Quand la France voulait exporter le Minitel dans les rave parties californiennes

L’incroyable équipée du Minitel dans la Baie de San Francisco. Une rave à Oakland, dans la baie de San Francisco, en 1992. 48h de fête, 3 grands entrepôts, quelques-uns des meilleurs DJ du moment, des Cheerios pour tous au petit matin et… des Minitels.

Installés dans plusieurs salles, les Minitels permettent aux fêtards de communiquer à distance grâce un outil révolutionnaire pour l’époque, une invention française : le chat.

La scène est à peine croyable : alors que quelques années plus tard, les rave parties deviendront la cible des forces de l’ordre françaises, 101 Online, une émanation de l’entreprise publique France Télécom, vient tranquillement faire sa publicité dans une «psychoparty».

101 Online, c’est l’épopée du Minitel français à San Francisco, dans le berceau de la tech et du mouvement hippie, au début des années 90. C’est aussi la chronique d’un échec annoncé, qui en annonce bien d’autres pour la télématique française. Julien Mailland, chercheur français en télécommunications à l’Université d’Indiana, vient de publier un article passionnant qui déterre cette histoire oubliée.
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Pays-Bas : Eldorado fiscal pour les holdings de grands groupes français

De grands groupes français, dont EDF, GDF Suez, Thales et Veolia, recourent de plus en plus à des holdings financières installées aux Pays-Bas pour réduire leurs impôts, affirme le quotidien économique néerlandais Het Financieele Dagblad (FD), ce qu’ont contesté plusieurs d’entre eux.

Ces dernières années, l’utilisation des holdings financières aux Pays-Bas par des sociétés françaises a beaucoup augmenté“.

Évoquant les polémiques sur l’exil fiscal de riches Français comme la star de cinéma Gérard Depardieu ou l’homme d’affaires Bernard Arnault”, le journal affirme que l’État français, actionnaire de plusieurs sociétés citées, “profite lui aussi de régimes fiscaux plus favorables à l’étranger”.

Selon FD, en plus d’EDF, GDF Suez, Thales et Veolia, une vingtaine d’autres entreprises françaises dont le chiffre d’affaires dépasse les 2 milliards d’euros annuels ont créé une ou plusieurs holdings de ce type pour bénéficier des accords fiscaux bilatéraux entre les Pays-Bas et d’autres pays, permettant notamment d’éviter une double imposition.
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Santé au travail : « Nous sommes face à une forme de crime organisé »

Du cynisme des industriels à l’inaction des pouvoirs publics, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches au CNRS, dresse un état des lieux sans concession de la santé au travail…

Moyenâgeuse et cynique. C’est en ces termes qu’Annie Thébaud-Mony qualifie l’attitude de certains industriels vis-à-vis de la santé et de la sécurité des salariés. Attitude qui, selon elle, expliquerait que l’on déplore encore chaque jour en France deux morts par accidents du travail et plus de dix des suites d’une exposition à l’amiante.

Une situation archaïque que cette spécialiste des questions de sécurité au travail dénonce depuis près de 30 ans en parlant non pas de négligence mais d’une authentique forme de “crime organisé” de la part de certains dirigeants qui, depuis longtemps, ont appris à sous-traiter non seulement les risques qu’ils génèrent mais aussi les responsabilités qui les accompagnent.

Face à cette manifestation de “pur cynisme industriel” dont les pouvoirs publics n’ont jusqu’alors pas pris la mesure, Annie Thébaud-Mony entend opposer deux mesures : l’interdiction d’avoir recours à la sous-traitance sur tout site dangereux et l’introduction des notions de crime industriel et de désastre volontaire dans le droit pénal. Seuls moyens, selon elle, d’en finir avec une situation qui persiste à placer l’intérêt économique au-dessus de la préservation de la vie humaine.

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« Good luck for your country »

A travers l’exemple de la privatisation du secteur des télécommunications en Europe, ce documentaire militant montre comment le néo-libéralisme anglo-saxon des années 70 s’est imposé aux états membres de l’Union Européenne.

L’introduction glaciale de Milton Friedman à elle seule est à ne pas louper !

http://www.dailymotion.com/video/xt7zhn

(Documentaire réalisé par Jean Druon – France -1998)

« Entre le collectif et l’individuel, la France a du mal à choisir »

Selon Philippe d’Iribarne, chercheur atypique, dans le monde du travail ou à l’égard des immigrés, notre pays est tiraillé entre le respect de tous les particularismes et la défense d’une égalité sans faille.

