Géants du net : Ennemis d’État

Facebook, Google, et Twitter, les leaders mondiaux de la high-tech et des réseaux sociaux ont installé leur siège social respectif et leurs bureaux aux alentours de San Francisco. Google emploie 50.000 employés dont 1200 qui sont millionnaires.

En trois ans, l’inflation des salaires des cadres du Net a provoqué une explosion des prix de l’immobilier dans la ville. En 2013, le nombre de familles expulsées à San Francisco a augmenté de 25%. Par ailleurs, les nombreuses navettes de luxe privées, destinées aux employés des géants d’Internet perturbent les transports en commun en utilisant impunément les arrêts de bus public. Depuis quelques mois, de nombreux riverains descendent dans les rues de San Francisco pour dénoncer les abus.

Partie 1:

Partie 2:
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Objets connectés : Vers un monde ré-humanisé ?

Robots ménagers capables de proposer le bon programme, chauffage central apte à optimiser les coûts, automobile autonome… d’ici à 2020, 25 milliards d’objets connectés vont être mis en service. A mi-chemin entre objet et sujet, ces produits intelligents influeront sur notre rapport au monde. Une révolution est-elle en marche ?

La révolution numérique bouleverse les catégories de notre relation à autrui, dans les sphères amicales, amoureuses et professionnelles (1). Mais elle transforme aussi les cadres conceptuels de notre rapport aux choses et donc au monde. « L’Internet des Objets » (en anglais Internet of Things ou IoT) serait la prochaine étape de cette révolution.

Après la création d’Arpanet en 1969, après le lancement du Web en 1990, et après la généralisation d’Internet mobile en 2007, grâce aux smartphones, 2020 serait une année charnière : plus de 25 milliards d’objets connectés sont censés être mis en service d’ici-là. Allons-nous vers une «ré-humanisation» du monde grâce à l’injection à haute dose des intentions humaines dans des objets ? Ou bien nous dirigeons-nous vers un univers matériel saturé de données ?

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2029 : L’omniscience-fiction

Le modèle de Google pourrait permettre d’accéder à une certaine gratuité automobile, moyennant des publicités basées sur les données personnelles.

Février 2029, un samedi matin dans le quartier résidentiel d’une grande ville de province. La Peugeot déboule au coin de la rue, s’approche doucement de la maison, et se gare devant la grille d’entrée du jardin. Elle allume ses warnings.

Une manœuvre classique que la 708 Android effectue sans conducteur. Jean, qui patiente dans son salon, reçoit une notification de l’application Uber : «Votre voiture vous attend devant chez vous.» Il était déjà prêt, et avait suivi l’arrivée du véhicule autonome sur Google Maps. Sa fille Sarah le rejoint devant la porte pour l’accompagner faire les courses.

Jean déverrouille les portières avec son téléphone, qui lui servira de clé et d’identifiant numérique le temps de la réservation du véhicule. Dès l’ouverture de la portière, le smartphone déclenche la personnalisation automatique de l’habitacle. Les LED se teintent de bleu, sa couleur favorite. YouTube Auto lance sa playlist. Sarah râle : «Au retour, c’est moi qui ouvre la voiture !» Il l’a inscrite en deuxième conducteur. Avec elle, l’ambiance tournera au violet flashy sur fond de speed garage.
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Jean-Claude Heudin : « Transhumanisme et post-humain, un futurisme teinté de science-fiction »

La course vers l’Homme augmenté est en marche. Auparavant simple fantasme, le post-humain serait, selon certains, sur le point de naître. Futura-Sciences a rencontré Jean-Claude Heudin, spécialiste de l’intelligence artificielle, robots et “créatures artificielles” et directeur du laboratoire de recherche de l’IIM (Institut de l’Internet et du Multimédia) afin qu’il nous parle plus en détail du transhumanisme.

Transhumanisme : L’homme de demain

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine tels que le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort subie comme inutiles et indésirables.

Dans cette optique, les penseurs transhumanistes comptent sur les biotechnologies et sur d’autres techniques émergentes. Les dangers que présentent de telles évolutions sont énormément préoccupants.

Selon les philosophes ayant étudié l’histoire du transhumanisme, son transcendantalisme s’inscrit dans un courant de pensée remontant à l’Antiquité; la quête d’immortalité de l’Épopée de Gilgamesh ou les quêtes de la fontaine de Jouvence et de l’élixir de longue vie, au même titre que tous les efforts ayant visé à empêcher le vieillissement et la mort, en sont l’expression.

La philosophie transhumaniste trouve cependant ses racines dans l’humanisme de la Renaissance et dans la philosophie des Lumières.

Laurent Alexandre : « Les neuro-révolutionnaires »

Faut-il mettre des limites à l’Intelligence Artificielle? Comment la maîtriser et doit-on l’interfacer à nos cerveaux biologiques? A l’ère des prothèses cérébrales, le risque de neuro-manipulation, de neuro-hacking et donc de neuro-dictature est immense.

Nous devons encadrer le pouvoir des neuro-révolutionnaires comme Google: la maîtrise de notre cerveau va devenir le premier des droits de l’Homme.

Misère de l’humanité numérique

La compréhension du monde et sa transformation peuvent-elles se réduire à de simples questions de programmation ? Alors que vient de paraître son deuxième ouvrage, Who Owns the Future ?, il n’est pas inutile de discuter les intuitions du geek humaniste Jaron Lanier qui dénonce la standardisation des consciences et la démonétisation croissante de l’économie.

Deux milliards de personnes sont aujourd’hui connectées à internet. D’ici quelques années, la majeure partie de l’humanité vivra enveloppée dans un flux constant d’informations. Les différents éléments de notre quotidien sont en train de devenir smart (les voitures, les frigos, les compteurs électriques, les lunettes, les montres, etc.), et nos organes ne tarderont pas à être eux aussi branchés uns à uns sur le réseau global.

