Christine Lagarde est inquiète pour l’économie mondiale

A quelques jours de l’ouverture de l’assemblée annuelle du FMI, sa directrice générale a fait preuve de pessimisme lors d’un discours hier à Washington.

Le ralentissement en Chine et la perspective d’un relèvement des taux américains alimentent une incertitude et une plus forte volatilité des marchés. La croissance mondiale devrait être “plus faible” qu’en 2014.

Réformes structurelles

Les effets persistants de la crise financière, les plans d’austérité mis en œuvre pour stabiliser la dette publique et les effets du vieillissement démographique pèsent sur les perspectives de croissance de la production à moyen terme.

De ce point de vue, il est naturel de considérer les réformes structurelles comme des mesures additionnelles pour stimuler la croissance, en l’occurrence en accroissant la productivité ou l’utilisation de la main-d’œuvre. Nous passons en revue la littérature qui s’est développée sur ce sujet.

Les réformes structurelles comprennent : (i) les réformes sur le marché du travail ; (ii) les réformes sur le marché des produits visant à accroître la concurrence ; (iii) les réformes fiscales ; (iv) les améliorations apportées à la réglementation des marchés des capitaux ; (v) les mesures visant à stimuler l’innovation (par exemple l’investissement en recherche-développement) ; et (vi) les réformes éducatives.

Au cours des dernières décennies, le calendrier et l’ampleur des réformes a fortement varié d’un pays à l’autre. Pour certains secteurs en particulier, il y a eu une certaine convergence entre les pays en ce qui concerne le cadre réglementaire. Certains réformes apparaissent par vagues entre les pays et la plupart sont mises en œuvre graduellement (FMI, 2004).
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Les pays qui préoccupent les investisseurs

A plus ou moins brève échéance, ces pays pourraient se retrouver en défaut de paiement. Tour d’horizon.

Les pays proches du défaut

Le Venezuela se retrouve complètement asphyxié. Entre la baisse du prix du pétrole qui représente la principale source de devises étrangères du pays, et le fait qu’il doit importer la quasi-intégralité de ses besoins en produits manufacturés, les réserves de changes ont fondu.

Elles ont atteint en juin 16,3 milliards de dollars, leur plus bas niveau en douze ans. La crainte est donc importante que le Venezuela manque de cash pour faire face à sa prochaine échéance de dette. D’autant qu’il ne peut faire appel aux marchés de dette, sauf à un prix exorbitant, ni au FMI qu’il a quitté en 2007.
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Chine : Dévaluation du Yuan (Màj : Troisième dévaluation en 3 jours)

13/08/2015

La Banque centrale chinoise a réduit d’environ 1% le taux pivot du yuan, soit sa marge de fluctuation, et s’est montrée rassurante, déclarant qu’il n’y avait pas d’intérêt à prolonger cette dépréciation et qu’elle interviendrait en cas de “volatilité extrême“.

12/08/2015

La Chine annonce une nouvelle dévaluation du yuan, le FMI applaudit
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Grèce : La misère au soleil

Une carte postale abimée. La Grèce, destination touristique par excellence, est au bord de l’asphyxie. Avec elle, tout un peuple. Un peuple qui, dimanche 5 juillet, a rejeté en masse les mesures d’austérité imposées par ses créanciers. Les Grecs sont désormais face à leur destin.

Le Premier ministre Alexis Tsipras a présenté ses propositions de réforme. Une dernière chance avant le sommet exceptionnel de dimanche en présence des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro et de l’Union européenne. Une date clé. Un moment historique.

L’échéance ultime pour parvenir à un accord. Olivier Blanchard, expert économiste du FMI a expliqué que l’institution internationale n’était pas en mesure d’accorder un délai de paiement sous peine de violer ses règles relatives aux pays ayant fait défaut sur leur dette. “Quand un pays est en arriérés de paiement, nous ne pouvons plus lui accorder de prêts sous aucune manière“.

