Crimée et finances du Front National : Les textos secrets du Kremlin

La présidente du Front national est mentionnée à plusieurs reprises dans les textos d’un responsable du Kremlin révélés mardi. Rendus publics par un groupe de hackers russes, ces messages datés de mars 2014 évoquent des contacts entre les Russes et le Front national pour obtenir une prise de position officielle du parti d’extrême droite en faveur du rattachement de la Crimée à la Russie. Ils font aussi état de discussions financières.

Timur ProkopenkoTimur Prokopenko

Le 17 mars, Marine Le Pen prend effectivement position sur le sujet et son conseiller international se rend en Crimée en qualité d’« observateur ». Selon les documents hackés, les Russes ne cachent pas leur satisfaction et envisagent comment « d’une manière ou d’une autre remercier les Français ». 

Dans les mois qui suivent, Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen obtiennent tous deux des prêts russes pour leur financement politique à hauteur de 11 millions d’euros.

En février, les « Anonymous International » ont annoncé sur leur site Shaltaï Baltai avoir lancé une attaque contre Timur Prokopenko, chef-adjoint du département de politique intérieur au Kremlin.
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Jean-Claude Michéa : « Si l’on pense sans peur, on ne peut être politiquement orthodoxe »

Entretien avec Jean-Claude Michéa qui occupe une place à part dans la pensée critique contemporaine: le philosophe montpelliérain s’est fait connaître en réhabilitant le socialisme populaire, anticapitaliste et anti-autoritaire d’Orwell, se tient loin des médias, loue les vertus du football, affectionne le populisme, tance l’Université et éreinte à l’envi les intellectuels de la gauche plus ou moins radicale.

Rixes et noms d’oiseaux : Lordon, Corcuff, Halimi, Boltanski, Fassin, Garo et Amselle (rien moins) ont ferraillé contre celui, désormais proche des mouvements décroissants, qu’ils accusent de ravitailler la droite réactionnaire. Michéa semble s’en moquer éperdument, amusé, peut-être, à l’idée de scandaliser ceux qu’il assimile à la gauche « bohème » et « petite-bourgeoise » autant qu’à l’extrême gauche « culturelle ».

Le penseur prise les phrases aux allures de piques: il arrive que l’on se perde en chemin mais son œuvre a le mérite de saler les plaies d’une gauche qui, trop souvent, a rompu les ponts avec les classes populaires.

Vous venez du PCF et possédez, à la base, une formation marxiste. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à ces « frères ennemis », pour reprendre la formule de Guérin, que sont Bakounine, Proudhon, Rocker, Camus, Durruti, Voline, Goodman, Louise Michel, Albert Thierry, Chomsky, Landauer, James C. Scott ou Graeber, que vous ne cessez de citer au fil de vos textes ?

Bien des problèmes rencontrés par le mouvement anticapitaliste moderne tiennent au fait que le terme de « socialisme » recouvre, depuis l’origine, deux choses qu’il serait temps de réapprendre à distinguer.

Il s’applique aussi bien, en effet, à la critique radicale du nouvel ordre capitaliste issu des effets croisés de la révolution industrielle et du libéralisme des Lumières qu’aux innombrables descriptions positives de la société sans classe qui était censée succéder à cet ordre, qu’il s’agisse du Voyage en Icarie de Cabet, du nouveau monde sociétaire de Charles Fourier ou de la Critique du programme de Gotha de Karl Marx.

Or il s’agit là de deux moments philosophiquement distincts. On peut très bien, par exemple, accepter l’essentiel de la critique marxiste de la dynamique du capital (la loi de la valeur, le fétichisme de la marchandise, la baisse tendancielle du taux de profit, le développement du capital fictif etc.) sans pour autant souscrire – à l’instar d’un Lénine ou d’un Kautsky – à l’idéal d’une société reposant sur le seul principe de la grande industrie « socialisée » et, par conséquent, sur l’appel au développement illimité des « forces productives » et à la gestion centralisée de la vie collective (pour ne rien dire des différentes mythologies de l’« homme nouveau » – ou artificiellement reconstruit – qu’appelle logiquement cette vision « progressiste »).

