« Le problème des migrations est devant nous »

Par Eric Le Boucher

Pour que la pauvreté du Sud ne vienne pas submerger l’Europe, il n’y a qu’une solution: tout faire pour stabiliser et développer les pays-bombes démographiques. Le repli sur soi ne résoudra pas pas le problème.

Le Niger avait 3 millions d’habitants lors de son indépendance en 1960. Il en a 20 millions aujourd’hui. Le pays est classé parmi les moins développés au monde. Les femmes y ont en moyenne 7,6 enfants, un des taux de fécondité record.

Selon les projections de l’ONU, le Niger aura 36 millions d’habitants en 2030, 72 millions en 2050 et 209 millions en 2100. C’est impossible. Le Niger ne peut pas faire vivre sans doute plus de 50 millions de personnes. Des Nigériens, par dizaines de millions, émigreront.

L’Afrique verra doubler ses habitants d’ici à 2050, de 1,2 milliard d’habitants à 2,5 milliards, puis doubler encore d’ici à 2100. Pendant ce même temps, l’Europe (au sens large, géographique) passera de 738 millions aujourd’hui à 707 millions en 2050 et 646 millions en 2100.
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Pourquoi une grève de la production ne suffirait pas !

Partons de l’exemple concret de l’histoire d’un gobelet plastique.

Première étape : extraire le pétrole

Dans le monde, 27% des émissions totales de gaz à effet de serre sont liées à l’industrie des énergies fossiles, sans compter les marées noires et autres accidents de forages qui polluent les océans et sans compter les émissions libérées par la combustion de ces énergies fossiles pour leur utilisation finale (chauffage, transport, industries..). Le dernier rapport du GIEC préconise de laisser dans le sous sol 80% des énergies fossiles déjà connues afin de limiter la hausse de température liée à l’effet de serre et éviter l’emballement des changements climatiques.

Pourtant, financées par les plus grandes banques, ces multinationales du pétrole, championnes de l’extractivisme émettent toujours plus de CO2 à mesure qu’elles se tournent vers les énergies plus extrêmes : gaz et pétrole de schistes, sables bitumineux…

La connivence entre ces grandes multinationales pétro-gazières et les états est telle que leurs positions de par le monde sont assurées (cf Total et GDF Suez en France, et la « Francafrique »), souvent même au mépris des droits des peuples (mensonges, corruption, conflits armés).

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Biens mal acquis : le jeu trouble de la Société générale en Afrique

L’affaire dite des « biens mal acquis » prend une nouvelle dimension. Elle se concentre désormais sur le rôle joué par le secteur bancaire français dans l’acquisition, par certains chefs d’Etat africains ou leurs proches, d’un important patrimoine possiblement financé par le détournement des richesses de leur pays.

Les juges Roger Le Loire et René Grouman, chargés d’enquêter sur les avoirs détenus en France par les familles dirigeantes de la Guinée équatoriale, du Congo-Brazzaville et du Gabon, s’intéressent à la Banque de France, et surtout à la Société générale, par la filiale dont cette dernière détient 46 % des parts, la SGBGE, basée en Guinée équatoriale.

Il apparaît, d’après les documents auxquels Le Monde a eu accès, que la Société générale a autorisé des conditions de travail très dangereuses pour son personnel expatrié, tout en permettant le transfert en France d’importantes sommes d’argent au profit du clan Obiang, qui règne sur la Guinée-Equatoriale.

Or, les enquêteurs – ou plutôt l’enquêteur, car un seul policier français travaille sur ce dossier pourtant sensible – ont recueilli des témoignages révélant que ces sommes provenaient notamment de commissions illégales perçues sur le marché du bois par l’actuel vice-président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang – visé par un mandat d’arrêt –, fils du président en exercice, Teodoro Obiang.

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Nécessaire Françafrique

La « Françafrique » est réputée morte. Ce constat d’un décès supposé ou avéré a été affiché comme le terme d’une politique et d’une période : l’Afrique postcoloniale française avec ses relents d’affairisme et son procès en néocolonialisme. Pour ceux qui en usent, la dénomination « Françafrique » porte un sens essentiellement négatif, qui, dans sa contraction désobligeante, dévalorise autant l’Afrique que la France. Elle relève cependant davantage du prurit politicien que d’une hauteur de vue politique, le premier rongeant la seconde à mesure que l’État, en France, continue de s’affaiblir.

Par Michel Ruch

Ainsi, un ministre précisément dépourvu de sens politique et du discernement requis par sa fonction, a-t-il prétendu publiquement  signer lui-même, en 2008, « l’acte de décès de la Françafrique » avant d’être congédié pour cette rodomontade qui entacha l’image de l’exécutif français à l’étranger.

Comme dans toute politique, les relations de la France avec l’Afrique ont leur part de lumière et d’ombre, et la posture moralisatrice à leur endroit ne reflète qu’un angélisme dû à l’ignorance.

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Afrique : Défense des intérêts économiques français

Conférence sur la France-Afrique à l’école Militaire par Monsieur André JANIER Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de la République de Côte d’Ivoire jusqu’à l’été 2009. L’objet de cette conférence est de donner un éclairage sur la capacité de la France à défendre ses intérêts en Afrique francophone.

16 décembre 2009

En écoutant le parcours professionnel de notre orateur, qui d’autre que lui aurait la légitimité à redonner espoir à nos entrepreneurs, attirés qu’ils seraient vers de nouveaux territoires… de compétition.

