Est-on à la veille d’un nouveau krach boursier ?

Un responsable de la Réserve fédérale américaine (Fed) [...] entrevoit des «feux orange» d’une possible surchauffe des marchés financiers et la possibilité d’une nouvelle crise financière.

Richard Fisher, le président de la banque régionale de la Fed à Dallas (Texas), a estimé, dans un discours prononcé vendredi à Hong Kong, que le soutien monétaire exceptionnel de la Fed «avait aidé à nourrir un marché boursier rugissant».

Dans ce discours, il souligne que les indices boursiers ont «presque triplé depuis leur plancher de 2009» et que la capitalisation du marché boursier américain atteint 145% du produit intérieur brut (PIB) du pays, soit deux fois plus que le dernier record en la matière qui date de mars 2000, avant l’éclatement de la bulle Internet.

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Au Koweït, les financiers du djihad en Syrie perdent la foi

La pancarte est plantée à l’entrée de la villa de Jamaan Herbash, un ancien député islamiste, qui habite un quartier résidentiel de Koweït City. Sur fond de photo d’Alep, elle appelle à soutenir la Liwa Al-Tawhid, l’une des principales brigades rebelles de la métropole du nord syrien. La collecte de fonds est parrainée par une dizaine de dignitaires religieux et d’hommes politiques dont le visage, invariablement barbu, apparaît en médaillons. En bas de la pancarte, des adresses et des numéros WhatsApp – une application de messagerie par Internet – sont mentionnés à l’intention des donateurs. Montant réclamé : 7 millions de dinars (18 millions d’euros).

Des civils manifestent avec des membres de l’Armée Syrienne Libre, contre EIIL (l’Etat islamique en Irak et au Levant – Da’ech, en arabe), à Alep, le 7 janvier 2014

« On a lancé cette campagne au début de l’année, quand l’armée resserrait son emprise sur Alep et que les combats ont éclaté entre les rebelles et Da’ech, raconte Jamaan Herbash, en référence au plus violent des groupes djihadistes opérant en Syrie. Mais pour l’heure, nous n’avons même pas reçu 500.000 dinars. Les gens sont fatigués par cette guerre qui n’en finit pas. Ils ne veulent pas financer des tueries fratricides. »
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Comment les classes moyennes des pays développés sont devenues les dindons de la mondialisation

Selon l’ONG Oxfam, les 85 individus les plus riches de la planète disposaient d’autant d’argent que 50 % de la population mondiale. Pis, selon le directeur du think tank Resolution Foundation, les revenus des super pauvres et des classes moyennes ou supérieures des pays développés ont vu leurs revenus s’écrouler entre 1988 et 2008.

“J’ai perdu mon travail, j’ai deux enfants à nourrir, s’il vous plaît aidez-moi” (Etats-Unis)

Atlantico : L’ONG Oxfam a révélé, lors du sommet de Davos de janvier, que les 85 individus les plus riches de la planète disposaient d’autant d’argent que 50 % de la population mondiale. Pis, selon James Plunkett, directeur du think tank britannique Resolution Foundation, les revenus des super pauvres et des classes moyennes ou supérieures des pays développés ont vu leurs revenus s’écrouler entre 1988 et 2008. A l’inverse, les populations qui sortent de la pauvreté dans les pays émergents et les super-riches ont vu leurs revenus exploser. Que penser de cette évolution ? Les classes moyennes sont-elles devenues le “dindon de la farce” de la mondialisation ?
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Ukraine : l’aventure militaire est illogique sur le plan économique

Les relations économiques entre les Etats-Unis et l’Europe d’un côté, la Russie de l’autre, poussent les acteurs de la crise ukrainienne au dialogue et éloignent le spectre d’un conflit militaire.

L’économie de l’Ukraine repose sur trois secteurs, rappelle Vladimir Vakhitov, professeur assistant à l’Ecole d’Economie de Kiev : la métallurgie, l’industrie chimique et l’agriculture. Les deux derniers représentent 40 à 50% des exportations ukrainiennes”. Et il ajoute, source de revenus “substantielle” pour le pays, les transferts financiers des migrants qui ont quitté l’Ukraine pour la Russie, l’Italie, le Portugal ou la Pologne.

