Le dessous des cartes : L’Islam en conflit (2/2)

Quels sont les facteurs et la nature du conflit qui oppose aujourd’hui les deux communautés ? Qu’en est-il de l’État islamique – ou “Daesh” –, nouvel acteur apparu en juin dernier ?


Revoir Le dessous des cartes : L’Islam en conflit (1/2)

Russie : Avis de gros temps sur l’économie

A chaque saison son choc. Après l’annexion de la Crimée au printemps, l’escalade des sanctions cet été, la chute brutale du prix des hydrocarbures cet automne, l’économie russe subit l’effondrement du rouble depuis novembre dernier. Rouvrant les cicatrices des années 1990, cette crise de change laissera des traces. Car elle expose au grand jour des faiblesses structurelles longtemps sous-estimées par le pouvoir.

Si le rattachement de la Crimée est interprété au Kremlin comme un succès militaire et politique, le bilan économique de l’année 2014, marquée par l’adoption de sanctions occidentales à l’encontre de la Russie, est loin d’être positif. L’ampleur de la chute du rouble vis-à-vis du dollar (-42% entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2015) a effacé les gains de puissance économique relative réalisés depuis 2009.

Le pays a rétrogradé du dixième au seizième rang mondial en termes de produit intérieur brut (PIB) au taux de change courant. Les autorités visaient une inflation réduite à 5 % ; elle a plus que doublé et s’établit à 11,4 %. La croissance devait se redresser à 3,5 % ; dans le meilleur des cas, elle sera nulle en 2014 et fera place à une récession en 2015 (entre -3 % et -4,5 % selon les prévisions du gouvernement).

La diversification industrielle devait être relancée ; la production d’automobiles a chuté lourdement. Le leader Avtovaz a déjà supprimé plus de dix mille postes et s’apprête de nouveau à licencier. Si la situation continue de se dégrader, nul doute que ses concurrents lui emboîteront le pas.
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Il était une fois l’Arctique

L’ours polaire se meurt et la banquise est sur le point de disparaître. Sous l’effet du réchauffement climatique, les richesses de l’Océan Arctique se révèlent aux yeux du monde : du pétrole, de l’or, des ressources halieutiques et de nouvelles routes marchandes.

Alors que démarre la ruée vers le nord, deux mondes tentent désormais de se côtoyer. D’un côté, celui des pionniers et de l’or noir, de l’autre celui des autochtones et de l’ours blanc.

Quatre histoires s’entrecroisent, celles de chasseurs Inuits sur la banquise, de 130 millionnaires chinois en croisière, des Nenets et de leurs milliers de rennes, mais aussi de l’armée canadienne.

Thalassa (23/01/2015)

Quand le français était universel

Sourdez vous le cul tost et apareillez a diner !” Comment activer un aubergiste, réprimander un valet ou insulter un chauffard dans la France médiévale ? Les manuscrits exposés à la bibliothèque de l’université de Cambridge, en Grande-Bretagne, reflètent un français fleuri qui, aujourd’hui, prête à sourire. Ils sont aussi une fenêtre ouverte sur une page d’histoire du Moyen Âge. Avec les médiévistes Jean-Philippe Genet et Bill Burgwinkle, retour sur une époque où le français était la langue des rois, mais aussi de tous les échanges culturels et commerciaux.

Par Liliane Charrier

Détail d’un ouvrage multilingue rassemblant une cinquantaine de textes – histoire, géographie, cosmographie, littératures et religions (entre 1307 et 1350)
En l’an de grâce 1398, le jeune Perot, venu d’Angleterre, retrouve son ami Guillaume dans une auberge sur la route de Paris.

En quel langage “universel” les deux compères communiquent-ils pour gérer le quotidien ? A l’époque, c’est le français qui unit les peuples.

Un français fluide et imagé, car Perot aura pris soin, avant son départ, de bûcher Manières de langage, un guide de conversation à l’attention des voyageurs anglais.

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Reportage : Arabie Saoudite, la maison des Saoud

Au sens strict, la dynastie saoudienne actuelle est constituée des descendants de Abdelaziz ben Abderrahmane al-Saoud dit Ibn Saoud (1880-1953), fondateur de l’État moderne du même nom, le royaume d’Arabie saoudite et qui en fut le roi de 1932 à 1954. Il a eu trente-deux épouses qui lui donnèrent cinquante-trois fils et trente-six filles, et environ 500 petits-enfants.

Qu’est-ce qu’un événement ?

