La germanophobie actuelle alors que nous célébrons les 50 ans de l’amitié franco-allemande. Extraits de Ce Soir ou Jamais du 10/05/2013 (émission intégrale).
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Le monde en 2030… selon la CIA (Màj)
Tous les quatre ans, au début de chaque nouveau mandat présidentiel aux États-Unis, le National Intelligence Council (NIC), bureau d’analyse et d’anticipation géopolitique et économique de la Central Intelligence Agency (CIA), publie un rapport qui devient automatiquement une référence majeure pour toutes les chancelleries du monde.
Bien qu’il s’agisse, évidemment, d’une vision très partielle (celle de Washington), élaborée par une agence (la CIA) dont la mission principale est de défendre les intérêts des États-Unis, le rapport stratégique du NIC présente un intérêt indiscutable : il résulte d’une mise en commun – révisée par toutes les agences d’intelligence américaines – d’études élaborées par des experts indépendants de plusieurs universités et de nombreux pays (Europe, Chine, Inde, Afrique, Amérique Latine, monde arabo-musulman, etc.).
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Pierre-Yves Rougeyron : “La victoire de la rente”
Pierre-Yves Rougeyron, auteur de “Enquête sur la loi du 3 janvier 1973″, nous explique quel était le contexte économique et politique des années 1960 en France, et comment la loi de 1973 et la construction européenne permirent progressivement de soumettre la France à des intérêts privés. Il nous montre la victoire éclatante depuis du monde de la rente sur le monde du travail, ainsi que la perte de l’indépendance de la politique française.
Europe : En 2012 l’économie parallèle serait au plus bas depuis 10 ans
Le bon sens est parfois mis en défaut … avec la crise on pourrait imaginer que nombre d’européens soient tentés d’améliorer leurs fin de mois avec des activités non déclarées et que donc l’économie parallèle progresserait. En fait il n’en est rien et selon une étude réalisée par le groupe Visa. Le poids de l’économie parallèle aurait en fait diminué en Europe – au sens large – en 2012 : si en 2011 cette économie parallèle pesait 19,3 % du PIB cumulé des pays de l’Union européenne, de la Norvège, de la Suisse, de la Turquie et de la Croatie, en 2012 ce poids n’était plus que de 12 %.

Et selon son auteur, Friedrich Schneider, professeur d’économie à l’université de Linz en Autriche, cette tendance devrait se poursuivre cette année. Selon l’étude, en 2013, l’économie parallèle pourrait marquer un plus bas en 10 ans, à 18,5% du PIB des pays européens, grâce à l’amélioration des conditions économiques par rapport à la crise de 2008 d’une part mais aussi grâce aux mesures de lutte contre la fraude prises par les États.
L’étude souligne par ailleurs que si l’économie parallèle cause un manque à gagner aux États, elle n’est pas uniquement négative car l’argent gagné est dépensé dans l’économie réelle et qu’en période de crise, elle peut donner un moyen de subsistance aux personnes en difficulté.
Les sommes générées par l’économie parallèle des cinq premières puissances européennes (Allemagne, France, Italie, Espagne, et Royaume-Uni) comptent pour les deux tiers du total européen, détaille l’étude qui estime qu’en valeur absolue, le travail au noir et les transactions légales mais non déclarées en Europe ont représenté 2.175 milliards d’euros en 2012.
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70% des Français voient une explosion sociale dans les prochains mois
70% des Français estiment que la France pourrait connaître une explosion sociale au cours des prochains mois, révèle un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France.
François Hollande peut-il encore éviter un «1789» bis?
A la Une du Point cette semaine, « Sommes-nous en 1789 ? ». L’hebdomadaire évoque les dernières heures de la monarchie et révèle les troublantes similtudes entre la chute de Louis XVI et l’abandon complet des rênes du pouvoir par François Hollande. Un historien explique que nous sommes sans aucun doute en 1788 : les marges de manoeuvre sont réduites pour le pouvoir (si mal) en place, afin d’éviter d’entrer de plain-pied en 1789, bis.
