Écotaxe abandonnée : Une facture de 839 millions d’euros pour l’État

L’écotaxe n’a pas vu le jour mais elle coûtera tout de même 839 millions d’euros à l’État. Écomouv, la société qui devait mettre en place la taxe, a en effet demandé des compensations financières suite à l’abandon du projet. Un accord a été conclu mardi avec l’État.

Armée française : De jeunes officiers dénoncent la gabegie et le déclin

Francetv info publie une tribune dans laquelle une dizaine de jeunes lieutenants de l’armée française, normalement soumis au devoir de réserve, épinglent sévèrement la gestion de la Grande Muette. Ils souhaitent interpeller sur “l’état critique de l’armée française“, qu’ils ont intégrée il y a en moyenne trois ans. Explications.

Que dénoncent-ils ? De mauvais choix budgétaires

Aujourd’hui, l’armée française est menacée de déclin”, attaquent d’emblée ces jeunes officiers. Ils pointent particulièrement la négligence de l’équipement individuel des soldats au profit de grands programmes d’armement. Et de citer le programme Félin, “censé faire du soldat une sorte de Robocop ou d’inspecteur Gadget“, mais qui a “alourdi d’une dizaine de kilos” les équipements.

Un parachutiste dépense en moyenne 1.600 euros pour son équipement individuel, c’est près d’un mois de salaire“,confient-ils pour appuyer leur propos. Car le matériel de base fourni par l’armée est loin d’être optimal, comme le révèle ce témoignage publié sur le blog Secret défense. Mais ils épinglent aussi le lobby “du complexe militaro-industriel“, qu’ils accusent d’être responsable de certaines des orientations budgétaires qu’ils dénoncent, et auquel le Parlement doit “imposer des choix stratégiques“.

Qui sont-ils ?
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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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La dette publique française

La question de la dette publique est redevenue d’actualité avec la privatisation des dettes du secteur bancaire. Nos politiques, qui n’ont pas voulu agir réellement contre les intérêts financiers, ont tout simplement transvasé les dettes bancaires vers la dette publique.

Comme nous allons le voir, ce n’est pas la première fois qu’une crise financière produit une montée des dettes publiques ; c’est même devenu une tradition en Europe et en France depuis les années 70. Mais il est probable que le système arrive désormais à ses limites, tout du moins en Europe, continent qui n’a pas la planche à billet universelle du dollar.

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André Jacques Holbecq vient de mettre en ligne un graphique représentant l’évolution du solde budgétaire français depuis 1973, c’est-à-dire depuis que l’émission monétaire a été privatisée.

Ce graphique différencie les dépenses globales du budget de l’Etat et le coût des intérêts que nous payons chaque année à cause de l’emprunt sur les marchés financiers. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce graphique résume toute l’hypocrisie ou l’ignorance qui tourne autour de cette question.

Car, contrairement à ce qui est asséné constamment dans les médias mainstream, la dette publique de notre pays n’est pas le fruit d’une dépense excessive liée à une gabegie de l’Etat, mais elle est plutôt le résultat d’un surendettement volontairement provoqué.

En effet, comment ne pas penser que ce surendettement n’a pas été le fruit d’une stratégie volontaire de la part d’une partie du personnel politique français ? Ne pouvant imposer leur dogme quasi théocratique de la malveillance naturelle de l’Etat providence, les néolibéraux ont usé de la stratégie de l’usure sur le long terme.

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Qui veut la peau de l’Europe ?

Par Denissto (article reproduit avec la bénédiction de l’auteur, tous droits réservés)

L’encre de mon dernier article concernant la crise européenne, et le rôle des agences de notations anglo-saxonnes, n’était pas encore sèche, que la banque HSBC dégradait toute l’Europe ! Sans vergogne, elle exceptait l’Angleterre ! (1)

Les économico-tartuffes, après nous avoir abreuvé pendant des mois de l’impossible rechute des marchés, de l’efficacité des plans de relance, feraient bien d’exhumer leurs analyses financières vieilles de quelques mois… Vous avez eu les « plans de relance, » vous avez les « plans de soutien, » vous aurez les « plans de sauvetage “… ou de « sauve-qui-peut. » Il n’y a jamais eu de reprise, mais juste une gabegie gouvernementale, en millier de milliards de dettes, que les générations futures ne pourront jamais payer. Juste pour sauver les banquiers.