Par Grégoire Gambier. Ce texte est une reprise actualisée et légèrement remaniée d’une intervention prononcée à l’occasion des IIe Journées de réinformation de la Fondation Polemia, organisées à Paris le 25 octobre 2008.

Les attaques islamistes de ce début janvier 2015 à Paris constituent à l’évidence un événement. Tant au sens historique que politique et métapolitique – c’est-à-dire total, culturel, civilisationnel. Il provoque une césure, un basculement vers un monde nouveau, pour partie inconnu : il y aura un « avant » et un « après » le 9 janvier 2015. Au-delà des faits eux-mêmes, de leur « écume », ce sont leurs conséquences, leur « effet de souffle », qui importent. Pour la France et avec elle l’Europe, les semaines et mois à venir seront décisifs : ce sera la Soumission ou le Sursaut.

Dans la masse grouillante des « informations » actuelles et surtout à venir, la sidération politico-médiatique et les manipulations de toute sorte, être capable de déceler les « faits porteurs d’avenir » va devenir crucial. Une approche par l’Histoire s’impose. La critique historique, la philosophie de l’histoire et la philosophie tout court permettent en effet chacune à leur niveau de mieux reconnaître ou qualifier un événement. « Pour ce que, brusquement, il éclaire » (George Duby).

C’est donc en essayant de croiser ces différents apports qu’il devient possible de mesurer et « pré-voir » les moments potentiels de bifurcation, l’avènement de l’imprévu qui toujours bouscule l’ordre – ou en l’espèce le désordre – établi. Et c’est dans notre plus longue mémoire, les plis les plus enfouis de notre civilisation – de notre « manière d’être au monde » – que se trouvent plus que jamais les sources et ressorts de notre capacité à discerner et affronter le Retour du Tragique.

Tout commence avec les Grecs…

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Les derniers jours de l’URSS

Moscou, le 25 décembre 1991 : sous les vivats de la foule, le drapeau rouge flottant sur le Kremlin est remplacé par le pavillon tricolore de la Russie impériale.

Le mythe soviétique vient de mourir. L’URSS n’a pas connu la lente agonie qu’on lui présidait. Elle n’a pas connu le destin de la Chine, qui a su négocier le virage vers l’économie libérale. Elle s’est désintégrée, dissoute dans les mouvements suivant la chute du Mur de Berlin.

Comment s’est produit ce bouleversement géopolitique majeur du XXe siècle ? Quelle est la part de calcul, de hasard et de stratégie dans les événements qui ont entraîné, en deux ans, la chute de l’empire soviétique ?

Réalisé par Jean-Charles Deniau et Serge Kostine (LCP – 2010)

Chine : La nouvelle route de la soie

Alors que l’Unesco a inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité une partie de la “Route de la soie” d’origine, les autorités chinoises révèlent une carte de “la nouvelle Route de la soie”. Quelle est sa réalité historique et a-t-elle une chance de voir le jour ?

Arctique, la conquête glaciale

Longtemps à l’abri d’une exploitation industrielle d’envergure mondiale, l’Arctique risque de devenir le dernier eldorado pour les grandes compagnies pétrolières.


C’est en 2007 que Poutine, le premier, a déclaré son intérêt pour un potentiel pétrolifère estimé à 90 milliards de barils, exploitables dans un avenir proche. À sa suite, les autres pays riverains (États-Unis, Groenland, Norvège, etc.) ont réclamé leur part du gâteau, quitte à se disputer le tracé des frontières.

 

Mais déjà, plusieurs signes alarment les défenseurs de la nature : une première plate-forme s’est mise à dériver, tandis que la direction d’une centrale nucléaire russe, construite sur du permafrost en train de fondre, a observé un black-out informatif total.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Réalisé par Tania Rakhmanova (2013)

Merci à NOP

L’Afghanistan ou l’odyssée de l’impasse

Le 31 décembre, la force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS ou ISAF) aura terminé officiellement sa mission en Afghanistan après treize ans de présence et 3 485 soldats tués, dont 89 Français. La mission est terminée mais la guerre n’est pas finie et encore moins gagnée, si tant est qu’elle puisse l’être au regard des choix stratégiques américains initiaux. Retour sur une longue fuite en avant.

