerantonio, un homme âgé d’une trentaine d’années que Neumann et d’autres chercheurs avaient identifié comme une des deux plus importantes “autorités spirituelles” pour ce qui est d’inciter les étrangers à rejoindre l’État islamique.

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État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 2e partie

I. La Dévotion

En novembre, l’État islamique a diffusé un publi-reportage faisant remonter ses origines à Ben Laden. Abu Musa’b al Zarqawi, le cruel chef d’al-Qaeda en Irak de 2003 jusqu’à sa mort en 2006, y est considéré comme un géniteur plus récent. Deux autres chefs de guerre lui ont succédé avant l’arrivée de Baghdadi, le calife. Ayman al Zawahiri, le chirurgien ophtalmologiste égyptien au look d’intellectuel, successeur de Ben Laden à la tête d’al-Qaeda, n’y est pas mentionné.

Zawahiri n’a pas prêté allégeance à Baghdadi et il est de plus en plus détesté par ses camarades djihadistes. Son absence de charisme aggrave son isolement. Dans les vidéos, il apparaît biaiseux et ennuyeux. Mais la scission entre al-Qaeda et l’État islamique a mis du temps à se concrétiser et elle explique en partie la soif de sang hors norme de ce dernier.

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État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 1e partie

Nous publions ici l’article d’un journaliste américain, Graeme Wood de la revue The Atlantic, relatif aux objectifs et à la nature profonde du groupe l’État islamique. Comme il est de coutume sur le site, cette publication ne constitue pas l’expression de notre adhésion aux analyses et aux conclusions de l’auteur, mais son approche peu commune et plutôt originale dans le paysage médiatique français nous est apparue digne d’intérêt et propre à nourrir la réflexion sur une question qui demeure, quoiqu’il en soit, des plus complexes. Extrêmement (sic!) long et détaillé, il fera l’objet de 6 articles distincts. Fortune.

L’État Islamique est sans conteste un ramassis de psychopathes. Mais c’est aussi un groupe religieux avec des croyances très spécifiques, parmi lesquelles la certitude de l’imminente fin des temps. Une certitude qui imprègne fortement sa stratégie mais qui nous offre également des pistes pour la mettre en échec.

Par Graeme Wood – Traduction libre réalisée par Fortune.

D’où vient l’État islamique et quelles sont ses intentions ?

La simplicité de ces questions peut être trompeuse, et il est probable que seuls quelques dirigeants occidentaux soient en mesure d’y répondre.

Au mois de décembre, le New York Times publiait des propos confidentiels du général de division Michael K. Nagat, commandant des opérations spéciales américaines pour le Moyen-Orient :

” Nous n’avons pas vaincu l’idée… Nous ne l’avons même pas comprise“,

illustrant ses difficultés à seulement pouvoir donner du sens à l’appel de l’État islamique.

Au cours de l’année écoulée, le président Obama l’a, quant à lui, défini comme n’étant

“pas islamique”

ou encore l’a qualifié “d’équipe junior” d’al-Qaeda.

Autant de déclarations qui reflètent la confusion régnant à propos de ce groupe, une confusion qui est sans doute à l’origine d’importantes erreurs stratégiques.

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Le destin de Rome

Alliant images de synthèse et dialogues en latin et en grec, une reconstitution spectaculaire des batailles de Philippes et d’Actium, deux épisodes cruciaux dans la rivalité qui opposa les héritiers de Jules César.

Partie 1:

En 44 avant J.-C., Jules César est assassiné par Brutus et Cassius, deux sénateurs hostiles à sa toute-puissance. Marc Antoine, le bras droit de César, et le jeune Octave, son petit-neveu et héritier de ses biens, s’emparent du pouvoir et en appellent à la vengeance.

À l’automne – 42, les deux hommes gagnent la Grèce pour défier les conjurés mis en fuite lors de la bataille de Philippes. 200.000 soldats, césariens et républicains, s’affrontent dans des combats d’une rare violence qui font 30.000 morts.

Démontrant une fois encore l’étendue de son génie militaire, Marc Antoine sort vainqueur de cette guerre et assoit sa légitimité auprès du peuple.

