Chômage : près de 10.000 demandeurs d’emploi de plus en juin

Fin juin, la France comptait 3.662.100 chômeurs n’ayant pas du tout travaillé dans le mois, soit quelque 10.000 de plus qu’en mai. C’est surtout sur les seniors qu’a pesé cette hausse. Leur nombre frôle désormais les 800.000.

Publié deux jours après le vote du pacte de responsabilité par le Parlement, c’est un chiffre qui va faire office d’état des lieux avant réforme. La France comptait à la fin juin 3.662.100 chômeurs n’ayant pas du tout travaillé dans le mois (3.398.300 en métropole), en hausse de 9.400, soit +0,3 %, selon les statistiques diffusées ce vendredi par le ministère du Travail.

C’est certes trois fois moins que le mois précédent, qui avait enregistré quelque 30.000 demandeurs d’emploi de catégorie A supplémentaires. Mais c’est le signe que le chômage n’a toujours pas atteint un palier. D’autant que si l’on intègre les personnes qui pointent à Pôle emploi mais ont travaillé dans le mois, la situation n’est pas meilleure. Leur nombre a lui aussi crû, de 23.000, soit + 0,5 %. Il a atteint 5.343.100 sur la France entière et 5.043.200 en métropole.

C’est surtout sur les seniors qu’a pesé le mois dernier la hausse des demandeurs d’emploi. Le nombre de 50 ans et plus au chômage se rapproche désormais des 800.000, à 788.000. La tranche d’âge 25-49 ans a vu son nombre de chômeurs légèrement augmenter (+4.000 en catégorie A), pour atteindre 2.075.200. La seule éclaircie est pour les moins de 25 ans. Ils ont été moins touchés en juin qu’en mai pour ce qui est des chômeurs sans activité mais leur nombre n’a baissé que d’un peu plus d’un millier, à 535.100. En ajoutant ceux qui ont travaillé dans le mois, en revanche, on trouve encore une fois un solde positif.

Les Échos

L’indécent chassé-croisé entre Bank of America et le pouvoir socialiste

La polémique autour de Laurence Boone, l’ex-chef économiste pour l’Europe de Bank of America Merrill Lynch, n’est pas même close qu’une autre risque de naître, à cause du probable départ de l’actuel directeur de l’Agence des participations de l’État (APE), David Azéma, vers… le même établissement , pour en devenir le directeur général pour la France!

Si l’information se confirme, elle risque de faire grand bruit. D’abord parce que la régularité de ce pantouflage pourrait poser problème. Ensuite parce que ce jeu de chaises musicales autour de la même banque vient confirmer la porosité entre les milieux bancaires et le pouvoir socialiste.

La Commission de déontologie de la fonction publique s’est réunie jeudi 12 juin et, dans le lot des avis qu’elle a rendus, l’un d’eux concerne David Azéma, l’actuel directeur de l’APE, la très puissante administration de Bercy qui gère les plus grosses participations détenues par l’État (les 84,5 % dans le capital d’EDF ; les 36,7 % dans GDF-Suez ; les 11 % dans Airbus ; les 14,1 % dans PSA ; etc.).

Une fois qu’ils sont rendus, les avis sont publiés mais avec beaucoup de retard, et les noms des personnes concernées sont « anonymisés ». Pour l’heure, il n’est donc pas possible de savoir par les voies officielles quel a été l’avis dans le cas de David Azéma. Selon nos sources, il aurait toutefois été positif, mais la commission de déontologie l’aurait assorti de réserves, comme elle le fait souvent.
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France : forte hausse du chômage en février et nouveau record (Màj : affluence record aux Restos du cœur)

Addendum du 27/03/14 : Plus d’un million de personnes ont bénéficié des Restos du cœur cet hiver, un record

«C’est pas bientôt fini?» se demandent les Restos du coeur dans leur bilan de cette 29e campagne hivernale. Olivier Berthe, président de l’association, a peu d’espoir quant à une baisse de la précarité. Au micro de RTL, il estimait ce matin que «tant que la courbe du chômage ne sera pas inversée, nous ne pouvons pas avoir l’espoir que la situation de nos associations s’améliore avant deux ans». 31.500 chômeurs de plus en février, «ce sont probablement 31.500 personnes qui dans dix-huit ou vingt-quatre mois risquent de fréquenter les centres des Restos du cœur quand ils seront en fin de droits».

