État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 5e partie

IV Le Combat

La pureté idéologique de l’État islamique offre au moins un avantage : elle nous permet de prévoir certaines de ses actions. Ben Laden était difficilement prévisible. Il avait achevé son dernier entretien télévisé sur CNN de manière mystérieuse. A la question de Peter Arnet concernant ses futurs plans, il avait répondu: “vous le verrez et vous en entendrez parler dans les médias, si Dieu le veut”. L’État islamique claironne au contraire ouvertement ses plans – pas tous, mais suffisamment pour qu’en l’écoutant avec attention nous puissions déduire comment il compte s’étendre et gouverner.

Par Graeme Wood - Traduction libre réalisée par Fortune.

A Londres, Choudary et ses étudiants ont décrit dans le détail la manière dont l’EI devait désormais mener sa politique étrangère en tant que califat. Il a déjà repris ce que la loi islamique désigne comme le “djihad offensif”, à savoir l’expansion par la force dans les pays dirigés par les non-musulmans.

Choudary explique : “Jusqu’à maintenant nous ne faisions que nous défendre. Sans califat, le djihad offensif reste un simple concept. Mais la guerre d’expansion est un devoir essentiel du calife.

Difficile pour Choudary de faire passer les lois de la guerre, appliquées par l’EI, comme clémentes plutôt que brutales. Il m’affirme que l’État est obligé de terroriser ses ennemis – c’est un commandement sacré que de les effrayer à grands renforts de décapitations, crucifixions, mises en esclavage des femmes et des enfants, parce que toutes ces actions précipitent la victoire et évitent l’enlisement.

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Les inovations technologiques et militaires de la Seconde guerre mondiale

Ce documentaire révèle les armes, les inventions et les véhicules qui ont façonné la Seconde Guerre Mondiale. Sous la forme d’un compte à rebours et en compagnie d’experts, décryptez le plus grand conflit de tous les temps au travers du matériel incroyable utilisé qui a permis de faire pencher la balance et de changer le monde.

État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 4e partie

III. L’Apocalypse

Tous les musulmans admettent que seul Dieu connaît l‘avenir. Mais ils admettent également qu’il nous a accordé un moyen de l’entrevoir grâce au Coran et aux paroles du Prophète. L’État islamique considère que l’origine divine de ces écritures et de ces récits tient une place centrale. En cela, il se distingue de presque tous les autres groupes djihadistes du moment. C’est dans cet aspect des choses qu‘il est le plus audacieux par rapport à ses prédécesseurs, en donnant à sa mission une nature très clairement religieuse.

Par Graeme Wood

Pour faire simple, al-Qaeda agit comme un mouvement politique clandestin aux visées planétaires et intemporelles – l’expulsion des non-musulmans de la péninsule arabique, l’abolition de l’État d’Israël, la fin du soutien aux dictatures dans les pays musulmans.

L’État islamique possède également des objectifs globaux (incluant, partout où il s’est implanté le ramassage des ordures et le maintient de la distribution d’eau), mais la fin des temps constitue un leitmotiv de sa propagande. Ben Laden faisait rarement mention de l’apocalypse et lorsque c’était le cas, il avait l’air de penser qu’il serait mort depuis longtemps quand sonnerait enfin l’heure du jugement dernier.

Will McCants, membre du Brookings Institution et auteur d’un ouvrage en cours sur la pensée apocalyptique de l’État islamique, affirme que “Ben Laden et Zawahiri appartiennent à l’élite des familles sunnites et regardent avec une certaine condescendance ce genre de spéculations populaires“.

État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 3e partie

II. Territoire

Le nombre de musulmans étrangers ayant émigré vers l’État islamique est estimé à plusieurs dizaines de milliers. Les recrues viennent de France, du Royaume-Uni, de Belgique, d’Allemagne, de Hollande, d’Autriche, d’Indonésie, des États-Unis et de bien d’autres pays. Beaucoup sont venus pour combattre, et beaucoup entendent y mourir.

Par Graeme Wood

Peter R Neumann, professeur au King’s College de Londres, m’a affirmé que les discussions en ligne jouent un rôle essentiel pour la diffusion de la propagande et pour s’assurer que les nouveaux venus savent ce qu’il faut croire.

Le recrutement par internet a également contribué à élargir la démographie de la communauté djihadiste, en permettant à des musulmanes conservatrices -ne quittant pas leur domicile- d’entrer en contact avec des recruteurs, de se radicaliser et d’organiser leur voyage en Syrie. Grâce à ces appels vers les deux sexes, l’État islamique espère construire une société à part entière.

Au mois de novembre, je me suis rendu en Australie pour rencontrer Musa Cerantonio, un homme âgé d’une trentaine d’années que Neumann et d’autres chercheurs avaient identifié comme une des deux plus importantes “autorités spirituelles” pour ce qui est d’inciter les étrangers à rejoindre l’État islamique.

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État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 2e partie

I. La Dévotion

En novembre, l’État islamique a diffusé un publi-reportage faisant remonter ses origines à Ben Laden. Abu Musa’b al Zarqawi, le cruel chef d’al-Qaeda en Irak de 2003 jusqu’à sa mort en 2006, y est considéré comme un géniteur plus récent. Deux autres chefs de guerre lui ont succédé avant l’arrivée de Baghdadi, le calife. Ayman al Zawahiri, le chirurgien ophtalmologiste égyptien au look d’intellectuel, successeur de Ben Laden à la tête d’al-Qaeda, n’y est pas mentionné.