Par

Schizophrénie militaire
Le premier choix, fondamental, a été de frapper les Taliban au même titre qu’Al-Qaïda. Cela n’était pas obligatoire malgré les liens entre les deux organisations. Il aurait été possible d’accepter les intérêts stratégiques pakistanais en laissant de côté leurs alliés afghans pour concentrer uniquement l’emploi de la force sur Al-Qaïda. Il fut décidé de frapper aussi le régime du mollah Omar et de faire ainsi un exemple. C’était cependant se condamner à une victoire totale sur le terrain afghan, sous peine de voir les deux ennemis reconstituer leurs forces dans les zones tribales du Waziristan, avec l’aide même des services pakistanais.

Les pétrodollars de la banquise

C’est en été que les prospecteurs débarquent sur les côtes du Groenland. or, diamants, mais surtout du pétrole : sous les effets du réchauffement climatique, la fonte de la banquise libère de fabuleux trésors. Selon les dernières estimations, l’Arctique contiendrait 20% des hydrocarbures qui restent à découvrir dans le monde. Un pactole qui permettrait de retarder pour quelques années encore la crise énergétique annoncée. La course aux pétrodollars de l’Arctique a commencé. Pour certains, il s’agit d’une nouvelle guerre froide. Etats-Unis, Canada, Danemark, Norvège, Russie : les cinq pays du cercle polaire revendiquent leurs droits sur les richesses du Grand Nord et rivalisent de manoeuvres diplomatiques et militaires pour prendre possession de ce trésor englouti. Au Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark, 57 000 habitants se prennent à rêver d’Indépendance économique et politique. Mais leur position géostratégique les propulse aux avant-postes de cette sourde bataille…

Partie 1


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Prix du pétrole : vous reprendrez bien un peu de “guerre froide” ?

Pour le journaliste Sylvain Lapoix, auteur de la BD-enquête “Énergies extrêmes”, la “guerre des prix” qui voit s’affronter l’Arabie saoudite et les États-Unis offre peut-être de belles “ristournes” à la pompe, mais a déjà fait ses premières victimes : l’Iran et le Venezuela. Pour lui, cette “guerre froide” d’un nouveau genre peut en tout cas constituer “une occasion en or de prendre une importante décision : s’écarter de ce grand jeu en réduisant notre dépendance aux hydrocarbures”.

Par Sylvain Lapoix

Ça n’est pas pour vous gâcher la dinde mais la chute des prix du pétrole n’est pas une nouvelle rassurante. Certes le transport de la belle-famille coûtera moins cher à la pompe mais cette ristourne dissimule un tournant dans l’économie mondiale.

Car au delà du ralentissement économique asiatique et européen et de la surproduction,

c’est une guerre commerciale qui maintient le cours du brut si bas : celle que se livrent désormais l’Arabie saoudite et les États-Unis.

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Méridien Zéro : « Approches d’une géopolitique des mafias » (Audio)

Le vendredi 19 décembre 2014, Méridien Zéro vous propose une très longue émission en deux parties. La première portera sur les mafias et organisation criminelles à l’ombre de la mondialisation, avec Maurice Gendre, monsieur K. et monsieur PGL.

Sans prétention exhaustive ou même “savante”, l’émission permettra d’envisager certains aspects d’un phénomène qui, mieux que d’autres, manifeste bien le caractère néfaste du libéralisme et de la globalisation.

En deuxième partie, vous pourrez écouter deux entretiens enregistrés le 7 décembre dernier, avec Gabriele Adinolfi et Georges Feltin-Tracol. Nos deux invités évoqueront leur actualité éditoriale ainsi qu’un projet de structure trans-européenne, les Lansquenets d’Europe.

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Présentation du groupe de réflexion “Les Éconoclastes”

Interview de Olivier Delamarche et Philippe Béchade, membres phares du Groupe de Réflexion “Les Éconoclastes”, qui nous présente ici leur projet depuis sa création puis son évolution avec de plus en plus de professionnels d’horizons différents jusqu’aux projets à venir, dont la conférence du 5 décembre 2014 qui aura lieu à Genève.

Livraison des Mistral : la foire aux hypocrites

Le gouvernement français a donc finalement décidé d’ajourner la livraison des deux bâtiments de guerre à la Russie. Cette décision survient après plusieurs mois d’atermoiements qui n’ont pas renforcé la crédibilité diplomatique de la France. Mais au delà de cette décision, l’affaire des Mistral a été l’occasion d’un festival de déclarations et de postures dignes de la plus belle foire d’hypocrites.

Par Philippe Juvin

Hypocrisie du gouvernement

qui assure à la fois les deux camps, russe et européen, de sa bienveillance. On rassure les Russes en affirmant que «deux Mistral ne changeront pas la face de la marine russe», et on décide (sur quelle base juridique?) d’ajourner leur livraison. Hypocrisie qui laisse les marins russes s’entrainer sur le Vladivostok mais cosigne l’embargo européen sur les armes.

