Demain, mangera-t-on encore du miel français ?

2013 ne fait pas le miel des apiculteurs. Avec une récolte quasi inexistante au printemps, la profession souffre. Au point que son déclin, amorcé il y une quinzaine d’années, pourrait rattraper celui des abeilles.

C’est le défi de l’été : trouver un pot de miel d’acacia français dans un supermarché. Même galère pour le colza et pour toutes les miellées de printemps. « A quelques exceptions près, dans tout le pays, personne n’a rien récolté avant juillet », soupire Henri Clément, le porte-parole de l’Unaf, l’Union nationale de l’apiculture française.

A première vue, la cause de cette pénurie est simple : les abeilles ne sortent pas butiner sous la pluie. Sophie Dugué, apicultrice dans la Sarthe, a donc nourri ses ouvrières elle-même jusqu’en juin. « Les reines étaient à la diète, l’éclosion des œufs au ralenti, explique-t-elle. Alors cet été, le soleil a beau être revenu, on a moins de monde pour butiner. »

Une mauvaise année donc. Il se pourrait que comme l’an dernier, certains demandent un soutien au ministère au titre des calamités agricoles. Mais le malaise est plus profond.

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Employés de la grande distribution : “Pourquoi ne se révoltent-ils pas ?”

Des lignes de caisses d’un hypermarché au siège social d’une entreprise française de grande distribution, la sociologue Marlène Benquet a enquêté durant trois ans. Pour analyser les réalités du monde du travail et les relater dans son ouvrage: “Encaisser! Enquête en immersion dans la grande distribution“, La découverte, 2013.

: Pourquoi avoir décidé de travailler sur le secteur de la grande distribution ?

Marlène Benquet – Dans mes recherches, j’ai toujours souhaité analyser les transformations du travail et du capitalisme. J’ai donc cherché un secteur qui soit révélateur des transformations contemporaines de l’économie.

J’ai choisi le secteur tertiaire puis, au sein de celui-ci, la grande distribution car elle est très représentative des trois grandes évolutions de l’économie depuis la fin des années 70. A savoir un mouvement de féminisation – de plus en plus de femmes travaillent -, un de précarisation – la norme du CDI s’est raréfiée – et un autre de tertiarisation – on travaille de plus en plus dans le tertiaire et de moins en moins dans le secondaire.

Enfin, c’est un secteur où la question de la participation des salariés se pose avec d’autant plus d’acuité qu’il est, par définition, impossible de délocaliser l’activité. C’est un secteur qui est très consommateur de main-d’œuvre. La grande distribution représente plus de 600.000 salariés et Carrefour demeure le premier employeur privé en France.

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Le business du commerce équitable

Le business de l’éthique, qui prétend réconcilier le porte-monnaie et la morale, brasse des milliards d’euros. Du Mexique au Kenya, Donatien Lemaître a décortiqué toute la filière. Il montre comment l’idée généreuse du commerce équitable est de plus en plus récupérée par des as du marketing ou des multinationales en quête de virginité.

Réalisé par Donation Lemaître (Arte, Août 2013)

Voir également ce documentaire sur rutube (partie 1, partie 2)

(Merci à NOP)

Cartes de fidélité : “Fidèle un jour, fiché toujours”

En quelques années, les cartes de fidélité ont envahi les porte-monnaie des consommateurs. Neuf Français sur dix en possèdent. Au moyen de bons, de cadeaux bien ciblés ou de crédits, les chaînes de la grande distribution récompensent leurs meilleurs clients, les incitent à revenir et en attirent de nouveaux.

Les sociétés qui gèrent ces programmes de fidélité font recette en scrutant les habitudes de consommation des ménages et en constituant d’énormes bases de données informatiques. Au bout de la chaîne, des acheteurs plus ou moins consentants, parfois entraînés dans la spirale du surendettement. Enquête dans l’univers de la fidélité programmée.

Les prétendus “mini-produits anti-crise”

Quand la consommation des ménages recule, les industriels de l’agro-alimentaire et les distributeurs cherchent des solutions. Il s’agit pour eux de donner au consommateur l’envie d’acheter en temps de crise.

