Les biotechs : La nouvelle bulle spéculative ?

La bourse et les investisseurs sont-ils en train de surévaluer les perspectives du secteur de la santé ? Les opérations dans ce domaine se multiplient ces derniers mois, et la valorisation de certaines sociétés commence à inquiéter sérieusement certains observateurs.

475 milliards de dollars en 15 mois ! Le montant total des opérations de fusion-acquisitions dans les secteurs de la santé (biotech/medtech) laisse un peu songeur, d’autant que tout s’est fait avec une rapidité foudroyante, témoignant d’une véritable frénésie.

Et la tendance n’est pas au ralentissement, vu que ce sont 70 milliards de dollars d’opération qui ont été d’ores et déjà annoncées depuis le début de l’année.

La dernière d’entre elles est particulièrement parlante, il s’agit du rachat de la biotech américaine Pharmacyclics par le laboratoire Abbvie pour 21 milliards de dollars. Rachat qui est intervenu au prix d’une bataille boursière assez tendue avec Johnson & Johnson, qui proposait 17 milliards, et un acquéreur non-identifié, sans doute pour un montant comparable.
Lire la suite

Ukraine : Analyse économique de la crise – Entretien avec Volodymyr Vakhitov

Pour l’économiste ukrainien V. Vakhitov, les analyses de la crise politique ukrainienne exagèrent le poids de la tutelle russe. Le pays n’est pas aussi divisé qu’on l’affirme, partagé entre l’Ouest pro-européen et l’Est pro-russe. La révolte contre les autorités aujourd’hui est une protestation de grande ampleur contre un régime corrompu, qui confisque les richesses.

La vie des idées : Les événements actuels en Ukraine, et tout particulièrement à Kiev, donnent l’impression d’un pays profondément divisé, au niveau politique, économique, social, géographique, et même culturel. À quel point cette image correspond-elle à la réalité ?

V. Vakhitov : Je suis d’accord sur le fait qu’il y a une division économique et politique. Si vous analysez les élections de ces vingt dernières années, vous verrez que le pays se divise en deux, plus ou moins de part et d’autre du fleuve Dniepr : pro-communistes contre « nationalistes », Iouchtchenko contre Ianoukovitch, le Parti des régions contre Patrie, Timochenko contre Ianoukovitch, etc. Tout cela peut donner l’impression d’une division politique.

Toutefois, si vous prenez une carte de la Rzeczpospolita [1] au XVIIIe siècle et que vous la superposez à une carte de l’Ukraine contemporaine, vous verrez que cette frontière imaginaire suit à peu près le tracé de la frontière Est de la Rzeczpospolita (exception faite de la Région des Trans-Carpates et de la Crimée). Cependant, cette division n’est ni géographique, ni économique, ni sociale. C’est plutôt une division mentale, entre les zones d’influence ’pro-occidentale’ et ‘pro-russe’.

Lire la suite