Sur le plan économique, l’Ukraine est donc à la fois liée aux pays de l’Union européenne (UE) et à la Russie, par le biais des échanges commerciaux et humains. “En gros, un tiers des exportations va à la Russie, un tiers à l’Europe et un tiers vers d’autres destinations, notamment en Asie“, confirme Vladimir Vakhitov.

En France, Fabrizio Coricelli, professeur d’économie à la Sorbonne, nuance : “L’Ukraine a beau exporter vers l’Europe, elle est beaucoup plus intégrée avec la Russie qu’avec l’UE“.

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En Europe, 30% des actifs financiers viennent des banques «de l’ombre»

L’agence S&P comme le FSB mesurent le poids des sociétés «parallèles» de services bancaires. Bruxelles tente de limiter la floraison de ce biotope financier alternatif.

Monopolisés par le sauvetage des banques, les ministres des Finances européens ne l’ont pas abordé, lundi. Mais le dossier du «shadow banking» reste au cœur de la remise à plat du secteur que le commissaire européen Michel Barnier tente de faire adopter par le Parlement, peut-être avant le choc des élections de fin mai.

Objectif ? Encadrer la floraison de ce biotope financier alternatif. Certains freins sont déjà inclus dans la directive AIFM imposée aux hedge funds dès cette année. D’autres règles imposent un renforcement de leurs capitaux – un tampon devant atteindre 3% de leurs actifs – aux fonds de placement dits de «money market».

L’ampleur de ces activités bancaires parallèles inquiète. La semaine dernière, l’agence de notation Standard & Poor’s a fait état de 30% de l’ensemble des actifs financiers européens. Contre 40% aux Etats-Unis. Transformés en usuriers, des hedge funds prêtent sur gage aux entreprises ou débarrassent les banques de leurs prêts difficilement recouvrables. Des sociétés de crédit avancent aussi bien pour un frigo que pour un appartement. Des structures cotées trouvent sur les marchés les fonds de grands projets immobiliers.

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Ventes à découvert : la justice européenne maintient l’interdiction, au grand dam de la City

La justice européenne vient d’infliger un désaveu cinglant au Royaume-Uni. La Cour de Justice de l’UE a en effet jugé compatible avec le droit européen l’interdiction de la vente de titres à découvert sur les marchés financiers.

La Cour a rejeté un recours introduit en 2012 par Londres contre cette législation, proposée par le commissaire européen aux Services financiers, Michel Barnier, et adoptée début 2012 dans le contexte de la crise financière. Elle visait à empêcher une déstabilisation des marchés par cette pratique susceptible d’entraîner une chute des cours.

Une pratique particulièrement mise en cause pendant la crise financière de 2008
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La crise est-elle surmontée… et les esprits critiques contredits ?

Par Eberhard Hamer

Vous savez quoi ? J’suis heureux ! (paroles de Droopy, personnage des célèbres dessins animés de Tex Avery)

Lorsque l’auteur publia en 2002 son livre intitulé «Was passiert, wenn der Crash kommt ?» [Que se passera-t-il quand la crise surviendra ?] à la suite d’une réflexion sur les conséquences d’une grande crise économique, il fut abreuvé de reproches de la part des banquiers, des politiciens, de la presse dominante et même des collègues professeurs qui estimaient qu’une telle pensée était «incongrue», «dépassée», le fruit d’un «ignorant dépassé par la réalité».

Mais lorsqu’en 2008, la crise mondiale se déclara, tout le monde prétendit l’avoir vue venir et quelques-uns ne se gênèrent pas de copier des passages du livre de l’auteur pour être au moins «à la page».
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François Hollande ironise sur «l’étrange» dégradation de la note de l’UE

Le président français François Hollande a ironisé vendredi sur « l’étrange » dégradation de la note de l’Union européenne par Standard & Poor’s (S&P), lors de sa conférence de presse de clôture d’un sommet européen à Bruxelles.