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Chine : Les ouvriers trop chers sont remplacés par des robots

Foxconn, le sous-traitant tristement célèbre d’Apple et d’autres compagnies high-tech, entend remplacer ses travailleurs par un million de robots. Une véritable nouvelle crise de l’emploi se profile.

10.000 robots sont en train d ‘être mis en place des les monstrueuses usines chinoises de Foxconn pour assembler l’iPhone 6. Pour l’heure, les emplois ne sont pas directement menacés par ces « Foxbots », le plus gros employeur chinois a même du embaucher 100.000 intérimaires pour répondre aux exigences d’Apple : produit au moins 70 millions d’iPhone 6 d’ici début septembre.

Foxconn communique bien sur le fait que les robots vont « aider » les ouvriers et non les « remplacer » ; qu’ils vont permettre d’augmenter les cadences. Sauf que si on reprend les intentions du constructeur quelques mois plus tôt, le discours est tout autre. D’ailleurs ; il y a quelques mois, Terry Gou le PDG du groupe se vantait que les Foxbots déjà déployés dans les usines, pouvaient construire 30.000 appareils par robot et par an.

C’est que las des critiques de violation des droits de l’homme, des ouvriers qui se suicident, qui refusent de travailler plus de 12 heures par jours et qui réclament des augmentations de salaires, Foxconn a clairement annoncé son intention de remplacer 1 million d’ouvriers par 1 million de robots dans ses usines. Soit l’écrasante majorité des employés de l’entreprise qui en compte environ 1.300.000.
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Google Car : un accident confirme que le danger c’est l’humain

L’équipe de Google Car a connu son premier blessé léger, après qu’un employé de Google a subi un petit coup du lapin dans un accident. Mais une fois encore, ce n’est pas le pilote automatique qui était responsable, mais bien le conducteur humain de la voiture de derrière.

Tous les mois désormais, Google publie un rapport sur les accidents qu’il cause ou dont il est victime avec ses voitures autonomes Google Car. Pour l’instant son bilan est parfait puisque malgré plus de 1,6 millions de kilomètres parcourus, jamais aucun accident n’a été causé par une Google Car qui était conduite par l’intelligence artificielle (ses voitures ont causé des accidents, mais lorsqu’elles étaient en mode manuel). Par ailleurs jusqu’à ce mois-ci, jamais aucun blessé n’était à déplorer dans les accidents rencontrés.

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Économie de l’attention : comment résister à l’accaparement de nos cerveaux par les entreprises ?

Écrans publicitaires dans la rue, à la télévision, sur le smartphone jusqu’à l’intérieur d’un article. Courriels et alertes en tout genre, suggestions des moteurs de recherches, conceptions des rayonnages de supermarchés… Commerciaux et services marketing se livrent une guerre sans merci avec pour territoire à conquérir l’attention que l’on accorde à telle ou telle information : notre temps de cerveau disponible. Face à ces sollicitations de tous les instants, de grands principes pour une écologie de l’attention émergent. Réflexions.

Si vous n’avez jamais été dans une école de commerce, il y a de fortes chances pour que vous n’ayez jamais eu de cours intitulés « Psychologie du consommateur et stratégies de persuasion ». En revanche, si vous avez été à l’Institut des hautes études économiques et commerciales (Inseec), ce type d’enseignements, dispensés aux marketeurs, commerciaux et publicitaires, vous apprend quelles sont les « variables qui influencent [la] perception [du consommateur] ».

Quelle part d’attention accorde le consommateur à un produit en fonction de sa place sur un rayonnage ? Comment concevoir et utiliser le storytelling afin de « capter l’attention du consommateur et créer une connexion émotionnelle avec la marque » ? Comment mettre en place un e-mail marketing « afin d’être bien perçues et ainsi susciter l’attention des internautes » ? Telles sont les questions existentielles abordées dans les grandes écoles et les universités, de HEC à Paris Dauphine, en passant par l’École supérieure de publicité.

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De l’utopie numérique au choc social

Objets connectés, humains chômeurs. Quarante-cinq ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, la course technologique emprunte une voie singulière : en janvier dernier, un réfrigérateur connecté à Internet envoyait inopinément des rafales de courriels indésirables… Au-delà de son folklore, la numérisation de la vie quotidienne engendre un modèle économique qui contraste avec les promesses mirifiques de la Silicon Valley.

Dans la « salle de bains connectée », la brosse à dents interactive lancée cette année par la société Oral-B (filiale du groupe Procter & Gamble) tient assurément la vedette : elle interagit — sans fil — avec notre téléphone portable tandis que, sur l’écran, une application traque seconde par seconde la progression du brossage et indique les recoins de notre cavité buccale qui mériteraient davantage d’attention. Avons-nous brossé avec suffisamment de vigueur, passé le fil dentaire, gratté la langue, rincé le tout ?

La prise de conscience soudaine que les données personnelles enregistrées par le plus banal des appareils ménagers — de la brosse à dents aux toilettes « intelligentes » en passant par le réfrigérateur — pouvaient se transformer en or a soulevé une certaine réprobation vis-à-vis de la logique promue par les mastodontes de la Silicon Valley.

Mais il y a mieux. Comme l’affiche fièrement le site qui lui est consacré (1), cette brosse à dents connectée « convertit les activités de brossage en un ensemble de données que vous pouvez afficher sous forme de graphiques ou partager avec des professionnels du secteur ».