Mais les effets néfastes de la précarité pourraient être visibles bien plus tôt. En effet, le taux de chômage n’est pas le seul à avoir explosé en février. Les radiations ont elles aussi bondi de 28,2% sur un mois, privant un nombre grandissant de chômeurs d’indemnisation et les plongeant donc un peu plus dans la précarité.

Conséquence directe d’un emploi en berne, la précarité s’aggrave en France à chaque campagne de l’association de soutien aux plus démunis depuis cinq ans. Cet hiver, c’est plus d’un million de personnes qui ont été accueillies par les antennes locales. Un triste record.

Le Figaro


Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a bondi en février, avec 31.500 nouveaux inscrits en métropole (+0,9%), pour atteindre le niveau record de 3,34 millions, a annoncé mercredi le ministère du Travail.

Au total, depuis l’élection de François Hollande en mai 2012, plus de 420.000 chômeurs sans activité supplémentaires ont poussé la porte de Pôle emploi.

La Libre

Dans le piège centrafricain

Après des mois de chaos en Centrafrique, le 5 décembre dernier, invoquant une situation prégénocidaire, la France décide d’envoyer des troupes. Une mission brève pense alors le président François Hollande : “une opération qui sera rapide, une opération qui sera efficace, qui devra mettre hors d‘état d’utiliser les armes les groupes qui les détiennent, retrouver la stabilité, et permettre le moment venu des élections libres et pluralistes dans ce pays.

Mais la situation et les troupes françaises s’enlisent encore une fois. 1.600 hommes sont alors envoyés, en soutien au 5.700 de la force africaine, la MISCA. Pour sortir le pays de la crise, les analystes estiment qu’il faudrait au moins 10.000 hommes sur le terrain.

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Xerfi : « Le triomphe des banquiers sur Hollande »

Souvenez-vous, c’était le 22 janvier 2012. Dans son discours du Bourget, le candidat François Hollande déclarait, martial, avoir un ennemi « sans visage » : la finance. Et pourtant, le 7 mai 2012, le jour de son élection à l’Elysée, le CAC 40 prenait 1,65% contrairement à tout ce que prédisaient les cassandres.

Alors que s’est-il passé ? François Hollande s’est-il couché devant les banquiers ? C’est en tous cas ce que soutiennent les invités de Xerfi Canal, Adrien de Tricornot, journaliste au Monde et Mathias Thépot, son confrère à la Tribune.

Angela Merkel esquisse l’Internet européen

Angela Merkel n’a donc toujours pas digéré l’espionnage de son téléphone portable par la National Security Agency (NSA). En visite à Paris mercredi dans le cadre du 16e conseil des ministres franco-allemand, la chancelière allemande a levé un coin du voile sur ses propositions de bâtir un Internet européen. Un ouvrage qu’elle entend mener de front avec le président François Hollande. Il vise sans détour à extirper les Européens de l’hégémonie américaine sur le réseau. Du moins sur le papier. Car, en pratique, le projet semble très utopique autant sur le plan politique que sur celui des infra­structures.

“Angela dans le Nouveau Monde” (de l’Internet)

Revenons un instant sur ses propositions qui restent pour l’heure assez floues. Angela Merkel entend contraindre les fournisseurs d’accès à Internet à stocker et traiter les données personnelles des citoyens de l’Union sur le territoire européen plutôt qu’aux Etats-Unis. En d’autres termes, il s’agirait de forger une politique européenne commune pour mieux protéger les citoyens de l’UE face aux oreilles américaines. Tout en prenant des mesures protectionnistes favorables aux entreprises européennes.

Premier problème : cette sorte d’espace Schengen des réseaux au cœur de l’océan globalisé d’Internet ouvre grande la porte à une balkanisation de la Toile. Elle implique la création d’un Intranet européen dans lequel les utilisateurs n’auraient accès qu’aux prestataires de services qui accepteraient de stocker les données personnelles en Europe. Il s’agirait ainsi de contraindre les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) d’y implanter leurs centres de données, là où les pays membres pourront en maîtriser l’accès.

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Propos simplets…

Par Patrick Reymond

Le journaleux est toujours une espèce pas en voie de disparition, hélas, mais qui ne comprend rien à rien. Des gens un peu simples, quoi, en antiphrase, pour qualifier des gens franchement bêtes.

Printemps arabes : une catastrophe économique“. Il faudrait leur expliquer que, comme dans le cas des révolutions française et russe, la catastrophe économique a PRECEDE la révolution.

Que la révolution est simplement l’aboutissement de l’effondrement, qui se continue après.

