Mariage franco-allemand dans l’armement terrestre

Feu vert mardi 1er juillet pour « l’opération Kant ». Ce n’est pas un film d’action qui se cache derrière ce nom de code, mais la signature de la première grande manoeuvre industrielle franco-allemande dans l’armement terrestre.

Le VBCI de Nexter Systems (France)

Car Kant veut dire : KMW and Nexter together. Ce nom de code traduit la volonté de marier le groupe public français Nexter Systems, plus connu son ancien nom de GIAT fabricant du char Leclerc, avec son homologue familial allemand KMW, ex-Krauss Maffei, et son char Léopard.

L’accord signé à Paris est d’autant plus «historique» que cette alliance des deux fabricants de blindés est évoquée depuis plus de dix ans, sans jamais avoir pu aboutir. Un événement exceptionnel puisque, depuis la création d’EADS en 1999, dans l’aéronautique de défense, et de MBDA en 2001, dans les missiles, aucun mouvement d’envergure n’avait eu lieu dans l’industrie d’armement européenne.

Les négociations menées en dix-huit mois, sous la houlette du ministère de la Défense et de l’Agence des participations de l’Etat coté français, permettront aux deux entreprises de taille similaire, de constituer un ensemble pesant 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires et employant 6.000 personnes.

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André Gorz : « Misères du présent, richesse du possible »

Critique radical du capitalisme, philosophe du travail, de l’autonomie du sujet et des communautés, André Gorz (1923-2007) est l’un des précurseurs de l’écologie politique et du mouvement pour la décroissance. (Les phrases à la première personne du singulier sont d’André Gorz).

Ilya Repine – Les Bateliers de la Volga (1873)

Introduction : Il faut oser l’Exode. Il faut oser rompre avec cette société qui meurt et qui ne renaîtra plus. Il faut ne rien attendre des traitements symptomatiques de la «crise», car il n’y a plus de crise : un nouveau système s’est mis en place qui abolit massivement le «travail». Il restaure les pires formes de domination et d’asservissement en contraignant tous à se battre contre tous pour obtenir ce «travail» qu’il abolit.

Ce n’est pas cette abolition qu’il faut lui reprocher : c’est de prétendre perpétuer comme obligation, comme norme, comme fondement irremplaçable des droits et de la dignité de tous, ce même «travail» dont il abolit les normes, la dignité et l’accessibilité. Il faut que le «travail» perde sa centralité dans la conscience et l’imagination de tous.

Il est rare que ces «travailleurs» puissent dire : «Voici ce que j’ai fait. Voici mon ouvrage. Ceci est mon œuvre». Je hais les mystificateurs qui, au nom de la définition philosophique ou anthropologique du travail, justifient la valeur d’un «travail» qui en est la misérable négation. C’est précisément au sens de réalisation de soi, au sens de poièsis, que le travail disparaît.

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Royaume Uni : Interdiction de fumer pour tous ceux nés après 2000…

Aujourd’hui, les médecins britanniques ont dû se prononcer sur une mesure qui consisterait à interdire la vente de cigarettes à toute personne née après l’année 2000. Le vote a eu lieu lors de la réunion annuelle des représentants de la British Medical Association (IMC).

Les médecins britanniques constatent que la dépendance des fumeurs adultes est généralement due à une première cigarette qui a été fumée pendant les années de l’adolescence, et l’idée est donc de protéger toute une génération de la tabagie, avec l’espoir de l’éradiquer totalement.

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Irak : que peut et que veut faire l’Europe ?

La situation irakienne inquiète les Européens. Mais ils laissent l’initiative aux Américains qui sont pourtant les premiers responsables de la situation actuelle. Analyse.

D’une extrême gravité“. C’est ainsi que Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, qualifie la situation actuelle en Irak. L’offensive du groupe djihadiste EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant) dans le Nord du pays alarme toutes les chancelleries européennes.

Cette organisation veut instaurer un Etat islamique sunnite dans la région faisant fi des frontières héritées du tracé réalisé par les Français et les Britanniques au lendemain de la chute de l’Empire Ottoman, il y a près d’un siècle.

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Vous avez aimé le traité transatlantique, vous adorerez TISA !

Prévu pour entrer en vigueur en 2015 — sauf échec des négociations — le TISA (ou Accord sur le commerce des services) vise à favoriser une libéralisation toujours plus poussée du commerce des services (santé, transports, énergie, eau, etc.). Une négociation entre une cinquantaine de pays dont les États-Unis et la France, qui se déroule dans le plus grand secret et qui enthousiasme la Chambre de commerce des États-Unis qui voit déjà l’Amérique mettre la main sur le marché mondial des services.