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La Haute finance à l’assaut de votre patrimoine génétique

Le dieu-argent de la haute finance est un dieu gourmand voire vorace. Il n’a jamais de sensation de satiété. Ce 21ème siècle est son heure. Il s’est coup sur coup approprié sans grande difficulté le marché de l’emploi, a saboté le concept d’Etat-Nation, a privatisé les services publics, a démantelé les institutions publiques de plus en plus soumises aux besoins impératifs du marché mondial, a confisqué les capitaux de retraite et autres épargnes, a mis la main sur les ressources naturelles mondiales, a siphonné les monnaies nationales et les excédents des balances publiques, etc. La privatisation de la planète et de ses ressources est ainsi une réalité difficilement contestable.

Les exploits du dieu-argent sont innombrables. Le plus déterminant pour l’avenir de l’humanité serait la réussite du renversement déjà bien engagé de la suprématie des législations nationales en sa faveur. Pour faire simple, le système du dieu-argent supplante aujourd’hui les gouvernements qui lui ouvrent grand les portes de leurs territoires et de leur législation dans une ambiance d’impuissance mêlée d’un certain fatalisme.

Que ce transfert de la suprématie du peuple en faveur des marchés financiers soit reconnu constitutionnellement et l’on verra tomber tout rempart protecteur de l’homme, de son identité et par extension de l’humanité.

Cette fragilisation des droits de l’humain et de sa liberté de disposer de lui-même dans un environnement sécurisé est fortement aggravée actuellement par une technologie massivement soutenue par les marchés financiers qui a pris une option claire pour le transhumanisme.

Eugénisme, marchandisation de l’être humain, captation du patrimoine génétique, humanisation des robots et robotisation de l’humain sont devenus non seulement possibles mais exigés par des décideurs inconnus cachés derrière les marchés financiers.

La bataille de fond qui se livre actuellement est celle de l’identité de l’humanité, des libertés inaliénables et gratuites de l’homme. L’enjeu : La privatisation de la VIE et de l’immortalité. Rien de moins !

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Un héros des méga-données

Le Big Data (ou méga-données, en français) est la denrée la plus abondante de notre époque. A l’heure où 3 milliards d’individus sont connectés à Internet, où plus de 2 milliards possèdent des smartphones et ont un compte sur des réseaux sociaux, les données croissantes que génèrent leurs activités sont une manne, exploitée par une poignée d’entreprises qui ont pris une avance certaine dans le secteur.

Mais pour valoriser ces données, il faut arriver à les capter, les stocker, les traiter, les analyser, les visualiser et en extraire des connaissances. Seuls des algorithmes sont en mesure d’effectuer ces tâches et plus la production de données croît, plus l’enjeu réside dans la capacité d’analyse massive et en temps réel.

Ainsi, Uber, emblématique de la révolution actuelle, collecte en permanence des informations sur chaque passager, chaque requête, chaque trajet, et les utilise pour prédire à l’avance les pics d’activités, dans le temps et l’espace, afin d’optimiser le travail de ses chauffeurs. Un jeune génie français, Paul Duan, a, lui, choisi de mettre ses compétences de « data scientist » au service de l’intérêt général.

Originaire de Trappes, il a obtenu un diplôme de Sciences po Paris avant d’entamer des études de mathématiques et d’atterrir dans la Silicon Valley, chez Eventbrite, une entreprise spécialisée dans la vente en ligne de billets.
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États-Unis : Réflexions sur la crise et les entreprises

Aux États-Unis, depuis la crise financière de 2008 les critiques à l’égard des entreprises se sont faites de plus en plus nombreuses. Le paroxysme a sans doute été atteint à l’automne 2011, avec le mouvement Occupy Wall Street, dont les principales revendications concernaient l’ingérence des entreprises dans la vie politique américaine, leur responsabilité dans le déclenchement de la crise, ou dans la montée des inégalités sociales.

Si le mouvement a fait long feu, certains de ses mots d’ordre ont persisté, en particulier la dénonciation du financement opaque des campagnes électorales et celle de la « cupidité » des entreprises (corporate greed). Ces revendications ont cependant tardé à trouver une articulation claire ou des débouchés concrets, et ce d’autant plus que l’entreprise — quelle que soit la diversité que recouvre ce terme — et l’entrepreneur sont les héros traditionnels de l’histoire économique américaine [1].

Quelles formes ont pris les réflexions sur le statut des entreprises, leur rôle social, économique et politique aux États-Unis ces dernières années ? À quels problèmes se sont-elles attaqué, et lesquels ont-elles laissé en suspens?

On reviendra ici sur différentes propositions récentes en vue de discipliner ou de dépasser les formes des entreprises actuelles, avant de s’attarder sur le regain d’intérêt récent pour les organisations coopératives. Ces projets relèvent de modèles économiques différents, parfois anciens, ils sont révélateurs des diverses définitions possibles du collectif qu’est l’entreprise.
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Comment la publicité resserre son emprise sur nos consciences

Dans l’espace public, à la télévision, sur internet, et maintenant dans nos poches : la publicité est omniprésente. Devenant un art en soi dans le perfectionnement de ses formes, la réclame se nourrit désormais de nos données privées – que nous pensions intimes. Nous avons conscience de l’influence potentielle de la pub, mais nous ne doutons pas de l’ampleur réelle de son emprise sur nos vies.

La publicité ne date pas de la dernière pluie, mais elle est un phénomène particulièrement récent dans l’Histoire. L’émergence du régime capitaliste et la révolution industrielle ont donné une accélération sans précédent à la hausse de la production ; pour créer et soutenir la demande, la publicité est née. Dans les années 1830 apparaissent les premiers encarts commerciaux dans les journaux, tandis que les affiches publicitaires commencent elles aussi à recouvrir les murs des villes. Dès la fin du 19ème siècle, la réclame fait l’objet d’une création artistique à part entière, plusieurs peintres renommés étant appelés à travailler dans ce secteur nouveau. Dès lors, elle a pris une place prépondérante, en particulier dans les supports médiatiques à venir. Le cinéma, qui prend rapidement au début du 20ème siècle un large essor populaire, diffuse dès ses débuts des spots publicitaires avant les films. La radio, apparue en France au cours des années 1920, est immédiatement utilisée pour émettre des séquences pour vanter les mérites de produits sur le marché.

