La compétitivité est une idée morte

La quête de la compétitivité n’est pas seulement erronée, elle est dangereuse, parce qu’elle masque les vrais défis et les vrais enjeux de l’avenir de nos économies et de nos sociétés. Telle est la thèse que soutient Thomas Coutrot, cofondateur des Économistes atterrés et porte-parole d’Attac.

Peu nombreux sont ceux qui le contestent : la montée des inégalités socio-économiques et l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre portent en germe des catastrophes sociales et écologiques à l’horizon de deux ou trois décennies. Pourtant les décisions politiques de court terme ne sont pas seulement indifférentes à ces menaces, mais en accélèrent de toute évidence l’arrivée.

Contrairement à une vision superficielle, l’austérité n’engage aucunement nos sociétés dans la voie de la sobriété. La priorité donnée par François Hollande à la compétitivité de la France s’inscrit en effet dans une vision de court terme — redresser la croissance des exportations du pays par la baisse du coût du travail et des dépenses publiques — qui est contraire à toute perspective de redistribution des richesses et de transition écologique. Je voudrais montrer ici en quoi ses effets secondaires prévisibles, l’accroissement encore accéléré des inégalités et des émissions de GES, nous rapprochent des grandes fractures annoncées.

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Céréales et changement climatique

Les récoltes de blé et d’orge en Europe pourraient chuter de plus de 20% d’ici 2040 à cause d’un réchauffement climatique estimé à une moyenne de presque 2 degrés Celsius (3,5°F). Pour le maïs, la perte est estimée à environ 10%, dans un type de culture qui a déjà été affecté par l’augmentation des températures depuis les années 80.

Ces chiffres sont issus d’une étude publiée en mai 2014 et menée par des chercheurs de l’université de Stanford (USA), Frances Moore, doctorante, et David Lobell, professeur associé en géophysiologie environnementale dans cette université californienne, et publiée dans la dernière édition de la revue Nature Climate Change.

Le groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (GIEC) avait déjà mis en avant les risques du réchauffement sur l’agriculture dans le monde dans un rapport publié le 31 mars 2014. On pouvait aussi s’inquiéter pour certains types de cultures très dépendantes du soleil, comme la vigne : des annonces avaient déjà été faites sur les conséquences du réchauffement sur le vin.

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Changement climatique, déplétion pétrolière, crises… Ebauche d’une vision désirable du monde en 2050

“Songez à la quantité de changements qui se sont déroulés pendant les cent dernières années, qu’il soient sociaux, techniques, culturels, politiques ou environnementaux: tous ces changements ne font pas le poids face à ce dont vous serez témoin au cours des vingt prochaines années”. Ainsi a répondu le scientifique ayant modélisé les limites de la croissance, Dennis Meadows, à la question de savoir qu’elle était sa vision d’un avenir de “descente énergétique”, question qu’a pu lui poser le “cueilleur de visions” comme il se définit lui-même, Rob Hopkins, fondateur du mouvement Transition (1).

“Comment sera ma ville, mon village, mon pays, ma planète dans ces prochaines dizaines d’années ?”

Oui, à l’heure où la finance ajoute une crise à une crise (les « subprimes », les dettes des états, la Grèce…), à l’heure où le réchauffement global et les désordres dont il est capable font suffisamment peur au G7 (2) pour que celui-ci promette très officiellement la décarbonation totale de l’économie durant ce siècle, de plus en plus de personnes devraient se poser une question: “Comment sera ma ville, mon village, mon pays, ma planète dans ces prochaines dizaines d’années ?”

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Petit traité d’anti-écologie…

Petit traité d'anti-écologie, par H16… A l’usage des lecteurs méchants.

Vous aimez les plantes et les petites bêtes, à condition d’avoir la bonne sauce. Vous adorez les éoliennes lorsqu’elles sont installées chez votre lointain cousin. Vous prenez votre vélo pour aller travailler et, avec l’habitude, il ne vous faut plus que deux minutes pour le rentrer dans le coffre de votre voiture diesel.

Vous appréciez tendrement le tri de vos déchets qui permet de multiplier l’emploi de gros camions poubelles consommant 70 l/100 km pour chaque nouveau type de poubelles. Vous apprécierez donc ce petit traité d’anti-écologie, qui réconciliera enfin vos observations personnelles avec le discours catastrophile des écologistes politiques.

