Le vin surfe sur la vague du financement participatif

C’est un défi de taille. Sybil, une jeune femme de 35 ans, a repris un vignoble grâce à une société de financement participatif. Œnologue de formation, c’est la première année qu’elle dirige son propre domaine viticole: “C’est un rêve de pouvoir faire mon vin. D’arrêter de faire le vin pour les autres et de pouvoir faire ce que j’aime le plus, en liberté, sans patron“.

En réalité, les terres ont été achetées par une centaine d’associés. Un placement qui rapporte 4,5% par an, payé en bouteilles de vin.

On est propriétaire d’une partie du sol, que l’on revendra un jour. Mais le produit d’intérêt n’est pas financier. Les dividendes nous sont versées en vin et en plaisir : le plaisir du partage, le plaisir d’aider et de participer à l’installation“.

Ether : La future monnaie qui vaut déjà des millions

Dès l’âge de 17 ans, Vitalik Buterin, Canadien né en Russie et habitant à Toronto, s’est passionné pour le bitcoin, la principale monnaie électronique circulant sur Internet : « J’ai commencé des études d’informatique, mais au bout d’un an j’ai abandonné la fac pour me consacrer entièrement au bitcoin. Pas question pour moi de rater cette aventure. » Il participe même à un projet de création d’un système de transactions en bitcoins anonymes et intraçables.

Pourtant, il en arrive rapidement à la conclusion que le système est imparfait, et limité. A la fin de 2013, à l’âge de 19 ans, il décide d’inventer sa propre monnaie électronique, qui sera fondée sur des algorithmes encore plus sophistiqués. Il la baptise « ether » — du nom de cette entité invisible et impalpable censée englober tout l’univers.

Pour donner vie à son projet, il monte une start-up, Ethereum. Côté financement, il obtient d’abord une bourse de la Fondation Thiel (Californie) réservée aux jeunes chercheurs indépendants : 100.000 dollars sur deux ans, plus un réseau de contacts dans la Silicon Valley. Mais il compte surtout sur ses propres forces.

En juillet 2014, il commence à prévendre des futurs ethers contre des bitcoins : « J’ai découvert que des tas de gens croyaient en mon projet. Au début, nous avions fixé un cours de 2.000 ethers pour 1 bitcoin, mais très vite la demande s’est renforcée, le cours est monté à 1.300. » En six semaines, ce financement participatif inédit lui rapporte 31.591 bitcoins, soit plus de 18,4 millions de dollars.
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Les déboires du financement participatif en France : on ne gagne pas contre la banque

Petit projet deviendra grand. La finance participative, ou crowdfunding, ne représente encore que 40 millions d’euros mais suscite un engouement tel qu’elle est promise à un bel avenir. A condition que la loi, et surtout le régulateur, autorisent ces nouvelles transactions financières entre particuliers à se développer. L’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) ont ainsi publié en mai un Guide du financement participatif à destination des plates-formes et des porteurs de projets en forme de rappel à la loi.


Peut-être un appel du pied au législateur pour signifier les limites actuelles du droit, qui n’est pas du tout favorable. La fermeture en mai de Friendsclear, un précurseur du prêt entre particuliers pour financer des projets d’entreprises, montre à quel point la situation juridique des plates-formes de prêt n’est pas sécurisée.

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