Toujours plus travaillée et efficace, la publicité va progressivement occuper une place centrale dans la vie des Français. Aujourd’hui, son périmètre ne cesse de s’élargir et elle occupe des espaces insoupçonnés. C’est d’autant plus important de l’identifier clairement, qu’elle conditionne en profondeur nos comportements et nos idées.

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Google, la fin du travail ?

Après plusieurs années d’enquête, Bruxelles a lancé le 15 avril dernier une procédure contre le géant informatique américain. Elle l’accuse d’abus de position dominante dans la recherche sur internet.

Une solution à l’amiable est toujours possible, mais dans le pire des cas, Google pourrait écoper d’une amende de 6 milliards de francs. Quels enjeux se cachent derrière ce bras de fer entre Bruxelles et Google ? Le point avec Solange Ghernaouti, professeure à l’Université de Lausanne, spécialiste en cybersécurité.

RTS – L’Invité de la rédaction (16/04/2015)

Pourquoi l’informatique quantique pourrait anéantir le Web tel que nous le connaissons

Les ordinateurs quantiques auront le pouvoir de briser le chiffrement asymétrique qui est à la base de la sécurité de l’Internet. Deux mathématiciens pensent avoir trouvé la solution. Décryptage.

Nathan Hamlin et William Webb ont peut-être sauvé le Web. Ces deux mathématiciens de la Washington State University viennent de présenter une nouvelle manière de faire du chiffrement asymétrique, en modifiant un vieil algorithme des années 70 (« Knapsack »). Son principal avantage : il serait résistant aux futures attaques quantiques !

Génération Z : comment manager le futur ?

Nous avons vu qui était et ce que voulait la génération Z, impulsive, digitale et nomade. La question qui se pose maintenant est : comment accueillir ces futurs employés sur le marché du travail ? Comment gérer les travailleurs du futur ? Frontières floutées, polyvalence démesurée et culture du partage, voici un article pour tout savoir sur les façons de manager les moins de 20 ans.

Un encadrement différent

Manager la génération Z va demander des améliorations au niveau du management. Ceux quasiment nés avec un smartphone à la main vont être plus coriaces à dompter que la génération Y…

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Transhumanisme : Bienvenue au Googlistan (Rediff.)

Surinformés sur la boulimie de Google, vous en avez certainement perdu les grandes lignes de sa stratégie : fusionner l’homme et la machine. Ils sont déjà à mi-chemin. Le premier back-up de votre cerveau est prévu pour 2035. 20 ans. Il s’agit de tenir jusque-là, en attendant G Brain…

Cherchant un sujet de prospective pour les fêtes, histoire de plomber l’ambiance festive, vous découvrez accidentellement que Barack Obama pourrait être nommé président de Google à un poste plus ou moins exécutif aux alentours de 2020.

Une probabilité, une évidence, même.

Rien dans la constitution américaine n’interdit à un ancien président de l’ancienne première puissance mondiale de devenir président de la nouvelle puissance mondiale.

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Google : Sans limite

Les services de Google sont devenus tellement omniprésents que l’on peine à imaginer que cette entreprise n’existait pas encore il y a 16 ans ! C’est le moteur de recherche numéro 1 au monde mais connaissez-vous vraiment l’histoire de ce géant de l’Internet ?


Google, au cœur du géant qui veut changer le monde – Capital M6 (22/03/2015)

Sans jamais renier sa source de revenus : la publicité, Google a su se diversifier et créer de nombreuses branches d’activité, notamment en passant par une politique de rachats de sociétés massive. Google est aussi une société qui fait peur.

Le documentaire n’élude pas les faces sombres de Google, à commencer par la question des conflits d’intérêt entre les différentes casquettes de Google, son omniprésence et la question des données personnelles. de part sa présence dans notre quotidien, Google en sait plus sur nous que la plupart de nos proches. Et si un jour elle utilisait toutes ces informations intimes à des fins malintentionnées ?

Stockage en ligne via Drive, logiciels de bureautique, plateforme vidéo avec YouTube, système d’exploitation mobile avec Android, réseau social avec Google+, navigateur de recherche avec Chrome, messagerie Gmail, smartphones et tablettes Nexus, etc. La liste est longue et loin d’être exhaustive et ne cesse de s’allonger. Une véritable société tentaculaire qui vaut aujourd’hui plus de 380 milliards de dollars.
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Au-delà d’Internet : Tor, Darknet, Bitcoin et surveillance de masse

L’être humain est devenu de plus en plus dépendant des nouvelles technologies. Non pas qu’il est seulement dépendant, il est aussi plus que jamais relié et connecté à Internet: sa vie est de plus en plus affichée et ses informations privées de plus en plus menacées d’intrusions.

Ce premier épisode traite de ce qu’on appelle le « Darknet » et plus précisément de Tor (acronyme de The Onion Router), le plus célèbre des réseaux superposés. Tor permet à chaque utilisateur de naviguer sur Internet de manière plus « anonyme » et « sécurisée » (la sécurité restant un terme relatif). A titre d’exemple, si nous voulions aller sur le moteur de recherche de Google, notre ordinateur passera sur plusieurs réseaux à travers le monde avant de se connecter sur le site désiré.

Partie 1:

Un spécialiste résume ce qu’on peut trouver dans le Darknet : du simple article philosophique traitant de « Matrix » aux sites dédiés à toute une série de ventes d’armes, fausses monnaies, drogues… Il n’est pas question de défendre ou de combattre le Darknet, mais plutôt de constater qu’il peut à la fois être utilisé par des personnes honnêtes défendant la liberté d’expression que des personnes mal intentionnées… Il revient assez rapidement sur le moyen de paiement utilisé : le Bitcoin.