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Jacques Sapir : « Ce que Sartre aurait appelé des saloperies »

Les temps sont malsains. À force de prétendre que nous sommes dans une situation comparable aux funestes « années 1930 », certains journalistes et hommes politiques sont en train de créer une atmosphère particulièrement délétère. 

Les insinuations, les amalgames et les mensonges tiennent lieu aujourd’hui d’arguments. On a franchi un nouveau cap avec l’article du sieur Colombani dans Direct Matin et avec les accusations proférées à mon endroit par Pierre Moscovici, Ministre de l’économie et des finances.

Les deux m’apparaissent liés. On en voit l’origine : la volonté d’un pouvoir aux abois et d’une élite discréditée de sauver l’Euro à tout prix en qualifiant les adversaires de la monnaie unique d’extrémistes. C’est en soi un acte de déni de la démocratie. Mais on pourrait aussi  les comparer à ce que Jean-Paul Sartre appelait des “saloperies”[5].

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Revue de presse économique de Pierre Jovanovic (29/01/2014)

Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 29/01/2014

(le fichier mp3 est téléchargeable ici)

Hollande fait-il de l’économie à la Sarkozy ?

« Je reste socialiste (…). Je ne suis pas gagné par le libéralisme, c’est tout le contraire, puisque c’est l’Etat qui prend l’initiative. » Cette phrase de François Hollande, lors de ses vœux à la presse, mardi 14 janvier, voulait répondre par avance aux critiques qui accompagnent ses annonces économiques.

En choisissant clairement une politique « de l’offre », qui vise à améliorer les marges des entreprises, le chef de l’Etat a rompu avec la tradition, à gauche, de relance par la demande et la dépense. Et s’est rapproché fortement, sur le plan économique du moins, des idées défendues par son adversaire de la présidentielle 2012, Nicolas Sarkozy.

Lire : Les principaux points de l’intervention de François Hollande

  • Baisse de cotisations des entreprises ? Sarkozy aussi.

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François Hollande, libéral depuis 1985

Les éditocrates promeuvent ces jours-ci, avec beaucoup d’insistance, l’idée selon laquelle François Hollande viendrait seulement de révéler au monde qu’il était l’ami des marchés.

Cette théorie a peut-être des propriétés curatives: il est possible, par exemple, qu’elle apaise (un peu) les affres et tourments des électeurs qui, dupés en 2012 par les menteries du candidat socialiste, ont voté pour lui en croyant sincèrement qu’il était de gauche – et qui peuvent donc, s’y raccrochant, se consoler (un peu) d’avoir été si profondément refaits en se répétant que le «tournant libéral» du chef de l’État français date effectivement d’avant-hier matin, et qu’ils ne pouvaient par conséquent pas savoir, lorsqu’ils lui ont donné leurs suffrages, qu’ils s’apprêtaient à mettre dans l’Élysée un émule de feu Ronald Wilson Reagan.

Mais en vérité: elle est fausse – et mensongère. Puisqu’en effet: cela fait trente ans que François Hollande tient en politique des positions – et des propos – qui témoignent d’une stricte orthodoxie capitaliste.

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Jacques Sapir : « La France est en pleine guerre civile froide »

Les dernières péripéties, pour ne pas dire les galipettes, de François Hollande ont eu tendance à masquer un instant le sérieux de la situation dans le pays en ce début d’année. Il est vrai que notre Président casqué se rendant à la nuit dans le lit de sa blonde rejoue, mais sur le mode dérisoire et un peu ridicule, les grands mythes de l’Antiquité. Le fait que ce lit soit dans un appartement d’une personne liée au gang de la Brise de Mer ajoute ici ce qu’il faut de sordide à la parodie. L’important n’est cependant pas là ; mais l’important existe bien.

On peut se demander si, en France, nous ne vivons pas actuellement les prémices d’une guerre civile. Cette question, en apparence absurde, mérite cependant d’être posée à la vue des événements que l’on a connus ces dernières années. Dans une note datant de l’automne 2012, j’évoquais la possibilité de la crise de légitimité du pouvoir. Nous y sommes désormais.

L’année 2014 risque fort d’être marquée par une accumulation de mouvement sociaux dont la convergence mettrait directement en cause le pouvoir. Or, la crise de légitimité a ceci de particulier qu’elle pose directement la question non pas de la politique suivie, que l’on peut en fonction de ces opinions considérer comme bonne ou mauvaise, mais du fait que le pouvoir soit habilité à mener une politique. C’est pourquoi il faut s’attendre à ce que la contestation du pouvoir puisse prendre un tour violent dans le cours de cette année.