Certains groupes, commencent à commercialiser des produits de petit format, des « mini-doses » : l’acheteur a l’impression de viser « au plus juste ». D’autres, au contraire, misent tout sur le format « familial » car les maxi-boîtes sont réputées plus économiques… Quant aux emballages, les designers les préfèrent simples et sobres pour instiller l’idée qu’ils ne sont pas chers.

En ces temps de crise, les grandes enseignes font tout pour savoir précisément comment les consommateurs modifient leur comportement. A travers des études, les acheteurs sont suivis à la trace dans des panels, et jusque dans les rayons, où leurs gestes sont analysés.

Envoyé spécial du 14/02/2013

Neuroscience : Le cerveau et ses automatismes

À 90 %, les actes que nous entreprenons au quotidien se déroulent à notre insu, avec un cerveau en pilotage automatique… La conscience ne serait ainsi qu’une sorte de clap de fin qui se manifeste lorsque tout est déjà joué – un tour de passe-passe de notre cerveau pour nous faire croire que nous avons encore notre mot à dire.

Les ballets que dansent dopamine, sérotonine, testostérone, œstrogènes, endorphine et ocytocine dans notre tête ne peuvent que nous la faire perdre.

La grande distribution qui, elle, a les pieds sur terre, a sollicité les neurosciences pour comprendre et faire fructifier nos humeurs « acheteuses ».


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Connaissez-vous Vance Packard ?

Connaissez-vous Vance Packard ? Il fut le premier, avec son ouvrage The Hidden Persuaders (1), à attirer dès 1957 l’attention du public sur les techniques de manipulation mentale. Vous savez, ces techniques que la loi antisecte a  finalement renoncé à interdire… peut-être parce qu’elles sont plus souvent utilisées par les publicitaires que par les sectes.

En 1964, il publie un autre ouvrage, Une société sans défense, sur la surveillance et le fichage de la population par la police, mais surtout par les entreprises, où cette fois il n’hésite pas à comparer la société dans laquelle il vit, l’Amérique des années 1960, aux œuvres d’anticipation de George Orwell et d’Aldous Huxley : 1984 et Le Meilleur des mondes.

Le temps a passé depuis mais les livres de Vance Packard, de George Orwell et d’Aldous Huxley n’ont rien perdu de leur actualité. Le monde dans lequel nous vivons correspond à peu de choses près à ce qui était à l’époque imaginé comme un cauchemar.

Pourtant une fausse note subsiste : la dictature que redoutaient Orwell et Huxley était d’inspiration soviétique, mais le “ totalitarisme tranquille ” (2)  que nous connaissons aujourd’hui est capitaliste. Hormis cela, tout correspond : l’œil des caméras de vidéosurveillance épie chacun de nos gestes, nous sommes au seuil d’une normalisation génétique, la voix des médias nous berce du lever au coucher dans la douce anesthésie d’un divertissement médiocre et nous assure que notre monde serait parfait sans la petite délinquance et la contestation politique. Ce divertissement insipide comme un sucre d’orge porte même un nom : le tittytainment. Ce terme inventé par Zbigniew Brzezinski, qui fut conseiller pour la sécurité nationale auprès de Jimmy Carter, est une contraction de entertainment (divertissement) et de tits (seins en argot américain). L’évocation des seins se réfère ici plus à leur fonction nourricière qu’érotique. L’idée de Zbigniew est que, dans un monde où 20 % de la population mondiale suffira à faire tourner l’économie, le problème des nantis consistera à doser le pain et les jeux qu’il leur sera nécessaire d’accorder à la majorité démunie afin qu’elle se tienne tranquille :

Un coktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète (3).

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États-Unis : Walmart, l’envers du décor du low-cost

Walmart est une entreprise américaine multinationale spécialisée dans la grande distribution. Fondée en 1962, elle s’est rapidement développée en Arkansas, puis a dominé tous les États-Unis pour commencer à s’internationaliser à partir de 1991. En Europe, les magasins sont présents en Grande-Bretagne et Walmart s’attaque désormais au marché asiatique.

Installé en Chine depuis 1996, le groupe employait une trentaine de milliers de travailleurs dans ce pays en 2006. Il est également présent au Japon sous l’enseigne Seiyu. En 2005, 20 millions de clients fréquentaient les magasins Walmart en moyenne chaque jour.