Partie 2:

Ce deuxième épisode traite de la surveillance de masse, à travers les divers projets internationaux qui ont vu le jour à la fin de la seconde guerre mondiale dans le contexte de la guerre froide.
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« Cliquez vous êtes traqués »

Sur Internet, chaque page consultée par un internaute laisse des traces : les produits qui ont attiré son attention, mais aussi son nom, sa date de naissance, son e-mail. Et parfois bien plus. La somme de ces données personnelles a été surnommée «Big Data». Et ce serait même le pétrole XXIe siècle.

Car collecter les données de consommateurs est devenue une véritable industrie en soi, un marché estimé à 315 milliards de dollars pour les données des habitants de l’Union européenne.

Ces entreprises, largement non contrôlées, obtiennent des informations en fouillant les recherches internet, les réseaux sociaux, les historiques d’achats, les données publiques.

C’est ainsi que certaines entreprises mondialement connues, telles que Facebook, Google, Yahoo, Twitter, sont devenues multimilliardaires.

Web 4.0 : l’internet de l’ADN et le web généticiel

Dans ce post daté du 3 mars dernier sur son blog, Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, dresse une histoire passée du Web et présente des projections sur ce qu’il pourrait être à l’avenir. Selon lui, ce sera l’Internet du génome avec toutes les interrogations qu’une telle évolution laisse en suspend.

Par Olivier Ertzscheid

1998-2006. Documents. Web 1.0

Il aura fallu 8 ans à Google pour parvenir à indexer tous les documents disponibles. Oh je vous vois venir, oui, vous avez raison, Google n’indexe pas “tous” les documents disponibles. Probablement moins de 5% des documents effectivement publiés sur le réseau. Alors disons qu’il lui aura fallu 8 ans pour parvenir à indexer suffisamment de documents pour s’assurer d’éliminer la concurrence, de stabiliser des parts de marché le plaçant en situation de quasi-monopole, et, dans les usages autant que dans notre inconscient collectif, pour fonctionner comme une métonymie du web : la partie prise pour le tout.

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Big Data is algorithming you

Nouveau champ de domination et de commercialisation du monde, la collecte d’informations numériques via des algorithmes reste largement impensée. Sans doute en raison de la complexité du sujet. Tentative d’éclaircissement, avec Antoinette Rouvroy, chercheuse et spécialiste de la « gouvernementalité algorithmique ».

Je donne, tu donnes, il/elle donne… nos données. Les data sont le nouvel or noir que se disputent gouvernements et géants du numérique. Parfois, les premiers se servent même tout simplement chez les seconds, comme l’a montré l’existence du programme Prism, l’une des nombreuses révélations d’Edward Snowden – l’ancien sous-traitant de la toute-puissance National Security Agency (NSA) américaine.

Par une tentative de retournement culotté de la situation, les artisans de la surveillance de masse et de la présomption de culpabilité tentent de se dédouaner en pointant la collecte tentaculaire opérée par Google, Facebook et consorts. Leur argument : vous – population – filez bien plus à des entreprises privées ! Lesquelles répondent que pas du tout… Un cercle sans fin.

Ces enfumages et faux débats empêchent de penser la transformation de nos vies en données, en signaux infrapersonnels qui ne font sens qu’agrégés et moulinés par millions. En naît un pouvoir d’un genre nouveau, la « gouvernementalité algorithmique », explique la chercheuse belge Antoinette Rouvroy (1).
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Internet, ou l’inversion du capitalisme

Par Pierre Desjardins, professeur de philosophie émérite du « collège universitaire » Montmorency, université de Laval, Québec, Canada.

Gratuit ! Tel est le mot-clé qui inspire tous ceux et celles qui, par milliards, naviguent sur le Web. Selon de nombreux experts, cette manne d’informations représente la plus grande révolution de ce siècle, et elle ne fait que commencer. Un capitalisme mieux adapté et plus « cool » se mettrait en place.

« Big Brother » a perdu son air d’autorité. Il a pris l’allure d’un copain sympathique et convivial sur qui nous pouvons compter pour tout savoir. Certains voient même dans ce partage d’informations l’avènement d’une nouvelle forme de socialisme planétaire. Les « hippies » de la Silicon Valley auraient-ils donc réussi à travers la naissance d’Internet à mettre en place un nouvel ordre social ? Beaucoup en sont persuadés !

Mais ne soyons pas dupes : le nouveau « deal » qu’offre Internet est une forme sophistiquée de capitalisme avancé, un renforcement du capitalisme par l’inversion en douceur de ses normes traditionnelles. Dans cette inversion, nous sommes transformés en simples produits que se vendent et se partagent les entreprises. Celles-ci nous consomment en nous achetant auprès des gros serveurs d’Internet, de la même façon qu’autrefois nous consommions leurs produits.

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La gentrification à San Francisco : Autour des Google Buses

Des protestations très médiatisées contre les bus privés que les grandes compagnies du secteur technologique mettent à disposition de leurs salariés à San Francisco révèlent la gentrification de la ville et les résistances qu’elle suscite.

Certes, l’image passe bien, elle est colorée, elle est drôle, non-violente et créative. Cette image, c’est celle du blocage d’un bus Google par le groupe militant de San Francisco nommé Heart of the city collective, qui s’efforce d’intervenir dans l’espace public pour contester le désormais connu programme de private shuttles dans la ville de San Francisco. Ce programme consiste, depuis le milieu des années 2000, pour les grandes compagnies de la ‘tech’ comme Google, Yahoo, Facebook parmi d’autres à mettre à disposition de leurs employés qui résident à San Francisco un service de bus privés pour les amener sur leur lieu de travail, souvent à plus d’une heure de trajet dans le sud de la baie. Il est estimé que le système de transport permet à 35 000 employés de se déplacer de San Francisco vers le sud de la baie.