L’Europe est donc dans l’attente. Sur place, la population est inquiète et la vie quotidienne devient extrêmement compliquée. Les commerçants ne peuvent plus se fournir auprès des professionnels. Les particuliers, eux, ne peuvent pas retirer plus de 60 euros par jour dans les distributeurs.

Quel est l’impact des prix alimentaires mondiaux sur l’inflation domestique ?

L’ampleur à laquelle les variations des prix relatifs peuvent entraîner une accélération de l’inflation a longtemps été une source de controverses. Au cours des années soixante et au début des années soixante-dix, plusieurs observateurs attribuèrent un rôle important aux hausses des prix alimentaires dans l’accélération de l’inflation dans les pays avancés, notamment le Royaume-Uni et les États-Unis (cf. graphique 1). (…)

Graphique 1 – Taux d’inflation aux États-Unis (en %)

Blinder (1982) affirme que “de larges ajustements inévitables des prix relatifs” furent la principale source d’inflation dans les années soixante-dix : “Malgré toute la cacophonie de plaintes autour des déficits budgétaires ruineux et de la croissance monétaire excessive, (…) la dramatique accélération de l’inflation entre 1972 et 1974 peut s’expliquer par la hausse des prix alimentaires, la hausse des prix énergétiques et la fin du programme de contrôles des prix et salaires de Nixon.
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Dette publique, un siècle de bras de fer

L’échec de leurs politiques a privé les partisans de l’austérité de l’argument du bon sens économique. De Berlin à Bruxelles, les gouvernements et les institutions financières fondent désormais leur évangile sur l’éthique : la Grèce doit payer, question de principe ! L’histoire montre toutefois que la morale n’est pas le principal arbitre des conflits entre créditeurs et débiteurs.

Il fut un temps où les Etats se libéraient facilement du fardeau de la dette. Il suffisait par exemple aux rois de France d’exécuter leurs créanciers pour assainir leurs finances : une forme balbutiante, mais commune, de « restructuration » (1). Le droit international a privé les débiteurs d’une telle facilité. Il aggrave même leur situation en leur imposant le principe de continuité des engagements.

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Grèce : Christine Lagarde nouvelle bête noire des Grecs ?

Sur le dossier de la crise grecque, Christine Lagarde,  la patronne du FMI est restée inflexible. “Le FMI ne peut pas financer la Grèce tant qu’elle a des arriérés”, avait-elle déclaré.

Quand Alexis Tsipras réagit en dénonçant l’irresponsabilité criminelle du FMI, la réponse est cinglante : “Nous avons reçu de la Grèce tellement de propositions qui ont été validées, invalidées, changées, amendées ces derniers jours, que l’on ne sait même plus ce qu’ils veulent vraiment”.

Nouvelle bête noire des Grecs, Christine Lagarde est pourtant encensée par les magazines américains, qui la classent parmi les plus puissantes de la planète. C’est aux États-Unis qu’elle s’est fait un nom et une réputation.

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Le passé oublié du système de Bretton Woods

Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale sont souvent mises en avant pour leurs politiques néolibérales en matière de développement. La genèse des institutions de Bretton Woods montre toutefois leur inscription dans un creuset intellectuel et politique favorable à l’intervention de l’État.

Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale sont sans doute, depuis les années 1990, les organisations internationales les plus décriées en matière de politiques de développement. Dans ce livre paru aux États-Unis pour le soixante-dixième anniversaire de la conférence de Bretton Woods, Eric Helleiner, professeur de science politique à l’université de Waterloo, entreprend de démonter un certain nombre d’idées reçues sur les fondations du système économique mis en place à Bretton Woods en 1944 et sur la mise en place de la politique internationale d’aide au développement.