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Zbigniew Brzezinski, “Le vrai choix”

Classique géopolitique. Vincent Satgé présente l’ouvrage de Zbigniew Brzezinski, « Le vrai choix », Ed° Odile Jacob, 2004. Dans ce livre, l’auteur constate tout d’abord que le choix de la domination n’est pas, à moyen ou long terme, possible ni même profitable aux États-Unis. Il s’interroge ensuite sur la manière pratique d’exercer un leadership sur les affaires mondiales. Il pointe, enfin, les faiblesses institutionnelles qui risquent de mettre à mal la mise en œuvre de la diplomatie américaine. Dix ans après sa parution, cet ouvrage est un Classique pour penser – et discuter – la puissance des États-Unis.

Le vrai choix, L’Amérique et le reste du monde fut publié alors que les États-Unis étaient engagés dans l’opération Iraqi freedom. Au vu des tensions internationales qui ont accompagné cette campagne militaire, on pouvait raisonnablement attendre de Zbigniew Brzezinski qu’il choisisse avec précaution les formules et les tournures à employer. Peine perdue car, dès l’introduction, ce dernier expose sa thèse crûment : « Notre choix ? Dominer le monde ou le conduire » [1].

Appelant de ses vœux une « communauté internationale d’intérêts partagés » sous supervision américaine, il se plaçait ainsi dans une position intermédiaire assez inconfortable, fustigeant les influents néoconservateurs comme les colombes libérales.

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Le pivot géographique de l’histoire

Pour saisir les enjeux actuels, un petit détour sur une des cartes de Halford J. Mackinder ne manque pas d’intérêt.

Quelques éléments d’explication : Mackinder nous dit : « La prise de contrôle de la région terrestre centrale par une nouvelle puissance se substituant à la Russie, ne tendrait nullement à réduire l’importance géographique de la position pivot ». (1)
Reprenant les mots de Mackinder et en poursuivant la logique de son propos à l’aune de la géopolitique récente et en cours, nous pourrions avancer ceci :
Si une puissance particulière parvenait à renverser la Russie, ou à la contrôler, celle-ci  pourrait constituer un péril menaçant la liberté du monde pour la seule raison qu’elle ajouterait une façade océanique aux ressources du Grand continent – un accès aux mers chaudes – avantage qui demeure jusqu’à présent interdit à l’occupant russe de la zone-pivot.

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Propagande : “les lionceaux du Califat”

Lundi 24 novembre, l’Etat islamique a mis en ligne sur Vidme une vidéo de propagande qui atteste pour la première fois de l’existence de camps d’entraînement djihadistes pour enfants. On y voit de jeunes garçons en uniforme noir s’entraîner au combat sous l’égide d’un adulte qui les dirige. Pour la décrypter, nous avons interrogé Wassim Nasr, journaliste à France 24 spécialiste des mouvements djihadistes, et David Thomson, reporter pour RFI et auteur du livre Les Français jihadistes (éd. Les Arènes).

par Mathieu Dejean

Dans cette vidéo, on voit des enfants recevoir un entraînement militaire brutal, se faire taper dans le ventre, casser des briques avec la tête et tirer avec des armes à feu. Ces scènes sont ponctuées par l’intervention d’un djihadiste qui semble diriger le camp : que dit-il ?

Wassim Nasr – Il explique que l’Etat islamique a eu l’idée de mettre en place un camp d’entraînement pour ces enfants qu’ils appellent “les lionceaux du Califat”, et que ce sont des enfants des mosquées. Cela signifie qu’a priori ce sont des enfants orphelins et des enfants de djihadistes. Le programme s’articule en trois phases. Une phase de combat au corps à corps, d’endurance, et d’entraînement militaire pour combattre “les mécréants”, les laïques et les chiites.

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La triple ambition du Japon

Deux mois après avoir remanié son gouvernement, le premier ministre japonais Abe Shinzo doit faire face à deux démissions, survenues le 20 octobre 2014. Symbole de ses difficultés à engager son pays sur les nouvelles voies promises.

Lorsqu’il arrive au pouvoir, M. Abe dispose de moyens politiques, fort des succès électoraux à la chambre des députés (décembre 2012) et au Sénat (juillet 2013) du Parti libéral démocrate (PLD, le Jimintô, droite conservatrice), qu’il dirigeait. Il a détrôné le Parti démocrate du Japon (PDJ, le Minshutô, centre gauche) qui avait interrompu en 2009, pour trois ans, la domination presque continue du PLD depuis 1955.