Les services publics de l’eau, de l’éducation, de la santé, des transports, mais aussi l’échange sans restriction de données. Tout est sur la table du nouvel accord commercial que négocient dans le plus grand secret, les États-Unis, l’Union européenne et une vingtaine d’autres États depuis deux ans dans les locaux de l’ambassade d’Australie à Genève.

La négociation porte sur le commerce des services et vise notamment une vaste libéralisation des services publics. Les tractations de cet Accord sur le commerce des services (ACS en français, Trade In Services Agreement en anglais) devaient restées secrètes « jusqu’à cinq ans après la conclusion d’un accord » ou la fin des négociations en cas d’échec.  Wikileaks a révélé le 19 juin l’annexe du traité en préparation consacré aux services financiers.

Ces révélations « soulignent, en fait, l’ampleur de l’offensive engagée par Washington, suivi par les États membres de l’Union européenne pour permettre aux multinationales de truster, le moment venu, le commerce des produits financiers mais aussi celui de tous les services sur les grands marchés transatlantiques et transpacifiques, dont les négociations avancent dans la plus grande discrétion ».

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1,4 million de salariés anglais ont un contrat sans garantie d’heures ni de salaire

Selon l’étude de l’Office national des Statistiques, 1,4 million de salariés relèvent de ce symbole de l’ultra-flexibilité britannique.

Environ 1,4 million de personnes sont employées en Grande-Bretagne au titre de contrats “zéro heure” sans aucune garantie d’heures de travail, et donc de salaire, selon de nouvelles statistiques publiées mercredi 30 avril qui font enfler la polémique sur ce symbole de l’ultra-flexibilité britannique.

Selon cette étude de l’Office national des Statistiques (ONS), “les employeurs en Grande-Bretagne utilisent environ 1,4 million de contrats ne garantissant pas un nombre minimum d’heures”.

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Italie : Drogue, prostitution et contrebande vont doper la croissance

Les revenus estimés provenant du trafic de drogue et de la prostitution seront intégrés l’an prochain, en vertu de nouvelles règles européennes, dans le calcul du PIB en Italie, ce qui pourrait singulièrement doper celui-ci, selon l’institut statistique italien Istat.

Seront intégrés également dans ce calcul, selon ces mêmes règles européennes, la contrebande de tabac et d’alcool, a indiqué jeudi 22 mai l’Istat, qui relève toutefois que la procédure sera “très difficile pour la raison évidente que ces activités illégales ne sont pas déclarées”.

Le concept d’activité illégale est également sujet à différentes interprétations“, relève l’Istat dans un communiqué. En 2012, la Banque d’Italie a évalué la valeur de l’économie criminelle à 10,9% du PIB. Théoriquement, cela signifie que le PIB italien pourrait être largement supérieur au taux de croissance de 1,3% prévu par le gouvernement.

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Europe : 5 ans après la crise, la régulation du secteur financier a-t-elle avancé

Les gouvernements des vingt pays les plus riches l’avaient promis : le secteur financier sera réformé, les banques mises sous contrôle. Plus de finance folle, de sauvetage bancaire ruineux, de mise en péril de l’économie par la spéculation débridée. Cinq ans après les déclarations du G20, où en est-on ? L’Union européenne a voté une dizaine de directives, sous la houlette de Michel Barnier. Bonus des banquiers, organisation des plans de sauvetage, supervision et contrôle… Tour d’horizon de cette difficile reprise en main, avec Thierry Philipponnat, secrétaire général de l’ONG Finance Watch, rare contrepouvoir au puissant lobby bancaire européen.

L’union bancaire européenne a pour objectif d’éviter que de nouvelles faillites bancaires ne soient supportées par les contribuables. Son principe a été adopté par les eurodéputés le 15 avril. Est-ce une mesure satisfaisante ?

Thierry Philipponnat [1] : La réforme de l’Union bancaire a pour objectif que la prochaine crise bancaire ne coûte pas d’argent au contribuable – contrairement à la crise de 2008 qui coûté 450 milliards d’euros aux pays européens. Et de casser le lien incestueux et complètement absurde entre les banques et les États : les banques financent les États mais comptent sur eux pour les sauver quand elles ont un problème. Après un an et demi de négociations, nous avons avancé dans la bonne direction. L’Union bancaire permet une surveillance unique des 130 plus grandes banques par la Banque centrale européenne (BCE). Et la remise à plat du système de « résolution », c’est-à-dire l’intervention publique lorsqu’une banque a des problèmes, avant qu’elle ne fasse faillite.