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Big Data : Une nouvelle révolution copernicienne

C’est une révolution dont l’internaute ne voit encore que les prémices. Le Big Data va transformer la façon dont chacun de nous perçoit la réalité. La capacité de stocker et d’analyser des volumes massifs de données via les technologies de l’informatique dites « en nuage » (« cloud ») va en effet accélérer un autre développement: celui des objets connectés.

Alors qu’aujourd’hui, pour l’essentiel, les informations qui transitent sur Internet sont générées par des opérateurs humains, dans un avenir proche, ce sera majoritairement le fait de capteurs et d’objets connectés à des machines ou à des hommes.

« Comme ce fut le cas des réseaux sociaux ou des moteurs de recherche, les nouvelles générations d’objets connectés devraient être à l’origine de changements majeurs dans les formes culturelles, sociales et politiques de nos sociétés », prévient Bernard Benhamou, ancien délégué interministériel aux usages de l’Internet.

« Jusqu’à récemment, la collecte de données était difficile, chronophage et coûteuse », précise Viktor Mayer-Schönberger, professeur à Oxford. La méthode de l’échantillonnage aléatoire permet encore aujourd’hui d’utiliser une petite partie des informations pour se faire une idée du tout.
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Comment travaillera t-on dans 10 ans ?

Nos modes de travail sont à l’aube d’une révolution radicale. Une révolution susceptible de modifier en profondeur l’organisation de nos sociétés et la conception même du travail. On aspire à travailler différemment, on ressent le besoin de s’organiser autrement et partout dans le monde, des initiatives émergent et proposent des alternatives viables.

Évoluant au cœur de ces nouveaux modes de travail depuis plusieurs années et ayant la chance de pouvoir mener des recherches autour de ces questions, je vous propose un tour d’horizon des principales mutations à venir dans nos façons de travailler.

Le modèle salarié ne sera plus dominant

On a du mal à l’imaginer aujourd’hui, mais le temps n’est pas loin où le nombre de travailleurs indépendants aura dépassé le nombre de salariés.

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Éric Schmidt : « L’Internet tel que nous le connaissons va cesser d’exister »

L’internet tel que nous le connaissons aujourd’hui va bientôt disparaître, a estimé Éric Schmidt, président exécutif du conseil d’administration de Google, au cours d’une émission web enregistrée dans le cadre du Forum économique mondial de Davos. Il pense que le concept va évoluer pour être intégré dans un monde plus vaste.

« Il y aura tant d’adresses IP, tant d’appareils, de capteurs et de choses que vous porterez, des choses avec lesquelles vous aurez des interactions, sans même le sentir », a-t-il prédit. « Cela fera tout le temps partie de vous. Imaginez-vous en train de marcher dans une pièce, et cette pièce serait dynamique. Et avec votre autorisation et tout cela, vous interagirez avec tout ce qui se passera dans cette pièce. (…)

Un monde hautement personnalisé, hautement interactif et très très intéressant est en train d’émerger. Vous voyez maintenant arriver beaucoup de grandes plateformes technologiques, et vous assistez à une réorganisation et une réorganisation future de la dominance ou des leaders, quelque soit le terme que vous voulez employer, issue de la montée en puissance des apps de smartphone », a dit Schmidt.

« A ce point-là, les paris sont ouverts pour savoir à quoi l’infrastructure des apps sur les smartphones va ressembler », a-t-il poursuivi, expliquant qu’une nouvelle génération d’apps, assimilées à de super-ordinateurs, était en train d’apparaître.
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De l’utopie numérique au choc social

Quarante-cinq ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, la course technologique emprunte une voie singulière : en janvier dernier, un réfrigérateur connecté à Internet envoyait inopinément des rafales de courriels indésirables… Au-delà de son folklore, la numérisation de la vie quotidienne engendre un modèle économique qui contraste avec les promesses mirifiques de la Silicon Valley.

Dans la « salle de bains connectée », la brosse à dents interactive lancée cette année par la société Oral-B (filiale du groupe Procter & Gamble) tient assurément la vedette : elle interagit — sans fil — avec notre téléphone portable tandis que, sur l’écran, une application traque seconde par seconde la progression du brossage et indique les recoins de notre cavité buccale qui mériteraient davantage d’attention. Avons-nous brossé avec suffisamment de vigueur, passé le fil dentaire, gratté la langue, rincé le tout ?

Mais il y a mieux. Comme l’affiche fièrement le site qui lui est consacré (1), cette brosse à dents connectée « convertit les activités de brossage en un ensemble de données que vous pouvez afficher sous forme de graphiques ou partager avec des professionnels du secteur ». Ce qu’il adviendra par la suite de ces données fait encore débat : en conserverons-nous l’usage exclusif ? Seront-elles captées par des dentistes professionnels ou vendues à des compagnies d’assurances ? Rejoindront-elles le flux des informations déjà engrangées par Facebook et Google ?

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A la recherche de l’algorithme qui vous trouvera un boulot

L’algorithme a pris une place quasi mystique dans nos sociétés connectées. Un nom bizarre qui désigne une opération mathématique tout aussi étrange, sorte de formule magique moderne. Il suffit de voir comment l’on évoque le fameux algorithme de Google qui contribuerait en grande partie au succès de la société. 

Grâce à un algorithme savamment dosé, on peut arriver quasiment à tout. Nous avons déjà vu ainsi comment ils servent à prévoir le succès que pourra avoir une recette de cuisine sur Internet, qui en raffole. Ou comment il peut informer votre patron que vous envisagez peut-être de quitter votre poste, à partir de «l’analyse d’une base de données de 300 millions d’offres d’emplois qui permet de savoir quelles qualifications sont recherchées à un moment donné sur le marché du travail», écrivions-nous il y a quelques jours.