C’est donc l’échec, rétrospectivement inévitable, du modèle « soviétique » (modèle qui supposait de surcroît – comme l’école de la Wertkritik l’a bien montré – l’occultation systématique de certains des aspects les plus radicaux de la critique de Marx) qui m’a graduellement conduit à redécouvrir les textes de l’autre tradition du mouvement socialiste originel, disons celle du socialisme coopératif et antiautoritaire, tradition que l’hégémonie intellectuelle du léninisme avait longtemps contribué à discréditer comme « petite-bourgeoise » et « réactionnaire ».

« C’est avant tout la lecture de Guy Debord et de l’Internationale situationniste (suivie de celle d’Orwell, de Lasch et d’Illich) qui m’a rendue possible cette sortie philosophique du modèle léniniste. »

J’ajoute que dans mon cas personnel, c’est avant tout la lecture – au début des années 1970 – des écrits de Guy Debord et de l’Internationale situationniste (suivie, un peu plus tard, de celle de George Orwell, de Christopher Lasch et d’Ivan Illich) qui m’a progressivement rendue possible cette sortie philosophique du modèle léniniste.
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Grèce : Marine Le Pen qui « espère la victoire de Syriza » se fait rabrouer par le mouvement d’extrême gauche

C’est un soutien pour le moins étonnant. Marine Le Pen, présidente du Front national a déclaré au Monde qu’elle « espérait la victoire de Syriza », lors des élections législatives grecques qui auront lieu dimanche 25 janvier.

Pour la prétendante à l’Élysée, il n’y a aucune contradiction à ce que le parti d’extrême droite soutienne la coalition de gauche et d’extrême gauche.

« Il y a une fracture en Europe qui passe par la reprise en main des peuples contre le totalitarisme de l’Union européenne et de ses complices, les marchés financiers, continue Mme Le Pen. Je suis complètement cohérente. Cela ne fait pas de moi une militante d’extrême gauche ! Nous ne sommes pas d’accord avec tout leur programme, notamment sur le plan de l’immigration. Mais nous nous réjouirions de leur victoire. »

En résumé, selon elle, la victoire de Syriza contribuerait à renforcer le camp des eurosceptiques… Même si Syriza est favorable au maintien de la Grèce dans la zone euro.
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Marine Le Pen décroche des millions russes (Màj: Le FN va-t-il emprunter 40 millions d’euros ?)

Addendum du 27/11/2014 : “Les responsables du Front national ont voulu emprunter en Russie une somme globale de 40 millions d’euros“, écrit Mediapart.

Un membre du bureau politique du FN cité de manière anonyme par le site d’informations va plus loin, expliquant qu’”une première tranche a été débloquée sur un prêt de 40 millions [d'euros]. La tranche de 9 millions est arrivée, 31 vont suivre“.’ “Il n’y a pas de première tranche ou de deuxième tranche, simplement moi j’ai toujours dit que d’ici les législatives on avait besoin de 35 à 40 millions d’euros“, explique de son côté le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Jus.

La présidente du FN Marine Le Pen a joint mercredi soir l’AFP pour contester les informations de Mediapart. “C’est fantaisiste, délirant”, affirme Marine Le Pen. “Il n’a jamais été question d’un prêt de 40 millions d’euros. Nous avons sollicité 9 millions d’euros et nous avons obtenu 9 millions d’euros”,  ajoute la numéro un du FN. “Nous serions bien débiles de mentir sur un tel sujet: les comptes du FN font l’objet de la surveillance de deux commissions”, a ajouté l’eurodéputée.

“S’il y a 40 millions d’euros, ils vont m’en apporter la preuve !”, a souhaité Marine Le Pen.

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Réserves d’or : Marine Le Pen réclame un audit au Gouverneur de la Banque de France‏

Lettre ouverte à Monsieur Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France, concernant les réserves d’or de la France.

Monsieur le Gouverneur, Au nom des Français et en ma qualité de principal chef de l’opposition, j’ai l’honneur de vous écrire, car il est de mon devoir de vous présenter une requête sur les réserves d’or de la France, relevant de l’intérêt supérieur de notre nation.

Avant même le déclenchement de la crise de 2008, le Front National avait anticipé et informé les institutions politiques de l’aggravation à venir du contexte macro-économique et géopolitique. Dans le cadre du modèle économique de plus en plus ultralibéral adopté par la France sous la pression de Bruxelles, aucun des fondamentaux économiques ne peut s’améliorer durablement. Tous les Français peuvent constater que les politiques d’austérité exigées par l’Union Européenne et la BCE et menées par le gouvernement sont un échec avéré et grave pour notre pays.