En fait, l’exercice du pouvoir, la Potestas, dépend de sa légitimité que lui confère l’Auctoritas. Ces notions, habituelles sous la plume des juristes d’inspiration chrétienne, ne sont pourtant nullement liées obligatoirement à cette sphère. On comprend bien, même intuitivement, la nécessité de séparer la capacité à exercer un pouvoir politique de la légitimité, ou de la justesse, qu’il y a à le faire. Il n’est donc pas nécessaire d’être chrétien, ni même de croire en Dieu, pour remarquer la pertinence de la distinction entre Auctoritas et Potestas.

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Subventions et aides : Tulle, la ville si chère à Hollande

Le chef de l’Etat reste très attentif à la Corrèze et en particulier à Tulle, dont il fut maire et qui, au cours de l’année, a été bien dotée en subventions et en aides.

La lettre du Père Noël est arrivée il y a à peine une dizaine de jours. Elle est signée de la main de Jean-Marc Ayrault : en ces périodes de fêtes, le Premier ministre a le plaisir d’accorder « une subvention de 200.000 € » pour l’aménagement du parvis du futur cinéma de la ville de Tulle. Un cadeau de plus pour la préfecture de Corrèze, sur laquelle François Hollande, son ancien maire, garde un œil plus que bienveillant depuis son élection à l’Elysée.
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Les nouvelles révélations sur l’affaire Snowden sont très gênantes pour le Royaume-Uni

Les dernières révélations publiées, vendredi 20 décembre, par le New York Times, le Guardian et le Spiegel sur le scandale d’espionnage révélé par Edward Snowden sont notamment très embarrassantes pour le Royaume-Uni.

Si le quotidien américain titre son article sur la NSA, l’agence américaine de surveillance des communications, c’est en effet le GCHQ britannique qui en est le coeur en raison de son « travail en lien étroit avec la NSA », qui aurait permis de surveiller un grand nombre de cibles : « Entreprises privées, agences des Nations unies, organisations non gouvernementales, hommes politiques de premier plan », détaille Le Monde, dont Thalès, Total, Médecins du monde, « un ambassadeur français », le commissaire européen à la Concurrence Joaquin Almunia ou l’ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert.

La liste complète des cibles se trouve d’ailleurs dans un document du GCHQ, mais il n’est pas systématiquement précisé quelle agence a demandé leur surveillance. Le quotidien américain explique par ailleurs que « les espions ont une marge de manoeuvre plus grande en ce qui concerne l’espionnage économique en Grande-Bretagne ».

Le Spiegel, qui s’intéresse lui particulièrement à l’espionnage de cibles allemandes via des câbles sous-marins reliant la côte des Cornouailles aux côtes allemandes, estime que « les Britanniques vont maintenant faire face à un débat inconfortable sur leurs activités, qui semblent directement dirigées contre leurs partenaires au sein de l’Union européenne et les leaders de ces pays ».

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François Hollande ironise sur «l’étrange» dégradation de la note de l’UE

Le président français François Hollande a ironisé vendredi sur « l’étrange » dégradation de la note de l’Union européenne par Standard & Poor’s (S&P), lors de sa conférence de presse de clôture d’un sommet européen à Bruxelles.

« C’est assez étrange de noter l’Union européenne qui ne fait que très peu d’emprunts », a souligné le chef de l’Etat français, rappelant qu’une agence de notation avait pour objet « d’informer d’éventuels investisseurs sur le risque qu’ils pourraient prendre sur une opération financière proposée par une entreprise, un Etat ou une institution ».

« Donc, ça ne change rien » en l’espèce pour l’UE qui n’emprunte pratiquement pas sur les marchés, a-t-il insisté.
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Hollande pas d’accord avec l’Insee : la courbe du chômage va bien s’inverser

Le président a confirmé jeudi soir son objectif d’inversion de la courbe du chômage en cette fin d’année malgré les prévisions de l’Institut national de la statistique (Insee), qui table sur une stabilisation du taux à 11% de la population active au premier semestre 2014.


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L’image du jour (Màj)

Addendum : L’AFP, l’Agence française de presse, a décidé de retirer une photo de François Hollande, prise mardi lors d’une visite du président de la République dans une école de Denain, dans le Nord. Jointe par 20 Minutes, l’AFP a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’une censure ni d’une demande de l’Élysée mais d’une “décision éditoriale de l’agence, qui s’excuse auprès de ses clients“.