L’histoire des ces institutions a déjà pourtant été étudiée par plusieurs chercheurs [1], mais Helleiner apporte de nouvelles idées grâce à son travail minutieux de dépouillement des archives. Il montre notamment que, bien avant le tournant néolibéral des années 1980 du FMI et de la Banque mondiale, il y avait eu, au moment de la fondation des institutions de Bretton Woods, un terreau d’idées et de politiques davantage orientées vers un développement contrôlé par l’État, aux antipodes de ce qu’ont pu prôner par la suite ces institutions.

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Les subventions aux énergies fossiles représentent 10 millions de dollars par minute

Les subventions dont bénéficieront les entreprises d’extraction d’énergies fossiles en 2015 vont atteindre 5300 milliards de dollars (4740 milliards d’euros), lit-on dans un récent rapport du FMI.

Et si c’était le rapport qu’on attendait pour secouer la COP21, la conférence internationale sur le Climat qui se tiendra à Paris dans six mois ? Dans un rapport intitulé  « How Large Are Global Energy Subsidies? » (« Quelle est l’ampleur des subventions dans l’énergie? ») remis le 18 mai au Fonds monétaire international (FMI), David Coady, Ian Parry, Louis Sears et Baoping Shang estiment que les subventions dont bénéficieront les entreprises d’extraction d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) atteindront cette année 5300 milliards de dollars (4740 milliards d’euros), soit 14,5 milliards de dollars par jour ou encore 10 millions de dollars par minute (voir le rapport intégral ci-dessous).

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Grèce : “La faillite est inévitable”

Dans une lettre adressée au FMI et relayée par le quotidien financier britannique Financial Times, le premier ministre grec Alexis Tsipras révèle qu’il ne pourra pas s’acquitter d’une échéance de 750 millions d’euros. C’est la première fois que Tsipras tire ouvertement la sonnette d’alarme.

Selon le quotidien De Morgen, la Grèce a pu rembourser le FMI uniquement grâce à un fonds d’urgence du même FMI. En théorie, l’état grec devrait rembourser encore 1,5 milliard au FMI en juin. Aussi, l’économiste Geert Noels estime-t-il que la faillite grecque est inévitable.

Interrogé par De Morgen, Noels est d’avis qu’il ne sert à rien d’accorder encore des fonds d’urgence à la Grèce. “Ces derniers mois, on a écrit des bibliothèques entières sur le problème de liquidité et de solvabilité grec, mais à mes yeux la compétitivité particulièrement faible de toute l’économie grecque est beaucoup trop importante. Tant qu’on ne prend pas de mesures fondamentales à ce sujet, on applique un emplâtre sur une jambe de bois“.

D’après l’économiste, le FMI ne peut pas se permettre de faire encore des concessions. L’institution risquerait en effet de perdre sa crédibilité internationale.
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Et si l’on se refaisait une crise financière?

De l’argent qui coule à flots tandis que la montagne de la dette grandit: la croissance mondiale dont la zone euro commence à bénéficier elle aussi ne repose-t-elle pas sur des bases très fragiles ?

Si l’on en croit le Fond monétaire international, la croissance mondiale devrait accélérer doucement pour passer de 3,3% en 2013 et 2014 à 3,5% cette année et à 3,7% en 2016.  La baisse du prix du pétrole explique une partie de ce regain de vigueur, mais l’essentiel vient de la politique extrêmement stimulante menée par les grandes banques centrales. Aux Etats-Unis, cela fait près de sept ans que la Réserve fédérale mène une politique de taux zéro et la croissance semble solidement établie à plus de 2,5% l’an.

Ne serait-il pas temps de revenir à une politique plus tempérée? Déjà, la banque centrale a arrêté ses injections massives de liquidités; elle s’apprête maintenant à remonter ses taux directeurs, mais elle avance avec beaucoup de précautions. Au point d’inquiéter des économistes qui craignent une action trop tardive. Ainsi que le rappelle Philippe Weber, responsable étude et stratégie de CPR AM«il faut entre six et huit trimestres pour qu’une hausse des taux fasse de l’effet». Mieux vaudrait donc ne pas trop attendre.