Désormais, les pertes financières devront être absorbées par les actionnaires et les créanciers, avant que les déposants et contribuables ne soient mis à contribution. Cette nouvelle directive européenne [2] est un vrai progrès, elle met fin à « l’aléa moral », qui fait que les gagnants et les perdants n’étaient pas les mêmes : certains pouvaient gagner de l’argent mais pas en perdre !

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Et la ville avec le plus grand nombre de milliardaires est…

Moscou arrive en deuxième position, New York termine le podium. La Grande-Bretagne a la plus forte concentration de milliardaires par habitants au monde.

Et cette ville, c’est Londres, qui abrite plus de milliardaires que n’importe quelle autre ville au monde. La Grande-Bretagne a la plus forte concentration de milliardaires par habitant que n’importe quel autre pays, selon des chiffres publiés samedi.

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A qui profitent les milliards de l’Europe ?

Deux ans et demi de négociations ont précédé l’adoption l’an dernier du « cadre financier pluriannuel de 2014 à 2020 ». Un budget en baisse pour la première fois.

En baisse, le prochain budget de l’Union européenne conserve les défauts du précédent : trop pour l’agriculture et les régions, pas assez pour l’emploi et l’innovation. Nulle part les négociations budgétaires ne sont faciles. Mais à Bruxelles, elles le sont si peu qu’elles ont lieu une fois tous les sept ans… Deux ans et demi de négociations ont ainsi précédé l’adoption l’an dernier du « cadre financier pluriannuel de 2014 à 2020 ». Cette mère des batailles s’est achevée sur l’adoption d’une enveloppe de 960 milliards d’euros, contre 985 milliards pour les sept années précédentes (2007-13).

Dans un contexte de récession économique et de crise budgétaire, l’Europe a pour la première fois voté un budget en baisse. Sous la pression de la Grande-Bretagne, acharnée à tailler les dépenses. En réaction, chaque État s’est arcbouté sur ses intérêts, comme la France pour défendre ses agriculteurs ou la Pologne pour maintenir ses aides régionales. Si bien que le virage tant attendu pour aller vers un budget plus « moderne » n’a pas eu lieu.
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C’est en France que les inégalités de revenu augmentent le moins

Selon des données diffusées par l’OCDE, la minorité la plus riche de la population (1% des ménages) touche une part fortement croissante des revenus aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. Mais, depuis 1981, cette part n’a pas augmenté en France.

Part des revenus allant aux 1% les plus riches de la population, de 1981 à 2012, par pays

Entre le sentiment d’une montée des inégalités en France, et la réalité, il y a comme un hiatus. D’autant plus flagrant si l’on regarde ce qui se passe ailleurs. L’OCDE a publié le 30 avril une nouvelle étude sur la question des inégalités dans les pays riches, avec, notamment, un graphique très parlant sur l’évolution de la part du revenu que s’arroge la minorité la plus aisée, celle du dernier centile (cette fraction représentant 1% de la population, aux revenus les plus élevés).

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Grande-Bretagne : la flexibilité est reine (Màj : reportage complet)

Addendum du 04/05/14 : Reportage complet Envoyé Spécial

Merci à Blueman et son remarquable blog


Article original du 03/05/14 :

Jusqu’à cinq millions de Britanniques seraient employés sous un contrat “zéro heure”. Sans horaires, ni salaire minimum garanti, ils dénoncent aujourd’hui un statut de plus en plus précaire.

Avec moins de 8% de chômeurs, le modèle britannique intrigue une Europe en pleine crise économique. Son mot d’ordre : la flexibilité.

Dans tous les secteurs, les habitants du Royaume-Uni apprennent à ne plus compter leurs heures. Ils oublient les horaires fixes et la pause pour le thé. Le magazine “Envoyé spécial” propose, jeudi 1er mai, à 20h45 sur France 2, une enquête sur une conception du travail qui semble éloignée de celle de la France.
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Piketty : « Le capitalisme se mord la queue »

Un nouvel économiste crée aujourd’hui la polémique et il n’est pas de droite. Début avril, à la conférence de l’Institute of New Economic Thinking, à Toronto, l’ouvrage de Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, a été mentionné au moins une fois à chacune des séances auxquelles j’ai assisté. Il faut remonter aux années 1970, avec Milton Friedman, pour trouver un économiste ayant suscité un tel débat.

Comme Friedman, Piketty est un homme de son temps. Si durant les années 1970, les inquiétudes portaient sur l’inflation, aujourd’hui elles sont liées à l’émergence de ploutocrates et à leur impact sur l’économie et la société.

