Lyon : Des poubelles plus riches que nos assiettes

La ministre de l’Écologie Ségolène Royal et la grande distribution se sont mis d’accord fin août pour renforcer la lutte contre le gaspillage alimentaire. Mais certains redistribuent déjà invendus et déchets.

Gaspillage alimentaire : les particuliers seraient les premiers responsables

Les ménages gaspilleraient entre 12 à 20 milliards d’euros par an.

38 kilos de nourriture sont gaspillés chaque seconde en France. L’équivalent de 56 repas perdus par personne tous les ans. Pendant trois jours, les équipes de France 2 ont ouvert et recueilli les poubelles au pied d’un immeuble à Paris. Un tiers des éléments jetés par les Français sont des fruits et des légumes. Mais sur place, le produit phare est le pain. Certains jettent des pâtes alors que ce produit peut être conservé 30 ans, car c’est un produit sec.

Au total, 22,42 euros de produits ont été gaspillés en seulement trois jours, soit 2800 euros sur une année pour tout l’immeuble. À L’échelle du pays, chaque Français dépense 160 euros en nourriture gaspillée tous les ans. Le phénomène a doublé en 40 ans.

Tous bénévoles, au bonheur des autres

Face aux inégalités, plus d’un Français sur trois donne de son temps pour venir en aide aux plus démunis.

Bastien a créé la «Disco Soupe» pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Dans le nord de la France, l’association «Médecins Solidarité Lille», créée par Maïta, infirmière, a transformé un ancien bus en cabinet médical pour les plus pauvres. Denis et Gwenaël, deux copains nantais, ont lancé l’association «Toit à Moi» pour reloger les sans-abri. A Marseille, le Secours Catholique organise un séjour pas comme les autres pour aider parents et enfants à resserrer les liens familiaux.

La vente “en vrac” a le vent en poupe

De plus en plus de produits sont vendus “en vrac”, c’est-à-dire sans emballage. Plus écologique, ce nouveau mode de consommation permet aussi de lutter contre le gaspillage alimentaire. Très appréciée des consommateurs, la vente “en vrac” fleurit dans les épiceries.

Gaspillage: le Sénat autorise la distribution d’invendus alimentaires

Après plusieurs mois de débat, le Sénat a autorisé vendredi les supermarchés à distribuer leurs invendus alimentaires. La mesure doit permettre d’éviter le gaspillage.

Les sénateurs ont adopté, sous les applaudissements, un amendement centriste défendu par Nathalie Goulet permettant aux magasins de commerce de détail, d’une surface supérieure à 1000 mètres carrés, de «mettre en place une convention d’organisation de la collecte sécurisée des denrées alimentaires invendues encore consommables au profit d’une ou plusieurs associations d’aide alimentaire».

Un amendement UMP similaire a été retiré. Pour que cette disposition puisse entrer en vigueur, il faut qu’elle soit également votée à l’Assemblée nationale. «Chaque jour 20 à 40 kg de nourritures sont jetés par chaque supermarché alors que des gens, en France ne peuvent pas, faute de moyens, se nourrir», a déclaré la sénatrice de l’Orne.

Elle a souligné qu’un élu de Courbevoie (Hauts-de-Seine), Arash Derambarsh, a mené une expérience dans sa ville où il a pu distribuer chaque jour plus de 500 euros de nourriture. [...]

Le Figaro

L’aliment moche fait le beau

Après les fruits et légumes « Gueules cassées », la marque antigaspillage élargit sa gamme. Une success-story au marketing léché, qui invente une nouvelle manière de consommer.

Il y avait déjà des pommes et toute une ribambelle d’autres fruits et légumes. Il y aura bientôt, dans les hypermarchés, des camemberts, saucisses et corn-flakes étiquetés Gueules cassées, biscornus mais hautement séduisants pour leurs prix réduits et qualités de goût.

L’opération de financement participatif lancée par le biais de la plate-forme KissKissBankBank a fonctionné à plein. Près de 33.000 euros viennent d’être récoltés auprès des internautes pour lancer ces nouveaux produits « Moins jolis mais exquis », et assurer la promotion de la première marque antigaspillage française. Si tant est que cela soit encore nécessaire.