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Argentine : Moody’s abaisse la note, pour pousser le pays à se tourner vers le FMI ?

Moody’s, la célèbre agence de notation financière a abaissé d’un cran lundi la note de la dette de l’Argentine, rétrogradant cette dernière de B3 à Caa1. Raisons invoquées : la baisse des réserves de change du pays assortie selon elle de mesures politiques « inadaptées ».

Faible élément positif : Moody’s attribue une note stable à la perspective du pays, ce qui signifie qu’elle n’envisage pas un nouvel abaissement de la note à moyen terme.

L’agence de notation s’inquiète tout particulièrement du fait que le pays ne pouvant actuellement recourir au marché financier, s’est vu contraint de puiser dans ses réserves afin de contrer la chute du peso et rembourser sa dette.

Selon Moody’s, les réserves de l’Argentine auraient chuté de 52 milliards de dollars en 2011 à 27,5 milliards actuellement, les exportations de soja – pourtant importantes – ne permettant pas au pays de redresser la situation. Une situation due notamment à son déficit énergétique (8 milliards de dollars en 2013). Or, selon l’agence, Buenos Aires n’aura pas d’autre choix que de continuer à puiser dans ce capital en vue de rembourser les quelque « 20 milliards de dollars » qu’elle doit à ses créanciers entre 2014 et 2015.

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L’histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde

par Harold James, Princeton

De nouvelles informations apparaissent, concernant l’attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI.

Le grand roman de Balzac Ies illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l’histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l’histoire secrète » – c’est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l’histoire pendant longtemps – voire pour toujours. Plus maintenant.

Ceci n’est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L’histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe.

Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.

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Europe : Le Vieux continent se porte bien, merci

Les déclinistes du monde entier répètent à qui veut l’entendre que l’Union européenne est condamnée à cause de sa faiblesse structurelle et de la crise économique. Mais dans bien des domaines, l’UE tient son rang face à des puissances mondiales comme la Chine ou les États-Unis, selon Mark Leonard et Hans Kundnani.

Non. Ces temps-ci, certains parlent de l’Europe comme si peu à peu, elle avait perdu sa raison d’être. Étant donné sa croissance anémique, une crise de l’euro qui s’éternise et la complexité de la prise de décision, il ne fait aucun doute que l’Europe est actuellement une cible facile.

Par ailleurs, face à l’ascension stupéfiante de pays comme le Brésil et la Chine ces dernières années, nombreux sont ceux qui pensent que le Vieux Continent va finir dans les poubelles de l’histoire. Pourtant, les théoriciens du déclin feraient bien de se rappeler quelques données irréductibles.

Non seulement l’Union européenne reste la plus grande économie mondiale, mais elle dispose aussi du second budget de défense mondial derrière les États-Unis, avec plus de 66.000 militaires déployés dans le monde ainsi qu’environ 57.000 diplomates (l’Inde en a plus ou moins 600). Le PIB de l’UE par habitant en termes de pouvoir d’achat demeure presque quatre fois celui de la Chine, trois fois celui du Brésil et presque neuf fois celui de l’Inde. Si c’est ce qu’ils appellent déclin, cela vaut toujours mieux que de vivre dans une puissance montante.
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États-Unis : Les avoirs en or de la Réserve Fédérale

Les avoirs en or de la Réserve Fédérale sont d’une part inexistants, contrairement à ce que beaucoup de gens pourraient croire, mais aussi d’autre part, ils ne valent pas autant que l’or-papier.

En 1933, lors de sa première année de présidence, le Président Franklin Roosevelt demanda la saisie des avoirs privés détenus en or (à l’exception des bijoux et de dentisterie) – ceci s’en suivit en 1934 par la confiscation de l’or détenu en banque – ceci fut ‘apparemment’ une mesure prise suite à la pénurie d’or provoquée par la grande dépression.