Piketty est convaincu que le niveau actuel des inégalités de richesse, qui est vouée à augmenter, compromet l’avenir du capitalisme. Et il le démontre. Cette thèse étonnante est très mal accueillie par ceux qui considèrent que le capitalisme et les inégalités sont interdépendants.

Selon cette idée, soutenue par le centre droit, le capitalisme a besoin des inégalités de richesse pour stimuler la prise de risques et les initiatives.
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Économie de l’ombre : Le trou noir de l’Union Européenne

Sur le fond des derniers évènements en Ukraine, où la population est en train de défendre de manière peu civilisée sa volonté de devenir « un pays européen civilisé », je me suis intéressé à « l’économie de l’ombre » en Union Européenne. Les experts de Bruxelles ne cachent pas que l’économie de l’ombre est stable dans l’UE et son volume est estimé aujourd’hui à [2.200 milliards] d’euros.

vivre sans argent

L’économie informelle est très prospère en Bulgarie, en Roumanie et dans les pays méditerranéens. La Grèce et l’Italie sont les leaders dans ce secteur. Les experts plaisantent en disant que si à Rome, les acteurs de l’économie de l’ombre étaient obligés de payer les impôts dont ils sont redevables, le problème de la dette d’Italie serait résolu. Ce secteur représente entre 21% et 30% en Italie, selon les estimations diverses.

L’économie de l’ombre est surtout répandue dans le bâtiment, les services, l’agriculture et la pêche. Personne n’a jamais essayé de comprendre ce qu’il en est dans le secteur du spectacle et du divertissement. A l’exception des vedettes du show-biz qui paient régulièrement leurs impôts, la situation fiscale du reste du secteur reste floue.

L’« économie de l’ombre » dans l’Union Européenne – c’est un espace vaste, dans lequel l’essentiel de la fraude, ce ne sont pas des infractions pénales graves. On n’y vend pas de la drogue, on ne s’y occupe pas de proxénétisme, on n’y effectue pas des braquages des banques.
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Comment les classes moyennes des pays développés sont devenues les dindons de la mondialisation

Selon l’ONG Oxfam, les 85 individus les plus riches de la planète disposaient d’autant d’argent que 50 % de la population mondiale. Pis, selon le directeur du think tank Resolution Foundation, les revenus des super pauvres et des classes moyennes ou supérieures des pays développés ont vu leurs revenus s’écrouler entre 1988 et 2008.

“J’ai perdu mon travail, j’ai deux enfants à nourrir, s’il vous plaît aidez-moi” (Etats-Unis)

Atlantico : L’ONG Oxfam a révélé, lors du sommet de Davos de janvier, que les 85 individus les plus riches de la planète disposaient d’autant d’argent que 50 % de la population mondiale. Pis, selon James Plunkett, directeur du think tank britannique Resolution Foundation, les revenus des super pauvres et des classes moyennes ou supérieures des pays développés ont vu leurs revenus s’écrouler entre 1988 et 2008. A l’inverse, les populations qui sortent de la pauvreté dans les pays émergents et les super-riches ont vu leurs revenus exploser. Que penser de cette évolution ? Les classes moyennes sont-elles devenues le “dindon de la farce” de la mondialisation ?
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Un Anglais invente la maison à monter en 4h

Pour les personnes disposant de peu de place ou d’un tout petit budget, un Anglais a imaginé une toute petite maison en kit à monter en 4h. A l’intérieur, des volumes restreints mais des aménagements optimisés.

Une maison à soi pour 10.500£ (12.732€), et à monter en moins d’une journée ? Cela peut sembler impensable et pourtant c’est le défi relevé par l’ingénieur anglais Mike Pages qui a conçu une toute petite maison de forme cubique et de moins de 4m d’arête. Evidemment, pour ce prix et cette taille, impossible d’y loger une famille entière. Et même pour un couple, le «QB2» (le «cube project», comme Mike Pages a baptisé la maisonnette) peut sembler exigu…

Avec la réduction du nombre et de la taille des terrains disponibles aux alentours des grandes villes britanniques, cette solution pourrait intéresser de jeunes actifs ou des étudiants. Mais l’initiative se veut surtout un concept visant à allier simplicité du montage (pas plus de 4h pour monter et assembler les différents éléments en kit), faible occupation de l’espace et efficacité énergétique. Car, ainsi que l’affirment les concepteurs, le QB2 est pensé pour être autonome sur le plan électrique et calorifique : des panneaux photovoltaïques et solaires thermiques sur le toit ainsi qu’un système de flux d’air doivent fournir le courant et la chaleur requis.