Zawahiri n’a pas prêté allégeance à Baghdadi et il est de plus en plus détesté par ses camarades djihadistes. Son absence de charisme aggrave son isolement. Dans les vidéos, il apparaît biaiseux et ennuyeux. Mais la scission entre al-Qaeda et l’État islamique a mis du temps à se concrétiser et elle explique en partie la soif de sang hors norme de ce dernier.

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État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 1e partie

Nous publions ici l’article d’un journaliste américain, Graeme Wood de la revue The Atlantic, relatif aux objectifs et à la nature profonde du groupe l’État islamique. Comme il est de coutume sur le site, cette publication ne constitue pas l’expression de notre adhésion aux analyses et aux conclusions de l’auteur, mais son approche peu commune et plutôt originale dans le paysage médiatique français nous est apparue digne d’intérêt et propre à nourrir la réflexion sur une question qui demeure, quoiqu’il en soit, des plus complexes. Extrêmement (sic!) long et détaillé, il fera l’objet de 6 articles distincts. Fortune.

L’État Islamique est sans conteste un ramassis de psychopathes. Mais c’est aussi un groupe religieux avec des croyances très spécifiques, parmi lesquelles la certitude de l’imminente fin des temps. Une certitude qui imprègne fortement sa stratégie mais qui nous offre également des pistes pour la mettre en échec.

Par Graeme Wood – Traduction libre réalisée par Fortune.

D’où vient l’État islamique et quelles sont ses intentions ?

La simplicité de ces questions peut être trompeuse, et il est probable que seuls quelques dirigeants occidentaux soient en mesure d’y répondre.

Au mois de décembre, le New York Times publiait des propos confidentiels du général de division Michael K. Nagat, commandant des opérations spéciales américaines pour le Moyen-Orient :

” Nous n’avons pas vaincu l’idée… Nous ne l’avons même pas comprise“,

illustrant ses difficultés à seulement pouvoir donner du sens à l’appel de l’État islamique.

Au cours de l’année écoulée, le président Obama l’a, quant à lui, défini comme n’étant

“pas islamique”

ou encore l’a qualifié “d’équipe junior” d’al-Qaeda.

Autant de déclarations qui reflètent la confusion régnant à propos de ce groupe, une confusion qui est sans doute à l’origine d’importantes erreurs stratégiques.

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Le destin de Rome

Alliant images de synthèse et dialogues en latin et en grec, une reconstitution spectaculaire des batailles de Philippes et d’Actium, deux épisodes cruciaux dans la rivalité qui opposa les héritiers de Jules César.

Partie 1:

En 44 avant J.-C., Jules César est assassiné par Brutus et Cassius, deux sénateurs hostiles à sa toute-puissance. Marc Antoine, le bras droit de César, et le jeune Octave, son petit-neveu et héritier de ses biens, s’emparent du pouvoir et en appellent à la vengeance.

À l’automne – 42, les deux hommes gagnent la Grèce pour défier les conjurés mis en fuite lors de la bataille de Philippes. 200.000 soldats, césariens et républicains, s’affrontent dans des combats d’une rare violence qui font 30.000 morts.

Démontrant une fois encore l’étendue de son génie militaire, Marc Antoine sort vainqueur de cette guerre et assoit sa légitimité auprès du peuple.

Partie 2:
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Ukraine : Entretien avec Guillaume Lenormand, un Français volontaire dans le Donbass

Loin des décisions prises en haut lieu, il se trouve de jeunes Européens, qui par idéalisme, par conviction politique, par idéal, ont décidé d’aller se battre en Ukraine et en Novorossia dans un camp ou dans un autre. Ce fût le cas de ces volontaires partis soutenir la révolution de Maïdan, par conviction nationalistes-révolutionnaires. C’est également le cas de cette poignée de Français, partis aux côtés d’autres Européens dans le Donbass défendre les partisans de Novorussia contre les forces armées ukrainiennes et les milices .

Rencontre avec Guillaume Lenormand, qui s’est engagé il y a plusieurs mois déjà dans le Donbass, au nom d’un idéal Européen et anti-impérialiste. Pour connaitre les raisons de son engagement, mais pour avoir également son avis sur la situation, son ressenti, loin des interprétations de salon que peuvent en faire les médias occidentaux trop souvent cantonnés à reprendre des dépêches AFP.

Pouvez-vous expliquer les raisons de votre engagement en Ukraine et en Novorossia ?

Guillaume Lenormand : Pour faire vite, je suis un militant nationaliste français, licencié en histoire, ayant fait un peu de tout (dont du dessin de presse sous le pseudonyme de Krampon).

La politique en France me semblant une impasse, j’avais envie d’aller défendre mes idées sur le terrain, de la manière la plus simple et la plus radicale. La Novorossia représentant pour moi l’exemple-type d’une « révolte contre le monde moderne », il m’a semblé assez naturel de m’engager pour elle. Ou alors peut-être que, comme mes camarades, j’avais trop lu Corto Maltese, Dimitri et Jean Mabire.