Pourquoi le modèle français d’intégration des immigrés ne fonctionne-t-il plus ? Qu’y a-t-il de particulier dans l’identité française qui rend les réformes si difficiles dans ce pays ? Philippe d’Iribarne montre que l’universalisme et la défense des particularismes s’y combinent, souvent mal. La fierté des métiers, les statuts et beaucoup de traits particuliers remontent loin dans notre histoire.

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Comment expliquez-vous l’écartèlement entre la volonté de la France d’assimiler ses immigrés et celle de « respecter les différences » ?

Nous sommes dans une situation paradoxale qu’on a retrouvée lors des débats sur l’identité française ou de l’expulsion des Roms. Il y a une tension entre le citoyen et l’individu.

D’une part, la France se définit comme la patrie des droits de l’homme, dans laquelle tout citoyen est l’égal de tout autre, où tout ce qui est discriminatoire doit être refusé au nom des idéaux d’égalité et de liberté.

Et, d’autre part, on a une vision différenciée de la société lorsqu’il s’agit de la gestion individuelle du quotidien, comme le choix du lieu où l’on habite, de l’école de ses enfants ou de qui on embauche.

Depuis la Révolution, la France s’affirme à la fois par une volonté de construire, dans la vie politique, une société sur la base des droits et des devoirs des citoyens, et, dans la vie sociale, par une prise en compte des particularités, notamment des origines, basque, bretonne, italienne, hongroise ou maghrébine. La question de l’immigration est prise entre ces deux représentations.

Le rapport au travail l’est aussi. La loi Le Chapelier, en 1791, voulait reformater les relations de travail selon les principes d’une société de citoyens régie par des contrats, interdisant les corporations et les syndicats. Mais il a bien fallu admettre, avec le temps, que cela ne marchait pas. On a reconstruit une France d’individus ayant des métiers, des sous-métiers, des statuts et des privilèges, et on a magnifié les idées de grandeur et de noblesse du métier.

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Tempête sur les comités d’entreprise

C’est un pilier de nos entreprises qui vacille. La Cour des comptes enquête sur les CE de la SNCF et de la RATP, la brigade financière sur celui d’Air France. «C’est la fin d’une époque. La plupart de ces comités d’entreprise ont financé les syndicats et ont été pour les grands groupes un moyen d’acheter la paix sociale.»

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Six ans après le scandale du Comité central (CCE) d’EDF, ce sont les CCE de quatre grandes entreprises hexagonales qui défrayent la chronique: Air France, France Télécom, RATP et SNCF. Deux d’entre eux, ceux de la RATP et de la SNCF, font actuellement l’objet d’une enquête de la Cour des comptes. Celui d’Air France est, lui, dans le collimateur de la brigade financière. Les institutions de ces grands groupes connaissent des déboires variés.

Mais toutes ont en commun des luttes syndicales, des subventions d’entreprise qui sont détournées de leur vocation première ou encore un gaspillage souvent lié à des responsables syndicaux incapables de gérer un comité d’entreprise plus gros qu’une PME.

«On a créé des monstres qui ont vocation à tout faire pour les salariés sur le dos du client ou du contribuable, analyse Agnès Verdier-Molinié, directeur de la fondation Ifrap. Il faudrait revenir en arrière.»

Le changement relève pourtant de l’impossible pour des entreprises qui ont souvent inscrit ces accords sociaux dans le marbre et qui n’ont aucun droit de regard sur la gestion des oeuvres sociales par leurs syndicats. Il faut donc attendre des enquêtes officielles pour constater l’étendue des dégâts.

«Une grande immaturité dans la gestion»
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Quand le travail tue

Parce qu’il y en marre de voir des gens détruits par leur travail, soumis à des logiques aberrantes, marre de voir des méthodes de management qui font perdre pied aux gens, on va aborder une question essentielle dans nos sociétés capitalistes : les suicides liés au travail, le mal être au travail, le burn out. Autant de maux sur lesquels on n’a encore aucune statistique fiable, et pour cause : l’enjeu pour les entreprises est de mettre tout cela sur le compte de « difficultés personnelles » des employés. Ca les arrangerait bien, mais c’est faux.

J’essaie de me pencher aussi souvent que possible sur la question des conditions de travail, et j’ai été amenée à interroger des médecins conseil, qui en Belgique travaillent pour les mutualités et reçoivent les salariés en souffrance. Même l’un des médecins que j’ai vu est devenu dépressif à force de voir défiler face à lui des gens au bout du rouleau, moralement et physiquement.

Des symptômes comme la fibromyalgie, qui empêchent de bouger, sont liés à un excès de stress et augmentent de manière vertigineuse. D’autres perdent leurs dents, leurs cheveux, ou carrément la vie. D’après ce médecin, ces phénomènes sont en augmentation exponentielle depuis le début des années 90. Et très peu de maladies liées au travail sont reconnues comme telles, grâce à un lobbying intensif des entreprises.