Car, en à peine un an, Les Gueules cassées ont acquis une notoriété impressionnante et commencé de révolutionner l’offre alimentaire en France. Ramenant en rayons des tonnes de denrées, jusque-là jetées pour non-conformité à la norme esthétique, elles ont bouleversé les habitudes des producteurs, des distributeurs, des clients, conquis 1.500 points de vente, inventé rien moins qu’une nouvelle manière de consommer « antigaspi » et anticrise.

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Les glaneurs des villes (Màj vidéo)

Addendum vidéo:

Reportage et photos Delphine Roucaute, Le Monde

Il est 23 heures, un samedi soir à Lyon. Dans une petite voiture, Maceo, Amaléa et Lou* discutent des derniers détails de leur expédition nocturne. « J’aime bien le Simply Market, on y trouve toujours plein de choses », avance Amaléa, emmitouflée dans sa grande doudoune. « Non, on va plutôt aller là où il y a le grand mur à escalader, on sera plus tranquilles », répond Maceo, les deux mains sur le volant.

Ils enfilent des gants de jardinage, fourrent des sacs de course dans leurs poches, et se préparent à se faufiler dans la nuit lyonnaise. Leur objectif : dénicher des aliments encore comestibles jetés dans des poubelles de supermarchés.

Les trois comparses sont membres des Gars’pilleurs, un mouvement créé il y a tout juste deux ans et dernier né de la sphère des antigaspi français. Aux côtés d’autres mouvements tels que la médiatique Disco Soupe, la start-up Zéro gâchis ou le réseau de glaneurs agricoles Re-Bon, Les Gars’pilleurs se donnent pour mission de lutter contre le gaspillage alimentaire et de sensibiliser le grand public à cette question de plus en plus saillante dans les sociétés contemporaines.

Leur outil de contestation est le glanage – pour certains dans les champs après la récolte, pour d’autres dans les poubelles de la grande distribution. Ils récupèrent les invendus, fruits et légumes mal calibrés et denrées fraîchement périmées pour ensuite aller les redistribuer dans la rue.
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“Disco Soupe” : Une lutte conviviale contre le gaspillage alimentaire

La Disco Soupe est un mouvement bénévole crée en mars 2012 par des étudiants parisiens inspirés du concept Allemand « Schnippel Disko ». Lassés d’entendre des discours moralisant les consommateurs en matière de choix sans donner de perspectives de changements pratiques, le mouvement veut proposer des évènements conviviaux et ponctuels qui ont pour but de sensibiliser, sans sermonner, les citoyens à la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Une disco soupe (ou disco salade, disco smoothie…) consiste, en compagnie d’autres bénévoles et équipé d’économes et de couteaux, à éplucher, couper et mijoter des plats avec pour ingrédients des fruits et des légumes invendus.

L’esprit « open source » de ce mouvement offre à chacun la possibilité d’organiser sa propre Disco Soupe, à condition que celle-ci respecte les « Discommandements ».

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L’agriculture biologique, plus productive qu’on ne le pense

En dépit de ses vertus en matière de respect de l’environnement et de préservation de la biodiversité, l’agriculture biologique est souvent reléguée au rang d’alternative marginale, définitivement incapable de nourrir les plus de neuf milliards d’humains que comptera la planète en 2050, dont un quart sur le continent africain.

Il est vrai que, fin 2011, elle n’occupait que 37,2 millions d’hectares dans le monde, soit seulement 0,9 % de la surface agricole totale, même si, entre 2000 et 2010, son emprise territoriale a été multipliée par 2,4. Mais ses détracteurs lui reprochent surtout ses piètres rendements, comparés à ceux de l’agriculture conventionnelle.

Or, une « méta-étude » américaine, publiée, mardi 9 décembre, dans les Proceedings of the Royal Society (l’équivalent britannique de l’Académie des sciences française), redore quelque peu le blason de ce mode de culture qui proscrit les intrants chimiques, engrais, pesticides et autres produits phytosanitaires. Elle conclut que le déficit de productivité des méthodes biologiques par rapport à l’agriculture intensive, ou industrielle, est moins important que ne l’affirmaient de précédents travaux. Et, surtout, qu’il est possible de réduire cet écart.