Ce n’est pas Frigide Barjot qui a appelé le 5 mai à une grande manifestation nationale afin de donner un « coup de balai » : c’est Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle il y a 10 mois, qui a attiré sur lui 11,1 % des suffrages. Les sondages lui en accordaient souvent 15 ou 18 %. C’est Marine Le Pen, (particuliérement discrète en ce moment, pour des raisons stratégiques évidentes), qui a atteint les 18 % promis à Mélenchon. A eux deux, ils ont rassemblé 39 % de l’électorat français. Que réclame Mélenchon ? Ni plus ni moins qu’une sixième République. Que réclame Marine Le Pen ? Une dissolution, et la proportionnelle. La démission du gouvernement et du Président au passage.
Qui doit payer ? Le Tiers-Etat, les classes moyennes
Mais qui défile dans la rue tous les soirs depuis des semaines, non seulement à Paris, mais un peu partout en France ? Des hommes et des femmes, leurs fils et leurs filles, de tous âges. La plupart n’ont jamais manifesté de leur vie, ou alors pour les plus vieux, en 1984 pour l’Ecole Libre, et en 1997 contre le PACS. Qui sont-ils ? Des petits bourgeois, la classe moyenne. Les cheveux peignés. Les filles en ballerines. Tous mains nues.
Retournons un instant en 1789. Qui, excédé par le mépris dans lequel le Roi les enferme, se proclame Assemblée nationale constituante ? Les députés du Tiers-Etat. Qui sont-ils ? Des petits bourgeois, la classe moyenne.
Qui, en 2013, retourne dans la rue tous les soirs, quasiment tous les week-ends (les prochaines manifestations massives sont programmées pour le 5 mai, le 26 mai). Des petits bourgeois, la classe moyenne.
Poursuivi pour avoir dénoncé une fraude fiscale portant sur 200 milliards d’€ en Europe
Cet ex-informaticien de la banque HSBC est poursuivi par la justice suisse pour vol de fichiers bancaires qui avait permis d’identifier des milliers d’évadés fiscaux.
Devant le tribunal de l’Audience nationale qui débattait de la demande d’extradition présentée par la Suisse, Hervé Falciani a affirmé qu’il n’avait jamais été payé pour divulguer ces données. «Jamais, en aucun cas», a-t-il répondu, interrogé pour savoir s’il avait touché de l’argent pour divulguer ces fichiers, qui, récupérés par le fisc français en 2008, avaient permis de découvrir des milliers d’évadés fiscaux dans le monde et mené au redressement fiscal de fraudeurs français.
L’ex-informaticien a insisté sur le fait qu’il avait d’abord tenté d’alerter les autorités suisses avant de se tourner vers la France, mais que celles-ci n’avaient pas voulu enquêter sur HSBC.
France : le chômage bat le record de 1997
La France vient de battre un triste record : celui du nombre de demandeurs d’emploi. Le mois dernier, 3 millions 224 600 personnes étaient inscrites en catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité. Du jamais vu depuis 1997. Le nombre de chômeurs dépasse même la barre symbolique des 5 millions, si l’on tient compte également des personnes exerçant une activité réduite, et des chiffres des départements d’outre-mer.
Le CAC 40 n’a plus grand chose de français
Avec moins d’un salarié sur quatre dans l’Hexagone, et plus des deux tiers des clients – donc de leur chiffre d’affaires – hors du territoire national, des actionnaires largement venus d’ailleurs.
Par Patrick Arnoux

Les thèmes de satisfaction sont suffisamment rares pour qu’on ne les boude point. Le club des 40 big caps tricolore joue les premiers rôles au niveau mondial.
Ce n’est certes pas la conjoncture de leur pays d’origine, ni même de leur continent, qui justifie ces performances de niveau planétaire.
Loin de là. La consommation tristement flageolante les contraint à trouver ailleurs le moteur de leur croissance…
La France est en marche vers une nouvelle Révolution
1789, c’est la grande référence de l’histoire de France, le grand moment, celui où la Révolution française qui couve depuis 1783 explose. Elle va ravager la France et l’Europe entière en créant un nouveau monde, celui annoncé par Goethe présent à la bataille de Valmy un jour de septembre 1792. Cette Révolution en marche fut poursuivie par l’aventure impériale et la Révolution se fit conquérante puis occupante. Aujourd’hui, la France, sans le savoir est entrée dans une nouvelle phase révolutionnaire et les conditions se créent sous les yeux des Français pour un nouveau chamboulement. Mais quel sera-t-il ?