En 1934, les États-Unis fixaient le prix en dollar de l’or à $35 l’once troy (en dévaluant le dollar en conséquence). Ceci devint le cours dit ‘statutaire’ ou plus encore ‘légal’. En dépit des événements qui s’en suivirent, les États-Unis refusèrent d’envisager l’augmentation du prix de l’or, malgré la mise en place de l’accord de Bretton Woods et le Fond Monétaire International.

Par conséquent, la dévaluation de la livre sterling en 1949 augmenta le prix de l’or dans la zone de la livre sterling, sans pour autant entraîner une augmentation de son prix dans la zone dollar.
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Pourquoi la France n’a pas besoin de se serrer davantage la ceinture en 2013

3 % de déficit budgétaire l’an prochain, c’est au moins 300 000 chômeurs supplémentaires. Il faut apprécier cet objectif en termes de déficit structurel et non de simple déficit constaté.

L’économie française stagne et la zone euro est entrée en récession. La situation économique n’a aucune chance de se redresser notablement au cours des prochains mois. Prendre dans ce contexte des mesures d’austérité supplémentaires pour tenir, coûte que coûte, l’objectif de 3 % du PIB de déficit public en 2013 freinerait davantage encore l’activité et pousserait le chômage vers les sommets. Avec au final, d’ailleurs, un déficit plus important que prévu comme le montrent les exemples de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie malgré des efforts considérables.

Les réformes récentes de la surveillance budgétaire européenne – « 6 pack » et Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) – sont bâties autour de la notion de déficit structurel. Celle-ci corrige les déficits publics constatés telle ou telle année des effets de la conjoncture à ce moment-là. Quoi qu’on pense par ailleurs de la pertinence de ces réformes, elles fournissent ainsi un argument solide pour ne pas s’engager dans cette politique procyclique : l’objectif des 3 % en 2013 doit lui aussi être apprécié en termes de déficit structurel et non de simple déficit constaté. Or, dans le cas de la France, nous atteindrons ce niveau de déficit en 2013 sans qu’il soit besoin de prendre de nouvelles mesures d’austérité cet automne.

Un coup de frein important

L’Europe centrale et orientale dans le «Nouvel Ordre Mondial»

La mondialisation dans le sens actuel a commencé avec la libéralisation du commerce mondial et avec la mise en place du néolibéralisme par les USA et la Grande-Bretagne. Celle-ci est étroitement liée au terme «nouvel ordre mondial», que le président Bush a forgé en septembre 1990 après l’effondrement du bloc de l’Est lors d’un discours devant le Congrès américain et Bush ajouta en expliquant: «Un nouvel ordre mondial dirigé par les USA». C’est le système international que nous avons jusqu’à présent.

Le renversement en 1989 avec l’aide de l’Occident

Le changement essentiel dans le nouvel ordre mondial était l’expansion de l’Occident vers l’Europe centrale et orientale, qui était jusqu’en 1989 sous la domination de l’Union soviétique, mais Gorbatchev «renonça» à ces pays le 2 décembre 1989, lors de la Conférence de Malte avec le président Bush sur ces pays, et c’est pourquoi ils font aujourd’hui également partie de l’empire américain.

L’effondrement du bloc de l’Est et le renversement en 1989 remontait à la faiblesse du système, mais aussi au «facteur occidental», avant tout à l’offensive des USA sous le gouvernement Reagan. La révolution n’aurait jamais abouti, dans la plupart des pays de l’Europe centrale et orientale, sans l’influence américaine. La Charte 77 en République tchèque et Solidarnosc en Pologne n’auraient pas pu survivre sans le soutien américain.

L’influence culturelle occidentale joua dans cette victoire un rôle décisif, ce qu’on nomme aujourd’hui le «soft power», avant tout l’influence de la culture pop, qui pénétra tout à fait légalement à travers la radio, la télévision, les films d’Hollywood et l’échange culturel et répandit «les valeurs occidentales». Cependant, ce n’était pas la culture européenne classique, mais celle du libéralisme, de l’individualisme, du matérialisme et d’Hollywood.

