Les infrastructures d’Internet : quelle géopolitique ? (Audio)

A qui appartiennent les câbles sous-marins et les fibres optiques qui constituent la matérialité du réseau internet ? Quels sont les enjeux économiques, techniques et juridiques qui y sont liés ?

Avec :

  • David Fayon, expert technologies numériques, essayiste, administrateur des postes et telecommunications
  • Dominique Boullier, professeur des universités en sociologie

(Cliquer sur l’image pour accéder à la carte interactive des câbles sous-marins)

Via Theatrum Belli

La stratégie de l’Anaconda

Pour le géopoliticien allemand Karl Haushofer les Anglo-saxons pratiquent la politique de l’Anaconda, consistant à enserrer progressivement sa proie et à l’étouffer lentement. – Article rédigé par Édouard Rix, pour la revue Réfléchir & Agir, automne 2012, n°42, pp. 45-47.

Dans “Terre et Mer“, Carl Schmitt rappelle que les cabalistes du Moyen-Age interprétaient l’histoire du monde comme un combat entre un animal marin, une puissante baleine, le Léviathan, et un animal terrien, éléphant ou taureau, le Behemoth (1). Ce dernier essaie de déchirer le Léviathan avec ses défenses ou ses cornes, tandis que la baleine s’efforce de boucher avec ses nageoires la gueule du terrien pour l’affamer ou l’étouffer.

Pour Schmitt, derrière cette allégorie mythologique se cache le blocus d’une puissance terrestre par une puissance maritime. Il ajoute : « l’histoire mondiale est l’histoire de la lutte des puissances maritimes contre les puissances continentales et des puissances continentales contre les puissances maritimes » (2), axiome que reprendront les géopoliticiens anglo-saxons.

Le Sea Power de Mahan

Lire la suite

Zones grises : Quand les Etats perdent le contrôle

la notion de « zone grise » se définit comme un « espace de dérégulation sociale, de nature politique ou socio-économique, (…) où les institutions centrales ne parviennent pas à affirmer leur domination, laquelle est assurée par des micro-autorités alternatives ». L’auteur confronte cette notion avec des cas concrets comme par exemple Gaza, la mer de Chine, certaines régions du Pakistan ou encore la Seine-Saint-Denis…


Gaïdz Minassian, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), auteur de “Zones grises – Quand les Etats perdent le contrôle”, Ed. Autrement, 2011. (7 minutes).

Après la Crimée, la Finlande ?

Un ancien conseiller de Poutine a expliqué au journal suédois Svenska Dagbladet que le président russe cherchait à rendre une « justice historique », et qu’il cherchait à reformer la Russie historique de l’époque du Tsar Nicolas II et de l’Union Soviétique sous Staline.

Le président russe Vladimir Poutine ne se contentera pas de l’annexion de la Crimée, et il devrait également tenter de reconquérir la Biélorussie, les pays baltes et la Finlande, a affirmé Andrej Illarionov, l’un de ses anciens conseillers les plus proches. Illarionov  a été conseiller économiste en chef du président russe entre 2000 et 2005.

« Des parties de la Géorgie, l’Ukraine, la Biélorussie, les pays baltes et la Finlande sont des États que Poutine revendique », a déclaré Illarionov, qui a affirmé que Poutine estimait que l’accession à l’indépendance de la Finlande en 1917 était un « acte de trahison contre les intérêts nationaux » russes. Avant cette date, la Finlande avait été pendant 108 ans un Grand-Duché autonome intégré à l’empire russe.

Lire la suite

Ukraine : Horizons de la révolution

(Notre lecteur Boreas nous transmet la traduction d’un article de Olena Semenyaka, ukrainienne, professeur de philosophie à l’Université de Kiev. Merci à lui.)

Même quand la différence géopolitique entre l’Occident et la Russie existait encore, la Russie ne satisfaisait pas entièrement à la définition de la puissance tellurique [ou continentale, ndt]. J’ai déjà commenté l’opposition faite par Carl Schmitt entre le Nomos de la Mer (les puissances thalassocratiques, atlantistes) et le Nomos de la Terre (bloc tellurique, continental) en ce qui concerne les États-Unis et la Russie, qui a toujours été tenue pour acquise par Douguine.

Poutine%20C%C3%A9sar.jpg

Haroun (Vadim) Sidorov, l’auteur de l’article « L’État russe en tant que nomade, anarchiste naturel et technocrate » (…) remarque assez que l’identité russe a toujours été plus nomade (la mobilité asiatique), contrairement à la paysannerie européenne qui est directement liée à la terre où elle vit et qu’elle défend (définition du Partisan de Carl Schmitt et, à propos, auto-description des disciples de Stepan Bandera).