En son temps, le PDJ avait promis de s’engager sur des chemins économiques et sociaux menant vers un Etat-providence. M. Abe a résolument tourné le dos à cette option qui fut peu suivie d’effets ; il a tout autant abandonné le projet de s’éloigner aussi vite que possible de l’énergie nucléaire, projet conçu dans l’urgence par son prédécesseur après le désastre de Fukushima, le 11 mars 2011 [1]. En fait, il veut poursuivre ce qu’il avait commencé en 2007 quand il fut (déjà) premier ministre : construire à nouveau un « beau Japon » [2] retrouvant la fierté nationale et jouant pleinement son rôle dans le maintien de la sécurité mondiale.

L’objectif est en rupture, non seulement avec les options de l’intermède du PDJ, mais aussi avec les positions arrêtées depuis l’après-guerre. Pour M. Abe, il s’agit de s’affranchir de ce qu’il considère comme une entrave à l’épanouissement du pays. Il veut donc disposer d’une puissante armée capable d’intervention à l’extérieur « en faveur du maintien de la paix » et participer à « la défense des alliés qui seraient attaqués ». Autrement dit, ne pas limiter les forces d’autodéfense japonaises et ne pas les restreindre à la seule protection du territoire. Il est prêt, si nécessaire, à modifier la Constitution et en particulier son article 9, une triste conséquence, selon lui, de la défaite du Japon en 1945.

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Radio Courtoisie : « En liberté surveillée » (Audio)

Le samedi 18 octobre 2014, dans l’émission “Le Libre journal des lycéens” sur Radio Courtoisie, Pascal Lasalle recevait Georges Feltin-Tracol, pour ses derniers ouvrages En liberté surveillée : réquisitoire contre un système liberticide, et Thierry Maulnier, un itinéraire singulier“.

Indifférenciation, sans-frontièrisme, mondialisation, tels sont les fondamentaux de l’idéologie dominante. Elle se raidit. Elle recherche le contrôle sur tout : sur les semences, qui ne sauraient être produites par tout un chacun (loi d’orientation agricole du 5 janvier 2006), sur les médicaments, sur les idées, qui doivent être agréées, sur les comportements, qui doivent être conformes aux normes jugées « appropriées » par l’idéologie, sur le porte-monnaie des citoyens, qui doivent être endettés – sous prétexte de « relancer » la croissance – ce qui permet de les contrôler par le crédit.

Nous en sommes là. C’est très exactement un néo-totalitarisme post-démocratique. Il s’agit, comme avec tous les totalitarismes, de réduire la diversité du vivant. Tout doit être contrôlé et marchandisé. Or, le contrôle nécessite de rationaliser le vivant. Voilà les enjeux que Georges Feltin-Tracol nous aide à comprendre. Ce qui n’est pas mince. A lire pour retrouver (ou garder !) une joyeuse lucidité. Et l’envie d’enlever leurs masques aux imposteurs.

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Le nationalisme, l’investissement international et le commerce mondial n’ont jamais fait bon ménage

La déconnexion entre les événements géopolitiques et le sentiment des investisseurs est particulièrement forte : les événements en Russie, au Moyen-Orient ou en mer de Chine n’ont pas vraiment affecté les marchés d’actions. La mort de 200 000 Syriens depuis deux ans s’est accompagnée d’une hausse de ceux-ci. Les marchés seraient-ils donc myopes ? Bien sûr certains chocs géopolitiques inattendus provoquent une chute des marchés.

Par Bertrand Jacquillat

Mais celle-ci n’est en général que temporaire : que l’on songe aux événements du 11 septembre 2001 et la chute de 14 % du Dow Jones qui s’ensuivit. Cet indice, comme celui du Nasdaq, ne mit que deux mois pour retrouver son niveau précédent. En fait, le risque géopolitique n’a plus affecté durablement les marchés depuis le choc pétrolier des années 1970 qui suivit la guerre israélo-arabe de 1973 et la révolution iranienne de 1979.

Depuis cette époque, le monde a été caractérisé, non pas par le risque, mais par l’opportunité géopolitique.

La fin du maoïsme, la chute du mur de Berlin, la fin des dictatures latino-américaines ont provoqué l’ouverture d’immenses marchés à l’échange international, source de croissance.

Dans ce contexte d’opportunité géopolitique, le sentiment des investisseurs a été dirigé par l’économie et non par la politique : l’éclatement de la bulle Internet de 2000, la crise financière de 2008 et de l’euro, et les politiques monétaires accommodantes des banques centrales.

