Lyon : Des poubelles plus riches que nos assiettes

La ministre de l’Écologie Ségolène Royal et la grande distribution se sont mis d’accord fin août pour renforcer la lutte contre le gaspillage alimentaire. Mais certains redistribuent déjà invendus et déchets.

Paris : Le mouvement Freegan ouvre son premier restaurant

Récupérer les invendus de Rungis, le « plus grand marché du monde » et en tirer des repas cuisinés le jour même? C’est ce que propose depuis quelques semaines le Freegan Pony, un « resto-squatt ».

Il faut pénétrer dans une cour sombre du Marais et prendre l’ascenseur pour découvrir le premier restaurant freegan végétarien de France. Une adresse végétarienne de plus dans le très bourgeois-bohème troisième arrondissement de Paris ?

Détrompez-vous. Le credo du Freegan Pony, qui a ouvert ses portes le 21 mars, est de servir des plats préparés à partir de fruits et légumes qui devaient légalement finir à la poubelle, mais sont encore comestibles.

Anti-gâchis

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Crise et Web ont généré une très large économie de la débrouille

Diouldé Chartier dirige D’Cap Research, un cabinet d’étude sur les comportements des Français. D’Cap a mis en place un « observatoire système D » pour étudier leurs changements d’attitude face à la crise. Comment les Français s’adaptent-ils à celle-ci ? Comment se débrouillent-ils pour moins en souffrir ? [...]

Pour Diouldé Chartier, cette étude ambitieuse a permis de mettre à nu une révolution en cours dans la société française : le mariage de la débrouille et d’Internet. Entretien.

Rue89 : Quelles sont les grandes tendances qui se dégagent de votre étude ?

Diouldé Chartier : Nous avons constaté, avec cette étude, l’apparition d’une très large économie « en réseau », largement invisible : des espaces où les gens échangent d’une façon nouvelle, souvent sans intervention d’aucune institution, parfois même sans monnaie.

Le phénomène est beaucoup plus massif que nous ne le pensions. Son développement est reflété par le succès spectaculaire de sites d’échanges comme Le Bon Coin, Super-Marmite ou Airbnb. Les gens revendent leurs objets, proposent leurs services, sous-louent leur appartement, s’échangent des tuyaux, s’entraident.

Un tel phénomène est né du mariage du Web et de la crise. Il se développe dans une immense zone grise. Quand je dis « grise », je ne veux pas dire « illégale » : ces échanges sont pour la plupart conformes à la loi, mais ils échappent aux statistiques et aux observations des économistes.

Cette économie en réseau est générée par la crise, mais aussi, plus généralement, par l’augmentation du nombre de « ruptures » dans les vies des Français. Le recul à la fois du CDI et du modèle du couple stable, avec enfants sous un même toit, laisse place à des vies au cours plus fragmenté. Des décalages temporels de plus en plus importants ont lieu entre les rentrées d’argent et les dépenses : il faut les gérer. Seuls l’entraide, la débrouille, le peer-to-peer, le système D permettent de faire face.
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Sous le soleil vert

La réalisatrice Chantal Lasbats est partie aux États-Unis, à la rencontre de groupes qui entrent en décroissance comme on entre en résistance. Ces mouvements cherchent à reconsidérer les notions de pouvoir d’achat et de niveau de vie.

A New York, les Freegans sont la branche la plus radicale, la plus dure de ces mouvements. Selon eux, la solution de la faim dans le monde se trouve dans les poubelles de la ville. New York produit, à elle-seule, plus de 13 000 tonnes de déchets ménagers par jour. Les Freegans préconisent un mode de vie alternatif en récupérant des aliments encore consommables dans les poubelles des magasins.

Il y a aussi les adeptes du mouvement « Food not bombs » qui cuisinent ce qu’ils trouvent et le redistribuent gratuitement, mais aussi les communautés comme « Surreal Estate » qui utilisent les maisons communautaires et des mouvements d’éco-villages qui sont des communautés intentionnelles. Tous ces mouvements tentent de trouver des solutions pour reprendre le système économique, remettre en cause nos habitudes et vivre harmonieusement avec la terre.

Partie 1:


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