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Papa vends des armes : Les nouveaux VRP de la guerre [Rediff.]

En France, 160.000 personnes travaillent pour les usines d’armement. Une industrie qui cultive le secret, et qui n’a pas toujours bonne réputation. Mitrailleuses, bazookas, fusils d’assaut: des lignes d’assemblage jusqu’aux foires internationales de la guerre, les employés de ces entreprises se battent pour décrocher de nouveaux contrats.

Quels sont les secrets de cette profession si particulière ? Des missiles aux avions de combat, peuvent-ils vendre leur dangereux arsenal à tous les États ? En marge des ventes légales prospèrent des filières parallèles : le marché noir des armes de guerre.

L’une de ses figures les plus célèbres s’appelle Viktor Bout. Ce Russe longtemps insaisissable a inspiré à Hollywood le film «Lord of War». Les équipes d’«Enquête exclusive» l’ont rencontré dans sa prison en Thaïlande.

 

Russie : Avis de gros temps sur l’économie

A chaque saison son choc. Après l’annexion de la Crimée au printemps, l’escalade des sanctions cet été, la chute brutale du prix des hydrocarbures cet automne, l’économie russe subit l’effondrement du rouble depuis novembre dernier. Rouvrant les cicatrices des années 1990, cette crise de change laissera des traces. Car elle expose au grand jour des faiblesses structurelles longtemps sous-estimées par le pouvoir.

Si le rattachement de la Crimée est interprété au Kremlin comme un succès militaire et politique, le bilan économique de l’année 2014, marquée par l’adoption de sanctions occidentales à l’encontre de la Russie, est loin d’être positif. L’ampleur de la chute du rouble vis-à-vis du dollar (-42% entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2015) a effacé les gains de puissance économique relative réalisés depuis 2009.

Le pays a rétrogradé du dixième au seizième rang mondial en termes de produit intérieur brut (PIB) au taux de change courant. Les autorités visaient une inflation réduite à 5 % ; elle a plus que doublé et s’établit à 11,4 %. La croissance devait se redresser à 3,5 % ; dans le meilleur des cas, elle sera nulle en 2014 et fera place à une récession en 2015 (entre -3 % et -4,5 % selon les prévisions du gouvernement).

La diversification industrielle devait être relancée ; la production d’automobiles a chuté lourdement. Le leader Avtovaz a déjà supprimé plus de dix mille postes et s’apprête de nouveau à licencier. Si la situation continue de se dégrader, nul doute que ses concurrents lui emboîteront le pas.
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Radio Courtoisie : « Comprendre la guerre » (Audio)

Le samedi 10 janvier 2015, dans l’émission “Le Libre journal des lycéens” sur Radio Courtoisie, Pascal Lassalle recevait le lieutenant-colonel Olivier Entraygues, officier d’infanterie, afin de présenter son ouvrage intitulé :« JFC Fuller : comprendre la guerre », présentant la pensée stratégique du britannique.

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Entré en service en 1987, le lieutenant-colonel Entraygues a successivement servi au 35e RI, au 8e Groupe de chasseurs, au 152e RI, à l’EMF 4 de Limoges puis au centre d’entraînement des postes de commandement de Mailly le camp.
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1940, l’or de la france a disparu (Rediff)

Pendant toute la durée de la guerre, mises à l’abri hors de l’Hexagone, les réserves d’or détenues par la Banque de France échappent à l’Allemagne et aux Alliés. Les 2500 tonnes de lingots et de pièces entreposées au siège, le deuxième plus gros stock mondial, constituent alors un patrimoine très convoité.

Dès leur entrée dans Paris, les officiers du Reich tentent de s’en emparer. Une course contre la montre s’engage alors pour faire sortir le trésor de la métropole. En l’espace d’un mois, 300 camions prennent la route. La marine prend le relais. A la fin de la guerre, seulement 395 kilos d’or manqueront à l’appel. Retour sur cette incroyable épopée.

25 décembre 1914 : « Un jour de Noël étrange et unique »

Il y a cent ans tout rond, les soldats de tous bords s’apprêtaient à passer dans les tranchées le premier Noël de la “Der des Der“. Et le temps d’une nuit, quelques combattants aménagèrent une sorte de pause informelle dans les combats - les fameuses “trêves” de Noël 14.

Photo prise le 26 décembre, elle montre des soldats allemands du 134e régiment de Saxons et des soldats anglais du Royal Warwickshire Regiment.

Il serait évidemment faux d’écrire que la ligne de front fut le temps d’une nuit de décembre un havre de paix, de fraternité et d’humanisme. On tua à Noël comme on tuait depuis quatre mois.

Il reste qu’ici ou là, de façon isolée et spontanée, quelques soldats cherchèrent bel et bien à tenir la guerre en respect. Retour sur ces heures suspendues au milieu de l’immense tuerie qui ne faisait que commencer.

Le froid, la boue et l’hiver sur le front immobile
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“Operation Socialist” : la cyberguerre entre Européens

Londres a piraté pour Washington les données de Belgacom, opérateur des institutions européennes, au risque de saborder le réseau. Un véritable acte de guerre.