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Le pétrole, enjeu de l’indépendance écossaise

Le conseil des ministres britannique s’est délocalisé à titre exceptionnel en Écosse dans le port pétrolier d’Aberdeen, lundi et en a profité –sous prétexte d’un point sur l’or noir en mer du Nord– pour intensifier sa campagne contre l’indépendance de cette région.

C’est la troisième fois en un siècle que le gouvernement britannique se réunit en Écosse, territoire britannique riche en hydrocarbures.

Ce conseil se veut un symbole politique fort à sept mois du référendum sur l’indépendance, alors que la campagne électorale s’est accélérée ces dernières semaines, avec des débats enflammés sur la monnaie et l’intégration d’une Écosse indépendante dans l’Union européenne, en cas de victoire du “oui”.

Illustration du fossé qui sépare les autorités britanniques et écossaises, les deux gouvernements se réunissaient le même jour à une dizaine de kilomètres l’un de l’autre pour discuter de la manne pétrolière: le secteur a généré 7 milliards d’euros de revenus en 2012-2013, et emploie directement et indirectement 450.000 personnes.

Indépendance dopée à l’or noir
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Grande Bretagne : 500.000 fonctionnaires en moins, l’amère potion anglaise

Même Margaret Thatcher n’avait pas osé aller aussi loin ! Depuis quatre ans, la cure d’amaigrissement de l’État britannique est sans précédent.

Pour réduire le déficit public, 500.000 emplois de fonctionnaires doivent être supprimés et l’administration doit économiser 95 milliards d’euros. Comment s’y prennent-ils ? Et dans quel état sont les services publics ?

Enquête dans la municipalité de Trafford près de Manchester. Là-bas, ce sont dorénavant des bénévoles qui s’occupent de l´accueil au commissariat de police ou de l’entretien des espaces verts…

Crise financière : Combien de Fukushima dans le tuyau ?

Les grands médias et la télé de ce pays font depuis plusieurs mois plutôt dans l’optimisme prudent: hors zone euro, les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon ont laissé largement ouvertes les vannes du crédit, améliorant perspectives de croissance, d’emploi et de déficit budgétaire.

Même dans la zone euro, plus restrictive en termes de politiques monétaire et budgétaire en raison d’un « conservatisme allemand » qu’on déplore plus ou moins discrètement selon les sensibilités, on constate un début de sortie de crise pour plusieurs pays européens du Sud en voie de rétablir leur compétitivité externe et leur balance commerciale, une légère amélioration des perspectives de croissance pour la quasi-totalité des pays de l’Union, une remarquable sagesse des taux obligataires français et européens, des bourses relativement florissantes, avec pour la France un CAC qui caracole gaillardement autour des 4200 points présentés comme une performance, une union bancaire qui progresse.

Le sentiment vendu au public est que le plus dur est passé, que la crise est derrière nous, que les efforts commencent à payer, et que, d’ici quelques années, il n’y paraîtra plus. Une lecture un peu fine de certains médias révèle une situation, au minimum, beaucoup plus nuancée, voire franchement alarmante.

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Les usines françaises malades du sous-investissement

Ça crisse. Ça chuinte. Ça cliquette… A Fromelennes, un petit village des Ardennes, l’usine de cuivre va pouvoir continuer à résonner du bruit des machines. Au moins pour un an. Il s’en est fallu de peu. Depuis des mois, le site et ses 350 salariés étaient menacés. Mis à mal par la crise, l’italien KME, propriétaire des lieux, avait décidé de fermer une des unités-clés de Fromelennes, la fonderie. Une installation ancienne, déficitaire et un peu trop souvent en panne. « Ce n’est pas là que KME a investi, c’est clair », explique un salarié. Or, sans fonderie, le personnel ne donnait pas cher des ateliers de transformation. Cela aurait signé la fin d’un site historique, ex-Pechiney, où l’on travaille le cuivre depuis 1817.

Mais le 15 janvier, bonne surprise : la procédure de fermeture est annulée. « Ce n’est pas un miracle, commente Rachid Belkebir, le représentant de l’intersyndicale CFDT-CGT. Après l’annonce de la fermeture, on a réorganisé le travail, traqué les économies possibles, et amélioré la productivité de 30 % en six mois ! Cela a amené la direction à revoir ses plans ». D’autant que le personnel s’est engagé à gagner de nouveau 5 % en productivité cette année. Fromelennes est – provisoirement – sauvé.

Ça craque. Ça crisse. Ça coince… Fromelennes résume les dangers qui guettent de plus en plus d’usines françaises. Des sites souvent anciens, mal organisés, sous-utilisés, peu rentables. Les premiers menacés en cas de difficultés. Pour le dire en un mot, vétustes.

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