État des lieux

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Ce CAC 40 qui prospère sur le dos de l’emploi

En cinq ans, les plus grandes entreprises françaises ont détruit 39 400 emplois en France tout en engrangeant les profits et des dizaines de milliards d’aides de l’État.

Ils accumulent les profits, sont choyés par l’État et détruisent des emplois en France. La réputation peu flatteuse des géants du CAC 40 est malheureusement exacte. Au premier semestre, ils ont engrangé 41,5 milliards d’euros de bénéfices, en hausse de 87% sur un an. Mieux encore, ils disposent dans leurs caisses d’un matelas de 146 milliards d’euros de cash, selon une étude publiée le 21 octobre par les Échos.

Bref, malgré la mollesse de la reprise en Europe et aux États-Unis, nos champions tricolores se portent comme un charme. Mais l’économie française n’en profitera pas. Les effectifs dans l’Hexagone des quarante groupes du CAC ont en effet diminué de 39 400 personnes entre la fin 2004 et la fin 2009, soit une baisse de 2,5% sur cinq ans.

Alors que, dans le même temps et malgré la crise de 2009, l’ensemble du secteur privé a créé 200 600 emplois (+1,1%).

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Les entreprises privées à nouveau plus sûres que les États

Au XIXe siècle déjà, en réponse aux guerres napoléoniennes, les taux d’intérêt payés par les États avaient coutume d’être très supérieurs à ceux des banques d’investissement. Mais une telle constellation ne s’était plus produite depuis 1948 dans les pays industrialisés.

“Napoléon traversant la Bérézina” – Huile sur toile de Janvier Suchodolski

La France doit payer un taux d’intérêt de 2,8% sur sa dette, l’Italie de 3,9%, l’Irlande de 6,8% la Grèce de 11,5%. A l’inverse de ces pays lourdement déficitaires, la Suisse offre un taux de 1,5%. Les écarts sont pires qu’au coeur de la tempête qui a soufflé sur l’eurozone ce printemps. Un événement nouveau s’est toutefois produit sur le marché du crédit. Les États les plus endettés ne sont plus considérés comme plus sûrs que les grandes entreprises privées de ces pays. Leur risque de défaut est supérieur à celui des sociétés. Ce signal envoyé aux autorités politiques mérite une analyse.

Au XIXe siècle déjà, en réponse aux guerres napoléoniennes, les États n’étaient pas de bons débiteurs. Leurs taux d’intérêt avaient coutume d’être très supérieurs à ceux des banques d’investissement. Mais une telle constellation ne s’était plus produite depuis 1948 dans les pays industrialisés. Aujourd’hui, le risque des banques Intesa San Paolo, Monte dei Paschi et Banca Nazionale del Lavoro, mesuré par le risque de défaut (CDS), est inférieur à celui de l’État italien. En Grèce, le risque de défaut de Hellenic Telecom est cinq fois plus bas que celui de l’État. En France, celui de France Telecom est inférieur à celui de l’État français. Ce prix n’est pas une estimation lancée au hasard d’une réunion politique, mais celui que paient effectivement les investisseurs et entreprises. S’ils se trompent, ils en subissent les conséquences sur leur propre porte-monnaie. Au contraire du marché des CDS, réservé aux professionnels, on n’observe pas encore un pareil phénomène sur le marché obligataire.

Depuis 1948, la plus grande sécurité à l’égard des titres de l’État était intimement liée à l’introduction sur une grande échelle de l’impôt sur le revenu. Les États gagnaient une source de financement supplémentaire, stable et considérable. Le risque de faillite chutait fortement et les taux d’intérêt s’inscrivaient logiquement en dessous de celui des entreprises. Mais les excès étatiques ont tué la poule aux oeufs d’or.

Un libéral peut se réjouir du sort subi par les États ultra-keynésiens. Mais les victimes de ces errements risquent d’être nombreuses. Le capitalisme a besoin d’un État réduit à ses fonctions régaliennes et délesté de ses excès de redistribution, mais pas d’un État en faillite.

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CAC 40 : les actionnaires d’abord

Malgré la crise, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des profits élevés en 2009. Et elles distribuent beaucoup de dividendes.

Alors que la hausse du chômage se poursuit, les entreprises du CAC 40 ont publié, ces dernières semaines, des résultats relativement bons pour l’année 2009. Elles ont, en effet, engrangé quelque 47 milliards d’euros de profits cumulés, en recul tout de même de 20% par rapport à 2008. Quant à leur chiffre d’affaires, il a baissé de 10% en moyenne.