Par Guerric Poncet

Si vous pensez que l’Europe est une union, vous vous trompez.

Londres l’a prouvé en piratant et en mettant en péril le principal opérateur télécom de Belgique, Belgacom, qui gère les télécommunications de l’Union européenne.

Selon l’enquête publiée samedi conjointement par De Standaard (Belgique), NRC Handelsblad (Pays-Bas) et The Intercept (média américain proche du lanceur d’alerte Edward Snowden), les services secrets britanniques ont non seulement mis sur écoute les télécommunications de l’Union européenne, mais

ils ont aussi agi de façon très agressive, menaçant la stabilité des infrastructures réseau du continent européen.

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Ukraine : Sur le front avec les milices russes

«Ce qu’on vient combattre ici, ce n’est pas la démocratie, mais l’anarchie : la cinquième colonne pro-occidentale qui veut saper notre mère patrie… » Oleg est sûr de sa cause. Il ne semble prêter aucune attention aux obus et missiles qui explosent de plus en plus près. Carrure de catcheur, fusil automatique sous le coude, il met un point d’honneur à marcher lentement vers la première ligne, à découvert sur un pont de bretelle d’autoroute défoncée, offrant sa haute silhouette aux snipers de l’armée ukrainienne sans même daigner courber la tête.

Son énorme chapka de mouton angora flotte au vent comme un panache blanc, alors que plusieurs de ses hommes progressent à ses côtés en tenue camouflage, s’abritant derrière les rambardes criblées d’éclats pour ajuster leurs tirs.

Originaire d’Ossétie du Sud, une province russe au fin fond du Caucase, Oleg combat dans l’est de l’Ukraine depuis le mois d’avril. Et si le Kremlin évite d’admettre que l’armée régulière épaule les rebelles séparatistes du Donbass, il ne fait pas mystère du rôle crucial qu’y jouent ses « volontaires » venus de Russie.

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Armes et munitions dans le conflit ukrainien (étude australienne)

La société d’experts-conseils en armement ARES a réalisé une étude de plusieurs mois sur les armes et munitions actuellement déployées et mises œuvre dans le conflit ukrainien. Son rapport, qui met en lumière l’armement des deux camps, fait état de plus d’une centaine de systèmes d’armes et pas moins de soixante-dix munitions différentes, productions nationales antérieures à la chute de l’URSS ou modèles plus récents, parfois importés de l’étranger. Autant de critères utiles à l’analyse du déroulement d’un conflit.

(Document en anglais. A lire avec attention et précaution mais néanmoins intérêt.).

Via theatrum-belli.org

armamentresearch.com

” La Décomposition des Nations ” par Leopold Kohr (1946)

Au lieu d’essayer désespérément de gonfler les talents limités de l’homme à un niveau permettant de faire face à l’énormité, l’énormité est découpée jusqu’à une taille où elle peut être gérée même par les talents limités de l’homme. En miniature, les problèmes perdent à la fois leur caractère terrifiant et leur portée, ce qui est tout ce que la société peut jamais espérer.

Notre choix semble donc ne pas être entre crime et vertu mais entre crime énorme et menu crime ; pas entre guerre et paix, mais entre grandes guerres et petites guerres, entre guerres totales et indivisibles et guerres locales et divisibles.

Il est donc tout à fait vrai qu’un monde de petits états pourrait ne pas être du tout paisible, mais être constamment bouillonnant de guerres telles que celles qui caractérisaient le Moyen Âge. Mais à quoi ressemblaient donc ces fameuses guerres médiévales ? Le Duc de Tyrol aurait déclaré la guerre au Margrave de Bavière parce que le cheval de quelqu’un avait été volé. La guerre dura deux semaines. Il y eut un mort et six blessés. Un village fut pris, et tout le vin qui était dans la cave de l’auberge bu. On fit la paix, et la somme de cent thalers fut payée en réparations.

L’Archevêché de Salzburg et la Principauté de Liechtenstein tout proches entendirent parler de l’événement quelques semaines plus tard et le reste de l’Europe n’en entendit jamais parler.

This war of mine : survivre dans une ville assiégée (jeux vidéos)

Dans le jargon du jeu vidéo, un jeu de guerre, c’est soit un jeu de tir, soit un jeu de stratégie. C’est en tout cas un titre où l’objectif consiste à remporter la bataille d’une manière ou d’une autre. Pourtant, la guerre n’est pas simplement une histoire de soldats puisque chaque conflit touche aussi la population civile. Comment survivre au jour le jour alors que les balles sifflent dehors ? Comment garder l’espoir au milieu du chaos ? This War of Mine tente d’apporter un éclairage sur ces questions, en traitant le sujet sous la forme d’un jeu vidéo.

Par Jihem

 

 

L’une des premières choses que partage l’équipe de 11 bits Studios lorsqu’elle montre This War of Mine, c’est que son titre fait déjà polémique auprès d’une certaine presse. Selon certains, s’occuper d’un groupe de civils en pleine guerre ne doit surtout pas être le sujet d’un jeu vidéo, on ne doit tout simplement pas s’amuser avec la misère des gens.