Françafrique : “La raison d’État”

En 1960, les quatorze colonies françaises d’Afrique noire ont accédé à l’indépendance. Le général de Gaulle a confié alors à Jacques Foccart, secrétaire général de l’Elysée aux affaires africaines et malgaches, la mise en place d’un système connu sous le nom de «Françafrique», visant par tous les moyens politiques et économiques à garder le contrôle sur ces anciennes colonies françaises.

Dans ce documentaire, des hommes en charge des plus hautes responsabilités officielles ou officieuses durant ces cinquante dernières années révèlent l’histoire tumultueuse d’un monde secret, où en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups semblaient permis.

Partie 1:

Partie 2:
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Omar Bongo aurait financé des partis français, selon WikiLeaks

Des dirigeants gabonais, dont Omar Bongo, auraient détourné une trentaine de millions d’euros d’une banque africaine à leur profit mais aussi pour financer des partis politiques français, selon un télégramme diplomatique américain obtenu par WikiLeaks et publié par El Pais.

Ce télégramme de juillet 2009, en provenance de l’ambassade des Etats-unis au Cameroun, repris par le site internet du quotidien espagnol, s’appuie sur les dires d’un responsable anonyme de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC).

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La Chinafrique

« Nous souhaiterions que la Chine dirige le monde, et quand ce sera le cas, nous voulons être juste derrière vous. Quand vous allez sur la Lune, nous ne voulons pas être laissés derrière, nous voulons être avec vous ».

Olusegun Obasanjo, président du Nigéria, s’adressant à Hu Jintao, 2006

Pendant des millénaires, l’Empire du Milieu ne s’est pas intéressé au reste du monde. Pour quoi faire ? La Chine était le pays le plus avancé, le plus fertile, le plus peuplé, le plus civilisé. Par hypothèse, dans l’idéologie impériale et, souvent, dans la réalité aussi.

Pourquoi les Fils du Ciel se seraient-ils préoccupés de ce qui se faisait chez les barbares ? En 1421, une flotte chinoise gigantesque atteint les rivages du Kenya. Les Chinois observent : pas intéressant, mieux vaut rentrer au pays. Confucius l’avait dit, et à raison : l’important, c’est la stabilité.

Seulement voilà : désormais, vraiment, tout change, même la Chine.

La Chine, désormais, à l’assaut de l’Afrique.

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Note de lecture sur «La Chinafrique», un ouvrage qui fait le point sur la question. L’œuvre fourmille d’informations intéressantes. Nous zapperons les passages politiquement corrects du type «c’est pas bien de soutenir le Soudan à cause des massacres au Darfour», et autres culculteries politiquement correctes inévitables dans un livre écrit par des journalistes français. Mais nous n’omettrons aucun type d’information vraiment intéressant – fût-ce l’enseignement d’une série d’anecdotes révélatrices.

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Brazzaville, Congo. Les auteurs marchent à travers la ville. Des enfants les apostrophent, à l’Africaine, c’est-à-dire sans chercher à connaître leur nom, mais sur un ton chaleureux.

Que disent-ils ? « Hello mista ? » Non. « Monsieur Monsieur ! » Non plus.

Ils disent : « Ni hao ».

Pour eux, tous les étrangers sont chinois.

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L’Afrique en manque de stratégie face à l’arrivée massive des Chinois

L’arrivée en force des opérateurs chinois sur le continent africain oblige les pays du Nord et d’Afrique à se remettre en question.

« Lorsque je veux construire une autoroute, il me faut cinq ans pour conclure avec la Banque mondiale. Avec la Chine, c’est réglé en quelques jours : je dis oui ou non, et je signe. »

C’est en ces termes que le président sénégalais, Abdoulaye Wade, résumait, lors du sommet Union européenne-Chine de 2007, la nouvelle alliance entre l’Empire du Milieu et les pays africains.

Ces dernières années, les investissements directs chinois en Afrique se sont taillés la part du lion, passant de 327 millions d’euros en 2003 à 5,2 milliards en 2008. Leurs échanges commerciaux, qui se montaient à 12 milliards de dollars en 2002, ont quasi décuplé pour passer aujourd’hui à 107 milliards de dollars. La Chine est devenue, après les USA, la deuxième partenaire de l’Afrique.

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Le procès de l’Angolagate

Un symbole de la collusion entre élites économiques et politiques françaises et africaines. Par Thierry Brugvin

De gauche à droite, Pierre Falcone, Arcadi Gaydamak – présentés comme les organisateurs du trafic d’armes présumé vers l’Angola entre 1993 et 2000 – ainsi que Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand. Les condamnations sont tombées le 27 octobre 2009.

Introduction

L’Angolagate est le plus grand procès de trafic d’armes sur fonds d’enjeux pétroliers de la fin du XXe siècle. Il s’agit en fait de l’histoire est celle de la privatisation de la guerre en Angola et de l’organisation du pillage biens publics de l’État. Ce procès dévoile la réalité d’une partie non négligeable du pouvoir non démocratique et illégal exercé par nos élites.

Cette guerre civile aura débuté en 1975, se terminera 27 ans plus tard en 4 avril 2002 et aura fait 500 000 morts. Sa durée s’explique notamment par la fourniture très importante d’armements par certaines grandes puissances, via Falcone et Gaydamak notamment. Parmi ces ventes, on compte un arsenal de morts impressionnants, 420 chars, 150. 000 obus, 12 hélicoptères, six navires de guerre recensés par les enquêteurs, 170 000 mines, antipersonnel, 650.000 détonateurs.

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