Comment expliquer cette relative résistance ? En grande partie, par la nature de l’activité des champions français. Parmi les entreprises les plus profitables en 2009, on trouve en effet, en premier lieu, les banques, à l’exception notable de la Société Générale, qui n’en finit pas de payer le prix de la priorité qu’elle a accordée aux activités de marché, et des actifs toxiques, qu’elle avait inconsidérément accumulés jusqu’à la crise financière.

Les banques commerciales récoltent le fruit de l’aide des Etats et des banques centrales. Ces dernières ont en effet abaissé les taux d’intérêt à court terme quasiment à zéro, pour inciter les banques commerciales à prêter aux particuliers et aux entreprises à des taux attractifs. Ce qu’elles n’ont fait que de façon très limitée. Elles ont, en revanche, profité de cette aubaine pour gonfler leurs marges.

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Persistance du malaise social chez France Télécom

Technologia, le cabinet mandaté par la direction de l’opérateur pour étudier les moyens de sortir de la crise sociale a rendu son rapport d’étape hier matin, ainsi que 107 préconisations. Il estime qu’il faut « réformer profondément la fonction ressources humaines et revoir le système de management ».

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Ce rapport compile les 500 entretiens individuels menés avec des salariés de l’entreprise, à la suite de la vague de suicides de l’automne dernier qui avait frappé l’opérateur historique. Il s’agit en fait d’une étude qualitative après le dépouillement du questionnaire envoyé en octobre aux 102.000 salariés français. Le rapport contient aussi 107 recommandations précises faites à la direction de France Télécom. Interrogé, l’opérateur indiquait ce week-end qu’il ne s’agit là que d’un rapport intermédiaire.

Pour Technologia, la crise sociale est loin d’être terminée. « Il y a eu en effet plusieurs suicides depuis janvier 2010 », note le cabinet en préambule, tout en mettant en avant « la persistance de difficultés ». Selon nos informations, neuf salariés de l’opérateur historique se seraient donné la mort au cours des deux premiers mois de l’année.

« Les salariés attendent aujourd’hui des signes, des symboles et des actes forts » mais « l’obstacle principal à l’efficacité de toutes mesure préventive est le manque de confiance des salariés dans les ressources humaines et la médecine du travail », souligne Technologia. Le cabinet estime donc qu’il faut « renforcer le sentiment d’appartenance des collaborateurs de France Télécom ».
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Ne m’appelez plus jamais Europe !

Par Michel Santi

Les gouvernements européens maquilleraient donc leurs bilans pour cacher ou édulcorer leurs déficits ! Voilà où en est aujourd’hui réduite la crédibilité de certains Etats Européens et non des moindres, puisque la planification de la privatisation de France Telecom avait autorisé l’Etat français à toucher, en 1997, la somme de 5 milliards d’Euros, officiellement au titre des retraites des salariés de cette entreprise devant être assumées par les pouvoirs publics, officieusement afin d’embellir le déficit budgétaire du gouvernement de l’époque…

Ces manipulations comptables, pénalement répréhensibles dès lors qu’elles émanent d’une entreprise quelconque, auraient ainsi été appliquées par les Etats dans le but de satisfaire aux critères du Pacte de Stabilité, en termes de déficits et d’objectifs d’endettement. Ce pêché originel européen, inadmissible et scandaleux, hantera l’Union assurément pendant encore de longues années, car la Grèce – qui a escamoté certaines dépenses publiques – ou le Portugal – qui a fait passer des dépenses pour des investissements – n’ont fait que suivre l’exemple des “grandes nations” leur ayant montré le chemin.

Ces artifices et ces tromperies comptables ne sont, en définitive, que la résultante de machinations politiciennes de dirigeants (de l’époque) ne reculant devant aucun mensonge pour intégrer certains pays dans l’Union, dans le seul but de favoriser certains lobbies capitalistes ayant misé sur des concentrations et des regroupements d’entreprises au niveau européen !

Mais alors : pourquoi s’acharner contre la finance, si la politique elle-même, dévoyée de sa noble mission de servir l’intérêt public, déguise sciemment la réalité afin de parvenir à ses fins ? La crise des années 2007-2009 a-t-elle été provoquée par la gourmandise du milieu financier, par les bonus inacceptables de certains banquiers ou traders, ou par une politique qui, une fois de plus, s’est faite – le coeur léger – instrument et bras armé du système financier et capitaliste ? La vérité est que la politique n’est plus qu’une excroissance de la finance, trop contente de lui rendre service à la moindre occasion.