Un petit avertissement s’impose, petit parce qu’il s’agit d’un petit traité. Dans ce petit livre, H16 ne traite pas de l’« écologie au sens propre du terme, c’est-à-dire la science qui étudie le milieu, et les interactions des différents êtres vivants dans ces milieux » :
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Vin, allergies, températures: la France de 2050 n’aura rien à voir avec aujourd’hui

Températures espagnoles à Dunkerque, développement des allergies, érosion du littoral, régions viticoles bouleversées. A six mois de la conférence de Paris sur le climat, le magazine Sciences et Avenir a réalisé des projections de l’état de la France en 2050.

Alors que les thermomètres s’emballent cette semaine sur toute la France, le magazine Sciences et Avenir nous rappelle que la métropole connaîtra plus d’épisodes de canicules à l’avenir, et que leur nombre dépendra des avancées réalisées ou pas pour lutter contre le réchauffement climatique.

Dans un dossier spécial “Climat”: ce qui nous attend en France”, le magazine souligne qu’entre 2021 et 2050, l’Hexagone connaîtra 5 à 10 jours supplémentaires de vagues de chaleur par an. Le Sud-Ouest sera la région la plus impactée.

En se basant sur les données du GIEC ou encore de l’ONF, le magazine a réalisé une carte de France comparant les températures actuelles à celles attendues. Ainsi, Nantes et Paris adopteront le climat de Toulouse en 2050. La ville rose affichera les températures de Barcelone. Et Dunkerque vivra également à l’heure espagnole, avec des moyennes proches à celles de la Corogne aujourd’hui, une ville de Galice en Espagne.

“Le front méditerranéen va remonter”
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Lima et après ?

« Tout écroulement porte en soi des désordres intellectuels et moraux. Il faut créer des hommes sobres, patients qui ne se désespèrent pas devant les pires horreurs et ne s’exaltent pas pour chaque ânerie. Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ». Antonio Gramsci, Cahier de prison n° 28.

Au lendemain de la Conférence de Lima sur le climat, les résultats de la coopération internationale en matière d’environnement sont décevants. Les États-Unis et la Chine étant peu disposés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre avant 2030, les perspectives futures, et notamment la Conférence de Paris en décembre 2015, ne sont guère plus réconfortantes.

L’année 2014 a connu une actualité climatique intense. Parmi les nombreux événements institutionnels en relation avec le sujet on citera la remise du cinquième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) [1] qui semble avoir, pour une fois, laissé sans voix les « climato-sceptiques », le sommet extraordinaire de l’ONU sur le climat qui s’est tenu à New York le 23 septembre et a réuni plus de 120 chefs d’État, l’annonce sino-américaine sur le climat effectuée le 12 novembre en marge du sommet de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) et, enfin, la Conférence de Lima qui s’est tenue du 1er au 14 décembre. Quels enseignements tirer de ces événements ?<

Et en particulier des deux derniers présentés comme devant contribuer à l’édification du futur régime climatique mondial censé voir le jour lors de la COP 21 [2] qui va se tenir à Paris à la fin de l’année.

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L’étrange résurgence d’un rapport sur le gaz de schiste en France

En tournant le dos au gaz de schiste, la France se serait privée d’une rente comprise entre 103 et 294 milliards d’euros sur trente ans, ainsi que de 120 000 à 225 000 emplois sur la même période, soit 1,5 à 2 points de chômage en moins. C’est ce qui ressort d’un rapport commandé en 2012 par Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, finalisé début 2014 mais jamais publié. Un document que « le gouvernement s’est empressé d’envoyer aux oubliettes », selon Le Figaro qui se l’est néanmoins procuré et qui en a publié l’intégralité sur son site Internet, lundi 6 avril au soir.

En janvier 2014, déjà, Le Canard enchaîné avait révélé l’existence de ce rapport. Si l’on ignore comment le document, dont Le Figaro écrit qu’il « n’a été tiré qu’en sept exemplaires », a refait surface un an plus tard, il n’apporte en réalité guère d’éléments nouveaux sur le fond du dossier. C’est-à-dire sur la possibilité d’utiliser une autre technologie que la fracturation hydraulique, interdite en France, pour exploiter les huiles et gaz de schiste. Il ne fait, sur ce point, que reprendre les travaux de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) publiés en novembre 2013. Il n’apporte pas non plus d’éléments étayant les perspectives de création de richesse et d’emplois annoncées.

Seule certitude : il resurgit dans un contexte où les industriels du secteur s’activent pour rouvrir le dossier des hydrocarbures non conventionnels en France. Décryptage.

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Et si on pouvait vivre sans croissance économique?