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14/18 : Le scandale enterré

Les experts militaires estiment qu’un milliard d’obus ont ravagé le sol français pendant la Première Guerre mondiale. Cent millions d’entre eux n’ont pas explosés et parsèment encore les campagnes du nord de la France.

En se décomposant, ils libèrent leur contenu, extrêmement nocif. Ainsi, ypérite (gaz moutarde), perchlorate, arsenic, mercure et plomb imprègnent les nappes phréatiques et menacent la santé publique.

Durant six mois, les journalistes ont sillonné l’Hexagone, à la recherche des secrets sur la pollution de la guerre. En Picardie, au Chemin des Dames, haut lieu des affrontements de la Grande Guerre, les agriculteurs prélèvent une quarantaine de bombes chaque année.

(Merci à Courir vite)

Verdun (55) : Les ravages persistants des armes chimiques de 14-18

Cent ans après le début de la Grande guerre, les armes chimiques nuisent toujours à l’environnement. Près de Verdun, tout une zone reste meurtrie.

Place à gaz” : drôle de nom pour une clairière. C’est pourtant ainsi qu’on nomme cet endroit dans le nord-est de Verdun. Un territoire qui fait partie de la zone la plus dévastée lors de la Première guerre mondiale. L’accès y est interdit. En 1929, 200.000 obus chimiques y furent incinérés. Depuis, plus rien ne vit ici. Le sol est gorgé d’arsenic.

Vous n’entendez pas de bruits d’oiseaux, d’insectes… On n’entend rien. C’est vraiment le silence intégral“, confie Daniel Mérignargues, sous-préfet de Verdun. Durant la guerre de 1914-1918, les gaz asphyxiants ont tué 100.000 personnes et fait 1 million de blessés.

Dans les bois alentours, les démineurs interviennent un millier de fois par an. “On est vraiment dans les tranchées là“, commente l’un d’eux. Ils se surnomment les “éboueurs de l’Histoire”. Au camp militaire de Suippes (Vienne), 18.000 obus chimiques sont stockés. Ils doivent être détruits lors d’un programme censé débuter dans deux ans.

Nom de code : « Poilus d’Alaska »

L’incroyable convoyage de 436 chiens de traineaux qui franchirent l’Atlantique pour venir épauler les soldats français enlisés sur le front des Vosges en 1915. Un superbe documentaire au souffle épique.

15 août 1915. Le capitaine Moufflet et le sous-lieutenant Haas embarquent pour New York. Ils ont cent vingt jours pour effectuer une mission peu ordinaire : trouver et ramener en France 400 chiens de traineaux. Enlisée sur le front des Vosges dans cette Première Guerre mondiale qui se prolonge, l’armée française craint un autre hiver glacial.

Germe alors l’idée folle d’utiliser des chiens de traineaux pour ravitailler les bataillons cerclés par la neige et évacuer leurs blessés. Mais on ne convoie pas sans embûches 436 bêtes sauvages dans une Amérique où les compagnies maritimes préfèrent rester neutres et où rôdent des espions allemands.

L’homme qui murmurait à l’oreille des chiens
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Loin des tranchées : quand les multinationales européennes engrangeaient déjà les profits de la guerre

Septembre 1914. Alors que les armées allemandes envahissent le Nord de la France, la mobilisation générale sonne aussi pour les industriels. Le gouvernement charge de grands patrons français de réorganiser l’économie, placée au service de la guerre. Mais pas question pour autant de sacrifier les profits ! Des deux côtés du Rhin, les bénéfices explosent pour quelques grandes entreprises. Une situation qui suscite colères et débats alors que des centaines de milliers d’hommes tombent au front. Plusieurs de ces « profiteurs de guerre » d’hier sont devenus les multinationales d’aujourd’hui.

George Grosz : “Eclipse de soleil”

6 septembre 1914. Les avant-gardes allemandes arrivent à Meaux, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Interrompant trois semaines de retraite, les armées françaises et britanniques font volte-face pour mener la première bataille de la Marne. À l’arrière, la mobilisation industrielle commence. Car la guerre semble devoir durer. Après un mois de conflit, l’armée manque déjà d’artillerie et de munitions. L’état-major réclame 100 000 obus par jour pour ses fameux canons de 75 alors que les ateliers n’en fabriquent que 10 000.

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L’homme mystère de l’Europe [Rediff.]

Basil Zaharoff est aujourd’hui tombé dans l’oubli. Il fut pourtant, en son temps, l’un des marchands d’armes les plus influents du monde.

Basil Zaharoff, alias Basil Bazaroff pour Hergé

C’est lui que le dessinateur Hergé représente, dans l’album de Tintin « L’Oreille cassée », sous les traits du vendeur d’armes incitant le général Alcazar à s’armer pour prendre le contrôle d’une région riche en pétrole, avant de s’envoler pour l’État voisin et vendre les mêmes armes au dictateur voisin !

Une façon de faire dans laquelle Zaharoff était effectivement passé maître ! Avec son chapeau rond, sa barbichette blanche, sa canne et son loden vert, le personnage créé par le dessinateur belge ressemble d’ailleurs en tout point à son illustre modèle ! Caricaturée par Hergé, sa méthode se révèle d’une redoutable efficacité : vendre des armes à un pays en amplifiant la menace représentée par son voisin et ennemi, puis aller voir ce dernier et jouer exactement la même partition !