« C’est assez étrange de noter l’Union européenne qui ne fait que très peu d’emprunts », a souligné le chef de l’Etat français, rappelant qu’une agence de notation avait pour objet « d’informer d’éventuels investisseurs sur le risque qu’ils pourraient prendre sur une opération financière proposée par une entreprise, un Etat ou une institution ».

« Donc, ça ne change rien » en l’espèce pour l’UE qui n’emprunte pratiquement pas sur les marchés, a-t-il insisté.
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La vraie menace qui plane sur la City

La fragmentation géographique des marchés financiers inquiète de plus en plus les autorités londoniennes. Le mouvement de filialisation des activités des banques étrangères fragiliseraient la place offshore.

Une menace bien plus importante que les tours de vis réglementaires imposés par Bruxelles, notamment sur les bonus, pèse sur la City. Il s’agit de la fragmentation géographique des marchés financiers qui est en train de se produire depuis la crise financière de 2008. En tant que centre financier international brassant l’argent des banques du monde entier, Londres a tout à y perdre. « Le régulateur britannique est tenté par une vision domestique mais la partie la plus avisée des autorités nationales a désormais compris qu’il y avait potentiellement un danger », indique Ludovic de Montille, président de BNP Paribas en Grande-Bretagne.

Freiner la tendance à la démondialisation
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18 signes de ce que les marchés financiers mondiaux entrent dans une spirale de la mort

Vous pouvez le voir venir, n’est-ce pas ?  Le rendement à dix ans des bons du Trésor américain est en pleine ascension, le S & P 500 a été en panne pendant 9 des 11 derniers jours de bourse et des nouvelles économiques troublantes continuent d’affluer en provenance de toute la planète. 

La « correction financière » tant attendue approche à grands pas, et les investisseurs commencent à courir vers la sortie. Nous n’avons pas vu autant de signes de difficultés financières venant tous ensemble à un moment comme celui-ci depuis juste avant la dernière crise financière majeure. C’est presque comme si une « tempête parfaite » se préparait, et que beaucoup de « l’argent facile » avait déjà été sorti des actions et des obligations. 

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Méditerranée : le sud européen ravagé par la crise

Depuis 2010, les pays du sud de la zone euro, jadis modèles de croissance, traversent une crise profonde. Les espoirs de reprise restent minces.

Deux chômeurs grecs dans le parc Syntagma, à Athènes en Grèce

L’Europe méditerranéenne a été l’un des premiers axes d’intégration de l’Union européenne. Après le sud de l’Italie, la Grèce (entrée dans la CEE en 1981) et l’Espagne (entrée en 1986) ont très largement profité des fonds d’aides européens. Les adhésions de la Slovénie, de Malte et de Chypre en 2004 ont encore renforcé la position de l’UE sur les rives nord de la Méditerranée. D’autant que tous ces pays ont progressivement rejoint la zone euro. Jusqu’en 2009, tous faisaient figure d’exemples de croissance et de développement.

Tout s’est brusquement effondré en 2009, lorsqu’a été révélé le vrai état des finances publiques grecques. Aussitôt, la confiance et les investissements ont quitté cette zone, devenue le centre d’un tourment économique qui a finalement gagné le reste de l’Europe, puis le monde. Aujourd’hui, deux États, la Grèce et Chypre, vivent exclusivement de l’assistance de l’UE et du FMI. Trois autres pays, la Slovénie, l’Italie et l’Espagne, sont dans la ligne de mire des marchés financiers.

Que s’est-il passé ?
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De la décision “historique” à la mesure “excessive” : comment Moscovici a changé d’avis sur l’ex-taxe Tobin

La taxe sur les transactions financières (TTF) allait enfin être instaurée, après plusieurs décennies d’atermoiements, d’indécisions et, in fine, d’immobilisme. En février, onze pays sur les vingt-sept qui composaient alors l’Union européenne parvenaient à un accord sur une taxe sur les transactions financières. Un accord de principe qui devait rendre effective en 2014 cette ponction de 0,1 % sur les échanges d’actions et d’obligations, et de 0,01 % sur les produits dérivés.