La journaliste Marie-Monique Robin publie «Sacrée croissance!», un livre qui pourrait nous faire revoir nos certitudes économiques…

Marie-Monique Robin

Tout commence avec cette phrase, prononcée le 15 mai 2012 par François Hollande: «L’Europe a besoin de projets, elle a besoin de solidarité, elle a besoin de croissance.» Le mot-clé est lâché: depuis des décennies, la croissance économique apparaît comme le Graal des dirigeants politiques du monde entier. Pourtant, de plus en plus de voix dénoncent cette obsession et assurent que le monde se porterait beaucoup mieux s’il arrêtait de courir après des points de PIB. Parmi elles, Marie-Monique Robin, journaliste auteur du Monde selon Monsanto,  publie ce jeudi 11 décembre un livre intitulé Sacrée croissance! dans lequel elle imagine François Hollande prenant la tête de la «Grande transition» mondiale.

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Paul Ariès : « Il faut penser des solutions en dehors du mythe de la croissance »

Paul Ariès, 55 ans, est politologue, essayiste et rédacteur en chef du mensuel les « Z’indignés » après avoir été celui du « Sarkophage ». Il est un militant actif de l’objection de croissance, de la lutte contre la publicité et de la malbouffe.

Fermement convaincu que la décroissance est synonyme de partage des richesses, il fustige les décroissants austéritaires et est adepte du « buen vivir » qu’il traduit par « décroissance gourmande ». Il co-organise en juillet 2012 le forum mondial sur la pauvreté avec la communauté Emmaüs et aime à rappeler que « sa décroissance n’est pas de droite ». En 2014, il signe l’appel du Mouvement pour la sixième République initié par Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche.

Il est urgent de préparer la décroissance !

Pour Thierry Brulavoine, Michel Lepesant et Christine Poilly, tous trois membres du Mouvement des objecteurs de croissance, “les partis médiatiques prouvent tous les jours leur incapacité à proposer la moindre mesure qui ose accepter la réalité d’un monde fini”. “C’est pourquoi, écrivent-ils, il faut appeler politiquement à une recomposition électorale autour d’un pôle antiproductiviste et anticonsumériste, donc anticapitaliste et révolutionnaire”.

Les partis de gouvernement et d’opposition, de la droite à la gauche, se sont engagés depuis des décennies dans une quête effrénée de croissance, par la promotion du consumérisme et du « progrès » technoscientiste. Les effets de ces politiques sont pourtant implacables : les 67 milliardaires les plus riches de la planète détiennent autant de richesse que les 3,5 milliards d’humains les plus pauvres ; le 5e rapport du Giec annonce une augmentation de 4,8 °C d’ici à la fin du siècle, induisant des événements climatiques extrêmes, une insécurité alimentaire, une perte de biodiversité, plus de migrations contraintes…

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L’UE a commencé à subventionner le gaz de schiste

EXCLUSIF / Un fonds de recherche européen propose une aide de 113 millions d’euros aux entreprises qui exploitent le gaz de schiste dans le cadre du programme Horizon 2020. Le programme a en théorie vocation à encourager le développement d’énergies à faible émission de carbone.

Le programme Horizon 2020, qui court de 2014 à 2020, prévoit d’investir 80 milliards dans des technologies innovantes en Europe. Or ces fonds dédiés à l’innovation pourraient bénéficier au gaz de schiste. Le recours à des technologies innovantes pour évaluer les risques de l’exploitation du gaz de schiste ainsi que le modélisations de l’exploitation pourront en effet être concernés.

Ces financements pourraient aider des compagnies gazières, qui auraient autrement été contraintes de financer elles-mêmes ces études. Des critiques s’élèvent contre ces allocations de fonds qui entrent directement en contradiction avec les politiques européennes en matière de décarbonisation.

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Changement climatique : Une escroquerie ?

Le réchauffement de la planète ne serait pas lié à l’activité humaine. Le Britannique Martin Durkin prend le contre-pied de l’actuel consensus sur l’évolution du climat en s’appuyant sur des interviews de scientifiques, d’économistes ou encore d’hommes politiques.

Un documentaire polémique, qui a été particulièrement controversé lors de sa diffusion au Royaume-Uni en 2007. “The Great Global Warming Swindle” est un film documentaire controversé du producteur de télévision britannique Martin Durkin, qui conteste l’avis de la majorité des climatologues selon lequel l’activité humaine serait la principale cause du réchauffement climatique.

Le film montre le témoignage de scientifiques, d’économistes, de politiciens, d’écrivains et d’autres personnes sceptiques par rapport au consensus scientifique sur l’origine anthropique du réchauffement climatique.