L’institution monétaire que vous dirigez a pour mission historique d’être la banque centrale dépositaire des réserves monétaires nationales et notamment des réserves d’or. Selon notre vision stratégique et souveraine, celles-ci n’appartiennent ni à l’État, ni à la Banque de France mais bien au peuple français et de surcroît servent de garantie ultime à la dette publique et à notre monnaie.g>

Dans la guerre froide monétaire qui se joue entre les pays occidentaux et les pays des BRICS, l’or reprend progressivement un rôle important. Selon le Conseil Mondial de l’Or, les réserves officielles d’or de la Chine, de l’Inde et de la Russie ont fortement augmenté entre 2007 et 2013.
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Jacques Attali : « Quelque chose va se passer »

Il faut vraiment se voiler la face, comme le font trop de dirigeants politiques, pour ne pas voir que quelque chose de majeur va se passer en Europe, dans les mois qui viennent: l’une ou l’autre des multiples épées de Damoclès suspendues au ciel de l’Histoire tombera sur nos têtes :

Les divers mouvements terroristes qui agissent au Moyen-Orient et y forment des émules, pourraient déclencher sur notre continent les attentats dont ils nous menacent.

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest pourrait prendre des proportions majeures et finir par atteindre significativement l’Europe, entraînant un ralentissement significatif des échanges de toute nature.

La situation politique et financière de la Chine, de plus en plus instable, pourrait y entraîner une crise économique majeure, aux conséquences considérables sur l’économie mondiale et en particulier sur l’Europe.
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Le sacrifice des classes populaires

Émission “Les Matins” diffusée le 16 septembre 2014 sur France Culture, sur le thème: “Des statistiques aux réalités territoriales : une nouvelle carte sociale se redessine-t-elle?“ 

Invités: Christophe Guilluy, géographe, consultant, Béatrice Giblin, professeur des Universités et directrice de l’Institut Français de Géopolitique Université Paris VIII. Jean Lassalle, député Modem.

Frédéric Lordon : « Pourquoi faut-il sortir de l’euro »

L’économiste Frédéric Lordon publie le 26 mars prochain “La Malfaçon“, réflexion sur la manière dont la monnaie unique européenne a détruit les souverainetés populaires. Le livre le plus important avant les élections européennes.

Fut un temps où il était impossible d’émettre la moindre critique sur l’euro. La pensée économique était aussi unique que la monnaie et endormait les 324 millions de citoyens peuplant ladite zone euro. La crise de 2008, la plus longue et profonde depuis 1930, il balayé les certitudes au point que l’euro bashing serait presque devenu tendance.

Raison de plus pour être sélectif dans la critique. Celle que nous propose aujourd’hui sort justement du commun. Plutôt que de nous démontrer par a + b qu’on peut sortir de la monnaie unique, que cela ne nous coûtera pas trop cher, que les problèmes économiques du pays en seraient magiquement résolus et que cela ne tirerait pas à conséquences, il affirme au contraire, à raison, Qu’il ne s’agira pas d’un dîner de gala.

« Il faut en finir avec ces imprécations mi-débiles, mi-hallucinées qui nous promettent renfermement façon forteresse en cas d’abandon de l’euro. »

Absence de démocratie
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A la recherche du peuple disparu : La France des « invisibles », majoritaire et délaissée

Il y a peu de livres qui renouvellent notre vision de la politique, des territoires, des catégories populaires. Fractures françaises de Christophe Guilluy en fait partie. Géographe, l’auteur a redessiné la carte des fragilités sociales à rebours des représentations toutes faites. C’est la France des « invisibles », majoritaire et délaissée. A la recherche du peuple disparu.

François Bousquet : Vous avez mis à jour une nouvelle géographie du territoire, deux France qui se font vis-à-vis : une France métropolitaine et une France périphérique. Qu’est-ce qui les caractérise ?

Pour comprendre la société française, il faut s’affranchir de la carte de l’Insee, qui est celle des aires urbaines : 80 % d’urbains et 20 % de ruraux. Cette carte impose l’idée que la société française se structure autour des grandes métropoles mondialisées sans rien nous dire de la recomposition sociale des territoires. On voit par là combien sont déterminantes les représentations dans la conception que l’on se fait de la réalité. Une mauvaise représentation, c’est une mauvaise politique derrière. Or, les représentations territoriales et sociologiques des élites sont obsolètes et nous interdisent de penser le social.