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Un réseau de frigos en accès libre pour lutter contre le gaspillage (en Allemagne, évidemment)

Ils s’appellent les Lebensmittelretter ou les Foodsaver (les «sauveurs de nourriture») et se sont donné pour mission de sauver le monde du gaspillage alimentaire. Ces citoyens allemands bénévoles font la tournée des supermarchés pour récupérer les aliments qui ne peuvent plus être vendus mais sont toujours consommables avant qu’ils n’atterrissent à la poubelle, rapporte le quotidien berlinois Der Tagesspiegel.

Grâce à eux, plusieurs centaines de tonnes de nourriture ont pu être sauvées depuis 2012, année où cette initiative a vu le jour à Berlin. Les Foodsavers comptent aujourd’hui environ 1.700 bénévoles dans la capitale allemande et près de 8.000 à l’échelle du pays. Afin que ce sauvetage de légumes rabougris, de salades fripées et de yaourts à peine périmés ne soit pas vain, un réseau d’une vingtaine de réfrigérateurs, baptisés «FairTeiler» (littéralement, «partageurs justes»), a été mis en place à Berlin.

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Les 20 chiffres à retenir sur le gaspillage alimentaire

Le succès récent de l’émission « Gaspillage alimentaire, les chefs contre-attaquent » sur M6 et l’organisation de la seconde Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire le 16 octobre rappellent à quel point il est important de lutter contre les pertes et les gaspillages alimentaires, d’autant plus que la FAO a publié au mois de septembre des chiffres éloquents sur le sujet.

Le gaspillage alimentaire est l’un des rares sujets concernant l’agriculture et l’alimentation qui fasse l’unanimité de la part des institutions internationales (FAO, Programme des Nations unies pour l’environnement, Commission européenne), des Etats, des syndicats professionnels comme la FNSEA, des ONG, des cuisiniers jusqu’au grand public, comme a pu en attester le succès récent de l’émission diffusée sur M6, « Gaspillage alimentaire, les chefs contre-attaquent ».

L’année 2014 a ainsi été décrétée comme année de lutte contre le gaspillage alimentaire par le Parlement européen. En juin 2013, un Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire avait été lancé par le ministère de l’Agriculture dans l’objectif de réduire de moitié le gaspillage en France à l’horizon 2025. Le 16 octobre est ainsi organisée une seconde Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire afin d’attirer l’attention du public sur cette nouvelle « grande cause nationale ».

De quoi parle-t-on au juste ?

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Halte au gaspillage (Vidéo)

L’année 2014 a été désignée «année européenne de la lutte contre le gaspillage alimentaire». En effet, près de 50 % d’aliments sains sont gaspillés chaque année dans l’UE, par les ménages, les supermarchés ou les restaurants, alors que 79 millions de citoyens vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Et les proportions sont en augmentation constante.

Découverte d’initiatives mises en place pour endiguer le gaspillage : des supermarchés sans emballages pour mieux gérer ses quantités, des proportions de viande réduites dans les restaurants ou encore des cours de sensibilisation au gaspillage à l’école.

Réalisé par Valentin Thurn (2013)

Aujourd’hui, c’est la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire

Finissez vos assiettes !“, a lancé ce matin le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll pour cette deuxième journée de lutte contre le gaspillage alimentaire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: alors que plus de 800 millions d’enfants souffrent de malnutrition dans le monde, un Français jette chaque année vingt kilos de nourriture dont sept encore emballée, ce qui représente un budget de 400 euros.

Pour cette journée nationale, le gouvernement lance une campagne de communication avec des slogans tels que “My poubelle is rich !”. Des actions de sensibilisation et de conseil sont aussi menées dans toute la France. Toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne : les habitants du Limousin et de l’Auvergne sont les plus économes. Quant aux Franciliens, ils sont les rois du gaspi.

Un réfrigérateur intelligent et écologique

Étonnement, ce n’est pas l’industrie, mais bien les ménages qui sont les premiers “producteurs” du gaspillage alimentaire. La mauvaise utilisation du réfrigérateur en est une des causes les plus importantes. En effet, la température et l’humidité émises par le réfrigérateur ne sont pas adaptées aux caractéristiques de conservation variables des différents aliments.

Betty Lujan a réussi à mêler, dans la conception du « Imbreco Fridge », réduction de la perte évitable des denrées, ainsi que de la consommation d’énergie, tout en s’assurant de la transmission des bons gestes de conservations à l’entourage.