Depuis, les discussions se poursuivent à Bruxelles, mais les Etats se montrent plus frileux, à l’instar de la France et de son ministre de l’économie, Pierre Moscovici, qui n’a pas hésité à parler d’une “proposition excessive” de la Commission européenne. M. Moscovici s’exprimait, jeudi 11 juillet, devant un parterre de financiers européens qui alertent depuis des mois les pouvoirs politiques sur les dangers supposés d’une telle taxe, limitée à quelques pays de l’Union européenne.

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LEAP : second semestre 2013 – Seconde déflagration dévastatrice / explosion sociale à l’échelle planétaire

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 juin 2013

Le choc de 2008 a certes été violent, mais la réaction du système, des pays et des banques centrales, par leurs plans de sauvetage d’une ampleur sans précédent, a réussi à en camoufler les pires conséquences : déclassement de l’Occident en général et des États-Unis en particulier, assainissement forcé de l’économie, lourde chute d’un niveau de vie artificiel, chômage de masse, amorce de mouvements sociaux… ont pu être en partie négligés au profit d’espoirs de reprise entretenus par les politiques irresponsables de déversement de liquidités sur les systèmes bancaires et boursiers.

Malheureusement, pendant que la planète se dopait, les problèmes globaux n’étaient pas abordés… cinq ans de perdus : la solidité de l’édifice est encore plus faible qu’avant la crise ; la « solution » US orchestrée par la Fed, que tout le monde a laissé faire pour prendre le temps de panser ses propres plaies, a consisté à éteindre avec de l’essence l’incendie qu’ils avaient eux-mêmes allumé. Rien d’étonnant alors que ce soit encore eux, pilier du monde-d’avant refusant de rentrer dans le rang, avec leurs fidèles flotteurs japonais et britannique, qui enflamment à nouveau la situation mondiale.

Et cette fois, il ne faudra pas compter sur les pays en faillite pour sauver la situation : ils sont à genoux suite au premier choc de 2008. C’est donc pratiquement une seconde crise mondiale qui s’annonce, provoquée une nouvelle fois par les États-Unis. Cette période de cinq ans n’aura finalement consisté qu’à reculer pour sauter de beaucoup plus haut, ce que nous avions nommé « la crise au carré ».

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De DSK aux ex-mercenaires de BlackWater, pourquoi misent-ils tous sur le Soudan du Sud ?

Il existe un point commun entre l’ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, et l’ex-fondateur de la sulfureuse société militaire privée BlackWater, Erik Prince : leur intérêt pour le pays le plus jeune du monde, le Soudan du Sud.

Le 14 mai dernier, un petit comité de financiers de haut vol inaugurait en grande pompe une nouvelle banque à Juba, la capitale du Soudan du Sud. Sous les applaudissements de quelques investisseurs étrangers et nationaux, Dominique Strauss-Kahn illustrait son retour aux affaires par un discours de bienvenue à la toute jeune National Credit Bank. « Ce n’est pas une banque venue de l’étranger, ce sera l’une de vos banques et c’est important pour votre pays », assurait alors l’ancien patron du FMI.

Invité comme « consultant financier indépendant », DSK a été mis en avant afin d’attirer le regard des Occidentaux. Il faut convaincre du potentiel économique du Soudan du Sud. Parmi les actionnaires de cette nouvelle banque, on trouve des natifs du pays, mais aussi des étrangers, parmi lesquels la société de gestion d’actifs Assya Asset Management (AAM), gros actionnaire minoritaire de cette nouvelle banque, dont on ne connaît pas le détail de la capitalisation.
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Wall Street et la City s’affrontent sur l’avenir du Libor

Bob Diamond ignorait tout du fonctionnement du Libor (London interbank offered rate) jusqu’à l’éclatement, le 27 juin 2012, du scandale de la manipulation de taux interbancaires par des traders, basés principalement à Londres, affaire qui devait lui coûter sa place à la tête de la Barclays.