Par Laurent Brayard

Nul ne peut le dire, la certitude réside dans l’accumulation en France et en Europe des éléments pour un bouleversement majeur. Par le passé, et depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe et la France ont vécu une période relative de paix et de prospérité. Le traumatisme fut si grand, et l’hécatombe si importante que jusqu’à lors, avec la création de l’Union européenne, cette partie du monde est restée calme, malgré les menaces, malgré les guerres aux quatre coins du monde.
Cette paix, cette République ne sont pas immortelles et seule l’idéologie sclérosée de personnages dont l’histoire ne se rappellera pas même le nom persiste à faire croire que le monde restera figé.
En France, pourtant, en quelques semaines, depuis l’arrivée au pouvoir du socialiste François Hollande, les éléments d’une future révolution s’accumulent.
Tesson : Le peuple en a marre et va se fâcher !
Pour Philippe Tesson, “la France désespère et le monde rigole“. L’incurie de la majorité accentue le malaise de nos concitoyens. Attention, (grand) danger !
Par Philippe Tesson

C’est lui, François Hollande, qui, lorsque éclata le scandale Cahuzac, en relativisa la portée en le réduisant à une affaire individuelle, et c’est lui, le même François Hollande, qui aujourd’hui provoque une affaire d’État en décidant d’un train de mesures propres à “moraliser la vie publique“ qui jette le trouble dans le pays.
Ainsi fait le pompier incendiaire.
1.000 à 1.500 euros : Coût mensuel de la trithérapie d’un malade du SIDA
En France, les patients sont intégralement remboursés pour les soins médicaux engendrés par leur affection. Mais à travers le monde, sur les 34 millions de personnes touchées par le SIDA, 8 millions n’ont toujours pas accès aux traitements.
Par Adeline Raynal

En France, les patients sont intégralement remboursés pour les soins médicaux engendrés par leur affection.
Grande Bretagne : Abeilles, des députés demandent l’interdiction de pesticides
Un nouveau front s’est ouvert dans la guerre que mènent les défenseurs des abeilles contre les pesticides néonicotinoïdes. Dans un rapport sévère diffusé vendredi 5 avril, les députés britanniques de la Commission de l’environnement volent au secours des butineuses en appelant le gouvernement de Londres à interdire ces traitements chimiques, très largement utilisés dans les cultures de maïs, de colza, de tournesol et de coton.
L’interdiction des néonicotinoïdes est à l’étude en Europe, après que des études scientifiques ont démontré le rôle de ces produits dans l’effondrement des colonies d’abeilles et d’autres insectes pollinisateurs.
“Nous estimons que les preuves scientifiques sont importantes pour justifier des mesures de précaution, donc nous appelons (…) à un moratoire sur l’usage de pesticides liés au déclin des abeilles”, a déclaré la présidente de la commission parlementaire, Joan Walley, membre du parti d’opposition travailliste.
Affaire Cahuzac, l’armée a eu sa peau
Les Services de renseignements français ont fait tomber Jérôme Cahuzac, selon L’Hebdo. L’ex-ministre du Budget prévoyait des coupes drastiques dans les finances de l’armée.
Par Sandrine Perroud

«L’armée a eu sa peau. On ne s’attaque pas impunément à nous. Il voulait notre mort. Nous l’avons eu. Et d’autres ministres pourraient suivre si Hollande continue sur cette voie».
Les coupes prévues par l’ex-ministre Jérôme Cahuzac dans le budget de la Défense l’auraient conduit à sa perte. C’est ce qu’affirme L’Hebdo dans son édition de jeudi. L’hebdomadaire romand publie sur le sujet une enquête citant des «sources sécuritaires», des députés UMP et des membres de la Commission de défense de l’Assemblée nationale.