Les traditions de l’État russe ont toujours été marquées par une centralisation bureaucratique élevée (monarchisme-absolutisme-despotisme), par opposition à la haute mobilité verticale européenne et à l’accent mis sur les droits de l’aristocratie et les libertés locales ; le servage a existé en Russie pendant longtemps, jusqu’au déclenchement même de la révolution.

Lire la suite

La fière et discrète République de Gagaouzie

Territoire oublié d’Europe d’environ 150.000 habitants seulement, sa petitesse (18.323 km²) pouvant pousser à croire que c’est un artefact (ou l’origine d’une célèbre chanson britannique). Au contraire, c’est l’héritage d’une riche histoire, celle de turcs chrétiens ayant une filiation avec les peuplades mongoles qui dominèrent un temps l’Europe, de l’Est en particulier.

Peuple turcophone donc, creuset des tribus Oghouzes qui immigraient vers l’Ouest de l’Europe entre les X et XIIe siècle ap. J.-C. Ils ont été christianisés au cours du XIXe siècle à partir d’un échange de territoires entre les empires russe et ottoman en 1812 (l’Empire russe obtenant la Bessarabie).

Le chemin de l’indépendance de la Gagaouzie débute dès le XXe siècle.

Lire la suite

Europe : Punir Moscou pourrait coûter très cher

De l’industrie automobile allemande au secteur du luxe italien, les entreprises européennes redoutent le contrecoup de sanctions économiques contre la Russie.

Par Margaret Coker, Jan, The Wall Street Journal

Les diplomates européens qui envisagent de durcir les sanctions contre les élites politiques et financières russes font face à un gros problème : ces mesures pourraient bien se retourner contre l’économie de leurs pays.
De l’industrie automobile allemande au secteur italien de la mode, en passant par les services financiers de la City à Londres et le tourisme grec, l’économie de la région est bien plus dépendante des Russes que ne l’est celle des Etats-Unis.
Après plusieurs années de récession, le commerce, l’industrie et les services européens sont encore très vulnérables. En outre, les milliards de dollars d’investissements étrangers en Russie pourraient être compromis si ce pays ripostait aux sanctions.
Lire la suite

Sont-ils tous devenus fous?

par Jacques Attali

Il m’arrive parfois de demander s’il est possible d’avoir raison contre tout le monde. Ou bien s’il faut se résigner à penser que l’unanimité vaut raison. Au vu du tour que prend l’affaire ukrainienne, je me sens cependant renforcé dans ma première intuition, exprimée ici : il est fou, pour l’Occident, de faire du problème de la Crimée l’occasion d’une confrontation avec la Russie.

Gérard Garouste : Dérive

Qu’on ne s’y trompe pas. On n’a jamais lu sous ma plume une approbation du régime actuel de la Russie. Ni de sa stratégie internationale. Et je ne parle ici que de l’intérêt de l’Occident, et plus précisément de l’Europe.

Et, pour moi, l’intérêt de l’Europe n’est pas de se lancer dans un affrontement avec la Russie. Mais au contraire de tout faire pour intégrer notre grand voisin de l’Est à l’espace de droit européen.

Lire la suite

Portugal : L’exode

Par Cristina Semblano enseignante en économie portugaise à l’université de Paris–IV Sorbonne.

On était loin d’imaginer qu’une saignée équivalente à celle de la décennie 60, qui a vu le grand exode des Portugais vers l’Europe, pourrait se reproduire. Les chiffres forcément approximatifs pointent des flux semblables, voire supérieurs, à ceux de cette époque. C’est le cas de l’année 2012 où les sorties au rythme moyen de 10.000 par mois pour une population d’environ 10,5 millions d’habitants ont dépassé celles de l’année 1966.

Dans les années 60, les Portugais fuyaient la misère, la dictature et la guerre coloniale. Aujourd’hui, à cinquante années de distance et une révolution étant passée par là, que fuient-ils ces Portugais de tous âges, de toutes qualifications, qui partent seuls ou en famille, par milliers |1| ? Ils fuient le chômage, l’absence de perspectives, la promesse de misère ou de non-vie d’un pays soumis à la dictature de la troïka.

On sait que des flux importants atteignent d’autres pays sous l’empire direct ou indirect de la troïka, mais le Portugal est à coup sûr le seul où un gouvernement appelle de façon éhontée ses concitoyens à émigrer. Et qui se réjouit de la baisse toute relative du chômage que la débandade de cette population est en train de provoquer, la mettant sur le compte de la réussite d’une politique qui met le pays à sac et paupérise encore davantage la population de l’un des États les plus pauvres et les plus inégalitaires de l’UE.