En 2012, avec des ventes s’élevant à 447 milliards de dollars et 15,7 milliards de dollars de bénéfices, Walmart est la troisième entreprise mondiale en termes de chiffre d’affaires derrière Shell et ExxonMobil. C’est le premier employeur privé aux États-Unis avec 1,2 million de salariés, appelés « associés », mais aussi celui du Mexique sous l’enseigne Walmex.

Avec 2,1 millions de salariés travaillant dans plus de 6.100 supermarchés et hypermarchés (mais aussi dans les filiales), le groupe peut revendiquer le titre de plus grosse entreprise du monde, mais derrière cet apparent succès commercial c’est tout le petit commerce américain qui a été dévasté.

Partie 1:

Partie 2:

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L’avenir de notre alimentation se joue en ce moment à Bruxelles

Pour la première fois, les députés européens seront invités à voter la réforme de la Politique agricole commune (PAC) : un budget de 56 milliards d’euros destiné à soutenir l’agriculture européenne. Mais quelle agriculture ? Celle qui crée ou détruit des emplois ? Celle qui évite les pollutions ou les encourage ? Celle qui freine la spéculation ou l’aggrave ? Celle qui rémunère correctement les producteurs ou qui favorise les gaspillages ? Les citoyens ont cette fois aussi leur mot à dire, alors qu’une « Good Food March » arrive à Bruxelles.

Le Parlement européen s’apprête, pour la première fois, à voter la réforme de la Politique agricole commune (PAC). Un privilège réservé jusque-là au Conseil des ministres de l’agriculture (qui rassemble les ministères de 27 États membres) [1]. Les négociations entre Commission de Bruxelles, Parlement de Strasbourg et les ministères de l’agriculture ont commencé et se concluront en janvier 2013 par une nouvelle politique agricole.

Celle-ci aura des impacts sur l’emploi, sur l’environnement, sur les zones rurales et sur notre alimentation à tous. « Réclamer une alimentation de qualité, des produits frais, bios, de saison, en échange d’une bonne rémunération, ce n’est pas un caprice de bourgeois bohème », assène l’ingénieur agronome Marc Dufumier, membre de la Fondation Nicolas Hulot. Les choix alimentaires ont engendré de plus en plus de problèmes liés à l’obésité, aux cancers, aux maladies neurodégénératives, aux troubles de la fertilité ».

Financer les pratiques moins polluantes ? Pas compétitif…

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Une économie mondialisée au détriment des salariés et des citoyens

Une économie pour qui et pour quoi ? Certainement pas uniquement au bénéfice de quelques-uns situés au sommet, ni des grandes entreprises et de leurs PDG. Les succès de l’économie ne peuvent non plus être mesurés par le rythme de croissance du PIB, ou le niveau atteint par l’indice Dow Jones, ou par l’élévation du revenu moyen.

"Je veux que vous achetiez de la m...", dit l'Oncle Sam

La crise du capitalisme américain signe le triomphe des consommateurs et des investisseurs sur les travailleurs et les citoyens. Et puisque la plupart d’entre nous occupent ces quatre rôles – même si les plus riches prennent la part du lion dans la consommation et l’investissement – le cœur de cette crise réside dans la possibilité croissante pour chacun d’entre nous, en tant que consommateur ou investisseur, de faire de bonnes affaires, et dans notre capacité déclinante à être entendu en tant que travailleur et citoyen.

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Chaque Français jette à la poubelle 20 kg de nourriture par an

Yaourts, viande, plats préparés… En un an, chaque Français jette en moyenne 7 kg de produits encore emballés, non entamés(1) ! Un gaspillage alimentaire et un scandale environnemental et social.

Un chiffre étonnant et écoeurant qui ne tient pas compte, par exemple, du pain rassis, des fruits et légumes avariés et des restes cuisinés qui finissent bien souvent aux ordures. De surcroît, cette statistique n’inclut pas les productions agricoles jetées directement après la récolte sans être distribuées ou récupérées.

Tout compris, le gaspillage alimentaire représenterait au minimum une vingtaine de kilos de déchets par an et par personne. Nos voisins britanniques estiment, selon une récente étude(2), qu’un quart des produits alimentaires achetés finissent dans la poubelle des ménages.