C’est ce que l’ancien directeur général américain de la banque britannique a assuré dans un entretien au New York Times, publié le 2 mai, dans lequel il a aussi soutenu la campagne des Etats-Unis en vue d’abandonner cet outil qui sert d’étalon pour les 350 milliards de dollars (266,8 milliards d’euros) de produits financiers s’échangeant chaque jour.

Pourtant, en dépit de cette affaire dans laquelle sont impliqués d’autres établissements de renom, Londres, avec le soutien de la Commission européenne, entend tout faire pour préserver l’indice de référence qui détermine le taux auxquels les banques se prêtent entre elles.

Gary Gensler, président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur des marchés à terme américains, s’est fait le chantre de la suppression du Libor : il s’agit, dit-il, de “restaurer l’intégrité des marchés et de promouvoir la stabilité financière”.

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Les réformes en trompe-l’œil du Président : 78% du bilan des banques est toujours destiné aux activités de marché

André Bercoff fait le bilan des promesses de campagne et des échecs de François Hollande un an après son élection à la présidence de la République. Extrait de “Moi, Président“.

Ah, ces banques. Prédatrices. Voleuses. Avides. Se fichant comme d’une guigne du pauvre déposant qui lui confie le salaire de son labeur, en jouant au casino la confiance de millions de clients ignorant totalement les circuits empruntés par les sommes importantes ou minimes qu’ils ont confiées aux spécialistes autotamponnés de l’expertise financière. Pour parler franchement, votre argent m’intéresse. L’autre façon d’être une banque. Le bon sens près de chez vous.

Depuis l’ouragan des subprimes, la chute de Lehman Brothers, le gouffre du Crédit Lyonnais et les planétaires escroqueries de Bernard Madoff, chacun a compris que si la spéculation financière est au capitalisme ce que le bordel est à l’amour, l’impuissance citoyenne face à la rapacité des traders et des salles de marchés semble impossible à combattre. Il y eut évidemment des sanctions : on punit des caricatures qui volatilisent 5 milliards d’euros comme Jérôme Kerviel, mais on ne touche pas à un système qui demeure aussi opaque que risqué.
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LEAP – Crise systémique globale 2013 : Pièges, repères et grilles de lecture

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 mars 2013

Dans les tendances Up&Down [haut et bas] présentées dans le numéro de janvier, notre équipe avait placé en Down [bas] « Les indicateurs économiques » avec l’argumentaire suivant : « Entre des indicateurs économiques de court terme qui décrivent seulement ce qui s’est passé dans la semaine, d’autres qui sont manipulés par les gouvernements pour refléter le message qu’ils souhaitent passer, et d’autres enfin qui n’ont plus de pertinence dans le monde actuel, la réalité économique est pour le moins très mal décrite, voire travestie, par ces chiffres pourtant suivis par les entreprises, les banques, les pays. Ce brouillard statistique empêche une navigation fiable, pourtant primordiale dans ces temps de crise. »

Que ce soit le fruit de manipulations intentionnelles de la part des acteurs dans leur effort de survie ou le résultat de l’extrême volatilité des bases de calcul (comme la valeur des monnaies et du dollar US tout particulièrement), cette tendance se confirme en effet.

Des indicateurs fiables et pertinents sur la situation économique, politique et sociale mondiale sont pourtant indispensables afin de traverser la crise sans encombre. Mais ceux utilisés par les gouvernements ou les entreprises sont, au mieux, inutiles dans la période actuelle de remodelage profond du monde, au pire, néfastes.

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L’ère de l’argent facile ne fait que commencer !