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(02.11.2009)

  • Renault : recul des ventes de 11% au 3ème trimestre

Le groupe automobile Renault a enregistré un chiffre d’affaires en baisse de 11,3% au troisième trimestre par rapport à la même période de 2008, à 8,102 milliards d’euros, une baisse moins forte que pendant la première moitié de l’année, a-t-il annoncé jeudi. Au premier trimestre, la chute du chiffre d’affaires avait été de 30,8% et au deuxième trimestre de 16,9%. Renault fait moins bien que PSA dont les ventes ont reculé de 7,7% au troisième trimestre. E24

  • L’activité d’Axa en baisse sur neuf mois

Axa fait état d’une activité en repli de 6% en vie-épargne retraite sur neuf mois et d’une hausse de 1% dans le dommage. Dans la vie-épargne retraite, où les analystes attendaient généralement une légère amélioration grâce à la reprise des marchés financiers et à un meilleur mix-produits, les affaires nouvelles (APE) ont totalisé 4.508 millions d’euros, enregistrant une baisse de 15% à données comparables, après une chute de 16% au premier semestre. En gestion d’actifs, l’activité a reculé de 31% à 2.253 millions d’euros, avec une décollecte de 51 milliards d’euros après une hémorragie de 38 milliards d’euros au premier semestre. Le chiffre d’affaires total du groupe est ressorti à 68,09 milliards d’euros, en baisse de 5% à données comparables. Reuters

  • Le chiffre d’affaires de France Télécom en baisse de 6,4% au 3ème trimestre

Il s’élève à à 12,686 milliards d’euros. Le consensus de DowJones Newswires tablait sur un recul de 5,2%. Le chiffre d’affaires pour l’Hexagone a reculé de 1,6%, à 5,88 milliards. Sur les neuf premiers mois de l’année, le taux d’investissement de France Télécom a été de 9,8% du chiffre d’affaires, contre 11,6% un an plus tôt. E24

  • Industrie : les prix à la production baissent de 0,3% en septembre

En ligne avec l’évolution du prix du pétrole brut, les prix des produits de la cokéfaction et du raffinage reculent sensiblement en septembre (-4,3%), après une progression de +6,3% en août. Sur un an, la baisse des prix de ces produits atteint 37%. Quant aux denrées alimentaires, leurs prix sont orientés à la baisse: -0,3% après -0,4% en août. “Le recul sensible des prix des matières premières alimentaires (huile, soja,..) explique en partie cette nouvelle baisse en septembre”, indique l’Insee. Sur un an, la baisse des prix des denrées alimentaires dépasse 10%. Dans ce contexte de baisse des prix des matières premières et du pétrole, les prix des produits métallurgiques et métalliques sont quasi-stables (+0,1%) tandis que les prix des produits chimiques fléchissent quelque peu (-0,2%). Les prix des produits industriels baissent également à l’exportation en septembre. Le repli est notamment marqué pour les produits de la cokéfaction et du raffinage (-6,9%). Sur les douze derniers mois, la baisse des prix sur les marchés extérieurs s’établit désormais à -6,2%. Tirés également par la baisse conjuguée des prix du pétrole et des matières premières, les prix d’importation des produits industriels ont enregistré au total une baisse de 0,7% en septembre, soit une baisse de 7,5% depuis septembre 2008. Cette baisse des prix est particulièrement sensible pour les produits de la cokéfaction et du raffinage (-6,7%) et des denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac (-0,4%). Boursorama

Le travail sous tension

Des conditions de travail dégradées, conjuguées à un recul des solidarités collectives, expliquent la souffrance psychique de nombreux salariés.

25 suicides en un peu plus d’un an et demi : l’effroi a saisi France Télécom, braquant une nouvelle fois les projecteurs médiatiques sur la souffrance au travail, deux ans après la série noire qui avait endeuillé le Technocen­tre de Renault, à Guyan­court.

Cette violence, que les salariés retournent contre eux, n’épargne aucun secteur : PSA, BNP Paribas, IBM, EDF ou encore l’Assistance ­publique-Hôpitaux de Paris y ont été ou y sont confrontés. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Le phénomène dépasse donc largement le huis clos de telle ou telle entreprise, en prise avec des méthodes de management contestables. Difficile, pour autant, d’en évaluer l’ampleur de manière précise. Le nombre de suicides liés au travail est estimé à 300 à 400 par an, en extrapolant à l’ensemble de la France les résultats d’une étude réalisée en Basse-Normandie par l’Inspection médicale du travail en 2002.