Au ridicule jeu des notations, et en vertu des critères appliqués à tous les pays, les pires notes devraient être attribuées aux anglais et aux américains. Ce n’est qu’en vertu d’un privilège impérial inventé à Bretton Woods que ces derniers sont exemptés de rigueur budgétaire (2). Le FMI, bras armé de l’ordre monétaire d’après guerre, inventé par les vainqueurs, vient de subir un sévère camouflet à la dernière réunion du G20.

Le Canada, ainsi que l’Australie et le Japon, ont avancé que leurs banques ne devaient pas payer pour les errements de leurs homologues américaines et européennes. Une demande appuyée par des grands pays émergents, comme le Brésil et l’Inde qui ont fait valoir que leur secteur bancaire est en bonne santé et n’a donc pas besoin de l’établissement d’un fonds de sécurité. « C’est une vue un peu optimiste », a estimé le sherpa Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI qui avait présenté de nouvelles propositions de taxes à Busan.

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« Modernisation » de l’État : rupture ou révolution culturelle à la chinoise ?

Par Michel Geoffroy

La réforme de l’État constitue l’un des axes de la présidence de Nicolas Sarkozy. Elle est activement conduite par l’Élysée sous le nom de code RGPP : Révision générale des politiques publiques. La méthode est simple : on change tout, on lance tous les chantiers en même temps. C’est la rupture, pilotée par les grands corps de l’État, qui se placent par la même occasion hors de portée du séisme qu’ils provoquent chez les autres.

Le bouleversement est en effet considérable : fusion progressive des grands corps techniques et des services déconcentrés de l’État, fusion des services d’assiette et de recouvrement de l’impôt, modifications statutaires tous azimuts, externalisations, réforme des concours administratifs « pour plus de diversité, » suppressions d’emplois, recrutements de contractuels à tous les niveaux, etc.

Certaines réformes, prises isolément, sont parfois bienvenues. Mais leurs bénéfices sont dilapidés par la dynamique d’ensemble de « la réforme de l’État » : car le parti pris de tout changer en même temps, crée le chaos. La RGPP ne débouche pas sur l’efficience mais sur une gabegie contagieuse.

Le tout, conduit à un rythme d’enfer : les audits, les réformes, les réorganisations se succèdent. De quoi faire apparaître la révolution culturelle chinoise comme une paisible transformation.
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Les Etats-Unis peinent à endiguer les saisies de logements

Une porte-parole du Trésor américain, Meg Reilly, a annoncé, dimanche 29 novembre, que le gouvernement imposera aux banques et aux organismes de crédit “des mesures supplémentaires de transparence et de responsabilité financière” pour les amener à réduire le nombre des emprunteurs immobiliers insolvables, qui menace de gonfler démesurément.

MAISONS HANTEES - Sur les pancartes : SAISIE (Scène d'Halloween)

Dans le débat sur l’efficacité des mesures de l’administration Obama pour surmonter “la pire crise économique depuis la Grande Dépression”, un nouveau front s’est en effet ouvert : à quoi ont servi les 75 milliards de dollars (50 milliards d’euros) du programme dit de “modification de l’accession à la propriété” alloués à l’aide des familles menacées d’expulsion ?

Dans un entretien au New York Times, le secrétaire adjoint au Trésor chargé des institutions financières, Michael Barr, a admis que seule une infime part des emprunts a été renégociée, alors que les sommes dégagées par l’Etat fédéral étaient censées subventionner ces institutions pour qu’elles réduisent le montant des remboursements mensuels.

Or une mission désignée par le Congrès a conclu en octobre que sur les 500 000 dossiers de refinancement de crédits immobiliers ouverts depuis que la loi de sauvetage financier a été votée, en février, seuls… 2 000 ont abouti. Les autres restent “à l’étude”. M. Barr a mis en cause la “mauvaise volonté” des banquiers. Le gouvernement, a-t-il menacé, usera désormais de l’arme de “la honte” pour les forcer à modifier leur comportement. Lire la suite