Pollution aux nitrates : La France fait toujours l’impasse
Mis en consultation le 29 mars, un projet de décret reporte de 6 mois l’entrée en vigueur des nouveaux programmes d’action français contre la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole au niveau régional. Signe que la France traîne toujours les pieds, alors que Bruxelles a déjà saisi la Cour de justice il y a plus d’un an.
Pour lutter contre la pollution aux nitrates, l’action reste le principal point faible du gouvernement français. Le nouveau dispositif réglementaire promis par Paris pour prendre le problème à bras le corps, sur le plan national et régional, est en effet reporté de 6 mois.
Un projet de décret, mis en consultation le 29 mars, prolonge en effet l’application des actuels plans d’action départementaux dans les zones vulnérables (voir JDLE) jusqu’au 1er janvier 2014 alors qu’ils devaient céder la place, le 1er juillet prochain, au nouveau programme national, complété des programmes régionaux.
«Cette prolongation est nécessaire compte tenu des délais nécessaires à l’élaboration des textes relatifs au programme d’action national et aux programmes d’action régionaux», justifie le ministère de l’écologie dans sa notice d’accompagnement.
L’extravagante affaire des avions renifleurs
Rien n’était impossible dans les seventies, malgré le choc pétrolier. On croyait encore au miracle. En juin 1976, Giscard d’Estaing reçoit en grand secret à l’Elysée un comte belge au nom espagnol, un réparateur de télévision italien, magicien à ses heures, et un avocat qui se prétend lié aux milieux du renseignement. Ils lui sont présentés par deux hauts personnages, Antoine Pinay, l’ancien ministre des Finances de la IVe République, et Pierre Guillaumat, PDG d’Elf-Erap.
Aldo Bonassoli, le bricolo, Alain De Villegas, l’aristo, et Jean Violet, l’homme de l’ombre, viennent fourguer au président français une machine destinée à repérer, à renifler, par avion, les gisements pétrolifères, à l’aide d’un système radar embarqué qui renvoie une image couleur en présence d’hydrocarbures. Les trois Pieds Nickelés avaient déjà envoûté les pontes d’Elf-Erap et leur avaient soutiré 250 millions de francs suisses. Un contrat avait été signé à l’Union des Banques suisses à Genève. Une garantie de sérieux.
Des ménages français plus vulnérables financièrement
Les Français se sentent de plus en plus instables financièrement selon une étude mondiale Ipsos Mori réalisée pour l’assureur Genworth.
Plus d’un quart (26 %) des ménages français se disent financièrement vulnérables et 82 % citent le coût de la vie comme l’une de leurs principales inquiétudes pour l’avenir, d’après les résultats d’une étude Ipsos Mori portant sur 20 pays dans le monde et réalisée pour l’assureur Genworth. L’étude a été conduite entre octobre et décembre 2012 dans 14 pays d’Europe, cinq pays d’Amérique latine, plus la Chine.
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30 Glorieuses, 20 rugueuses : 50 ans d’économie racontés par la pub
Par un défilé d’images de publicité, cinquante années d’économie de la France se révèlent, d’une façon simple, chronologique et rigoureuse, mais aussi souvent drôle. Beaucoup plus qu’une collection de publicités, c’est également une véritable galerie de portraits des hommes politiques qui ont marqué les cinquante dernières années. Il s’agit d’un film intelligent sur l’évolution économique de la France et les rôles successifs que va endosser l’État devenu « providence », puis libéral. Avec le recul, c’est également une histoire de la vie ordinaire des Français, de la pénurie à la prospérité, de la croissance à la crise.
Partie 1 : 1945-1954, la reconstruction
Europe : Mise en vente des monuments pour apurer la dette
Le Colisée est le second monument le plus valorisé d’Europe. Il est estimé à 91 milliards d’euros. Fort de ce constat, Giuseppe Piero Grillo propose sa vente afin d’éponger une grande partie de la dette nationale italienne. La France et différents États de l’Union Européenne semblent inspirés par cet exemple qui, selon les experts, permettrait de “régler une fois pour toute la crise de la dette“.