L’émigration portugaise n’est pas un phénomène nouveau et elle était difficilement évitable dans un pays que l’entrée dans la zone euro a condamné à une quasi-stagnation économique. Mais elle est devenue plus importante après la crise, à la faveur d’un taux de chômage qui n’a cessé d’augmenter et se situe, pour les jeunes, sur la trajectoire des 40%.

Lire la suite

Europe : Les alternatives au gaz russe seraient rares et coûteuses

La crise suscitée par l’annexion de la Crimée et la menace, brandie à Moscou, d’un arrêt des livraisons de gaz transitant par l’Ukraine ont relancé la réflexion sur les moyens de réduire la dépendance énergétique européenne à l’égard de la Russie, mais les alternatives sont limitées et coûteuses.

Les Vingt-Huit ont accompli quelques progrès en ce sens après les crises commerciales de 2006 et de 2009 entre Kiev et Moscou, qui avaient perturbé les livraisons. Leur réseau d’acheminement des hydrocarbures a ainsi été amélioré, ce qui écarte un tant soit peu le risque de nouvelles perturbations, mais la Russie leur fournit toujours un tiers du gaz, du pétrole et du charbon qu’ils consomment, moyennant 250 milliards de dollars annuels.

S’il n’est pas très compliqué de trouver d’autres fournisseurs pour le pétrole et le charbon, la question du gaz est plus problématique puisque les gazoducs européens sont alimentés par un unique fournisseur: le géant russe Gazprom.

La part de marché de Gazprom en Europe augmente (du fait de la diminution de la production européenne; ndlr). L’objectif de diversification de nos approvisionnements ne sera donc pas accompli avant 2020“, observe Thierry Bros, spécialiste du marché gazier à la Société générale. Après cette date, poursuit-il, les alternatives resteront quoi qu’il en soit plus coûteuses si le tarif russe n’explose pas, poursuit-il.

Lire la suite

Pascal Marchand : géopolitique de l’Europe et de la Russie (vidéo)

Pascal Marchand est géographe, professeur des Universités à Lyon II, spécialiste de la géopolitique de l’Europe et de la Russie et auteur de l’Atlas géopolitique de la Russie : La puissance retrouvée.

Interviewé pendant 42 mn par Agence Info Libre, il livre une synthèse historique, géographique, économique et stratégique des relations entre la Russie, l’Ukraine, les républiques du Caucase, l’Union Européenne et l’OTAN, et nous ramène avec brio sur l’actuelle crise en Ukraine et le récent rattachement de la Crimée à la Russie.

electrosphere.blogspot.fr

Les enjeux énergétiques en Antarctique (Maj vidéo)

De récentes études ont montré que l’Antarctique regorge de formidables ressources en hydrocarbures. L’étude Lown Institute estime à 203 milliards de barils de pétrole  les réserves de la région. Au vue de la raréfaction des hydrocarbures sur la planète et de l’augmentation constante des prix, on peut se demander quels sont les enjeux énergétiques émergents dans cette région du monde ?

Par Philippe SAMBUSSY

C’est au cours de la guerre froide qu’est signé le traité sur l’Antarctique pour éviter l’installation d’armes nucléaires et de bases militaires. En 1959, 12 États faisaient partie de l’organisation. Aujourd’hui 50 ont adhéré au traité. L’Antarctique a le statut de “zone de paix”. Le territoire est réservé uniquement aux recheches scientifiques. Les revendications historiques des terres (par l’Argentine, l’Australie, la France, la Grande-Bretagne, la Norvège et la Nouvelle-Zélande) sont gelées par le traité.

Lire la suite

L’investissement direct étranger (IDE) en Ukraine

En augmentation durant ces dernières années, les IDE à destination de l’Ukraine ont connu un net ralentissement du fait de la récession mondiale et de la crise économique sévère qui a touché le pays. Après avoir rebondi en 2010 (+23,7% par rapport à 2009), les flux se sont taris. En 2012, ils ont baissé de 9,4% par rapport à 2011, s’élevant à 4,13 milliards USD.

L’échec du rapprochement avec Bruxelles et la perte du soutien du FMI sont autant de facteurs qui jouent négativement sur la confiance des investisseurs.

 

En dehors de cette conjoncture défavorable, un système judiciaire inefficace et corrompu, la complexité des lois et règlements, le faible respect des contrats et la mauvaise gouvernance sont de sérieux freins à l’investissement.

Lire la suite

L’impossible embargo sur les Mistral vendus à la Russie

On ne fait pas du commerce avec de grands sentiments. Vendus 1,2 milliard d’euros par la France, le Vladivostok et le Sébastopol seront livrés.