Je préfère parler de « France métropolitaine » et de « France périphérique ». La France métropolitaine, c’est celle des grandes villes, soit 40 % de la population, pas plus. C’est une France totalement intégrée dans les nouvelles logiques économiques, dans la mondialisation et le multiculturalisme. Elle produit l’essentiel du PIB français. C’est ce qui me fait dire que la mondialisation fonctionne, mais seulement dans les grandes villes.

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Aymeric Chauprade : « On ne va pas aller mourir pour du pétrole »

Aymeric Chauprade, docteur en sciences politiques, de renommée internationale, l’un des spécialistes de pointe de la géopolitique en France, assigne à la Russie un rôle de première importance dans la mise en place du monde moderne.

La foi et l’argent

L’Esprit européen : qu’est-ce qui attire particulièrement votre attention dans la Russie d’aujourd’hui ?

Aymeric Chauprade : Je comprends pourquoi, pour les Français de ma génération ou même plus jeunes, la Russie est si attirante aujourd’hui, et pourquoi les gens apprennent le russe et déménagent ici pour y fonder leur propre affaire. Ce n’est pas une sorte de phénomène marginal, le flot de ces gens est de plus en plus significatif. Ils ne sont pas, bien sûr, des dizaines de milliers, mais ils sont nombreux.

Et ce phénomène est nouveau. Avant, les jeunes gens partaient aux U.S.A., brûlaient du « rêve américain ». Et maintenant, vient le remplacer le « rêve russe ». Et il est lié, à la différence du rêve américain, non aux aspects matériels et financiers, mais ce qui est plus important, à la recherche de soi, en tant qu’homme, à un retour aux sources chrétiennes. Pour la plupart des Européens, qui se réfèrent à leur culture chrétienne, la Russie incarne de plus en plus une sorte de contre modèle de l’Europe, en ce qui concerne les valeurs familiales et spirituelles.

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Christophe Guilluy : “La bipolarisation droite-gauche n’existe plus en milieu populaire”

Nous reproduisons ci-dessous un entretien avec le géographe et sociologue Christophe Guilluy, publié le 19 juillet 2013 dans le quotidien Le Figaro. Christophe Guilluy est l’auteur d’un essai intitulé Fractures françaises (Bourin, 2010) qui a suscité de nombreux commentaires lors de sa publication. Cet essai, devenu introuvable, sera réédité début octobre chez Flammarion, dans la collection de poche Champs.

LE FIGARO. – Vous êtes classé à gauche mais vous êtes adulé par la droite. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Christophe GUILLUY.- Je ne suis pas un chercheur classique. Ma ligne de conduite depuis quinze ans a toujours été de penser la société par le bas et de prendre au sérieux ce que font, disent et pensent les catégories populaires. Je ne juge pas. Je ne crois pas non plus à la posture de l’intellectuel qui influence l’opinion publique. Je ne crois pas non plus à l’influence du discours politique sur l’opinion. C’est même l’inverse qui se passe. Ce que j’appelle la nouvelle géographie sociale a pour ambition de décrire l’émergence de nouvelles catégories sociales sur l’ensemble des territoires.

Selon vous, la mondialisation joue un rôle fondamental dans les fractures françaises. Pourquoi ?

La mondialisation a un impact énorme sur la recomposition des classes sociales en restructurant socialement et économiquement les territoires. Les politiques, les intellectuels et les chercheurs ont la vue faussée. Ils chaussent les lunettes des années 1980 pour analyser une situation qui n’a aujourd’hui plus rien à voir. Par exemple, beaucoup sont encore dans la mythologie des classes moyennes façon Trente Glorieuses. Mais à partir des années 1980, un élément semble dysfonctionner : les banlieues. Dans les années 1970, on avait assisté à l’émergence d’une classe moyenne, c’est la France pavillonnaire.

Vous avez théorisé la coexistence de deux France avec, d’une part, la France des métropoles et de l’autre la France périphérique.