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Un brûlot vient d’être lancé !

« Les pressions sur les banques européennes restent élevées. Elles font face aux risques de la dette publique, à une croissance économique faible, à une hausse des exigences lors du renouvellement de leurs emprunts arrivant à maturité et à la nécessité de renforcer leurs réserves pour regagner la confiance des investisseurs. » A les lire attentivement, les auteurs de ce constat ne sauraient être plus clairs, mais qui sont-ils donc pour se le permettre ?

Ce sont les rédacteurs du rapport semestriel du FMI, qui tirent la conclusion de leur analyse que les 58 plus importantes banques européennes vont devoir pratiquer un gigantesque désendettement d’ici fin 2013. La valeur médiane de la fourchette de leur estimation est de 2.600 milliards de dollars (soit 7% de leurs actifs), ce qui va se traduire par un reflux du crédit chiffré à -1,7%, ainsi qu’un par recul de -1,4% du PIB de la région. Il va aussi en résulter une baisse de la valeur des actifs, vu la quantité qui va être vendue dans la précipitation, atteignant celle des actifs conservés et créant ainsi un phénomène de boule de neige. L’image qui s’impose est celle d’un bateau dont les membres de l’équipage jettent dans l’urgence tout ce qu’ils peuvent par dessus bord afin de l’alléger et l’empêcher de sombrer.

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Un nouveau plan pour la Grèce probable d’ici deux à trois ans

Après l’effacement de dette historique avec ses créanciers privés, Athènes risque d’être obligée de demander aux créanciers publics d’alléger son fardeau.

La diffusion d’un document confidentiel du FMI montre l’étendue du problème : pour que la trajectoire de dette grecque revienne à un niveau soutenable, fixé à 120 % du PIB d’ici 2020, il aurait fallu qu’au moins 95 % des investisseurs participent à l’opération d’échange bouclée jeudi 8 mars. Dès lors, pour un certain nombre de spécialistes, la restructuration historique qui est en cours n’empêchera pas un nouvel effort des créanciers dans quelques années.

« Les estimations de croissance retenues pour la Grèce à moyen terme sont trop optimistes », souligne Jacques Cailloux, chez RBS. Il rappelle que la Troïka, dans son premier rapport, avait par exemple anticipé une contraction de l’activité de 2,6 % en 2011, alors que la réalité risque d’être plus proche de 6 %. « Pour l’avenir, nous prévoyons une croissance de 2,5 % à partir de 2015, alors que la Troïka table sur 4 %. » Autre hypothèse irréaliste selon l’économiste de RBS : la balance primaire (balance budgétaire hors intérêts de la dette). « Le scénario d’un excédent primaire moyen de 4,5 % sur la période 2014-2020 ne tient pas. » Dès lors, pour Jacques Cailloux, sans un nouveau plan d’aide, le niveau d’endettement par rapport au PIB risque d’atteindre 160 % en 2020.

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Le MES n’est pas un mécanisme de solidarité européen

Dans un point de vue publié dans Le Monde du 25 février (“Mécanisme européen de stabilité : la bourde historique de la gauche“), des députés européens écologistes et des économistes proches d’eux s’en prennent à ceux qui, à gauche, se sont opposés au Mécanisme européen de stabilité (MES). Passons sur l’outrance rhétorique qui consiste à comparer cette opposition à celle des députés de droite sur la loi Veil instaurant le droit à l’avortement et venons-en au fait. Le MES serait “un premier pas vers une Europe fédérale avec son propre Trésor public et un budget conséquent”. Au-delà du fait qu’il faudrait discuter précisément des fondements d’une telle Europe fédérale, s’il s’agissait d’“un fonds solidaire”, comme ils l’affirment, s’opposer au MES serait effectivement “une bourde historique”. Hélas, comme lors du débat sur le Traité constitutionnel européen (TCE), nos amis prennent leurs désirs pour la réalité.