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Les jihadistes de l’État islamique seraient aux portes de Bagdad

ERBIL, Irak — Après une semaine d’offensive dans l’Ouest de l’Irak, les militants de l’État islamique ont pris le contrôle des villes clefs de la province d’Anbar et ont entamé le siège d’une des plus grande base militaire du pays, plaçant Bagdad à portée de leurs canons.

By Mitchell Prothero (Traduction libre, par FORTUNE)

Location: The militants are understood to have had their advance halted by U.S. airstrikes on Sunday at Ameriyat Al-Falluja  - a small city about 18 miles south of Fallujah and 40 miles west of Baghdad. But the clashes did not force the bulk of the fighters to retreat and many are said to have now advanced closer to the capital

 L’Etat islamique et ses alliés tribaux maîtrisent la province d’Anbar depuis leur dernière offensive surprise de décembre, mais leur avancée réalisée cette semaine est particulièrement préoccupante. Pour la première fois cette année,

les insurgés islamistes seraient présents en force à Abu Ghraib, la dernière ville de l’Anbar située dans les faubourgs de la capitale.

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La France dans le piège centrafricain

A l’heure où notre pays a décidé d’intervenir en Irak, il existe d’autres théâtres d’opérations militaires françaises qui ont disparu des écrans radars médiatiques. C’est le cas notamment de la Centrafrique. Le pays n’est toujours pas stabilisée, les actes de brigandage viennent s’ajouter aux affrontements communautaires. Quant aux forces armées de maintien de la paix — notamment les troupes françaises — elles sont accusées de tous les maux.

Le 16 septembre dernier, après des cérémonies en grande pompe, la Centrafrique s’est réveillée avec une nouvelle force de maintien de la paix dans ses rues. Les soldats de la force africaine ont échangé leurs casques vert olive pour de beaux casques bleus de la force onusienne. La Minusca, 7 600 hommes envoyés notamment par le Pakistan, le Maroc et l’Indonésie, a pour mission de protéger les civils, organiser le désarmement, appuyer la transition et soutenir l’acheminement de l’aide humanitaire. Celle-ci peut compter sur le soutien sur place du contingent dirigé par l’Union européenne de l’EUFOR-RCA (750 hommes) et par les 2 000 soldats français de l’opération Sangaris (à ce jour aucune date de retrait n’a été annoncée).

Plus de 10 000 hommes s’attellent donc désormais au maintien de la paix en République Centrafricaine. 

La crise de l’Etat Islamique et les affrontements entre la Russie et l’Ukraine

Au sommaire : Débat autour des actualités internationales : la crise de l’Etat Islamique et la visite de François Hollande en Irak, avec Frédéric Encel, professeur de relations internationales à l’ESG Management School et à Science Po Paris, auteur de “Géopolitique du Printemps arabe” et Vladimir Fédorovski, écrivain, auteur de “Poutine, l’itinéraire secret”.

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BFM – Good Morning Week-end – 13/09/14

Christian Harbulot : « Sabordage – Comment la France détruit sa puissance » (vidéo + audio)

On serait tenté de dire qu’il attaque sabre au clair ! Son but vise à restaurer rien moins que la notion de «puissance», dit-il. La charge de Christian Harbulot prend la forme d’un essai intitulé «Sabordage». En ces temps de débats sur la place de la France dans le monde, l’auteur confie les raisons qui l’ont poussé à écrire ce livre.

Il y décrit par le menu comment la France s’ingénie selon lui, depuis si longtemps, à détruire «sa» propre puissance. Il connaît le sujet. Dans les années 90, il a fondé l’École de guerre économique et rédigé de nombreux ouvrages où le passage à l’offensive est plus que préconisé aux services secrets comme à ceux qui les dirigent.

Que va devenir la France?, s’interroge Christian Harbulot à la première ligne de son essai. Et de constater, comme d’autres, la régression de notre pays largement entamée à ses yeux, depuis le milieu du XXe siècle.

Une spirale qui oblige maintenant «la France à réinventer sa puissance pour préserver l’avenir de son peuple et éviter de se saborder». Bref, cet essai dense, est aussi en forme de coup de gueule.
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Exclusif : l’OTAN va attaquer la Russie avec 12 avions

Par Carl

Vous, je ne sais pas, mais moi, je suis quelque peu désappointé par la lecture des prises de positions sur l’Ukraine vues sur Twitter, Facebook et autres commentaires parus sur d’honorables sites d’information – sans même parler de sites plus folkloriques, et je ne parle pas là du Gorafi. Si vous le voulez bien, résumons les événements de ces derniers mois, vus par nos experts en relations internationale en herbe (attention, parodie. Mais pas trop quand même).