On peut en effet diviser schématiquement la France en deux : la France périphérique, que certains ont dénommée mal à propos France périurbaine, est cette zone qui regroupe aussi bien des petites villes que des campagnes. De l’autre côté, il y a les métropoles, complètement branchées sur la mondialisation, sur les secteurs économiques de pointe avec de l’emploi très qualifié.
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Frédéric Lordon : “Sortir de l’euro, mais comment ?”

« En fait, nous sommes déjà sortis de la zone euro », a admis M. Nicos Anastasiades, président de Chypre, un pays où les billets n’ont plus la même valeur qu’en Grèce ou en Allemagne. L’explosion de la monnaie unique aurait-elle commencé ? Contre le scénario du chaos, l’idée d’une sortie de l’euro concertée et organisée fait son chemin.

Beaucoup, notamment à gauche, continuent de croire qu’on va changer l’euro. Qu’on va passer de l’euro austéritaire présent à un euro enfin rénové, progressiste et social. Cela n’arrivera pas. Il suffirait d’évoquer l’absence de tout levier politique en l’état d’incrustation institutionnelle de l’actuelle union monétaire européenne pour s’en faire une première idée. Mais cette impossibilité tient surtout à un argument beaucoup plus fort, qui s’exprime à la manière d’un syllogisme.

Majeure : l’euro actuel procède d’une construction qui a eu pour effet, et même pour intention, de donner toute satisfaction aux marchés de capitaux et d’organiser leur emprise sur les politiques économiques européennes [1]. Mineure : tout projet de transformation significative de l’euro est ipso facto un projet de démantèlement du pouvoir des marchés financiers et d’expulsion des investisseurs internationaux du champ de la construction des politiques publiques.

Ergo, conclusions :
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Le PS veut contrer le FN sur le terrain économique

Sortie de l’euro, chômage, 35 heures… Pour enrayer la montée du FN dans l’opinion, le PS tente de décrédibiliser le programme de Marine Le Pen.

La sortie de l’euro ? “D’une extrême gravité.” Laisser penser qu’on pourrait faire du protectionnisme ? “D’une extrême gravité.” Les critiques adressées par le président de la République au Front national lors de son allocution du 14 Juillet n’ont pas porté sur la dangerosité d’un parti “antidémocratique”, comme Jacques Chirac et François Mitterrand avaient l’habitude de le désigner, mais bien sûr la crédibilité du programme économique de la formation de Marine Le Pen qui tente pourtant de s’imposer comme un parti ayant vocation à gouverner.

Ce changement de refrain présidentiel, déjà entamé en fin de mandature par Nicolas Sarkozy, qui avait mis en avant la folie de la sortie de l’euro est aujourd’hui assumé par le Parti socialiste comme une nouvelle stratégie pour enrayer la montée du Front national dans l’opinion.

Il y a une prise en compte d’une réalité nouvelle du FN“, constate le député de l’Essonne et porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale Thierry Mandon, faisant allusion à la progression du parti dans les sondages.
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France : Pour Barroso, “certains souverainistes de gauche ont le même discours que l’extrême droite”

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a dénoncé lundi 24 juin les propos antieuropéens qui se développent en France, en affirmant que “certains souverainistes de gauche ont exactement le même discours que l’extrême droite.

Les propos visent notamment le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg accusant José Manuel Barroso d’être le “carburant du Front National”. “Il serait bon que certains responsables politiques comprennent que ce n’est pas en attaquant l’Europe et en essayant de faire de la Commission européenne le bouc émissaire de leurs difficultés qu’ils arriveront très loin”, a déclaré José Manuel Barroso lors d’un point de presse.

Un peu plus tôt, un porte-parole de la Commission européenne avait déjà affirmé que “quand ils attaquent la mondialisation, les réformes économiques et l’Europe et ses institutions, les souverainistes de gauche et de droite ont le même agenda”.

Commentaires sur Fdesouche

(Merci à Robin)

Jacques Sapir : « Vers une crise de régime ? »

Les sondages indiquent un effondrement de la popularité du Président, mais aussi du Premier Ministre et des ministres du gouvernement. Moins d’un an après l’élection présidentielle, et les élections législatives, c’est un phénomène très rare de désaffection massive, qui conduit certains commentateurs à parler d’« enfer ».

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Des « fractures françaises » à la guerre civile ? (Rediff.)