Un Trésor public européen aurait pour objectif de financer des politiques publiques européennes. Rien de tel dans ce qui nous est présenté. Le MES n’a pas vocation à conduire des politiques publiques d’investissement au niveau européen, ce qui pourtant serait bien utile, ni même d’aider à la convergence des trajectoires économiques et sociales des Etats membres. Et surtout, loin de permettre à l’Union européenne de s’émanciper de la toute puissance des marchés financiers, il en consacre la domination. Il vise simplement à prêter des fonds aux Etats qui auront du mal à emprunter directement sur les marchés financiers. Comment cela se passera-t-il ? D’abord, les Etats emprunteront sur les marchés financiers pour constituer le capital du MES, plusieurs centaines de milliards d’euros. L’Allemagne empruntera à un peu moins de 3 %, la France à un peu plus, et les autres pays à beaucoup plus. Premier résultat donc, la dette publique va s’accroître.

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Pourquoi le « mécanisme européen de stabilité » est une aberration

Extrêmement risqué du point de vue financier, destructeur sur le plan social, et anti-démocratique, le mécanisme européen de stabilité symbolisera-t-il le suicide de l’Europe et la fin d’un demi-siècle de patiente construction et de progrès social ? Explications.

Le 21 février, l’Assemblée nationale se prononcera sur le « Mécanisme européen de stabilité » (MES). Voulu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, ce complexe traité instaure une sorte de FMI européen. Il aura « pour but de mobiliser des ressources financières et de fournir, sous une stricte conditionnalité (…), un soutien à la stabilité à ses membres qui connaissent ou risquent de connaître de graves problèmes de financement ». En clair, le MES devrait être en mesure d’avancer des fonds aux États de la zone euro qui rencontreraient des difficultés pour emprunter directement auprès des marchés financiers. Les 17 États membres l’ont signé le 2 février. Reste à le ratifier…. Cela se fera-t-il dans l’indifférence générale ? Si le traité est combattu par le Front de gauche, le PS hésite à s’y opposer vraiment, Europe-écologie Les verts (EELV) demeure pour le moment discrets sur le sujet.

Le MES en tant que tel n’est pas un traité, mais une société financière, basée au Luxembourg, dont les actionnaires sont les 17 États de la zone euro. Le capital est fixé à 700 milliards d’euros. Plus un pays est fort économiquement, plus il est obligé de souscrire un nombre important d’actions [1]. Les deux plus gros « actionnaires » sont ainsi l’Allemagne (à 27 %) et la France (20,5 %), suivi par l’Italie (18 %), l’Espagne (12 %) puis les Pays-Bas (5,5 %). Les 12 autres actionnaires possèdent entre 3,5 % (Belgique) et 0,07 % (Malte) du capital. Question préalable : la France devra-t-elle donc débourser 142,7 milliards d’euros pour honorer ses engagements auprès du MES ? Pas en un seul chèque. Le capital de chaque pays doit être mis à disposition dans les cinq ans, par tranche de 20 % par an (soit 28,5 milliards par an dans le cas français, 38 milliards dans le cas allemand). Cependant, en cas de difficultés, les dirigeants du MES peuvent accélérer le versement de ce capital [2]. Dans ce cas, les pays membres devront s’acquitter de la somme demandée dans les sept jours.

Un mécanisme fragilisé par la pression des marchés

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Grèce : Chroniques d’un naufrage imposé

Par l’anthropologue Grigoriou Panagiotis qui tient la chronique ordinaire de l’agonie d’une société sacrifiée au nom des règles comptables.