Lors de son témoignage devant le Congrès la semaine dernière à Washington, le chef de la politique monétaire américaine, Ben Bernanke, a minimisé les débats actuels au sein du FOMC sur une possible sortie des mesures d’assouplissement avant la fin de l’année. Cette semaine, la vice-présidente de la FED, Janet Yellen, qui est pressentie pour prendre le relais de Ben Bernanke à la fin de son mandat en janvier 2014, est allée encore plus loin en réaffirmant l’engagement de la banque centrale à maintenir sa politique monétaire en l’état, pendant encore un certain temps.

Bernanke explique l’assouplissement quantitatif : “Si nous nourrissons les banques avec suffisamment de dollars, quelque chose de bon devra nécessairement en sortir à l’autre bout, en définitive…”

Les marchés financiers ont compris le message puisque les indices ont atteint des plus hauts cette semaine avec le Nikkei qui a atteint les 12.000 points, le Nasdaq qui a grimpé à un plus haut depuis le 9 novembre 2000, juste avant l’éclatement de la bulle internet et le Dow Jones a même atteint hier [mercredi 6 mars 2013] un nouveau record historique !

La décennie en cours sera celle de l’argent facile ou ne sera pas !

Avec l’éclatement de la crise des subprimes, et ses nombreux corollaires, les banques centrales ont été contraintes d’assouplir au maximum leur politique monétaire. On croyait la sortie de crise en vue en 2010 avant que la crise de la dette souveraine et la crise économique ne viennent perturber le retour à la croissance. Depuis, les banques centrales étudient toutes les pistes possibles pour enfin rassurer les marchés et cela passe inévitablement par l’injection massive et continue de liquidités sur les marchés quitte à habituer le système financier à ce que les banquiers centraux jouent le rôle de pompier de service à tout moment.

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Trop taxées nos banques ? Allons donc !

A écouter la longue plainte des patrons du secteur et à lire les rapports officiels, on pourrait croire que la finance française est matraquée par le fisc. Or, «Marianne» révèle que nos grandes banques commerciales ont payé… 8 % d’impôt en moyenne, quatre fois moins que les PME !

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Publié fin janvier, le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) sur la pression fiscale dans le secteur financier a fait couler un peu d’encre, mais, surtout, beaucoup de larmes de crocodiles. «La pression fiscale s’accroît sur le secteur financier», titrait le Monde, en réaction à l’étude. «France : pression fiscale accrue sur la finance depuis 2010», rapportait l’agence Reuters. «Taxer plus le secteur financier ; pas le meilleur moyen d’éviter une crise», alertait le Parisien.

Le rapport nous apprenait, il est vrai, qu’«à l’horizon 2015 le secteur financier devrait s’acquitter de 8 milliards d’euros d’impôts supplémentaires par rapport à 2010», comme l’a résumé à Marianne un membre du CPO. Heureux calendrier : en plein débat sur la loi de séparation des activités bancaires – dénoncée par beaucoup comme trop légère et indolore –, où le gouvernement devait se défendre de trop ménager la finance, la publication du rapport du CPO ne peignait pas la banque en secteur impuni et insolent, mais en activité accablée par le poids d’un impôt justicier grandissant…

Et pourtant. Pourtant, un petit chiffre, noyé dans les annexes, est passé totalement inaperçu. Un petit pourcentage qui laisse songeur et bouche bée : entre 2002 et 2009 (dernière année pour avoir des comparaisons internationales), nos banques commerciales, c’est-à-dire BNP Paribas et la Société générale se sont acquittées d’un impôt sur leurs bénéfices de… 8 % ! Oui, vous avez bien lu : 8 %.

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La finance à l’heure de la démondialisation

La démondialisation a déjà commencé. Et, surprise, elle est financière.

A l’opposé d’une industrie de plus en plus globale grâce au développement du « made in world » incarné par des produits-stars comme l’iPhone ou le B787, dont les processus de fabrication font appel à des acteurs répartis sur la surface du globe, la finance, elle, se contracte. Modestement certes, mais après trente ans d’expansion débridée, le contraste est saisissant. Depuis 2007, sa part dans le PIB mondial a régressé de plus de 10 %, selon l’étude réalisée par la firme de conseil McKinsey sur le sujet.

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