Étudiant les Fractures françaises et leurs conséquences, le géographe Christophe Guilluy écrit dans son dernier livre : « La “guerre civile” n’est pas l’horizon le plus probable, en revanche le retour du “conflit” paraît, lui, assuré. » Une thèse qui a suscité une levée de boucliers.

C’est un réflexe pavlovien : chaque fois qu’un chercheur aborde sans oeillères la question de l’immigration, les bons esprits l’accusent de « faire le lit du Front national ». Ce fut hier le cas avec le sociologue Sébastien Roché, puis la démographe Michèle Tribalat coupable d’avoir fustigé dans un livre paru en mars dernier [2010] chez Denoël ceux qui veulent garder Les yeux grands fermés devant la substitution de population (la France abriterait 15 millions d’allogènes selon l’ancien ministre chiraquien Azouz Begag) et ses conséquences. C’est donc aujourd’hui Christophe Guilluy qui se trouve sous les feux du lobby antiraciste.

La mondialisation, matrice de l’insécurité sociale et … du populisme

Il est vrai que dans son nouveau livre, Fractures françaises (1), ce géographe né en 1964 et déjà coauteur avec Christophe Noyé d’un édifiant Atlas des nouvelles fractures sociales françaises en France / Les classes moyennes oubliées et précarisées, ne mâche pas ses mots. Appuyé sur une solide documentation, il accuse de manipulation ceux qu’il nomme les « prescripteurs d’opinion », et de « gâtisme » les prétendues élites qui « chaussent les lunettes des années 1970 » pour analyser la situation des banlieues.

Lesquelles ne relèvent plus de la question sociale comme ce fut longtemps le cas pour la « ceinture rouge ». Leur « fonction principale » est au contraire d’être devenues « des sas entre le Nord et le Sud », un « constat que les politiques répugnent à assumer ».

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Acheter français : “C’est juste de l’enfumage électoral de Bayrou et Sarkozy” (Philippot/RMC)

Dans Carrément Brunet, Florian Philippot débat avec l’économiste Pascal Salin sur le “fabriqué en France”. Le directeur de campagne de Marine Le Pen s’agace que l’on attribue la réindustrialisation de la France à François Bayrou.

Bayrou n’a aucune cohérence, il vote tous les traités (européens), il nous a embourbés dans cette désindustrialisation, dans cette Europe qui ne marche plus [...] Maintenant il voudrait nous faire croire qu’il est le chantre de la réindustrialisation et de l’”achetons français”, mais faut arrêter de se moquer des gens !” – Florian Philippot

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Merci à SaintJores50

Parisot dénonce le programme économique « démagogique » du Front National

Laurence Parisot du MEDEF a dénoncé mardi le “programme économique du Front national », évoquant de « véritables utopies démagogiques ».

J’ai confiance dans l’euro et foi dans l’Union Européenne. Dans un tel moment nous devons mettre en garde contre les programmes économiques populistes et revendiqués comme tels qui préconisent le repli du pays sur lui-même

Laurence Parisot, Présidente du Mouvement des Entreprises de France

Boursorama

(Merci à cedric18juin1940)

Les caisses de la Grande Mosquée de Marseille sont vides

Abderrahmane Ghoul, le président du Conseil Régional du Culte Musulman, est bien obligé de faire un dur constat : il n’y a pas un sou en caisse pour débuter les travaux de cette future Grande Mosquée pharaonique à Marseille, dont le coût est déjà estimé à 22 millions d’euros (plus du double des 9 millions prévus il y a deux ans).

Le symbole de l'Islam Marseillais sous l'oeil bienveillant de Jean-Claude GAUDIN

Du côté des collectes parmi les musulmans de Marseille ou via Internet, c’est un flop total; sans doute dû à la crise économique, qui frappe particulièrement les Bouches-du-Rhône. Et puis dans les différentes communautés musulmanes de la ville, il n’y a pas un grand enthousiasme pour ce projet qui risque de stigmatiser davantage l’islam: «on va encore être montré du doigt!»

D’autant plus que les opposants à la Grande Mosquée reprennent du poil de la bête : les militants du Front National tout comme ceux de la Ligue du Sud sont surpris par l’écoute favorable de leurs thèses « islamophobes » par les Marseillais, même si ceux-ci sont loin d’adhérer aux autres points des programmes de ces deux formations.