Il s’agit néanmoins d’un phénomène relativement récent, apparu au cours des années 1990 dans l’industrie et les services, selon les médecins du travail. Auparavant, seule l’agriculture était repérée comme touchée. Condi­tions de vie très dures, isolement, endettement et risque de paupérisation formaient les ingrédients d’un cocktail potentiellement explosif pour les petits exploitants agricoles. Ils ne sont désormais plus les seuls à mettre fin à leurs jours au boulot. Qu’est-ce qui a changé ? Lire la suite

(19.10.2009)

  • Sarkozy : pas touche au bouclier fiscal

“Je ne toucherai pas au bouclier fiscal, car je crois au principe selon lequel on ne peut pas prendre à quelqu’un plus de la moitié de ce qu’il gagne. Si on laisse passer une exception, comme par exemple la CSG, ce n’est plus un bouclier”, a expliqué vendredi Nicolas Sarkozy dans une interview au Figaro. L’offensive était venu de la majorité elle-même. Présentant jeudi au nom de la commission des Lois qu’il préside un rapport sur “l’optimisation de la dépense publique”, Jean-Luc Warsmann (UMP) a jeté un beau pavé dans la mare. Avec ses 53 propositions, il voulait “ouvrir un débat public”, jugeant la situation des finances publiques suffisamment “grave” pour briser des tabous à droite. La commission des Lois préconisait notamment de retirer la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) du bouclier fiscal. Les Echos

  • Habitat pourrait être vendu par son propriétaire suédois

Les propriétaires suédois d’Habitat, la famille Kamprad, envisagent de vendre l’enseigne d’ameublement et de décoration, a indiqué dimanche son PDG Mark Saunders, alors que ses ventes souffrent de la crise. La maison mère d’Habitat, le groupe Icaf Antillen, a mandaté la banque Lazard pour travailler sur ce dossier. Habitat emploie 1.574 personnes, dont environ 700 en France, selon une porte-parole de l’enseigne. Selon le Sunday Times, la famille Kamprad envisage de s’en séparer alors que les pertes du groupe se sont accélérées dans un contexte de baisse des ventes d’ameublement, en raison de la crise économique. Habitat détient des magasins en direct en France (26), Grande-Bretagne, Allemagne et Espagne. Il a également des magasins franchisés en Belgique, Finlande, Grèce, Ile de Man, Islande, Luxembourg, Norvège, Portugal, Suède et Turquie et s’apprête à ouvrir en Russie fin 2009. La famille Kamprad est surtout connue comme propriétaire du géant suédois de l’ameublement Ikea. Son fondateur, Ingvar Kamprad, est la première fortune de Suisse, où il s’est installé, évaluée fin 2008 entre 35 à 36 milliards de francs suisses. Ikea a supprimé 5.000 emplois dans le monde depuis le début de la crise économique. AFP (via RTBF Info)

  • L’éditeur Wolters Kluwer France se paie la dette de ses salariés

En 2007, l’éditeur de presse professionnelle (Editions Lamy, groupe Liaisons…) est passé du jour au lendemain d’un résultat excédentaire à un très gros déficit. Ses filiales françaises ont fusionné entre elles, avant d’être rachetées par une autre filiale française, détenue par le même groupe de presse. Pour financer l’opération, le siège néerlandais a «prêté» 450 millions d’euros à Wolters Kluwer France, en sus d’un apport en capital de 300 millions. Le groupe français est d’autant plus endetté que les 450 millions «prêtés» par le siège néerlandais seront rapatriés dans la foulée aux Pays-Bas par le biais d’un versement exceptionnel de dividendes. Mais l’emprunt, lui, reste inscrit dans les comptes du groupe français qui, du coup, doit payer des intérêts… sur un argent qu’il n’a plus.

Des intérêts d’emprunt remontés aux Pays-Bas, près de 30 millions par an pendant quinze ans, et qui réduisent d’autant le résultat net. «Or la participation sur les bénéfices est assise sur le résultat du groupe. Conséquence : le montant versé a d’abord fondu sur 2007 avant de disparaître totalement l’année d’après», explique une salariée des éditions Lamy, qui a perdu près de deux mois de revenus (6 000 euros) suite au montage financier.

Parallèlement, un plan social de 177 emplois sur un millier, officiellement déconnecté de la situation financière de l’entreprise, a été validé vendredi par le tribunal de Nanterre.