Selon Laurent Fabius, qui l’a dit lundi soir sur TF1, la vente à laRussie des deux porte-hélicoptères de type Mistral pourrait être compromise. Le ministre des Affaires étrangères s’est toutefois montré très prudent, assortissant sa déclaration de conditions qui ne relèvent pas de décisions prises à Paris : “Si Poutine continue ce qu’il fait, nous pouvons envisager d’annuler ces ventes, mais nous demanderons à d’autres, je pense notamment aux Britanniques, de faire l’équivalent avec les avoirs russes des oligarques à Londres. Les sanctions doivent toucher tout le monde.”

En demandant aux Britanniques le gel bien peu probable d’avoirs d’oligarques, le risque pris par les autorités françaises est fort limité. 

Lire la suite

Réflexion sur la multipolarité pour les camarades pro-russes, partisans de l’unité continentale et de la voie eurasiste

Dominique Strauss-Kahn, ancien patron du FMI et grand roi de la gaudriole s’est reconverti en septembre dernier dans la banque d’affaires. Il a pris la tête de la société financière luxembourgeoise Anatevka, cotée à la Bourse de Paris. Cette société fondée en 1994 par le financier Thierry Leyne a été rebaptisée pour l’occasion LSK : Leyne, Strauss-Kahn & partners. Calquée sur le modèle des banques anglo-saxonnes, LSK intervient dans la gestion d’actifs, le capital-risque, l’assurance et l’intermédiation financière. Elle est valorisée à la Bourse de Paris pour 50,24 millions d’euros. Vous allez me dire, qu’est-ce qu’on en a à faire ?

Vladimir Poutine et Igor Sechin

Eh bien, ce qui est intéressant dans la nouvelle activité de monsieur Strauss-Kahn, c’est qu’il a été nommé membre du conseil de surveillance des deux plus grandes institutions financières russes détenues à majorité par les pouvoirs publics russes (entendez Poutine) : le Fonds russe des investissements directs (RDIF) et la Banque russe de développement des régions (BRDR), contrôlée par le pétrolier Rosneft.

Rosneft, le géant du pétrole russe devenu le premier groupe pétrolier mondial et qui veut devenir une banque d’affaire à la Rothschild, est contrôlé par Igor Sechin, ami de longue date du président Poutine, soutien politique de première importance pour le président et financier de ses campagnes électorales.

Lire la suite

L’Allemagne : Future puissance européenne tournée vers l’Est ?

Que se passe-t-il ? L’Otan ne forme même plus des officiers loyaux dans ses cours! Les nouvelles autorités euro compatibles de Kiev voient, en effet, leur armée se réduire de jour en jour. Conséquence de l’affaire Ukraine-Crimée.

Angela Merkel et Vladimir Poutine

Hier, c’était le chef de la marine ukrainienne, l’amiral Denis Berezosvki, qui prêtait allégeance aux autorités pro-russes de Crimée. Puis, le gouvernement de Crimée a annoncé le ralliement de la 204e brigade d’aviation de chasse des forces aériennes d’Ukraine dotée d’avions de chasse MiG-29 et d’avions d’entraînement L-39.

Selon les autorités de Crimée, 800 militaires déployés sur la base aérienne de Belbek sont passés dans le camp du « peuple de Crimée ». Au total 45 avions de chasse et 4 avions d’entraînement se trouvent sur l’aérodrome. Précédemment dans la journée, les autorités de Crimée avaient annoncé que plus de 5.000 militaires des troupes de l’Intérieur, du service de garde-frontière et des forces armées d’Ukraine étaient passés aussi sous leur commandement.

On parle donc de 22.000 militaires ukrainiens et plusieurs dizaines de systèmes de missiles sol-air S-300, passés sous l’autorité du gouvernement de la République autonome de Crimée. C’est pour Poutine, sans faire même couler le sang, un exploit et, pour l’Otan, un sérieux revers et surtout un beau manque de loyauté après tous les cocktails servis !

Lire la suite

Y a-t-il une part d’irrationnel dans notre rapport à la Russie ?

Qu’est-ce que la Russie ? « Un rébus, enveloppé de mystère au sein d’une énigme » aurait dit Winston Churchill à son sujet. En 2014, on dirait bien que le mystère reste entier.

Avec :
Jean-Robert Raviot, maître de conférences à Paris X.
Tania Rakhmanova, journaliste et documentariste
Dimitri de Kochko, journaliste à « La Russie d’Aujourd’hui », président de l’Association France-Oural.

Via Theatrum-belli.org

Le point de vue de la représentation nationale sur cette question au 12 février 2014:

RAPPORT D’INFORMATION

DÉPOSÉ

PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES ETRANGÈRES

sur la politique française et européenne vis-à-vis de la Russie

ET PRÉSENTÉ PAR

Mme Chantal GUITTET et M. Thierry MARIANI

Députés

Lire la suite