Or, l’Organisation Mondiale de l’Alimentation (FAO) affirme que 90% des gens n’auraient pas conscience de la quantité de nourriture qu’ils jettent et des ressources nécessaires à sa production et transformation. Ainsi, qui sait que derrière une baguette de pain rassis jetée à la poubelle, c’est une baignoire d’eau que l’on gaspille indirectement, volume d’eau qui a été nécessaire à sa production(3) ? Alors que cette même baguette aurait pu éviter d’être rassis en étant conditionnée au congélateur et quand bien même elle pourrait accompagner une soupe.

Un constat environnemental alarmant
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Le modèle de la grande distribution entre en crise

La grande distribution révise sa stratégie commerciale pour redorer un blason terni par des chiffres en baisse.

Comment sortir de la crise par le haut ? Les grands distributeurs tentent de se relancer avec des stratégies contradictoires, axées sur trois piliers forts de leur métier.

Un résultat net en baisse de 69,8 % sur un an, un chiffre d’affaires en recul de 1,2 % : pour Carrefour, rien ne va plus. Les derniers résultats du second distributeur mondial (derrière Walmart) montrent les limites de la défaillance du marché historique du groupe, la France. Dans l’Hexagone, les hypermarchés patinent, masquant le dynamisme de certaines enseignes de proximité, dont la physionomie est en profonde mutation. Auchan est également à la peine au niveau du groupe, mais table plus que jamais sur le gigantisme de ses magasins pour séduire… et fait preuve d’audace. Quant à Géant, l’enseigne du groupe Casino, elle poursuit sa chute.

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TV, Hi-Fi, électroménager : le grand bluff

Téléviseurs, machines à laver, fours, caméscopes ou lecteurs de DVD… Quand nos appareils tombent en panne, pourquoi est-il de plus en plus difficile de les faire réparer ? Devis payants et faux diagnostics, pièces rendues indisponibles, mauvaises réparations et dépannages hors de prix, et même des appareils dont la durée de vie est programmée… Tout nous incite à racheter de nouveaux produits.

Dans les coulisses des leaders de la grande distribution, des distributeurs spécialisés et des fabricants, cette enquête de plusieurs mois dévoile des stratégies qui trompent trop souvent le client : de la “vente orientée,” aux techniciens des services après-vente qui enterrent un peu vite nos appareils en passant par les extensions de garantie très rentables mais fort peu utiles (1,5 % seulement des écrans plats tombent en panne entre 2 et 5 ans), voyage dans un monde où les consommateurs sont devenus des proies.

Partie 1:
http://www.dailymotion.com/video/xca7wq
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Les agriculteurs entre Monsanto, Carrefour et les consommateurs

Le salon des agriculteurs n’a pu masquer une réalité économique édifiante : en deux ans le revenu agricole a baissé de 54%, et rien ne laisse prévoir une amélioration. Pour Christian Jacquiau, économiste, les agriculteurs vont devoir choisir entre les grands groupes chimiques, la grande distribution d’une part, et l’alliance avec les consommateurs d’autre part.

La crise, que l’on prétend économique – comme si l’économie était déconnectée du politique – frappe la majeure partie des catégories socioprofessionnelles, au seul profit de puissants groupes financiers.

La profession agricole a vu ses revenus baisser de 34% en 2009 après une chute de 20% en 2008. La tendance peut-elle s’inverser, alors que les revenus agricoles sont tributaires du pouvoir d’achat des consommateurs (en nette régression et rien n’est fait pour l’améliorer), de la générosité de Bruxelles (via la PAC, reposant sur la capacité des contribuables à la financer, ce qui sera de moins en moins assuré) et sur le bon vouloir des entreprises transnationales de l’agroalimentaire et de la grande distribution (qui n’entendent pas rogner sur leurs confortables bénéfices) ? Il est des situations plus confortables…

S’y ajoute une crise de confiance sans précédent de la part des consommateurs – de mieux en mieux informés – à l’égard d’une profession qui, dans sa globalité, n’a manifestement pas su tirer les conclusions d’un modèle qui ressemble de plus en plus à une entreprise d’autodestruction.

Le bilan est terrifiant pour le monde agricole : pertes substantielles de revenus, surendettement, maladies graves liées à l’usage intensif de produits chimiques, mal être et taux élevé de suicide… Tout cela pour satisfaire les exigences d’un modèle qui n’a de libéral que le nom et doit tendre la sébile à Bruxelles pour survivre !

