Internet, ou l’inversion du capitalisme

Par Pierre Desjardins, professeur de philosophie émérite du « collège universitaire » Montmorency, université de Laval, Québec, Canada.

Gratuit ! Tel est le mot-clé qui inspire tous ceux et celles qui, par milliards, naviguent sur le Web. Selon de nombreux experts, cette manne d’informations représente la plus grande révolution de ce siècle, et elle ne fait que commencer. Un capitalisme mieux adapté et plus « cool » se mettrait en place.

« Big Brother » a perdu son air d’autorité. Il a pris l’allure d’un copain sympathique et convivial sur qui nous pouvons compter pour tout savoir. Certains voient même dans ce partage d’informations l’avènement d’une nouvelle forme de socialisme planétaire. Les « hippies » de la Silicon Valley auraient-ils donc réussi à travers la naissance d’Internet à mettre en place un nouvel ordre social ? Beaucoup en sont persuadés !

Mais ne soyons pas dupes : le nouveau « deal » qu’offre Internet est une forme sophistiquée de capitalisme avancé, un renforcement du capitalisme par l’inversion en douceur de ses normes traditionnelles. Dans cette inversion, nous sommes transformés en simples produits que se vendent et se partagent les entreprises. Celles-ci nous consomment en nous achetant auprès des gros serveurs d’Internet, de la même façon qu’autrefois nous consommions leurs produits.

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La BnF accusée de privatiser des oeuvres du domaine public

La Bibliothèque nationale de France a passé des accords avec des sociétés privées pour numériser 70 000 livres et 180 000 disques. Elle est accusée de privatiser et de commercialiser le domaine public. Polémique.

Dans un communiqué de presse daté du 15 janvier 2013, le Ministère de la Culture et la Bibliothèque nationale de France ont annoncé avoir conclu deux partenariats avec des entreprises privées afin de numériser et valoriser 70 000 livres anciens et 180 000 disques.

Les oeuvres concernées par ces accords relèvent en partie du domaine public, et leur exploitation commerciale exclusive pour 10 ans par les entreprises partenaires, prévue par ces accords, suscite de vives réactions:

l’Association des Bibliothécaires de France (ABF) s’inquiète ainsi des conditions d’accès aux contenus numérisés, demande la publication des accords et “la suppression de toute clause réduisant la communication des oeuvres concernées à une prestation marchande”.

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[«] Sans papiers [»] : l’Aide médicale d’Etat dans le viseur

L’Aide médicale d’Etat (AME) devrait être retouchée lors du débat parlementaire sur le budget 2011, des députés de l’UMP pressant le gouvernement de restreindre ce dispositif destiné aux sans-papiers, tandis que les associations dénoncent une stigmatisation des étrangers.

Plusieurs députés ont lancé une offensive pour restreindre cette couverture médicale gratuite pour les étrangers en situation irrégulière aux faibles ressources (moins de 634 euros par mois pour une personne seule), qui bénéficie à 215.000 personnes et donne lieu, selon eux, à de coûteux abus.

(…)  l’AME permet actuellement une prise en charge à 100% du tarif de la Sécurité sociale, sans avances de frais, des soins de maladie et de maternité, ainsi que du forfait hospitalier.

(…) le monde associatif se mobilise. « L’attaque du dispositif AME, c’est faire passer des impératifs sécuritaires devant des impératifs de santé publique », a déclaré jeudi le Dr Jean-François Corty, de Médecins du Monde (MDM), lors d’une conférence de presse.

Entouré de représentants du Ciss (associations de patients) ou encore de l’ODSE (Observatoire du droit à la santé des étrangers), il a fait valoir qu’un bon accès aux soins des sans-papiers, au-delà des questions éthiques, coûtait moins à la collectivité que des soins urgents trop tardifs.

Pour les associations, l’idée selon laquelle des étrangers viendraient en France attirés par l’AME relèverait du « mythe ».

« Pourquoi voulons-nous un statut de stigmatisation pour cette population étrangère ? », s’est interrogé le président du Ciss, Christian Saout.

Alors que des chiffres parfois fantaisistes ont circulé sur le coût de l’AME, le ministère de la Santé fait état d’un coût de 540 millions d’euros en 2010.

La forte progression (+13%) enregistrée par rapport à 2009 est liée pour moitié à la hausse des effectifs, explicable en partie par la hausse du nombre de déboutés du droit d’asile ou encore du basculement vers l’AME de certains ressortissants communautaires inactifs.

De sources concordantes, le gouvernement envisage plusieurs mesures de régulation du dispositif.

Il s’agirait notamment d’exclure du champ de l’AME pour les adultes certains actes jugés « superfétatoires », comme les fécondations in vitro (FIV). Une contribution forfaitaire des bénéficiaires, déjà évoquée par Roselyne Bachelot, devrait être proposée, autour de 30 euros par an. (…)

Déjà en 2006… (Merci à Virginie)

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