L’effondrement de la civilisation occidentale

Après Les Marchands de doute, Erik M. Conway et Naomi Oreskes se livrent à un essai de prospective. Dans “L’effondrement de la civilisation occidentale” (LLL Les liens qui libèrent, 128 p., 13,9€), un historien de 2093 tente de répondre à la question suivante: pourquoi sommes-nous restés inactifs, alors que nous disposions d’informations scientifiques robustes sur le changement climatique et que nous savions quels terribles événements allaient suivre.

Nous sommes en 2093, avènement de l’ « Âge de la Pénombre », et deux historiens futurs se retournent sur leur passé – qui est notre présent et notre avenir probable. Tout avait pourtant bien commencé avec la création du GIEC en 1988.

Mais rapidement le « déni » se répand en faisant valoir l’incertitude des données scientifiques. Les effets du changement climatique s’intensifient, et en 2023, l’année de l’« été perpétuel », il y a 500.000 morts et 500 milliards de dollars de perte.

Puis la loi dite de « négation de la hausse du niveau de la mer » est adoptée par certains états. Mais rien n’y fait. La nature se déchaîne sans que les mesures nécessaires ne soient prises. Pendant l’été 2041, des vagues de chaleur sans précédent détruisent les récoltes.

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Cinéma : Le documentaire sur l’environnement peine à respirer

Des films récents comme «La Ligne de partage des eaux» ou «Holy Land Holy War» témoignent de la difficulté de ce genre très présent dans les salles à transformer une inquiétude légitime en œuvre de cinéma.

Mercredi 23 avril est sorti en salles La Ligne de partage des eaux, de Dominique Marchais, un documentaire consacré à plusieurs enjeux environnementaux. Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas seul –ni le seul documentaire, ni le seul à se soucier d’écologie.

Depuis une quinzaine d’années, profitant de certains dispositifs réglementaires et de l’effet d’une poignée de succès de box-office (Être et avoir, Le Cauchemar de Darwin), le nombre de documentaires sur les grands écrans ne cesse d’augmenter. En quinze ans, il est passé d’environ 40 à plus de 90 longs métrages.

Qui porte intérêt à la diversité des films et revendique la pleine appartenance de ce genre au cinéma devrait s’en réjouir. Les choses sont pourtant moins simples.

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La croissance d’abord ? « C’est la plus forte des croyances économiques. »

La croissance, l’économiste Jean Gadrey, hier « productiviste », ne l’attend plus. Il lui a dit « adieu », même. Et d’après lui, c’est tant mieux.

Fakir : Je voudrais commencer par une déclaration de François Hollande, c’était au G8 : « J’avais, au nom de la France, l’objectif de mettre la croissance au cœur des débats et de faire que cette dimension de croissance puisse trouver toute sa place dans toutes les réunions. Le président Obama a voulu que la croissance soit évoquée comme une manière de donner confiance aux opinions publiques, et aussi aux marchés. Mais je dois dire que dans le G8, cette volonté de croissance, même si chacun des participants pouvait y mettre ses propres mots, a été partagée. Voilà pourquoi je considère que ce G8 a été utile, fructueux, et permet d’envoyer un double message, un message de confiance et un message de croissance. Il n’y aura pas de croissance sans confiance. Il n’y aura pas de confiance sans croissance. »
En moins d’une minute, François Hollande prononce huit fois le mot croissance et quatre fois le mot confiance. Là, on est un peu dans l’incantation, l’invocation d’une puissance céleste.

JG : C’est comme si l’on pratiquait le vaudou pour que la croissance revienne. Mais elle ne reviendra pas.

Surtout, c’est se tromper sur la crise en cours, sur ses causes. Cette crise est apparue aux États-Unis, puis elle a traversé l’Atlantique, après une période de belle croissance. C’est, d’une certaine façon, une crise de croissance.

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Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ?

Ouvrage collectif soutenu entre autres par le réseau ATTAC : « Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ? ».

Bonne question.

L’Union Européenne est un pôle important lors de toutes les négociations internationales sur les questions agricoles et alimentaires. En 2013, le gel de la Politique Agricole Commune arrive à terme. La réforme de la PAC sera donc, à nouveau, à l’ordre du jour. Qu’attendre de Bruxelles dans ce cadre ?