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Grande distribution : le plus dur reste à venir

Quand elles ne sont pas éclair, il en va des crises comme des guerres : elles frappent d’abord l’avant-garde, ensuite le gros des troupes et jusqu’à l’arrière-garde, avant de toucher l’ensemble de la population. En l’espèce, pour cette première crise économique et financière globale – datée de la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 -, ce sont d’abord les banques d’affaires et leurs cohortes de traders qui sont tombés sous le feu. Puis les grands industriels et leurs sous-traitants, avec la litanie des plans sociaux qui ont fait exploser les compteurs du nombre de chômeurs.

A ce titre, 2009 restera dans les annales comme une « annus horribilis » pour l’emploi, avec déjà, selon l’Insee, quelque 350.000 emplois disparus en neuf mois en France. Autant de consommateurs dont le pouvoir d’achat se voit soudain réduit. Alors, bien sûr, arrive un moment où, après les concessionnaires automobiles, soutenus par une « prime à la casse », les magasins de biens d’équipement, touchés par la crise de l’immobilier, c’est la grande consommation qui, à son tour, est atteinte.

S’ils ont, jusqu’ici, généralement tenu le choc, hypermarchés et supermarchés n’en souffrent pas moins. Comme en témoignent les chiffres d’affaires de Carrefour et de Casino, seuls groupes cotés du secteur, en baisse de l’ordre de 4 % au troisième trimestre par rapport au trimestre correspondant de 2008. Sur neuf mois, les proportions de la baisse sont les mêmes. Loin, certes, de l’effondrement constaté ailleurs.

Mais, dans ce métier où, quoi qu’en disent les démagogues, les marges restent ténues, le modèle n’en est pas moins ébranlé. Les distributeurs n’ont pas tardé d’ailleurs à réagir, en réduisant leurs investissements et en mettant en oeuvre des plans d’économies. Ils ont commencé par avoir recours aux outils classiques du « cost killing », et notamment aux suppressions d’emplois.

De fait, la rentabilité opérationnelle des distributeurs n’a pas tant été affectée par la guerre des prix – encore limitée – que par l’augmentation mécanique de la masse salariale. Dans leurs hypothèses basses, les experts estiment que les effectifs siège vont diminuer de 20 % à 30 %, tandis qu’ils baisseraient de 10 % dans les magasins et les entrepôts. Lire la suite

(07.11.2009)

► Quand l’accès à la propriété rime avec précarité

Devenir propriétaire, qui n’en caresse pas le projet ? Assurer ses vieux jours, avec une pension retraite de plus en plus menacée, transmettre un patrimoine à ses enfants, améliorer son cadre de vie face à un parc HLM de plus en plus vétuste… La propriété serait devenue la panacée d’une société marquée par l’incertitude et l’individualisme. En ces temps de crise, le rêve est en train de se muer en cauchemar pour bien des familles populaires. Bastamag

► L’allégement de la fiscalité des plus-values a coûté 20,5 milliards d’euros à l’État

C’est un lièvre à 20 milliards et demi d’euros – soit le bas de la fourchette du grand emprunt – qu’a levé le président PS de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Didier Migaud, en épluchant le rapport du ministère du budget sur les dépenses fiscales. Le Monde

► La bouteille de champagne à moins de dix euros affole les producteurs

Sous l’effet de la crise, des hypermarchés envisagent de proposer pour les fêtes des champagnes à prix cassés. Les professionnels du champagne craignent que de nombreux opérateurs acceptent de brader leur produit à la grande distribution pour renflouer leur trésorerie. Libération

► Ubisoft en chute libre

Le résultat opérationnel de l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft, fleuron français du secteur, plonge de plus de 100 millions d’euros. Activision-Blizzard, filiale de Vivendi et n°1 mondial du secteur, doit annoncer des chiffres aussi pessimistes. La majorité des acteurs d’un marché au ralenti attend beaucoup de la période des fêtes. Le JDD

(31.10.2009)

  • Pratiques abusives envers les fournisseurs : 9 enseignes de la grande distribution poursuivies par l’Etat