Le « Imbreco Fridge » dispose d’une compartimentation de la nourriture qui répond aux caractéristiques uniques de chaque type d’aliments, d’une meilleure accessibilité et visibilité, de même que d’une utilisation de techniques de conservation qui permettent de générer une économie d’énergie.

Les « GARS’PILLEURS », ces lyonnais qui luttent contre le gaspillage alimentaire

1,3 milliards de tonnes ou 30% de la production alimentaire mondiale et un coût de 750 milliards de dollars[1]. 50% de la production européenne[2], dont 5,3 millions de tonne chaque année en France, soit une vingtaine de kilos par personne et un coût de 400€ pour un foyer de 4 personnes[3]. Quelle que soit l’échelle choisie, les chiffres du gaspillage alimentaire donnent le vertige, triste reflet d’un système productif basé sur la surconsommation. Qu’en est-il à Lyon ? Nous n’avons pas de chiffres exacts mais, à l’aide de Loïck et Nathan, deux lyonnais qui se battent contre ce gâchis, nous sommes allées mettre les mains (et le nez) dans les poubelles de plusieurs grand magasins de la ville. Enquête.

Alors que le Parlement a fait de 2014 l’année de lutte contre le gaspillage alimentaire, comment imaginer une réponse collective si les Etats peinent à prendre des mesures concrètes localement ? La réponse à cette question viendra peut-être des citoyens eux-mêmes car de nombreuses  actions anti-gaspillage émergent en France et en Europe, à commencer par le freeganisme. Ce mouvement porté notamment par l’auteur britannique Tristam Stuart consiste à se nourrir uniquement d’aliments récupérés dans les poubelles.

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Belgique : Vers la fin du gaspillage alimentaire ?

Par Agnès Rousseaux

En Europe, 50 % des aliments finissent à la poubelle. Des solutions simples existent pourtant contre le gaspillage alimentaire. A Herstal, en Belgique, les grandes surfaces n’ont désormais plus le droit de jeter leurs invendus. Une expérience qui commence à se diffuser dans tout le pays.

Et si pour lutter contre le gaspillage alimentaire, on faisait preuve d’un petit peu d’imagination ? A Herstal, ville de 40 000 habitants de la banlieue de Liège (Belgique), le supermarché Carrefour n’a désormais plus le droit de jeter ses invendus. Il doit en faire don aux associations d’aide alimentaire.

Une obligation à laquelle seront bientôt soumis la quinzaine de supermarchés de la ville. Le principe est très simple : en Belgique, un « permis d’environnement » – intégrant toutes les autorisations environnementales – est requis pour exploiter une entreprise. Lors du renouvellement du permis d’environnement du supermarché Carrefour, le conseil municipal y a intégré l’obligation de mettre les invendus à disposition des associations.

« Ces permis arrivent régulièrement à échéance. Nous y avons vu l’opportunité d’y insérer cette disposition, explique le maire de la ville, l’eurodéputé (socialiste) Frédéric Daerden. Les magasins sont alors obligés de proposer aux associations reconnues par la banque alimentaire les invendus encore consommables, avant de les mettre dans la filière déchets si celles-ci ne les récupèrent pas. »
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La silencieuse crise alimentaire américaine

50 millions d’habitants en « insécurité alimentaire », dont 17 millions d’enfants. Ces données ne proviennent pas d’un pays pauvre subsaharien ou asiatique mais des Etats-Unis, la première puissance économique mondiale.

Sur une population totale de 315 millions d’habitants, 17 millions n’ont pas pu se nourrir « par manque d’argent ou d’autres ressources » pendant une journée complète au cours des trois derniers mois. À ces  chiffres incroyables s’ajoutent 33 autres millions d’américains qui souffrent de « déséquilibres alimentaires », faute de ressources financières encore une fois.

Ses statistiques émanent du département US de l’Agriculture (septembre 2012). Les citoyens en « très basse sécurité alimentaire » ou en « déséquilibre alimentaire » – comprendre la faim - représente 16,4% de la population à la fin du mandat de Barack Obama. Un pourcentage qui a fortement augmenté sous l’administration Bush (2001-2008). En 2011, Le Supplemental Nutrition Assistance Program (SNAP, « Programme d’aide supplémentaire à la nutrition »), a distribué son plus grand nombre de bons alimentaires depuis sa création en 1939.

Le 1e exportateur de produit agricole compte des millions d’affamés

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