Sa vie est un véritable roman, parsemé d’aventures incroyables et de zones d’ombre qui lui valurent son surnom d’« homme mystère de l’Europe ». Zacharias Basiléos Zarapoulos naît en Turquie en 1849, dans une famille grecque misérable installée depuis des lustres à Constantinople.

Sur sa jeunesse d’enfant des rues du quartier pauvre de Tatavla, le futur marchand d’armes refusa toujours de lever le voile. Fut-il guide touristique, comme il le prétendit plus tard, ou rabatteur pour un bordel de marins, une version sans doute plus conforme à la vérité ? Entre 1866 et 1870, il disparaît totalement de la circulation.

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Il était une fois la Terre (1978)

« Il était une fois la Terre » est le dernier épisode de « Il était une fois l’Homme », sortant du contexte purement historique en présentant une vision prospective sur le futur de l’humanité, cet épisode met l’accent sur les conséquences de la pollution, de l’amoncellement des déchets toxiques, de l’épuisement des ressources naturelles et de l’augmentation de la population humaine.

Partie 1:

Partie 2:

La façon dont ces sujets sont traités est très représentative des préoccupations accentuées par les années 1970, durant lesquelles les pionniers de l’écologie politique s’inquiétaient de l’explosion démographique et de l’explosion de la consommation, s’appuyant sur le rapport du Club de Rome ou les écrits de René Dumont, de Paul Ehrlich et d’autres.

La croissance de la société industrielle, qui tend à s’étendre dans le monde entier pour conquérir de nouveaux marchés, y est résumée de façon cinglante : « Il faut former des consommateurs par centaines… par milliers… par centaines de milliers… et tout ça pour que les usines tournent. »

Le narrateur s’inquiète des conséquences environnementales de la croissance industrielle et souligne la dangerosité des conflits sociaux qui pourraient rendre cette situation explosive. Il se prononce donc pour un arrêt de la croissance industrielle, évoquant le rapport du Club de Rome de 1972, et pour un arrêt de la croissance démographique : les personnages plaident pour une limitation des naissances à la hauteur du nombre de décès de manière à stabiliser la population humaine.
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Grèce : « Les murailles de feu »

Dans ce roman historique nous suivons le déroulement de la vie d’un jeune Grec, Xéon, dont la Cité, Astakos, va être détruite et la population massacrée. Confronté à cette situation terrible, lors de laquelle il perd ses parents alors qu’il n’est âgé que de dix ans, il prend la décision de devenir un guerrier et de rejoindre la Cité grecque la plus réputée sur ce point: Sparte.

Ce faisant, il va être mêlé à une fabuleuse page de l’histoire antique se déroulant en 480 avant notre ère, pendant l’invasion de la Grèce par le roi de Perse Xerxès, fils de Darius: la bataille du défilé des Thermopyles.

Six jours durant, sous le regard des dieux, cet étroit passage sera le théâtre de combats sans merci, lors de laquelle trois cents spartiates et quatre mille combattants grecs d’autres cités vont opposer une résistance farouche aux armées de l’empire perse.

Celles-ci rassemblant, selon l’historien Hérodote, deux millions d’hommes, traversèrent l’Hellespont, c’est-à-dire l’actuel détroit des Dardanelles, afin d’envahir et asservir la Grèce. Racontée par un survivant, c’est ce choc inégal – et, au-delà, toute l’histoire et la vie quotidienne de Sparte – que fait revivre Steven Pressfield dans ce roman traversé par «un formidable souffle d’authenticité».
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La Guerre Des Robots (Vidéo)

Lors de la guerre en Afghanistan, l’armée américaine a pu compter sur 7 000 robots dans les airs et 12 000 sur terre. Aujourd’hui, plus de 40 pays ont recours aux robots pour faire la guerre, une situation qui soulève beaucoup de questions éthiques.

Réalisé par Leif Kaldor (Etats-Unis 2011)

Pervitine : La pilule de Göring

La méthamphétamine a été souvent donnée aux troupes combattantes et aux pilotes en temps de guerre par leur gouvernement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle était d’usage chez la plupart des belligérants, notamment en Allemagne et chez ses alliés sous le nom de Pervitine.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande a distribué de la pervitine dans ses divisions à tous les niveaux. Elle est utilisée sous le nom de « Panzerschokolade », « tablettes Stuka » ou encore « pilules Hermann Göring  ». Le but recherché est de diminuer l’anxiété et d’augmenter puissance et concentration chez les soldats et les pilotes.

Entre avril et juin 1940, la Wehrmacht et la Luftwaffe auraient utilisé plus de 35 millions de comprimés de pervitine. Cette drogue de guerre aurait participé grandement à l’efficacité de la blitzkrieg.

Cependant dès mi-1941 le médicament n’était plus en vente libre, mais disponible uniquement sur ordonnance. Cela en a réduit l’utilisation de manière significative.

(Merci à Titi)

Les jihadistes de l’État islamique seraient aux portes de Bagdad

ERBIL, Irak — Après une semaine d’offensive dans l’Ouest de l’Irak, les militants de l’État islamique ont pris le contrôle des villes clefs de la province d’Anbar et ont entamé le siège d’une des plus grande base militaire du pays, plaçant Bagdad à portée de leurs canons.