Partie 2:
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Ukraine : Entretien avec Guillaume Lenormand, un Français volontaire dans le Donbass

Loin des décisions prises en haut lieu, il se trouve de jeunes Européens, qui par idéalisme, par conviction politique, par idéal, ont décidé d’aller se battre en Ukraine et en Novorossia dans un camp ou dans un autre. Ce fût le cas de ces volontaires partis soutenir la révolution de Maïdan, par conviction nationalistes-révolutionnaires. C’est également le cas de cette poignée de Français, partis aux côtés d’autres Européens dans le Donbass défendre les partisans de Novorussia contre les forces armées ukrainiennes et les milices .

Rencontre avec Guillaume Lenormand, qui s’est engagé il y a plusieurs mois déjà dans le Donbass, au nom d’un idéal Européen et anti-impérialiste. Pour connaitre les raisons de son engagement, mais pour avoir également son avis sur la situation, son ressenti, loin des interprétations de salon que peuvent en faire les médias occidentaux trop souvent cantonnés à reprendre des dépêches AFP.

Pouvez-vous expliquer les raisons de votre engagement en Ukraine et en Novorossia ?

Guillaume Lenormand : Pour faire vite, je suis un militant nationaliste français, licencié en histoire, ayant fait un peu de tout (dont du dessin de presse sous le pseudonyme de Krampon).

La politique en France me semblant une impasse, j’avais envie d’aller défendre mes idées sur le terrain, de la manière la plus simple et la plus radicale. La Novorossia représentant pour moi l’exemple-type d’une « révolte contre le monde moderne », il m’a semblé assez naturel de m’engager pour elle. Ou alors peut-être que, comme mes camarades, j’avais trop lu Corto Maltese, Dimitri et Jean Mabire.

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Papa vends des armes : Les nouveaux VRP de la guerre [Rediff.]

En France, 160.000 personnes travaillent pour les usines d’armement. Une industrie qui cultive le secret, et qui n’a pas toujours bonne réputation. Mitrailleuses, bazookas, fusils d’assaut: des lignes d’assemblage jusqu’aux foires internationales de la guerre, les employés de ces entreprises se battent pour décrocher de nouveaux contrats.

Quels sont les secrets de cette profession si particulière ? Des missiles aux avions de combat, peuvent-ils vendre leur dangereux arsenal à tous les États ? En marge des ventes légales prospèrent des filières parallèles : le marché noir des armes de guerre.

L’une de ses figures les plus célèbres s’appelle Viktor Bout. Ce Russe longtemps insaisissable a inspiré à Hollywood le film «Lord of War». Les équipes d’«Enquête exclusive» l’ont rencontré dans sa prison en Thaïlande.

 

Russie : Avis de gros temps sur l’économie

A chaque saison son choc. Après l’annexion de la Crimée au printemps, l’escalade des sanctions cet été, la chute brutale du prix des hydrocarbures cet automne, l’économie russe subit l’effondrement du rouble depuis novembre dernier. Rouvrant les cicatrices des années 1990, cette crise de change laissera des traces. Car elle expose au grand jour des faiblesses structurelles longtemps sous-estimées par le pouvoir.

Si le rattachement de la Crimée est interprété au Kremlin comme un succès militaire et politique, le bilan économique de l’année 2014, marquée par l’adoption de sanctions occidentales à l’encontre de la Russie, est loin d’être positif. L’ampleur de la chute du rouble vis-à-vis du dollar (-42% entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2015) a effacé les gains de puissance économique relative réalisés depuis 2009.

Le pays a rétrogradé du dixième au seizième rang mondial en termes de produit intérieur brut (PIB) au taux de change courant. Les autorités visaient une inflation réduite à 5 % ; elle a plus que doublé et s’établit à 11,4 %. La croissance devait se redresser à 3,5 % ; dans le meilleur des cas, elle sera nulle en 2014 et fera place à une récession en 2015 (entre -3 % et -4,5 % selon les prévisions du gouvernement).

La diversification industrielle devait être relancée ; la production d’automobiles a chuté lourdement. Le leader Avtovaz a déjà supprimé plus de dix mille postes et s’apprête de nouveau à licencier. Si la situation continue de se dégrader, nul doute que ses concurrents lui emboîteront le pas.
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Radio Courtoisie : « Comprendre la guerre » (Audio)

Le samedi 10 janvier 2015, dans l’émission “Le Libre journal des lycéens” sur Radio Courtoisie, Pascal Lassalle recevait le lieutenant-colonel Olivier Entraygues, officier d’infanterie, afin de présenter son ouvrage intitulé :« JFC Fuller : comprendre la guerre », présentant la pensée stratégique du britannique.