Tout commence par Euromaïdan : une poignée de fascistes soutenus par BHL et John McCain renverse le gouvernement ukrainien. Oui, ce sont des oligarques corrompus mais les autres aussi sont des oligarques corrompus, en plus, ils sont nazis. L’accord d’association proposé par l’Europe (tiens, c’est marrant, je pensais qu’au niveau défense, elle n’était nulle part) est en fait un accord d’association à l’OTAN. Que personne à l’OTAN ou à l’UE n’ait eu envie jusque là d’intégrer l’Ukraine dans leurs organisations respectives n’a rien à voir là-dedans. D’ailleurs, les habitants de Kiev, à part quelques naïfs, n’ont rien à voir là-dedans. Lire la suite

Cyber Guerilla – Hackers, pirates et guerres secrètes

En moins de dix ans, le réseau internet est devenu accessible à tous. Les grandes puissances mondiales se préparent à la guerre sur Internet. Les services secrets recrutent des pirates informatiques. Ceux que l’on appelle les hackers vont être aux avant-postes de ces cyber conflits.

Spams, escroqueries, attaques d’ordinateurs zombies, diffusion de virus destructeurs, autant de moyens pour faire fortune aux dépens des citoyens utilisateurs et des grandes corporations. La gradation du crime sur Internet est à l’image du média lui-même : une foire où la créativité individuelle ou collective prend des formes toujours plus étonnantes.

Russie, USA, Estonie, Israël, cette enquête mène le téléspectateur sur les points chauds où les hackers et les gouvernements s’affrontent.

État islamique : D’où vient l’argent ?

(Traduction libre réalisée par Fortune)

En 2007, l’État islamique d’Irak était considéré comme «le plus riche des groupes d’insurgés» en Irak, avec 1 milliard à 1,5 milliards de dollars “de recettes grâce à des dons étrangers, une fiscalité appliquée et la confiscation de biens et de fonds Irakiens.” Mais l’irruption des États-Unis et les faux-pas de l’EI ont endommagé de façon significative la capacité du groupe djihadiste à lever des fonds.

Sept ans et trois acronymes plus tard, l’EI a amassé près de 2 milliards de dollars et a pris le contrôle de vastes portions de territoire dans le nord de l’Irak, y compris Mossoul et 35 pour cent de la Syrie.

Le redressement financier de l’EI a été marqué par un léger glissement. S’appuyant, depuis le départ des troupes américaines en 2011, davantage sur l’amélioration de la gestion organisationnelle et financière par le chef et calife auto-proclamé de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi que sur les réseaux locaux d’extorsions  (bien que ceux-ci soient toujours actifs).

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Comment la géopolitique du pétrole explique la crise en Irak

Les sunnites veulent se réapproprier des richesses qui leur échappent au bénéfice des chiites. Mais les djihadistes de l’EIIL comme les Kurdes et le pouvoir de Bagdad ont intérêt à maintenir les installations pétrolières en état de fonctionner. Au moins aussi longtemps que chaque camp espère l’emporter…

Par Gilles Bridier

En Irak, les conflits religieux rallumés par l’insurrection des djihadistes sunnites de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont de forts relents de pétrole. Dans un pays qui puise les neuf dixièmes de sa richesse nationale dans ses réserves d’or noir, le nerf de la guerre –l’argent– passe forcément par le contrôle des puits et des pipelines.

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Les États-Unis entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie pour ralentir leur déclin

L’Empire américain est doublement engagé, au plan économique et monétaire d’une part et au plan stratégique et géopolitique d’autre part, pour tenter de ralentir son déclin, dans une entreprise systématique de destruction de ses adversaires comme des ses supposés « alliés ».

Au plan économique et monétaire, les manipulations domestiques et internationales auxquelles se livrent les USA (via leur Federal Reserve et leurs grandes banques « too big to fail ») sur la plupart des paramètres (statistiques faussées) et des actifs (monnaie, taux d’intérêt, actions, obligations, etc. « dirigés ») ne sont plus à démontrer, de telle sorte qu’il n’y a plus un seul marché libre dans le monde entier dont on puisse connaitre précisément la situation réelle !