By Mitchell Prothero (Traduction libre, par FORTUNE)

Location: The militants are understood to have had their advance halted by U.S. airstrikes on Sunday at Ameriyat Al-Falluja  - a small city about 18 miles south of Fallujah and 40 miles west of Baghdad. But the clashes did not force the bulk of the fighters to retreat and many are said to have now advanced closer to the capital

 L’Etat islamique et ses alliés tribaux maîtrisent la province d’Anbar depuis leur dernière offensive surprise de décembre, mais leur avancée réalisée cette semaine est particulièrement préoccupante. Pour la première fois cette année,

les insurgés islamistes seraient présents en force à Abu Ghraib, la dernière ville de l’Anbar située dans les faubourgs de la capitale.

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Irak : Achetons-nous du pétrole à l’État Islamique ?

A quel jeu de dupes jouent les gouvernements européens recrutés dans la coalition new-look constituée toutes affaires cessantes par Barak Obama contre l’État Islamique (EI)? Après pétrole contre nourriture, l’Irak sera-t-il le théâtre d’une nouvelle saga pétrole contre barbus?

La question n’est pas superflue à en juger par la manière dont on essaie depuis quelques jours de nous convaincre de l’extrême dangerosité de la clique de Abu Bakr al-Baghdadi l’émir à la Rolex (“…Il n’y a pas de temps à perdre face à la menace des djihadistes de Daesh qui a pris le contrôle de larges secteurs de territoires irakien et syrien, multipliant les exactions… » disait encore récemment François Hollande qui est prêt à toutes les aventures internationales pour oublier l’espace d’un instant son lent mais inexorable naufrage domestique).

Dangereux sûrement, ne serait ce que par l’appel à l’union sacrée et au soutien des forces de l’émir que viennent de lancer Aqmi (Al Qaida au Maghreb Islamique) et Aqpa (Al Qaida dans la Péninsule Arabique), en réaction à la mobilisation de la coalition occidentale.

Manquerait plus que l’annonce d’une association plus étroite entre le Front Al Nosra, en quelque sorte, la « filiale » syrienne d’Al Qaida, avec EI pour préparer un joli feu d’artifice local au cas où le locataire de la Maison Blanche se serait mis en tête de lancer la guerre d’Irak version III.
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Ukraine: ces volontaires qui ravitaillent et équipent leur armée

Edward faisait partie de Autogromoda, une section d’Euromaidan en voitures, qui pendant Maidan s’occupait d’organiser des actions en dehors de la place Maidan, et aussi de ravitailler Maidan en vivres, en matériaux pour construire les barricades, ou en pneus et essence pour la défense de la place.

Avec le début de l’agression russe contre l’Ukraine, Edward et son organisation de volontaires ont commencé à aider l’armée ukrainienne en réunissant des fonds pour acheter des gilets pare-balles.

Son organisation fait partie d’un réseau spontané de volontaires qui sont apparus dans toute l’Ukraine pour soutenir leur armée. Portrait d’un réseau de volontaires, sans lesquels l’armée ukrainienne serait dans une bien plus mauvaise posture. 

Edward, dans un de ses gilets pare ballesEdward, dans un de ses gilets pare balles

L’inaction des services publics

” Ces réseaux de volontaires sont, en pratique, le vrai ministère de la défense ukrainien, car notre ministère ne fait rien pour nos soldats “.

Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est la conviction de ces volontaires, et les faits tendent à renforcer leur vue. En effet, une grande partie du ravitaillement de l’armée est assurée par ces réseaux, soutenus par la société civile, sans intervention de l’état.

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Neuro-Pirates, Neuro-Esclaves

La désinformation est un procédé devenu systématique. La manipulation, auparavant un art, est devenue une science grâce aux avancées dans les domaines de la connaissance (sociologie, psychologie sociale, neurosciences, cognitivisme) et de la technologie (ondes radio, électro-acoustique, chimique, informatique, cybernétique).

L’ingénierie sociale, « modification planifiée du comportement humain », se veut alors la méthode ultime de destruction des mécanismes de cohésion sociale des civilisations. Guerre aux cerveaux, elle se veut une guerre à la vie.

Partie 1:

Partie 2:
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L’effondrement capitaliste et la poussée vers la guerre

[La Rédaction de Fortune ne partage pas forcément toutes les analyses ni les préconisations de ce texte issu d'une publication trotskiste. Néanmoins, il nous a paru intéressant de le soumettre à la critique des lecteurs.]

L’aspect le plus frappant de la réunion, cette semaine, du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) ne sont pas les décisions, aussi importantes soient elles, qu’il a prises pour réduire encore davantage les taux d’intérêt officiels et initier l’achat de titres adossés à des actifs (ABS).

Otto Dix : “La guerre” (panneau central)

En réalité, c’est le profond sentiment de malaise qui a plané sur la réunion alors que les pouvoirs en place étaient confrontés au fait que six ans après l’effondrement du système financier mondial en 2008, non seulement ils ne sont pas plus près de trouver un train de mesures pour assurer une « relance » économique, mais la situation ne fait qu’empirer.