L’Etat a décidé d’assigner devant les tribunaux de commerce neuf enseignes de la grande distribution pour des pratiques abusives avec des fournisseurs, a annoncé mercredi le secrétaire d’Etat au Commerce, Hervé Novelli. Six enseignes de l’alimentaire sont concernées. Il s’agit de Cora, Carrefour, Auchan, Leclerc, Casino et Système U. Dans le détail, la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a contrôlé 400 contrats type depuis la loi de modernisation de l’économie (LME) d’août 2008, et parmi eux, plusieurs centaines de contrats avaient des clauses litigieuses. Selon le secrétariat d’Etat, «l’Etat demande pour chaque assignation l’amende maximale de 2 millions d’euros». Mais «le juge peut accorder aussi la restitution de l’indu» versé par des fournisseurs aux distributeurs en raison de clauses abusives d’un contrat, pouvant atteindre des millions d’euros. Les clauses abusives concernent, par exemple, les contrats qui imposent aux fournisseurs de racheter leur marchandise invendue au même prix ou qui prévoient de fortes pénalités imposées par le distributeur en cas de retard de livraison du fournisseur. Le Figaro

  • Les Français inquiets de la montée de la pauvreté en Europe

Les citoyens français comptent parmi les Européens les plus préoccupés par l’augmentation de la pauvreté dans leur pays. 86 % d’entre eux considèrent, en effet, que pauvreté et exclusion sociale constituent un phénomène de plus en plus répandu chez eux, alors qu’en moyenne 73 % des citoyens des Vingt-Sept partagent ce constat. Orange

  • Une division de Legris Industries en grandes difficultés

Keyria, 1.800 salariés, principale division du groupe Legris Industries, fleuron du patrimoine économique français depuis le milieu du XIXe siècle, est spécialisée dans la conception d’usines clés en main de fabrication de briques et de tuiles, et travaille notamment avec les constructeurs immobiliers, durement frappés par la crise. Elle a demandé mercredi le déclenchement d’une procédure collective au tribunal de commerce de Paris, qui devrait la placer sous le régime de la sauvegarde. Deux de ses filiales sont déjà en redressement judiciaire et la plupart de sa dizaine d’unités françaises devraient y être aussi placées. Dès le dernier trimestre 2008, le signal d’alarme avait été tiré, avec une annulation de 140 millions d’euros de commandes (sur un niveau moyen annuel de 300 millions). Au premier trimestre de cette année, les prises de commandes se sont effondrées de 70%. Un plan, négocié sous l’égide du comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), à Bercy, prévoit le départ de 500 personnes sur 1 800. Mais, en septembre, le niveau d’activité a plongé encore plus, pour se situer à moins de la moitié du niveau attendu. «C’est un tsunami. On se situe aux antipodes de ce à quoi on croyait encore trois mois auparavant», réagit Erwan Taton, président du directoire de Legris Industries. Au bout du compte, le groupe Legris prévoit pour cette année un chiffre d’affaires inférieur à 400 millions d’euros contre 745 l’an dernier (et 564 à périmètre comparable, car il a vendu entre-temps son activité historique), et plus de 30 millions d’euros de pertes, essentiellement dues à Keyria, alors qu’il gagnait de l’argent l’an dernier. «On ne peut pas continuer d’investir à fonds perdus dans un projet qui n’a pas de sens économique », se résigne le président. Legris veut tenter de sauver ce qui peut l’être en trouvant des repreneurs pour certaines de la trentaine d’unités de Keyria dans le monde. En attendant, les plans sociaux ont été gelés. 900 employés sont concernés en France. La direction tente coûte que coûte d’éviter que la tourmente ne finisse par fortement affecter Legris dans son ensemble. Le Figaro

  • La signature du nouveau contrat sur l’A400M peut-être retardée

Contrairement à l’engagement pris cet été au Castellet (Var) où se sont retrouvés les ministres des sept pays de l’Otan acheteurs de l’avion de transport militaire, l’Allemagne a laissé entendre qu’elle ne souhaitait plus renégocier les termes financiers du contrat conclu en 2003 avec EADS. Les sept pays acheteurs étaient convenus d’aboutir d’ici la fin de l’année pour faire en sorte que les retards de production et les dépassements de budget ne remettent pas en cause le programme de 20 milliards d’euros. L’arrivée d’un nouveau ministre allemand de la Défense dans le cadre de la nouvelle coalition au pouvoir à Berlin pourrait avoir un impact sur le calendrier des négociations. Les ministres des sept pays acheteurs étaient censés se retrouver en Allemagne vers la mi-octobre, mais la rencontre a été repoussée. Reuters