Précision d’entrée de jeu : nous avons bien dit « attendre de Bruxelles », et non de Strasbourg, car, en ce qui concerne la PAC (40 % du budget de l’UE), le Parlement (élu démocratiquement) n’a sur l’essentiel qu’un pouvoir consultatif, tandis que la Commission (non élue) est seule habilitée à proposer des directives au Conseil des Ministres de l’Agriculture (c’est ce qu’on appelle la « démocratie européenne »). C’est à peu près la relation entre le Bureau Politique du Parti Communiste et le Soviet Suprême dans la défunte URSS, soit dit en passant.

Pour la bonne bouche, signalons encore que l’objectivité de la Commission ne paraît pas tout à fait indiscutable (on va dire ça comme ça). Exemple : la Commission s’est récemment félicitée publiquement des « bonnes relations » qu’elle entretient avec la Confédération des Industries Alimentaires et des Boissons (CIAA), soulignant le « traitement 5 étoiles » (sic) accordé à ce lobby. Pas triste.

Bref, donc : qu’attendre de Bruxelles ?

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L’écologisme est-il l’idiot utile du néolibéralisme ?

L’émergence d’une nouvelle idéologie dans le débat public, que l’on qualifiera d’écologisme apocalyptique, restera probablement comme l’évènement politique majeur de ce début de siècle. Les interrogations sur la soutenabilité de notre modèle de développement, jusque là circonscrites aux milieux verts et alternatifs, ont pris une toute autre dimension ces dernières années.

Le mouvement est venu des États-Unis avec la sortie du film de Al Gore « Une vérité qui dérange » en 2006 et très vite, le traditionnel programme « précautionniste » mâtiné de gauchisme libertarien des Verts, a évolué sous l’influence de Nicolas Hulot en discours catastrophiste décrétant la mobilisation générale pour la planète en danger !

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Giec – Les experts du climat sont dans la tourmente

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), autorité mondiale du réchauffement climatique, est sur la sellette. Sa structure et ses prévisions soulèvent des interrogations.

Rajendra Pachauri, président du Giec

Ça chauffe pour le Giec. L’organisme de l’ONU, dont les rapports ont largement contribué à placer l’urgence climatique au centre des débats diplomatiques du monde, doit faire face à ses détracteurs. Cinq scientifiques de renom, qui avaient collaboré à ses travaux, s’attaquent à l’institution dans l’édition de mercredi [10 février 2010] de la revue Nature et préconisent de le transformer.

Car le Giec, ces derniers temps, n’a pas franchement brillé. L’assemblée d’experts a ainsi reconnu en janvier que la prévision qu’elle avait faite, dans son rapport de 2007, d’une disparition des glaciers de l’Himalaya vers 2035, était « une regrettable erreur ».

Car la fonte en question n’est envisageable, en vérité, que vers 2350 ! Cette monumentale erreur de trois siècles, dans un rapport qui avait notamment permis au Giec d’empocher le prix Nobel de la paix, inquiète. Les principales négociations mondiales sur le climat, dont le récent sommet de Copenhague, se basent en grande partie sur les rapports du Groupe

Copenhague, justement, avait été en décembre dernier le théâtre de l’affaire du « Climategate ». Deux semaines avant le sommet, la divulgation d’e-mails échangés entre les grandes pontes scientifiques du climat, parmi lesquels des cadres du Giec, laissait entendre que ceux-ci s’étaient mis d’accord pour avoir un discours commun sur le danger du réchauffement climatique alors que certains d’entre eux en doutaient.
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Faut-il brûler les climato-sceptiques ?

Le géophysicien Vincent Courtillot fait partie de ceux qui nuancent le catastrophisme sur le changement climatique. Bref, de ceux que les écolos auraient bien envie de coller au bûcher (au risque d’augmenter les émissions de CO2). Il était l’invité de Parlons net cette semaine.

Vincent Courtillot, géophysicien, directeur de l’Institut de physique du globe de Paris, défend des thèses qui modèrent les prévisions les plus pessimistes sur le changement climatique. A quelques jours du sommet de Copenhague, il se veut pédagogue et nuancé face au catastrophisme ambiant. Certains le lui reprochent. Il donne ici le programme idéal d’une conférence écologique mondiale selon lui. Il critique la représentativité du GIEC et dans le même temps la difficulté pour les politiques de se saisir de la difficulté des débats scientifiques.

Vincent Courtillot revient sur l’affaire dite du Climate Gate. Il décrypte les querelles scientifiques et se positionne en modéré par rapport à Claude Allègre. Il dénonce très vivement le principe de précaution et ses excès et estime qu’il ne faut pas avoir peur. Pour lui il y a deux sortes d’écologistes : ceux qui font peur et les autres.

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