Les responsables musulmans du projet se tournent donc vers les pays islamiques… ce qui est en contradiction avec l’image d’un « islam de France » qu’ils voudraient donner à leur CRCM et à leur Grande Mosquée. Leur tournée des popotes méditerranéennes et orientales a ramené quelques promesses de dons, mais pas encore de dons proprement dits.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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La subvention du FN saisie pour payer ses dettes

La subvention publique octroyée en 2010 au Front national, d’un montant de 1,8 million d’euros, sera saisie afin de rembourser une part des dettes du parti (près de 7 millions d’euros). Le FN a commencé à éprouver des difficultés financières après les élections législatives de 2007, où son score inférieur à 5% ne lui a pas permis d’obtenir le remboursement de ses frais de campagne. L’ancien imprimeur du FN, Fernand Le Rachinel, qui réclame le remboursement d’un prêt accordé lors de cette campagne, a obtenu la saisie de la subvention de l’État.

« C’est vrai que cet argent va aller dans la poche de Le Rachinel, mais le FN avait parfaitement prévu de vivre sans cette subvention », a confirmé le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just. Le Front national avait été condamné par la cour d’appel de Versailles le 11 février à rembourser plus de 6,3 millions d’euros de dettes, majorées de près de 600.000 euros d’intérêts, à Fernand Le Rachinel, ancien compagnon de route de Jean-Marie Le Pen entré en dissidence.

Le Front National doit donc plus de 7 millions d’euros. Dans un communiqué, Wallerand de Saint-Just, le trésorier du parti, indique que le FN “réglera la dette due à son ex-imprimeur fin février. Fernand Le Rachinel sera définitivement et intégralement réglé. Il cessera alors peut être ses tentatives de nuisance. Dans ces conditions, et contrairement à ce qu’un quotidien parisien du matin a titré pour la quatrième ou cinquième fois, le Front National n’est pas au bord de l’asphyxie.

Le Front national avait été condamné, le 11 février dernier par la cour d’appel de Versailles à rembourser ses dettes. Le jugement vient de se traduire de façon très pragmatique. La subvention publique de 1,8 millions d’euros octroyée au parti en 2010 va être saisie. Cela représente la moitié des recettes annuelles du FN, l’autre étant composée des adhésions, des contributions des élus et des “dons de personnes physiques“.

Personne pour acheter le Paquebot

Même si son prix, fixé initialement à 15 millions d’euros, est tombé à 10 millions, l’ancien siège de Saint-Cloud, près de Paris, est toujours en vente après le désistement d’une université chinoise. “Les amateurs réfléchissent,” avance Wallerand de Saint-Just. Il s’agirait à présent qu’ils se décident car faute d’avoir trouvé acquéreur pour le Paquebot, le FN n’a pas été en mesure de payer Fernand Le Rachinel, un ancien proche de Jean-Marie Le Pen qui a donc obtenu la saisie de la subvention du mouvement.

L’Express

Une souscription en ligne a été ouverte ici.

Chauny : tensions raciales et crise économique

Avec une économie en berne et une recrudescence des tensions raciales, Chauny, petite commune de l’Aisne de 13 000 habitants située à une trentaine de kilomètres de Saint-Quentin, la ville de Xavier Bertrand, ressemble trait pour trait à beaucoup d’autres communes françaises. Chauny n’est pas une commune pire que les autres. Elle est tout simplement le reflet d’une France en crise en cette fin d’année 2009.

Un membre des forces de l’ordre confie que, selon lui, « avant la fin d’année, Chauny passera sur une chaîne de télé nationale avec un mort. »

La crise explique certaines choses. Et dans ce petit concentré de France qu’est Chauny, les premières conséquences vraiment visibles de la crise commencent tout juste à faire leur apparition. L’entreprise Nexans, « la Thomson » comme l’appellent certains anciens, une institution à Chauny depuis 1922, est en passe de fermer ses portes, laissant sur le carreau 220 employés et presque autant de familles…

Avant la crise, ici, le FN était au point mort mais se portait déjà très bien dans les urnes : 17,43% pour Jean-Marie Le Pen à la présidentielle de 2007, soit 2 points de plus que sur l’ensemble de la région picarde, 7 points de plus qu’au niveau national. Maintenant, il y a la crise, il y a Nexans et les autres entreprises qui peut-être suivront.
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