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Entré en service en 1987, le lieutenant-colonel Entraygues a successivement servi au 35e RI, au 8e Groupe de chasseurs, au 152e RI, à l’EMF 4 de Limoges puis au centre d’entraînement des postes de commandement de Mailly le camp.
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25 décembre 1914 : « Un jour de Noël étrange et unique »

Il y a cent ans tout rond, les soldats de tous bords s’apprêtaient à passer dans les tranchées le premier Noël de la “Der des Der“. Et le temps d’une nuit, quelques combattants aménagèrent une sorte de pause informelle dans les combats - les fameuses “trêves” de Noël 14.

Photo prise le 26 décembre, elle montre des soldats allemands du 134e régiment de Saxons et des soldats anglais du Royal Warwickshire Regiment.

Il serait évidemment faux d’écrire que la ligne de front fut le temps d’une nuit de décembre un havre de paix, de fraternité et d’humanisme. On tua à Noël comme on tuait depuis quatre mois.

Il reste qu’ici ou là, de façon isolée et spontanée, quelques soldats cherchèrent bel et bien à tenir la guerre en respect. Retour sur ces heures suspendues au milieu de l’immense tuerie qui ne faisait que commencer.

Le froid, la boue et l’hiver sur le front immobile
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“Operation Socialist” : la cyberguerre entre Européens

Londres a piraté pour Washington les données de Belgacom, opérateur des institutions européennes, au risque de saborder le réseau. Un véritable acte de guerre.

Par Guerric Poncet

Si vous pensez que l’Europe est une union, vous vous trompez.

Londres l’a prouvé en piratant et en mettant en péril le principal opérateur télécom de Belgique, Belgacom, qui gère les télécommunications de l’Union européenne.

Selon l’enquête publiée samedi conjointement par De Standaard (Belgique), NRC Handelsblad (Pays-Bas) et The Intercept (média américain proche du lanceur d’alerte Edward Snowden), les services secrets britanniques ont non seulement mis sur écoute les télécommunications de l’Union européenne, mais

ils ont aussi agi de façon très agressive, menaçant la stabilité des infrastructures réseau du continent européen.

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Ukraine : Sur le front avec les milices russes

«Ce qu’on vient combattre ici, ce n’est pas la démocratie, mais l’anarchie : la cinquième colonne pro-occidentale qui veut saper notre mère patrie… » Oleg est sûr de sa cause. Il ne semble prêter aucune attention aux obus et missiles qui explosent de plus en plus près. Carrure de catcheur, fusil automatique sous le coude, il met un point d’honneur à marcher lentement vers la première ligne, à découvert sur un pont de bretelle d’autoroute défoncée, offrant sa haute silhouette aux snipers de l’armée ukrainienne sans même daigner courber la tête.

Son énorme chapka de mouton angora flotte au vent comme un panache blanc, alors que plusieurs de ses hommes progressent à ses côtés en tenue camouflage, s’abritant derrière les rambardes criblées d’éclats pour ajuster leurs tirs.

Originaire d’Ossétie du Sud, une province russe au fin fond du Caucase, Oleg combat dans l’est de l’Ukraine depuis le mois d’avril. Et si le Kremlin évite d’admettre que l’armée régulière épaule les rebelles séparatistes du Donbass, il ne fait pas mystère du rôle crucial qu’y jouent ses « volontaires » venus de Russie.

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Armes et munitions dans le conflit ukrainien (étude australienne)

La société d’experts-conseils en armement ARES a réalisé une étude de plusieurs mois sur les armes et munitions actuellement déployées et mises œuvre dans le conflit ukrainien. Son rapport, qui met en lumière l’armement des deux camps, fait état de plus d’une centaine de systèmes d’armes et pas moins de soixante-dix munitions différentes, productions nationales antérieures à la chute de l’URSS ou modèles plus récents, parfois importés de l’étranger. Autant de critères utiles à l’analyse du déroulement d’un conflit.

(Document en anglais. A lire avec attention et précaution mais néanmoins intérêt.).

Via theatrum-belli.org

armamentresearch.com

” La Décomposition des Nations ” par Leopold Kohr (1946)

Au lieu d’essayer désespérément de gonfler les talents limités de l’homme à un niveau permettant de faire face à l’énormité, l’énormité est découpée jusqu’à une taille où elle peut être gérée même par les talents limités de l’homme. En miniature, les problèmes perdent à la fois leur caractère terrifiant et leur portée, ce qui est tout ce que la société peut jamais espérer.