Dans le même ordre d’idée, New Scientist explique que des sites Internet visent le Graal en matière d’emploi: l’algorithme susceptible de vous dégoter le boulot, voire la carrière, de vos rêves. Le site spécialisé est allé à la rencontre de plusieurs entreprises qui cherchent à affiner leur algorithme dans ce sens.

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Robotisation et chômage de masse : à quoi ressemblera la société de demain ?

Trois millions d’emplois vont être supprimés en France d’ici à 2025 à cause des robots. Telle est la prédiction d’une société internationale de conseil stratégique. L’automatisation accélérée des tâches et des métiers va bouleverser notre quotidien. Faut-il s’inquiéter de ce chômage à venir, dû aux progrès technologiques ? Ou réfléchir déjà à quoi ressemblera la société à ce moment-là?

Pour avoir une idée de ce que nous réserve le futur, rencontre avec Charles-Edouard Bouée, PDG de Roland Berger Strategy Consultants et auteur de Confucius et les automates (Grasset), ouvrage sur “l’avenir de l’homme dans la civilisation des machines”. Passionné de science-fiction, il a analysé les changements industriels dans les différents pays où il a vécu : l’Angleterre, la France, la Chine, les États-Unis et désormais l’Allemagne.

Pourquoi l’automatisation est-elle amenée à progresser dans les usines ?

Charles-Édouard Bouée : Aujourd’hui, les robots des usines sont de grosses machines qui sont “en cage” car elles ne savent pas interagir avec les êtres humains. Mais on va passer au concept de l’industrie 4.0, lancée à la foire d’Hanovre (Allemagne) l’an dernier : les robots vont sortir “des cages” et être mis sur des programmes qui leur permettront de communiquer entre eux. On va pouvoir concevoir des simulations d’usines avant de les construire, et donc éliminer l’imprévisible, lié aux humains.

L’usine se déshumanise, comme ce fut le cas dans le passé pour l’industrie militaire, qui est toujours un bon indicateur du futur. Quand les premiers avions de chasse à réaction, ont été créés, le problème, c’était l’humain. Ce genre d’appareil doit être très rapide. Et l’être humain qui se trouve à bord a des contraintes physiques et un temps de réponse limité à son œil et son cerveau, ce qui limite sa vitesse. Si on veut une armée efficace, l’avion de chasse doit être, du coup, sans pilote. Et ça, ça s’appelle un drone.

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Edward Snowden : « Nos droits sont en train d’être redéfinis en secret »

Le 28 octobre 2014, l’hebdomadaire américain The Nation a publié un grand entretien réalisé avec le lanceur d’alerte Edward Snowden [1]. Voici  une version exclusive de ce document en français.

Lundi 6 octobre 2014, les journalistes Katrina vanden Heuvel et Stephen F. Cohen se sont entretenus à Moscou, pendant près de quatre heures, avec l’ancien consultant des services secrets. Dans cet échange, Edward Snowden évoque sa situation et ses rapports avec les autorités russes. Il rappelle que ce sont les États-Unis qui l’empêchent de sortir de son « exil ».

L’ancien employé de la CIA et de la NSA (Agence nationale de sécurité) aborde plusieurs sujets centraux : est-il possible de renforcer le contrôle démocratique des actions des gouvernements et des entreprises sur Internet ? Si oui, de quelle manière ? Pourquoi est-il nécessaire de s’engager pour de nouvelles formes de « désobéissance civile » et de se battre pour défendre nos droits fondamentaux ?

Faut-il saluer les initiatives des pays qui prônent le renforcement de leur souveraineté digitale ? De quelle manière Internet recompose-t-il les relations sociales et les pratiques politiques au niveau planétaire ? Pourquoi faut-il élaborer une Magna Carta (Grande Charte des libertés) pour Internet ? Quels seraient les contours de nos nouveaux « droits numériques » ?

Enfin, Edward Snowden expose pourquoi, selon lui, l’organisation de la production mondiale et la robotisation progressive des économies imposent la mise en place d’un revenu garanti pour tous.

PARTIE 1 – De la nécessaire désobéissance civile

The Nation  : Nous sommes très heureux d’être ici avec vous. Nous venons souvent à Moscou pour notre travail et pour voir de vieux amis, mais, de votre côté, vous n’avez pas choisi de venir vivre en Russie. Arrivez-vous à travailler ici, à sortir et à rencontrer des gens ? Ou vous sentez-vous enfermé et vous ennuyez-vous ?
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Le rêve fou de Google: une nano-pilule qui détecte toutes les maladies

Le laboratoire de recherche Google X projette de créer une pilule capable de voyager à travers le corps. L’objectif : détecter et prévenir toute maladie. De quoi révolutionner le secteur de la médecine.

Le projet “Plateforme à nanoparticules” de Google a été dévoilé le 28 octobre 2014, à l’occasion de la Wall Street Journal Digital Conference. C’est Andrew Conrad, chef du département science du Google X Lab et biologiste moléculaire, qui a exposé les grandes lignes du projet : une pilule capable de voyager à travers le corps et de prévenir toutes les maladies : cancer, AVC, diabète, Parkinson… À la croisée de la biologie et de la technologie, cette micro balise vise à surveiller en temps réel à l’échelle de l’infiniment petit, la santé des êtres humains.

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Misère Valley, les laissés-pour-compte de Google & Co

La richissime Silicon Valley a relégué ses SDF dans un immense camp, “The Jungle”. L’immobilier a explosé, chassant de chez eux les oubliés de la révolution high-tech.