Le JDD

 “Hollande, il devrait faire comique !” – Olivier Delamarche

François Hollande a choisi de se rendre dans une école primaire de Denain, dans le Nord, en ce mardi de rentrée scolaire. (Photo Reuters – Réalisée sans trucage).

(Merci à Rob et à Boreas )

Japon : Après Fukushima, des mères de famille à la pointe du combat contre le nucléaire

Par Audrey Guiller 

Alors que des tonnes d’eau radioactive continuent à s’écouler de la centrale de Fukushima, les mouvements antinucléaires japonais se battent pour que les 52 réacteurs actuellement à l’arrêt le restent. En pointe de ce mouvement : les femmes du collectif Mama Gen. Face à un gouvernement pro-nucléaire, à une population qui pense tourner la page en jouant l’autruche, et à des médias qui les ignorent, la tâche est ardue.

60% de la population se déclare hostile à la politique pro-nucléaire du gouvernement, selon un sondage de juin 2013 [1]. Le mouvement peut-il s’appuyer sur cette opinion publique ? « Malheureusement, deux ans après l’accident, les Japonais ne veulent plus parler de Fukushima, ils veulent oublier », soupire Hajime Matsukubo. Subtilité d’un peuple à la culture singulière.

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Liban : Une participation de Paris à une opération en Syrie exposerait les militaires français

Malgré les difficultés diplomatiques, en particulier au Conseil de sécurité des Nations unies, et la mise hors-jeu des Britanniques, le président Hollande a indiqué, ce 30 août, au quotidien Le Monde, ne pas exclure une intervention militaire en Syrie avant le 4 septembre prochain, jour où le Parlement sera convoqué en session extraordinaire pour débattre de la situation syrienne.

Soldat français de la Finul (Force intérimaire des Nations Unies au Liban)

Cette opération, a précisé le chef de l’Etat, ne viserait pas “à libérer la Syrie ou à renverser le dictateur (ndlr, Bachar el Assad)” mais à porter un “coup d’arrêt” à “un régime qui commet l’irréparable sur sa population”.

Pour les partisans d’une intervention, il s’agit, en “punissant” le régime de Bachar el-Assad pour sa responsabilité encore présumée dans l’attaque chimique du 21 août dernier dans les faubourgs de Damas, d’éviter que lui ou d’autres aient à nouveau recours à ce type d’armes. D’autres espèrent qu’elle permettra de renverser le rapport de forces sur le terrain en faveur de la rébellion, elle-même divisée. Cela étant, il n’est nullement question, selon les déclarations des présidents Hollande et Obama, d’en arriver là.

Seulement, l’équation syrienne est extrêmement compliquée. Et pour les opposants à cette intervention – qui ne sont pas forcément de farouches admirateurs de Bachar el-Assad ou même encore de Vladimir Poutine – lancer des frappes, même pendant un temps limité, ne servirait à rien, si ce n’est à obtenir une situation pire qu’avant. En clair, ce serait mettre un coup de pied dans un nid de frelons et ce n’est pas la meilleure chose à faire.

Le temps où l’ancien président Sarkozy évoquait “l’harmonie insoupçonnée” entre les différentes communautés qui se côtoyaient à Damas grâce à la “spécificité  d’un régime autoritaire laïque” (Libre, Robert Laffont/ XO Editions, 2001) est désormais révolu. Car le conflit syrien est une guerre civile impliquant Kurdes, arabes sunnites, chrétiens, alaouites et druzes.

Mais il tend aussi à s’internationaliser, avec l’engagement du Hezbollah chiite, allié de Bachar el-Assad, de combattants iraniens (probablement) et de jihadistes venus de l’extérieur prêter main forte à leurs homologues syriens (ndlr, pour rappel, ces derniers n’ont pas effrayé plus que ça le régime syrien quand il les laissait passer en Irak, à l’époque où les Américains y étaient encore présents… Mais passons).

En outre, des puissances étrangères se font ainsi une guerre par procuration, l’Arabie Saoudite et le Qatar tentant de damer le pion à l’axe chiite (donc Téhéran) qu’ils redoutent sans doute plus que tout, en soutenant telle ou telle faction rebelle. Qui plus est, il y a des intérêts dont on ne parle que très peu. Comme par exemple ce projet de Doha de faire passer un gazoduc via la Syrie et la Turquie afin d’exporter son gaz vers l’Europe sans passer par le détroit d’Ormuz, à la merci d’un coup de sang iranien. Seulement, Bachar el-Assad s’y était opposé…
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