Quant au plan stratégique et géopolitique, les USA, visant à empêcher toute alliance entre l’Europe et la Russie (toujours leur obsession du contrôle du « heartland » eurasien !) comme à saboter l’émergence de toute solution pacifique au Moyen Orient avant que ce soit le tour de l’Asie, installent des conflits régionaux qui nécessairement prendront suffisamment d’ampleur pour qu’ils auto-détruisent les États qui s’y laissent entrainer. [...]

Nous ne nous prononçons évidemment pas sur le point de savoir qui a raison ou a tort dans ces conflits (les Israéliens ou les Palestiniens, les Russes ou les Ukrainiens) mais seulement sur la méthode employée par les USA pour les créer et les envenimer dans le seul but d’empêcher toute coexistence pacifique internationale selon la pratique vieille comme le monde consistant à diviser pour régner.

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Radio Courtoisie : « Retour sur la question ukrainienne » (Audio)

Le samedi 26 juillet 2014, dans le Libre journal des lycéens sur Radio Courtoisie, Pascal Lassalle, assisté de Xavier Delaunay, recevait Pierre-Alexandre Bouclay, journaliste, sur le thème : « retour sur la question ukrainienne ».

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Israël / Palestine : La guerre secrète du Mossad

Le Mossad est l’un des services secrets les plus redoutés de la planète. Depuis 40 ans, ses commandos d’élite traquent les « ennemis d’Israël », où qu’ils se cachent dans le monde, et ils les éliminent de façon spectaculaire.

Partie 1:

Pour la première fois, plusieurs agents racontent de l’intérieur ces opérations dignes de « Mission impossible ». Choix de la cible, conception du plan et exécution, ils révèlent les dessous de ces actions à haut risques physiques, politiques et diplomatiques.

Plongée au cœur de trois « opérations spéciales » décidées au plus haut niveau de l’état. Tunis, 1988 : exécution par balles d’Abu Jihad, le numéro 2 de l’OLP et bras droit de Yasser Arafat. Amman, 1997: empoisonnement de Khaled Mechaal, cadre emblématique du Hamas, réfugié en Jordanie. Dubaï 2010: élimination de Mahmoud Al Mabhouh, pourvoyeur d’armes pour la bande de Gaza, dans sa chambre d’hôtel, presque sous l’œil des caméras de surveillance.

Les proches des cibles palestiniennes, parties prenantes ou témoins des drames, livrent également leurs témoignages. Regards croisés sur une guerre qui ne dit pas son nom, une guerre presque invisible, qui éclaire aussi l’histoire récente du Proche Orient.

Partie 2:
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“Le secret des 7 soeurs” : Une autre histoire du pétrole (Rediff)

Addendum du 04/11/2011: Mise en ligne de la quatrième partie.

Les Sept Sœurs, ce sont les sept compagnies pétrolières dont les dirigeants se sont partagés le monde, au cours d’une chasse au coq de bruyère, en 1928 pour s’emparer du pétrole mondial. Une partie de chasse dont les conséquences secouent encore la planète…

C’est cette “véritable et inavouable histoire du pétrole” que raconte le réalisateur Frédéric Tonolli. Un projet très ambitieux, mêlant archives, reconstitutions, entretiens chocs et “road movie pétrolier dans un monde de brut.” Une plongée dans les arcanes de l’univers pétrolier retraçant la véritable et impitoyable histoire de l’or noir. Le documentaire de 210 minutes est découpé en quatre parties de 52 minutes de manière à ce que chaque film puisse être vu indépendamment des autres.

«Raconter à chaque fois le début de l’histoire, c’est-à-dire le fameux rendez-vous à Achnacarry, permet d’avoir des unitaires qui font partie d’un ensemble et d’entrer tout de suite dans le vif du sujet. L’idée était de retracer l’histoire du pétrole sur un siècle avec ses innombrables dérapages, ce qui, convenons-en, n’a rien de simple. Pour rendre le sujet plus compréhensible, nous avons choisi de le faire de manière chronologique, mais en nous intéressant à chaque fois à une partie différente du globe.»

Partie 1: Tempêtes et fortunes du désert, nous emmène au Moyen-Orient (Iran, Irak, Arabie saoudite…), où tout a commencé.

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Qatar : Scandale d’État et stratégie de conquête du monde (vidéo)

À l’occasion de la visite en France de l’émir du Qatar, Georges Malbrunot, spécialiste du Moyen-Orient et auteur de “Qatar, les secrets du coffre-fort”, revient sur la stratégie de développement du Qatar, notamment dans le sport.

TV5 Monde (01/07/14)