This is America“, semble dire la bannière étoilée ondulant dans la brise automnale, plantée tout en haut d’un arbre. Perchée dans les cimes, une espèce de cabane en bois, la “demeure” la plus luxueuse de “The Jungle“, l’un des plus gros camps de SDF des États-Unis, situé à San José, dans la richissime Silicon Valley.

Elle a été construite par Troy, ex-charpentier qui s’est retrouvé dans la rue il y a deux ans. Elle est vide depuis deux mois. Il paraît que Troy a trouvé un logement. Il reviendra peut-être. On revient toujours dans la Jungle.

Deux mondes parallèles

Le camp ressemble à la vision apocalyptique et désolée d’un monde après destruction atomique, tout droit sorti d’un roman de science-fiction. C’est un immense bidonville de tentes à même le sol, poussiéreux et sale. Plusieurs centaines de personnes vivent dans cette zone d’environ 25 hectares, qui s’est considérablement étendue ces deux dernières années.

Il faut slalomer entre des montagnes de déchets s’accumulant entre les arbres. Les chiens aboient. Parfois, un pied sort d’une tente, on voit un corps, allongé sur un matelas par terre. Des silhouettes fantomatiques traînent dans les allées des chariots remplis de bric et de broc.
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Stephen Hawking a l’intelligence artificielle à l’oeil

Stephen Hawking, scientifique mondialement réputé pour ses travaux en cosmologie et physique des trous noirs, a co-signé une tribune dans le journal britannique The Independant. Il dénonce un manque d’intérêt de la communauté scientifique pour les risques inhérents au développement de l’intelligence artificielle.

Associé à d’autres chercheurs de renom comme Stuart Russel, Max Tegmark et Frank Wilczek, il tire le signal d’alarme. « Développer avec succès l’intelligence artificielle pourrait être le plus grand événement dans l’histoire de l’humanité. Malheureusement, ce pourrait aussi être le dernier », estiment-ils.

Les risques qu’ils évoquent sont multiples mais renvoient tous à des problématiques déjà explorées dans le domaine du cinéma. Ainsi, dans des films comme iRobot ou Terminator, peut-on voir émerger des formes d’intelligence artificielle (souvent associées à des robots) ultra-connectées et omniprésentes? Lorsque celles-ci décident de se retourner contre leurs créateurs, elles sont capables de bloquer la plupart des services et infrastructures qui nous font vivre actuellement.

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“Hacker le cerveau : la menace ultime?” par le Docteur Laurent Alexandre

Avec la montée en puissance des neurotechnologies et l’automatisation annoncée des tâches intellectuelles l’être humain va intégrer de plus en plus de technologies à son organisme. Quels sont les enjeux éthiques, politiques et moraux qui se posent dans cet environnement où notre cerveau, cet « ordinateur fait de viande », devient un outil piratable ? Avec quels rôles pour les géants du Net, (Google, Amazon, Facebook…) qui sont précisément en train de phagocyter le domaine des neurotechnologies ?

Laurent Alexandre : « Nos enfants iront-ils demain dans des écoles eugénistes ? »

L’école devra-t-elle devenir eugéniste? Est-elle condamnée à intégrer le développement des neurosciences pour s’adapter à la guerre des cerveaux qui se prépare et réduire les inégalités croissantes de QI à venir ?

Chirurgien-urologue et neurobiologiste, Laurent Alexandre est également diplômé de Science Po, d’HEC et de l’ENA. Pionnier d’internet, il est le fondateur de Doctissimo.fr. Auteur de « La mort de la mort » et de « La défaite du cancer », il s’intéresse aujourd’hui aux bouleversements qu’entraînent les NBIC. Il dirige par ailleurs DNAVision société spécialisée dans le séquençage ADN.

(Merci à Ripper2 et à Charles Sannat)

« On devrait traiter la Silicon Valley avec la même suspicion que Wall Street »

L’universitaire Evgeny Morozov dénonce le discours des entreprises du numérique, qui camoufle « une nouvelle forme de capitalisme ».

On ne sait pas si Evgeny Morozov a beaucoup d’amis dans la Silicon Valley. Mais une chose est certaine : dans cette enclave californienne d’où sont issus la plupart des géants du Web (Google, Facebook, Microsoft, Yahoo!, Twitter, etc.), cet intellectuel biélorusse a quelques ennemis.

Il s’est d’abord attaqué au caractère parfois ambigu de la liberté en ligne et des discours qui l’entourent dans son premier ouvrage The Net Delusion (non traduit en français). Il entreprend, dans son dernier livre Pour tout résoudre, cliquez ici (FYP éditions) un démontage au vitriol des discours et de l’idéologie des entrepreneurs et des patrons américains du numérique, dont les entreprises font partie du quotidien de millions d’internautes.

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Cités flottantes : Faire émerger l’innovation en dehors des cadres traditionnels

La conception d’îles artificielles sur lesquelles des cités-États pourraient accueillir les nouveaux pionniers s’inscrit un peu plus dans la tendance de nouveaux types d’espaces de travail qui ne poseraient pas de freins à l’innovation.

Le projet de “seasteading platforms“, c’est-à-dire de cités flottantes, connait un renouveau d’intérêt dans la Silicon Valley depuis que quelques milliardaires du secteur de l’internet, comme Peter Theil ou Larry Page, se sont intéressés à l’idée de construire des structures pour échapper aux législations étatiques américaines.

Le but initial des cités flottante est de transformer la diplomatie internationale en une compétition économique entre des structures étatiques qui devraient se battre pour attirer les meilleurs citoyens en offrant les meilleures conditions de vie possibles.

Le fondateur de Google Larry Page a en effet précisé que les lois fédérales ralentissaient la dynamique de la recherche théorique et appliquée et qu’un espace où celle-ci pourrait s’effectuer en dehors de telles contraintes l’intéresserait hautement.

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