Sucre ou gras : lequel est notre pire ennemi ?

Trop riche, notre alimentation devient un problème de santé publique, favorisant le cancer, le diabète, les maladies cardio-vasculaires… Mais qu’est-ce qui est pire : l’excès de sucre ou de graisse ?

Sur un ton alerte et humoristique, mais avec une grande rigueur scientifique, le documentaire répond à cette question en se fondant sur les expérimentations de jumeaux trentenaires. Une enquête scientifique aussi ludique qu’édifiante de la BBC.

Réalisé par David Stewart (Royaume-Uni 2014)

La Coca-colisation nuit gravement à la santé

Attablé à un stand de restauration sur un marché du centre de Mexico, Rubén Romero déguste son neuvième taco, une crêpe de farine de maïs garnie. Il en est à son deuxième Coca-Cola, une bouteille de 600 ml. “Pourquoi boire de l’eau quand on a les moyens de s’offrir des boissons qui donnent plus d’énergie ?”, justifie ce comptable de 40 ans qui peine à déplacer ses 102 kg. Comme lui, sept Mexicains sur dix sont gros, voire obèses. Les techniques marketing choc de la compagnie Coca-Cola sont montrées du doigt, dans un pays devenu le premier consommateur de sodas de la planète avec 163 litres annuels par personne.

Par Frédéric Saliba

Publié en juillet,

un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) révèle que le taux d’obésité des Mexicains (32,8 %) dépasse désormais celui des Américains (31,8 %),

même si, selon l’organisme onusien, la proportion d’obèses au Koweït (42,8 %) ou en Arabie saoudite (35,2 %) reste supérieure. “Mais si l’on ajoute les personnes en surpoids, le Mexique est sans doute numéro un mondial”, s’alarme Abelardo Avila, chercheur à l’Institut mexicain de santé et de nutrition.

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Industrie agro-alimentaire : “Les lourds dossiers du light”

Le light est devenu un poids lourd de l’agro-alimentaire en France. Le chiffre d’affaire des produits allégés se compte maintenant en dizaines de milliards d’euros.

Pour certains produits, il ne reste plus que du light. 97% des chewing-gums vendus en France sont “sans sucre”. Un Français sur quatre consomme ces produits allégés dont le succès ne se dément pas.

L’allégé envahit tous les rayons des supermarchés : la confiserie, mais aussi la charcuterie, les chips, jusqu’au champagne. Ces produits font néanmoins monter la facture. Mais, sans sucre, sans gras, que contiennent vraiment les produits light ? La surprise est souvent de taille.

Le yaourt 0% retrouve de la texture grâce à l’ajout de gélatine de porc, un véritable problème pour certains consommateurs. Les producteurs de lait light ont remplacé, eux, le gras du lait par les huiles végétales, un peu moins grasses, mais bien moins digestes.

William Reymond : « La malbouffe, c’est de la bouffe toxique »

« Au milieu des années 1980, sans aucune raison apparente, près de 20 millions d’Américains sont, brusquement, devenus trop gros. » Ainsi s’exprime William Reymond, journaliste français vivant aux Etats-Unis, au cœur de ce laboratoire géant de la malbouffe. Diabète, cancers, maladies cardio-vasculaires, tout y passe. Ce n’est plus un cours de cuisine, mais de médecine ! Quand la « junk food » – le mot anglais pour malbouffe – se transforme en « toxic food »…

Entretien publié dans le n° 37 (mai 2010) du magazine Le Choc du mois, qui vient de paraître. En kiosques ou à commander ici.

Le Choc du mois : Vous pensez qu’il ne faut plus parler de malbouffe, mais de « toxic food », pour reprendre le titre de votre dernier livre ? Pourquoi ?

William Reymond : La « junk food » (malbouffe) est un terme réducteur qui nous installe dans un mensonge : celui de croire que la malbouffe, c’est ce que mange l’autre. Alors qu’en réalité, elle correspond aujourd’hui à 80 % de notre alimentation, soit la part de l’industrie agroalimentaire dans nos dépenses de table.

Et elle est d’autant plus toxique qu’elle ne nous rend pas que gros. Car cette alimentation, surchargée en gras, sel et sucre, tous facteurs d’obésité, est aussi un vecteur essentiel dans le développement de certains cancers et des maladies cardio-vasculaires et cérébrales, l’obésité n’étant que la face visible de l’iceberg.

Est-ce la raison pour laquelle vous avancez que la nourriture industrielle sera la cigarette du XXIème siècle ?

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