« Un jour de mai 2010, le Fond Monétaire International, l’œil de l’Union Européenne et la Banque centrale Européenne ont fait irruption dans notre vie quotidienne. La Troïka et les “Troïkans” modifient nos existences et nos comportements. Il y a un avant et un après. Comme lors d’une entrée en guerre ou d’une occupation. Un vent mauvais, un poison ambiant, une mise à mort de nos petites et grandes habitudes une mutation collective rapide, suspendue à la perte de nos repères. Désormais on plonge, y compris dans les quartiers chics … dans les poubelles. »

Nous vivons en prime time le premier vrai renversement en Europe occidentale, parmi les pays de cette Union Européenne, relevant de sa vieille numismatique. Car cette fameuse construction, jamais adoptée réellement par les peuples, se résume et finira par l’euro. Euro barbe à … Papadémos que nous haïssons davantage, jour après jour.
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Les 65 misérables années de cet esclavagiste appelé FMI

Le Fonds Monétaire International a été créé il y a à peine 65 ans. Sa charte originale lui imposait de créer des taux de changes fixes entre devises mais aussi des devises couvertes par l’or. Il était supposé être la charnière du système monétaire international.

En moins de 25 ans, il a réussi à épuiser les réserves qui constituaient son capital de départ. Une à une les obligations du FMI furent allégées, laissant l’institution sans mission ou objet. Le FMI aurait dû être dépouillé et son or rendu dans sa totalité aux souscripteurs originaux quand des politiciens corrompus, conseillés par des économistes corrompus également, ont abandonné le régime de changes fixes en 1971. Mais le FMI resta en place et demeura tel un abri anti-aérien détruit par les bombes. Il continue à être utilisé comme une chaire depuis laquelle l’évangile de la rectitude monétaire est prêché – ce qui en fait la risée du monde entier.

Cela ne veut pas dire que le Trésor Américain n’a pas fait de torts importants aux économies qui étaient occupées par les Soviets alors qu’elles reconquéraient l’indépendance après la chute du mur de Berlin. Le FMI a gagné une honte éternelle en agissant comme instigateur en chef « pour rendre le monde sûr pour accueillir une monnaie à cours forcé ». Il n’a pas réussi sa mission, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé.

L’une des premières choses que le FMI a faites en tant qu’agent du Trésor américain, après la chute peu glorieuse de l’Union Soviétique en 1990, a été de forcer les pays qui faisaient précédemment partie du bloc soviétique à se séparer de leur or en échange de leur qualité de membre auprès du FMI. Un crime énorme.

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Vente aux enchères des réserves d’or du FMI

Par Antal E. Fekete professeur de mathématiques et de statistiques, Université de Newfoundland (Canada).


Le vieux cheval de bataille du Fond Monétaire International est de sortie : le FMI menace de vendre aux enchères ses réserves d’or monétaire. Cette fois cela semble être pour de bon. Le FMI fait des préparatifs pour se débarrasser d’une bonne partie de son capital non lié à une quelconque contrepartie sous la forme de certificats monétaires de la banque centrale ou de bons du gouvernement, alias des certificats de confiscation garantie.

Le FMI insiste fortement sur ses intentions d’une délicate automutilation de manière à ne pas causer de disfonctionnements les marchés de l’or. Prenez pitié du FMI. Il se soucie de ne pas déranger le marché de l’or mais ne s’inquiète pas de l’émiettement de son capital. Le FMI promet de conduire les enchères de manière « transparente ». Il est vrai que le marché de l’or est petit dans le système de mesures actuel, dans lequel les millions de milliards de dollars vont bientôt être eux-mêmes inadéquats.

Il a été dit suffisamment clairement que le FMI et ses maîtres marionnettistes derrière le rideau souhaitent atteindre les investisseurs dans l’or et les blesser sérieusement. Comme les monnaies-papier sont toutes engagées dans un jeu de quilles et ceci de manière impulsive et compétitive, l’or est la seule monnaie qui parvient à se maintenir. Il faut la faire tomber à coup de batte ou de toute autre façon.

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