Notre choix semble donc ne pas être entre crime et vertu mais entre crime énorme et menu crime ; pas entre guerre et paix, mais entre grandes guerres et petites guerres, entre guerres totales et indivisibles et guerres locales et divisibles.

Il est donc tout à fait vrai qu’un monde de petits états pourrait ne pas être du tout paisible, mais être constamment bouillonnant de guerres telles que celles qui caractérisaient le Moyen Âge. Mais à quoi ressemblaient donc ces fameuses guerres médiévales ? Le Duc de Tyrol aurait déclaré la guerre au Margrave de Bavière parce que le cheval de quelqu’un avait été volé. La guerre dura deux semaines. Il y eut un mort et six blessés. Un village fut pris, et tout le vin qui était dans la cave de l’auberge bu. On fit la paix, et la somme de cent thalers fut payée en réparations.

L’Archevêché de Salzburg et la Principauté de Liechtenstein tout proches entendirent parler de l’événement quelques semaines plus tard et le reste de l’Europe n’en entendit jamais parler.

This war of mine : survivre dans une ville assiégée (jeux vidéos)

Dans le jargon du jeu vidéo, un jeu de guerre, c’est soit un jeu de tir, soit un jeu de stratégie. C’est en tout cas un titre où l’objectif consiste à remporter la bataille d’une manière ou d’une autre. Pourtant, la guerre n’est pas simplement une histoire de soldats puisque chaque conflit touche aussi la population civile. Comment survivre au jour le jour alors que les balles sifflent dehors ? Comment garder l’espoir au milieu du chaos ? This War of Mine tente d’apporter un éclairage sur ces questions, en traitant le sujet sous la forme d’un jeu vidéo.

Par Jihem

 

 

L’une des premières choses que partage l’équipe de 11 bits Studios lorsqu’elle montre This War of Mine, c’est que son titre fait déjà polémique auprès d’une certaine presse. Selon certains, s’occuper d’un groupe de civils en pleine guerre ne doit surtout pas être le sujet d’un jeu vidéo, on ne doit tout simplement pas s’amuser avec la misère des gens.

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14/18 : Le scandale enterré

Les experts militaires estiment qu’un milliard d’obus ont ravagé le sol français pendant la Première Guerre mondiale. Cent millions d’entre eux n’ont pas explosés et parsèment encore les campagnes du nord de la France.

En se décomposant, ils libèrent leur contenu, extrêmement nocif. Ainsi, ypérite (gaz moutarde), perchlorate, arsenic, mercure et plomb imprègnent les nappes phréatiques et menacent la santé publique.

Durant six mois, les journalistes ont sillonné l’Hexagone, à la recherche des secrets sur la pollution de la guerre. En Picardie, au Chemin des Dames, haut lieu des affrontements de la Grande Guerre, les agriculteurs prélèvent une quarantaine de bombes chaque année.

(Merci à Courir vite)

Verdun (55) : Les ravages persistants des armes chimiques de 14-18

Cent ans après le début de la Grande guerre, les armes chimiques nuisent toujours à l’environnement. Près de Verdun, tout une zone reste meurtrie.

Place à gaz” : drôle de nom pour une clairière. C’est pourtant ainsi qu’on nomme cet endroit dans le nord-est de Verdun. Un territoire qui fait partie de la zone la plus dévastée lors de la Première guerre mondiale. L’accès y est interdit. En 1929, 200.000 obus chimiques y furent incinérés. Depuis, plus rien ne vit ici. Le sol est gorgé d’arsenic.

Vous n’entendez pas de bruits d’oiseaux, d’insectes… On n’entend rien. C’est vraiment le silence intégral“, confie Daniel Mérignargues, sous-préfet de Verdun. Durant la guerre de 1914-1918, les gaz asphyxiants ont tué 100.000 personnes et fait 1 million de blessés.

Dans les bois alentours, les démineurs interviennent un millier de fois par an. “On est vraiment dans les tranchées là“, commente l’un d’eux. Ils se surnomment les “éboueurs de l’Histoire”. Au camp militaire de Suippes (Vienne), 18.000 obus chimiques sont stockés. Ils doivent être détruits lors d’un programme censé débuter dans deux ans.