Dernière conséquence : l’entreprise, devenue déficitaire, ne paie plus d’impôts sur les sociétés en France. Car l’argent remonté au siège néerlandais n’est plus du bénéfice (donc du profit) mais de l’intérêt d’emprunt (donc une charge). Une opération tout bénéf, puisque le taux d’imposition global du groupe Wolters Kulwer ressort à 18% en 2008, contre un taux de 33% en France. Libération

  • Le P-DG de France Télécom exclut de démissionner

25 salariés de France Télécom se sont suicidés depuis février 2008. “Ce n’est pas quand le bateau est dans la tempête que le capitaine quitte le navire. Je dois l’amener à bon port, à un état d’entreprise humaine et prospère”, déclare Didier Lombard dans une interview au Figaro à paraître samedi. Le secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, Laurent Wauquiez, a estimé vendredi que le P-DG de France Télécom n’était pas suffisamment proche de ses salariés. “Tout ne peut pas changer en une semaine, mais d’ici deux mois la situation devrait être plus sereine”, assure Didier Lombard dans Le Figaro. Didier Lombard s’est rendu jeudi soir à Lannion, quelques heures après le 25e suicide. Les salariés présents ont dénoncé une opération de communication et certains ont réclamé sa démission. Reuters

(18.10.2009)

  • Censure du Conseil constitutionnel sur la fiducie “islamique”

Le Conseil constitutionnel a censuré, mercredi 14 octobre, deux articles de la loi sur l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises (PME). Il avait été saisi par les députés PS. Les articles visaient une disposition introduite par le Sénat sur le régime de la fiducie – transfert temporaire de propriété – visant à “permettre aux détenteurs de “sukuks”, c’est-à-dire d’obligations conformes aux principes de la finance dite islamique, de pouvoir se prévaloir d’un droit de propriété des actifs supports afin d’être en conformité avec les principes éthiques de la loi musulmane”, selon le rapporteur du texte à l’Assemblée nationale, Chantal Brunel (UMP, Seine-et-Marne). A la différence des obligations classiques, les “sukuks” sont adossés à un actif et ne paient aucun intérêt. Pour le ministre de l’industrie, Christian Estrosi, il s’agissait de “permettre à des investisseurs du Moyen-Orient de venir sur la place de Paris”. Les députés PS, dénonçant une atteinte à la laïcité, avaient saisi le Conseil constitutionnel au motif que ces dispositions étaient “dépourvues de tout lien avec l’objet du texte”. Le Conseil leur a donné raison, sans se prononcer sur le fond. Le Monde

  • «Les agriculteurs ont le sentiment de payer pour travailler»

Selon Christiane Lambert, Vice-Présidente de la FNSEA : “Nous sommes nous aussi victimes de la crise : les exportations ont énormément baissé, en raison notamment des difficultés économiques d’un certain nombre de pays. Nous observons aussi une diminution de la consommation interne en raison des difficultés économiques des consommateurs liées à la crise. N’oublions pas non plus la flambée des charges et des taxes diverses, tant sur le plan social qu’environnemental. Pour résumer, l’Etat nous met des semelles de plomb pour nous faire disputer un marathon. Nous ne nous battons pas avec les mêmes armes que nos voisins. Et puis nous n’avons plus les filets de sécurité qui existaient, parce que l’UE a détricoté tous les mécanismes de protection et de régulation des marchés.” Libération

  • Solidarité familiale : les jeunes Français de plus en plus dépendants de leurs parents

La dépendance des jeunes à l’égard des parents tend à s’accentuer en France: en 1975, 35% des garçons de 24 ans vivaient chez leurs parents. En 2005, cette proportion grimpe à 65% et concerne principalement les jeunes peu diplômés. On est donc loin du cliché véhiculé par le film Tanguy, où un jeune normalien refuse de quitter le confort du cocon familial, alors qu’il en a les moyens. Pour reprendre l’expression du sociologue Olivier Galland, loin d’être un choix, cette cohabitation prolongée s’apparente bien à un “maintien forcé dans l’enfance”. En France plus qu’ailleurs, l’aide financière des parents reste primordiale: les transferts familiaux représentent 43% du budget mensuel moyen des étudiants, contre 11% en Finlande, 26% au Royaume-Uni et 29% aux Pays-Bas, selon l’enquête Eurostudent de 2005. Les revenus des jeunes sont donc très dépendants des moyens de leurs parents, ce qui est une source majeure d’inégalités. Alternatives Economiques

  • France Télécom reconnaît être “allé trop loin” dans le contrôle des salariés

Le nouveau numéro 2 du géant des télécommunications France Telecom, Stéphane Richard, a reconnu mercredi que l’entreprise était “peut-être allée trop loin” dans le contrôle des salariés du groupe endeuillé par 24 suicides en moins de deux ans. Le groupe a encore connu une tentative de suicide mercredi, celle d’un employé de 54 ans qui a tenté de se pendre et a été sauvé de justesse par l’arrivée des secours à Marseille. “On est peut être allé trop loin dans la mise en place de toute une série d’outils de contrôle” des salariés, a estimé M. Richard lors d’une visite à l’unité d’intervention technique France Télécom de Lens. Ces outils qui “ne sont pas destinés à contrôler la personne, mais plutôt la qualité de services que nous offrons à nos clients (…) peuvent procurer chez certains salariés un sentiment d’étouffement”, et c’est “ça qu’il faut certainement revoir”, a-t-il ajouté. Le numéro 2 de France Télécom a également reconnu que l’organisation du groupe était “sans doute trop centralisée”. Le Vif