Pragmatique, Bebe Grillo, le désormais célèbre candidat du “Mouvement 5 étoiles” en Italie, s’est appuyé sur les travaux de la chambre du Commerce de Monza et Brianza, qui a estimé la “valeur touristique” des plus célèbres monuments européens en fonction de plusieurs critères, économiques, socio-culturels, ou encore touristiques.

Surprise : la France devrait suivre l’exemple italien
Interrogé à ce sujet par notre rédaction, Pierre Moscovici a affirmé “se pencher sur des solutions de ce type depuis déjà plusieurs semaines“. Les services du Ministère de l’Économie et des Finances rappelant judicieusement qu’un portfolio a déjà été consacré à cette étude et…
Cocorico ! C’est la tour Eiffel, monument le plus fréquenté au monde (7 millions de visiteurs par an), qui arrive largement en tête de ce classement avec une valeur estimée à 434 milliards d’euros. Elle vaudrait ainsi cinq fois plus que son dauphin le Colisée.
À ce prix, la Dame de fer équivaut à un cinquième du PIB de la France, ou environ dix fois les intérêts annuels de notre dette nationale. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, la valeur attribuée par cette étude, qui compile des données d’Eurostat, Istat (équivalent de l’Insee en Italie) ou encore Urban Audit, concerne uniquement l’image de marque de l’édifice, et non pas son véritable prix matériel.
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Le Big Bang de la fin de l’Eurozone et l’univers financier dans le monde d’après
La grande question sera celle du niveau de stress de la communauté financière mondiale. Et ce niveau dépend probablement du mode de passage de l’ancien au nouveau système. Sera-t-il le résultat d’une concertation et d’un plan opératoire ? Et dans ce cas tous les pays seront-ils consultés ? Ou bien le passage s’opère- t-il de façon sauvage, est le fait d’un ou plusieurs pays, selon un processus non coopératif, voire selon un mode panique ? Hélas la deuxième solution est celle qui devrait logiquement l’emporter.
La très difficile stratégie coopérative
Il est bien évident que la vitesse d’exécution des décisions constitue la variable clé d’un succès.
Il est aussi évident qu’une coopération pour le changement ne peut intervenir qu’au terme d’une analyse commune d’une situation dont on peut déjà anticiper les contours tant ils sont apparents.
Du côté des forces sociales qui tenteront de maintenir l’euro, nous aurons : les rentiers qui craignent le retour de l’inflation, les « hyper-consommateurs » de marchandises mondialisées éventuellement équipés de crédits à la consommation moins usuraires, les touristes ennemis de frontières prédatrices, mais aussi les entreprises de l’économie réelle qui ont vu disparaître avec l’euro les charges de couverture de change et les risques pays, mais enfin une grande partie des classes politiques qui, historiquement, ont milité pour la construction de la zone euro. Cela fait beaucoup de monde et cela explique que, malgré la violence de la crise, les sondages, y compris dans les pays les plus meurtris, restent très favorables au maintien de la monnaie unique. (74% des Italiens malgré les dernières élections restent favorables – selon l’institut IPSOS - au maintien de leur pays dans la zone euro) [1].
Du côté des forces qui se manifestent en faveur de la liquidation, les éléments objectifs l’emportent sur la subjectivité des acteurs et, au-delà des entreprises laminées par la sous-compétitivité induite, c’est le constat de la saignée des pays victimes d’une dégradation très lourde des échanges extérieurs qui, malgré tous les plans de rigueur, ne peuvent refaire surface. Curieusement, la situation objective avec ses manifestations concrètes (entre autres chômage de masse, dette publique ingérable et évaporation de l’Etat-providence) n’altère pas les engouements enthousiastes en faveur de l’euro. Cela est peut-être dû au fait qu’un groupe de pays, ceux du nord, sont très favorisés par le système : taux de change plus faibles que celui d’un Mark hors Euro-zone, dévaluation interdite pour les partenaires moins compétitifs etc. mais faveurs qui n’apparaissent que sous la forme de récompense d’un comportement jugé vertueux.
De fait la grande difficulté est que – telle une drogue – les aspects séduisants de l’Euro sont très visibles alors que ses conséquences catastrophiques sont invisibles pour le citoyen non initié à la culture économique. Particularité que l’on retrouve par conséquent dans les sondages.