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1914 : Quand les multinationales engrangeaient déjà les profits de la guerre

Septembre 1914. Alors que les armées allemandes envahissent le Nord de la France, la mobilisation générale sonne aussi pour les industriels. Le gouvernement charge de grands patrons français de réorganiser l’économie, placée au service de la guerre. Mais pas question pour autant de sacrifier les profits !

Pyramide de casques allemands à New York en 1918

6 septembre 1914. Les avant-gardes allemandes arrivent à Meaux, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Interrompant trois semaines de retraite, les armées françaises et britanniques font volte-face pour mener la première bataille de la Marne. À l’arrière, la mobilisation industrielle commence. Car la guerre semble devoir durer. Après un mois de conflit, l’armée manque déjà d’artillerie et de munitions. L’état-major réclame 100.000 obus par jour pour ses fameux canons de 75 alors que les ateliers n’en fabriquent que 10.000.

Des deux côtés du Rhin, les bénéfices explosent pour quelques grandes entreprises. Une situation qui suscite colères et débats alors que des centaines de milliers d’hommes tombent au front. Plusieurs de ces « profiteurs de guerre » d’hier sont devenus les multinationales d’aujourd’hui.

Le 20 septembre, le ministre de la Guerre, le socialiste Alexandre Millerand, organise une réunion à Bordeaux, où le gouvernement s’est réfugié. Y participent des représentants du Comité des forges, la plus puissante organisation patronale française, des membres de l’influente famille Wendel, propriétaire des aciéries de Lorraine, et Louis Renault, fondateur des usines éponymes.
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Bertrand Russell : « Éloge de l’oisiveté »

Bertrand Russel (1872-1970) était mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique est un digne représentant de la philosophie analytique, considéré avec Gottlob Frege, et Alfred North Whitehead comme l’un des fondateurs de la logique contemporaine. Il reçut par ailleurs le prix Nobel de littérature en 1950. Ce cours essai est paru en 1932 sous le titre “In Praise of Idleness”.

Ainsi que la plupart des gens de ma génération, j’ai été élevé selon le principe que l’oisiveté est mère de tous vices. Comme j’étais un enfant pétris de vertu, je croyais tout ce qu’on me disait, et je me suis ainsi doté d’une conscience qui m’a contraint à peiner au travail toute ma vie. Cependant, si mes actions ont toujours été soumises à ma conscience, mes idées, en revanche, ont subi une révolution.

En effet, j’en suis venu à penser que l’on travaille beaucoup trop de par le monde, que de voir dans le travail une vertu cause un tort immense, et qu’il importe à présent de faire valoir dans les pays industrialisés un point de vue qui diffère radicalement des préceptes traditionnels. Tout le monde connaît l’histoire du voyageur qui, à Naples, vit 12 mendiants étendus au soleil (c’était avant Mussolini), et proposa une lire à celui qui se montrerait le plus paresseux. 11 d’entre eux bondirent pour venir la lui réclamer : il la donna donc au 12e. Ce voyageur était sur la bonne piste.

Toutefois, dans les contrées qui ne bénéficient pas du soleil méditerranéen, l’oisiveté est chose plus difficile, et il faudra faire beaucoup de propagande auprès du public pour l’encourager à la cultiver.

J’espère qu’après avoir lu les pages qui suivent, les dirigeants du YMCA lanceront une campagne afin d’inciter les jeunes gens honnêtes à ne rien faire, auquel cas je n’aurais pas vécu en vain.
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Exclusif : l’OTAN va attaquer la Russie avec 12 avions

Par Carl

Vous, je ne sais pas, mais moi, je suis quelque peu désappointé par la lecture des prises de positions sur l’Ukraine vues sur Twitter, Facebook et autres commentaires parus sur d’honorables sites d’information – sans même parler de sites plus folkloriques, et je ne parle pas là du Gorafi. Si vous le voulez bien, résumons les événements de ces derniers mois, vus par nos experts en relations internationale en herbe (attention, parodie. Mais pas trop quand même).

Tout commence par Euromaïdan : une poignée de fascistes soutenus par BHL et John McCain renverse le gouvernement ukrainien. Oui, ce sont des oligarques corrompus mais les autres aussi sont des oligarques corrompus, en plus, ils sont nazis. L’accord d’association proposé par l’Europe (tiens, c’est marrant, je pensais qu’au niveau défense, elle n’était nulle part) est en fait un accord d’association à l’OTAN. Que personne à l’OTAN ou à l’UE n’ait eu envie jusque là d’intégrer l’Ukraine dans leurs organisations respectives n’a rien à voir là-dedans. D’ailleurs, les habitants de Kiev, à part quelques naïfs, n’ont rien à voir là-dedans. Lire la suite

“Russian jihad” : Ces combattants russes partis faire la guerre en Ukraine

Depuis le début de la crise ukrainienne, Kiev accuse Moscou d’envoyer des armes et des hommes sur son territoire. Des accusations rejetées par les autorités russes. Pourtant, des combattants passent la frontière. Des jeunes Russes, souvent issus des mouvements nationalistes, recrutés sur le Web, qui partent défendre les populations russophones menacées par ce qu’ils appellent les “fascistes” de Kiev.