France Télécom, laboratoire de catastrophe générale

Une tribune libre de Michel Drac

L’auteur a publié plusieurs ouvrages de réflexion sur la situation contemporaine – principalement, Céfran et De la souveraineté – et une oeuvre d’anticipation romancée, Eurocalypse.

Il vient de faire paraître Crise ou coup d’Etat ?, une étude des mécanismes de la crise économique et de ses aspects délibérés.

Il nous montre ici comment, loin d’être anecdotique, l’affaire des suicides au sein du personnel de France Télécom est le produit d’un mode d’ingénierie sociale, vecteur d’un changement radical d’existence des classes moyennes au travail, ainsi que le symptôme d’une perte de sens susceptible de déboucher sur la violence, dans un contexte général de déclassement et même de destruction, servant peut-être des fins autoritaires.

La crise qui commence (ou plutôt : qui vient d’entrer en phase aigue) va certainement impacter très lourdement les «classes moyennes». Logiquement, on peut même dire que du point de vue des classes dirigeantes mondialistes, cette crise ne marque que l’étape ultime dans le processus de démantèlement des classes moyennes occidentales.

Depuis 30 ans, au fur et à mesure que l’offre mondiale de main d’œuvre était multipliée par 3 (essentiellement du fait de l’entrée de la Chine et de l’ex-bloc soviétique dans l’économie capitaliste), la mise en concurrence du travail ouest-européen et américain (cher) avec le travail asiatique ou est-européen (bon marché) a rendu possible un ajustement progressif de la structure de classe en Occident.

Cet ajustement a porté essentiellement, jusqu’ici, sur la transformation forcée (délocalisations) d’une partie du prolétariat entre précariat (explosion du travail temporaire et à temps partiel) et sur l’érosion des revenus des couches moyennes (évolution des revenus des neuf dixièmes de la population les moins riches, sur la dernière décennie : – 1,5 % par an aux USA sur la base de l’inflation réelle, – 0,5 % par an en Europe, même base).

Cependant, jusqu’ici, les couches moyennes n’ont pas été impactées au point de prendre conscience du fait qu’elles basculaient dans l’appauvrissement (l’ajustement hédoniste des biens et les nouvelles technologies ont en partie masqué la réduction du revenu disponible réel, étant donné la structure de consommation ludique qui caractérise ces couches). Lire la suite

(17.09.2009)

► France Télécom : « Dans mon service, 30 % des salariés tournent aux cachets »

Mettre en place un numéro vert pour prévenir les suicides, renforcer les équipes de ressources humaines, repenser le contrat social de l’entreprise… Les mesures pour enrayer ‘la spirale infernale’ qui endeuille France Télécom depuis plusieurs mois doivent parer au plus pressé : depuis février 2008, vingt-trois salariés du groupe ont mis fin à leur jour. Le Monde

► 11% de chômeurs en 2010 selon l’OCDE

L’OCDE ne se veut pas optimiste pour la situation de l’emploi en France pour l’année à venir. L’organisation, qui présente son rapport annuel sur les perspectives d’emploi 2009, s’inquiète notamment du chômage des jeunes. Le Figaro

► Baisse de 3,5% du trafic passagers d’ADP en août

Aéroports de Paris annonce une baisse de 3,5% de son trafic passagers en août, portant à 5,6% le recul de son trafic sur les huit premiers mois de l’année. Reuters

(12.09.2009)

France Télécom : syndicats et direction n’arrivent pas à enrayer le malaise social

L’ambiance est devenue si lourde par endroits que certains médecins du travail ont donné leur démission, estimant qu’ils ne pouvaient plus travailler dans de bonnes conditions. Le Monde

“Nous sommes toujours dans la crise économique et sociale”

Le salarié qui perdra malheureusement son emploi en novembre a la crise devant lui !“, explique Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI. LCI

Chute du CA de Club Méditerranée au 3e trimestre

Ventes en baisse de 12,5% de mai à fin juillet, à 315 millions d’euros, dégageant sur neuf mois un chiffre d’affaires de 1.034 millions d’euros, en recul de 6,8%. Yahoo